Lomé, 25 septembre 2026 — Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu, ce vendredi, l’ambassadeur de Hongrie au Togo, Tamás Fehér Endre, pour un entretien centré sur l’accélération concrète des projets bilatéraux. Au menu : la construction de stations de traitement des eaux usées dans le Grand Lomé et le renforcement du partenariat en matière d’impression sécurisée de documents officiels.
Un MoU de janvier 2025 enfin en phase opérationnelle
Les deux pays avaient signé, en janvier 2025, un Mémorandum d’entente (MoU) prévoyant la construction de deux stations de traitement des boues de vidange à Aképé et Djagblé, conformément au Plan directeur d’assainissement du Grand Lomé. Ce projet, porté avec la société hongroise PURECO, vise à moderniser la gestion des déchets sanitaires et à améliorer le cadre de vie des populations de la capitale économique.
Lors de la rencontre de ce vendredi, l’ambassadeur Endre a confirmé la volonté de Budapest de passer rapidement à la phase de mise en œuvre. « Nous avons eu une rencontre très fructueuse avec le Président du Conseil du Togo. Les discussions ont porté sur de nombreux sujets d’intérêt commun, notamment la construction de stations de traitement durable des eaux usées dans le Grand Lomé », a-t-il déclaré.
Répondre aux urgences sanitaires et environnementales de la capitale
Pour Lomé, l’importance de ce projet va bien au-delà de l’aspect purement matériel. Le Grand Lomé, en pleine expansion démographique, fait face à des défis croissants en matière d’assainissement : saturation des fosses septiques, risques de pollution des nappes phréatiques et besoin de solutions durables de traitement.
Les deux stations prévues à Aképé et Djagblé permettront de traiter les boues de vidange collectées dans les quartiers périphériques, de réduire les déversements sauvages et de produire des sous-produits valorisables (biogaz, compost). Le projet s’inscrit dans une logique d’économie circulaire et de résilience climatique.
Lutte contre la fraude documentaire : le Togo s’appuie sur la technologie hongroise
Par ailleurs, les deux responsables ont évoqué un partenariat en matière d’impression sécurisée des documents officiels.La Hongrie, reconnue pour son expertise dans les technologies de sécurité documentaire (passeports, cartes d’identité, titres fonciers), pourrait ainsi accompagner le Togo dans la modernisation de ses systèmes d’identification et de lutte contre la fraude.
Cet axe, moins médiatique mais stratégique, répond à un besoin croissant de sécurisation des actes administratifs et de renforcement de la confiance dans les services publics.
Le Togo et la Hongrie développent déjà des collaborations dans plusieurs secteurs : agriculture, sécurité, énergie, eau, technologies de l’information et de la communication. La visite de l’ambassadeur Endre s’inscrit dans une dynamique de renforcement progressif de ces liens, avec une attention particulière aux projets à impact direct pour les populations.
« Je remercie le Président du Conseil pour son intérêt pour la coopération entre le Togo et la Hongrie. Il a été particulièrement attentif aux projets que nous avons proposés, et la Hongrie se réjouit de pouvoir travailler avec le gouvernement togolais pour le bonheur des populations », a ajouté le diplomate.
Un partenariat pragmatique axé sur des résultats concrets
Les semaines à venir serviront à finaliser le calendrier de déploiement des stations de traitement, le plan de financement et les dernières études techniques. Car, pour les autorités togolaises, l’objectif est de transformer ce partenariat en réalisations tangibles avant la fin du mandat actuel du Conseil.
Avec ce double chantier — assainissement et documents sécurisés —, le Togo et la Hongrie tracent les contours d’une coopération pragmatique, centrée sur des projets de grande envergure ainsi que des bénéfices concrets pour les citoyens.
En marge d’assemblées internationales comme à New York, ce vendredi 25 septembre 2026, le partenariat entre le Togo et les Émirats arabes unis franchit une étape supplémentaire. Un nouvel accord portant sur la suppression réciproque des visas au profit des détenteurs de passeports diplomatiques vient d’être formalisé entre les deux nations.
Annoncée par le chef de la diplomatie togolaise, Prof. Robert Dussey, cette entente bilatérale vise à lever les barrières administratives pour les représentants officiels et les hauts fonctionnaires des deux États.
Zéro visa pour les diplomates : simplifier la mobilité des cadres d’État
En supprimant l’obligation de visa pour les délégations diplomatiques, Lomé et Abou Dhabi entendent simplifier les formalités de voyage liées aux missions d’État.Ce rapprochement stratégique répond, en effet, à deux impératifs majeurs :
Un dialogue institutionnel renforcé : faciliter des consultations régulières et directes entre les exécutifs pour harmoniser leurs positions sur la scène internationale.
Un levier économique et stratégique : accélérer les négociations sur les dossiers d’investissements, la logistique et les infrastructures, des secteurs clés de la coopération entre les deux pays.
Consultations rapides et investissements : les retombées stratégiques de l’accord
Sur le plan opérationnel, cette exemption de visa change la donne : elle supprime les délais d’instruction pour les rendez-vous diplomatiques urgents et accélère les allers-retours des experts chargés de concrétiser les partenariats. Sur le plan stratégique, elle renforce le poids du passeport diplomatique togolais et assoit ainsi la crédibilité de Lomé comme partenaire de confiance auprès des capitales du Golfe.
Lomé, un hub diplomatique de plus en plus influent
Pour la chancellerie togolaise, en somme, cet accord s’inscrit dans la continuité d’une politique étrangère proactive axée sur l’ouverture et le pragmatisme. Le Togo multiplie depuis plusieurs mois les partenariats similaires afin de consolider sa position de hub diplomatique et économique en Afrique de l’Ouest.
Bien que cette mesure s’applique exclusivement au corps diplomatique dans un premier temps, elle pose les fondations institutionnelles nécessaires à un rapprochement durable entre les deux capitales, ouvrant la voie à des opportunités économiques accrues pour les deux parties.
Lomé, 25 septembre 2026 — Les districts sanitaires de Blitta (région Centrale) et de l’Ogou (région des Plateaux) sont officiellement en épidémie de rougeole. En effet, depuis le début du mois de septembre 2026, les formations sanitaires de ces deux zones enregistrent une hausse brutale des cas, poussant ainsi le ministère de la Santé à déclencher l’alerte et à ordonner une riposte immédiate.
Une transmission rapide et un foyer d’infection localisé
La rougeole, une infection virale hautement transmissible, se propage par les gouttelettes respiratoires émises lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou même parle. De plus, le virus peut rester en suspension dans l’air ou sur des surfaces contaminées jusqu’à deux heures, ce qui explique sa capacité à infecter rapidement plusieurs personnes au sein d’un même espace.
Dans les districts de Blitta et de l’Ogou, la multiplication des cas en seulement quelques semaines a conduit les autorités à qualifier la situation d’épidémique. Ainsi, dans un communiqué rendu public le 23 septembre 2026, le ministre de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, a tiré la sonnette d’alarme : face à cette résurgence, populations et agents de santé doivent redoubler de vigilance.
Fièvre, boutons, toux : les symptômes qui doivent alerter
Face à cette menace, les équipes médicales appellent les familles à identifier rapidement les symptômes caractéristiques de la maladie :
une forte fièvre (souvent supérieure à 39 °C) ;
une éruption cutanée généralisée (boutons rouges sur le corps) ;
une toux sèche et un écoulement nasal ;
une conjonctivite (yeux rouges et larmoyants).
Par conséquent, dès l’apparition de ces signes — surtout chez un enfant non vacciné —, les parents doivent éviter toute automédication et se rendre sans délai au centre de santé le plus proche. En effet, une prise en charge précoce limite non seulement les risques de complications graves (pneumonies, diarrhées sévères, lésions neurologiques), mais réduit également la transmission au sein de la communauté.
Surveillance, dépistage et sensibilisation : le plan d’urgence du gouvernement
Afin de contenir la flambée, le ministère de la Santé a activé un dispositif d’urgence articulé autour de trois priorités :
Une surveillance épidémiologique renforcée : la détection rapide des nouveaux cas et une investigation immédiate dans les localités touchées ;
La recherche active et la prise en charge : l’identification des malades dans les communautés et l’isolement des cas suspects pour freiner la chaîne de transmission ;
Une sensibilisation de proximité : des campagnes d’information dans les quartiers et villages pour rappeler les gestes barrières et l’importance de la vaccination.
L’objectif est de circonscrire les foyers de Blitta et de l’Ogou avant que le virus ne gagne d’autres régions du pays.
Une campagne nationale de vaccination ciblée pour novembre
À cet égard, les autorités sanitaires insistent : la vaccination reste l’arme la plus efficace contre la rougeole. À ce titre, le Programme élargi de vaccination (PEV) prévoit une première dose à 9 mois et une seconde entre 15 et 18 mois ; toutefois, en contexte épidémique, une dose supplémentaire peut être administrée dès l’âge de 6 mois.
Pour renforcer la couverture vaccinale globale, une campagne nationale contre la rougeole et la rubéole est d’ores et déjà programmée du 24 au 30 novembre 2026 sur l’ensemble du territoire. Cette opération ciblera plus de 2,2 millions d’enfants, avec un objectif de couverture d’au moins 95 %, le seuil nécessaire pour obtenir une immunité collective durable.
Riposte épidémique : l’appel à la vigilance collective
Enfin, le ministre de la Santé exhorte parents, enseignants, agents de santé et autorités locales à faire preuve de responsabilité. La lutte contre la rougeole ne repose pas uniquement sur les structures sanitaires : elle exige également que chaque famille vérifie le carnet de vaccination de ses enfants et respecte scrupuleusement les consignes de prévention (lavage régulier des mains, usage de mouchoirs jetables ou du pli du coude en cas de toux, et évitement des contacts rapprochés avec des personnes symptomatiques). Alors que les équipes sur le terrain intensifient leurs opérations, la réussite de cette riposte dépendra désormais de la réactivité et du civisme des citoyens face aux premiers signes d’alerte.
L’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son développement.En coulisses, la compagnie panafricaine Asky Airlines prépare une réorganisation majeure de ses opérations pour transformer la capitale togolaise en un carrefour stratégique du transport aérien mondial. En effet, cette offensive industrielle repose sur une extension massive de la flotte, l’ouverture de lignes intercontinentales et la création d’une infrastructure technique sans précédent dans la région.
Un ancrage local pour une ambition globale
Au cœur de cette dynamique, Lomé s’apprête à accueillir un centre de maintenance aéronautique (MRO) estimé à 100 millions de dollars. Fruit d’un partenariat avec Ethiopian Airlines et soutenu par l’État togolais, qui a déjà libéré le foncier nécessaire, le projet franchit ainsi une étape décisive avec la finalisation de l’étude de faisabilité par le constructeur Boeing.
Prévu pour être opérationnel d’ici à la fin de l’année 2028, ce complexe industriel ne se contentera pas d’entretenir les appareils d’Asky. Il offrira également des services de pointe aux transporteurs d’Afrique de l’Ouest et du Centre, créant ainsi des emplois hautement qualifiés et captant une valeur ajoutée jusqu’ici exportée hors du continent.
Reconfiguration nocturne à l’aéroport de Lomé
Pour accompagner sa montée en puissance, la compagnie prévoit une réorganisation profonde de son calendrier opérationnel. Dès la mi-2027, le hub de Lomé adoptera un système d’exploitation en double vague horaire. L’introduction de flux d’arrivées et de départs nocturnes permettra ainsi de fluidifier les correspondances et de préparer la connexion directe du réseau régional vers les grandes métropoles internationales.
Cette réorganisation logistique accompagnera une croissance soutenue de la flotte. Après l’intégration récente d’un nouveau Boeing 737-8, d’autres livraisons s’enchaîneront dès le début de l’année prochaine. À terme, le transporteur vise un parc de 30 avions pour desservir 40 destinations, renforçant au passage son maillage continental vers des villes comme Kigali, Entebbe ou Le Cap.
Le long-courrier en ligne de mire
L’expansion prévoit également des liaisons directes vers Paris, Londres, Dubaï, Mumbai et Djeddah. Si le déploiement des Boeing 787 est repoussé à la fin de 2027 ou au début de 2028, en raison des tensions actuelles sur la chaîne d’approvisionnement et le marché de la location d’avions, la feuille de route reste inchangée.
Asky s’appuie sur le levier financier et l’expertise technique de son actionnaire stratégique, Ethiopian Airlines, pour garantir la disponibilité de ces gros-porteurs. En combinant autonomie technique et développement de ses liaisons long-courriers, l’opérateur basé à Lomé entend ainsi renforcer sa place dans le transport aérien africain.
Une délégation togolaise participe, ce 23 septembre 2026, au Parcel+Post Expo 2026 organisé à l’ExCeL London, avec l’ambition de traduire les innovations observées en solutions concrètes pour les usagers de Lomé à Dapaong.
Un événement mondial au service des priorités locales
De retour à Londres après 17 ans d’absence, le Parcel+Post Expo 2026 réunit plus de 98 conférenciers et 160 exposants autour des enjeux de l’automatisation, de l’intelligence artificielle et de la livraison du dernier kilomètre. La manifestation se déroule, en outre, en parallèle de l’eCommerce Expo, créant un écosystème complet allant de la vente en ligne à la distribution physique.
Pour M. Gafarou AKPAMADJI, chargé de mission auprès de la directrice commerciale de La Poste du Togo, cette participation va bien au-delà d’une banale veille technologique. Elle s’inscrit, en effet, dans une dynamique de transformation déjà engagée au niveau national, où le gouvernement togolais déploie une stratégie ambitieuse de modernisation des infrastructures portuaires et logistiques.
Le programme du 23 septembre propose plusieurs ateliers directement pertinents pour les défis rencontrés par La Poste du Togo. La conférence « Postal Services at a Turning Point: Exploring New Frontiers » (15 h-16 h 30) aborde précisément les mutations que vivent les opérateurs historiques face à la concurrence des nouveaux acteurs numériques.
La session « The Next Decade: Trends Every Leader Must Watch » réunit les dirigeants de Pos Malaysia, InPost et Omniva pour décrypter les tendances qui redéfiniront la logistique mondiale. Ces échanges permettent à la délégation togolaise d’identifier des solutions transposables au contexte ouest-africain, où la densité urbaine de Lomé contraste avec les zones rurales enclavées.
L’atelier « How OOH is helping brands to reduce shipping costs and improve conversion » présente des solutions de points de retrait externalisés qui pourraient inspirer le déploiement de consignes automatiques dans les quartiers commerçants de la capitale togolaise.
La participation togolaise s’inscrit dans une vision pragmatique : chaque technologie présentée doit pouvoir s’adapter aux contraintes infrastructurelles et économiques locales.Les solutions d’automatisation complète des centres de tri, bien que séduisantes, nécessitent des investissements massifs que seuls quelques opérateurs régionaux peuvent envisager à court terme.
À l’inverse, les innovations en matière de traçabilité numérique, de paiement mobile intégré et de géolocalisation des livraisons correspondent aux priorités identifiées par La Poste du Togo pour améliorer l’expérience des usagers.Ces outils permettent notamment de renforcer la confiance dans le service postal sans exiger une refonte totale des infrastructures existantes.
La présence de représentants de JD.com, Cainiao/Alibaba Group et d’autres géants asiatiques de la logistique ouvre également la voie à des partenariats Sud-Sud souvent mieux adaptés aux réalités des opérateurs africains que les collaborations traditionnelles avec les opérateurs européens.
La délégation togolaise repartira avec un portefeuille de solutions susceptibles d’être expérimentées dans les 12 à 18 prochains mois. L’accent sera notamment mis sur les projets à fort impact visible pour les usagers : réduction des délais de distribution, amélioration du suivi des colis et diversification des points de dépôt et de retrait.
Cette démarche s’aligne sur les engagements régionaux en matière d’intégration numérique des systèmes logistiques, comme en témoignent les appels à candidatures récents pour des postes spécialisés dans l’intégration des systèmes portuaires communautaires. La modernisation de La Poste du Togo ne constitue donc pas un projet isolé, mais une pièce maîtresse de la stratégie nationale de transformation digitale.
Le véritable succès de cette participation se mesurera dans les mois à venir, lorsque les premières innovations identifiées à Londres commenceront à transformer le quotidien des centaines de milliers de Togolais qui comptent sur le service postal pour leurs échanges commerciaux et familiaux.
Lomé vit depuis quelques mois une transformation profonde de son écosystème médiatique. Les influenceurs, YouTubeurs et TikTokeurs togolais, autrefois ignorés ou considérés comme de simples amuseurs publics, occupent désormais une place centrale dans la circulation de l’information. Face à cette réalité, la Haute Autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) a choisi une stratégie inédite : tendre la main avant de brandir le glaive.
Mardi 22 septembre 2026, dans une salle de conférence du centre-ville de Lomé, le régulateur a organisé sa première rencontre officielle avec ces « amateurs journalistes » du numérique. Autour de la table : des créateurs de contenus aux audiences parfois supérieures à celles des médias traditionnels, accompagnés de représentants du ministère de la Communication, de l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) et de l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP).
Un mandat constitutionnel, une réalité de terrain
Cette initiative ne relève pas du hasard. Elle découle directement de l’article 78 de la Constitution togolaise adoptée le 6 mai 2024, qui élargit explicitement le champ d’action de la HARC à la communication numérique. Concrètement, cela signifie que les publications sur Facebook, TikTok, YouTube ou encore les blogs entrent désormais dans le périmètre de vigilance de l’institution.
« Nous ne cherchons pas à transformer les influenceurs en journalistes, mais à reconnaître leur impact », a déclaré Willibronde Pitalounani Télou, président de la HARC, lors de l’ouverture de la séance. Pour lui, la frontière entre information et divertissement s’est estompée : une vidéo de deux minutes peut aujourd’hui atteindre davantage de Togolais qu’un journal télévisé.
Les échanges ont fait émerger trois priorités partagées entre le régulateur et les créateurs :
La véracité des contenus : plusieurs intervenants ont reconnu la pression du « buzz », qui pousse parfois à publier sans vérification préalable.
Le respect de la dignité humaine : des cas de harcèlement en ligne et de diffamation ont été cités comme des freins à un débat sain.
La transparence commerciale : la question des partenariats sponsorisés a dominé les discussions, avec un appel clair à un visa préalable pour toute publicité numérique.
La HARC a annoncé qu’elle travaillerait avec l’ANCy et l’IPDCP afin d’élaborer des outils pratiques : guides de vérification, modèles de mentions légales et mécanismes de signalement.
L’autorégulation comme pari stratégique
Contrairement à d’autres régulateurs qui imposent des règles d’en haut, la HARC mise sur l’autorégulation. L’objectif est de faire émerger un code de bonne conduite corédigé par les acteurs eux-mêmes, sous l’égide de l’institution. « Si vous vous disciplinez, nous n’aurons pas à vous sanctionner », a résumé N’do Pabozi, directrice des affaires juridiques de la HARC.
Cette approche séduit certains créateurs, lassés des menaces de blocage ou de poursuites. « Nous voulons être partenaires, pas ennemis », a ainsi lancé un YouTubeur présent dans la salle.
Un précédent régional ?
Dans un contexte où plusieurs pays africains durcissent leur contrôle sur les réseaux sociaux, comme la Guinée, qui a récemment interdit France 24, le Togo opte pour une voie différente. En associant les créateurs dès la conception des règles, la HARC espère ainsi éviter les bras de fer stériles et construire une culture numérique responsable.
Reste à voir si ce dialogue se traduira par des actes concrets : adoption du code, formation des créateurs et, surtout, application équitable des règles. Pour l’heure, le régulateur a tendu la main. La balle est désormais dans le camp des influenceurs.
LOMÉ, 23 septembre 2026 — Les ambitions environnementales quittent les cartons pour intégrer le terrain. Alors que la pression démographique et le changement climatique menacent les écosystèmes du pays, les partenaires internationaux et les autorités togolaises accélèrent le pas. Mardi, des représentants de l’Union européenne, des experts techniques et des cadres ministériels se sont réunis dans la capitale pour finaliser la feuille de route opérationnelle du programme PALCC+/INCLURE, un Projet stratégique doté d’un budget stratégique de 42,04 millions d’euros (environ 27,5 milliards de francs CFA).
L’enjeu dépasse la mesure conservatoire : il s’agit de restructurer le modèle économique des zones rurales bordant les grands joyaux naturels du pays d’ici à 2031.
D’ailleurs, l’atelier de Lomé marque une rupture dans la méthode. Finies les phases d’études prospectives : l’alliance financée par l’Union européenne et le Grand-Duché de Luxembourg exige désormais des résultats quantifiables.
Lors de son intervention, le chargé d’affaires par intérim de la Délégation de l’UE a fermement rappelé l’exigence centrale de cette nouvelle étape : transformer le plan de travail en un instrument rigoureux de suivi-évaluation. L’Agence luxembourgeoise de coopération (LuxDev), chargée d’exécuter le programme aux côtés du ministère de l’Environnement, devra ainsi s’appuyer sur des indicateurs précis pour mesurer, chaque trimestre, l’impact réel des interventions sur le couvert végétal et les conditions de vie locales.
Une ceinture de protection du Nord au Sud
Le programme déploie une stratégie d’intervention ciblée sur quatre sanctuaires écologiques majeurs de la nation :
Au Sud : la forêt classée de Missahoé et le complexe d’aires protégées de Togodo.
Au Centre et au Nord : la réserve de faune d’Abdoulaye et le vaste parc national de Fazao-Malfakassa.
S’inscrivant dans le cadre de l’initiative panafricaine NaturAfrica, le dispositif vise à restaurer la biodiversité dégradée tout en garantissant les services écosystémiques essentiels, notamment la protection des sols et la régulation des cours d’eau.
Pour enrayer le braconnage et la déforestation illégale, PALCC+/INCLURE refuse l’approche de la « conservation sanctuarisée », qui exclut les populations. Le projet intègre directement 19 communes et leurs communautés riveraines.
Le programme s’articule autour du développement d’une économie verte inclusive. Concrètement, l’action se déploiera autour du financement d’éco-filières de substitution, de la modernisation des infrastructures de salubrité dans les centres urbains périphériques, et du renforcement des capacités techniques des institutions locales. En associant protection de la nature et création de richesses locales, les décideurs font ainsi le pari que la sauvegarde de la faune et de la flore deviendra le moteur du développement régional.
LOMÉ, 23 septembre 2026 — Face aux turbulences économiques et aux défis du changement climatique, les leaders du monde rural togolais prennent leur destin en main. Réunis dans la capitale pour une session décisive du Conseil d’administration de la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP), les représentants des faîtières agricoles ont arrêté une feuille de route offensive pour le dernier trimestre 2026.
Loin des rencontres purement cérémonielles, ces travaux marquent un virage managérial : la CTOP entend structurer durablement les exploitations familiales, renforcer leur discipline financière et leur ouvrir les portes des marchés institutionnels.
Au cœur des débats menés par les administrateurs figure un constat pragmatique : produire ne suffit plus, il faut vendre au juste prix. Pour y parvenir, la coordination mise sur le déploiement opérationnel du Centre national d’incubation et d’accompagnement des entreprises coopératives forestières et agricoles (CNIAEC). Cette structure clé doit transformer les simples groupements villageois en véritables entreprises rurales compétitives.
Par ailleurs, les dirigeants paysans accélèrent sur le terrain de la transition écologique. À travers les initiatives du projet ProSMAT, la CTOP déploie des solutions concrètes pour optimiser la gestion de l’eau et structurer la distribution des légumes agroécologiques. L’objectif consiste ainsi à bâtir des filières courtes, viables et capables de fournir régulièrement les cantines scolaires, les hôpitaux et les grandes réserves publiques.
Pour peser face aux acteurs industriels et dialoguer d’égal à égal avec l’État, la faîtière sait qu’elle doit afficher une santé financière irréprochable. Le Conseil d’administration a donc passé au crible l’état d’avancement des cotisations des organisations membres et la gestion des budgets récents.
« La crédibilité de la voix paysanne repose sur une transparence absolue et une adhésion sans faille de nos bases », ont souligné les dirigeants à l’issue de l’examen des rapports de gestion.
Les résolutions adoptées imposent désormais un cadre de redevabilité plus strict à l’ensemble des réseaux affiliés. En assainissant sa gouvernance interne, la CTOP cherche ainsi à rassurer ses partenaires techniques et à stimuler la mobilisation de ressources propres pour financer ses futures campagnes.
Le plan d’action validé pour la période de septembre à décembre 2026 met l’accent sur la formation continue des producteurs et le transfert de compétences techniques.
En positionnant la formation, l’accès à l’eau et la maîtrise des canaux de vente au centre de son agenda, la CTOP ne se contente plus de défendre les droits des agriculteurs : elle dessine également les contours d’une agriculture togolaise moderne, résiliente et résolument tournée vers la création de richesse locale.
Vingt-quatre orphelinats visités, près de 1 400 enfants examinés, une coopération engagée depuis 1974 : au moment où la dernière équipe médicale chinoise en poste à Lomé et à Kara achève sa mission, le bilan dépasse largement la cérémonie protocolaire qui l’a marquée, lundi 31 août.
Lomé, 22 septembre 2026 — Dans les couloirs de vingt-quatre orphelinats togolais, des enfants ont vu passer, tout au long de l’année écoulée, des médecins venus de plus de dix mille kilomètres. Munis de stéthoscopes, de carnets de consultation et de caisses de médicaments, les membres de la dernière équipe médicale chinoise en poste au Togo ont examiné, soigné et suivi près de 1 400 mineurs en situation de vulnérabilité, dans le cadre du programme « Agissons ensemble ». Lundi 31 août, leur mission d’un an a pris fin lors d’une cérémonie organisée à Lomé, où le gouvernement togolais leur a rendu un hommage officiel.
La cérémonie, présidée par la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Martine Moni Sankaredja-Sinandja, s’est tenue en présence de l’ambassadrice de la République populaire de Chine au Togo, Wang Min. Mais derrière le faste protocolaire, ce sont des chiffres précis qui résument le travail accompli : vingt-quatre structures d’accueil pour enfants visitées, des examens médicaux complets réalisés et une distribution de médicaments ainsi que de produits de première nécessité au bénéfice de près de 1 400 enfants vulnérables. Chaque membre de l’équipe médicale a, par ailleurs, reçu à titre individuel un prix de la solidarité, en reconnaissance de son engagement auprès des orphelinats et autres structures d’accueil du pays.
Cette mission ne constitue pas un cas isolé. La présence de personnel médical chinois au Togo remonte à 1974, année où les deux pays ont noué leurs premiers échanges dans le domaine sanitaire. Depuis, les équipes se sont succédé sans interruption majeure, année après année, couvrant progressivement l’ensemble du territoire togolais. Par ailleurs , les rotations, le plus souvent composées de spécialistes en médecine interne, chirurgie, gynécologie, orthopédie ou encore acupuncture, sont traditionnellement issues d’hôpitaux de la province chinoise du Shanxi, jumelée de longue date avec le secteur sanitaire togolais. Les équipes se répartissent habituellement entre le centre hospitalier régional de Lomé-Commune et celui de Kara-Dondai, avant que des missions ponctuelles ne les conduisent vers des zones rurales moins pourvues en infrastructures médicales.
Le Shanxi : Épicentre de la coopération médicale chinoise en Afrique
Le Shanxi ne concentre pas son effort sur le seul Togo. Depuis 1975, la province a détaché une soixantaine d’équipes vers plusieurs pays africains, Cameroun et Djibouti compris, pour un total cumulé de près de 1 500 professionnels envoyés sur le continent. Ce modèle, financé par les autorités provinciales chinoises et validé par les gouvernements hôtes, s’inscrit dans une politique d’aide sanitaire que Pékin déploie en Afrique depuis les années 1960 — l’un des plus anciens outils de sa coopération avec le continent.
Au-delà de l’aspect humanitaire, cette présence médicale continue s’inscrit dans une stratégie d’influence assumée par Pékin. Les missions médicales comptent, avec les infrastructures et les bourses d’études, parmi les instruments les plus anciens et les plus visibles de la coopération sino-africaine. Pour le Togo, qui multiplie actuellement les partenariats internationaux — sa participation, fin août, au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai aux côtés de l’Égypte en constitue une illustration récente —, cette continuité sanitaire chinoise reste un point d’ancrage discret mais constant dans la relation bilatérale.
« La ministre a salué un demi-siècle de solidarité ininterrompue entre Lomé et Pékin. » — Martine Moni Sankaredja-Sinandja, ministre des Solidarités
Avant la remise des attestations, la ministre togolaise et l’ambassadrice chinoise se sont entretenues en tête-à-tête sur les actions déjà menées en faveur des populations vulnérables et sur les projets à venir. Mme Sankaredja-Sinandja y a exprimé, au nom du gouvernement conduit par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, la gratitude de Lomé envers Pékin pour un engagement qu’elle a qualifié de constant depuis un demi-siècle. De son côté, l’ambassadrice Wang Min a salué le travail de l’équipe distinguée par le ministère, y voyant la marque du professionnalisme des médecins chinois autant que de la solidité du partenariat sanitaire entre les deux pays.
« L’ambassadrice Wang Min y voit la reconnaissance du professionnalisme des médecins chinois. » — Wang Min, ambassadrice de Chine au Togo
Et la suite ?
Aucun calendrier n’a été communiqué pour l’arrivée d’une nouvelle équipe médicale chinoise au Togo. Mais la régularité des rotations observée depuis 1974, sans interruption significative en cinq décennies, laisse présager une continuité de cet engagement. En attendant, ce sont les 1 400 enfants accompagnés cette année, dans les orphelinats de Lomé, de Kara et d’ailleurs, qui restent la mesure la plus tangible d’une coopération que les seuls discours officiels peinent à résumer.
À Lomé, une formation nationale vise à renforcer la maîtrise des règles permettant d’établir l’origine togolaise des produits fabriqués dans le pays. Du 21 au 24 septembre 2026, des acteurs publics et privés approfondissent les règles qui conditionnent l’accès aux préférences commerciales en Afrique.
L’atelier est organisé par le ministère délégué chargé de la Promotion des investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté économique, à travers la Direction générale de l’Industrie. L’Organisation mondiale des douanes et l’Union économique et monétaire ouest-africaine accompagnent les travaux.
Pour une entreprise, acheter des intrants à l’étranger ne suffit pas à faire perdre à son produit toute identité togolaise. Tout dépend de la transformation réalisée localement et de sa conformité aux critères prévus par les accords commerciaux.
Une société peut, par exemple, importer une matière première, la transformer dans une unité installée au Togo, puis expédier le produit fini vers un autre marché africain. Mais pour obtenir un traitement préférentiel, elle doit démontrer que les opérations effectuées sur le territoire répondent aux exigences d’origine applicables.
Ces règles déterminent notamment si le produit peut circuler avec une réduction ou une exemption de certains droits de douane. Elles imposent aussi à l’entreprise de documenter son processus de fabrication, ses intrants et le niveau de transformation atteint.
L’enjeu prend une nouvelle dimension avec la Zone de libre-échange continentale africaine. L’ouverture progressive des marchés offre aux producteurs togolais des débouchés plus larges, mais elle accroît aussi la nécessité de maîtriser les procédures.
Une entreprise qui ne connaît pas les règles d’origine risque de perdre le bénéfice d’un accord commercial, même si elle fabrique effectivement son produit au Togo. Une erreur dans la classification, une preuve insuffisante ou un certificat mal établi peut ralentir une expédition, entraîner des coûts supplémentaires ou empêcher l’accès à un régime préférentiel.
Dans l’espace UEMOA, les textes prévoient que les produits entièrement obtenus ou suffisamment transformés dans un État membre peuvent être reconnus comme produits originaires, sous réserve de respecter les conditions établies. La preuve repose notamment sur un certificat d’origine délivré selon les procédures prévues.
L’atelier de Lomé ne vise donc pas uniquement à familiariser les participants avec un vocabulaire douanier. Il doit leur permettre d’examiner les cas pratiques auxquels les entreprises sont confrontées : origine des matières premières, transformation substantielle, traçabilité, classement des marchandises et constitution des dossiers d’exportation.
Cette approche concerne plusieurs catégories d’acteurs :
les administrations chargées du commerce, de l’industrie et des douanes ;
les entreprises qui importent des intrants et exportent des produits transformés ;
les chambres consulaires et organisations professionnelles ;
les conseillers qui accompagnent les petites et moyennes entreprises ;
les opérateurs engagés dans les échanges régionaux.
La maîtrise de ces mécanismes doit faciliter le dialogue entre les entreprises et les administrations. Elle peut également réduire les erreurs dans les demandes de certificats et améliorer la prévisibilité des opérations commerciales.
Le ministère veut également faire émerger une compétence durable au Togo. L’objectif consiste à ne pas limiter l’expertise à quelques spécialistes, mais à créer un réseau de professionnels capables d’orienter les entreprises au-delà de la durée de l’atelier.
Cette capacité nationale devient essentielle pour les petites structures, souvent confrontées à des formalités complexes et à un manque de ressources techniques. Pour ces entreprises, l’appui d’un interlocuteur compétent peut faire la différence entre un produit simplement fabriqué localement et une marchandise effectivement éligible aux avantages d’un accord régional.
L’Organisation mondiale des douanes et l’UEMOA ont déjà accompagné des initiatives similaires au Togo. En mars 2024, un atelier soutenu par le programme UE-OMD sur les règles d’origine en Afrique avait réuni des représentants des douanes, de l’administration, de la Chambre de commerce et du secteur privé afin de renforcer l’application des règles d’origine préférentielles.
Derrière la technicité des certificats et des procédures, l’enjeu est industriel. Le Togo veut encourager les entreprises à aller au-delà de la simple importation-revente en développant la transformation locale.
Lorsqu’une matière première est transformée sur place, l’opération peut générer des emplois, stimuler les services liés à la production et accroître la valeur conservée dans l’économie nationale. Mais cette ambition ne peut se concrétiser que si les produits transformés accèdent effectivement aux marchés ciblés.
Les règles d’origine jouent alors un rôle de filtre : elles distinguent les produits réellement transformés dans la région des marchandises qui ne feraient que transiter par un pays avant d’être réexportées. Elles protègent ainsi l’intégrité des accords commerciaux tout en donnant aux producteurs respectant les critères un avantage potentiel.
La rencontre de Lomé intervient dans un contexte où les pays africains cherchent à intensifier leurs échanges et à renforcer leurs chaînes de valeur. Pour le Togo, la réussite de cette stratégie dépendra autant de la capacité à produire que de l’aptitude à prouver l’origine des marchandises.
L’atelier national avancé entend donc rapprocher la politique industrielle des réalités du commerce extérieur. En formant les administrations et les opérateurs, le pays cherche à faire des règles d’origine un outil opérationnel : non plus une formalité découverte au dernier moment, mais une exigence intégrée dès la conception du produit.
L’ambition affichée est donc de produire au Togo, de transformer davantage sur place et d’exporter vers l’Afrique avec des dossiers conformes. C’est à cette condition que l’ouverture des marchés pourra bénéficier durablement aux entreprises et à l’économie nationale.