Lutte contre le terrorisme au Togo : l’ONU définit la stratégie de Lomé

LOMÉ, 24 mars 2026 – Sept ans après une évaluation charnière, les Nations Unies reviennent sur le terrain togolais pour mesurer l’efficacité de la lutte contre le terrorisme. Le lundi 23 mars, une délégation de haut niveau a salué une approche qui ne repose pas uniquement sur les armes, mais aussi sur la cohésion sociale.

 

Un audit de résilience à Lomé

Le Togo est-il devenu un modèle de prévention dans une sous-région sous haute tension ? C’est tout l’enjeu de la conduite de la mission par Nathalie Gherman, Sous-secrétaire générale de l’ONU et patronne de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT). Accueilli par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires, Awaté Hodabalo, le diplomate a entamé un suivi rigoureux des recommandations émises en 2019.

Loin des simples formalités protocolaires, cette séance de travail a permis de confronter les avancées du pays aux réalités du terrain. Pour Lomé, il s’agit de démontrer que sa stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent porte ses fruits, malgré la pression persistante aux frontières.

Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires
© Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires

Au-delà du militaire : l’armée de l’ombre

L’un des points forts soulignés lors des échanges réside dans l’implication des structures de base. Si la réponse sécuritaire est indispensable, le Togo a fait le pari de la proximité. Le rôle des préfets, des maires, mais surtout de la chefferie traditionnelle et des dirigeants religieux est apparu comme le socle de la résistance face à l’infiltration des groupes armés.

En intégrant les femmes et les jeunes comme des acteurs de vigilance et non comme de simples cibles de sensibilisation, les autorités togolaises tentent ainsi de tarir les sources de recrutement. Cette « défense populaire » par la cohésion sociale semble avoir séduit la délégation onusienne, qui y voit un levier de stabilité durable.

 

Un partenariat sous le sceau de l’urgence

La visite de Nathalie Gherman ne se limite pas à un constat d’autosatisfaction. Elle réaffirme une alliance stratégique. Face aux menaces qui ignorent les frontières, le Togo et l’ONU entendent aussi intensifier leur coopération technique et logistique.

Pour le gouvernement togolais, le défi est de maintenir cet équilibre fragile entre sécurité intérieure et liberté territoriale. Ce passage en revue des troupes administratives et sociales confirme que pour Lomé, la guerre contre le terrorisme se gagne d’abord dans les villages et les quartiers.

Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires
© Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires

Une alliance pour la paix

Le Togo ne se contente plus de subir la menace ; il l’anticipe en plaçant l’humain au cœur de son dispositif de défense. En validant ces avancées, les Nations Unies ne dressent pas seulement un constat technique : elles consacrent aussi la stratégie de Lomé dans la lutte contre le terrorisme comme un véritable laboratoire pour la sous‑région.

L’enjeu pour le gouvernement togolais est désormais de transformer ces satisfactions diplomatiques en boucliers concrets sur le terrain. Alors que les défis sécuritaires s’intensifient, seule une coopération internationale renforcée et une cohésion nationale sans faille préserveront durablement la paix dans les villages du Nord. Le message de Nathalie Gherman est sans équivoque : la stabilité du Togo demeure la clé de voûte de la sécurité régionale.

Coopération Togo-Oman : des investisseurs du Sultanat en mission à Lomé

LOMÉ, 24 mars 2026 – Entre la péninsule arabique et le golfe de Guinée, un nouveau pont économique se dessine. Le lundi 23 mars, une délégation d’investisseurs omanais a entamé une mission stratégique au Togo. 

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Oman en visite à Lomé : le Togo séduit les puissances du Golfe

Le Togo confirme son attractivité auprès des puissances du Golfe. Après les Émirats arabes unis et le Qatar, c’est au tour du Sultanat d’Oman de poser ses valises à Lomé. Reçus par le ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements, Dr Arthur Trimua, les émissaires omanais sont sur le territoire pour une mission de travail.

Cette mission, qui se poursuivra plusieurs jours, vise à identifier des projets concrets. Pour Lomé, l’arrivée de ces nouveaux partenaires s’inscrit dans une quête de souveraineté économique, avec l’ambition de diversifier ses sources de financement au‑delà des partenaires traditionnels occidentaux.

L’énergie et les mines : les dossiers brûlants

Si les discussions en sont encore au stade technique, les secteurs ciblés par le Sultanat demeurent hautement stratégiques. Le Togo, engagé dans une transformation structurelle, mise sur l’expertise omanaise dans les domaines du pétrole et du gaz, mais aussi dans les infrastructures et les ressources minières.

Cependant, c’est sans doute dans l’agriculture et l’énergie que les attentes sont les plus fortes. Le gouvernement togolais espère attirer des investissements structurants capables de moderniser les chaînes de valeur agricole et de renforcer l’autonomie énergétique du pays. Des séances de travail intensives sont en cours avec les ministères sectoriels, afin de transformer ces intentions en feuilles de route opérationnelles.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Un signal fort pour les investisseurs mondiaux

Par ailleurs, l’intérêt croissant du Sultanat d’Oman valide la politique de réformes engagée par le Togo sous l’égide du président du Conseil, Son Excellence Faure Gnassingbé, pour améliorer le climat des affaires. En se positionnant comme une terre d’accueil sécurisée et dynamique pour les capitaux étrangers, Lomé espère ainsi créer un effet d’entraînement.

En somme, cette coopération naissante entre Mascate et Lomé pourrait bien être le prélude à une présence plus marquée du Sultanat en Afrique de l’Ouest, avec le port de Lomé comme porte d’entrée vers les marchés de l’hinterland.

Togo :  le Commonwealth découvre la perle d’Aného

ANÉHO, 24 mars 2026 – Entre lagune et océan, l’ancienne capitale du Togo a déployé ses charmes pour séduire la délégation du Commonwealth. Sous l’égide du ministre Arthur Trimua, les investisseurs du Commonwealth ont troqué leurs dossiers financiers pour une immersion historique. Derrière cette opération de séduction se cachent des enjeux économiques majeurs.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Une escale entre stratégique deux contrats

Ce n’était pas une simple promenade de santé. Le vendredi 20 mars 2026 dernier, les visages influents du Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC) ont arpenté les rues chargées d’histoire d’Aného. En clôture d’une mission économique intense de 48 heures au Togo, cette étape dans le chef-lieu de la Commune des Lacs 1 vise à montrer un autre visage du pays : celui de son potentiel touristique.

Pour le Dr Arthur Trimua, ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements, l’objectif est limpide. Il s’agit de prouver à ces capitaux internationaux que la souveraineté économique du Togo s’appuie également sur la valorisation de son patrimoine. En d’autres termes, investir au Togo, c’est aussi investir dans une destination d’avenir.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Aného, ​​futur pôle du tourisme mémoriel ?

La cité tricentenaire n’a pas été choisie au hasard. Avec son architecture coloniale et ses racines culturelles profondes, Aného possède en effet les atouts nécessaires pour être un hub du tourisme haut de gamme en Afrique de l’Ouest. Les membres du CWEIC ont ainsi pu mesurer l’écart entre les opportunités industrielles de Lomé et la richesse immatérielle de la région des Lacs.

Par ailleurs, les autorités locales, portées par la mairie de la Commune des Lacs 1, ont saisi cette tribune pour réaffirmer leur ambition. L’idée est de transformer ce patrimoine en un environnement propice aux affaires, capable d’attirer des complexes hôteliers et des projets de préservation culturelle financés par des partenaires étrangers.

 

Le Commonwealth, un nouveau souffle pour les régions

Depuis l’adhésion du Togo au Commonwealth, les perspectives de développement se multiplient au-delà du port de Lomé. Cette visite prouve que la décentralisation est en marche. En amenant des hommes d’affaires internationaux dans l’hinterland côtier, le gouvernement togolais met en œuvre une croissance mieux répartie.

Finalement, Le passage de cette délégation à Aného pourrait annoncer des investissements dans l’économie bleue et le secteur des loisirs. Le défi pour la ville est désormais de transformer ces marques d’intérêt en contrats durables.

Lutte contre le terrorisme : une mission stratégique de l’ONU en visite au Togo

Du 23 au 31 mars 2026, le Togo accueille une mission d’évaluation du Comité contre le terrorisme des Nations unies, conduite par la Sous-Secrétaire générale de l’ONU, Nathalia Gherman. Officiellement, il s’agit d’une visite technique. Mais en réalité, cette mission intervient dans un contexte régional marqué par l’expansion des groupes armés dans le Sahel et leurs tentatives d’infiltration vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Ainsi, derrière les réunions techniques et les séances de travail, l’enjeu est clair : mesurer la capacité réelle du Togo à faire face à la menace terroriste et identifier les failles du dispositif sécuritaire national.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Le Togo face à la pression sécuritaire régionale

Depuis plusieurs années, le nord du Togo est exposé à des attaques et incursions de groupes armés venus des zones instables du Sahel. Dans ce contexte, la visite des experts des Nations unies apparaît comme une étape importante dans la coopération sécuritaire internationale.

Les autorités togolaises veulent profiter de cette mission pour présenter les efforts réalisés ces dernières années, notamment en matière de renforcement du dispositif militaire, de surveillance des frontières et de coopération régionale. Toutefois, cette évaluation doit aussi permettre d’identifier les insuffisances et les besoins en assistance technique.

Autrement dit, cette mission ne se limite pas à un simple diagnostic : elle pourrait déboucher sur de nouveaux programmes de soutien sécuritaire, technologique et financier.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Plusieurs secteurs sensibles passés au crible

Pendant cette mission, les experts internationaux vont analyser plusieurs aspects du dispositif togolais de lutte contre le terrorisme. Les discussions portent notamment sur le cadre juridique, la justice pénale, la lutte contre le financement du terrorisme, la surveillance des frontières, l’utilisation des technologies dans la sécurité, la prévention de la radicalisation et la question des droits humains.

Un autre point important concerne l’intégration du genre dans les politiques sécuritaires, un sujet désormais central dans les stratégies internationales de lutte contre l’extrémisme violent.

En parallèle, la mission doit également identifier les bonnes pratiques mises en place par le Togo, mais aussi les domaines dans lesquels le pays aura besoin d’un appui technique supplémentaire.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Une coopération sécuritaire qui se renforce

Cette visite s’inscrit dans la continuité d’une première mission effectuée en 2019. Depuis cette période, la situation sécuritaire dans la région a fortement évolué, avec une progression des groupes armés vers les pays du Golfe de Guinée.

Dans ce contexte, le Togo cherche à renforcer sa coopération avec les partenaires internationaux afin d’éviter une déstabilisation de son territoire. Le gouvernement togolais insiste d’ailleurs sur sa volonté de travailler avec les institutions internationales pour améliorer ses capacités de prévention, de renseignement et de réponse aux menaces.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Entre évaluation et diplomatie sécuritaire

Au-delà de l’aspect technique, cette mission constitue également un signal diplomatique fort. Elle montre que le Togo veut apparaître comme un partenaire fiable dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.

Cependant, certains observateurs estiment que l’enjeu réel se situe ailleurs : la capacité du pays à anticiper la menace plutôt qu’à la subir. Car la question n’est plus de savoir si la menace existe, mais quand et comment elle pourrait frapper de nouveau.

Une chose est sûre : à l’issue de cette mission, les recommandations des experts de l’ONU pourraient influencer les futures orientations sécuritaires du Togo pour les prochaines années.

Togo : quatre lois adoptées par le Parlement

L’Assemblée nationale togolaise a adopté définitivement, le 23 mars 2026, quatre projets de loi majeurs, marquant une nouvelle étape dans le processus législatif de la Ve République. Derrière cette adoption sans débat en seconde lecture se cachent pourtant des réformes importantes touchant l’environnement, la microfinance, l’entrepreneuriat des jeunes et la lutte contre le faux-monnayage.

En effet, ces textes avaient déjà été examinés puis adoptés en première lecture par les députés, avant d’être transmis au Sénat dans le cadre de la navette parlementaire. La chambre haute les ayant validés sans modifications de fond, leur adoption définitive par l’Assemblée nationale s’est faite automatiquement, conformément aux règles du bicamérisme togolais.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Des secteurs clés concernés par les nouvelles lois

Les quatre lois adoptées concernent des domaines stratégiques pour l’économie et la gouvernance publique. La première modifie la loi-cadre sur l’environnement, un texte qui devrait renforcer les mécanismes de protection des ressources naturelles et de lutte contre les effets du changement climatique.

La deuxième loi organise le transfert des missions, du personnel et du patrimoine du FAIEJ vers l’ADTPME. Cette réforme vise à rationaliser les dispositifs d’appui à l’entrepreneuriat et à améliorer l’accompagnement des jeunes entrepreneurs et des petites et moyennes entreprises.

Par ailleurs, la troisième loi porte sur la réglementation de la microfinance au Togo, un secteur en pleine expansion mais souvent confronté à des problèmes de régulation, de solvabilité et de protection des épargnants. L’objectif est donc de renforcer le cadre légal et la supervision des institutions de microfinance.

Enfin, la quatrième loi concerne la répression du faux-monnayage et des atteintes aux signes monétaires dans les États membres de l’Union Monétaire Ouest Africaine. Ce texte s’inscrit dans une dynamique régionale de sécurisation des transactions financières et de lutte contre la criminalité financière.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Un processus législatif accéléré

Lors de la séance plénière, les autorités ont rappelé que l’adoption définitive sans débat est une procédure normale lorsque les deux chambres du Parlement adoptent un texte dans les mêmes termes. Cette procédure permet d’accélérer le processus législatif et d’éviter de nouvelles discussions lorsque le consensus est déjà trouvé.

Cependant, certains observateurs estiment que cette procédure, bien que légale, réduit la visibilité publique des débats parlementaires sur des textes pourtant importants pour la vie économique et sociale du pays.

 

Des lois bientôt en vigueur

Après cette adoption définitive, le Président du Conseil devra promulguer les textes avant leur publication au Journal officiel afin de permettre leur entrée en vigueur. Les autorités compétentes suivront de près leur application concrète, notamment en matière de financement des PME, de régulation de la microfinance et de protection de l’environnement.

Ainsi, si cette adoption s’est déroulée dans un climat institutionnel calme et consensuel, les enjeux économiques et sociaux liés à ces lois pourraient, eux, avoir des répercussions bien plus visibles dans les mois à venir.

Togo : quand l’OTR devient une caisse parallèle

Créée pour moderniser la collecte fiscale, l’Office Togolais des Recettes (OTR) se retrouve aujourd’hui au centre d’un scandale qui secoue l’opinion. Deux agentes, Donko Bileyo et Klouvi Foligan Dédégan, toutes deux en poste à la Direction du renseignement et de lutte contre la fraude, sont accusées d’avoir effectué des dépôts en espèces de plusieurs centaines de millions de francs CFA auprès de compagnies d’assurance.

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Une disproportion financière alarmante

Les montants en cause dépassent largement les revenus officiels de ces fonctionnaires. Alors que leur salaire mensuel ne franchit pas 1,5 million de F CFA, des versements allant jusqu’à 500 millions en une seule opération ont été enregistrés. Ces dépôts, réalisés notamment auprès de NSIA Assurance Vie et SUNU Assurance, soulèvent de sérieuses interrogations sur la traçabilité des fonds et sur le respect des obligations légales de déclaration d’opérations suspectes.

Les chiffres donnent le vertige :

  • Le 4 mars 2026, Donko Bileyo aurait versé 100 millions F CFA en espèces chez NSIA Assurance, faisant suite à un premier dépôt de 500 millions F CFA en décembre 2025.
  • Klouvi Foligan Dédégan, inspectrice des douanes, aurait quant à elle déposé 60 millions F CFA le 10 février 2026, puis 30 millions F CFA le 6 mars suivant.

À ces flux de liquidités s’ajoute l’identification de biens immobiliers à l’étranger, notamment un appartement à Kansas City aux États-Unis. Ce patrimoine global, totalement déconnecté de la réalité de leurs émoluments mensuels, place désormais ces agents de l’État sous les projecteurs de la régulation financière.

Cette situation soulève une question centrale : comment des fonctionnaires avec des revenus officiels connus peuvent-ils effectuer des dépôts en liquide d’une telle ampleur ?

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Un système de contrôle mis à l’épreuve

La réglementation de l’UMOA est pourtant explicite : elle impose aux institutions financières de signaler à la CENTIF toute transaction en espèces supérieure à 15 millions F CFA. En effet, dans le système financier de l’UEMOA, les banques et compagnies d’assurance ont l’obligation de déclarer toute opération suspecte, notamment lorsque le montant des dépôts apparaît disproportionné par rapport aux revenus déclarés du client.

Pourtant, dans cette affaire, rien n’indique que ces dépôts font l’objet de déclarations officielles. Cette omission interroge :

  • Les assurances ont-elles volontairement ignoré leurs obligations ?
  • La CENTIF et la HAPLUCIA, censées lutter contre la fraude et le blanchiment, ont-elles failli à leur mission ?

Elle met surtout en lumière une faille inquiétante : les mécanismes de contrôle semblent neutralisés, laissant prospérer des pratiques assimilables au blanchiment de capitaux.

Par conséquent, une question majeure s’impose : les procédures de déclaration d’opérations suspectes ont‑elles été respectées ? Si ce n’est pas le cas, cela révèle de graves défaillances dans le système de lutte contre le blanchiment au sein de l’espace communautaire.

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Un paradoxe au cœur de l’État

Ce scandale révèle un paradoxe flagrant. Alors que le gouvernement affiche une volonté de lutter contre le terrorisme et le financement illicite, des agents censés protéger l’État contre la fraude se retrouvent eux-mêmes impliqués dans des opérations suspectes. Ce dossier dépasse largement les cas individuels : il illustre une impunité systémique où les institutions de contrôle semblent privilégier les séminaires et les discours plutôt que l’action concrète.

Le contraste est saisissant. Dans un pays où la justice se montre prompte à réprimer les contestations sociales et rapide face aux jeunes manifestants, l’absence de réaction ou la lenteur impliquée face aux crimes financiers de cette ampleur interroge sur la sélectivité des priorités. Si des flux financiers suspects circulent ainsi sans contrôle, c’est toute la crédibilité de la lutte contre la corruption qui se trouve ébranlée.

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Gouvernance : pourquoi l’affaire de l’OTR menace l’attractivité du Togo

 

Au-delà des dépôts, des biens immobiliers attribués à ces agents. Ces révélations montrent que les flux financiers illicites dépassent le cadre national et s’inscrivent dans des réseaux transnationaux. La question centrale demeure : combien d’autres agents de l’OTR disposent de fortunes disproportionnées par rapport à leurs revenus officiels ?

Plus largement, cette affaire met en cause le contrôle des agents publics et l’enrichissement inexpliqué dans l’administration. Ce scandale constitue un véritable test pour la gouvernance togolaise : la réaction des institutions dira si le pays peut encore se présenter comme une destination fiable pour les investisseurs.

Faute d’action, le risque est double : à l’international, fragiliser l’image du Togo auprès des partenaires économiques ; au niveau national, nourrir un sentiment d’injustice et accentuer la défiance des citoyens envers leurs dirigeants.

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Les questions qui restent sans réponse

En somme, aujourd’hui plusieurs questions majeures restent sans réponses :

  • D’où proviennent réellement les fonds déposés ?
  • Pourquoi ont-ils effectué ces dépôts en espèces ?
  • Les compagnies d’assurance ont-elles fait les déclarations obligatoires ?
  • Existe-t-il d’autres personnes impliquées ?
  • Y a-t-il un système de blanchiment d’argent ?
  • Les autorités financières vont-elles ouvrir une enquête ?
  • Cette affaire remonte-t-elle à un réseau plus large ?

Tant que ces questions resteront sans réponses, cette affaire continuera d’alimenter les soupçons autour de la gestion financière publique et de la lutte contre la corruption.

Une chose est certaine : ce dossier pourrait être le début d’une affaire financière beaucoup plus importante qu’il n’y paraît.

Le Commonwealth explore les atouts industriels et logistiques de Lomé

Durant deux jours, les 19 et 20 mars 2026, une délégation du Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC) a pris le pouls de l’économie togolaise. Objectif : mesurer le potentiel du pays dans des secteurs clés tels que l’industrie, l’agroalimentaire et la logistique.

Dr. Arthur Trimua
© Dr. Arthur Trimua

Des visites révélatrices

La mission a débuté par une immersion à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), vitrine de l’industrialisation togolaise. Ainsi, les unités comme Nutrisource et Vivace ont présenté leurs modèles de production, illustrant la montée en puissance des chaînes de valeur locales.
Le parcours s’est poursuivi au Port autonome de Lomé, véritable hub régional, où la délégation a pu constater la solidité des infrastructures et la capacité du pays à jouer un rôle central dans le commerce maritime ouest-africain.

Dr. Arthur Trimua
© Dr. Arthur Trimua

Dialogue stratégique avec le gouvernement

Accompagnée du ministre délégué Arthur Trimua, la délégation du Commonwealth a tenu une séance de travail avec des membres du gouvernement.  Par ailleurs, les échanges ont porté sur les priorités nationales : industrialisation, logistique, climat des affaires et mobilisation de capitaux internationaux.
Au-delà des constats, les discussions ont également mis en avant des conditions essentielles pour attirer des investissements durables : cadre réglementaire clair, infrastructures modernes et volonté politique affirmée de sécuriser les projets et d’accompagner les investisseurs.

Dr. Arthur Trimua
© Dr. Arthur Trimua

Le Togo, une plateforme compétitive

Ce séjour de la mission du Commonwealth ne se limite pas à une simple exploration. Il traduit une conviction : le Togo dispose d’atouts pour devenir une destination d’investissement fiable et structurée. La PIA et le Port de Lomé ne sont pas seulement des infrastructures, mais des leviers stratégiques capables de transformer l’économie nationale.
Dans un contexte où la compétition pour attirer les capitaux est mondiale, le pays joue la carte de la transparence et de la stabilité pour séduire les investisseurs. Ainsi, il ne cherche pas seulement à séduire, mais à convaincre par des preuves tangibles : zones industrielles opérationnelles, port performant et volonté de créer des emplois durables.

 

Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large : rassembler les énergies, transformer l’économie et garantir une croissance durable. Le Togo entend se positionner comme un acteur incontournable dans la région, en offrant aux investisseurs un environnement compétitif et sécurisé. En somme, le cap est fixé : faire de Lomé une vitrine africaine de l’investissement structuré et fiable.

Casablanca, nouveau quartier général des Éperviers

Le Maroc accueille depuis ce lundi 23 mars 2026 le regroupement des Éperviers du Togo. Dans une atmosphère studieuse, dix joueurs ont déjà posé leurs valises à Casablanca, donnant le coup d’envoi d’une préparation qui s’annonce intense avant les deux tests amicaux contre la Guinée (27 mars à Rabat) et le Niger (31 mars).

 

Un noyau déjà en place

Parmi les premiers arrivés figurent des cadres comme le capitaine Dakonam Djené, mais aussi des jeunes talents tels que Mansour Ouro-Tagba et Idjessi Metsoko. Ce noyau initial illustre la volonté du staff technique de bâtir une cohésion rapide, avant l’arrivée des autres internationaux attendus dans les prochaines heures.

 

Denkey attendu, Fo-Doh Laba absent

La grande attraction offensive, Kévin Denkey, en provenance du FC Cincinnati, est attendue mardi. Son rôle sera déterminant pour dynamiser l’attaque togolaise.
À l’inverse, l’absence de Kodjo Fo-Doh Laba, contrainte par des circonstances géopolitiques indépendantes de sa volonté, constitue un coup dur. La Fédération a réagi promptement en convoquant Thibault Klidjè, qui rejoint le groupe sans délai.

 

Autres forfaits à gérer

Le staff devra également composer sans Loïc Bessilé, en convalescence, et Kodjo Aziangbé, victime d’une blessure au genou. Ces absences obligent le sélectionneur à réajuster ses plans, mais ouvrent aussi la porte à de nouvelles opportunités pour les jeunes joueurs.

Les Éperviers ont consacré leur première journée à une séance d’éveil musculaire, avant d’enchaîner avec un entraînement sur le terrain. Le rythme s’intensifiera progressivement, avec pour objectif d’arriver en pleine possession de leurs moyens vendredi face à la Guinée.

 

 Un rassemblement sous le signe de la résilience

Ce regroupement illustre la capacité des Éperviers à s’adapter aux imprévus. Entre forfaits et arrivées échelonnées, le staff mise sur la discipline et l’esprit collectif pour transformer Casablanca en véritable laboratoire tactique. Les matchs amicaux contre la Guinée et le Niger ne sont pas de simples formalités : ils serviront de baromètre pour jauger la profondeur de l’effectif et tester les nouvelles dynamiques offensives.

Togo : Brigitte Adjamagbo-Johnson contrainte de quitter Dapaong, polémique politique

Au Togo, un incident survenu dans la région des Savanes prend une tournure politique majeure. La députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson aurait été contrainte de quitter la ville de Dapaong lors d’une mission parlementaire. Une affaire qui dépasse désormais le simple cadre administratif et qui relance le débat sur les libertés politiques, l’état d’urgence et l’équilibre des pouvoirs dans le pays.

 

Une élue de la République stoppée dans sa mission

Officiellement, la députée se trouvait dans la région des Savanes pour une tournée parlementaire classique : rencontrer les populations, visiter des infrastructures publiques, notamment des sites d’adduction d’eau, échanger avec les acteurs locaux et rendre compte de son travail parlementaire.

Cependant, contre toute attente, son programme a été brusquement interrompu le 20 mars 2026. Mais sur place, des agents des forces de défense et de sécurité lui auraient demandé de quitter la ville, estimant qu’elle ne disposait pas d’une autorisation préalable pour organiser des rencontres avec les populations.

Une situation qui choque plusieurs observateurs, car un député est censé pouvoir circuler librement sur le territoire national dans le cadre de ses fonctions.

Son programme, qui devait se poursuivre jusqu’au 21 mars, a été écourté et la députée a quitté la ville plus tôt que prévu.

 

Une entrave parlementaire aux lentes politiques ?

Officiellement, cette tournée s’inscrit dans les prérogatives classiques d’un élu : rencontrer les citoyens, contrôler l’action du gouvernement et évaluer l’état des infrastructures. Pourtant, cet incident soulève une question de fond : un représentant de la Nation doit-il solliciter une autorisation pour échanger avec les populations ?

Ce blocage relance le débat sur le respect de l’immunité parlementaire, mais l’analyse dépasse le simple cadre administratif. Beaucoup voient dans cette entrave une conséquence directe des positions politiques du député.

Quelques jours plus tôt, l’élue marquait son opposition frontale lors du vote sur la prorogation de l’état d’urgence sécuritaire dans la région des Savanes. Elle ne s’était pas arrêtée à ce refus parlementaire : dans un communiqué officiel, la députée exigeait également la démission du gouvernement.

Dès lors, une interrogation brûlante circule dans les milieux politiques togolais : le pouvoir empêche-t-il une députée de travailler en raison de ses votes à l’Assemblée ? Si aucune preuve officielle ne confirme cette hypothèse, la seule existence de ce soupçon illustre la vive tension politique qui entoure désormais cette affaire.

 

Une réaction politique immédiate

Le professeur Tchabouré Aimé Gogué, président de l’Alliance pour la Démocratie et le Développement Intégral , brise le silence. Il dénonce une violation flagrante des principes républicains et une atteinte directe au fonctionnement des institutions démocratiques. Pour l’opposant, entraîner l’action d’un député constitue une dérive grave des textes de la République.

Face à cette situation, le leader Gogué a saisi les plus hautes autorités parlementaires pour exiger toute la lumière sur l’incident de Dapaong. Il réclame désormais l’inscription d’un débat officiel à l’ordre du jour de la prochaine session.

L’objectif est clair : contraindre le gouvernement à s’expliquer publiquement sur les raisons de ce blocage. Cette affaire, partie d’une simple tournée de terrain, prend désormais une dimension d’État.

 

Un incident qui relance le débat démocratique

Au-delà de la personne de la députée, cette affaire pose une question plus large :
où s’arrête l’état d’urgence et où commencent les libertés politiques et parlementaires ?

Dans de nombreux pays, l’état d’urgence permet de restreindre certaines libertés pour des raisons sécuritaires. Mais en démocratie, ces restrictions ne doivent pas empêcher le fonctionnement normal des institutions, notamment le Parlement.

Pour plusieurs analystes politiques, l’incident de Dapaong pourrait devenir un symbole du débat sur la démocratie, la séparation des pouvoirs et la liberté d’action des élus au Togo.

 

Une affaire qui pourrait avoir des conséquences politiques

Ce qui aurait pu rester un incident local est en train de prendre une dimension nationale.
Si l’affaire est portée devant l’Assemblée nationale, elle pourrait provoquer un débat politique majeur sur :

  • les pouvoirs des forces de sécurité,
  • les droits des députés,
  • les limites de l’état d’urgence,
  • et l’équilibre des pouvoirs au Togo.

 

Au-delà d’un incident, la question de l’équilibre des pouvoirs

Plus largement, cette affaire remet au centre du débat la question de l’équilibre des pouvoirs au Togo, du rôle du Parlement et des limites de l’état d’urgence sécuritaire.

Car si les autorités justifient souvent certaines restrictions par la situation sécuritaire dans le nord du pays, des voix s’élèvent pour rappeler que l’état d’urgence ne doit pas remettre en cause le fonctionnement des institutions démocratiques.

Désormais, une question demeure : s’agit-il d’un simple incident administratif ou d’un signal politique plus profond ?

La réponse pourrait venir lors des prochains débats à l’Assemblée nationale, où cette affaire risque de prendre une dimension nationale. Une chose est certaine : l’affaire de Dapaong ne fait probablement que commencer.

BAC 2026 au Togo : 118 centres d’examen répartis sur tout le territoire

À Lomé, le compte à rebours du bac 2026 est lancé. Le ministère des Enseignements primaires et secondaires vient de fixer la géographie du diplôme roi . Entre logistique lourde et enjeux de proximité, la répartition des 118 centres d’examen dessine une carte scolaire togolaise en pleine mutation.

 

BAC 2026 : une administration en ordre de marche

À 90 jours du coup d’envoi des épreuves, l’exécutif togolais refuse de laisser de la place à l’improvisation. Par un arrêté daté du 17 mars, le ministre Mama Omorou a levé le voile sur l’architecture de la session de juin 2026. Ce ne sont pas moins de 118 établissements qui se transformeront, le temps d’une semaine, en sanctuaires du savoir pour les futurs bacheliers.

Cette publication anticipée n’est pas qu’une simple formalité administrative. Elle permet aux directions régionales de l’Éducation (DRE) d’entamer la phase critique de la sécurisation des sites et de l’organisation des jurys.

Le Grand Lomé : L’épicentre du système

Sans réelle surprise, la capitale et sa périphérie s’imposent comme le poids lourd du dispositif. Avec 38 centres répartis en deux zones distinctes, le Grand Lomé concentre près d’un niveau de la logistique nationale. Cette densité témoigne d’une urbanisation croissante et d’une pression démographique scolaire qui ne faiblit pas.

Toutefois, l’équilibre territorial reste une priorité pour le gouvernement. La répartition régionale montre une volonté de couvrir les moindres recoins du pays :

  • Région Maritime : 20 centres pour soutenir l’axe côtier.
  • Région des Plateaux : 23 centres (Est et Ouest confondus), un pivot agricole essentiel.
  • Septentrion : les régions de la Kara (14), Centrale (12) et des Savanes (11) assurent un maillage nécessaire malgré les défis sécuritaires au nord.

 

Un calendrier sous haute surveillance

Les candidats, eux, ont désormais les yeux rivés sur la semaine du 16 au 20 juin 2026. Pour des milliers de jeunes Togolais, ces cinq jours représentent bien plus qu’un examen : c’est le « passeport » vers l’enseignement supérieur et le marché de l’emploi.

« Le baccalauréat reste le baromètre de notre système éducatif. Réussir son organisation, c’est garantir l’égalité des chances pour chaque fils et fille du pays, confie une source proche du ministère.

 

L’enjeu de la transition numérique ?

Si la liste des centres physiques est désormais officielle, le défi pour 2026 reste la gestion fluide des flux de candidats et la rapidité du traitement des données. En publiant ce calendrier trois mois à l’avance, l’État s’offre une marge de manœuvre pour corriger les éventuelles failles logistiques et assurer une session sereine.

 

Cartographie des Centres d’Examen – BAC 2026

Régions administratives Nombre de Centres Observations Logistiques
Grand Lomé (Zones 1 et 2) 38 Forte concentration de candidats (Pôle majeur)
Région maritime 20 Deuxième zone la plus dense du pays
Région des Plateaux (Est et Ouest) 23 Maillage territorial important (13 Est / 10 Ouest)
Région de la Kara 14 Centre névralgique du Nord-Togo
Région Centrale 12 de proximité pour le centre du pays Dispositif
Région des Savanes 11 Maintien de l’accès à l’examen en zone frontale
TOTAL NATIONAL 118 Couverture intégrale du territoire