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Togo : battu, le candidat de l'opposition conteste la victoire du président élu

Par Le Monde.fr avec AFP - 29/04/2015

Au cours d'un point de presse tenu à Lomé la coalition formée autour de l'opposant Jean-Pierre Fabre a rejeté mercredi les résultats du scrutin tels que publiés par la Ceni.

 

La commission électorale togolaise a annoncé mardi 28 avril la victoire de M. Gnassingbé par 58,75 % des suffrages exprimés, contre 34,95 % à M. Fabre. L'abstention s'élève à 40,01 %, contre 35,32 % lors de la précédente élection présidentielle, en 2010. A la question de l'Agence France-Presse : « Vous considérez-vous comme le nouveau président de la République élu ? », M. Fabre a répondu « Bien sûr ! » Plus tôt, c'est le directeur de campagne de sa coalition, CAP 2015, qui s'était félicité de la victoire de M. Fabre.

 


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A peine réélu à la tête du Togo, le président sortant, Faure Gnassingbé, se voit contester la victoire par son principal adversaire, Jean-Pierre Fabre, qui se considère comme le président élu, rejettant les résultats « frauduleux » de l'élection.

Scrutin libre et transparent selon les observateurs
Le président sortant, Faure Gnassingbé, dont la famille dirige le Togo depuis quarante-huit ans, est arrivé largement en tête dans le nord du pays, région d'origine de sa famille, tandis que, de son côté, M. Fabre domine Lomé, historiquement acquise à l'opposition. L'Union européenne (UE), principal bailleur de fonds du Togo, a pour sa part estimé que l'élection de samedi s'était « déroulée dans le calme, confirmant l'attachement du peuple togolais à la démocratie ». La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et l'Union africaine (UA), qui avaient déployé des observateurs électoraux, ont également décrit un scrutin libre et transparent.

 

L'opposition, dont M. Fabre, le leader, présente une personnalité peu consensuelle, a peiné à proposer une réelle solution de rechange et s'est présentée divisée, avec trois autres candidats : Tchabouré Gogué, président de l'Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), a obtenu 3,08 % des suffrages ; Komandega Taama, président du Nouvel Engagement togolais (NET), 1,06 % ; et Mouhamed Tchassona-Traoré, président du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), 0,99 %.

 

Réformes démocratiques depuis 2007
Faure Gnassingbé avait été porté au pouvoir de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest comptant sept millions d'habitants par l'armée en 2005, à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui régna d'une main de fer pendant trente-huit ans. Une présidentielle calamiteuse avait suivi la même année, entachée de violences (400 à 500 morts et des milliers de blessés, selon l'Organisation des Nations unies) et de très nombreuses fraudes. Après plusieurs réformes – multipartisme, liberté de la presse, abolition de la peine de mort – qui ont entraîné en 2007 la levée des sanctions internationales instaurées du temps de son père pour « déficit démocratique », M. Gnassingbé avait été réélu en 2010 avec 60,88 % des voix, déjà contre M. Fabre (33,93 %), dans un scrutin contesté par l'opposition mais jugé acceptable par la communauté internationale.

 
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