Koffi Olomidé à Lomé : Concert géant et lancement d’un nouveau SUV chinois

La brise marine qui souffle sur Lomé ce jeudi soir porte avec elle un parfum de fête et d’impatience. Sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé, les techniciens s’activent, les projecteurs s’ajustent et la foule commence déjà à affluer. Et pour cause : le « Grand Mopao », Koffi Olomidé, s’apprête à offrir un concert gratuit qui promet de faire vibrer la capitale togolaise jusque tard dans la nuit.

Ce n’est pas tous les jours que la ville accueille une légende de la musique africaine. Arrivé la veille à Lomé, Koffi Olomidé a déjà pris le pouls de la capitale. Mercredi, l’artiste a d’ailleurs été reçu par Tchiakpé Isaac, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, pour un échange placé sous le signe de la convivialité. À travers cette rencontre, le Togo réaffirme son statut de terre d’accueil et de carrefour culturel où les talents du continent viennent célébrer la richesse de la culture africaine.

 

Une scène, une légende et un cadeau au public

Voir Koffi Olomidé sur scène reste une expérience à part entière. Mais assister gratuitement à son concert sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé relève presque de l’événement exceptionnel. Entre les répétitions et les balances qui ont résonné tout au long de l’après-midi, une certitude s’impose : l’artiste semble prêt à communier avec son public togolais. La soirée s’annonce électrique, portée par des mélodies qui ont traversé les générations.

 

Sous les projecteurs : le SUV chinois qui veut conquérir Lomé

Mais derrière l’ambiance festive se cache également un enjeu commercial de taille. Ce concert prestigieux sert aussi de vitrine au lancement officiel d’un nouveau SUV chinois qui ambitionne de s’imposer sur les routes togolaises.

Le contraste avec les anciens clichés associés à l’industrie automobile chinoise saute aux yeux. Le modèle dévoilé ce soir sous les lumières de l’esplanade affiche des ambitions clairement assumées : calandre imposante, lignes fluides et signature lumineuse LED sophistiquée. Les constructeurs chinois entendent désormais imposer leur style sur un marché africain de plus en plus concurrentiel.

Alors que le soleil se couche sur Lomé, les échos des balances et l’agitation des préparatifs résonnent déjà autour du Palais des Congrès de Lomé. Ce soir, la capitale togolaise ne dormira pas. Entre l’éclat métallique du nouveau SUV et le charisme magnétique de Koffi Olomidé, la ville confirme une fois de plus son statut de scène incontournable des grands rendez-vous culturels et événementiels.

En somme, entre le concert gratuit de la légende congolaise et le dévoilement d’un SUV chinois présenté comme une nouvelle référence automobile, Lomé s’apprête à vivre une nuit hors du commun.

BB Lomé : Cyril Segonds nommé Directeur Général de la Brasserie

Le géant togolais de la boisson change le visage de sa hiérarchie. Brasserie BB Lomé, fleuron industriel et filiale du Groupe Castel, vient d’officialiser la nomination de Cyril Segonds au poste de directeur général. Succédant à Victoria Diogo, le nouveau dirigeant arrive avec une mission claire : accélérer la dynamique de l’entreprise sur un marché où BB règne en maître, tout en consolidant l’ancrage local de la société.

 

Un passage de témoin stratégique s’est opéré dans les bureaux de Brasserie BB Lomé. Après 18 mois sous la direction de Victoria Diogo, l’entreprise ouvre un nouveau chapitre. Pour BB, ce changement ne marque pas une rupture, mais plutôt une phase d’accélération. Dans un secteur des boissons en pleine mutation, le leader du marché togolais mise sur un profil expérimenté pour piloter ses deux usines et encadrer ses milliers de collaborateurs.

 

Un moteur de l’économie togolaise

La Brasserie BB fait partie du paysage économique togolais. Des bières emblématiques aux eaux minérales, en passant par les sodas, ses produits occupent une place importante dans le quotidien des consommateurs.

Mais au-delà des rayons des supermarchés et des comptoirs des maquis, l’entreprise représente également un acteur économique majeur. BB ne se limite pas à la production industrielle ; elle valorise aussi les ressources locales. En utilisant massivement des matières premières togolaises dans ses processus de fabrication, elle soutient directement des milliers de producteurs agricoles à travers le pays. C’est cet écosystème complexe, à la croisée de l’industrie moderne et de l’agriculture locale, que Cyril Segonds devra désormais piloter.

 

Qui est Cyril Segonds, le nouveau visage de BB Lomé ?

Porter les ambitions du Groupe Castel au Togo ne sera pas une mission de tout repos, mais Cyril Segonds dispose de l’expérience nécessaire pour relever le défi.

Un pur produit du secteur brassicole

Cyril Segonds n’est pas un nouveau venu dans l’univers des boissons. Manager de terrain et dirigeant chevronné, il a construit sa carrière au sein du réseau international du groupe français. Avant de s’installer sur les rives de la lagune de Lomé, il a dirigé plusieurs filiales importantes, notamment au Cameroun et en République démocratique du Congo.

Les collaborateurs qui ont travaillé avec lui décrivent un dirigeant attaché à l’efficacité opérationnelle, tout en restant attentif au capital humain. Pour lui, une usine performante repose avant tout sur des équipes engagées. Son parcours se distingue également par sa capacité à évoluer dans des environnements concurrentiels tout en maintenant des standards de qualité internationaux.

Ses priorités pour le Togo

À la tête de BB Lomé, plusieurs défis l’attendent :

  • l’innovation produit, afin de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs togolais ;
  • la durabilité, avec le renforcement de l’approvisionnement en matières premières locales comme le riz ou le maïs ;
  • la modernisation, à travers la poursuite des investissements dans les outils de production des deux usines pour préserver l’avance technologique de la marque.

En prenant ses fonctions de directeur général, Cyril Segonds hérite d’une véritable institution industrielle. Son mandat sera observé de près, aussi bien par les partenaires économiques que par les consommateurs, avec une interrogation centrale : Quelles stratégies permettront au leader togolais des boissons de grandir encore davantage ?

L’École de la Chance : Quand le Togo tend la main à ses filles « oubliées »

     À Lomé, un nouvel appel à candidatures résonne comme une promesse d’avenir meilleur. Sous l’égide du projet SWEDD+, l’initiative « École de la Chance » s’apprête à offrir une seconde vie professionnelle à 1 500 jeunes filles. 

 

Elles s’appellent Amina, Kafui ou Rose. Elles ont souvent dû quitter les bancs de l’école trop tôt, faute de moyens ou par les aléas de la vie. Aujourd’hui, elles font partie de cette jeunesse courageuse qui cherche sa place dans l’économie du Grand Lomé. Pour elles, le lancement de « l’École de la Chance » mercredi 6 mai n’est pas qu’un simple communiqué administratif : c’est une porte qui s’ouvre.

 

Transformer l’interruption en nouveau départ

Le concept est simple mais puissant. Là où le système classique a échoué, l’École de la Chance prend le relais. Porté par le ministère de la Planification et soutenu par la Jeunesse et l’Union des chambres régionales de métiers (URCM), ce programme ne demande pas de diplômes ronflants. Il demande de la détermination.

Pendant 3 à 6 mois, ces jeunes filles ne seront plus des « déscolarisées », mais des apprenantes. Couture, broderie, esthétique ou coiffure… des métiers concrets, des métiers de mains, mais surtout des métiers de demain.

« Ce n’est pas seulement apprendre à couper un tissu ou à tresser des cheveux », explique un acteur du secteur de l’artisanat interrogé dans les rues de Lomé « C’est apprendre à ne plus dépendre de personne. C’est retrouver l’estime de soi par le travail bien fait. »

Un rempart contre la fatalité

L’inclusion sociale est ici le maître-mot. En ciblant les zones du Grand Lomé pour cette phase pilote, le gouvernement s’attaque de front à la précarité urbaine. Le projet SWEDD+, qui chapeaute l’initiative, voit grand : impacter à terme plus de 105 000 jeunes femmes.

Mais au-delà des statistiques impressionnantes, c’est l’approche « courte durée » qui séduit. Dans un contexte où chaque jour compte pour subvenir aux besoins de la famille, une formation qualifiante rapide est un luxe que beaucoup ne pensaient jamais pouvoir s’offrir. Et le fait qu’elle soit aussi gratuite lève le dernier verrou : celui de l’argent.

Le défi de la transmission

Le succès de cette aventure reposera aussi sur les centres de formation et ateliers qui seront recrutés d’ici le 20 mai. Ce sont eux, les maîtres-artisans et les professionnelles aguerries, qui auront la lourde et noble tâche de transmettre non seulement un savoir-faire, mais aussi un savoir-être.

En fait, l’École de la Chance ne se contentera pas de former des ouvrières, mais créera des patronnes. Des jeunes filles capables de monter leur propre micro-entreprise, de devenir autonomes et, pourquoi pas, de former à leur tour la génération suivante.

En somme, les jeunes filles intéressées ont jusqu’au 20 mai prochain pour déposer leurs candidatures. Une date à marquer d’une pierre blanche pour celles qui ont décidé que leur avenir ne s’était pas arrêté le jour où elles ont quitté l’école.

 

Togo : Renforcement des capacités agro-pastorales à Oti-Sud et Kpendjal

À Sagbiébou, l’effervescence ne vient pas seulement du marché habituel. Depuis le 6 mai, sous les hangars du parc à bétail, une petite révolution est en marche. Entre partage d’expériences et gestes techniques, des hommes et des femmes des préfectures de l’Oti-Sud et du Kpendjal se réapproprient leur destin pastoral à travers le projet SMART_FOOD.

Le soleil tape fort sur Sagbiébou, mais l’attention ne faiblit pas. Autour de M. DANSOIP Gountante, maître-assistant à l’Université de Kara, le cercle est dense. Ici, on ne se contente pas de théories académiques. On parle de la terre, du bétail et surtout de ceux qui les font vivre.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

« On apprend à décider ensemble »

En effet, cet atelier s’attaque à une réalité souvent passée sous silence : la difficulté, pour de nombreux producteurs, d’accéder aux ressources et d’en garder le contrôle. Cependant, dans ces régions septentrionales du Togo, si les femmes sont les piliers de la transformation des produits de l’élevage, elles restent souvent en marge des décisions stratégiques.

« Cette formation nous ouvre les yeux », confie une participante, transformatrice de lait. « Comprendre comment mieux gérer nos ressources, c’est aussi comprendre que chaque main, homme ou femme, compte pour nourrir la famille. »

Pour le projet SMART_FOOD, l’égalité n’est pas qu’un concept : c’est un moteur de sécurité alimentaire.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

L’innovation au bout des doigts

Par ailleurs, au milieu du parc à bétail, l’ambiance devient pratique. Les mains plongent dans les mélanges pour la fabrication de pierres à lécher, ces compléments minéraux essentiels à la santé des bêtes. Plus loin, les participants s’exercent aux techniques traditionnelles de fumigation du bétail. D’ailleurs, ces techniques « climato-intelligentes » constituent une réponse concrète aux caprices d’un ciel de plus en plus incertain.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

Pour M. DANSOIP Gountante et son équipe, l’objectif est de donner aux éleveurs et agro-éleveurs les outils nécessaires pour résister aux changements climatiques tout en augmentant leur productivité. C’est pourquoi, en modernisant des pratiques ancestrales grâce à des apports scientifiques endogènes, c’est toute la résilience du système agro-pastoral qui se renforce.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle

SMART_FOOD: une alliance universitaire sans frontières

Derrière cette initiative se cache une solidarité académique. En fait, le projet SMART_FOOD est le fruit d’un consortium réunissant les universités de Kara (Togo), de Parakou (Bénin), de Korhogo (Côte d’Ivoire) et de Montréal (Canada). Soutenu par le CRDI, ce pont entre la recherche et le terrain prouve que les solutions les plus durables naissent de la collaboration internationale appliquée aux réalités locales.

Pendant trois jours, Sagbiébou devient le laboratoire d’un élevage moderne, plus juste et plus résilient. Grâce à cette formation de , les acteurs locaux repartiront vers leurs campements de l’Oti-Sud et du Kpendjal non seulement avec de nouvelles techniques, mais surtout avec la conviction que le changement commence par le partage du savoir et du pouvoir.

OHADA : 17 ans après, Lomé relance le débat sur son financement

Dix-sept ans après sa dernière session spéciale, l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) revient sur la question cruciale de ses ressources. Les travaux du Comité des Experts ont débuté le 4 mai 2026 à Lomé, prélude à la réunion des ministres des Finances prévue vendredi. L’enjeu est clair : donner enfin à l’institution les moyens de son ambition.

Créée en 1993 par le Traité de Port-Louis, l’OHADA a transformé l’écosystème économique africain en offrant une sécurité juridique et judiciaire inédite. Les États membres sont devenus des destinations de confiance pour les investisseurs. Mais derrière ce succès, une fragilité persiste : l’organisation peine à mobiliser des ressources stables et consacre une énergie considérable à la recherche de financements.

Ministère des Finances et du Budget
© Ministère des Finances et du Budget

Les limites des mécanismes actuels

Le Secrétaire Permanent, le Professeur Mayatta N’Diaye Mbaye, a rappelé avec force : « La réactivité, l’efficacité, le rendement ne peuvent être obtenus que lorsque les moyens sont disponibles. »

  • Le fonds de capitalisation initial a montré ses limites.
  • Le mécanisme de financement autonome de 2003 est resté largement inopérant.
  • L’instabilité budgétaire fragilise la mission et détourne l’organisation de ses actions concrètes.

Ministère des Finances et du Budget
© Ministère des Finances et du Budget

Vers une souveraineté économique accrue

La session de Lomé, reportée après Addis-Abeba, bénéficie du soutien de l’Agence Française de Développement (AFD). Les experts, directeurs de la comptabilité publique et consultants doivent aussi examiner une étude stratégique financée par l’AFD et proposer des réformes « concrètes et réalistes ».

Pour Akou Mawussé Adetou Afidenyigba, représentante du ministre des Finances du Togo, l’OHADA est « un outil économique » dont la vocation dépasse le juridique. Elle a rappelé que l’organisation a assaini l’environnement des entreprises et stimulé l’investissement, mais qu’elle doit désormais franchir un cap : « sortir d’ici avec les meilleures résolutions possibles qui puissent donner à l’Organisation les moyens d’accompagner encore et toujours les États membres dans leurs efforts de développement économique ».

Ministère des Finances et du Budget
© Ministère des Finances et du Budget

Un droit fort pour des investissements durables

Au-delà des chiffres, l’enjeu est politique et stratégique : il s’agit de renforcer la souveraineté des États membres et de garantir un cadre juridique stable. Dans un agenda régional chargé — les ministres revenant de Washington et se préparant pour Nairobi — leur présence à Lomé traduit l’urgence absolue.

Car à l’heure de la mondialisation, les investisseurs ne choisissent pas seulement un pays, ils choisissent un droit. Et pour que ce droit demeure un moteur de développement, il doit s’appuyer sur des financements pérennes. Les recommandations des experts seront soumises vendredi aux ministres des Finances, seuls habilités à trancher.

Golfe 4 : un tournoi intercommunal de football pour unir les communes et la jeunesse

Au Golfe 4, les représentants des municipalités de la capitale togolaise ont validé les contours d’une compétition inédite dont le coup d’envoi sera donné le 13 juin. Derrière l’enjeu sportif, les communes cherchent à bâtir une identité métropolitaine et à occuper une jeunesse désœuvrée.

 En effet, la salle de délibération de la mairie du Golfe 4 a accueilli ce mercredi 6 mai 2026 une séance de travail décisive pour l’organisation du premier Tournoi de Football Intercommunal du Grand Lomé. Après une prière d’ouverture placée sous le signe de la concorde, les représentants des différentes communes ont procédé à une présentation mutuelle, avant d’entrer dans le vif du sujet : caler les derniers détails logistiques et réglementaires.

Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive
© Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive

Un cadre protocolaire et institutionnel

M. Akouété Tsolenyanu, deuxième adjoint au maire de Golfe 4 et président du comité d’organisation, a salué l’assemblée en rappelant l’importance de l’événement pour « renforcer les liens entre les administrés du Grand Lomé ». De son côté, M. Djimada Sebou, secrétaire général du comité et directeur de la planification et du développement de Golfe 4, a exposé la genèse du projet, son cadre réglementaire et les règles prévues pour garantir l’équité et le fair‑play.

 

Un calendrier serré

Ainsi, les dates clés ont été fixées :

  • 29 mai 2026 : dépôt des dossiers de participation, tirage au sort des poules et mise en place des commissions techniques.
  • 13 juin 2026 : coup d’envoi officiel de la compétition.

Par ailleurs, la rencontre s’est achevée par une phase de divers riche en échanges, suivie de la traditionnelle photo de famille pour immortaliser l’engagement commun.

Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive
© Commune du Golfe4 Mairie d'Amoutive

Au‑delà du sport : un enjeu sociopolitique

Si l’ordre du jour semblait relever de l’animation locale, les discours ont rapidement dépassé le cadre sportif. Dans une métropole que la décentralisation et les découpages administratifs récents fragmentent, les édiles locaux envisagent désormais le football comme un levier d’intégration sociale et territoriale. Les communes cherchent à bâtir une identité métropolitaine et à occuper une jeunesse souvent désœuvrée.

Ce tournoi intercommunal apparaît ainsi comme un test grandeur nature pour les politiques de jeunesse des nouvelles municipalités. Il vise aussi à canaliser l’énergie des jeunes autour d’un projet fédérateur, à réduire l’oisiveté et à renforcer la cohésion sociale dans les quartiers périphériques.

Reste désormais à savoir si la concorde affichée lors de la photo de famille finale par les responsables municipaux survivra à la réalité du terrain et aux rivalités sportives qui s’annoncent, selon les organisateurs eux-mêmes, particulièrement intenses.

Togo : la BOAD et le Fonds vert injectent 15,39 milliards CFA

Grâce à un accord de don signé avec la BOAD, adossé au Fonds vert pour le climat, le gouvernement togolais déploie le programme « SAPO 48 ». L’objectif est de substituer une logique de prévention à la gestion de crise.

Face à l’intensification des aléas climatiques qui bousculent régulièrement l’Afrique de l’Ouest, le Togo choisit de revoir sa doctrine. Mardi 5 mai à Lomé, le gouvernement togolais et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont paraphé un accord de financement d’un montant de 15,39 milliards de francs CFA (environ 27,7 millions de dollars). Cet apport, octroyé sous forme de don, est destiné à la mise en œuvre du projet « SAPO 48 », une initiative visant à renforcer la résilience des communautés vulnérables face aux inondations, sécheresses et feux de végétation.

Sur le plan symbolique et financier, l’opération est stratégique pour Lomé. Ce programme constitue le tout premier projet individuel d’investissement direct du Fonds vert pour le climat (FVC) au bénéfice du Togo. Pour l’exécutif, ce guichet direct valide une stratégie dite « de portefeuille », pensée pour capter les grands financements environnementaux mondiaux et alimenter, à terme, le futur Togo Green Fund.

 

Rompre avec la gestion de l’urgence

Le projet se déploiera sur une période de cinq ans avec une ambition structurelle : protéger l’ensemble de la population, soit près de 9 millions de personnes, et cibler de manière prioritaire 1,3 million de bénéficiaires directs installés dans les zones géographiques les plus exposées.

Sur le terrain, l’enveloppe financera trois axes majeurs. D’abord, la modernisation des services d’information météorologique. Ensuite, le déploiement de systèmes d’alerte précoce multirisques capables de toucher rapidement les communautés rurales. Enfin, la mise en place de mécanismes financiers d’urgence indexés sur les prévisions, permettant de débloquer des fonds avant même que la catastrophe ne survienne.

Pour les autorités togolaises, ce dispositif marque un pivot politique majeur. Il s’agit de s’extraire de l’urgence pour entrer dans l’ère de la planification. « Anticiper, c’est sauver des vies, préserver les moyens de subsistance et protéger les investissements publics », a fait valoir le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Calixte Madjoulba, insistant sur le fait que la sécurité nationale intègre désormais la variable climatique.

 

Une approche économiquement rationnelle

Cette approche préventive répond également à des impératifs macroéconomiques. Les reconstructions post-catastrophes pèsent lourdement sur les budgets des États de la sous-région, souvent contraints de réallouer des ressources initialement dédiées au développement ou aux infrastructures de base. En investissant en amont, les ministères des Finances cherchent à atténuer les coûts globaux des crises à venir.

Si la signature du projet « SAPO 48 » marque une avancée concrète, les chantiers restent denses. Le pays prépare déjà, toujours aux côtés de la BOAD, un second volet baptisé « PRECO-Togo », un programme complémentaire axé sur la reconstruction et le soutien communautaire post-catastrophes. Une manière de solder le passé tout en essayant de prévoir l’avenir.

CCI‑Togo inaugure une délégation régionale à Agoè‑Nyivé 1

                  L’inauguration d’une délégation régionale dans la commune d’Agoè‑Nyivé 1 marque une étape clé dans la stratégie de déconcentration de la CCI‑Togo. Objectif : offrir un guichet de proximité aux milliers d’entreprises qui font la vitalité de la capitale.

 

Après Sokodé et Dapaong, c’est au tour de l’effervescente agglomération de Lomé de voir l’institution consulaire s’installer au plus près de ses bases. Le mercredi 5 mai, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI‑Togo) a officiellement ouvert les portes de sa nouvelle délégation régionale pour le Grand Lomé. Un choix géographique tout sauf anodin : l’infrastructure trône désormais à Agoè‑Nyivé 1, un carrefour stratégique où bat le cœur du commerce et de la petite industrie togolaise.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

La cérémonie s’est déroulée en présence d’un large éventail d’autorités politiques, administratives et traditionnelles, signe de l’importance accordée à cette implantation. Pour le Dr José Kwassi Symenouh, président de la CCI‑Togo, cet acte dépasse la simple symbolique immobilière.

« Il ne peut y avoir de développement local fort sans un secteur privé fort », a‑t‑il martelé lors de la cérémonie.

Dans un pays où le secteur privé est appelé à porter l’essentiel des objectifs de la Feuille de route gouvernementale 2025, cette extension territoriale agit comme un catalyseur. Il s’agit en effet de rompre avec une gestion centralisée pour offrir aux Très Petites et Moyennes Entreprises (TPME) un accès direct à l’information et à l’accompagnement technique.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

Le Grand Lomé, un géant à encadrer

Si le Grand Lomé n’est pas une région administrative au sens classique, il demeure le moteur thermique de l’économie nationale. Il concentre l’essentiel des flux de marchandises, des services financiers et des initiatives entrepreneuriales du pays. Véritable cœur économique du Togo, il regroupe également  une forte concentration d’opérateurs économiques, de PME et d’industries qui participent activement à la création de richesse et d’emplois. Pourtant, jusqu’à présent, la densité du tissu économique local rendait l’accès aux services consulaires parfois complexe pour les opérateurs de la périphérie.

Mme Zouréhatou Kassah‑Traoré, Gouverneure du District Autonome du Grand Lomé, a salué cette initiative qui s’arrime à la politique de décentralisation du pays. En rapprochant les instruments d’appui des usagers, l’institution espère aussi fluidifier le passage du secteur informel vers le formel, un défi majeur pour l’administration fiscale et économique.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

L’innovation comme nouveau fer de lance

En plus, cette nouvelle antenne abrite une unité novatrice : un pôle dédié à l’implémentation des résultats de recherche et d’innovation. Une nouveauté qui souligne la volonté de la CCI‑Togo de ne plus être seulement un organe de représentation, mais un véritable incubateur de modernité pour les industries locales.

Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a d’ailleurs rappelé que cette inauguration s’inscrit dans une « dynamique de transformation ». En intégrant la recherche au cœur de la pratique commerciale, le Togo espère monter en gamme dans la chaîne de valeur régionale, notamment dans le cadre de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAF). Il a aussi insisté sur le rôle central du secteur privé, estimant qu’il constitue un levier essentiel de création de richesse, d’emplois et d’innovation dans les territoires.

Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo
© Chambre de Commerce et d'Industrie du Togo

Une vision de proximité et d’ancrage territorial

Avec ce nouveau maillage, la CCI‑Togo confirme sa mue. En quittant ses habits de prestige pour enfiler ceux de partenaire de terrain, elle fait le pari que la croissance togolaise se jouera désormais au plus près des territoires. Cette implantation traduit une vision de long terme : rapprocher les services consulaires, renforcer l’ancrage territorial et accompagner efficacement les entreprises dans leur développement.

Togo–Commonwealth : Faure Gnassingbé reçoit Shirley Ayorkor Botchway

Déjà quatre ans se sont écoulés depuis l’adhésion historique du Togo au club d’influence anglophone. Ce matin, Lomé a accueilli la secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchway, venue exprimer sa gratitude pour le soutien du Togo à sa candidature. Cette visite exploratoire vise désormais à matérialiser les ambitions économiques du pays.

En matière de géopolitique ouest‑africaine, le pragmatisme l’emporte de plus en plus sur les héritages coloniaux. Ce mardi 5 mai 2026, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu au palais de la présidence à Lomé la secrétaire générale du Commonwealth, Shirley Ayorkor Botchway. Cette visite de travail, aux allures de prise de contact technique et politique, marque une nouvelle étape dans la stratégie togolaise de diversification de ses alliances.

Pour la diplomate ghanéenne, élue à la tête de l’organisation intergouvernementale, ce déplacement à Lomé revêtait également une dimension de courtoisie républicaine. Mme Ayorkor Botchway a ainsi tenu à exprimer de vive voix sa gratitude au chef de l’État togolais pour l’appui décisif apporté par Lomé lors de sa campagne pour l’élection au Secrétariat général. Au‑delà des remerciements d’usage, le cœur des discussions s’est rapidement concentré sur l’évaluation des gains mutuels de ce partenariat amorcé il y a près de quatre ans.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une diplomatie de la diversification

Le Togo a officiellement adhéré au Commonwealth le 24 juin 2022. Le 20 octobre de la même année, il a symboliquement scellé cette intégration en hissant, pour la première fois, son drapeau à Marlborough House, siège londonien de l’organisation. Pour ce petit État francophone d’Afrique de l’Ouest, cette démarche ne relevait pas d’une rupture avec ses partenaires traditionnels, mais plutôt d’une ambition d’élargissement de ses horizons économiques et commerciaux.

L’accès à ce vaste marché de 2,5 milliards de consommateurs, régi par la Déclaration de Londres de 1949, offre à Lomé une vitrine de choix pour attirer de nouveaux investisseurs étrangers, notamment anglo‑saxons et asiatiques.

« Je suis venue pour explorer les domaines dans lesquels le Commonwealth peut soutenir le travail du président du Conseil ainsi que les institutions de gouvernance du Togo », a précisé Shirley Ayorkor Botchway à l’issue de l’audience, qualifiant sa démarche d’essentiellement « exploratoire ».

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Gouvernance et investissements en ligne de mire

Si l’organisation est historiquement fondée sur la promotion de valeurs communes — la démocratie, la paix, les droits de l’homme et la bonne gouvernance —, elle s’affirme de plus en plus comme un réseau d’affaires d’une redoutable efficacité. Les autorités togolaises espèrent capitaliser sur cette plateforme pour financer des projets d’infrastructures et moderniser l’appareil étatique.

Mme Ayorkor Botchway s’est félicitée de la « convergence de vues » avec les dirigeants togolais, assurant que l’institution apporterait son soutien « sous toutes les formes » aux réformes en cours dans le pays. Pour le Togo, l’enjeu des prochains mois consistera à transformer ces déclarations d’intention en programmes d’assistance technique et en flux d’investissements directs, consolidant ainsi un choix diplomatique qui bouscule les schémas postcoloniaux traditionnels.

Université de Lomé : CEDEAO–AES, sécurité en débat

L’Institut d’Études Stratégiques du Togo a réuni experts et universitaires pour décrypter la rivalité institutionnelle entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel. Une fracture politique qui complique la lutte contre le djihadisme.

Comment penser la sécurité collective lorsque l’architecture même de l’intégration régionale se fissure ? C’est à cette brûlante question qu’a tenté de répondre, ce mardi 5 mai 2026, l’Institut d’Études Stratégiques (IES) de l’Université de Lomé. Dans l’enceinte feutrée de la salle de conférence de WASCAL, une table ronde a réuni un parterre d’universitaires, de diplomates – notamment des représentants de l’ambassade de Chine – et d’étudiants autour d’un sujet devenu un véritable casse‑tête géopolitique : la coexistence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la jeune Alliance des États du Sahel (AES).

Depuis le schisme provoqué par le départ des régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation historique, la région cherche un second souffle. À Lomé, l’objectif n’était pas de distribuer les mauvais points politiques, mais de disséquer scientifiquement les angles morts d’une coopération devenue bipolaire.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Les parcs naturels, nouveaux sanctuaires du terrorisme

Le premier signal d’alarme est venu du terrain, par la voix du lieutenant‑colonel Dominic Bareremna Afelu. Le haut gradé a analysé un paradoxe tragique : les aires protégées transfrontalières, autrefois symboles de coopération écologique, sont devenues des failles géopolitiques majeures.

Entre le complexe W‑Arly‑Pendjari (WAP), partagé entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, et d’autres réserves de la sous‑région, les groupes armés terroristes profitent des frictions institutionnelles entre la CEDEAO et l’AES. En l’absence d’un commandement conjoint et fluide, ces zones boisées se transforment en sanctuaires idéaux. Pour le conférencier, la rivalité des blocs ne doit pas paralyser la gestion coordonnée de ces espaces, sous peine de voir des pans entiers de territoires échapper définitivement au contrôle des États.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Le cyberespace, nouveau front de la souveraineté

Mais la guerre moderne ne se joue pas que dans les fourrés du Sahel. La fragmentation politique s’est également invitée sur le terrain de la technologie. Venue du Nigeria, la chercheuse Dr Wada Nabeelah, représentante de Galaxy Backbone Limited, a apporté un éclairage crucial sur ce qu’elle nomme la « cyber‑résilience ».

« La rupture du dialogue politique entre les capitales ouest‑africaines fragilise les réseaux de partage de renseignements cybernétiques », a‑t‑elle alerté.

À l’ère de la désinformation de masse et des cyberattaques ciblant les infrastructures critiques, l’experte a plaidé pour une « souveraineté numérique collective ». Selon elle, qu’un État appartienne à la CEDEAO ou à l’AES, la vulnérabilité face aux algorithmes et aux piratages reste identique. Bâtir des passerelles numériques s’impose donc comme une nécessité vitale, au‑delà des querelles de légitimité politique.

Université de Lomé
© Université de Lomé

L’approche « métafactuelle » pour repenser le djihadisme

Enfin, pour clore ces échanges, le directeur de l’IES, le Dr Ekue Folly Gada, enseignant‑chercheur à l’Université de Lomé, a proposé un pas de côté théorique indispensable. Refusant les grilles de lecture simplistes ou purement occidentales du phénomène terroriste, il a développé une analyse basée sur la méthode « méta factuelle ».

Il s’agit, pour cet historien et politologue reconnu pour ses positions en faveur des savoirs endogènes africains, d’explorer les causes profondes, les bifurcations manquées et les réalités invisibles qui nourrissent l’extrémisme violent dans la sous‑région. Pour le Dr Gada, comprendre le terrorisme implique de comprendre ce qui aurait pu être évité et de déconstruire les récits hégémoniques.

Portés par les interventions des étudiants, les débats ont mis en lumière une évidence : si la politique divise l’Afrique de l’Ouest, la science et l’urgence sécuritaire imposent de toute urgence de retrouver les chemins du dialogue.