À Klabè-Efoukpa, le 30 juillet dernier, l’histoire coutumière a rencontré l’autorité de l’État. Sur le terrain de l’École primaire publique groupe A, les acclamations de la foule ont accompagné un geste à la fois symbolique et institutionnel : la remise du décret reconnaissant officiellement la désignation de monsieur Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V comme chef du canton.
La cérémonie, présidée par le Gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawe, n’avait rien d’une simple formalité administrative. Elle consacrait publiquement une succession décidée selon les règles coutumières, puis validée par les pouvoirs publics.
Autour du nouveau chef de canton s’étaient réunies autorités administratives et politiques, responsables religieux, forces de défense et de sécurité, mais surtout une population venue en nombre. Dans cette mobilisation, c’est tout un territoire qui semblait vouloir affirmer son attachement à ses repères traditionnels.
De la décision du conseil des sages à la validation républicaine
Avant de parvenir entre les mains du nouveau chef de canton, le décret a suivi un processus qui associe tradition et institution républicaine. Le conseil des sages a d’abord procédé à la désignation du garant des us et coutumes. La décision a ensuite été soumise à l’exécutif, qui l’a validée.
La remise du décret vient ainsi donner une reconnaissance officielle à une autorité dont la légitimité trouve d’abord son origine dans la communauté. Cette articulation entre les mécanismes coutumiers et la reconnaissance de l’État constitue le cœur de la cérémonie. Les traditions conservent leur place dans l’organisation sociale, tandis que l’autorité nouvellement désignée s’inscrit dans le cadre des lois de la République.
Lorsque le décret lui a été remis, les applaudissements ont laissé place à un autre moment fort : celui de l’engagement. Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V a promis de servir sa communauté avec fidélité et justice. Il a également affirmé son attachement aux lois de la République et sa volonté de travailler avec la population.
Son discours d’engagement dessine ainsi une feuille de route qui dépasse la seule fonction traditionnelle. Le nouveau chef entend faire de son autorité un instrument de rapprochement plutôt qu’un facteur de division.
Vivre ensemble, cohésion sociale, dialogue, partage d’idées et fraternité figurent parmi les priorités affichées par le nouveau garant des us et coutumes.
Dans une société où les mutations sociales transforment progressivement les rapports entre générations, la fonction de chef traditionnel conserve une dimension particulière. Elle ne se résume pas à la conservation des rites et des pratiques ancestrales. Elle peut également devenir un espace de médiation, de dialogue et de recherche de compromis au sein de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, le nouveau chef de canton est donc désormais placé devant une double exigence : préserver l’héritage transmis par les anciens tout en inscrivant son action dans les réalités contemporaines et le cadre républicain. La présence des autorités publiques lors de la cérémonie illustre cette volonté de faire cohabiter ces deux dimensions.
Au-delà du symbole : Les défis qui attendent le nouveau garant des us et coutumes
La foule rassemblée autour de la cérémonie n’a pas seulement assisté à une remise de document officiel. Elle a été témoin d’une passation de responsabilité. En fait, derrière le titre de chef de canton se trouve une mission : maintenir les liens sociaux, favoriser le dialogue et contribuer à la stabilité de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, la République a donc officialisé un choix issu de la tradition. Désormais investi de cette reconnaissance, Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V devra transformer l’acclamation du 30 juillet en actes concrets. Entre la parole des sages et l’autorité du décret, une même attente se dessine : que la tradition demeure une force de cohésion et que l’autorité serve d’abord la communauté.
DANYI2, 10 août 2026 — Dans les communes, le développement ne se décrète pas depuis les bureaux. Il se construit au plus près des populations, là où se posent chaque jour les problèmes d’eau, d’assainissement et d’accès aux services essentiels. C’est autour de cette réalité que la commune de Danyi 2 a consacré une journée de réflexion aux enjeux de la décentralisation et du développement local, à l’occasion de la Journée africaine dédiée à cette question.
La rencontre a réuni les acteurs du territoire autour d’une interrogation banale, mais déterminante : comment donner aux collectivités les moyens de répondre efficacement aux besoins de leurs populations ?
Deux panels ont servi de cadre aux échanges. Le premier s’est intéressé à la décentralisation comme instrument du développement local. Les discussions ont porté sur les responsabilités des collectivités, le rôle des différents acteurs et la nécessité d’une meilleure coordination dans la conduite des politiques territoriales.
Car le transfert de compétences aux communes ne suffit pas à lui seul. Encore faut-il que celles-ci disposent des moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour exercer pleinement leurs responsabilités.
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement : Des priorités absolues
Le second panel a placé au centre des débats une question plus concrète encore : l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Dans les territoires, ces services constituent des indicateurs directs de la capacité des politiques publiques à améliorer les conditions de vie. Leur gestion exige des investissements, mais aussi une organisation adaptée aux réalités de chaque collectivité.
À Danyi 2, les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de privilégier des solutions durables plutôt que des réponses ponctuelles. L’objectif est de permettre aux collectivités de mieux anticiper leurs besoins et de construire des réponses qui tiennent compte des caractéristiques de leur territoire.
Synergy locale : Renforcer le partenariat entre élus, services et populations
Les échanges ont également fait ressortir l’importance de la collaboration entre les différents acteurs locaux. Collectivités territoriales, services techniques, partenaires et populations ont chacun un rôle à jouer dans la transformation des territoires.
Cette synergie apparaît d’autant plus nécessaire que les communes sont désormais appelées à porter une part croissante du développement local. Pour y parvenir, elles doivent renforcer leurs capacités et disposer d’une autonomie suffisante pour engager des actions adaptées aux priorités locales.
À Danyi 2, la réflexion aura donc dépassé le cadre d’une simple commémoration. Elle a posé la question de l’efficacité réelle de la décentralisation : une commune est-elle véritablement autonome lorsqu’elle ne peut répondre aux besoins essentiels de ses habitants ?
La réponse passe par des collectivités mieux outillées, davantage de coopération entre les acteurs et une gestion des ressources fondée sur les besoins du terrain. L’enjeu, au fond, reste celui-ci : faire de la décentralisation non pas un simple mécanisme administratif, mais un véritable instrument de progrès social et de développement territorial. À Danyi 2, cette conviction prend la forme d’un appel à l’action locale, avec l’ambition de bâtir des territoires plus résilients, inclusifs et capables de préparer l’avenir.
ANÉHO, 10 août 2026 — Le ronflement des moteurs a, samedi 8 août, rompu la quiétude habituelle d’Aného. Pendant plusieurs heures, la vieille cité des Lacs a accueilli une impressionnante caravane de motocyclistes venus de plusieurs horizons de l’Afrique de l’Ouest. Plus de 500 motards ont traversé les rues de la ville, transformant cette étape en une véritable promenade à travers l’histoire, les paysages et les traditions de l’ancienne capitale du Togo.
La scène avait quelque chose d’insolite. Des centaines de motos, venues du Togo mais également du Ghana, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Niger et du Nigeria, ont convergé vers Aného dans une atmosphère à la fois populaire et fraternelle. Casques, blousons et machines rutilantes ont donné à la cité balnéaire un visage inhabituel, sans pour autant effacer son caractère historique.
Cette arrivée en nombre s’inscrivait dans le programme de la troisième édition de « Motor Nation », organisée du 7 au 9 août à Lomé par la Fédération togolaise des sports mécaniques (FTMS). L’événement, qui réunit des passionnés de sports mécaniques de plusieurs pays de la sous-région, ne se limite pas aux performances et aux démonstrations. Il entend également ouvrir les routes aux découvertes et rapprocher les participants des territoires qu’ils traversent.
Le sport mécanique comme levier de promotion touristique
À Aného, l’étape avait précisément cette vocation. Il ne s’agissait pas seulement de faire défiler une longue file de motocyclettes dans les artères de la ville. Les organisateurs avaient voulu offrir aux visiteurs un autre regard sur cette partie du littoral togolais. Le président de la Fédération togolaise des sports mécaniques, David Rozand, a ainsi présenté cette initiative comme une occasion de faire connaître la ville aux participants étrangers et de mettre en valeur ses atouts touristiques.
Au fil de leur parcours, les motards ont découvert un environnement où l’eau occupe une place importante. Entre lagune, fleuve et océan, Aného offre un paysage particulier, marqué par la rencontre de plusieurs milieux naturels. La cité conserve également les traces d’un passé riche, visible dans son architecture, ses lieux de mémoire et les représentations qui racontent l’histoire de ses communautés.
La caravane a notamment porté son regard sur les fresques qui retracent différents épisodes de l’histoire locale et évoquent la fête traditionnelle Epe-Ekpé, rendez-vous culturel majeur de la ville et de ses populations.
Ainsi, derrière le spectacle des moteurs, l’escale d’Aného aura surtout servi de rencontre entre les visiteurs et une cité qui cherche à mieux faire connaître son patrimoine.
Un accueil institutionnel par le sénateur-maire Alexis Coffi Aquereburu
La journée a également été marquée par une rencontre avec le sénateur-maire de la Commune des Lacs 1, Me Alexis Coffi Aquereburu. L’élu local a accueilli la délégation des motocyclistes et participé à une photographie de famille venue immortaliser cette étape. Cette rencontre a donné une dimension institutionnelle à la visite. Elle témoigne aussi de l’intérêt des autorités communales pour les initiatives susceptibles de renforcer l’attractivité de la destination Aného.
Car la ville dispose d’un patrimoine dont la valorisation constitue un enjeu pour le développement local. Son histoire, sa position sur le littoral et ses traditions en font un lieu qui peut attirer aussi bien les visiteurs de la région que les touristes venus de plus loin.
L’arrivée de cette importante caravane a donc permis de conjuguer deux univers que tout semble, à première vue, opposer : celui des sports mécaniques, associé à la vitesse et au mouvement, et celui d’Aného, ville ancienne où le patrimoine et la mémoire occupent une place centrale.
Pour les centaines de motards présents, l’escale aura été l’occasion de découvrir une ville autrement. Pour Aného, elle représente une nouvelle fenêtre ouverte sur l’extérieur. Le passage de participants venus de huit pays de la sous-région donne en effet à cette initiative une portée qui dépasse le seul cadre sportif. Chaque visiteur devient potentiellement un relais de la destination une fois de retour dans son pays.
Dans une région où les déplacements constituent souvent le premier moyen de découvrir les richesses locales, une manifestation comme « Motor Nation » peut ainsi servir de trait d’union entre sport, culture et tourisme. Samedi, Aného n’a donc pas seulement vu passer des motards. Elle a accueilli une Afrique de l’Ouest en mouvement, venue découvrir, le temps d’une journée, une cité façonnée par l’histoire, la mer, la lagune et les traditions.
À l’heure où la caravane reprenait la route, les moteurs se sont éloignés. Mais l’image de ces centaines de motocyclistes réunis au cœur de la cité des Lacs restera comme l’un des temps forts de cette troisième édition de « Motor Nation ».
À Lomé, les acteurs du système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO ont réfléchi à la meilleure méthode pour accélérer la transformation numérique, afin de rendre le règlement des sinistres plus rapide, plus transparent et mieux adapté à l’intensification des échanges dans la région.
Un accident de la circulation au‑delà d’une frontière ne devrait pas se transformer en parcours administratif sans fin. Pourtant, dans l’espace communautaire ouest‑africain, le règlement des sinistres transfrontaliers reste confronté à des procédures complexes, à des délais parfois longs et à des échanges de données encore largement perfectibles. C’est précisément à ce défi que les professionnels de l’assurance ont tenté de répondre à Lomé.
Du 3 au 6 août 2026, l’Hôtel Sarakawa a accueilli la deuxième réunion de zone du Système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO. Placée sous le thème « Numérisation de la gestion des sinistres : améliorer l’efficacité, la transparence et le règlement transfrontalier des sinistres dans le cadre du Système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO », la rencontre a mis au premier plan une question devenue incontournable : comment utiliser le numérique pour rapprocher les mécanismes d’assurance des réalités de la mobilité régionale ?
La question dépasse largement la modernisation des outils de travail des compagnies d’assurance ; elle touche directement à la confiance des usagers dans les mécanismes d’intégration régionale. Lorsqu’un véhicule assuré dans un pays est impliqué dans un accident dans un autre État membre, la gestion du sinistre mobilise plusieurs acteurs et peut nécessiter des échanges entre différentes juridictions et institutions. Dans ce contexte, la circulation rapide et sécurisée de l’information devient déterminante.
C’est pourquoi la transformation numérique apparaît comme un levier capable de réduire les lenteurs, de faciliter le suivi des dossiers et de renforcer la traçabilité des opérations. Elle peut également permettre aux différents acteurs de disposer d’informations plus fiables et accessibles, tout en limitant les risques liés aux traitements administratifs fragmentés.
À l’ouverture des travaux, le ministre togolais de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi, a clairement placé cette évolution au rang des priorités. Pour le ministre, la transformation numérique « n’est plus une option, c’est un impératif ». L’objectif affiché est de parvenir à des procédures plus simples, des délais de traitement réduits, davantage de transparence et une meilleure satisfaction des assurés et des victimes.
L’un des enjeux majeurs de la réunion de Lomé réside également dans la capacité des États et des professionnels à parler le même langage numérique. La présence de représentants du Système d’assurance de la Carte Jaune du COMESA, notamment de son directeur général, a donné à la rencontre une dimension qui dépasse le seul cadre ouest‑africain. Elle a ouvert la voie à un échange d’expériences entre deux mécanismes régionaux confrontés à des problématiques similaires : mobilité transfrontalière, indemnisation des victimes et coordination entre acteurs nationaux.
Cette participation traduit une conviction : la digitalisation ne produira pleinement ses effets que si elle s’accompagne d’une harmonisation des pratiques. Ainsi, il ne suffit pas de numériser les procédures existantes. Il faut également réfléchir à la compatibilité des systèmes, à la sécurisation des données, à l’interopérabilité des plateformes et à la capacité des différents acteurs à échanger rapidement les informations nécessaires au traitement des dossiers.
La Carte Brune face à une mobilité régionale croissante
Créée pour accompagner l’intégration régionale, la Carte Brune CEDEAO constitue un instrument essentiel de protection des automobilistes et des victimes d’accidents de la circulation impliquant des véhicules circulant au‑delà de leur pays d’immatriculation. Son rôle prend une importance particulière dans une région où les déplacements de personnes et de marchandises sont vitaux pour l’activité économique. Transporteurs, commerçants, voyageurs et touristes franchissent quotidiennement les frontières communautaires.
Dans ce contexte, l’efficacité du système d’assurance ne relève plus uniquement de la sphère technique ; elle participe directement au fonctionnement du marché régional et à la libre circulation. Une indemnisation plus rapide et mieux coordonnée peut ainsi contribuer à réduire les conséquences économiques et humaines d’un accident transfrontalier.
Le véritable test : passer des intentions aux résultats
La rencontre de Lomé intervient donc à un moment où le secteur doit transformer les ambitions numériques en solutions concrètes. L’enjeu sera désormais de traduire les échanges et les recommandations en mécanismes opérationnels capables de produire des résultats mesurables : réduction des délais, amélioration du suivi des dossiers, renforcement de la transparence et meilleure coordination entre les bureaux nationaux et les compagnies d’assurance. C’est sur ce terrain que la réussite de la transformation numérique sera véritablement jugée.
En ouvrant officiellement les travaux le 4 août, Jean‑Marie Tessi a appelé à construire des institutions « plus réactives, plus efficaces et plus résilientes ». Une ambition qui résume le défi auquel est confronté le Système d’assurance de la Carte Brune : faire du numérique non pas une simple vitrine technologique, mais un outil concret au service des victimes, des assurés et de l’intégration régionale.
La réunion de Lomé devrait déboucher sur des recommandations visant à renforcer un système d’assurance capable d’accompagner une Afrique de l’Ouest plus connectée, plus sûre et plus intégrée.
En marge de cette rencontre, le ministre Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi a reçu un diplôme d’honneur, saluant près de vingt‑cinq années d’engagement au service du secteur des assurances. Une distinction qui a marqué la dimension institutionnelle de cette rencontre, alors que l’assurance transfrontalière s’ouvre à l’ère numérique.
La réunion de Lomé a montré que l’avenir de la Carte Brune CEDEAO repose désormais sur sa capacité à transformer la promesse numérique en résultats concrets : des sinistres réglés plus vite, une transparence accrue et une intégration régionale rendue tangible par l’efficacité des mécanismes d’assurance.
Une explosion s’est produite ce jeudi dans la ville de Jaramana, en périphérie sud-est de Damas, selon des informations encore parcellaires. L’engin explosif aurait visé un minibus à hauteur de l’intersection d’Ar-Rawda, un carrefour fréquenté de la localité. Des blessés ont été signalés, sans qu’un bilan définitif n’ait pu être établi à ce stade.
Aucune revendication n’a été formulée dans l’immédiat et les autorités syriennes n’ont pas encore communiqué d’éléments détaillés sur les circonstances exactes de l’explosion ni sur l’identité de ses auteurs présumés. Par ailleurs, des vérifications sont en cours et les informations disponibles restent, à ce stade, susceptibles d’évoluer.
Il s’agit d’un événement en développement. Les circonstances précises, le bilan humain et l’origine de l’explosion restent à confirmer par les autorités et les sources locales.
Une ville marquée par des années de tensions
Jaramana, dont la population inclut une importante composante druze aux côtés d’habitants chrétiens et sunnites, a régulièrement été le théâtre d’incidents sécuritaires depuis la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024. Une attaque à la grenade contre un poste de sécurité avait déjà visé la ville début juillet, deux jours après un attentat meurtrier commis dans le centre de Damas, près du Palais de justice. Des tensions communautaires y avaient également éclaté à l’occasion de commémorations liées aux événements survenus dans la province voisine de Sweida en 2025.
La déclaration des cheikhs de Jaramana
Dans les heures ayant suivi l’explosion, des cheikhs de la ville ont diffusé une déclaration réaffirmant l’unité de la Syrie, de son territoire et de son peuple. Le texte insiste sur le fait que Damas demeure la boussole des habitants de Jaramana, qui se refusent, selon cette déclaration, à suivre toute puissance étrangère. Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de précédentes déclarations des notables de la ville, qui avaient déjà affirmé, ces dernières semaines, leur attachement à l’unité nationale et leur rejet des discours communautaires jugés porteurs de division.
« Les cheikhs de Jaramana ont affirmé que la ville demeure fidèle à l’unité de la Syrie et de son peuple, désignant Damas comme leur unique boussole. »Déclaration des cheikhs de Jaramana
Pourquoi ces déclarations comptent
Depuis la chute du régime Assad, les localités à composante druze de la périphérie de Damas, dont Jaramana et Sahnaya, ont connu des épisodes de tensions communautaires, ponctués d’ingérences extérieures évoquées dans le débat public syrien. Dans ce contexte, les prises de position publiques des cheikhs et des notables locaux, réaffirmant leur loyauté envers l’État syrien et rejetant toute tutelle étrangère, visent à désamorcer les soupçons de sécession ou de partition et à préserver la cohésion avec les autorités centrales.
Une capitale sous tension sécuritaire
Enfin, cette explosion survient dans un climat sécuritaire dégradé à Damas et dans sa périphérie depuis le début de l’été. Un attentat à l’engin explosif dans un café du centre-ville, puis une double explosion survenue lors de la visite d’État du président français Emmanuel Macron avaient déjà frappé la capitale syrienne début juillet. Aucun de ces épisodes n’a, jusqu’à présent, fait l’objet d’une revendication officielle, les autorités évoquant des enquêtes toujours en cours.
À Lomé, le changement climatique n’est plus seulement une affaire de politiques environnementales. Il devient une question d’arbitrage budgétaire. Depuis le 3 août, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique forme ses cadres à une nouvelle manière de lire, programmer et évaluer la dépense publique. Objectif : préparer le Budget Vert 2027 et faire du climat un critère à part entière des choix économiques de l’État.
Pendant cinq jours, jusqu’au 7 août, la salle Entente du CASEF accueille ainsi un atelier qui pourrait sembler technique. Pourtant, derrière les tableaux, les méthodes de marquage et les exercices budgétaires se joue une transformation plus profonde : déterminer comment l’argent public peut financer la croissance sans aggraver les vulnérabilités climatiques du pays.
Passer à l’échelle : le climat intégré dans toute la mécanique budgétaire
Jusqu’ici, une dépense publique se juge principalement à son utilité économique, sociale ou administrative. La budgétisation verte ajoute une autre question : quel est son impact sur le climat et l’environnement ? Au Togo, les dépenses peuvent ainsi être classées selon leur contribution : favorable, défavorable ou neutre au climat et à l’environnement. Cette méthode permet aux décideurs de visualiser les effets environnementaux des choix budgétaires et de mieux orienter les ressources.
Le pays a engagé cette réforme progressivement. Après une première expérience avec neuf ministères en 2024, le périmètre s’est élargi à 25 ministères et institutions pour l’exercice 2025. Le Budget Vert 2026 couvre désormais l’ensemble des ministères et institutions de l’administration centrale. Le passage à l’échelle change donc la nature de l’exercice : il ne s’agit plus d’expérimenter, mais d’installer durablement le climat dans la mécanique budgétaire.
C’est précisément ce que prépare l’atelier ouvert à Lomé. Sous la conduite d’Ahodo Tchamdja, Directeur général des Études et Analyses économiques, représentant le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, les participants doivent acquérir les outils nécessaires à l’élaboration du document Budget Vert 2027 du ministère.
Le programme va au-delà d’une formation théorique. Les cadres doivent comprendre les concepts fondamentaux de la budgétisation verte, maîtriser la méthodologie de marquage et appliquer ces outils aux activités inscrites dans le Plan de travail et budget annuel 2027 du ministère.
Une deuxième étape interviendra au quatrième trimestre 2026. La cellule Budget Vert du ministère devra alors finaliser le marquage des activités et projets, actualiser leurs coûts à partir de la lettre de cadrage budgétaire 2027 et rédiger la partie narrative du futur document. Le résultat attendu est double : des cadres capables de manier l’outil et un Budget Vert 2027 finalisé.
Cette réforme prend une dimension particulière dans un pays exposé aux effets du dérèglement climatique. Sécheresses, inondations, érosion côtière et irrégularité des précipitations ne menacent pas uniquement l’environnement. Elles affectent l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les ressources en eau et, par ricochet, les finances publiques. Lorsqu’une inondation détruit une route, lorsqu’une sécheresse fragilise une production agricole ou lorsqu’un phénomène météorologique extrême impose des dépenses imprévues, l’État finit par payer la facture.
La budgétisation verte cherche donc à déplacer le curseur : ne plus attendre que le climat provoque la dépense, mais intégrer le risque climatique au moment où l’État décide de dépenser. C’est l’un des enjeux majeurs de cette réforme. La dépense publique doit pouvoir contribuer simultanément à la croissance, à la résilience économique et à la protection des ressources naturelles.
Pour Ahodo Tchamdja, l’enjeu dépasse largement la création d’une nouvelle rubrique budgétaire. La budgétisation verte doit intégrer les considérations climatiques et environnementales à l’ensemble du cycle de la dépense : planification, programmation, arbitrage, exécution et évaluation.
Cette approche peut également renforcer la transparence. En identifiant les dépenses favorables, défavorables ou neutres, l’État dispose d’un instrument supplémentaire pour suivre la cohérence de ses politiques publiques. Le Budget Vert devient ainsi une forme de radiographie des choix économiques. Il ne dit pas seulement combien l’État dépense. Il permet aussi de demander dans quelle direction il dépense.
La démarche du ministère de l’Économie et de la Veille stratégique s’inscrit dans une réforme plus large de la gestion des finances publiques togolaises. Le Togo a déjà utilisé son expérience pour partager son approche avec d’autres pays, notamment le Cameroun et la République du Congo. Le ministère des Finances et du Budget présente cette trajectoire comme une expérience pionnière en Afrique de l’Ouest.
Mais le véritable enjeu du leadership revendiqué ne se trouve pas dans le nombre d’ateliers organisés ni dans le volume de documents produits. Il se mesurera à la capacité du système budgétaire à transformer les analyses climatiques en décisions financières.
Autrement dit, identifier une dépense comme « verte » ne suffira pas. Il faudra ensuite vérifier son exécution, ses résultats et son impact réel. Le ministère des Finances et du Budget a d’ailleurs engagé en 2026 une étape consacrée au suivi de l’exécution des Budgets Verts 2024 et 2025, avec l’objectif de passer de la programmation à la redevabilité.
À Lomé, la philosophie défendue par les autorités peut finalement se résumer à une question simple : que fait chaque franc CFA public face au risque climatique ? Le Budget Vert 2027 doit apporter une partie de la réponse. En formant ses cadres et en préparant le marquage de ses activités, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique cherche à inscrire le climat dans les décisions qui précèdent la dépense, et non uniquement dans les politiques qui viennent la corriger après coup.
Le chantier est désormais lancé. La prochaine étape sera celle de la preuve : prouver que l’intégration du climat dans le budget change effectivement la manière de choisir les investissements, de hiérarchiser les priorités et d’évaluer les résultats. Le Togo a commencé à verdir son budget, mais doit encore prouver que cette orientation peut réellement verdir son développement.
À Saly, le débat sur l’économie africaine s’est déplacé vers un territoire longtemps laissé hors des comptes : celui du travail domestique non rémunéré. Du 28 au 30 juillet 2026, chercheurs, responsables publics, parlementaires, organisations de la société civile et partenaires internationaux ont confronté leurs expériences autour d’une question qui touche directement les politiques sociales et économiques : comment reconnaître la valeur du temps consacré aux soins et aux tâches domestiques lorsqu’aucun salaire ne vient le mesurer ?
La question a occupé une place centrale lors de la 4ᵉ Conférence NTA Africa, organisée à Saly autour du thème de l’« économie générationnelle et économie des soins au cœur des politiques publiques en Afrique ».
Parmi les participants, l’ONG Cœur Solidaire Togo a conduit une délégation de dix représentants du Togo et du Bénin. Mais l’organisation n’est pas venue uniquement assister aux débats. Elle a voulu faire de cette rencontre un espace de travail régional.
Préparer les repas, s’occuper des enfants, accompagner une personne âgée, entretenir le logement, assister un proche malade : ces activités structurent la vie quotidienne, mais restent souvent en marge des indicateurs classiques de richesse et de production.
Pourtant, elles libèrent du temps pour les personnes qui exercent une activité rémunérée et permettent aux ménages, aux communautés et aux économies de fonctionner.
C’est précisément ce paradoxe que les acteurs réunis à Saly ont cherché à mettre en lumière : une activité peut produire une valeur sociale et économique considérable sans apparaître comme un emploi.
Le sujet prend une dimension particulière lorsqu’il concerne les femmes, qui assument encore une part importante de ces responsabilités domestiques dans de nombreux contextes africains. La question ne relève donc pas uniquement de la vie familiale. Elle touche à l’emploi, à l’égalité, à la protection sociale, à la pauvreté et à la répartition des opportunités économiques.
La présence de Cœur Solidaire à Saly s’inscrit dans le cadre d’un projet consacré à l’élaboration de politiques fondées sur les données concernant le travail domestique non rémunéré au Togo et au Bénin. L’objectif consiste à faire entrer davantage de données et d’éléments mesurables dans un débat souvent réduit à des considérations sociales.
Mesurer le travail invisible devient ainsi une étape préalable pour mieux orienter les politiques publiques. C’est dans cette logique que la délégation togolaise et béninoise a participé aux échanges avec des chercheurs, des parlementaires, des cadres ministériels, des organisations de la société civile, des institutions internationales et des partenaires techniques et financiers.
Cette diversité d’acteurs a permis de croiser plusieurs approches : recherche, décision publique, action associative et financement du développement.
Le moment le plus significatif de la participation de Cœur Solidaire s’est déroulé en marge de la conférence. L’ONG a organisé un atelier régional consacré au partage d’expériences sur l’économie des soins et le travail domestique non rémunéré. Les participants y ont confronté les réalités de différents pays et réfléchi aux moyens de mieux reconnaître cette contribution souvent absente des politiques économiques.
Les discussions ont abouti à la « Déclaration de Saly ». Ce texte rassemble des engagements et des recommandations destinés à différents acteurs afin de renforcer la reconnaissance et la valorisation du travail domestique non rémunéré en Afrique.
Son importance dépendra désormais moins de sa portée symbolique que de sa capacité à nourrir des décisions concrètes : production de données, intégration du sujet dans les politiques publiques et meilleure prise en compte de l’économie des soins dans les stratégies de développement.
Intégrer la valeur du temps dans la réflexion économique africaine
Le débat de Saly pose finalement une question simple, mais lourde de conséquences : que vaut une économie si elle ignore une partie du travail qui lui permet de fonctionner ? Tant que les tâches domestiques et les activités de soins restent invisibles dans les politiques publiques, une partie de la contribution économique des ménages échappe à l’analyse.
Pour le Togo et le Bénin, l’enjeu consiste donc à transformer cette réalité quotidienne en données exploitables, puis en politiques capables de réduire les inégalités dans la répartition du temps et des responsabilités.
La rencontre de Saly aura au moins permis de faire franchir au sujet une étape : sortir le travail domestique non rémunéré de la sphère privée pour le placer au cœur de la réflexion sur les politiques publiques africaines. Cœur Solidaire entend poursuivre cette dynamique avec ses partenaires, notamment le CREG, PRB, L’AADEF Bénin et le CRDI.
Car reconnaître le travail invisible ne signifie pas seulement lui donner un nom. Il faut désormais le mesurer, l’intégrer aux politiques publiques et, surtout, agir sur les inégalités qu’il révèle.
À Maurice, l’affaire est désormais politique avant même d’être judiciaire. Cinq jours après l’arrestation de son époux dans une enquête présumée de trafic de cannabis entre La Réunion et l’île Maurice, Véronique Leu-Govind a quitté, lundi 3 août, ses fonctions de ministre déléguée aux Arts et à la Culture. Elle a également abandonné la présidence des Nouveaux Démocrates.
La décision, prise d’un commun accord avec le Premier ministre Navin Ramgoolam, vise officiellement à éviter que les « perceptions » liées au dossier ne fragilisent le gouvernement et le parti. À ce stade, aucune charge personnelle n’est retenue contre l’ancienne ministre.
Saisie record à La Réunion : une enquête judiciaire qui cible le domicile familial
Le dossier remonte au 26 juillet, lorsque près de 100 kilos de cannabis, évalués à environ 4,4 millions d’euros, ont été saisis à Bras-Panon, à La Réunion. Les investigations ont ensuite conduit les enquêteurs mauriciens à Case-Noyale, au domicile du couple. Une perquisition y a notamment permis de découvrir quatre plants de cannabis et une fiole de méthadone. Les enquêteurs ont également saisi le téléphone de Gulshan Govind et un véhicule enregistré au nom de son épouse. Ils auraient découvert dans ce véhicule des traces de matière végétale suspectée d’être du cannabis.
Arrêté le 31 juillet, Gulshan Govind, 42 ans, reste détenu. Il fait face à quatre accusations provisoires, notamment pour possession de drogue dangereuse, culture de cannabis et complot en vue d’une importation aggravée par le trafic.
La stratégie du gouvernement Ramgoolam pour éviter la crise politique
Véronique Leu-Govind, qui s’est présentée volontairement le 2 août devant la brigade antidrogue, doit être entendue de nouveau le 5 août avec son avocat. En parallèle, les investigations s’élargissent. La Financial Crimes Commission examine un possible volet de blanchiment d’argent concernant Gulshan Govind et sa famille. Une autre enquête porte sur leur patrimoine. La démission de la ministre ne met donc pas fin à l’affaire. Elle en déplace surtout le centre de gravité vers le terrain politique.
L’opposition accentue la pression et réclame sa démission de l’Assemblée nationale
Mardi 4 août, le chef de l’opposition, Joe Lesjongard, a demandé à l’Assemblée nationale que Véronique Leu-Govind renonce également à son mandat de députée de Savanne–Rivière-Noire. Cette nouvelle offensive s’ajoute à un précédent familial datant de 2023. Cette année-là, la justice avait condamné son frère Benjamin Leu à trois ans de prison après son arrestation à La Réunion dans une affaire de stupéfiants.
Face aux interrogations, Navin Ramgoolam promet qu’il n’y aura « jamais de cover-up », quelle que soit l’identité des personnes impliquées. Les autorités mauriciennes ont également demandé l’entraide judiciaire des autorités françaises à La Réunion. Le gouvernement mauricien cherche ainsi à limiter les conséquences politiques du dossier tout en laissant la justice poursuivre ses investigations. Pour l’heure, l’enquête continue et le gouvernement ne prévoit aucun remplacement immédiat au ministère délégué aux Arts et à la Culture.
À Agbélouvé, le chiffre a donné le ton. Pour la campagne 2026-2027, la filière soja togolaise vise 300 000 tonnes de production. Mais derrière cet objectif quantitatif se joue une bataille autrement stratégique : consolider la place du Togo sur le marché du soja biologique tout en faisant de cette culture une source de revenus plus solide pour les producteurs.
Réunis dans la commune de Zio 3 pour lancer la cinquième campagne de production, les acteurs de la filière ont placé le biologique au centre de leurs priorités. Le thème retenu — « Soja biologique : notre choix, notre avenir » — résume cette volonté de faire du bio l’un des principaux leviers de croissance de la filière.
Dix ans d’expansion : Une production nationale en forte croissance depuis 2015
Le chemin parcouru permet de mesurer l’ampleur de l’ambition. En 2015, le Togo produisait moins de 25 000 tonnes de soja. Dix ans plus tard, la production nationale dépassait 260 000 tonnes en 2025. Le pays veut désormais franchir un nouveau seuil avec une cible de 300 000 tonnes pour la campagne 2026-2027.
Cette progression traduit l’installation progressive du soja dans le paysage agricole et commercial togolais. Pour le Conseil interprofessionnel de la filière soja du Togo (CIFS-Togo), l’étape suivante consiste à mieux organiser cette croissance.
Car produire davantage ne suffit plus lorsque les marchés deviennent plus exigeants et que la concurrence internationale se renforce. Le défi est désormais de faire fonctionner la filière comme un véritable écosystème, depuis la parcelle jusqu’au marché d’exportation.
Le soja biologique : Un avantage compétitif sur le marché international
C’est sur ce terrain que le Togo entend jouer une partie de son avenir. Selon le président du CIFS-Togo, Mounirou Koriko, le pays a déjà occupé à quatre reprises la première place des exportateurs de soja biologique vers l’espace Schengen. Cette performance constitue un avantage commercial, mais également une responsabilité : celle de maintenir la qualité et la régularité nécessaires pour rester compétitif.
Le marché du soja biologique n’est donc plus seulement une opportunité. Il devient un territoire à défendre. Pour y parvenir, la filière mise sur l’intensification de la production biologique et sur le renforcement des dispositifs d’accompagnement des producteurs.
Cela passe notamment par les semences, les intrants, la formation et l’accompagnement technique. Autrement dit, le Togo cherche à sécuriser la production en amont pour préserver sa compétitivité en aval.
Derrière les statistiques et les objectifs d’exportation se trouve une réalité plus concrète : celle du producteur. Pour atteindre 300 000 tonnes, la filière devra disposer de producteurs suffisamment accompagnés, de semences de qualité et de solutions techniques adaptées aux réalités du terrain.
Le CIFS-Togo veut donc renforcer la coordination entre les différents maillons de la chaîne de valeur : agriculteurs, transformateurs, partenaires techniques et institutions publiques. Cette organisation apparaît d’autant plus importante que la filière veut simultanément augmenter ses volumes et préserver les exigences liées au biologique. Le rendement ne peut plus être pensé séparément de la qualité, et la qualité ne peut plus être dissociée de l’accès au marché.
Représentant le ministre chargé de l’Agriculture, Alex Kpanté Bouab, directeur de l’entrepreneuriat et du financement agricole, a rappelé les principaux leviers sur lesquels le gouvernement entend agir. L’exécutif mise sur l’accès aux semences améliorées et aux intrants de qualité, mais aussi sur le conseil agricole, la formation des producteurs et une mécanisation adaptée.
Le soutien annoncé s’étend également à la professionnalisation des coopératives. Le gouvernement veut par ailleurs encourager des pratiques agricoles capables de mieux résister aux effets du changement climatique et renforcer les connexions entre producteurs, transformateurs et marchés.
Cette approche traduit un changement de perspective. Le soja n’est plus considéré uniquement comme une culture à développer. Il est désormais envisagé comme une chaîne de valeur à structurer, avec ses propres exigences de production, de transformation, de commercialisation et d’accès aux marchés.
De la croissance à la maturité : Maximiser la valeur ajoutée pour les producteurs
Le prochain enjeu sera donc de savoir ce que le Togo fera de cette croissance. La progression de la production nationale est spectaculaire : de moins de 25 000 tonnes en 2015 à plus de 260 000 tonnes en 2025. Mais une filière agricole ne se mesure pas uniquement au tonnage récolté. Elle se mesure aussi aux revenus qu’elle génère, aux emplois qu’elle crée et à la capacité du pays à conserver une part plus importante de la valeur produite.
C’est précisément l’un des objectifs affichés à travers le plan stratégique consacré au développement de la filière : consolider la position du Togo sur les marchés internationaux, augmenter les revenus des producteurs et construire une activité durable et compétitive. Le prochain cap ne sera donc pas seulement celui des 300 000 tonnes. Il sera celui de la valeur créée autour de ces 300 000 tonnes.
Le lancement de la campagne 2026-2027 ouvre ainsi une séquence décisive pour le soja togolais. Le pays dispose déjà d’un marché extérieur, d’une production en forte progression et d’une réputation construite autour du biologique. Reste maintenant à transformer ces acquis en avantage durable. À Agbélouvé, les acteurs de la filière ont choisi de placer le bio au cœur de cette nouvelle étape. Leur pari est clair : continuer à produire davantage sans perdre ce qui fait la singularité du soja togolais.
Atteindre 300 000 tonnes sera un indicateur. Préserver la qualité, améliorer les revenus des producteurs et rester compétitif sur les marchés internationaux sera le véritable test. Car pour le Togo, l’avenir du soja ne se joue plus seulement dans les champs. Il se joue désormais dans la capacité de toute une filière à passer de la croissance à la maturité.
Kigali, 4 août 2026 — Les femmes africaines veulent-elles encore se contenter d’accompagner les décisions ou doivent-elles désormais participer pleinement à leur élaboration ? À Kigali, cette question s’est invitée au lancement de l’African Academy for Women in Political Leadership, une initiative consacrée au renforcement du leadership politique féminin sur le continent.
Parmi les personnalités présentes figurait Victoire Dogbé, ancienne Première ministre du Togo. À ses côtés, plusieurs figures du leadership africain, dont Sahle-Work Zewde et Catherine Samba-Panza, ont pris part à cette rencontre destinée à encourager l’émergence d’une nouvelle génération de femmes dans les espaces de décision.
L’ancienne cheffe du gouvernement togolais a surtout retenu la portée d’une telle initiative. Pour elle, le leadership ne saurait se réduire à l’exercice d’une fonction ou à l’occupation d’un poste. Il doit, avant tout, se mesurer à ses résultats et à sa capacité à produire des changements durables dans la vie des populations.
Faire du pouvoir un instrument de transmission et d’ouverture
Dans cette perspective, Victoire Dogbé défend une conception du leadership fondée sur la transmission. Diriger ne consiste pas seulement à décider, mais également à ouvrir des voies à celles et ceux qui viendront après.
Cette vision prend une résonance particulière lorsqu’elle est appliquée à la participation des femmes à la vie publique africaine. Car, malgré les progrès enregistrés sur le continent, leur présence dans les centres de décision demeure un enjeu majeur.
L’ancienne Première ministre togolaise invite ainsi les femmes à ne pas attendre que les portes s’ouvrent d’elles-mêmes. Elle les encourage à acquérir les compétences nécessaires, à s’engager et à investir les espaces où se construisent les politiques publiques.
Un appel direct à la jeunesse et aux jeunes filles togolaises
Au-delà des responsables politiques et des figures expérimentées réunies à Kigali, Victoire Dogbé a choisi de s’adresser directement aux jeunes filles et aux jeunes femmes du Togo. Son message tient en quelques mots : oser. Oser s’engager, se former et saisir les occasions de prendre part à la décision publique.
L’enjeu dépasse donc la seule représentation féminine. Il s’agit de préparer une relève capable de prendre progressivement le relais et de contribuer, à son tour, à la transformation des sociétés africaines.
« L’avenir de l’Afrique ne s’écrira pas sans les femmes », résume en substance l’ancienne Première ministre, qui souhaite les voir placées « au cœur des décisions ».
Le lancement de l’African Academy for Women in Political Leadership entend précisément contribuer à cette dynamique. L’initiative bénéficie notamment du soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de la Commission de l’Union africaine, du Réseau des femmes leaders africaines et de l’African School of Governance.
Pour Victoire Dogbé, la portée de cette académie réside ainsi moins dans la célébration des parcours déjà accomplis que dans les possibilités qu’elle peut offrir à celles qui aspirent à exercer demain des responsabilités publiques.
À Kigali, le message est donc explicite : l’Afrique ne peut plus envisager son avenir politique en laissant une partie de ses forces à la périphérie du pouvoir. La question n’est plus seulement de faire une place aux femmes, mais de leur permettre de contribuer pleinement à la définition du continent de demain.