Togoville : la diaspora se mobilise pour sécuriser le cimetière face aux profanations

À Togoville, petite ville historique chargée de mémoire, se retrouve au cœur d’une mobilisation citoyenne. Le cimetière communal, espace de recueillement pour plusieurs générations, a récemment été le théâtre d’actes de profanation de tombes, suscitant indignation et inquiétude parmi les habitants.

Face à ces atteintes jugées graves pour la dignité des défunts et le respect des traditions, la communauté locale n’est pas restée passive. Très vite, les ressortissants de la localité établis à l’étranger se sont mobilisés pour soutenir les initiatives visant à sécuriser le site. Leur objectif : restaurer la quiétude de ce lieu sacré et envoyer un signal fort contre les actes de vandalisme.

La diaspora au cœur d’une riposte symbolique

Sous l’impulsion du maire TOMEGAH Dominique Godfroy, la diaspora s’est organisée pour contribuer concrètement à la protection du cimetière.

Le soutien s’est matérialisé par un don composé de lampadaires destinés à éclairer l’enceinte du cimetière, mais aussi d’une contribution financière destinée à accompagner les travaux de sécurisation et d’entretien. L’objectif est double : améliorer la visibilité nocturne afin de dissuader les actes malveillants et renforcer les dispositifs de surveillance.

Dans une localité où la mémoire des ancêtres occupe une place centrale, l’action des fils et filles de Togoville vivant hors du pays traduit, en effet, leur attachement profond à la préservation des lieux de mémoire.

Préserver les lieux sacrés, un enjeu culturel et social

Dans de nombreuses communautés togolaises, les cimetières ne sont pas seulement des espaces funéraires. Ils représentent aussi des lieux symboliques où se perpétue le lien entre les vivants et leurs ancêtres.

À Togoville, la protection de ces espaces est une responsabilité collective. Les initiatives engagées par la diaspora viennent ainsi soutenir les efforts des autorités locales pour maintenir la dignité et le respect qui entourent ces lieux.

L’installation des lampadaires constitue ainsi une première étape dans une stratégie plus large de sécurisation. Elle vise non seulement à dissuader les actes de profanation, mais aussi à rassurer les familles qui viennent se recueillir sur les tombes de leurs proches.

Une diaspora de plus en plus impliquée dans la vie locale

Cette mobilisation illustre également l’implication croissante des diasporas dans le développement de leurs localités d’origine. Au-delà des transferts financiers traditionnels, les ressortissants s’investissent désormais dans des initiatives sociales, culturelles et communautaires.

Dans le cas de Togoville, cet engagement renforce la vision portée par les autorités municipales pour la préservation du patrimoine local et des valeurs culturelles.

En s’unissant pour protéger ce lieu de mémoire, les fils et filles de la ville montrent que la défense du patrimoine et le respect des ancêtres dépassent les frontières et la distance.

Togo : 3 nouveaux ambassadeurs à Lomé

La diplomatie togolaise poursuit son mouvement d’ouverture. À Lomé, une nouvelle séquence s’est jouée mercredi lors de la cérémonie officielle de présentation des lettres de créance au président Jean-Lucien Savi de Tové. Trois nouveaux chefs de mission ont été accrédités, parmi lesquels Muhannad M. A. Alhammouri, représentant de l’État de Palestine.

Cette accréditation marque une étape diplomatique notable : l’annonce de l’ouverture prochaine d’une ambassade palestinienne à Lomé. Une initiative qui traduit la volonté de renforcer la présence institutionnelle palestinienne en Afrique de l’Ouest et d’approfondir les relations avec le Togo.

Fort d’une longue carrière dans les relations internationales, notamment en Asie et en Océanie, le diplomate palestinien entend donner un nouvel élan aux échanges politiques et à la coopération bilatérale. Pour Lomé, cette implantation diplomatique constitue également un signal d’ouverture vers de nouveaux partenaires au Moyen-Orient, dans un contexte géopolitique marqué par une recomposition des alliances.

Présidence Togo
© Présidence Togo

Le Danemark mise sur l’économie maritime et la transition verte.

Autre figure de cette séquence diplomatique : Jacob Linulf, nouvel ambassadeur du Danemark au Togo. Économiste de formation, il arrive à Lomé avec une feuille de route clairement orientée vers le développement économique durable.

Dans le viseur du diplomate danois : le potentiel maritime du Togo, notamment autour du Port autonome de Lomé, devenu ces dernières années l’un des hubs logistiques majeurs du Golfe de Guinée. Le Danemark, dont l’expertise est reconnue dans les secteurs portuaire et maritime, pourrait accompagner les ambitions togolaises dans la modernisation de cette plateforme stratégique.

Mais la coopération ne se limitera pas aux infrastructures portuaires. La transition écologique, l’agriculture durable et la formation professionnelle figurent également parmi les priorités. Autant de domaines dans lesquels Copenhague dispose d’un savoir-faire que Lomé souhaite mobiliser pour soutenir sa transformation économique.

Présidence Togo
© Présidence Togo

Le Libéria cherche à renforcer l’axe ouest-africain.

La troisième diplomate à prendre officiellement ses fonctions est Musu Jatu Ruhle, ambassadrice du Libéria.

Diplomate chevronnée, elle arrive avec une ambition claire : consolider la coopération bilatérale entre Lomé et Monrovia. Trois domaines structurent cette dynamique : le commerce, l’investissement économique et la sécurité régionale.

Dans une Afrique de l’Ouest confrontée à des défis sécuritaires croissants, la coopération entre États côtiers apparaît en effet de plus en plus stratégique. Les échanges économiques et la coordination politique pourraient ainsi renforcer la stabilité régionale tout en favorisant les opportunités d’affaires.

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Lomé poursuit sa stratégie d’ouverture diplomatique.

Au-delà des annonces individuelles, cette cérémonie reflète une orientation plus large de la politique extérieure togolaise. En accueillant simultanément des représentants de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique de l’Ouest, Lomé confirme sa volonté de diversifier ses partenariats et d’élargir son réseau d’alliances.

Cette stratégie repose sur un principe simple : multiplier les coopérations sectorielles afin de soutenir les priorités nationales, qu’il s’agisse de développement économique, de sécurité ou de transition environnementale.

En accueillant simultanément des représentants du Danemark, du Libéria et de la Palestine, Lomé confirme sa stratégie d’ouverture et son ambition de se positionner comme un carrefour diplomatique en Afrique de l’Ouest. Au-delà des symboles protocolaires, ces accréditations traduisent une volonté de diversifier les partenariats et d’arrimer la politique étrangère togolaise aux grands enjeux contemporains : transition écologique, sécurité régionale et intégration économique.

Togo : Le projet BASIS mise sur la pratique pour booster l’emploi agricole

Le 3 mars 2026, l’Hôtel Concorde de Lomé a servi de cadre à une conférence nationale capitale pour l’avenir de l’agrobusiness togolais. Au cœur des débats : le projet BASIS. Son ambition ? Transformer des étudiants théoriciens en experts de terrain pour répondre aux besoins d’une économie rurale en pleine mutation.

Ministère de l'Enseignement Supérieur
© Ministère de l'Enseignement Supérieur

Briser le plafond de verre de l’employabilité

Pendant trop longtemps, les institutions togolaises ont réduit le diplôme agricole à des savoirs académiques déconnectés des réalités de la terre. C’est ce paradigme que le projet Boosting Agriculture Studies in Sub-Saharian Africa (BASIS) entend renverser. Devant une assemblée composée d’universitaires, de bailleurs de fonds et d’opérateurs du secteur privé, le constat est resté unanime : pour nourrir le pays, il faut d’abord former des bras et des cerveaux prêts à l’emploi.

Le concept est simple mais radical : l’immersion. En recevant le stage pratique au centre du cursus, BASIS ne se contente pas de délivrer des parchemins ; il forge des profils capables de piloter des exploitations modernes dès leur sortie de l’université.

Ministère de l'Enseignement Supérieur
© Ministère de l'Enseignement Supérieur

Une volonté politique au service des champs

Présent pour l’ouverture des travaux, le ministre délégué à l’Enseignement supérieur, le Professeur Gado Tchangbedji, a rappelé que cette initiative n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans la vision globale de Faure Essozimna Gnassingbé, qui a fait de la modernisation agricole la pierre angulaire de sa politique de croissance.

« L’agriculture est notre levier de souveraineté alimentaire et de création d’emplois », a martelé le ministre.

Pour le gouvernement, il ne s’agit plus de produire des fonctionnaires du secteur agricole, mais de mobiliser des entrepreneurs ruraux. Cette mutation nécessite un lien organique entre les facultés et les fermes, un pont que BASIS s’attelle à construire avec le soutien de partenaires internationaux.

Ministère de l'Enseignement Supérieur
© Ministère de l'Enseignement Supérieur

Des recommandations attendues au sommet

Cependant, l’heure n’est plus seulement aux bilans. En effet, la conférence de Lomé a servi de rampe de lancement pour la phase de consolidation, au cours de laquelle les participants ont planché sur des stratégies destinées à pérenniser les acquis du projet.

Ainsi, ils ont proposé la généralisation des étapes de longue durée en milieu rural, l’actualisation des cursus en fonction des besoins réels des entreprises agro‑industrielles et, enfin, le renforcement de la coopération Sud‑Sud pour partager les réussites régionales.

Par ailleurs, le ministre a assuré que les conclusions de cette rencontre seront examinées de très près au sommet de l’État, car si le Togo veut devenir un hub logistique et agricole, la bataille se gagnera d’abord dans la qualité de ses ressources humaines.

Université de Lomé : coup d’envoi des Championnats universitaires 2026

Le sport universitaire togolais donne le coup d’envoi de sa grande messe annuelle. En effet, ce mercredi 4 mars 2026, le terrain synthétique de l’Université de Lomé a servi de cadre à l’ouverture officielle des Championnats universitaires 2026. Pendant près de trois semaines, du 4 au 21 mars, les meilleures équipes estudiantines s’affronteront dans une ambiance où compétition rime avec fraternité.

Au-delà des scores, l’événement se veut un moment de cohésion et d’expression du dynamisme de la jeunesse académique togolaise.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une cérémonie à forte portée institutionnelle

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités du monde académique et sportif. Le 1ᵉʳ vice-président de l’Université de Lomé, le Professeur Komlan Batawila, représentait le président de l’institution.

À ses côtés figuraient notamment le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministre délégué en charge des Sports, ainsi que des représentants de la Fédération Togolaise de Football et du Comité National Olympique du Togo.

La présence du sponsor officiel, Yas Togo, et d’autres partenaires institutionnels et privés témoigne aussi de l’intérêt croissant porté au sport universitaire comme levier de formation et d’encadrement des jeunes talents.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Le sport comme école de la vie

Si l’enjeu sportif demeure central, le ministre des sports a insisté sur les valeurs portées par la compétition : excellence, fair-play et respect mutuel.

Dans un contexte où les universités sont appelées à former des citoyens responsables, le sport apparaît comme un prolongement pédagogique. Discipline, esprit d’équipe et dépassement de soi figurent aussi parmi les qualités mises en avant.

D’ailleurs, la directrice du Centre des Œuvres Universitaires de Lomé et le directeur des Sports scolaires et universitaires ont souligné l’importance de ces rencontres pour renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté universitaire.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un premier match déjà disputé

Ainsi, le coup d’envoi sportif a été donné avec une affiche en football opposant la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS).

À l’issue des 45 premières minutes, la FSHS menait d’un but à zéro, dans une rencontre engagée et suivie par un public enthousiaste. Les tribunes, animées par les encouragements des étudiants, ont illustré l’engouement autour de cet événement.

Cependant, au-delà du résultat final, l’essentiel réside dans la dynamique collective qui s’installe progressivement sur le campus.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une vitrine du potentiel estudiantin

Ces championnats constituent également une plateforme de détection pour les fédérations sportives nationales. Plusieurs jeunes athlètes pourraient saisir cette occasion pour se faire remarquer et envisager un parcours au-delà du cadre universitaire.

Ainsi, l’Université de Lomé confirme son ambition de conjuguer excellence académique et performance sportive.

Pendant dix-huit jours, le campus vibrera au rythme des rencontres. Et si le Championnats promet d’être intense, l’esprit de fraternité devrait, lui, demeurer le véritable vainqueur.

Togo : 1 200 jeunes mobilisés contre la désinformation à l’ère du numérique

À l’heure où les réseaux sociaux redessinent l’espace public, la bataille de l’information se joue désormais sur les écrans. Au Togo, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a choisi d’investir un terrain stratégique : la jeunesse. La campagne nationale sur la « Lutte contre la désinformation et le renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle » a officiellement pris fin le 27 février 2026 à l’UCAO-UUT, dernière étape d’un périple académique dans le Grand Lomé.

Après le Collège Protestant et l’Université ESAG-NDE, cette clôture marque l’aboutissement d’une initiative portée par la Direction du Renforcement Démocratique.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Une réponse institutionnelle à un défi numérique

En toile de fond, un constat partagé par de nombreux observateurs : la circulation rapide d’informations non vérifiées fragilise les sociétés contemporaines. Dans un environnement dominé par l’instantanéité et les algorithmes, la frontière entre opinion, manipulation et réalité devient parfois floue.

Ainsi, au fil des rencontres, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un usage responsable des outils numériques. Il ne s’agit plus seulement de consommer l’information, mais de la questionner, de la vérifier et d’en mesurer l’impact.

En d’autres termes, l’éducation aux médias apparaît désormais comme un pilier complémentaire à l’éducation civique traditionnelle.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
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Plus de 1 200 jeunes sensibilisés contre la désinformation

Au total, plus de 1 200 élèves et étudiants ont participé aux différentes sessions. L’objectif affiché est clair : faire de ces jeunes des relais actifs dans leurs établissements et communautés.

Car la stratégie adoptée par les autorités repose sur un principe simple : la prévention est plus efficace que la sanction. Plutôt que de se limiter à un cadre répressif, la campagne privilégie la pédagogie, l’esprit critique et la responsabilisation individuelle.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle permet de générer des contenus toujours plus crédibles – y compris des images ou des vidéos manipulées –, le défi devient encore plus complexe.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
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Démocratie et numérique : un équilibre fragile

La question posée au cœur de cette campagne dépasse la simple lutte contre les fausses nouvelles. Elle touche à la solidité même du débat démocratique.

En effet, une information biaisée peut influencer des choix électoraux, exacerber des tensions sociales ou décrédibiliser les institutions. Dès lors, renforcer la capacité des jeunes à décrypter les contenus devient un enjeu stratégique.

Cependant, certains observateurs soulignent qu’au-delà de la sensibilisation, la consolidation démocratique passe également par la transparence institutionnelle et la confiance dans les sources officielles. La lutte contre la désinformation ne saurait donc être unilatérale ; elle implique un engagement partagé entre citoyens, médias et pouvoirs publics.

 

Une dynamique appelée à se poursuivre

La clôture de la campagne à l’UCAO-UUT ne signifie pas la fin du chantier. Au contraire, elle ouvre la voie à d’autres initiatives, notamment dans les régions de l’intérieur du pays.

À long terme, le défi sera d’inscrire durablement l’éducation au numérique dans les programmes scolaires et universitaires. Car dans un monde où l’information circule plus vite que jamais, la maturité numérique devient une compétence essentielle.

En misant sur la jeunesse, le Togo fait le choix d’un pari ambitieux : transformer les utilisateurs d’aujourd’hui en acteurs conscients et responsables du débat public de demain.

Togo : la F2I-Togo 2026 veut transformer la recherche en moteur économique

Et si les découvertes scientifiques togolaises devenaient enfin des produits commercialisables ? C’est le pari que s’apprête à relever la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) en lançant, du 9 au 12 mars 2026, la toute première Foire des Inventions et Innovations du Togo (F2I-Togo).

Organisé sur le campus de l’Université de Lomé, l’événement coïncide avec les 7ᵉ Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), qui devraient rassembler près d’un millier de chercheurs venus du continent et d’ailleurs. Une concomitance loin d’être anodine : elle offre une tribune internationale aux innovations locales.

Transformer le savoir en valeur économique

Derrière cette initiative, un constat partagé par de nombreux acteurs : le Togo regorge de talents scientifiques, mais trop peu de projets franchissent le cap de l’industrialisation.

Portée par l’Unité d’Implémentation des Résultats de recherche et d’Innovation (UIRRI), la F2I-Togo veut précisément combler ce fossé. L’idée n’est plus seulement de publier des travaux académiques, mais de les convertir en solutions concrètes, capables de répondre aux besoins du marché.

Ainsi, la foire s’articulera autour d’expositions, de panels thématiques et de rencontres B2B. Chercheurs, chefs d’entreprise et investisseurs disposeront d’un cadre propice aux échanges directs. En d’autres termes, la science quitte l’amphithéâtre pour dialoguer avec l’économie réelle.

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© D.R

Des secteurs alignés sur les priorités nationales

Les domaines retenus ne doivent rien au hasard. L’agroalimentaire, les énergies renouvelables, la santé et l’intelligence artificielle figurent parmi les axes stratégiques du développement togolais.

D’une part, l’agro-industrie demeure un pilier de l’économie nationale. D’autre part, la transition énergétique et la transformation numérique représentent des leviers majeurs pour renforcer la compétitivité du pays. Quant à la santé, elle constitue un enjeu social et économique crucial.

En ciblant ces secteurs, la CCI-Togo affiche une ambition claire : stimuler l’innovation là où l’impact peut être le plus immédiat.

Un concours pour accélérer l’industrialisation

Parallèlement aux expositions, la foire sera marquée par le concours national « M2I-Togo 2025 ». Douze projets finalistes seront sélectionnés parmi les candidatures attendues avant le 3 mars 2026.

Au terme du processus, cinq lauréats bénéficieront d’un accompagnement technique et financier destiné à faciliter la mise sur le marché de leurs innovations. Une étape déterminante, car c’est souvent à ce stade que les initiatives locales s’essoufflent faute de ressources ou d’expertise.

Une dynamique amorcée depuis 2024

Cette première édition ne surgit pas ex nihilo. En effet, dès 2024, quarante-cinq chercheurs togolais avaient été formés en propriété intellectuelle et en gestion de projets. Ces sessions avaient posé les bases d’un écosystème plus structuré, mieux préparé aux exigences du marché.

La F2I-Togo apparaît donc comme l’aboutissement logique d’un processus engagé depuis plusieurs années : professionnaliser la recherche et favoriser la protection des innovations.

 

Vers un nouveau modèle de croissance ?

Au-delà de l’événement lui-même, l’enjeu est plus large. Le Togo cherche à diversifier son économie et à renforcer son tissu entrepreneurial. Miser sur l’innovation pourrait devenir un axe stratégique durable.

Reste à savoir si les passerelles créées durant ces quatre jours déboucheront sur des partenariats solides et des investissements concrets. Car l’objectif ultime ne se limite pas à exposer des prototypes, mais bien à voir émerger des entreprises innovantes capables de générer des emplois et de la valeur ajoutée.

En somme, la F2I-Togo pourrait marquer un tournant : celui d’un pays qui choisit de transformer son capital intellectuel en moteur de croissance.

Togo-Biélorussie : Les dessous de la visite de Maxim Ryzhenkov à Lomé

C’est une première qui n’est pas passée inaperçue dans les couloirs de la présidence togolaise. En effet, le lundi 2 mars 2026, Faure Essozimna Gnassingbé a accordé une audience à Maxim Ryzhenkov, chef de la diplomatie biélorusse. Derrière les sourires protocolaires et les accords de visas, une question brûle les lèvres : que cherche réellement Minsk sur la côte ouest-africaine ?

 

Un « nouveau partenaire » aux ambitions maritimes

Jusqu’ici discrètement dans la zone, la Biélorussie semble avoir jeté son dévolu sur le Togo pour orchestrer sa percée sur le continent. Au sortir de son entretien avec le chef de l’État, Maxim Ryzhenkov n’a pas tari d’éloges sur le potentiel du pays. Si les secteurs classiques comme l’agriculture ou l’industrie ont été évoqués, c’est bien la logistique maritime qui semble être le véritable pivot de ce rapprochement.

En effet, pour Minsk, le Port Autonome de Lomé (PAL) est une véritable « porte d’entrée » vers l’hinterland africain. Dans un contexte de recomposition des alliances mondiales, le Togo, fort de sa stabilité et de sa position géostratégique, devient un allié de choix pour une Biélorussie en quête de nouveaux débouchés.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Sécurité et diplomatie : des convergences qui interrogent

En plus de l’économie, le dialogue a pris une tournure plus politique. Les deux nations ont affiché une unité de vue sur la gestion des crises internationales. « Nous avons trouvé de nombreux points de convergence sur les moyens de promouvoir des solutions pacifiques », a glissé le ministre biélorusse.

Cette entente sur la « promotion de la paix » résonne tout particulièrement au Togo, pays médiateur par excellence dans la sous-région. Mais comment cette collaboration va-t-elle se traduire concrètement sur le terrain de la sécurité régionale ? Le mémorandum d’entente signé entre les deux ministères des Affaires étrangères promet des consultations régulières qui pourraient apporter des éléments de réponse.

 

Vers une exemption totale de visa ?

Pour sceller ce nouveau chapitre, les délégations ont paraphé deux instruments juridiques. Le premier institutionnalise le dialogue politique, tandis que le second facilite la circulation des officiels : les détenteurs de passeports diplomatiques et de service sont désormais exemptés de visa.

Certes, cette mesure ne concerne pour l’instant que l’élite administrative, mais elle pose les jalons d’une coopération que Minsk souhaite porter à un « niveau beaucoup plus élevé ». Alors, s’agit-il d’un simple flirt diplomatique ou du début d’une lune de miel durable entre le Golfe de Guinée et l’Europe de l’Est ? L’avenir nous dira si ce partenariat saura répondre aux attentes de développement du peuple togolais.

Gala des Entrepreneurs 2026 à Lomé : Le rendez-vous de l’élite africaine

Alors que l’économie ouest-africaine cherche ses nouveaux champions, la capitale togolaise s’apprête à accueillir, le 21 mars prochain, la 4ᵉ édition du Gala des Entrepreneurs. Entre réseautage d’élite et quête de financements, l’événement piloté par Simera Corporation se veut le catalyseur d’une ambition nouvelle : « Oser grandir ».

 

L’urgence de la mise à l’échelle

Dans les salons feutrés de l’hôtel Sarakawa, le 21 mars 2026, il ne sera pas seulement question de célébrer la réussite, mais bien de disséquer les mécanismes de la croissance. Pour le comité d’organisation, qui a dévoilé les contours de l’événement le lundi 2 mars, l’enjeu est clair : transformer les initiatives locales en acteurs continentaux capables de naviguer dans les eaux de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).

Le promoteur de l’événement, Torrès Amededjisso, ne s’en cache pas. Pour lui, ce gala est une plateforme de propulsion. Si le Togo sert de décor, l’aspiration est résolument panafricaine. Il s’agit aussi de bâtir une image de marque forte pour des entreprises qui, trop souvent, peinent à sortir de l’informel ou du marché domestique.

Gala des Entrepreneurs
© Gala des Entrepreneurs

Le nerf de la guerre : le financement

Si les éditions précédentes mettaient l’accent sur la visibilité, 2026 marque un tournant pragmatique. L’innovation majeure réside dans la confrontation directe entre les porteurs de projets et les détenteurs de capitaux.

« Nous passons de la simple vitrine à la construction d’un écosystème transactionnel », martèle Raoul Bataka, membre influent du comité d’organisation.

L’objectif est de créer un pont direct entre les PME innovantes et une armada de financiers :

  • Banques commerciales et institutions de microfinance.
  • Business angels à la recherche de pépites.
  • Fonds d’investissement dédié à l’économie verte et technologique.

Pour les entrepreneurs ouest-africains, dont le dynamisme n’est plus à démontrer malgré les défis conjoncturels, ce rendez-vous de Lomé représente une opportunité de diversification stratégique de leurs réseaux d’affaires.

Gala des Entrepreneurs
© Gala des Entrepreneurs

Un partenariat au service de l’innovation

Soutenu par des acteurs de poids comme Yas Togo, l’événement mêlera habilement l’utile à l’agréable. En plus de panels de haut niveau et de conférences stratégiques, des sessions de « networking » intensives sont prévues pour faciliter les signatures de partenariats.

Dela Djaou, porte-parole de Yas Togo, souligne que cette collaboration vise avant tout à explorer des solutions de financement concrètes. Dans un contexte où le crédit bancaire reste parfois difficile d’accès pour les petites structures, le Gala des Entrepreneurs s’impose comme le laboratoire de la finance alternative et du mentorat d’affaires.

Gala des Entrepreneurs
© Gala des Entrepreneurs

L’heure de vérité pour le « Made in Africa »

Au-delà du prestige des tapis rouges et de l’éclat des distinctions, le Gala des Entrepreneurs de Lomé pose une question de fond à l’heure où les frontières commerciales du continent s’estompent : nos PME sont-elles prêtes à passer de la survie à la conquête ?

Si la capitale togolaise réussit son pari de marier enfin le génie créatif des porteurs de projets à la prudence des institutions financières, l’événement pourrait bien devenir la rampe de lancement d’une nouvelle génération de champions nationaux et régionaux. Reste à savoir si, au sortir de cette soirée du 21 mars, les promesses de partenariats se transformeront en flux de capitaux réels. Car dans l’arène de la compétition continentale, le plus dur n’est pas seulement d’oser grandir, mais de savoir durer.

Togo : la loi contre le blanchiment votée, mais quid de la lutte contre la corruption ?

 

 

 

 

Le Parlement togolais vient de franchir une nouvelle étape dans l’arsenal juridique contre les flux financiers illicites. Après son adoption par le Sénat du Togo, l’Assemblée nationale du Togo a voté définitivement, le 27 février 2026 dernier, la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Mais au-delà du satisfecit institutionnel, une question demeure : peut-on éradiquer les circuits financiers opaques sans s’attaquer frontalement à la corruption qui mine les plus hautes sphères de l’État ?

Assemblée nationale du Togo
© Assemblée nationale du Togo

Une adoption à large majorité

Réunis en séance plénière au Palais de l’Assemblée nationale, sous la présidence du Professeur Komi Selom Klassou, les députés ont entériné le texte à la majorité absolue.

Ce vote intervient après une première lecture en décembre dernier, puis l’approbation du texte par le Sénat le 26 février 2026, conformément à la procédure de navette parlementaire.

Plusieurs membres du gouvernement étaient présents lors de la séance, dont Gilbert Bawara, Hodabalo Awaté et Badanam Patoki, signe de l’importance accordée à cette réforme.

Un texte présenté comme stratégique

Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse le simple cadre technique. Le ministre Badanam Patoki a insisté sur la gravité des menaces que représentent le blanchiment et le financement du terrorisme. Selon lui, ces pratiques fragilisent l’économie, détournent les ressources publiques et compromettent la stabilité nationale.

Concrètement, la loi modernise les mécanismes de contrôle, renforce les obligations de vigilance des institutions financières, améliore les procédures de déclaration des opérations suspectes et durcit les sanctions. Elle prévoit également un dispositif plus rigoureux de gel des avoirs liés aux réseaux terroristes.

À travers cette réforme, le Togo affiche sa volonté d’alignement sur les standards internationaux en matière de gouvernance financière.

Comparaison : blanchiment vs corruption, deux combats liés

Cependant, si la lutte contre le blanchiment vise à neutraliser les circuits de recyclage de l’argent sale, elle n’aborde pas directement la source première de ces fonds : la corruption.

Dans de nombreux pays, les dispositifs anti-blanchiment sont efficaces lorsqu’ils s’accompagnent d’une politique anticorruption robuste, indépendante et transparente. Or, au Togo, la perception d’une corruption persistante au sommet de l’appareil d’État continue d’alimenter les débats.

Dès lors, une interrogation s’impose : est-il cohérent de renforcer les mécanismes de surveillance financière sans ouvrir, en parallèle, un chantier profond sur la transparence des marchés publics, la déclaration de patrimoine des hauts responsables ou l’indépendance des organes de contrôle ?

Assemblée nationale du Togo
© Assemblée nationale du Togo

Le Parlement interpellé

Le discours du président de l’Assemblée nationale a salué une étape majeure pour la crédibilité du pays. Il a affirmé que le Togo ne serait « jamais un refuge pour les finances illicites ».

Pourtant, certains observateurs estiment que le Parlement aurait pu aller plus loin. Pourquoi ne pas avoir intégré dans le débat un volet explicite sur la responsabilité des décideurs publics ? Pourquoi ne pas conditionner cette réforme à des mesures concrètes de reddition des comptes ?

En adoptant massivement le texte, les députés ont démontré une unité politique sur la question du blanchiment. Toutefois, cette unanimité contraste avec la relative prudence affichée lorsqu’il s’agit d’aborder les dossiers sensibles liés à la gouvernance interne.

Une dynamique impulsée par l’exécutif

L’adoption de cette loi s’inscrit dans la dynamique politique impulsée par Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, autour de la vision « Protéger, Rassembler, Transformer ».

Reste à savoir si cette transformation s’étendra aux mécanismes de lutte contre la corruption administrative et politique, ou si elle se limitera à la régulation des flux financiers externes.

Entre espoir et scepticisme

En définitive, la nouvelle loi constitue indéniablement un pas en avant sur le plan juridique. Elle renforce l’arsenal national et consolide la coopération internationale.

Néanmoins, la crédibilité de cette réforme dépendra de son application effective et, surtout, de la volonté politique d’agir sans distinction de rang ou de fonction. Car la véritable question n’est peut-être pas seulement de traquer l’argent sale. Elle est aussi de savoir d’où il vient.

 

Affaire Bonzy : l’ex-membre de Tach Noir détenu aux États-Unis pour homicide présumé

L’information circule à grande vitesse sur les réseaux sociaux togolais depuis quelques jours. Bonzy, artiste togolais révélé au sein du groupe Tach Noir, serait actuellement incarcéré aux États-Unis dans le cadre d’une affaire criminelle aux contours encore imprécis. Selon plusieurs sources concordantes, le chanteur ferait face à de graves accusations, dont celle d’homicide.

Une affaire révélée tardivement

Les faits remonteraient à novembre 2025. Pourtant, ce n’est que récemment que l’affaire a émergé dans l’espace public, notamment après des publications de l’artiste Zaga Bambo, qui a publiquement dénoncé le silence entourant la situation.

D’après les premiers éléments évoqués, l’incident se serait produit dans un établissement psychiatrique où Bonzy séjournait. La justice reproche à Bonzy d’avoir violemment frappé un citoyen américain avec une barre métallique, des coups qui ont entraîné la mort de la victime.

Cependant, d’autres versions circulent. Certaines évoquent une altercation plus large qui aurait fait deux victimes, dont une mortelle. À ce stade, aucune déclaration officielle des autorités américaines n’est venue confirmer ou infirmer ces informations. Par ailleurs, l’enquête suivrait son cours afin d’établir les responsabilités exactes et de clarifier les circonstances.

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Fragilités personnelles et zones d’ombre

Au-delà des faits allégués, des proches de l’artiste évoquent une période de vulnérabilité psychologique ces derniers mois. Cette dimension, si elle est confirmée, pourrait également peser dans la compréhension globale du dossier.

Par ailleurs, ce ne serait pas la première fois que son nom apparaît dans la rubrique des faits divers outre-Atlantique. Des sources indiquent qu’il aurait déjà été impliqué dans un incident armé par le passé, au cours duquel il aurait été blessé par balle. Autant d’éléments qui alimentent aujourd’hui les interrogations.

Néanmoins, en l’absence de communication judiciaire formelle, la prudence reste de mise. Dans ce type d’affaires, les rumeurs circulent souvent plus vite que les conclusions judiciaires.

De la lumière des scènes togolaises à la tourmente judiciaire

Pour de nombreux Togolais, cette affaire ravive le souvenir d’une époque où Tach Noir occupait une place remarquée sur la scène urbaine nationale. Entre 2011 et 2016, le duo formé par Bonzy et Jamy avait su imposer son style, notamment avec le titre « Awaleg », devenu populaire auprès de la jeunesse.

Le groupe avait également marqué les esprits grâce à une collaboration avec Toofan sur le morceau « Follow My Dance » en 2012. Une période faste qui contrastait avec la discrétion médiatique observée ces dernières années, depuis leur installation aux États-Unis et l’évolution séparée de leurs carrières.

Une onde de choc au Togo

Aujourd’hui, l’affaire suscite émotion, incompréhension et débats sur les plateformes numériques. Certains appellent à la retenue et au respect de la présomption d’innocence. D’autres s’interrogent sur les conditions de prise en charge des artistes expatriés confrontés à des difficultés personnelles loin de leur pays d’origine.

En attendant, une seule certitude s’impose : le dossier reste entre les mains de la justice américaine. Seule l’issue judiciaire permettra de faire la lumière sur cette affaire qui, déjà, marque un tournant sombre dans le parcours d’un artiste autrefois adulé.