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Lomé : le phénomène de « vieilles filles » prend de l'ampleur

Par iciLome - 10/10/2014

On les appelle à Lomé des vieilles filles. Elles ont entre 35 et 40 ans et plus, mais ne sont pas encore mariées.

 

Pourtant, ce sont des créatures belles, très belles d’ailleurs qui sont à la recherche d’une âme sœur. Voyage au cœur d’une frange de la population féminine. Souvent, elles disposent d’une situation financière confortable. Certaines sont des commerçantes, d’autres des cadres ou chefs d’entreprises. Une autre catégorie sans emploi, mais viennent des familles aisées, et donc n’ont rien à envier aux princesses saoudiennes. Elles sont nombreuses aujourd’hui à Lomé qui ne manquent que d’une seule chose : avoir un mari, celui avec qui partager le restant de sa vie. Visiblement, ce dernier « cadeau » du ciel qui devrait rendre complètement épanouie leur vie devient de plus en plus difficile à avoir. Plusieurs raisons expliquent cet état de chose. D’abord, la plupart de ces filles passent leur plus tendre jeunesse à chercher un hypothétique prince charmant, un homme idéal en quelque sorte. « Elles sautent d’homme à homme », explique un sociologue.

 


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Le but pour elles, c’est d’arriver à trouver un homme à leur goût, pas celui que la nature ou Dieu leur avait préparé, mais l’homme de leur rêve. « Ce qui fait qu’elles ratent le moment idéal pour se marier. Après cette période idéale, elles sont désabusées et souvent obligées de sauter sur le premier venu, pour ne pas demeurer célibataire », ajoute le sociologue. Il y a ensuite l’autre catégorie qui décide d’abord de « faire la vie » avant de s’engager avec un homme. « J’ai rencontré une fille qui m’a beaucoup plu. Et quand je l’ai approché, tenez-vous bien, elle m’a dit ceci : « Tu crois que je suis de ta catégorie ? Je ne sors pas avec des gens paumés comme toi. Pour ton gouverne, sache que ma crème corporelle je l’achète à 22 500 FCFA ». Je n’ai plus dit un seul mot. La bouche bée, je la regardais s’éloigner, sans même faire attention à ceux devant qui elle m’a humilié », confie Koko, un informaticien.

 

« Aujourd’hui, je la vois traîner dans le quartier, très moche. Elle a voulu revenir avec moi, lorsqu’elle a su que ma situation financière et professionnelle s’est améliorée. Je ne vous cache pas que je suis sorti avec elle une ou deux fois, juste pour me venger et lui rappeler ce qu’elle m’avait fait quelques années plut tôt. Je ne peux pas avoir ce genre de femme matérialiste », continue l’informaticien. Certaines sont devenues vieilles filles pour des raisons d’études. Elles veulent coûte que coûte réussir. Après les études, il faut se trouver une situation professionnelle stable. Ce qui fait qu’elles n’ont pas le temps pour construire une bonne relation avec un homme. Belle et attirante avec une forme « coca-cola » comme on le dit, des yeux bleus, une poitrine dégagée qui fait bander un moine et des cheveux toujours naturellement coiffée, Nadège a toujours suscité des débats entre les garçons lorsqu’elle passe. Son niveau d’étude et sa position de cadre font fuir les hommes.

 

« Je ne sais pas ce qu’il y a, mais j’ai l’impression que les hommes me fuient. Je veux juste trouver quelqu’un avec qui partager mes joies et mes peines », dit-elle un peu navrée. « Ma vie se résume à aller au boulot et revenir à la maison. Beaucoup d’hommes m’invitent juste le temps d’un week-end. Me faire trimbaler d’hôtel en hôtel n’est pas ma tasse de thé. J’ai besoin d’un homme avec qui fonder un foyer », poursuit-elle. Pour Dodo, un de ses collègues, cette fille est déjà très âgée. « Je pense que Nadège est une fille sympa, mais je la trouve un peu trop âgée. Je préfère une fille plus jeune qu’elle. Parce qu’il faut faire un projet pour l’avenir. Lorsqu’on aura 50 ans, je peux encore sortir avec ma femme encore jeune. Par contre, lorsque tu prends une fille qui a plus de 30 ans aujourd’hui, imagine ce qu’elle sera dans 20 ans », explique-t-il.

 

Selon un confrère, « pour trouver chaussures à leurs pieds, ces vieilles filles sont celles qui abondent dans les églises et sur les réseaux sociaux, surtout facebook ». Sur facebook, elles sont les premières à faire des demandes d’amitiés, vous demande le numéro de téléphone et c’est parti. « Elles ne se soucient pas du statut préalable de l’homme », ajoute-t-il. Il y a également de ces filles qu’on nomme « un de retenu » ou encore « blessée de guerre » qui sont nombreux à Lomé. C’est-à-dire une fille qui a un enfant avec un homme qui l’a abandonné. Une autre raison et non des moindres qui ne dépendent pas de ces filles, est le chômage des jeunes hommes qui se retrouvent la plupart sur des taxi-motos ou vivent encore chez des parents. Quoi qu’on dise, le phénomène est bien réel. « C’est un phénomène social contre lequel on ne peut rien. Il revient aux filles elles-mêmes de ménager leur vie et de saisir le bon moment pour s’engager », conseille le sociologue.

 
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