La commune de Golfe 1, à Lomé, a ouvert ce lundi 5 octobre 2026 sa quatrième session de l’année, consacrée à l’examen et à l’adoption du budget primitif 2027. Pendant dix jours, les conseillers municipaux devront traduire en chiffres les priorités d’un territoire urbain dense, exposé aux inondations et confronté à des besoins croissants en infrastructures et en services publics.
Sous la conduite du maire, Gbloekpo Koamy Gomado, la séance d’ouverture a réuni les adjoints au maire, les représentants des ministères de tutelle et du Développement local, la préfecture du Golfe, les conseillers municipaux, les autorités traditionnelles ainsi que plusieurs organisations locales.
La session s’inscrit dans la continuité d’un processus participatif engagé début octobre. Les 1ᵉʳ et 2 octobre, la mairie avait organisé un débat citoyen au Centre communautaire de Bè afin de recueillir les attentes des populations avant la construction du budget.
Cette consultation n’a pas valeur de promesse automatique. Les propositions issues des comités de développement de quartier et des organisations locales seront examinées par le conseil municipal, mais leur financement dépendra des recettes réellement mobilisables. Selon les données présentées lors du débat citoyen, la commune avait mobilisé environ 1,5 milliard de francs CFA au 30 septembre 2026, soit un taux de réalisation annoncé de 40 %.
Les inondations, test de résilience
Par ailleurs, les élus devront examiner les mesures de gestion des inondations. Le sujet revêt une importance particulière pour Golfe 1, une commune littorale du Grand Lomé où l’urbanisation rapide, le drainage insuffisant et les fortes pluies fragilisent plusieurs quartiers.
La question dépasse l’intervention d’urgence. En effet, elle impose une réflexion sur le nettoyage des caniveaux, la maîtrise de l’occupation des zones à risque, l’entretien des infrastructures et la capacité de la mairie à anticiper les saisons pluvieuses. Le budget 2027 devra donc arbitrer entre les besoins immédiats des populations et les investissements structurants destinés à réduire la vulnérabilité du territoire.
Les conseillers examineront également l’exécution du budget au troisième trimestre 2026. Cette évaluation permettra de mesurer le rythme de mobilisation des recettes, le niveau de réalisation des dépenses et l’avancement des projets engagés.
Le rapport d’activités de la mairie figurera aussi à l’ordre du jour. Les élus devront s’assurer que les orientations définies en début d’exercice se traduisent en services concrets pour les administrés : voirie, assainissement, équipements publics, appui aux quartiers et actions sociales.
Vers une communauté de communes
Un autre dossier pourrait modifier l’organisation territoriale locale : la création de la Communauté de communes de la Lagune de Bè. Le projet fera l’objet d’une délibération au cours de la session.
Cette initiative vise à encourager une coopération intercommunale autour d’un espace partagé, où les défis environnementaux, fonciers et d’aménagement dépassent les limites administratives d’une seule commune. Sa réussite dépendra toutefois de la clarté des compétences transférées, du financement et de la capacité des municipalités concernées à coordonner leurs actions.
Les conseillers recevront également une information sur la suite donnée par le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières (MATGLAC) à la demande de partenariat entre Golfe 1 et Moyen-Mono 1.
Ce rapprochement pourrait permettre aux deux collectivités de partager des expériences, des expertises et éventuellement des ressources. Dans un contexte de décentralisation encore en construction au Togo, de tels partenariats intercommunaux représentent un levier pour renforcer les capacités locales sans attendre uniquement les transferts de l’État.
Dix jours pour fixer les priorités
La première journée a servi à adopter le programme des travaux. Les débats à venir détermineront les grands équilibres du budget 2027 : fonctionnement, investissement, gestion des risques, services de proximité et projets intercommunaux.
En somme, pour les habitants de Golfe 1, l’enjeu est de voir leurs préoccupations se refléter dans les lignes budgétaires. Pour la municipalité, il s’agit de démontrer qu’un budget participatif peut devenir un instrument efficace de planification, et non une simple formalité avant l’adoption des comptes.
L’Université de Kara a franchi une étape supplémentaire dans sa stratégie d’ouverture. Du 27 au 30 septembre 2026, une délégation conduite par sa présidente, la professeure Prénam Houzou-Mouzou, s’est rendue à Chengdu, en Chine, où elle a exploré des pistes de coopération avec l’University of Electronic Science and Technology of China (UESTC) et d’autres partenaires académiques.
Le déplacement a coïncidé avec le 70ᵉ anniversaire de l’UESTC, célébré le 28 septembre sur son campus de Qingshuihe. Fondée en 1956, l’institution chinoise s’est imposée comme un pôle majeur de recherche et d’innovation dans les sciences électroniques et les technologies de l’information.
Pour l’Université de Kara, la mission ne visait pas seulement à assister aux festivités. Elle avait pour but d’inscrire l’établissement togolais dans un réseau universitaire plus large, capable d’appuyer la formation, la recherche ainsi que l’innovation.
Les discussions avec l’UESTC ont porté sur la préparation d’un protocole d’accord, la mobilité des étudiants et des enseignants, la création de formations conjointes ainsi que le lancement de projets scientifiques communs. Ces échanges ouvrent la voie à une coopération qui pourrait dépasser le cadre protocolaire pour produire des résultats mesurables sur les campus.
L’un des sujets les plus déterminants concerne l’éventuelle implantation d’un Institut Confucius à l’Université de Kara. Un tel centre pourrait renforcer l’apprentissage du chinois, favoriser les échanges culturels et accompagner les étudiants togolais souhaitant poursuivre leurs études ou développer des compétences liées aux relations sino-africaines.
L’enjeu dépasse la seule question linguistique. Il touche aussi à la capacité de l’université à préparer ses diplômés à un environnement académique et économique de plus en plus connecté, où la maîtrise de langues et de réseaux internationaux devient un atout professionnel.
Un réseau qui s’élargit
Par ailleurs, la délégation n’a pas limité ses contacts à la Chine. À Chengdu, l’Université de Kara a également noué des échanges avec l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, via le réseau COMUF-UVSQ, l’Université de Montpellier, le Ghana Institute of Management and Public Administration (GIMPA) et le Musée international des arts d’Afrique.
Ces rencontres dessinent une diplomatie académique plurielle, à la fois européenne, africaine et asiatique. Elles traduisent aussi la volonté de l’institution de diversifier ses partenaires plutôt que de dépendre d’un seul axe de coopération.
La présidente Houzou-Mouzou avait déjà affirmé, au début de l’année, sa volonté de donner une dimension internationale à l’Université de Kara. Cette mission s’inscrit dans cette trajectoire, alors que l’établissement cherche à consolider ses infrastructures et à renforcer son offre de formation.
Reste désormais à convertir ces contacts en programmes concrets : bourses de mobilité, cotutelles, laboratoires partagés, formations professionnelles et projets d’innovation. Pour l’Université de Kara, le défi consiste à faire de cette ouverture diplomatique un levier durable au service de ses étudiants, de ses enseignants et du développement du nord du Togo.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, a été distingué par le MIPAD dans le cadre de l’édition 2026 des « Most Influential 100 ». Il reçoit le prix « Global Minister of the Year », une reconnaissance attribuée lors de la semaine consacrée aux personnalités d’ascendance africaine les plus influentes.
Une distinction qui met la diplomatie togolaise en lumière
Le prix place Robert Dussey parmi les responsables publics distingués pour leur influence et leur contribution au rayonnement de l’Afrique et de sa diaspora. Le MIPAD, réseau international consacré à la reconnaissance des personnalités d’ascendance africaine, identifie des acteurs issus des secteurs public ainsi que privé à travers le monde.
L’organisation présente cette initiative comme un espace de valorisation du leadership, de la justice et du développement de l’Afrique ainsi que de ses communautés établies à l’étranger. La semaine de reconnaissance 2026 s’est tenue du 23 au 25 septembre à New York.
Robert Dussey salue une reconnaissance collective
Dans un message de remerciement, le ministre togolais a accueilli cette distinction avec « honneur » et « profonde reconnaissance ». Il a estimé que le prix consacrait non seulement son parcours personnel, mais aussi la portée du travail accompli au service du Togo, de l’Afrique et de la diaspora africaine.
Robert Dussey a associé à cet hommage le président Conseil , Faure Essozimna Gnassingbé, l’Union africaine et l’ensemble des acteurs engagés au sein du Sud global. Il a également remercié les responsables et la communauté du MIPAD pour cette célébration de l’excellence et de l’impact positif.
À la tête du ministère togolais des Affaires étrangères depuis septembre 2013, Robert Dussey figure depuis plusieurs années parmi les personnalités africaines régulièrement citées pour leur influence. Il avait déjà été classé par le magazine New African parmi les 100 personnalités les plus influentes du continent en 2015, 2016 et 2019.
Son action diplomatique s’inscrit dans un contexte où le Togo cherche à renforcer ses partenariats internationaux, à défendre les intérêts de ses ressortissants à l’étranger et à accroître son rôle dans les débats liés à l’intégration africaine.
Un appel à bâtir une Afrique plus inclusive
Robert Dussey a voulu en faire un encouragement à poursuivre l’action collective. Dans son message, il a aussi appelé à œuvrer pour un avenir fondé sur la dignité, l’inclusion et l’égalité des chances.
Cette distinction intervient ainsi comme un hommage à un responsable togolais, mais aussi comme un signal adressé à une nouvelle génération de dirigeants et d’acteurs africains. À travers le MIPAD, leur influence se mesure autant à leur visibilité internationale qu’à leur capacité à porter des initiatives ayant un impact durable sur le continent et sa diaspora.
Dans le Golfe 1, la préparation du budget communal de 2027 s’appuiera sur les attentes exprimées par les habitants. La mairie a organisé, jeudi 1er octobre, une rencontre avec les forces vives de la commune afin d’évaluer l’action municipale à mi-parcours de 2026 et de recueillir les principales préoccupations de la population.
Le maire, Gbloekpo Koamy Gomado, a présidé les échanges, auxquels ont pris part plusieurs représentants de la communauté. La municipalité entend ainsi rapprocher la décision publique des réalités vécues dans les quartiers.
La rencontre a permis aux participants de formuler leurs demandes et de faire remonter les difficultés auxquelles ils font face. Ces contributions serviront à orienter la préparation du budget primitif 2027, notamment dans le choix des actions et des investissements à retenir.
Cette démarche permet à la commune de confronter son bilan à mi-parcours aux attentes des citoyens. Elle offre également aux acteurs locaux un cadre pour discuter des priorités de développement et des réponses que la mairie pourrait apporter au cours du prochain exercice budgétaire.
Les participants ont également été informés du fonctionnement prochain du Service public de salubrité de Golfe 1, connu sous le sigle SPS-G1. Ce dispositif doit renforcer les opérations de nettoyage, l’entretien des espaces publics et, plus largement, l’amélioration du cadre de vie dans la commune.
La mairie a présenté cette initiative comme un outil destiné à mieux structurer les efforts en matière de salubrité. Son efficacité dépendra toutefois de l’organisation du service et de la participation des habitants au maintien de la propreté dans les quartiers.
En clôturant la rencontre, le maire a invité les leaders communautaires à consolider la cohésion sociale et à maintenir le dialogue avec les populations. Il les a également appelés à soutenir les initiatives locales et à mobiliser les habitants autour des projets de développement de Golfe 1.
La mairie inscrit ce débat dans le cadre de l’article 19 de la loi n° 2019-006 du 26 juin 2019 relative à la décentralisation et aux libertés locales. Cette disposition reconnaît aux citoyens le droit d’être informés des décisions publiques et consultés sur les affaires qui touchent leur quotidien.Avec cette consultation, Golfe 1 cherche à faire du prochain budget communal le reflet des priorités exprimées sur le terrain.
À Lomé, les discussions ne se sont pas limitées aux formules diplomatiques habituelles. Du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre 2026, responsables togolais et russes ont tenté de donner une architecture opérationnelle à une relation bilatérale que les deux capitales souhaitent désormais élargir.
Autour de la table, les sujets se sont succédé : énergie, mines, agriculture, industrie, commerce, transports, recherche, éducation, technologies et culture. Derrière cette longue liste de secteurs se dessinait une question plus exigeante : comment convertir une volonté politique affichée en projets financés, en accords exécutés et en résultats visibles ?
La première session de la Commission mixte intergouvernementale Togo-Russie s’est achevée jeudi par la signature d’un procès-verbal. Les deux parties ont également conclu un mémorandum d’entente sur le patrimoine culturel.
Une relation appelée à changer de nature
La rencontre a été coprésidée par le ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, et le ministre russe de l’Énergie, Sergey Tsvilev. Ces échanges ont mis en évidence la volonté commune des deux États d’inscrire leur collaboration dans une dynamique plus globale que le dialogue diplomatique classique.
Le Togo cherche à attirer davantage d’investissements et à diversifier ses partenariats. La Russie, de son côté, entend renforcer ses liens économiques, scientifiques et culturels avec les pays africains. À Lomé, ces intérêts se sont rencontrés autour de secteurs considérés comme stratégiques pour l’avenir des deux économies.
Les représentants russes ont notamment évoqué les possibilités offertes par les domaines de l’énergie et des mines. Des discussions ont également porté sur les infrastructures, l’agriculture et les technologies, autant de secteurs dans lesquels le Togo veut accélérer la transformation de son économie.
Les délégations ont recensé plusieurs projets d’accords à finaliser. Ils concernent la promotion et la protection des investissements, la coopération douanière, le commerce, l’éducation, l’agriculture, l’énergie, la recherche, l’innovation, l’emploi, les technologies de l’information et les transports.
Cette étape reste importante, mais elle ne constitue qu’un commencement. Les accords annoncés devront encore être négociés, signés, ratifiés lorsque cela sera nécessaire, puis traduits en programmes accompagnés de financements et de calendriers.
C’est sur cette capacité d’exécution que se jouera la crédibilité du rapprochement. Pour Lomé comme pour Moscou, la commission intergouvernementale doit devenir un outil de suivi, et non un banal rendez-vous périodique consacré à la réaffirmation de principes généraux.
La culture comme premier point d’ancrage
Le premier résultat formel de la session concerne le patrimoine culturel. Le ministre togolais du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, a signé un mémorandum avec Natalia Saloveva, directrice du Centre d’archéologie de l’Académie de la Fédération de Russie. Le document ouvre la voie à une coopération accrue entre institutions culturelles et universitaires. Il prévoit notamment de favoriser la mobilité des étudiants et de promouvoir la langue et la culture russes au Togo.
Ce volet donne une dimension plus concrète au partenariat. Alors que l’énergie, les mines et les transports renvoient à des investissements lourds et à des négociations complexes, la coopération culturelle peut produire plus rapidement des échanges visibles : programmes universitaires, formation, recherche archéologique et circulation d’experts. Lomé et Moscou travaillent également sur l’idée d’une Maison russe au Togo, destinée à servir de centre de promotion linguistique, culturelle et éducative.
Le rapprochement actuel s’inscrit dans le prolongement d’un contact politique au plus haut niveau. Le 19 novembre 2025, le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, avait été reçu par le président russe Vladimir Poutine au Kremlin. Les deux dirigeants avaient alors exprimé leur volonté de renforcer les relations entre leurs pays et demandé la mise en place d’un mécanisme chargé d’en assurer le suivi. La commission réunie à Lomé constitue la première traduction institutionnelle de cette orientation.
Elle intervient dans un contexte où Moscou cherche à élargir ses partenariats sur le continent africain, tandis que plusieurs États africains tentent de diversifier leurs relations extérieures et leurs sources de financement. Cette convergence explique l’intérêt porté à la session togolaise, sans préjuger des résultats futurs.
Le prochain test se déroulera à Moscou
Les deux gouvernements ont fixé le principe d’une deuxième session à Moscou en 2028. Les dates seront déterminées ultérieurement par voie diplomatique. D’ici là, les administrations devront transformer la feuille de route de Lomé en décisions mesurables. Il faudra notamment préciser les projets prioritaires, identifier les partenaires économiques, définir les mécanismes de financement et établir un calendrier de mise en œuvre.
La cérémonie de clôture a donc moins marqué l’aboutissement d’un processus que l’ouverture d’une période de vérification. Le Togo et la Russie ont posé les bases d’un partenariat plus ambitieux. Désormais, les réalisations concrètes, les accords signés et les projets effectivement exécutés permettront de mesurer l’importance de ce partenariat, bien au-delà des salles de réunion de Lomé.
La commune de Bassar 1 a lancé, jeudi 1er octobre 2026, une session de formation destinée aux autorités locales et coutumières du canton de Kalanga. Pendant deux jours, les participants examinent les enjeux liés à la santé reproductive et aux droits sexuels, à la santé communautaire, à la nutrition et à l’égalité entre les femmes et les hommes.
La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet consacré au renforcement des capacités des autorités locales et traditionnelles et à la sensibilisation des communautés. L’initiative bénéficie du soutien financier de la coopération allemande, à travers le programme ProSanté III, qui accompagne au Togo l’amélioration de l’accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité.
Au-delà de la transmission de connaissances, la formation vise à faire des responsables communautaires des interlocuteurs mieux outillés pour orienter les populations, prévenir les pratiques préjudiciables et favoriser le recours aux services de santé.
Trente représentants prennent part aux travaux. Le groupe rassemble notamment des chefs traditionnels et religieux, des membres des comités de développement à la base, des responsables de quartiers et de villages, des « tantines » ainsi que des femmes leaders.
Cette diversité doit permettre d’aborder les questions de santé à partir des réalités vécues dans les communautés. Les autorités coutumières disposent d’une influence importante dans la médiation sociale, tandis que les relais communautaires entretiennent un contact direct avec les familles. Leur implication peut donc faciliter la circulation d’informations fiables sur la contraception, la maternité, les droits en matière de santé et la prévention des violences fondées sur le genre.
Les participants étudient les notions essentielles relatives à la santé reproductive et aux droits sexuels, ainsi que les principales dispositions du cadre légal. Les échanges portent également sur la santé communautaire, la nutrition et l’approche dite du genre transformateur.
Les organisateurs privilégient une approche participative, fondée sur des exposés, des études de cas, des travaux en groupes et des jeux de rôle. Cette méthode permet aux participants de mettre les connaissances acquises en perspective avec les réalités de leurs localités, notamment l’orientation d’une jeune fille vers un centre de santé, l’accompagnement d’une victime de violence ou encore la médiation au sein d’une famille.
Des facilitateurs expérimentés et des experts locaux encadrent les discussions. Ils encouragent les participants à dépasser les idées reçues et à mieux comprendre les obstacles sociaux, culturels et économiques qui limitent encore l’accès de certaines personnes aux services de santé.
Le programme ProSanté III soutient le renforcement du système sanitaire togolais en développant les compétences des acteurs locaux, régionaux et nationaux. Il accorde une place particulière à la santé sexuelle et reproductive, à la qualité des soins, à la nutrition et à la prise en compte des inégalités liées au genre.
Dans cette approche, l’amélioration de l’offre médicale ne suffit pas. Les populations doivent aussi connaître leurs droits et pouvoir s’appuyer sur des relais capables de les informer et de les orienter. La formation organisée à Kalanga répond précisément à cet impératif en rapprochant les responsables communautaires des enjeux de santé publique.
Les travaux doivent prendre fin ce vendredi 2 octobre. À l’issue de la session, les participants devraient disposer d’outils leur permettant de relayer les messages de prévention, d’identifier les besoins des populations et de contribuer à une meilleure prise en charge des questions de santé reproductive ainsi que de genre dans le canton de Kalanga.
Le président togolais Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové a participé, mercredi 30 septembre, au lancement officiel des travaux de la future raffinerie Dangote East Africa, à Lamu, sur la côte kényane. Cette cérémonie a réuni plusieurs dirigeants africains autour d’un projet présenté comme l’un des plus importants investissements industriels du continent.
Portée par le groupe nigérian Dangote, l’infrastructure devrait nécessiter environ 16 milliards de dollars et entrer en service au terme d’un chantier estimé entre 30 et 40 mois. Sa capacité annoncée atteindrait 700 000 barils de pétrole brut par jour, un niveau qui en ferait l’une des plus grandes installations de raffinage d’Afrique de l’Est.
La raffinerie doit contribuer à réduire la dépendance de plusieurs pays de la région aux importations de produits pétroliers raffinés. Elle pourrait également renforcer le rôle de Lamu comme plateforme portuaire, énergétique et industrielle pour les marchés d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale.
Le chef de l’État togolais a pris part à l’événement aux côtés du président kényan William Ruto, du président ougandais Yoweri Museveni, du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et du président béninois Romuald Wadagni. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo figurait également parmi les personnalités présentes.
Dans son allocution, Jean-Lucien Savi de Tové a vu dans le lancement du chantier le signe d’une évolution du modèle économique africain. Selon lui, le continent ne doit plus se limiter à exporter ses matières premières, mais doit développer ses propres capacités de transformation.
« La cérémonie de pose de la première pierre de la raffinerie de Lamu est un autre symbole rassurant d’une Afrique qui se tourne vers elle-même, qui ne se contente plus d’exploiter ses richesses, mais qui les transforme, les valorise et les maîtrise avec le concours de ses propres fils », a déclaré le président togolais.
Le dirigeant a aussi insisté sur la dimension transrégionale de l’initiative. La participation d’un chef d’État ouest-africain à une cérémonie organisée en Afrique de l’Est illustre, selon lui, la possibilité de bâtir des partenariats industriels dépassant les frontières géographiques habituelles.
Le projet de Lamu s’inscrit dans une stratégie plus large de réduction de la dépendance énergétique du continent. En produisant localement une partie des carburants consommés dans la région, la future raffinerie pourrait limiter les sorties de devises et améliorer la sécurité des approvisionnements, alors que plusieurs économies africaines restent tributaires des importations de produits raffinés.
Les autorités kényanes présentent également l’installation comme un levier de création d’emplois et de développement des compétences industrielles. Le projet devrait s’accompagner d’activités liées à la pétrochimie, à la logistique, à la maintenance et aux services portuaires. Des organisations environnementales et des propriétaires fonciers contestent toutefois certains aspects du chantier devant la justice kényane, ce qui pourrait alimenter le débat sur son impact social et écologique.
Pour Lomé, la présence du président Savi de Tové traduit un intérêt marqué pour les initiatives africaines capables de stimuler l’industrialisation, les infrastructures et les échanges entre régions. Elle intervient également dans un contexte où les États cherchent à consolider des partenariats économiques intra-africains, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.
En s’associant à ce rendez-vous, le Togo entend ainsi réaffirmer son soutien aux projets qui favorisent la transformation des ressources sur le continent. Au-delà de la seule construction d’une raffinerie, le chantier de Lamu se veut le symbole d’une Afrique désireuse de produire davantage, de commercer entre elle et de mieux maîtriser ses chaînes de valeur.
Une dizaine de coopératives agricoles et forestières togolaises ont été primées, le 29 septembre 2026 à Lomé, pour avoir filmé leurs propres chantiers de reboisement et de régénération des sols. Derrière cette cérémonie, orchestrée par la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP), se dessine une stratégie moins conventionnelle : faire des paysans les narrateurs de la restauration écologique, et non plus seulement ses exécutants.
L’atelier national de restitution du Mécanisme Forêts et Paysans (Forest and Farm Facility, FFF) a servi de cadre à la remise des chèques. Piloté par la CTOP, avec l’appui technique et financier de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le FFF injecte, depuis 2019, plus de 4,65 millions de dollars dans des initiatives locales de gestion durable des forêts et des terres agricoles.
Par ailleurs, cette fois, l’accent a été mis sur la communication par l’image. Dix Organisations de Producteurs Forestiers et Agricoles (OPFA) ont reçu entre 100 000 et 250 000 FCFA pour réaliser des capsules vidéo montrant comment elles restaurent concrètement les paysages forestiers. Au total, 1 600 000 FCFA ont ainsi été distribués pour saluer un travail de documentation et de partage d’expériences paysannes.
L’idée sous-jacente est de transformer chaque téléphone en outil de vulgarisation environnementale. En filmant leurs pépinières, leurs techniques d’agroforesterie ou leurs actions de protection des bassins versants, les producteurs ne se contentent plus d’appliquer des prescriptions : ils construisent aussi une mémoire visuelle de la restauration, destinée à inspirer d’autres villages.
Les lauréats couvrent plusieurs zones écologiques et filières, du karité au sel artisanal, en passant par la mangue ainsi que les cultures vivrières. Parmi les dix organisations distinguées figurent :
SCOOP-CA LAS BEGUINAS DUMENYO – 250 000 FCFA
COOP-CA ABOEWUDZA – 225 000 FCFA
CVD MOUMOUANE – 200 000 FCFA
SCOOPS KEKELI – 180 000 FCFA
CVD ANDO AKPUIVE – 160 000 FCFA
PSA-TCHAMBA – 140 000 FCFA
SCOOPS SEL DE LA TERRE DE GAPE CENTRE – 125 000 FCFA
SCOOPS AMENUVEVE DE KOUDASSI – 115 000 FCFA
SCOOPS PRO MANGUE DE VO – 105 000 FCFA
SCOOPS TERRE FLEURIE DE TOMANGUE – 100 000 FCFA
Ces montants, bien que modestes, s’inscrivent dans une logique d’incitation : récompenser la capacité à rendre visible l’action climatique locale, souvent invisible dans les rapports officiels.
Par ailleurs, cette initiative renforce un axe central du FFF : l’implication directe des organisations paysannes dans la gouvernance des ressources naturelles. Entre 2019 et 2026, près de 299 OPFA ont bénéficié d’appuis du programme, sous forme de subventions, de formations ou d’accompagnement technique.
Ainsi, en valorisant leurs vidéos, la CTOP et la FAO cherchent à :
Légitimer les savoirs locaux face aux modèles descendants de reboisement.
Créer une bibliothèque de bonnes pratiques facilement partageables entre coopératives.
Sensibiliser les communautés à la gestion durable par des exemples concrets, tournés par des pairs.
En fait, cette approche s’aligne sur les engagements du Togo dans le cadre d’AFR100, qui vise la restauration de 20 000 hectares de forêts et de terres dégradées d’ici 2027.
La CTOP a félicité les lauréats et encouragé toutes les OPFA à poursuivre la production de capsules vidéo. Parce que l’objectif affiché est de faire connaître leurs activités, de partager leurs savoir-faire et d’inspirer d’autres communautés.
Dans un contexte où la déforestation progresse et fragilise les écosystèmes, ces récits visuels peuvent constituer un levier de sensibilisation : montrer ce qui fonctionne, là où les discours peinent parfois à convaincre. Ainsi, en donnant la caméra aux premiers concernés, le Togo expérimente une forme de narration environnementale par le bas, où chaque coopérative devient à la fois actrice et chroniqueuse de la reconquête forestière.
À l’heure où les engagements climatiques se multiplient dans les enceintes internationales, ces dix capsules vidéo rappellent une évidence souvent négligée : la restauration des paysages forestiers ne se décrète pas seulement depuis les ministères, elle se filme, se raconte et se transmet d’abord dans les cours de ferme ainsi que les pépinières villageoises. Si le Togo veut tenir son objectif de 20 000 hectares restaurés d’ici 2027, il devra miser sur ces récits paysans, plus convaincants que bien des rapports techniques.
Habitué à mobiliser ses abonnés, qu’il appelle ses « missionnaires », pour venir en aide à des personnes en difficulté partout dans la sous-région, Apoutchou National se retrouve aujourd’hui confronté à une épreuve familiale. L’influenceur ivoirien demande le soutien des autorités afin d’assurer la continuité des soins de sa mère, l’actrice Bleu Brigitte.
Dans un message relayé sur les réseaux sociaux, Stéphane Agbré, de son vrai nom, explique que sa mère a récemment subi une intervention chirurgicale en France après la découverte de trois tumeurs au cerveau. Il précise que l’opération a nécessité plusieurs milliers d’euros et que la famille doit encore faire face à d’importantes dépenses médicales.
Les informations disponibles reposent toutefois sur le témoignage de l’influenceur. Aucun dossier médical n’a été rendu public pour confirmer les détails de l’intervention.
Des démarches engagées dans un délai très court
Selon le récit d’Apoutchou National, la situation s’est aggravée alors que le visa de sa mère était arrivé à expiration. La famille aurait dû obtenir rapidement un nouveau document afin de lui permettre de rejoindre la France pour recevoir les soins requis. Cette course contre la montre aurait alourdi les difficultés financières liées à l’hospitalisation, au transport et au suivi médical. L’influenceur affirme ne pas pouvoir régler immédiatement l’ensemble des sommes nécessaires à la poursuite de la prise en charge.
Dans ses publications, il indique que sa mère va mieux après l’opération, mais qu’elle a encore besoin d’un accompagnement médical et financier. Il dit également souffrir de son éloignement, n’ayant pas pu rester auprès d’elle au moment de l’intervention.
Une demande adressée aux autorités
Très ému, Apoutchou National sollicite l’intervention des autorités ivoiriennes. Il demande notamment le déblocage d’un compte bancaire auquel il n’aurait momentanément pas accès. L’influenceur a interpellé le ministre de la Justice, Téné Birahima Ouattara, le député de Man Momo Bamba ainsi que le procureur. Il affirme qu’une partie de ses fonds se trouverait auprès de Creed Afrique, sans pouvoir les utiliser dans l’immédiat.
Cette requête intervient dans un contexte judiciaire sensible. Stéphane Agbré a été condamné en juin 2026 à trois ans de prison ferme dans une affaire de blanchiment de capitaux, selon des informations publiques rapportées par plusieurs sources. Il aurait annoncé son intention de faire appel.
Le poids d’une relation très exposée
L’influenceur rappelle qu’il est le seul fils de sa mère. Dans un message particulièrement personnel, il résume sa détresse par une phrase devenue largement commentée en ligne : « Je cherche des solutions partout sans en trouver, alors que ma maman est toute ma vie. »
Cette déclaration a suscité de nombreuses réactions parmi ses abonnés et dans le milieu artistique ivoirien. Depuis plusieurs années, Apoutchou National s’est construit une audience importante autour de contenus mêlant divertissement, prises de position et actions de solidarité.
Son appel prend ainsi une dimension particulière : celui qui sollicitait régulièrement la générosité de sa communauté pour soutenir d’autres personnes se retrouve à demander de l’aide pour sa propre famille.
Entre solidarité et urgence médicale, Apoutchou National cherche une solution pour sa mère
Face à ce type de situation, les appels à la solidarité peuvent rapidement provoquer une forte mobilisation. Cependant à ce stade, Apoutchou National affirme surtout rechercher une solution institutionnelle lui permettant de financer les soins de sa mère. Il remercie les personnes qui accompagnent sa famille et dit conserver l’espoir d’une issue favorable.
L’affaire rappelle également les difficultés auxquelles peuvent être confrontées les familles africaines lorsqu’elles doivent financer des soins spécialisés à l’étranger : coûts élevés, démarches administratives complexes et dépendance à des transferts de fonds parfois difficiles à effectuer. Pour Bleu Brigitte, la priorité reste désormais la continuité de la prise en charge médicale et la stabilisation de son état de santé.
La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a accueilli, mercredi 30 septembre 2026, une délégation d’entrepreneurs russes en visite au Togo dans le cadre de la première session de la Commission mixte intergouvernementale entre Lomé et Moscou. Cette rencontre, consacrée aux échanges commerciaux, économiques, scientifiques et techniques, a permis aux visiteurs de découvrir les infrastructures et les activités de la principale zone industrielle intégrée du pays. La commission mixte se tient à Lomé du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre et vise à transformer le rapprochement diplomatique en projets économiques concrets.
Accueillie par Idiola Sandah, administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA, en présence du directeur général de la PIA SAS, la délégation a parcouru plusieurs installations de la plateforme. Les échanges ont porté sur les conditions d’implantation, les services disponibles et les secteurs susceptibles d’intéresser les opérateurs russes.
La visite a mis en évidence le modèle d’écosystème intégré développé à Adétikopé. Implantée sur environ 400 hectares, la plateforme regroupe une zone industrielle, des espaces commerciaux, des entrepôts, une aire logistique et un parc à conteneurs d’une capacité annoncée de 12 500 unités. Elle dispose également d’un parking pouvant accueillir 700 camions ainsi que d’infrastructures de stockage pour le coton et d’autres matières premières.
La PIA propose aux entreprises un ensemble de services destinés à simplifier leur installation et leur fonctionnement : terrains aménagés, accès à l’eau et à l’électricité, dispositifs de traitement des déchets et des eaux, accompagnement administratif et avantages liés au régime de zone économique spéciale.
Son modèle repose sur la transformation locale des matières premières, la création de chaînes de valeur et l’exportation de produits finis. Le parc textile constitue l’un des exemples les plus visibles de cette stratégie, avec une organisation qui couvre l’approvisionnement, la fabrication et la commercialisation.
Pour les opérateurs russes, la PIA peut offrir un point d’entrée vers le marché togolais et, plus largement, vers les économies de la sous-région. La proximité du port de Lomé, l’accès aux axes de transport et le cadre logistique de la plateforme renforcent son attractivité pour les activités industrielles et commerciales.
Les discussions pourraient ouvrir des perspectives dans plusieurs domaines :
la transformation agroalimentaire ;
le textile et l’habillement ;
la logistique et l’entreposage ;
les technologies industrielles ;
l’énergie et les solutions renouvelables ;
les équipements agricoles ;
la formation technique et professionnelle.
La rencontre ne vaut toutefois pas l’engagement d’investissement. Elle constitue d’abord une étape de prospection destinée à rapprocher les entreprises et à identifier les projets présentant un intérêt commun.
La présence de la délégation russe s’inscrit dans une volonté affichée par les deux pays de donner davantage de contenu à leur coopération. Les échanges de la commission mixte doivent permettre d’examiner les relations commerciales existantes, les obstacles rencontrés par les opérateurs et les secteurs susceptibles de faire l’objet de nouveaux accords.
Cette approche marque une évolution du partenariat Togo-Russie. Après les contacts institutionnels, les autorités cherchent désormais à mobiliser les entreprises, les chambres consulaires et les plateformes industrielles afin de créer des opérations mesurables. La Chambre de commerce et d’industrie du Togo a déjà organisé des rencontres entre opérateurs des deux pays autour de projets liés à l’agriculture intelligente, à la formation professionnelle, aux infrastructures de transport et à l’aménagement urbain.
Si les discussions débouchent sur des investissements effectifs, le Togo pourrait en tirer plusieurs avantages. L’arrivée de capitaux russes contribuerait d’abord à élargir les sources de financement de l’industrie et à réduire la dépendance à l’égard d’un nombre limité de partenaires. De nouveaux projets pourraient ensuite créer des emplois directs et indirects, notamment pour les jeunes formés dans les métiers techniques. La coopération technologique pourrait également améliorer la productivité des entreprises togolaises, moderniser certains procédés et favoriser le transfert de compétences.
L’implantation d’unités de transformation permettrait par ailleurs d’accroître la valeur ajoutée produite localement. Au lieu d’exporter des matières premières brutes, le pays pourrait développer davantage de produits semi-finis ou finis destinés au marché régional et international.
Enfin, l’ouverture de nouvelles routes commerciales renforcerait le rôle du Togo comme plateforme logistique en Afrique de l’Ouest.Pour que ces bénéfices se concrétisent, les autorités devront toutefois privilégier des partenariats transparents, vérifier la solidité des projets et veiller à ce que les investissements s’accompagnent de retombées réelles pour l’économie locale.