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Affaire dite d’escroquerie internationale : Pascal Bodjona, serviteur victime de son aura ?

Par Rode - 01/10/2014

Par Rode

 

De Kpatcha Gnassingbé à Pascal Akoussoulèlou Bodjona, l’histoire se ressemble et amène certains observateurs à penser qu’il ne s’agit que d’une réalité ayant trait au destin des faiseurs de roi. Tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat et Escroquerie internationale ne sont que des moyens mis en œuvre pour écarter des amis qui prennent gout du pouvoir et nourrissent des ambitions personnelles. La question est de savoir jusqu’où ira Faure Gnassingbé pour protéger son héritage ?

Au lendemain du décès du feu général président, Etienne Gnassingbé Eyadema, les bénéficiaires de la mauvaise gestion du pays ont vite fait d’assurer la succession au pouvoir de Lomé 2 du fils à Papa, Faure Gnassingbé. Un fait qui a été prouvé plutard par Kpatcha Gnassingbé lors de sa comparution devant la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) où il indiquait avoir demandé à l’armée de faire allégeance à son frère Faure pour succéder à Papa au trône de la République Togolaise. Le chemin a été jonché de sang de plusieurs centaines de Togolais versé avant, pendant et après l’élection présidentielle de 2005. Malgré cette terreur, l’imposition par voie électorale de Faure Gnassingbé comme président de la République n’a pas été facile. Il a fallu tout le génie de Pascal Akoussoulèlou Bodjona qui a su mettre en exécution un plan de secourt qui a consisté à transporter les procès-verbaux par hélicoptère. La contribution de l’armée a été assurée grâce à Kpatcha Gnassingbé qui avait à l’époque mis en branle celle-ci, pour avoir hérité de son feu père, la manière de faire plier l’armée à son désidérata.



Les rôles joués par Kpatcha et Pascal ont été déterminant et c’est ainsi que le pouvoir de Faure Gnassingbé a pris place sur une roche séculaire même si à un moment de l’histoire, les gens ont changé de marmite à la vieille sauce afin de l’exposer comme une sauce nouvelle. Avec UNIR, la tactique a peut-être changé puis qu’à l’ère de papa, on procédait sans explication ni transition à l’arrestation et emprisonnement de ceux qui annonçaient les couleurs d’une ambition présidentielle cachée. Avec UNIR, la nouvelle stratégie consiste à élaborer un plan basé sur des mises en scène et des histoires forgées de toute pièce. Surtout si par hasard, certaines failles de certains acteurs prêtent le flan.

Dans l’affaire dite d’escroquerie internationale, l’on continue de se demander si réellement ce montage a un fond. Puis qu’on nous parle d’une escroquerie où les principaux acteurs ont disparu laissant le terrain au pouvoir de Faure Gnassingbé de traquer sans vergogne l’élément caché derrière la scène. L’autre question est alors de savoir pourquoi Pascal Bodjona ?

A un moment donné, l’ancien ministre de l’administration territoriale, porte-parole du gouvernement, président du Comité de suivi de la Fédération Togolaise de Football (FTF) a pris de la hauteur par rapport à la gestion des dossiers brûlants de l’heure notamment en politique, sur le plan social et sur le plan sportif. Toujours au premier plan de toutes les actions gouvernementales, Pascal Bodjona a été, à un moment donné, considéré par certains togolais des hameaux reculés comme le chef de l’Etat. Un positionnement qui portait forcément préjudice aux intérêts de certains caciques du pouvoir cinquantenaire qui étaient obligé de vivre en marge de Pascal Bodjona. Homme de carrure, Pascal Bodjona parvenait à avoir gain de cause dans toutes les situations de crises sociales qui secouaient le pouvoir. Négociations et dialogue avec la classe politique de l’opposition, discussions avec les acteurs du secteur de l’éducation, échanges avec les travailleurs de la fonction publique, intervention pour régler des problèmes sur le plan sportif…, il en faisait plein et son image circulait en boucle sur les écrans des télévisions, sa voix résonnait sur les ondes des radios et ses photos omniprésentes dans les colonnes des journaux et sur les pages des sites web. C’en était de trop pour un serviteur du prince. Il fallait alors arrêter l’élan ambitieux de l’homme expérimenté dont l’expérience en matière de gestion administrative s’avérait au fur et à mesure que son image gagnait du terrain. Mais comment ? C’est là où la question s’est posée et a fait l’objet de réflexion au sein de la famille des jaloux des acquis de Bodjona.

“Qui cherche trouve” dit-on. Comme Mahomet qui a rencontré l’ange Gabriel au cours de l’une de ses retraites, ces chercheurs sont parvenus à découvrir la brèche ouverte par Pascal Bodjona lui-même dans son zèle de servir vaille que vaille le prince. S’il savait que son service destiné à assurer un affichage plein au premier plan allait un jour lui valoir une situation pareille, il se réserverait le privilège de prendre une place tant convoité par d’autres personnes qui voudraient être plus proche du prince.

Les couleurs de l’affaire dite d’escroquerie internationale ont été annoncées avec beaucoup d’intensité, l’épargnant dans un premier temps afin d’habiller ce complot ourdit qui ne visait que lui. Mais comme on le dit souvent, “on ne peut faire des omelettes sans casser les œufs”. Les différents acteurs ont été choisi, pas par hasard mais par rapport à leur contact avec l’élément caché du puzzle.

Par rapport au dernier développement de l’actualité dans cette affaire où les autres acteurs sont en cavale face au nouvel emprisonnement de Pascal Bodjona, l’on comprend clairement la chute de ce feuilleton et l’objectif fixé par ses réalisateurs.

Pascal Bodjona et le conseil de ses avocats parlent d’acharnement politique surtout face aux déboires d’une justice téléguidée et assujettie à la cadence imposée par le système. Les conditions dans lesquelles celui-ci est de nouveau admis à retourner derrière les barreaux de la prison de Tsévié montrent à suffisance que cette affaire est loin d’être celle qu’on nous sert. C’est un secret de polichinelle de savoir qu’on fait toujours passer Pascal Bodjona comme quelqu’un qui est proche de l’opposition, quelqu’un qui mène des activités allant dans le sens de favoriser l’ascendance de l’opposition, quelqu’un qui allume le feu et après vient jouer le pompier…

L’annonce de Pascal de poursuivre en politique soit en retournant à la maison pour encaisser d’autres clous, soit en décidant de vivre sous le toit d’une tierce ou soit construire sa propre hutte a résonné comme une menace de l’héritage du prince, connaissant bien les qualités, capacités, ruses, engagements, déterminations et résistance de Pascal dans toutes les situations qu’il a eu à affronter. Freiner l’élan sera l’idéal afin de l’empêcher de parvenir à ses fins. Et c’est ce qui est entrain d’être fait. Il faut peut-être reconnaître que le choix de la période électorale pour coincer Pascal dans ce dossier n’est pas fortuit. Il s’agit alors d’étouffer son ambition présidentielle comme un poussin dans l’œuf. A quand alors la fin du feuilleton Bodjonagate ?

C’est le wait and see.

 

 

 
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