Le Togo ambitionne de s’imposer comme un centre régional de référence en réadaptation physique. Avec le lancement du Projet d’Éducation en Réadaptation pour l’Afrique francophone (PERAF), le pays inaugure un master en sciences des prothèses et orthèses afin de renforcer les compétences dans un secteur confronté à une pénurie de spécialistes, alors que les besoins en soins de réadaptation restent importants dans la région.
Après l’accident, reconstruire une vie
La réadaptation physique aide une personne amputée, paralysée, accidentée ou en situation de handicap à retrouver sa mobilité, son autonomie et sa place dans la société. Une prothèse bien adaptée, un fauteuil roulant correctement ajusté ou un accompagnement fonctionnel peuvent déterminer si une personne reprend une activité, poursuit ses études ou reste isolée chez elle.
Cette dimension humaine explique l’ampleur du besoin. L’Organisation mondiale de la Santé estime que 2,4 milliards de personnes dans le monde vivent avec un problème de santé pour lequel la réadaptation peut être bénéfique. En Afrique, plus de 210 millions de personnes auraient besoin de ces services, mais au moins 63 % n’y ont pas accès.
Or, le déficit ne concerne pas seulement les équipements. Il porte surtout sur les compétences : concevoir, ajuster et suivre un appareillage exigent des professionnels formés, capables d’accompagner les patients dans la durée. C’est précisément cette lacune que le PERAF entend réduire.
Lancé à Lomé le 3 novembre 2026, le PERAF s’étend sur cinq ans, de 2026 à 2030. Porté par le Comité international de la Croix-Rouge, il associe l’École nationale des auxiliaires médicaux de Lomé, l’Université de Lomé, Human Study et le ministère togolais de la Santé.
Le projet prévoit la formation de 16 étudiants francophones dans un master en sciences des prothèses et orthèses. Il vise également à renforcer les capacités pédagogiques et institutionnelles au Togo et au Mali afin de développer une expertise clinique durable et de former les futurs formateurs de la sous-région.
L’ambition dépasse ainsi la création d’une simple promotion. Le Togo cherche à faire de Lomé un centre de référence pour l’Afrique francophone, capable de former des orthoprothésistes qualifiés, de soutenir les services hospitaliers et de diffuser des standards professionnels dans plusieurs pays.
Lors de la cérémonie d’ouverture, les autorités ont placé la réadaptation au cœur d’une vision plus large de la santé publique. Le ministre de la Santé, Jean-Marie Koffi Ewonoule Tessi, a insisté sur la nécessité de dépasser les soins curatifs : un système de santé efficace doit aussi permettre aux personnes de retrouver leurs capacités, de préserver leur autonomie et de vivre dans la dignité.
Cette approche rejoint les orientations de l’OMS. En effet, la stratégie régionale africaine 2025-2035 vise à intégrer la réadaptation dans les systèmes de santé et à améliorer l’accès à des services abordables, y compris aux aides techniques. L’organisation considère désormais la réadaptation comme un service essentiel, au même titre que la prévention ou le traitement des maladies.
Pour les personnes en situation de handicap, l’enjeu est concret. Une orthèse ou une prothèse mal conçue peut provoquer des douleurs, des blessures ou l’abandon du dispositif. À l’inverse, un professionnel compétent peut adapter l’appareil aux conditions de vie, au climat, aux activités quotidiennes et aux ressources disponibles du patient.
Former les formateurs
Le PERAF ne se contente pas de former des étudiants. Il entend également consolider les capacités des établissements qui les accueilleront. Cette approche vise à éviter qu’une expertise repose sur quelques individus ou sur une assistance extérieure ponctuelle.
Le programme prévoit ainsi le renforcement des compétences des enseignants, le développement de l’expertise clinique et la structuration des formations. À terme, les diplômés pourront non seulement exercer, mais aussi encadrer de nouvelles générations de professionnels.
Cette logique de transmission revêt une importance particulière dans un contexte où les besoins augmentent. Les accidents de la route, les conflits, les maladies chroniques, le vieillissement et les limitations fonctionnelles liées au handicap accroissent la demande de services de réadaptation. L’OMS rappelle d’ailleurs que la demande mondiale d’aides techniques devrait concerner 3,5 milliards de personnes d’ici à 2050.
Au-delà de la santé, le PERAF porte un message social. En formant des spécialistes et en renforçant les institutions, le Togo affirme que l’inclusion ne se décrète pas : elle se construit à travers des services accessibles, des professionnels disponibles et des politiques publiques cohérentes.
Le défi reste considérable. Certes, former seize étudiants ne suffira pas à répondre aux besoins de tout un continent. Toutefois, cette initiative peut créer un effet d’entraînement grâce à l’émergence de compétences locales, de standards partagés et d’une expertise régionale capable de réduire la dépendance aux formations dispensées à l’étranger.
Pour les patients, la mesure du succès sera simple : pouvoir marcher, travailler, étudier et participer pleinement à la vie de leur communauté. Pour le Togo, elle dépendra de sa capacité à transformer cette ambition régionale en une filière de formation durable, financée et reconnue.
Lomé accueillera, du 11 au 13 novembre, près de 700 étudiants-athlètes venus disputer les finales nationales des Championnats scolaires et universitaires (CSU) 2026. Sept établissements d’enseignement supérieur se disputeront cinq disciplines, avec une ambition commune : transformer le sport universitaire en un véritable vivier de talents.
Lomé, capitale du sport étudiant
Le coup d’envoi des finales interviendra le mercredi 11 novembre, à partir de 14 heures, sur le terrain de handball du stade omnisports de Lomé. Pendant trois jours, la capitale deviendra le théâtre des confrontations entre les meilleures équipes issues des phases régionales.
Les organisateurs ont retenu cinq disciplines : l’athlétisme, le basketball, le football, le handball et le volleyball, chez les hommes comme chez les femmes. Ce choix reflète la volonté de mêler sports collectifs et épreuves individuelles afin d’offrir à chaque établissement plusieurs voies d’accès au podium.
Sept établissements en lice
L’Université de Lomé, l’Université de Kara, l’Université catholique d’Afrique de l’Ouest (UCAO), l’École normale supérieure d’Atakpamé, l’ESGIS, l’INFA de Tové et l’IFNTI de Sokodé représenteront leurs institutions.
Derrière les maillots se dessine également une rivalité académique. Les universités publiques défendent une tradition sportive établie, tandis que les établissements privés et spécialisés cherchent à affirmer leur présence sur la scène nationale. Ainsi, cette diversité renforce l’intérêt compétitif des rencontres et élargit la géographie du sport universitaire togolais.
Au-delà des médailles
Les CSU ne se réduisent pas à la quête d’un titre. Ils offrent aux étudiants une plateforme pour développer la discipline, l’esprit d’équipe et la gestion de la pression, des compétences utiles bien au-delà des terrains. La compétition réunit également des encadreurs, dont le rôle s’avère déterminant dans la préparation physique et l’accompagnement des équipes.
Par ailleurs, le dispositif s’inscrit dans un parcours plus large. Les phases préfectorales, organisées de février à avril, ont précédé les finales régionales de juin, avant l’étape nationale qui désigne les champions du pays.
Une vitrine à saisir
Pour les athlètes, ces finales peuvent constituer une rampe de lancement. Une performance remarquée peut ouvrir la voie à une sélection, à une bourse ou à une carrière dans le sport de haut niveau. Pour les établissements, elle renforce leur attractivité et leur capacité à former des étudiants complets, à la fois académiquement solides et physiquement engagés.
À Lomé, les enjeux dépassent donc le simple tableau des médailles. En effet, trois jours de compétition permettront de mesurer la vitalité du sport universitaire togolais et de découvrir les visages qui pourraient, demain, porter les couleurs nationales.
Voici les différentes poules et combinaisons des matchs par disciplines :
Lomé, 6 novembre 2026 – Le Port de Lomé renforce sa puissance de manœuvre avec l’arrivée d’un remorqueur de dernière génération. Cette acquisition, rendue possible sous les orientations du Président du Conseil, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, vise à accompagner la croissance du trafic maritime et à consolider la compétitivité de la plateforme portuaire togolaise.
Construit en Turquie par le chantier naval SANMAR, le navire développe plus de 6 000 chevaux et exerce une capacité de traction de 80 tonnes. Arrivé ce vendredi, il doit permettre au Port de Lomé d’accueillir et de manœuvrer des navires de plus grande taille, tout en réduisant les risques lors des opérations d’accostage et de départ.
Dans un port en expansion, le remorqueur joue un rôle décisif. En effet, il guide les grands bâtiments vers les quais, facilite leurs déplacements dans des espaces restreints et intervient en cas d’urgence. Sa puissance de traction détermine directement la capacité du port à traiter davantage de navires dans des délais maîtrisés.
Le ministre délégué à l’Économie maritime, Kokou Edem Tengue, a salué la performance des marins togolais qui ont assuré le convoyage du remorqueur depuis Las Palmas, en Espagne. Cette traversée témoigne d’une montée en compétence des équipages nationaux dans l’exploitation d’équipements portuaires sophistiqués.
La cérémonie officielle de baptême du navire est prévue en janvier 2027. Elle marquera son intégration effective dans la flotte et permettra de préciser son nom, ses missions ainsi que son déploiement opérationnel.
Pour le Togo, l’enjeu dépasse l’acquisition d’un navire. Sous l’impulsion du Président du Conseil, SEM Faure Essozimna Gnassingbé, le pays cherche à faire du Port de Lomé une plateforme logistique régionale plus performante, capable d’attirer les armateurs, de fluidifier les échanges et de soutenir le commerce avec les pays de l’hinterland.
Toutefois, un remorqueur moderne ne crée pas à lui seul la compétitivité. Il réduit les risques d’immobilisation, améliore la sécurité des manœuvres et renforce la capacité du port à absorber une activité maritime croissante. À Lomé, il constitue ainsi un maillon essentiel d’une chaîne logistique que les autorités entendent moderniser.
En somme, l’arrivée de cet engin flottant ouvre une nouvelle étape dans la modernisation du port. Reste désormais à traduire cette capacité accrue en gains concrets : escales plus rapides, trafic renforcé, emplois qualifiés et compétitivité durable pour toute la sous-région.
À Atakpamé, la question n’est plus seulement de former des enseignants : il s’agit de décider quel type d’éducation l’Afrique veut offrir à ses enfants. Du 4 au 6 novembre 2026, l’École normale supérieure (ENS) de la ville accueille un colloque international consacré à la refonte de la formation des enseignants, à l’heure où le numérique, les crises et les inégalités scolaires redessinent les exigences du métier.
Une école au centre du débat
Le choix d’Atakpamé ne relève pas du hasard. L’ENS togolaise forme directement les futurs professeurs appelés à intervenir dans les salles de classe du pays. En octobre, elle a certifié 570 élèves-professeurs après trois années de formation, dans le cadre du système Licence-Master-Doctorat et d’une Licence professionnelle d’enseignement.
Cette promotion illustre l’enjeu concret du colloque : derrière chaque réforme se trouvent des enseignants qui devront traduire les orientations ministérielles en cours compréhensibles, en évaluations justes et en accompagnement adapté aux élèves. L’établissement a par ailleurs été réformé pour se rapprocher du statut des universités publiques, avec l’ambition affichée d’améliorer la qualité de la formation et de mieux répondre aux besoins du système éducatif national.
La rencontre réunit des responsables politiques, des universitaires, des directeurs d’écoles normales, des chercheurs et des étudiants. Elle place ainsi la formation des enseignants au croisement de deux préoccupations majeures : la qualité des apprentissages et la capacité des États africains à préparer leurs systèmes éducatifs aux ruptures à venir.
Le titre du colloque — « Repenser la formation des enseignants en Afrique : innovations pédagogiques, numérique éducatif et production de savoirs pour des systèmes éducatifs résilients » — dit une évidence souvent négligée : le métier d’enseignant a changé. Il ne se limite plus à transmettre un programme ; il implique de concevoir des parcours d’apprentissage, d’adapter les contenus à des profils d’élèves différents et d’utiliser des outils numériques sans céder à leurs effets de mode.
Les organisations internationales insistent sur ce point. L’UNESCO rappelle que la résilience éducative repose d’abord sur les enseignants, notamment lorsque les crises interrompent la scolarité ou isolent certains apprenants. L’Union africaine souligne, de son côté, la nécessité de doter les enseignants de compétences numériques, d’une préparation à l’intelligence artificielle et de méthodes pédagogiques innovantes.
Pour les pays africains, la question dépasse l’achat d’ordinateurs ou le déploiement d’applications. Elle concerne la capacité réelle des enseignants à transformer ces outils en apprentissages efficaces, dans des contextes où l’accès à l’électricité, à Internet et aux équipements reste inégal. Un rapport de l’Union africaine et de l’UNICEF appelle précisément à repenser les dispositifs de formation initiale et continue, en intégrant les compétences numériques et pédagogiques nécessaires à un enseignement centré sur l’apprenant.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a inscrit la réforme de la formation des enseignants parmi les priorités du gouvernement. Il a présenté la compétence des enseignants comme un déterminant central de la qualité de l’éducation et du développement du capital humain.
Son message comporte une exigence particulière : les chercheurs ne doivent pas se limiter aux communications académiques. Ils sont appelés à produire des propositions opérationnelles, des feuilles de route et des recommandations susceptibles d’éclairer les décisions politiques comme les arbitrages budgétaires. La formation initiale et la formation continue des enseignants deviennent ainsi un terrain d’action publique, et non un simple objet d’étude.
Cette attente est cruciale. Dans de nombreux systèmes éducatifs, les rapports, séminaires et recommandations restent parfois confinés aux sphères universitaires. Or, une réforme de la formation des enseignants exige des choix précis : quels contenus enseigner aux futurs professeurs, comment les évaluer, comment les accompagner après leur prise de fonction et comment financer leur perfectionnement tout au long de leur carrière.
La conférence inaugurale, animée par le professeur Houessou Yélindo Patrick, de l’Université d’Abomey-Calavi, a introduit une dimension plus large : celle des humanités classiques égypto-nubiennes. Le propos invite à interroger les sources de savoir et les références culturelles mobilisées dans la formation des enseignants africains.
Ce débat touche à une tension familière : comment moderniser l’école sans effacer les héritages intellectuels du continent ? Pour les formateurs, l’enjeu consiste à construire des cursus qui préparent aux défis contemporains tout en nourrissant une conscience historique et culturelle solide. La production de savoirs africains sur l’éducation devient alors un levier d’autonomie, autant qu’un instrument pédagogique.
Le colloque intervient alors que le Togo poursuit la professionnalisation de ses filières de formation. Les Écoles normales de formation des professeurs délivrent désormais, après deux ans d’études, un Diplôme de professeur d’école destiné aux cycles préscolaire et primaire. Parallèlement, l’ENS d’Atakpamé prépare une nouvelle promotion d’élèves-professeurs pour l’année académique 2026-2027.
Un test pour les politiques
Le véritable test ne se jouera pas dans les salles de conférence d’Atakpamé, mais dans les classes. Les recommandations issues du colloque devront se traduire en programmes actualisés, en encadrement suffisant, en ressources pédagogiques accessibles et en perspectives professionnelles claires pour les enseignants.
L’enjeu est considérable : un enseignant bien formé peut réduire les écarts d’apprentissage, renforcer la confiance des élèves et faire de l’école un espace de mobilité sociale. À l’inverse, une formation insuffisante ou déconnectée des réalités du terrain reproduit les faiblesses du système. Les travaux de l’Union africaine insistent d’ailleurs sur la nécessité de plans éducatifs nationaux financés et assortis de résultats mesurables pour construire des systèmes résilients.
À Atakpamé, les participants ne discutent donc pas seulement de pédagogie. Ils débattent de la manière dont l’Afrique formera celles et ceux qui formeront la prochaine génération. La réponse ne résidera ni dans la technologie seule, ni dans les discours institutionnels, mais dans la capacité des États à investir durablement dans leurs enseignants.
À Tsévié, la paix ne se décrète pas depuis les institutions : elle se construit aussi dans les quartiers, les familles et les espaces de dialogue. Le 4 novembre 2026, le Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes dans l’Espace CEDEAO, branche Togo (REPSFECO), a réuni des acteurs communautaires pour faire des femmes et des jeunes des acteurs de la prévention, et non de simples victimes des crises.
La rencontre, organisée dans la préfecture de Zio, a abordé les agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS), ainsi que la prévention des violences sexuelles et sexistes. Son objectif est clair : renforcer la cohésion sociale en donnant aux groupes habituellement écartés des décisions les moyens d’intervenir avant que les tensions ne dégénèrent.
La paix commence dans les communautés
Le préfet de Zio, Mawouna Gadewa, a salué l’initiative et rappelé que la sécurité relève d’une responsabilité collective. Selon lui, aucune stratégie de prévention ne peut réussir si elle ignore les femmes, les jeunes, les leaders traditionnels et religieux qui vivent au contact direct des populations.
Cette approche rejoint d’ailleurs une évolution plus large au Togo. Les organisations de la société civile développent des espaces de dialogue entre jeunes et autorités sur les questions de paix et de sécurité, tandis que le pays dispose, depuis 2025, d’un plan national d’action pour promouvoir l’égalité de genre et une paix durable.
À Tsévié, le défi consiste à faire descendre ces cadres nationaux dans la vie quotidienne. Ainsi, les participants ont été appelés à identifier les signaux de tension, à favoriser la médiation et à faire remonter les préoccupations locales avant qu’elles ne se transforment en conflits ouverts.
La séance a également placé les violences sexuelles et sexistes au centre des discussions. Le préfet a demandé une mobilisation collective pour prévenir ces actes, protéger les victimes et encourager le signalement des cas.
Cette insistance répond à un enjeu de protection concret. Au Togo, les dispositifs de prise en charge existent, mais les expertes du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes ont souligné que les victimes doivent pouvoir dénoncer les faits dans un environnement sûr et accessible.
Les organisations communautaires jouent ici un rôle décisif. En effet, elles peuvent repérer précocement les situations de violence, orienter les survivantes vers les services appropriés et faire évoluer les normes sociales qui tolèrent encore certaines atteintes à la dignité des femmes et des filles.
Le message central de la rencontre dépasse la simple sensibilisation. Les femmes et les jeunes doivent participer aux mécanismes de décision, aux initiatives de médiation et aux dispositifs d’alerte précoce. Leur expérience du terrain en fait des détectrices et des détecteurs précoces des fragilités sociales.
Cette participation suppose toutefois des moyens durables. Les initiatives féministes et de jeunesse au Togo montrent qu’un financement flexible, adapté aux réalités locales, peut renforcer leur capacité à dialoguer avec les autorités et à influencer les politiques publiques.
Le préfet de Zio a invité les participants à traduire les recommandations de la rencontre en actions concrètes dans leurs communautés. C’est précisément à ce niveau que l’initiative sera jugée : non pas à la qualité des discours, mais à la capacité des habitants de Tsévié à prévenir les conflits, protéger les personnes vulnérables et faire respecter la dignité humaine.
À Tsévié, la sécurité ne se réduit donc pas à la présence des forces de l’ordre. Elle dépend aussi d’un pacte social dans lequel les femmes et les jeunes disposent d’une voix, d’une protection et d’un rôle reconnu dans la construction de la paix.
Le Togo a utilisé le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, clos le 4 novembre à Saint John’s, pour défendre une ambition précise : transformer son appartenance à ce réseau de 56 États en capitaux, en débouchés commerciaux et en financements climatiques. Représenté par le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, le pays a cherché à dépasser le symbole diplomatique afin d’inscrire son adhésion, obtenue en 2022, dans une stratégie économique concrète.
Cette édition du CHOGM, organisée du 1er au 4 novembre à Antigua-et-Barbuda, a réuni dirigeants, investisseurs, entreprises, organisations de jeunesse et société civile autour du thème : « Accélérer les partenariats et l’investissement pour un Commonwealth prospère ». Pour Lomé, l’enjeu dépasse la présence protocolaire : il s’agit de capter une part des financements et des partenariats que le Commonwealth entend mobiliser pour ses 2,7 milliards d’habitants.
De l’adhésion au retour économique
Le Togo a rejoint le Commonwealth en juin 2022, rompant avec une diplomatie longtemps centrée sur l’Afrique de l’Ouest, l’Union européenne et les institutions multilatérales classiques. Quatre ans plus tard, la question n’est plus celle de l’entrée dans l’organisation, mais celle de ses bénéfices mesurables pour l’économie nationale.
Le sommet offrait à Lomé un cadre favorable. En effet, les discussions ont mis en avant le commerce intra-Commonwealth, l’attraction des investissements directs étrangers, l’innovation et l’emploi des jeunes. Ces priorités rejoignent les besoins d’un pays qui cherche à diversifier son économie, à attirer des capitaux et à renforcer sa position de plateforme logistique et financière en Afrique de l’Ouest.
En marge des séances officielles, Robert Dussey a multiplié les contacts avec des homologues et des partenaires institutionnels. Ces rencontres visaient à promouvoir le climat des affaires togolais, à ouvrir de nouvelles coopérations bilatérales et à présenter le Togo comme un acteur de stabilité régionale.
Le climat, un test de crédibilité
Le changement climatique a occupé une place centrale dans les travaux. Les microscopiques États insulaires, particulièrement exposés à la montée des eaux et aux catastrophes naturelles, ont rappelé l’urgence d’un accès plus rapide aux financements verts. Leur situation confère un poids politique à l’ensemble des demandes de financement climatique formulées au sein de l’organisation.
Pour le Togo, l’enjeu est différent, mais tout aussi concret. Le pays doit financer l’adaptation de son agriculture, protéger ses zones côtières et renforcer la résilience de ses infrastructures. Le Commonwealth peut lui offrir des canaux supplémentaires de coopération technique et de mobilisation financière, à condition que Lomé présente des projets bancables et des résultats vérifiables.
Le message du sommet était limpide : les engagements climatiques ne suffisent plus. Ainsi, les dirigeants ont appelé à des partenariats entre États, entreprises et bailleurs afin de financer des solutions dans les domaines du climat, du commerce et de l’emploi des jeunes.
Une diplomatie qui doit produire des résultats
La participation togolaise s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des alliances. En s’affirmant comme un pays de dialogue et de médiation, Lomé cherche à renforcer son attractivité auprès des investisseurs tout en consolidant son influence diplomatique en Afrique de l’Ouest et au-delà.
Cette approche comporte toutefois une exigence : la diplomatie doit désormais se traduire par des projets, des emplois et des financements. Le CHOGM a mis l’accent sur la jeunesse, l’innovation technologique et l’inclusion économique, des domaines dans lesquels le Togo dispose d’une population jeune, mais doit encore créer suffisamment d’opportunités durables.
En somme, le sommet s’est achevé sur un programme destiné à stimuler les échanges et les investissements entre les États membres. Pour le Togo, la véritable mesure du succès viendra dans les mois à venir : accords signés, capitaux mobilisés, projets climatiques financés et entreprises étrangères implantées. Le Commonwealth a offert au Togo une tribune mondiale. Désormais, il revient à Lomé de prouver que cette tribune peut devenir un véritable levier de prospérité pour ses citoyens.
Le Conseil communal de Toucountouna a voté, le jeudi 29 octobre dernier, un budget primitif de 1 809 354 039 FCFA pour l’exercice 2027. Ce premier acte financier de la cinquième mandature privilégie la prudence, dans un contexte où la commune attend encore des financements extérieurs décisifs.
Présidée par la maire Patricia Ponna Saï, la quatrième session ordinaire a validé un document équilibré entre recettes et dépenses. Il doit désormais servir de cadre de référence à l’action municipale, avant d’éventuels ajustements lorsque les partenaires auront confirmé leurs appuis.
Une trajectoire financière prudente
La municipalité a construit ce budget sur les ressources réellement disponibles, en excluant les activités déjà achevées. Cette approche vise à éviter de bâtir un programme sur des promesses de financement non garanties. Le principal point d’incertitude concerne les apports des partenaires techniques et financiers, notamment ceux du Fonds d’investissement des communes (FIC), appelé à remplacer le FADeC. Faute de visibilité suffisante sur ces ressources, l’exécutif communal a choisi de ne pas les intégrer pleinement dans les prévisions initiales.
Patricia Ponna Saï a toutefois annoncé qu’un budget rectificatif suivra dès que ces financements seront confirmés. L’objectif : ajouter les projets structurants et les priorités de développement qui ne pourront pas figurer dans le document initial.
Le budget 2027 consacre l’essentiel de ses moyens à l’investissement : 1 427 327 339 FCFA, soit près de 79 % du total. La section de fonctionnement représente 395 971 000 FCFA, tandis que l’autofinancement atteint 13 944 300 FCFA. Cette répartition traduit une volonté de financer des équipements, des infrastructures et des projets à impact durable plutôt que de limiter l’action publique aux dépenses courantes. Elle place également la commune face à un défi majeur : mobiliser les ressources complémentaires nécessaires pour exécuter effectivement les investissements prévus.
Pour la nouvelle équipe municipale, ce budget constitue une base de départ et non un plafond. Il devra évoluer au rythme des négociations avec les partenaires et de la capacité de la commune à sécuriser des financements additionnels.
La cohésion comme condition du développement
Par ailleurs, la maire a appelé les conseillers communaux à la lucidité, à la responsabilité et à l’esprit constructif. Elle a insisté sur la nécessité de préserver l’unité au sein du Conseil pour faire face aux contraintes du développement local.
Patricia Ponna Saï a également salué la contribution des services techniques, des cadres administratifs, de la société civile et du secrétaire exécutif. Selon elle, la réussite de la mandature dépendra autant de la qualité de la gouvernance que de l’ampleur des ressources mobilisées.
Cette session marque ainsi le point de départ financier de la cinquième mandature. Toucountouna commence l’année 2027 avec une enveloppe initiale de 1,809 milliard de FCFA, une orientation marquée vers l’investissement et l’attente de financements qui détermineront l’échelle réelle de son programme.
Le Togo a franchi une étape décisive dans la modernisation de sa police judiciaire. À Lomé, les autorités ont inauguré, ce jeudi 5 novembre 2026, un système automatisé d’identification des empreintes digitales, l’AFIS, destiné à accélérer les enquêtes criminelles et à renforcer la coopération sécuritaire régionale.
Une base nationale opérationnelle
Le dispositif permet aux enquêteurs de confronter, en quelques secondes, les traces relevées sur une scène de crime aux empreintes conservées dans la base nationale. Cette automatisation remplace des vérifications manuelles longues et limite ainsi les risques d’erreur humaine. Plus de 4 700 fiches d’empreintes ont déjà été intégrées au système. Les autorités présentent cette masse de données comme le socle d’une capacité d’investigation nouvelle pour la Police nationale et la Gendarmerie nationale.
INTERPOL souligne depuis longtemps que le croisement des empreintes peut relier plusieurs affaires entre elles ou établir la présence d’un suspect sur les lieux d’un crime. L’AFIS togolais entend donc transformer une preuve matérielle en piste exploitable plus rapidement.
L’inauguration a également porté sur les locaux rénovés de la Police technique et scientifique de la Police nationale ainsi que de la Cellule d’investigation criminelle de la Gendarmerie nationale. Ces espaces accueilleront les activités d’analyse, de conservation des preuves et de coordination des enquêtes.
Le projet ne se limite pas à l’installation d’équipements. Il prévoit également la formation des agents, la modernisation des méthodes de travail et la mise en place de garanties destinées à protéger les données personnelles. Cette dimension de protection revêt une importance particulière dans un pays qui déploie parallèlement un vaste programme d’identification biométrique civile, l’e-ID Togo, fondé sur les empreintes, la photographie et le scan des iris.
L’Union européenne finance et accompagne l’initiative aux côtés de la CEDEAO et d’INTERPOL. Les partenaires y voient en effet un levier de lutte contre la criminalité transfrontalière, le trafic illicite et les réseaux qui exploitent les faiblesses des systèmes d’identification nationaux.
À terme, la base togolaise devra pouvoir échanger avec celles des 169 États membres d’INTERPOL, dans le respect des normes internationales. Cette interconnexion pourrait ainsi faciliter l’identification de personnes recherchées au-delà des frontières ouest-africaines.
Pour Lomé, l’enjeu dépasse la seule dotation technologique. Il consiste également à ancrer une police scientifique plus fiable, à renforcer la confiance des citoyens dans les enquêtes et, plus largement, à faire du Togo un acteur plus crédible de la sécurité régionale.
LOMÉ, 5 novembre 2026 — La capitale togolaise s’affirme à nouveau comme un carrefour décisionnel majeur pour le continent. En ouvrant les portes du Palais de l’Assemblée nationale au chef de la mission diplomatique gabonaise, Komi Selom Klassou insuffle une dynamique novatrice aux alliances transrégionales entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Cette audience accordée par le PAN, le mercredi 4 novembre 2026, à l’ambassadeur Maximin Mangoualamangoye dépasse la simple courtoisie protocolaire : elle consacre le passage d’une diplomatie traditionnelle d’État à un partenariat législatif structuré.
L’ingénierie législative au service de la gouvernance démocratique
L’architecture institutionnelle constitue le pivot central de cet agenda commun. Les deux décideurs cherchent à perfectionner le processus législatif et les mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale en examinant l’évolution et les mutations du bicaméralisme dans leurs pays respectifs. À cet effet, les Assemblées togolaise et gabonaise préparent un programme d’émulation technique ciblant le travail en commission, la légistique et la représentativité territoriale. Ce partage de savoir-faire juridique offre aux parlementaires des outils modernes pour consolider la sécurité juridique, fluidifier le travail législatif et élever les standards de gouvernance au sein des deux nations.
Une stratégie d’influence unifiée dans les arènes internationales
Ce rapprochement bilatéral vise également un impact direct sur la scène multilatérale. Face aux recompositions géopolitiques mondiales, Lomé et Libreville coordonnent désormais leurs positions diplomatiques avant les rendez-vous majeurs de l’Union interparlementaire et des forums continentaux. Ainsi, en bâtissant un bloc d’influence concerté, les deux Parlements entendent peser plus efficacement sur les débats internationaux relatifs à la sécurité régionale, au développement durable et au commerce interafricain, transformant leur convergence politique en levier d’action concret.
La diplomatie parlementaire comme moteur d’intégration continentale
Le Togo et le Gabon complètent utilement l’action des pouvoirs exécutifs par un suivi démocratique permanent, en plaçant les élus du peuple au centre de la relation bilatérale. Ce canal parlementaire direct sécurise la mise en œuvre des accords bilatéraux tout en favorisant le rapprochement humain entre les populations de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. En définitive, cette initiative démontre que la coopération interparlementaire représente aujourd’hui l’un des piliers les plus solides pour bâtir une intégration africaine pragmatique, durable et résolument tournée vers l’avenir.
LOMÉ, 4 novembre 2026 — Le Togo arrivera à la COP31, qui se tiendra à Antalya du 9 au 20 novembre 2026, avec une demande claire : mobiliser 3,97 milliards de dollars pour financer 43 projets destinés à protéger son économie et ses populations des effets du dérèglement climatique. Le montant équivaut à environ 2 330 milliards de francs CFA.
Le ministère chargé du Changement climatique, dirigé par Komla Dodzi Kokoroko, a conçu ce portefeuille comme une feuille de route d’investissement plutôt que comme une banale liste de projets. Il regroupe des interventions dans l’agriculture, l’énergie, l’eau, la protection du littoral, la biodiversité et la prévention des catastrophes.
Un pays peu pollueur, très exposé
Le paradoxe togolais est frappant. Le pays représente une part infime des émissions mondiales de gaz à effet de serre — 0,02 % en 2019 selon le Fonds monétaire international — mais subit des chocs climatiques répétés qui menacent ses cultures, ses infrastructures et ses finances publiques.
Les inondations figurent parmi les risques les plus fréquents. Les sécheresses fragilisent une agriculture largement dépendante des pluies, tandis que l’érosion côtière avance parfois de 20 mètres par an. Or, le littoral concentre environ 42 % de la population et plus de 90 % des activités économiques formelles.
Cette exposition explique l’ampleur de la demande togolaise. Les besoins liés aux contributions déterminées au niveau national atteignent plus de 5,5 milliards de dollars pour la période 2020-2030, dont près des trois quarts restent à financer.
Une stratégie pour attirer les bailleurs
À Antalya, Lomé ne se contentera pas de présenter des projets isolés. Le gouvernement veut offrir aux partenaires techniques et financiers une vision cohérente de ses priorités, afin de réduire la dispersion des financements et d’accélérer la mise en œuvre.
Le portefeuille couvre notamment l’agriculture durable et la transformation agroalimentaire, la préservation des forêts et de la biodiversité, les énergies propres, la mobilité durable, l’eau et l’assainissement, ainsi que l’économie circulaire. Il inclut aussi des dispositifs de protection côtière, de réduction des risques et de renforcement de la transparence climatique.
Le ministère présente cette approche comme un pont entre les priorités nationales, les engagements internationaux du Togo et les financements disponibles. L’objectif consiste à rendre les projets plus lisibles, plus bancables et plus faciles à suivre pour les investisseurs.
Le défi du financement
La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité du Togo à convertir ses propositions en engagements financiers. Dans un contexte où les promesses adressées aux pays en développement peinent souvent à se matérialiser, la concurrence pour les ressources climatiques demeure intense.
La Banque mondiale estime que la mise en œuvre de la contribution nationale du Togo nécessiterait environ 4,2 milliards de dollars d’appui international, la majorité de ce montant demeurant conditionnelle à un financement extérieur.
Pour Lomé, la COP31 représente donc bien plus qu’une conférence diplomatique. Elle constitue une occasion de défendre un argument limpide : un pays faiblement émetteur ne doit pas rester seul face à des risques climatiques qui pèsent directement sur sa croissance, sa sécurité alimentaire et son littoral.