À l’aube, dans la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, le calme fragile d’une cité sous tension a été brutalement rompu. Une attaque attribuée à des drones a frappé un quartier central de la capitale du Nord-Kivu, faisant au moins une victime parmi les travailleurs humanitaires et ravivant les inquiétudes sur la protection des civils dans une région déjà marquée par des décennies de conflits.
Au cœur de cette tragédie figure une humanitaire française, membre du personnel de l’UNICEF, dont la mort a été confirmée par les autorités françaises. L’incident intervient alors que les affrontements se poursuivent entre les forces congolaises et la rébellion du M23, qui contrôle aujourd’hui une partie importante de la province.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des détonations ont retenti aux premières heures de la matinée. Vers 4 h 30, une violente secousse aurait fait vibrer des habitations dans le quartier de Himbi, une zone résidentielle du centre-ville.
Un habitant raconte que deux explosions successives l’ont réveillé en sursaut. Dans l’obscurité de l’aube, difficile pour les riverains de comprendre immédiatement la nature de l’attaque. Certains évoquent des bombes, d’autres des drones, devenus l’un des nouveaux instruments militaires utilisés dans ce conflit.
D’après plusieurs sources locales, l’attaque impliquait deux engins aériens : le premier a sombré dans les eaux du lac Kivu, alors que le second a percuté de plein fouet une habitation. L’impact a causé des dégâts importants dans l’immeuble ciblé, où les flammes ont ravagé une partie de la structure.
Les informations restent toutefois contradictoires concernant le bilan humain.
Les responsables du mouvement rebelle M23, qui administre actuellement la ville, affirment que trois personnes auraient perdu la vie lors de l’attaque, parmi lesquelles l’humanitaire française Karine Buisset.
D’autres sources présentes sur les lieux évoquent pour leur part un bilan plus limité, faisant état d’une seule victime mais de destructions matérielles importantes.
La zone visée n’est pas anodine. Le quartier de Himbi abrite de nombreux bureaux d’organisations internationales, des résidences d’expatriés ainsi que des structures humanitaires opérant dans la région. À proximité se trouve également la résidence d’Olive Lembe Kabila, épouse de l’ancien président congolais Joseph Kabila.
Paris condamne et appelle à protéger les humanitaires.
Face à ce drame, la réaction de Paris ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, le président français Emmanuel Macron a confirmé la mort de l’humanitaire et exprimé son soutien à ses proches.
Le chef de l’État a également rappelé la nécessité de respecter le droit international humanitaire, insistant sur la protection des travailleurs humanitaires présents dans les zones de conflit pour porter assistance aux populations civiles.
Du côté de Kinshasa, aucune réaction officielle n’avait encore été rendue publique au moment des premières informations.
Un conflit régional aux multiples enjeux
Cette attaque intervient dans un contexte militaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC. Depuis la fin de l’année 2021, la rébellion du M23 a repris les armes et étendu son contrôle sur plusieurs territoires du Nord-Kivu.
Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir activement ce mouvement armé, une accusation régulièrement relayée par des rapports internationaux. Kigali rejette toutefois ces accusations.
Le conflit ne se limite pas à une confrontation militaire. Il s’inscrit aussi dans une bataille stratégique pour le contrôle des ressources naturelles de la région, notamment les minerais rares comme le coltan, indispensable à l’industrie électronique mondiale.
Le site minier de Rubaya, situé dans le Nord-Kivu, constitue d’ailleurs l’un des points névralgiques de cette économie de guerre. Selon plusieurs observateurs, l’exploitation et la taxation des minerais représentent une source majeure de financement pour les groupes armés.
Des initiatives diplomatiques fragiles
Sur le plan diplomatique, plusieurs tentatives de médiation ont été engagées ces derniers mois pour mettre fin aux combats.
Un accord de paix parrainé par les États-Unis a été signé début décembre, mais son application reste incertaine. L’Angola, impliqué dans la médiation régionale, avait également proposé un cessez-le-feu à la mi-février. Cette initiative n’a toutefois pas permis de réduire durablement les hostilités.
Parallèlement, Washington a récemment annoncé des sanctions visant l’armée rwandaise en raison de son soutien présumé au M23, accentuant les tensions diplomatiques dans la région.
Les civils, premières victimes de la guerre
Pour les organisations humanitaires présentes sur le terrain, cette nouvelle attaque rappelle surtout la vulnérabilité croissante des populations et des travailleurs humanitaires.
Dans l’est de la RDC, les combats ont déjà provoqué le déplacement de millions de personnes et plongé de vastes zones dans une crise humanitaire chronique.
L’incident survenu à Goma souligne une réalité de plus en plus préoccupante : la ligne entre zones civiles et zones militaires devient floue, exposant davantage les habitants et les acteurs humanitaires à la violence du conflit.
Tant que les négociations politiques resteront fragiles et que les intérêts économiques liés aux ressources minières continueront d’alimenter les tensions, la perspective d’un apaisement durable dans la région demeure incertaine.
À Atakpamé, dans la région des Plateaux, une nouvelle étape s’ouvre dans la politique d’identification des citoyens au Togo. Réunis au Roc Hôtel, élus locaux, autorités administratives et acteurs communautaires ont officiellement lancé une campagne de mobilisation autour du projet WURI-Togo, un programme régional visant à doter les populations d’une identité unique et reconnue par l’État.
Cette rencontre marque le début d’une phase stratégique : préparer les communautés à l’enregistrement biométrique de masse et garantir que chaque citoyen comprenne les enjeux de cette initiative.
Une mobilisation locale pour préparer les populations
Dès l’ouverture de l’atelier, l’accent a été mis sur l’importance de la sensibilisation. Les représentants des quatre communes de la préfecture de l’Ogou – Ogou 1, Ogou 2, Ogou 3 et Ogou 4 – ont été conviés à renforcer la diffusion d’informations fiables afin d’éviter les incompréhensions et de favoriser l’adhésion des habitants.
Dans cette logique, le maire de la commune Ogou 1, le Dr Komlan Mensah Kassamada, a pris part aux travaux. Il a réaffirmé la volonté de sa municipalité d’accompagner l’opération sur le terrain, notamment en s’appuyant sur les relais communautaires, les leaders locaux et les organisations de base pour toucher les populations dans les quartiers et villages.
Par ailleurs, l’objectif est clair : instaurer un climat de confiance avant le démarrage de l’enregistrement biométrique et garantir une participation massive.
Le programme WURI (Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion) s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer l’accès des citoyens aux services essentiels.
Au Togo, le projet bénéficie d’un financement de 72 millions de dollars de la Banque mondiale, mobilisés sous forme de don et de crédit. Mis en vigueur en septembre 2020 pour une durée de six ans, il ambitionne en effet d’augmenter considérablement le nombre de personnes disposant d’une preuve d’identité officielle.
À terme, cette identité biométrique doit faciliter l’accès à plusieurs services publics et sociaux, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore des programmes d’aide sociale.
Un mécanisme de gestion des plaintes pour garantir la transparence
Conscientes que de tels projets peuvent susciter interrogations ou inquiétudes, les autorités ont également présenté un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP).
Ce dispositif, conçu pour renforcer la transparence et la confiance, repose sur trois niveaux d’intervention :
un comité local de gestion des plaintes ;
un comité communal de gestion des plaintes ;
un comité national de gestion des plaintes.
L’atelier d’Atakpamé doit notamment permettre d’installer ces structures au niveau communal et de former leurs membres. Les participants apprendront également à recevoir, analyser et suivre les plaintes éventuelles liées au projet, afin de garantir une réponse rapide aux préoccupations des populations.
Les autorités appellent à une mobilisation collective.
Lors de la cérémonie d’ouverture, plusieurs interventions ont souligné la portée stratégique du projet.
Le Directeur général de l’Agence nationale d’identification (ANID) a présenté les différentes étapes du programme et son alignement avec les priorités nationales en matière d’inclusion sociale.
De son côté, le préfet de l’Ogou, Kodjo Agbéko Ekpe, représentant le gouverneur de la région des Plateaux, a exhorté les participants à devenir de véritables relais d’information auprès des populations. Il a également salué la vision des autorités togolaises visant à renforcer l’accès de tous les citoyens aux services publics grâce à l’identification.
Après les échanges techniques et une photo de famille, la première journée de travaux s’est achevée dans l’après-midi, laissant place à une deuxième phase consacrée à la formation des membres des comités de gestion des plaintes.
Dans les prochains jours, les communes de la préfecture de l’Ogou comptent multiplier les actions de proximité. Ainsi, l’objectif sera d’expliquer concrètement les avantages de l’identification biométrique et de rassurer les populations sur le processus.
Pour la commune Ogou 1, la priorité reste d’atteindre les zones rurales et les quartiers périphériques afin que chacun puisse bénéficier de cette nouvelle identité numérique.
Au-delà de l’enregistrement biométrique, les autorités locales espèrent ainsi poser les bases d’une identification inclusive, capable de faciliter l’accès des citoyens aux services publics et de renforcer leur participation à la vie administrative et économique du pays.
Alors que Lomé accueille la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), une autre rencontre stratégique se tient en parallèle dans la capitale togolaise : la réunion extraordinaire du Comité Consultatif Général (CCG). Parmi les participants figure le professeur Ballo Zié, président de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, venu prendre part aux discussions qui structurent l’avenir de la recherche académique dans l’espace CAMES.
Dans les couloirs des rencontres scientifiques, cette réunion attire l’attention. Car derrière son intitulé technique, le CCG représente l’un des piliers du système d’évaluation et de reconnaissance académique en Afrique francophone.
Le cœur du système académique du CAMES
Le Comité Consultatif Général est considéré comme l’organe central de coordination scientifique du CAMES. C’est à ce niveau que sont examinées et validées les conclusions issues des différents Comités Techniques Spécialisés (CTS).
Ces travaux concernent notamment :
l’évaluation des enseignants-chercheurs ;
les décisions de promotion universitaire ;
la reconnaissance des qualifications académiques ;
l’harmonisation des standards scientifiques entre les universités membres.
Autrement dit, les décisions prises dans ce cadre ont un impact direct sur la carrière de milliers d’enseignants-chercheurs dans les universités d’Afrique francophone.
Une rencontre au cœur des Journées scientifiques du CAMES
Cette réunion intervient en marge des Journées scientifiques du CAMES, un rendez-vous organisé tous les deux ans qui rassemble chercheurs, universitaires, ministres et experts issus des 19 pays membres de l’organisation.
Depuis leur création dans le cadre du Plan stratégique de développement du CAMES adopté à Cotonou en 2013, ces journées visent aussi à stimuler la coopération scientifique entre universités africaines et à encourager une approche collective de la recherche.
À Lomé, les débats s’articulent autour d’un thème ambitieux :
« Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES ».
Un thème qui reflète les préoccupations actuelles du continent : renforcer l’innovation, réduire la dépendance scientifique et mieux orienter la recherche vers les défis africains.
Lomé, laboratoire d’une coopération scientifique africaine
Pendant plusieurs jours, la capitale togolaise devient ainsi un véritable carrefour du monde universitaire africain. Conférences, panels et discussions stratégiques se succèdent entre responsables d’universités, chercheurs et décideurs politiques.
Pour de nombreux participants, ces rencontres doivent aussi permettre de dépasser la simple production académique pour aller vers une recherche plus utile aux sociétés africaines, capable d’accompagner les transformations économiques, sociales et environnementales du continent.
L’enjeu : construire une recherche africaine plus influente
Si l’Afrique dispose aujourd’hui d’un nombre croissant d’universités et de chercheurs, plusieurs défis demeurent : financement limité de la recherche, manque d’infrastructures scientifiques, ou encore coopération insuffisante entre institutions.
Dans ce contexte, les discussions menées à Lomé pourraient contribuer à dessiner les futures orientations de la recherche dans l’espace CAMES, notamment en matière de gouvernance universitaire et de valorisation scientifique.
Car au-delà des décisions administratives, une question traverse toutes les interventions : Recherche scientifique en Afrique : de la publication académique à l’impact sociétal, comment briser le plafond de verre ?
Du 9 au 12 mars 2026, la capitale togolaise devient le point de convergence d’une partie du monde académique africain. Chercheurs, recteurs d’université, responsables politiques et experts se retrouvent à Lomé à l’occasion de la 7ᵉ édition des Journées scientifiques du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Une rencontre qui dépasse le cadre universitaire pour poser une question centrale : quelle place la recherche scientifique doit-elle occuper dans la transformation de l’Afrique ?
La cérémonie d’ouverture s’est tenue le 9 mars au Palais des Congrès de Lomé, sous le haut patronage du président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé et la présidence du ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, représentant le chef de l’État.
Dans son allocution inaugurale, Mama Omorou a salué le choix de Lomé comme ville hôte et exprimé l’espoir que cette édition permette une réflexion approfondie sur les défis du développement, le rôle moteur de l’enseignement supérieur et la définition de nouvelles stratégies pour renforcer le positionnement du CAMES dans l’espace académique africain.
Autour de lui, plusieurs personnalités ont marqué leur présence : membres du gouvernement togolais, responsables du CAMES, présidents d’universités, ainsi que des chercheurs venus de nombreux pays africains.
Dans son mot de bienvenue, la gouverneure du District autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré, a salué l’importance de cet événement scientifique qui place, pendant quelques jours, la capitale togolaise au cœur des débats intellectuels du continent.
Plusieurs allocutions ont ensuite rythmé la cérémonie, notamment celles du Secrétaire général du CAMES et du ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du Togo.
De son côté, la présidente en exercice du Conseil des ministres du CAMES, Dre Diaka Sidibé, a rappelé que ces Journées scientifiques ne se limitaient pas à un simple rassemblement académique : elles constituent un espace stratégique de réflexion collective, un cadre de dialogue scientifique et une plateforme de projection vers l’avenir de la communauté universitaire africaine.
Cette 7ᵉ édition s’articule autour d’un thème ambitieux : « Quelle recherche scientifique pour une Afrique solidaire, résiliente et développée : vers une politique commune ambitieuse de recherche dans l’espace CAMES ».
Derrière cette formulation se cache un enjeu majeur. L’Afrique produit encore une part limitée de la recherche scientifique mondiale, alors même qu’elle fait face à des défis considérables : transition énergétique, sécurité alimentaire, gouvernance publique, urbanisation rapide ou encore transformation numérique.
Pour de nombreux participants, la question n’est plus seulement de produire du savoir, mais de construire une recherche capable d’accompagner concrètement le développement du continent.
Pendant quatre jours, conférences, panels et ateliers scientifiques se tiennent entre le Palais des Congrès de Lomé et l’Université de Lomé. Ces échanges visent aussi à favoriser la collaboration entre universités africaines et à encourager la mutualisation des connaissances.
Par ailleurs, l’objectif affiché est de renforcer les synergies entre chercheurs et décideurs, afin que les travaux scientifiques puissent davantage influencer les politiques publiques et les stratégies de développement.
Plusieurs institutions universitaires africaines ont répondu présentes à ce rendez-vous académique.
Parmi elles figure l’Université Virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI), représentée par son vice-président chargé de la pédagogie, le professeur Kouamé Fernand, accompagné d’une délégation d’enseignants-chercheurs, notamment Dr Boidou, Dr Batiebo Mory, Dr Ahouman Zahoua et Dr Konan Yao.
Pour l’UVCI, cette participation traduit une volonté de renforcer la coopération scientifique et le partage de connaissances dans l’espace CAMES, tout en affirmant son engagement en faveur d’une recherche tournée vers l’innovation et le numérique.
Autre présence remarquée : celle du professeur Bah Henri, recteur de l’Université Internationale ICK. Il intervient dans ces assises en tant que coordonnateur du programme thématique « Gouvernance et Développement » du CAMES, contribuant aussi aux discussions sur les politiques scientifiques et la modernisation de l’enseignement supérieur africain.
Au-delà des discours et des présentations académiques, ces Journées scientifiques posent une interrogation fondamentale : comment transformer la recherche africaine en moteur réel de développement ?
À cet effet, de nombreux observateurs estiment que le continent doit encore relever plusieurs défis : financement insuffisant de la recherche, fuite des cerveaux, infrastructures scientifiques limitées ou encore faible collaboration entre universités et secteurs industriels.
Dans ce contexte, les rencontres de Lomé apparaissent aussi comme une étape importante pour repenser les stratégies scientifiques du continent.
Car pour beaucoup de participants, l’avenir de l’Afrique dépendra aussi de sa capacité à produire ses propres solutions, fondées sur la connaissance, l’innovation et la coopération entre chercheurs africains.
Porté par une mobilisation massive de la jeunesse et un profond rejet des élites politiques traditionnelles, le Rastriya Swatantra Party (RSP) de Balendra Shah a remporté une victoire historique aux élections législatives de 2026 au Népal. Avec une large majorité au Parlement, le Parti de la Cloche pourrait propulser Balendra Shah au poste de Premier ministre, ce qui ferait de cet ancien rappeur l’une des premières figures issues directement de la société civile à accéder à la tête du gouvernement népalais.
Cette percée électorale bouleverse l’équilibre politique népalais et ouvre une nouvelle phase de sa démocratie. Mais derrière l’espoir d’un renouveau, le défi est immense : transformer une victoire électorale spectaculaire en gouvernance durable dans un pays confronté à des fragilités économiques, sociales et géopolitiques.
Une victoire écrasante qui redessine la carte politique
Résultats principaux
Rastriya Swatantra Party (RSP – Balendra Shah) : 183 sièges sur 275, soit une majorité absolue.
Congrès népalais (Gagan Thapa) : 37 sièges.
Parti CPN-UML (KP Sharma Oli) : 25 sièges.
Parti CPN-Maoïste (Pushpa Kamal Dahal « Prachanda ») : 17 sièges.
Participation électorale : près de 18 millions d’électeurs inscrits.
Ces résultats traduisent un séisme politique majeur, marquant l’effondrement électoral des formations qui dominaient la vie politique népalaise depuis plus d’une décennie.
Un système politique fragilisé depuis la fin de la monarchie
Depuis l’abolition de la monarchie en 2008, le Népal traverse une transition démocratique complexe. Le pays a été marqué par une succession de coalitions instables et de gouvernements éphémères, souvent incapables d’instaurer une stabilité durable.
D’ailleurs, les partis traditionnels, fragilisés par leurs rivalités internes, ont peiné à répondre aux attentes populaires. Les promesses de lutte contre la corruption, de création d’emplois et de modernisation des infrastructures sont restées largement inabouties.
Ce décalage entre les discours politiques et la réalité socio-économique a nourri un profond sentiment de frustration au sein de la population.
Dans ce contexte, la jeunesse — qui constitue une part importante de l’électorat — s’est progressivement détournée des élites politiques traditionnelles. Ce désenchantement a ouvert un espace politique inédit pour l’émergence du Parti national indépendant, perçu comme une alternative crédible et porteuse d’un renouveau démocratique.
Entre Inde et Chine : l’équilibre diplomatique sous pression
Le Népal occupe une position géopolitique particulièrement sensible, coincé entre deux puissances majeures : l’Inde et la Chine. En outre, ces deux voisins exercent une influence économique et stratégique considérable sur le pays.
Le nouveau gouvernement devra trouver un équilibre délicat entre ces deux partenaires, afin d’éviter toute dépendance excessive tout en préservant les intérêts nationaux.
Par ailleurs, la question migratoire demeure centrale. Des millions de Népalais travaillent à l’étranger, notamment dans les pays du Golfe et en Asie. Les transferts financiers de cette diaspora représentent une part essentielle de l’économie nationale.
Cette réalité impose au futur exécutif une double responsabilité : protéger les droits des travailleurs expatriés et valoriser ces ressources pour soutenir le développement intérieur.
La génération Z au cœur de la révolution électorale
La mobilisation de la jeunesse a constitué l’un des moteurs majeurs de ces élections. La génération Z a exprimé un rejet massif des partis historiques et a largement contribué à l’ascension du RSP.
Dans ce paysage politique renouvelé, le leadership atypique de Balendra Shah, ancien rappeur devenu maire de Katmandou, s’est imposé comme un symbole du changement. Sa trajectoire, en rupture avec les parcours politiques traditionnels, lui a aussi permis d’incarner une figure anti-système proche des citoyens.
Les électeurs attendent désormais des réformes concrètes : lutte contre la corruption, création d’emplois et modernisation de l’État.
Mais cette victoire ouvre également un défi majeur. Le Parti Rastriya Swatantra (RSP) devra transformer sa dynamique contestataire en capacité réelle de gouvernance, dans un pays toujours confronté à des tensions sociales et économiques.
Une rupture historique pour la démocratie népalaise
Les élections de 2026 marquent un véritable tournant politique. Pour la première fois, un parti issu de la société civile prend le contrôle du Parlement et bouleverse l’équilibre politique établi depuis la transition démocratique.
Cependant, ce basculement pose un défi de taille : le RSP devra prouver sa capacité à diriger un pays confronté à de multiples défis économiques, sociaux et géopolitiques.
Dans le même temps, les formations traditionnelles – longtemps dominantes – se retrouvent marginalisées, révélant l’ampleur du rejet populaire dont elles font désormais l’objet.
La victoire du Parti de la Cloche nourrit ainsi un espoir de transformation politique, les électeurs attendant des actions rapides pour lutter contre la corruption, favoriser l’emploi des jeunes et moderniser les institutions.
Les défis d’un nouveau cycle politique
Le Népal entre désormais dans une phase décisive de son histoire politique.
Sur le plan institutionnel, l’enjeu sera de consolider un système parlementaire longtemps fragilisé par les divisions internes et les coalitions instables, afin d’assurer une gouvernance durable.
Sur le plan économique, le pays doit également relever plusieurs défis : stimuler la création d’emplois, réduire sa dépendance aux transferts de la diaspora et investir dans des infrastructures capables de soutenir la croissance.
Les attentes sociales sont tout aussi fortes. Une jeunesse impatiente de changement et une population rurale souvent marginalisée réclament davantage d’inclusion et d’opportunités.
Enfin, sur le plan diplomatique, le Népal devra maintenir une neutralité stratégique entre l’Inde et la Chine, tout en diversifiant ses partenariats internationaux afin de préserver son indépendance.
L’espoir d’un renouveau, l’épreuve du pouvoir
Les élections de 2026 au Népal marquent une révolution démocratique générationnelle. Elles traduisent la volonté d’une partie de la population de rompre avec les élites politiques traditionnelles et d’explorer une nouvelle voie.
Le succès du Rastriya Swatantra Party (RSP) porte une promesse de changement, mais il comporte également des risques. L’absence d’expérience institutionnelle pourrait fragiliser l’exercice du pouvoir.
Le véritable test commence désormais : la capacité de Balendra Shah et de son équipe à transformer une victoire électorale spectaculaire en réformes tangibles. Faute de résultats concrets, l’espoir populaire pourrait rapidement laisser place à la désillusion.
Le 8 mars 2026, pendant que le monde célébrait la Journée internationale des droits des femmes, un autre cri, plus discret mais tout aussi révélateur, s’est fait entendre à l’intérieur de l’usine CIMTOGO au Togo. Dans la section d’ensachage, plusieurs travailleurs ont cessé leurs activités pour dénoncer ce qu’ils qualifient de conditions de travail précaires et de rémunérations dérisoires.
Au-delà d’une simple grève, cet épisode révèle une question plus profonde qui traverse de nombreuses économies africaines : qui profite réellement de la croissance industrielle ?
Une rémunération jugée dérisoire
Selon le collectif des employés mobilisés, la majorité d’entre eux ne sont pas directement recrutés par l’entreprise, mais passent par un système de sous-traitance connu sous le nom de RMO. Ce mécanisme, affirment-ils, les maintient dans une situation d’instabilité professionnelle et salariale.
Le mode de rémunération est particulièrement contesté. Les travailleurs expliquent être payés à la tonne de ciment ensachée, à hauteur d’environ 118 francs CFA par tonne. Dans une usine où la production peut atteindre plusieurs milliers de tonnes de ciment par jour, ils estiment que l’écart entre la richesse générée et leurs revenus reste difficile à justifier.
Pour les ouvriers, cette réalité nourrit un sentiment d’injustice : tandis que l’activité industrielle prospère, les travailleurs sous-traités affirment devoir se partager des revenus modestes entre des dizaines de collègues.
CIMTOGO : des conditions de travail à haut risque
Au-delà de la question salariale, les employés dénoncent également la pénibilité et les dangers de leur activité quotidienne.
Dans les zones d’ensachage, ils évoquent notamment :
l’exposition prolongée à la poussière de ciment, potentiellement nocive pour les voies respiratoires ;
la manipulation répétée de charges lourdes ;
des horaires étendus, incluant le travail de nuit ;
des risques d’accidents industriels liés à l’environnement de production.
Autant de facteurs qui, selon eux, justifieraient une meilleure protection sociale et des mesures de sécurité renforcées.
Des revendications simples mais structurantes
Face à cette situation, les travailleurs grévistes formulent plusieurs demandes qu’ils présentent comme le minimum nécessaire pour vivre dignement.
Parmi leurs revendications principales figurent :
l’instauration d’un salaire minimum de 100 000 francs CFA,
la mise en place de primes et d’indemnités,
l’accès à une couverture médicale,
et l’amélioration globale des conditions de travail.
Ces demandes, expliquent-ils, ne visent pas seulement une hausse de revenu, mais aussi une reconnaissance du rôle essentiel des travailleurs dans la chaîne de production de CIMTOGO.
Une grève sous tension à CIMTOGO
Les grévistes affirment par ailleurs que, durant le mouvement, des personnes extérieures auraient été introduites dans l’usine pour remplacer les travailleurs mobilisés. Une pratique qui, selon eux, pourrait soulever des questions au regard du droit du travail et des normes de sécurité industrielle.
Pour les employés, cette situation accentue le sentiment de marginalisation et renforce leur détermination à poursuivre leur mobilisation.
Une question plus large pour l’économie togolaise
L’affaire dépasse désormais les murs de l’usine. Elle renvoie à un débat plus vaste sur la place des travailleurs sous-traités dans les grandes industries africaines.
Au Togo comme ailleurs sur le continent, la croissance des secteurs industriels et miniers repose souvent sur une main-d’œuvre externalisée. Si ce modèle permet aux entreprises de gagner en flexibilité, il soulève aussi des interrogations sur la protection sociale, la stabilité de l’emploi et la redistribution des richesses.
Dans un contexte où les États cherchent à attirer les investissements industriels, l’équilibre entre compétitivité économique et justice sociale apparaît plus que jamais comme un défi central pour les années à venir.
Vers un dialogue social ?
Pour l’heure, les travailleurs de la section ensachage assurent vouloir maintenir la pression afin d’obtenir des avancées concrètes. Leur mobilisation pourrait ainsi devenir un test pour le dialogue social dans l’industrie togolaise.
Car au-delà des chiffres de production, une réalité demeure : la solidité d’une industrie se mesure aussi à la dignité de ceux qui la font fonctionner.
La bataille judiciaire de l’ancien président français se poursuit. Le tribunal judiciaire a rejeté, lundi 9 mars, la demande de Nicolas Sarkozy visant à faire reconnaître comme déjà purgée sa peine dans l’affaire Bygmalion. Une décision qui pourrait contraindre l’ex-chef de l’État à porter à nouveau un bracelet électronique, alors qu’un nouveau procès majeur se profile.
Une demande rejetée par la justice française
Le tribunal judiciaire a rejeté la demande de Nicolas Sarkozy visant à obtenir une confusion de peines entre deux affaires judiciaires distinctes.
L’ancien président espérait que la justice considère comme déjà purgée la peine de six mois de prison ferme aménageable prononcée dans le dossier du financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, connu sous le nom d’affaire Bygmalion.
Pour appuyer sa requête, Nicolas Sarkozy a fait valoir qu’il avait déjà porté un bracelet électronique entre février et mai 2025 dans le cadre de sa condamnation dans l’affaire Bismuth, liée à des faits de corruption et de trafic d’influence.
Toutefois, le tribunal a estimé que les conditions prévues par la loi pour fusionner ces deux peines n’étaient pas réunies et a donc décidé de rejeter la demande de l’ancien chef de l’État.
Ce que dit la loi sur la confusion des peines
Nicolas Sarkozy a fondé sa demande sur l’article 132-4 du Code pénal français, qui autorise, dans certains cas, à regrouper plusieurs condamnations pour les exécuter comme une seule peine.
Toutefois, cette procédure reste strictement encadrée. Elle suppose notamment que les infractions aient été commises avant qu’une condamnation définitive ne soit prononcée et que les peines concernées soient de même nature.
Après examen du dossier, le tribunal a estimé que ces critères ne justifiaient pas la demande formulée par l’ancien chef de l’État.
Conséquence : l’ex-président exécutera la peine prononcée dans l’affaire Bygmalion indépendamment.
Un bracelet électronique à nouveau envisagé
Concrètement, cette décision signifie que Nicolas Sarkozy pourrait devoir porter à nouveau un bracelet électronique afin d’exécuter la peine de six mois de prison ferme aménageable.
Dans ce dossier, la justice française lui reproche d’avoir validé — ou laissé se mettre en place — un système de double facturation orchestré par la société Bygmalion lors de la campagne présidentielle de 2012.
Ce mécanisme avait permis de masquer un dépassement massif du plafond légal des dépenses électorales.
Une nouvelle étape dans une longue saga judiciaire
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte où l’ancien président reste impliqué dans plusieurs procédures.
Dès le 16 mars, Nicolas Sarkozy doit en effet comparaître à nouveau devant la justice dans le cadre du procès en appel du dossier du financement présumé libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
Cette affaire, l’une des plus sensibles de sa carrière politique, pourrait prolonger encore plusieurs années la séquence judiciaire qui entoure l’ex-chef de l’État.
Une figure politique durablement fragilisée
Depuis la fin de son mandat en 2012, Nicolas Sarkozy fait face à une succession de procès et de décisions judiciaires qui ont profondément marqué la vie politique française.
Entre condamnations, appels et nouveaux procès, la trajectoire judiciaire de l’ancien président reste sans précédent pour un dirigeant de la Ve République.
La décision rendue ce 9 mars illustre ainsi la poursuite d’un long feuilleton judiciaire dont l’issue reste encore incertaine.
Loin des lambris dorés des sommets internationaux, c’est au cœur de la préfecture de Vo que l’ancienne cheffe du gouvernement a choisi de porter la voix de l’émancipation. À l’occasion du 8 mars, elle esquisse un Togo où les femmes inventent leur destinée par l’éducation.
Vogan, terre de traditions et de dynamisme commercial, a vibré d’une ferveur particulière le week-end dernier. En rejoignant les femmes de sa communauté d’origine, Victoire Tomégah-Dogbé n’a pas seulement célébré une date symbolique : elle a opéré un retour stratégique aux sources pour rappeler que la transformation du pays s’enracine d’abord dans les terroirs.
Dans une atmosphère de sororité assumée, les échanges ont rapidement dépassé les civilités. L’ancienne dirigeante a martelé avec conviction : la libération de la femme commence par la perception qu’elle a d’elle-même. Pour elle, l’autonomie n’est pas une concession mais une conquête, qui exige de croire en sa propre valeur.
Au centre des débats, l’école s’est imposée comme le sujet brûlant. Victoire Dogbé a placé l’instruction des jeunes filles au cœur de la survie économique des familles. Investir dans le savoir, c’est préparer non seulement des diplômées, mais des femmes décidées capables de briser les cycles de précarité.
Les avancées législatives et sociales récentes, bien que saluées, ne sont pour elle que des fondations. Le véritable défi reste l’appropriation de ces acquis par les femmes rurales, souvent éloignées des centres de décision.
Le message délivré à Vogan dessine une trajectoire claire pour les années à venir. L’influence de Victoire Tomégah-Dogbé, même hors des fonctions exécutives, demeure un moteur de mobilisation sociale.
L’accent mis sur l’autonomisation financière suggère une accélération des programmes de microfinance et d’entrepreneuriat féminin dans la région Maritime, tandis que sa présence incarne une figure de réussite susceptible de susciter des vocations politiques chez les jeunes filles de la préfecture. La projection est limpide : le soutien aux femmes doit quitter le domaine de l’événementiel pour devenir une politique de développement pérenne et quotidienne.
En quittant la préfecture de Vo, Victoire Tomégah-Dogbé laisse derrière elle une certitude : la force de transformation du Togo passera par ces mains qui, aujourd’hui, cultivent la terre et, demain, dirigeront les institutions.
À quelques kilomètres de Lomé, un chantier symbolise l’ambition du Togo de structurer durablement son football. Ce lundi 9 mars 2026, le projet du Centre Technique National de Gbavé a franchi une nouvelle étape avec la visite d’un représentant de la Fédération internationale de football (FIFA), venu évaluer l’évolution des travaux dans le cadre du programme FIFA Forward.
Cette mission de suivi, menée par Nataniel Nascimento Brito, manager de développement du bureau Afrique de la FIFA, s’inscrit dans un processus de contrôle régulier visant à s’assurer que le projet avance conformément aux objectifs fixés. Au programme de cette journée : une inspection du site de construction et une série d’échanges techniques avec les entreprises en charge du chantier ainsi que le bureau de contrôle.
Un projet structurant pour le football togolais
Pour la Fédération togolaise de football (FTF), la réalisation du Centre Technique National de Gbavé représente bien plus qu’un simple projet d’infrastructure. Il s’agit d’un levier stratégique destiné à transformer l’organisation et la formation du football dans le pays.
Une fois achevé, le centre devrait offrir un cadre moderne dédié à l’encadrement des jeunes joueurs, à la préparation des différentes sélections nationales et au renforcement des compétences techniques des entraîneurs et encadreurs.
Dans un contexte où la formation reste l’un des défis majeurs du football africain, l’initiative vise aussi à doter le Togo d’un outil capable d’accompagner l’émergence de nouvelles générations de talents.
La stratégie FIFA Forward à l’épreuve du terrain
Lancé par la FIFA pour soutenir le développement du football dans ses fédérations membres, le programme FIFA Forward finance des projets d’infrastructures et de formation à travers le monde. En Afrique, plusieurs centres techniques nationaux ont vu le jour ces dernières années grâce à ce mécanisme.
La mission de suivi organisée à Lomé témoigne de la volonté de l’instance internationale de veiller à la bonne exécution des investissements engagés. Par ailleurs, l’objectif est double : garantir la qualité des installations et assurer que celles-ci répondent réellement aux besoins du football local.
Former la prochaine génération des Éperviers
Au-delà des infrastructures, les responsables du football togolais voient dans ce centre un outil capable d’influencer durablement la performance sportive du pays.
Le futur complexe devrait notamment servir de base de préparation pour les équipes nationales, mais aussi devenir un espace dédié à la détection et à la formation des jeunes talents.
Dans un pays où de nombreux joueurs émergent encore dans des structures informelles, la création d’un tel centre pourrait contribuer à structurer les parcours de formation et améliorer la transition vers le haut niveau.
Une vision à long terme
Si le chantier en cours marque une avancée importante, les acteurs du football togolais savent que l’impact du centre dépendra de son utilisation future. La réussite du projet passera par la mise en place de programmes de formation efficaces, l’encadrement des jeunes joueurs et la coopération avec les clubs locaux.
À Gbavé, les fondations qui se posent aujourd’hui pourraient ainsi façonner le visage du football togolais de demain.
Le 8 mars 2026, un accident tragique a endeuillé la région centrale du Burundi. Quatre personnes ont perdu la vie et 27 autres ont été blessées — dont 17 grièvement — lorsqu’un véhicule de l’agence de transport Nikona, reliant Bujumbura à Kirundo, a perdu le contrôle sur la route nationale RN1, dans le quartier Bugarama, commune de Muramvya.
Selon les témoignages recueillis sur place, une défaillance des freins serait à l’origine de cette tragédie, soulignant à nouveau la vulnérabilité des infrastructures de transport dans le pays.
Une défaillance mécanique au cœur de la tragédie
D’après les habitants, le véhicule circulait à vitesse modérée lorsqu’il a soudainement quitté sa trajectoire, percutant des murets et des arbres le long de la route. La rapidité de l’accident a empêché toute réaction efficace des passagers.
Les services de secours ont rapidement pris en charge les victimes. Les 17 blessés graves ont été transportés vers l’hôpital de Muramvya, tandis que les blessés légers ont été soignés au Centre de santé de Bugarama. Selon les premières estimations, certains patients pourraient nécessiter des interventions chirurgicales prolongées, ce qui pourrait mettre à l’épreuve les capacités locales de soins intensifs.
Le Burundi fait face depuis plusieurs années à une problématique récurrente : le manque d’entretien des axes routiers combiné à une flotte de transport vieillissante.
Les accidents de bus et de minibus y sont fréquents, souvent liés à la défaillance mécanique, au surpoids des véhicules, ou à la vitesse excessive. Chaque tragédie expose les failles du système de sécurité routière et met en lumière le besoin urgent de mesures structurelles pour protéger les usagers.
Selon les statistiques officielles du ministère des Transports burundais, les accidents de la route figurent parmi les principales causes de mortalité dans le pays, affectant en particulier les trajets interurbains comme celui de Bujumbura à Kirundo.
Projection sur l’avenir : vers une sécurité routière renforcée ?
L’accident de Muramvya relance le débat sur les mesures nécessaires pour prévenir ce type de drame :
Contrôles techniques obligatoires pour les véhicules de transport public.
Formation continue des conducteurs sur la gestion des situations d’urgence.
Renforcement des infrastructures routières, notamment sur les axes de montagne et les zones à forte pente.
Des experts suggèrent également l’installation de systèmes de surveillance et de limitation de vitesse sur les routes nationales les plus fréquentées. Pour les populations locales, la sécurité routière devient une question vitale, touchant non seulement la mobilité mais aussi la confiance dans les services de transport.
Une tragédie qui rappelle l’urgence d’une réforme
Si les victimes de cet accident recevront des soins adaptés, l’événement soulève un enjeu plus large : la nécessité pour le Burundi de moderniser ses transports publics et de renforcer la prévention routière.
À long terme, améliorer la sécurité routière pourrait réduire le nombre de drames similaires, protéger les vies et soutenir le développement économique, en garantissant la fluidité et la fiabilité des déplacements à travers le pays.