Grands Lacs : Faure Gnassingbé plaide pour la paix en RDC à Kampala

En déplacement à Kampala, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a pris part à de nouvelles concertations diplomatiques consacrées à la stabilisation de la région des Grands Lacs, sous l’égide de l’Union africaine. Reçu par son homologue ougandais Yoweri Museveni, il a salué « la qualité et la franchise des échanges », menés en présence des facilitateurs régionaux et de plusieurs partenaires internationaux.

Au cœur des discussions figurait la recherche d’une cohérence accrue entre les différentes initiatives de paix engagées dans l’Est de la République démocratique du Congo, une zone en proie à des violences persistantes impliquant groupes armés locaux et acteurs régionaux. Selon Faure Gnassingbé, les échanges ont porté sur la consolidation d’un processus de paix durable, fondé sur le dialogue politique, la confiance mutuelle entre États et une meilleure coordination diplomatique.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des recommandations issues du sommet de Lomé, qui avait insisté sur la nécessité d’une approche régionale intégrée pour faire face aux défis sécuritaires dans les Grands Lacs. Lomé plaide notamment pour un renforcement du rôle des mécanismes africains de médiation, en complément des efforts des organisations régionales et des partenaires internationaux.

Acteur discret mais actif sur les dossiers de médiation continentale, Faure Gnassingbé entend, à travers ces concertations, contribuer à rapprocher les positions des différents protagonistes et à soutenir une dynamique de paix « africaine », portée par les États de la région eux-mêmes.

Alors que les initiatives diplomatiques se multiplient, la question demeure centrale : comment traduire ces engagements politiques en avancées concrètes sur le terrain, dans une région où les cessez-le-feu restent fragiles et la situation humanitaire préoccupante.

Togo : Dette publique et gouvernance

Alors que la dette publique togolaise continue de susciter des interrogations, certaines voix critiques pointent les failles structurelles de la gouvernance économique du pays. Dans une récente tribune, l’analyste politique Raoul K. Dagba, président de l’Observatoire panafricain pour la démocratie et le développement, dresse un constat sévère sur la gestion des ressources publiques et le fonctionnement des institutions économiques stratégiques.

Selon les dernières estimations disponibles, la dette publique totale du Togo s’élèverait à plus de 4 200 milliards de FCFA. Un niveau jugé préoccupant par plusieurs observateurs, d’autant plus que le pays dispose d’infrastructures génératrices de revenus importantes, au premier rang desquelles le Port autonome de Lomé (PAL) et la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT).

 

Le paradoxe du Port de Lomé

Pilier du commerce régional, le Port autonome de Lomé concentre à lui seul près de 80 % des recettes douanières du pays. En 2025, l’Office togolais des recettes (OTR) aurait collecté environ 737 milliards de FCFA sur les huit premiers mois de l’année, soit une moyenne estimée à près de 3 milliards de FCFA par jour aux frontières maritimes.

Pourtant, le bénéfice net annuel officiellement déclaré par le PAL avoisine 1,5 milliard de FCFA. Un chiffre qui interpelle. « Il est essentiel de distinguer les recettes douanières perçues par l’État du résultat net de l’entreprise portuaire », nuance toutefois un expert en finances publiques. Les responsables du port mettent en avant des charges d’exploitation élevées, des investissements lourds de modernisation et des coûts salariaux importants pour expliquer cette faible marge bénéficiaire.

 

Entreprises publiques : faible retour pour le budget national

La situation de la SNPT, exploitante des phosphates, alimente également le débat. Son bénéfice net annuel oscille, selon les années et les cours mondiaux, entre 2 et 4 milliards de FCFA. Pour Raoul K. Dagba, le problème réside moins dans la rentabilité brute que dans l’absence ou la faiblesse des dividendes reversés au budget de l’État.

Ce manque à gagner contraint, selon lui, les autorités à recourir davantage à l’endettement extérieur pour financer les investissements publics. Une analyse partagée par certains économistes, qui estiment que la réforme de la gouvernance des entreprises publiques demeure un chantier inachevé.

 

Corruption et impunité : un diagnostic récurrent

Au-delà des chiffres, la tribune de l’analyste politique met en cause un système qu’il juge marqué par l’opacité, le clientélisme et l’impunité. Il évoque notamment l’accès aux marchés publics, souvent dénoncé pour ses pratiques de surfacturation et de rétro-commissions, qui alourdissent le coût réel des projets financés par la dette.

Les institutions de contrôle existent — Cour des comptes, Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption (HAPLUCIA) — mais leur efficacité reste régulièrement questionnée. Plusieurs rapports d’audit, dont celui sur la gestion du fonds Covid-19, ont révélé des irrégularités sans déboucher, jusqu’ici, sur des poursuites judiciaires significatives.

 

Des élites technocratiques face à leurs responsabilités

Selon Raoul K. Dagba, un paradoxe persiste au sommet de l’État togolais : malgré une concentration inédite d’experts aux postes clés, les indicateurs de gouvernance peinent à s’améliorer. À la Présidence, Ablamba Johnson, docteure en sciences économiques, spécialiste des politiques de développement, gouverneure du Togo auprès de la Banque mondiale et actuelle secrétaire générale de la Présidence coordonne les réformes et les relations avec les institutions internationales, tandis que Chantal Yawa Tségan juriste fiscaliste pilote la mobilisation des recettes via l’OTR.

Dès lors, une interrogation persiste dans le débat public : comment expliquer que, malgré cette concentration d’expertise au sommet de l’État, la dette publique continue de progresser à un rythme soutenu, tandis que les soupçons de mauvaise gestion, de faibles retombées des entreprises publiques et de corruption structurelle demeurent récurrents dans l’administration ?

Pour de nombreux analystes, ce décalage suggère que le problème n’est pas une question de compétences, mais résulte d’arbitrages politiques opaques et d’un système de décision trop centralisé qui limite la redevabilité de l’administration.

Une gouvernance très centralisée

Autre point soulevé : la centralisation de la gestion des secteurs stratégiques — phosphates, énergie, grands marchés publics — au sommet de l’exécutif. Cette concentration du pouvoir décisionnel limite, selon les critiques, le contrôle parlementaire et la transparence budgétaire, favorisant des mécanismes opaques difficilement traçables.

Dans ce contexte, la corruption ne serait pas seulement le fait d’individus, mais le produit d’un système institutionnel fragile, combiné à des facteurs socio-économiques tels que la faiblesse des revenus dans l’administration publique.

 

Un débat qui reste ouvert

Les autorités togolaises, de leur côté, mettent en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, renforcer la mobilisation des recettes internes et moderniser les entreprises publiques. Elles rappellent également que l’endettement a permis de financer des infrastructures structurantes dans les domaines des transports, de l’énergie et de la santé.

Reste que la question de l’efficacité de la dépense publique et du partage des fruits de la croissance demeure centrale. Entre discours officiels et critiques de la société civile, le débat sur la gouvernance économique du Togo s’impose plus que jamais comme un enjeu politique majeur.

Togo : Le Golfe 3 renforce son dialogue avec les acteurs locaux

Construire la ville de demain avec ceux qui la font vivre au quotidien : c’est le pari de l’exécutif communal du Golfe 3. Du 27 au 30 janvier 2026, le maire Essohanim Gnassingbé et son équipe ont réalisé une importante série de consultations avec les acteurs stratégiques du territoire. Une démarche d’écoute qui dessine les futures priorités de cette zone clé de la capitale togolaise.

 

Dans la salle de délibération de la mairie comme au centre communautaire de Tokoin, l’heure était au dialogue. En effet, cette deuxième phase de rencontres a permis d’aller au-delà des simples formalités administratives pour toucher le cœur du tissu social et économique. En réunissant des profils aussi variés que des parlementaires, des artistes ou des agents de salubrité, la municipalité affirme sa volonté de ne laisser personne au bord du chemin.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Un large spectre d’acteurs pour un diagnostic partagé

Parmi les figures marquantes de ces échanges, la sénatrice Molgah Françoise Abougnima Kadjaka a apporté son expertise de « personne ressource ». Mais l’exécutif ne s’est pas arrêté aux cercles institutionnels. Artisans, artistes, groupes folkloriques et dirigeants de clubs de football ont tour à tour pris la parole pour exposer les réalités de leurs secteurs respectifs.

Le monde éducatif a également occupé une place centrale. Enseignants, directeurs d’écoles et parents d’élèves ont planché sur les défis de la formation, tandis que le comité de lutte contre la drogue alertait sur la protection de la jeunesse. Les autorités communales ont rendu un hommage particulier aux femmes balayeuses, dont le travail acharné garantit la salubrité et l’assainissement de la commune, deux piliers indispensables à la santé publique

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

De la concertation aux propositions concrètes

Ces séances ne se sont pas limitées à une liste de doléances. Dans cette dynamique, les participants ont saisi cette tribune pour formuler des recommandations pragmatiques. Les débats ont ainsi balayé des thématiques cruciales :

  • Emploi : valorisation des métiers de l’artisanat et insertion des jeunes.
    Culture et sport : promotion des talents locaux et des infrastructures de proximité.
    Sécurité sociale : renforcement de la prévention contre les stupéfiants.
    Cadre de vie : amélioration de la gestion des déchets et de la cohésion sociale.

D’ailleurs, cette approche permet de transformer les usagers en véritables co-auteurs des politiques locales. Pour les habitants, c’est l’assurance que les réalités du terrain remonteront directement jusqu’au bureau du maire.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Vers une gouvernance locale plus inclusive

Finalement, pour le maire Essohanim Gnassingbé, l’objectif est de bâtir une mandature fondée sur le développement participatif. En intégrant les enseignements de ces quatre jours de dialogue dans les projets à venir, la commune du Golfe 3 espère servir de modèle de gouvernance inclusive au Togo.

À travers cette méthode, l’exécutif réaffirme que la réussite des politiques publiques dépend de la contribution active des citoyens. Les décisions qui seront prises dans les mois à venir porteront ainsi l’empreinte de ce dialogue direct, visant un développement durable et harmonieux de la commune.

Togo-Bénin : Réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Nangbéto

C’est un poumon énergétique essentiel pour le Togo et le Bénin qui redémarre à plein régime. Après plusieurs années de travaux intensifs, la centrale hydroélectrique de Nangbéto a été officiellement remise en service. Cette modernisation d’envergure, financée par l’Allemagne, garantit désormais trente années supplémentaires de production électrique pour les deux voisins ouest-africains.

 

Inauguré en 1988 sur le fleuve Mono, l’ouvrage commençait à accuser le poids des années. Après quatre décennies d’exploitation continue, l’usure des machines et le besoin de nouvelles technologies rendaient une réhabilitation complète inévitable. C’est désormais chose faite grâce à un chantier colossal entamé en 2019.

 

Un investissement stratégique pour la stabilité régionale

Le coût de cette métamorphose s’élève à environ 39 millions d’euros, financés par un don de la Banque allemande de développement (KfW) pour le compte de Berlin. Le volet technique a été confié au groupe allemand Voith Hydro, un leader mondial du secteur, pour un montant de 33,5 millions d’euros.

Cette intervention n’est pas un simple entretien de routine. Elle porte sur la conception, la fourniture et l’installation d’équipements neufs, incluant aussi les groupes de production, les transformateurs et les systèmes de contrôle-commande. Grâce à ces dispositifs de sécurité et de protection haute tension de dernière génération, la centrale de 65 mégawatts (MW) voit sa performance et sa résilience nettement améliorées.

 

Trente ans de production garantie

Pour les populations et les entreprises du Togo et du Bénin, les bénéfices sont concrets. Selon le ministère togolais de l’Énergie, cette modernisation prolonge la durée de vie du barrage d’environ 30 ans. Elle vise à absorber la croissance de la demande énergétique tout en sécurisant la production, afin de limiter les arrêts non planifiés et les épisodes de délestage.

Le barrage de Nangbéto joue un rôle crucial dans la coopération binationale. Érigé sur le fleuve Mono, qui sert de frontière naturelle entre les deux pays, il demeure un symbole de l’intégration régionale.

 

Un partenariat historique renouvelé

Cette réhabilitation marque également le renforcement des liens entre l’Allemagne et les États du golfe de Guinée. Comme l’a rappelé l’ambassade d’Allemagne au Togo, la coopération germanique était déjà à l’origine de la construction du barrage dans les années 1980.

Quarante ans plus tard, l’expertise allemande revient au chevet de cet ouvrage emblématique de la région des Plateaux. En sécurisant l’approvisionnement électrique, ce projet s’inscrit comme un pilier du développement économique durable pour Lomé et Cotonou.

Togo : Innovation et projet CHAIN ​​à l’Université de Lomé

Au Togo, l’enseignement supérieur agricole franchit une nouvelle étape vers la modernisation. En effet, ce mardi 3 février 2026, l’auditorium de l’Université de Lomé a accueilli la cérémonie d’ouverture de la conférence nationale du projet CHAIN. Une initiative qui met sur la coopération internationale pour transformer durablement le secteur agricole togolais.

 

C’est une mobilisation de haut niveau qui a marqué le lancement de ces travaux à Lomé. Autour de la table, les deux grandes institutions universitaires du pays étaient représentés : le Professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’Université de Lomé (UL), et Monsieur Egbaou Assote, secrétaire général de l’Université de Kara. Aux côtés du Dr Ama Gameti, directrice de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, des enseignants-chercheurs et des étudiants ont affiché leur volonté de repenser les modèles de formation.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un pont entre l’Afrique et l’Europe pour l’innovation

Le projet au centre des discussions porte un nom ambitieux : CHAIN ​​(Coopération pour des nids d’innovation agricole holistique en Afrique subsaharienne). Coordonné par le Professeur Agnassin Banito, ce programme vise aussi à briser l’isolement académique en créant des nids d’innovation agricole.

Le concept repose sur une synergie entre les universités européennes et africaines, tout en intégrant directement les acteurs du terrain. Depuis son lancement au Togo en 2023, CHAIN ​​s’efforce de connecter la recherche universitaire aux besoins concrets du secteur agricole, pilier de l’économie nationale.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Vers une spécialisation dans la transformation des produits

Par ailleurs, l’un des acquis majeurs du projet, mis en œuvre par les universités de Lomé et de Kara, est le renforcement des capacités techniques. Mais la conférence de ce mardi a surtout mis en lumière une avancée concrète : le soutien à la création d’un Master spécialisé en Conservation et Transformation des produits agricoles.

L’enjeu est de taille pour le pays. En effet, en formant des experts capables de valoriser les produits locaux sur place, le Togo entend réduire les pertes après récolte et promouvoir un développement durable. Cette modernisation de l’enseignement agricole s’inscrit ainsi comme une réponse directe aux défis de la souveraineté alimentaire et de l’industrialisation rurale.

Togo-Israël : Mission médicale de l’hôpital Sheba à Kpalimé

KPALIMÉ (Togo), 2 février 2026 (JDN) – Le Togo accueille, du 1ᵉʳ au 10 février, une mission médicale foraine internationale d’excellence. Organisée sous le haut patronage du président Faure Gnassingbé, cette initiative mobilise des spécialistes israéliens de l’hôpital Sheba, l’un des centres hospitaliers les plus prestigieux au monde, pour des interventions chirurgicales gratuites dans la région des Plateaux.

Cette opération, qui se déroule au Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Kpalimé (environ 120 km au nord-ouest de Lomé), marque une nouvelle étape dans la « diplomatie sanitaire » entre Lomé et Tel-Aviv. Des équipes mixtes, composées de chirurgiens de l’hôpital Sheba de Tel-Aviv et de la Direction centrale des services de santé des armées (DCSSA) du Togo, collaborent étroitement sur le terrain.

Hôpital Sheba
© Hôpital Sheba

Soins de pointe pour les populations rurales

La mission cible des pathologies courantes mais souvent invalidantes pour les populations rurales, faute d’accès à la chirurgie spécialisée. « Plus d’une centaine de patients, venus de la préfecture de Kloto et des localités environnantes, sont pris en charge pour des hernies, des lipomes et des kystes synoviaux », indique une source officielle.

Pour le gouvernement togolais, cette mission illustre aussi la volonté de réduire les inégalités d’accès aux soins de santé, tout en permettant un transfert de compétences entre les experts israéliens et les praticiens militaires togolais.

Hôpital Sheba
© Hôpital Sheba

Un levier diplomatique

Au-delà de l’aspect humanitaire, cette coopération s’inscrit dans la stratégie de « diplomatie utile » prônée par le chef de l’État togolais. En sollicitant l’expertise de l’hôpital Sheba — régulièrement classé parmi les dix meilleurs établissements de santé mondiaux par le magazine Newsweek —, le Togo renforce aussi ses liens bilatéraux avec Israël à travers un partenariat axé sur l’impact social.

Ainsi, cette mission foraine devrait s’achever le 10 février, après avoir traité l’intégralité des patients présélectionnés lors des phases de dépistage.

Togo : Incendie au marché de Hédzranawoé à Lomé

C’est un nouveau coup dur pour le secteur informel togolais. En effet, dimanche soir, un violent incendie a ravagé une partie du marché de Hédzranawoé, l’un des poumons commerciaux de la capitale. Si aucune victime n’est à déplorer, les dégâts matériels sont considérables, plongeant des dizaines de familles de commerçants dans le désarroi.

 

La nuit était déjà tombée sur Lomé lorsque l’alerte a été donnée. Vers 21 h 30, ce dimanche 1ᵉʳ février, des flammes impressionnantes ont commencé à dévorer les étals du marché de Hédzranawoé, situé dans la commune du Golfe 2. Très vite, un vent de panique a soufflé sur le quartier, alors que les premières images de brasier circulaient sur les réseaux sociaux.

Le feu s’est déclaré dans une zone particulièrement vulnérable, composée d’installations légères et de structures en bois. Selon les premiers témoignages, c’est le secteur de la volaille qui a été le plus durement frappé. Les flammes ont réduit en cendres des étalages entiers avant même que les propriétaires ne puissent tenter de sauver leurs marchandises.

 

Une catastrophe de plus grande ampleur évitée

Fort heureusement, l’intervention rapide des sapeurs-pompiers a été décisive. En arrivant sur les lieux quelques minutes après l’alerte, les soldats du feu ont réussi à circonscrire l’incendie, empêchant ainsi sa propagation vers les zones de stockage plus denses du marché. Ce déploiement a permis d’éviter que le sinistre ne se transforme en une catastrophe majeure, comme la capitale en a parfois connu par le passé.

Par ailleurs, la police nationale a établi un périmètre de sécurité pour permettre aux secours de travailler et pour éviter d’éventuels pillages dans la confusion.

 

L’angoisse du lendemain pour les commerçants

Au lendemain du drame, l’heure est au constat des pertes et à l’amertume. Pour de nombreux commerçants, c’est une vie de labeur qui est partie en fumée en quelques minutes. Faute d’assurances pour la plupart, ils font désormais face à une incertitude financière totale. « Tout mon stock est perdu », confie une vendeuse sur place, le regard fixé sur les décombres calcinés.

Dans le même temps, les autorités ont ouvert une enquête pour déterminer les causes exactes du sinistre. Court-circuit électrique, négligence ou acte malveillant ? Pour l’heure, aucune piste n’est officiellement privilégiée. Mais au-delà de l’origine du feu, cet incendie relance une nouvelle fois le débat sur la sécurisation et la modernisation des infrastructures marchandes dans la sous-région.

Modernisation de la police : nouveaux équipements

Le ministre de la Sécurité a remis, le 31 janvier, d’importants moyens logistiques à la direction de la police. Entre résultats sportifs et rénovations immobilières, l’institution cherche à afficher un nouveau visage, plus mobile et plus professionnel.

 

C’est une séquence soigneusement orchestrée qu’a vécue la Direction générale de la police nationale (DGPN) togolaise, samedi 31 janvier 2026. Dans l’enceinte de l’institution, le colonel Calixte Batossie Madjoulba, ministre de la Sécurité, a présidé une cérémonie aux allures de bilan d’étape, entouré du haut commandement policier et de figures de la société civile. L’enjeu dépassait le simple protocole : il s’agissait de mettre en scène la modernisation d’une police confrontée à des défis sécuritaires croissants.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

La mobilité, nerf de la guerre sécuritaire

Le point d’orgue de cette rencontre fut l’alignement, sur le bitume impeccable de la direction, de quatorze véhicules pick-up neufs. En effet, ces moyens de transport, remis obligatoirement au commissaire divisionnaire Akatao Babarime, directeur général de la police, ne sont pas qu’un simple renouvellement de parc. Ils représentent, pour les autorités, le levier indispensable d’une « réactivité » accumulée sur le terrain.

Dans un pays où la sécurité urbaine et la surveillance du territoire sont des priorités de l’exécutif, cette dotation vise aussi à réduire les temps d’intervention et à marquer une présence plus visible de l’État.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

Sport et discipline : le « soft power » policier

Plus inhabituel pour une cérémonie sécuritaire, l’Association sportive de la police togolaise (ASPOTO) a présenté une moisson de sept trophées glanés au cours de l’année 2025. Par ailleurs, cette exposition sportive n’est pas anecdotique : pour la hiérarchie, l’excellence sur les terrains de sport est le reflet de la discipline et de la rigueur attendues sous l’uniforme. Le ministre a également vu dans ces succès un symbole de « performance » et de « cohésion », des valeurs que le gouvernement tente d’infuser au sein des forces de l’ordre pour améliorer leur image auprès de la population.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo

Le défi de la gestion des biens publics

Après une visite des infrastructures récemment rénovées au sein de la DGPN, le colonel Madjoulba a tenu à rappeler une exigence de rigueur. Si l’État investit dans le cadre de travail et les équipements, il attend en retour une « gestion responsable » des deniers publics.

« Il est nécessaire de maintenir une police nationale moderne, efficace et proche des citoyens », a martelé l’autorité. Un discours qui fait écho à la vision du chef de l’État de transformer les forces de sécurité en une institution non plus seulement répressive, mais « professionnelle et compétitive » dans un environnement régional instable.

Cette journée, qui mêlait équipements rutilants et palmarès sportifs, marque une volonté de projection vers une police plus agile, tout en rappelant que la pérennité de ces réformes dépendra de la maintenance des acquis et de l’intégrité de ses agents.

Université de Lomé : une séminaire majeure pour moderniser son administration

Le temple du savoir togolais a lancé, lundi 2 février, un vaste cycle de séminaire . Entre gestion du stress et communication non violente, l’objectif est de moderniser l’administration universitaire pour faire face aux nouveaux enjeux du secteur.

 

C’est dans l’acoustique solennelle de l’auditorium de l’Université de Lomé (UL) que s’est ouverte, ce lundi, une initiative d’envergure pour la première institution d’enseignement supérieur du Togo. En effet, sous l’égide de la Direction des ressources humaines et avec le concours du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnel (FNAFPP), l’université entame un séminaire de formation de quinze jours destiné à ses cadres et agents.

Derrière l’aspect protocolaire de la cérémonie d’ouverture, présidée par le secrétaire général de l’UL — représentant du président de l’institution —, se dessine aussi une volonté de réforme structurelle. Dans un contexte de massification des effectifs étudiants et de pression croissante sur les infrastructures, l’administration universitaire cherche à muter.

Université de Lomé
© Université de Lomé

L’humain au centre de la machine administrative

Le programme, qui s’étirera jusqu’au 17 février dans l’enceinte du bloc pédagogique 2, retarde les questions purement académiques pour se concentrer sur les « soft skills » (compétences douces). Management des ressources humaines, leadership, mais aussi — plus significatif encore — gestion du stress et sécurité au travail.

« L’objectif est de favoriser un environnement de travail sain et productif », souligne l’administration. En intégrant des modules sur la communication non violente et la négociation collective, l’Université de Lomé semble vouloir anticiper les tensions sociales inhérentes aux grands campus ouest-africains. Il s’agit aussi de substituer à l’autorité verticale un « leadership apaisé », plus apte à gérer les conflits internes.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un laboratoire de la fonction publique togolaise

Cette séance, rythmée par des mises en situation et des études de cas, dépasse le cadre d’une simple remise à niveau technique. Elle illustre également une tendance de fond dans la haute administration togolaise : la professionnalisation des ressources humaines pour garantir une continuité du service public.

En investissant dans la santé mentale et le bien-être de ses agents, l’UL fait le pari que l’efficacité pédagogique de ses facultés dépend, en amont, de la solidité et de la cohésion de son appareil administratif. Ainsi, les résultats de cette immersion managériale seront scrutés de près lors de la clôture des travaux, prévue le 17 février, date à laquelle l’institution espère avoir jeté les bases d’une gouvernance plus horizontale et résiliente.

Pour l’Université de Lomé, ce séminaire constitue une étape importante dans la consolidation de la cohésion interne et le renforcement de l’efficacité du personnel, dans un contexte marqué par des exigences croissantes en matière de performance et de gouvernance universitaire.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Programme du séminaire de renforcement des capacités (Février 2026)

Période Module thématique Objectifs et approche
2-4 février Gestion, motivation et leadership Renforcer les compétences de gestion d’équipe et identifier également les leviers de motivation pour accroître la productivité.
5-6 février Gestion du stress, Santé et Sécurité Prévenir les risques psychosociaux et garantir un environnement de travail sécurisé et sain pour les agents.
10-12 février Négociation et Gestion des conflits Maîtriser les outils de médiation et le dialogue social pour désamorcer les tensions en milieu universitaire.
13-17 février Communication non violente et Leadership apaisé Développer une posture de leadership bienveillante pour une collaboration fluide et une meilleure cohésion d’équipe.

Togo : La diaspora de Vo 2 s’engage pour le développement local

 

En offrant des infrastructures de proximité à leur commune d’origine, les ressortissants de la préfecture de Vo installés à l’étranger illustrent une tendance croissante : celle d’un engagement civique qui dépasse les simples transferts de fonds familiaux.

Si les transferts de fonds de la diaspora africaine sont souvent analysés à l’échelle macroéconomique, c’est parfois dans des gestes très concrets que se mesure l’attachement au terroir. Dans le sud-est du Togo, la commune de Vo 2 vient d’en recevoir une illustration tangible. Une délégation de la diaspora locale a officiellement remis à la municipalité deux bancs en pierre et deux lampadaires, destinés à l’aménagement et à la sécurisation des espaces publics.

 

Un geste symbolique et politique

Au-delà de la valeur matérielle du don, l’initiative s’inscrit dans une dynamique assumée de patriotisme local. Pour les donateurs, l’objectif est double : contribuer à l’embellissement du cadre de vie et renforcer la sécurité nocturne grâce à l’amélioration de l’éclairage public.

Lors de la cérémonie de remise, les représentants des ressortissants de Vô vivant à l’étranger ont réaffirmé leur engagement à accompagner les actions de la municipalité. Ainsi, refusant de rester de simples spectateurs du développement local, ils voient dans l’investissement dans les infrastructures de proximité un levier essentiel pour rendre la commune plus attractive, plus sûre et plus agréable à vivre.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

La décentralisation au cœur du dialogue

Le maire de la commune, Dominique Godfroy Tomegah, a accueilli ce don avec une satisfaction non dissimulée. En effet, pour l’édile, cette initiative illustre concrètement la synergie possible entre les autorités locales et les fils et filles du terroir, où qu’ils se trouvent.

« Chaque contribution, aussi modeste soit-elle, participe à l’édification d’une commune plus accueillante et mieux équipée », a-t-il rappelé, soulignant que le développement de Vo 2 repose sur cette solidarité active entre résidents et expatriés.

 

Le défi du relais de la diaspora

Ce type d’initiative pose, une fois encore, la question du rôle structurant des diasporas dans le succès de la décentralisation au Togo. À Vo 2, l’enjeu sera désormais de transformer ces gestes symboliques en coopérations durables, capables d’accompagner des projets plus ambitieux.

En somme, entre embellissement urbain, amélioration des services de base et renforcement du lien social, la municipalité entend capitaliser sur cette dynamique pour inscrire la contribution de la diaspora dans une vision de développement local à long terme.