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Henri Lopes : « La diversité culturelle est une valeur essentielle de la Francophonie »

Par Rose-Marie Bouboutou et Noël Ndong - 14/11/2014

Figure emblématique de la diplomatie africaine et francophone depuis 40 ans, il est candidat à la succession d’Abdou Diouf au Secrétariat général de l’Organisation de la Francophonie (OIF).

 

Les Dépêches de Brazzaville : Pourquoi votre candidature au Secrétariat général de la Francophonie ?
Henri Lopes : Une première raison est que le poste va être vacant. Le président Abdou Diouf a annoncé qu’il ne se représentait pas au terme de son mandat. Une seconde raison est que je considère répondre au profil du poste de Secrétaire général de l’OIF, j’en ai la motivation et je bénéficie d’une longue expérience, ce qui est important. De plus, j’incarne les trois dimensions nécessaires pour un Secrétaire général de l’OIF. La première dimension est culturelle : j’ai consacré une grande partie de mon parcours, et ce de manière quotidienne, à la langue française, à son devenir et à ses intérêts. La deuxième dimension est politique : j’ai une expérience assez longue dans mon propre pays. Enfin, la dimension internationale : j’ai occupé un poste très élevé à l’Unesco. Voilà les raisons qui légitiment ma candidature.
Quelles seraient vos priorités en tant que Secrétaire général de la Francophonie ?
Ce n’est pas le Secrétaire général qui fixe les priorités de l’organisation. Ce sont les chefs d’État qui, lors du sommet notamment, définissent les orientations, les programmes et les actions à entreprendre. Le Secrétaire général est un exécutant, il ne vient donc pas avec un programme. Il assure la permanence pendant les intersessions du sommet. Pour désigner le nouveau Secrétaire général de l’OIF, les chefs d’État ne vont pas examiner les programmes des différents candidats, mais ils vont estimer lequel ou laquelle est le plus à même de mettre en œuvre ce qu’ils souhaitent.

 


© Droits réservés
Henri Lopes, ambassadeur du Congo en France, candidat au poste de Secrétariat général de la Francophonie

Vous avez souvent dit que le français est devenu une langue africaine. Quelle importance donner aux langues africaines ?
Lorsque je dis que le français est devenu une langue africaine, c’est une constatation. C’est la langue de communication de plus d’une vingtaine de pays en Afrique, c’est la langue dans laquelle l’enseignement se fait, dans laquelle les constitutions sont définies, la langue de la culture et de l’échange. Mais dans le cadre de la francophonie, la diversité culturelle est une valeur essentielle et cela implique le soin apporté aux autres langues. De ce point de vue, un certain nombre de programmes au sein de l’organisation visent à promouvoir ou à veiller à la conservation des langues africaines et à l’interaction entre ces langues et le français. Il s’agit donc d’une cohabitation dans laquelle nous sommes obligés de constater que le français domine et nous permet de communiquer avec d’autres pays africains. J’ai l’habitude de dire que si Senghor avait écrit en wolof, et si Césaire avait écrit en créole, je n’aurai pas pu lire aussi vite leurs ouvrages. Or leDiscours sur le colonialisme est à l’origine de nombre de mes prises de conscience. Il a été mon chemin de Damas.
Une seule candidature africaine était-elle possible ?
Bien sûr que cela aurait été possible. Mais la réalité est qu’il y en a plus d’une.

 

Votre credo est de faire de la francophonie un outil de développement. La Francophonie a-t-elle les moyens financiers de ses ambitions ?
C’est l’âme avec laquelle j’exécuterai mon mandat si je suis désigné par les chefs d’État. Dire que le français doit être une langue de développement ne doit pas forcément dire qu’il faut des moyens financiers pour cela. Cela signifie que l’attention que nous allons porter au français n’est pas celle des grammairiens ou des académiciens, mais que nous ferons de la langue française un moyen pour tous les peuples qui appartiennent à la famille francophone de faire face aux grands défis qui se posent au monde moderne.
Quelle doit-être la nouvelle impulsion de la Francophonie pour l’intégration économique de la jeunesse africaine et la prise en compte du droit des femmes ?
Des questions aussi concrètes sont du ressort de chacun des pays, et ce n’est pas à une institution supranationale de les régler. Lorsqu’à l’OIF on met l’accent sur la jeunesse et les femmes, cela signifie qu’il faut les associer de manière diverse aux questions globales que la Francophonie décide d’aborder. C’est-à-dire de ne pas faire de la Francophonie une organisation qui se limite à des appareils étatiques, mais considérer que ces portions de la population des différents pays membres doivent être des acteurs des actions et des programmes de l’OIF.

 

La France et le Canada ont l’intention de donner une nouvelle impulsion à l’OIF. Les pays africains ont-ils également une vision et une stratégie commune pour cette organisation ?
Au sein de l’OIF, il n’existe pas de clivage entre les visions des uns et des autres. L’OIF est une famille qui comprend l’Afrique, la France, l’Amérique, les pays asiatiques, la communauté française de Belgique, etc. Nous discutons tous ensemble, et les positions ne sont pas prises en fonction d’une zone géographique ou d’une autre. À l’intérieur de chacun de ces pays, des politiques sont mises en place de manière particulière, tenant compte des spécificités de chaque pays, en fonction des différents thèmes envisagés au sein de l’OIF.
Comment l’Afrique peut-elle faire de l’OIF un relais de puissance sur la scène internationale ?
Je ne pense pas que le but de l’Afrique soit d’être une puissance, mais il s’agit d’avoir un poids. Lorsque l’on discute des questions globales telles que la diversité culturelle, les questions climatiques, etc., l’OIF peut fédérer tous les membres de son organisation afin d’aboutir à des positions communes. Ce qui donne effectivement plus de poids à ces idées que si chacun des États se présentait seul à ces forums.

 
MOTS CLES :  Lopes   Diversité   Culturelle   Francophonie   Candidature 

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