550 M$ de dette et 25 Mrds de pertes : le FMI secoue la CEET au Togo

Le Fonds monétaire international chiffre à 550 millions de dollars la dette du distributeur public d’électricité togolais. Derrière ce montant se pose une question plus dérangeante : qui absorbera le coût d’une entreprise qui perd de l’argent sur presque tous les fronts ?

Un chiffre à lui seul ne raconte jamais toute l’histoire. Fixée à 550 millions de dollars fin 2024, soit 5,2 % du produit intérieur brut togolais, la dette de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) a de quoi alarmer. Toutefois, le rapport du FMI qui la révèle invite à regarder au-delà du montant brut : ce stock inclut des emprunts d’infrastructure et des prêts rétrocédés par l’État, et non une facture impayée exigible du jour au lendemain.

Ce qui inquiète davantage, c’est la trajectoire. En effet, la CEET a enregistré environ 25 milliards de FCFA de pertes en 2025. Une entreprise publique qui perd de l’argent chaque année ne finance pas ses déficits dans le vide : elle finit, tôt ou tard, par peser lourdement sur le budget de l’État — et donc sur les contribuables qui n’ont pourtant jamais choisi la manière dont l’électricité togolaise est produite, distribuée ou facturée.

Où part l’argent ?

Le rapport du FMI ne se contente pas de pointer un problème de recettes, il documente également un problème de fuites. Une part significative de l’énergie produite disparaît ainsi avant d’atteindre un compteur : pertes techniques sur un réseau vieillissant, équipements insuffisants, branchements frauduleux, erreurs de facturation, consommations non comptabilisées ou impayés jamais recouvrés. Chacun de ces postes, pris isolément, semble mineur. Additionnés, ils expliquent pourtant une part substantielle du trou financier de l’entreprise.

Indicateur Donnée
550 M$ Dette globale de la CEET, fin 2024 (5,2 % du PIB)
25 Mds FCFA Pertes enregistrées au cours de l’exercice 2025
52 % Part de la dette liée à des financements rétrocédés par l’État
-22 % Écart entre les tarifs 2024 et le niveau réel couvrant les coûts

Le trou tarifaire que personne ne veut combler seul

En 2024, les tarifs facturés par la CEET sont restés inférieurs de 22 % au niveau nécessaire pour couvrir ses coûts réels. Pour certains, ce seul chiffre justifierait une hausse mécanique des prix. C’est précisément le raccourci que le rapport du FMI évite de prendre : relever les tarifs sans traiter les pertes reviendrait à demander aux ménages qui paient déjà leur facture de financer indirectement les branchements frauduleux et les erreurs de gestion des autres.

Qui a prêté à qui ?

Près de 52 % de la dette de la CEET provient de financements rétrocédés par l’État togolais lui-même. Autrement dit, une bonne moitié du problème correspond à une dette publique déguisée en dette d’entreprise : l’État emprunte, reprête à la CEET, et la CEET peine à rembourser. Ce montage explique pourquoi les difficultés du distributeur électrique ne pourront pas rester cantonnées à son bilan si la trajectoire actuelle se poursuit.

Ce que Lomé s’engage à livrer, et quand

Face à ce diagnostic, les autorités togolaises se sont engagées à publier, avant la fin de mars 2027, un audit institutionnel, financier, technique et opérationnel complet de la CEET. Doit ensuite suivre un contrat de performance assorti d’objectifs chiffrés — un mécanisme classique pour transformer un diagnostic en obligations vérifiables plutôt qu’en promesses vagues.

Par ailleurs, le rapport du FMI ne fixe, à ce stade, aucune hausse tarifaire au-delà de la grille appliquée depuis mai 2025. Il évoque en revanche, à moyen terme, une tarification davantage indexée sur les coûts réels — une option qui restera politiquement sensible tant que les pertes techniques et commerciales n’auront pas été drastiquement réduites.

Pourquoi une dette « rétrocédée » n’est pas une dette ordinaire

Pour bien comprendre l’enjeu, rappelons qu’un financement rétrocédé désigne un emprunt contracté par l’État auprès d’un bailleur, puis reprêté à une entreprise publique comme la CEET pour financer ses investissements. L’entreprise doit normalement rembourser l’État, qui reste lui-même redevable envers le prêteur initial. Si l’entreprise ne rembourse pas, la charge finale retombe inévitablement sur le budget public, et donc, par ricochet, sur les contribuables.

La ligne à ne pas franchir

La réforme de la CEET n’est pas négociable : une entreprise qui perd 25 milliards de FCFA par an ne peut pas continuer sur cette voie indéfiniment. Néanmoins, l’équation ne doit pas se réduire à un simple ajustement tarifaire imposé aux ménages qui paient déjà leurs factures dans les temps. La transparence sur les comptes, la réduction des pertes techniques, le recouvrement effectif des impayés et une gouvernance plus rigoureuse doivent impérativement précéder — et non suivre — toute nouvelle hausse des prix. À défaut, la réforme se résumera à faire payer deux fois les mêmes ménages : une première fois par les pertes accumulées, une seconde par la facture destinée à les combler.

Alerte RN1 Togo : La chaussée cède près de Sokodé, trafic menacé

Les pluies torrentielles ont gravement fracturé la Route Nationale 1 (RN1) à la hauteur de Sokodé, forçant les ministères de la Sécurité et des Transports à déclencher une procédure d’urgence. En effet, l’effondrement partiel d’un pont situé à un kilomètre au sud du poste douanier de Tchalo menace directement le trafic sur cet axe vital, ce qui impose une intervention gouvernementale immédiate.

Une infrastructure logistique cédant sous la pression climatique

La force des récents ruissellements a sapé la structure de la chaussée, créant un péril majeur pour les usagers de la route. Ainsi, cette rupture expose les transporteurs commerciaux et les automobilistes à un risque d’accident critique. De plus, l’incident met en lumière la vulnérabilité du réseau routier togolais face à l’intensification des conditions météorologiques, ce qui exige une réévaluation de la résilience des corridors économiques.

DSR TOGO
© DSR TOGO
Bouclier préventif et réponse étatique

Pour neutraliser le danger, la Direction de la Sécurité Routière (DSR) a verrouillé les accès immédiats à la faille. Par conséquent, les agents assurent un filtrage et un ralentissement du trafic à deux cents mètres de part et d’autre de l’affaissement. Ce cordon de sécurité permet non seulement de canaliser le flux de véhicules, mais aussi d’isoler la zone pendant que les équipes techniques déploient les premières mesures de réparation d’urgence.

Consignes strictes pour les conducteurs

Dans ce contexte, les autorités imposent une vigilance absolue à tous les transporteurs franchissant le secteur de Tchalo. La consigne est sans équivoque : réduire drastiquement l’allure et respecter scrupuleusement les indications des forces de l’ordre. En définitive, la prévention d’un drame sur cette portion endommagée repose désormais sur la discipline individuelle des conducteurs, en attendant la stabilisation définitive de l’ouvrage d’art.

Sécurité au Togo : La police renforce la coopération internationale

Les syndicats du crime transnational opèrent au mépris des frontières, forçant l’appareil sécuritaire ouest-africain à repenser radicalement ses doctrines d’intervention. En marge de la Journée internationale de la coopération policière des Nations Unies (police cooperation day) le 7 septembre 2026, Lomé a acté un virage stratégique décisif. Il s’agit de l’abandon du cloisonnement institutionnel au profit d’une intégration agressive du renseignement international et d’une restauration de la confiance citoyenne.

Briser les silos par le renseignement partagé

Face à des menaces hautement structurées telles que le terrorisme, la cybercriminalité et le trafic d’êtres humains, les réponses étatiques isolées sont devenues obsolètes. La Police nationale togolaise positionne désormais le Bureau Central National INTERPOL-Lomé au cœur de son offensive. L’institution dépasse la simple fonction de liaison pour s’imposer comme le centre névralgique des enquêtes transfrontalières. En systématisant le partage de données et l’assistance mutuelle, les forces de l’ordre étouffent les réseaux de blanchiment de capitaux et neutralisent les fugitifs en exploitant l’interopérabilité internationale plutôt qu’en subissant les limites territoriales.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo
La légitimité citoyenne, arme tactique de premier plan

L’efficacité d’une police moderne ne se mesure plus uniquement à son arsenal technologique, mais à son ancrage social. Les décideurs sécuritaires togolais assument une réalité pragmatique : la protection des populations vulnérables et le strict respect de l’éthique génèrent la confiance publique. Cette confiance se transforme directement en source vitale de renseignements sur le terrain. Une force de l’ordre perçue comme illégitime se coupe de sa communauté. À l’inverse, une police professionnalisée et respectueuse des droits fondamentaux transforme le public en partenaire actif du maillage sécuritaire.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo
Une architecture de défense unifiée

La neutralisation du crime organisé exige une synergie totale entre la Police nationale, la Gendarmerie et les alliés financiers ainsi que  techniques. Ce nouveau paradigme impose une coordination tactique sans faille. Pour le Togo, l’objectif opérationnel consiste à bâtir un bouclier collectif résilient, capable d’anticiper les mutations des menaces globales tout en garantissant la sécurité absolue des citoyens et de leurs biens.

Togo : 54 meilleurs élèves du BEPC 2026 primés à Atakpamé

Atakpamé, 8 septembre 2026 – Le Conseil régional des Plateaux a distingué lundi 54 élèves parmi les meilleurs admis au BEPC 2026 dans la région. Neuf lauréats viennent de la préfecture de Haho. La cérémonie, organisée au centre culturel d’Atakpamé, a bénéficié de l’appui financier du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC).

Commune HAHO 3
© Commune HAHO 3
Récompenser le mérite scolaire

Le Conseil régional des Plateaux entend ainsi faire de la réussite scolaire un levier de promotion du mérite. La remise de prix a réuni plusieurs responsables administratifs et éducatifs, ainsi que des élus locaux, des enseignants et des parents d’élèves.

Président du Conseil régional, GNATCHO Komla Mawuéna a rappelé que l’éducation demeure un facteur déterminant pour développer la région. Il a salué la régularité dans le travail et les performances des élèves distingués, tout en mettant en avant la nécessité de soutenir les efforts scolaires.

À cette occasion, il a également remercié le président du Conseil, Faure Gnassingbé, pour les initiatives engagées en faveur du secteur éducatif. Il a, par ailleurs, reconnu l’apport financier du CCFCC dans la mise en œuvre de cette opération de récompense.

Commune HAHO 3
© Commune HAHO 3
Le café et le cacao au cœur du soutien

Le CCFCC a expliqué son engagement par les liens économiques qui unissent l’agriculture et les familles bénéficiaires. La région des Plateaux constitue en effet un important bassin de production de café et de cacao. Pour l’institution, soutenir les enfants des producteurs revient aussi à investir dans la relève et dans le capital humain des communautés rurales.

Représentant le directeur général du CCFCC, ADDEN Ayi Koffi a encouragé les lauréats à maintenir leurs efforts et à poursuivre leur parcours scolaire avec la même détermination. De son côté, le directeur régional de l’éducation de l’enseignement secondaire des Plateaux, GBEDON Iboukou, a félicité les élèves récompensés et salué l’implication des partenaires dans la promotion de l’excellence académique.

Des récompenses pour accompagner la rentrée

Les bénéficiaires ont reçu des kits scolaires ainsi que des enveloppes financières destinées à les accompagner durant l’année académique 2026-2027.

Porte-parole des lauréats, DEGLAN Novidé Généviève a exprimé leur reconnaissance aux autorités, au CCFCC, aux enseignants et aux parents. Elle a assuré que les bénéficiaires veilleront à utiliser les récompenses de manière responsable afin de poursuivre leur progression scolaire.

Commune HAHO 3
© Commune HAHO 3
Une performance remarquable de 19 sur 20 a été mise en lumière lors de la cérémonie.

La cérémonie a également permis de mettre en lumière une performance remarquable dans la zone des Plateaux-Est. La meilleure moyenne enregistrée revient à une candidate du Collège Saint Albert le Grand d’Atakpamé, qui a obtenu 19/20 au BEPC.

La présence des autorités originaires de Haho a enfin donné une dimension particulière à la distinction des neuf élèves de cette préfecture. Leur participation traduit le soutien accordé aux jeunes qui se distinguent par leurs résultats et contribue à renforcer la valorisation de l’excellence scolaire dans la région.

Réformes au Togo : L’offensive du gouvernement Gnassingbé

L’administration de Faure Essozimna Gnassingbé lance une vaste offensive législative pour arrimer l’appareil d’État aux exigences économiques modernes et aux urgences sociales du pays. L’exécutif togolais déploie une nouvelle série de réformes visant à transformer une bureaucratie souvent perçue comme lourde en un outil de gouvernance pragmatique, inclusif et sécurisant pour les citoyens.

Assainir l’économie et optimiser la justice

Le gouvernement redessine d’abord les contours de son architecture financière et juridique. Lors du Conseil des ministres du 7 septembre 2026, l’exécutif a validé un durcissement de la réglementation du secteur bancaire. Cette refonte vise notamment à consolider la sécurité des transactions et à assainir l’environnement des affaires afin de renforcer la confiance des investisseurs.

Parallèlement, le système judiciaire fait l’objet d’un toilettage structurel. La révision du statut des commissaires de justice illustre une démarche stratégique destinée à accélérer l’exécution des décisions, à fluidifier les procédures et à restaurer la crédibilité des institutions judiciaires auprès des justiciables.

Un virage vers l’inclusion et la sécurité sanitaire

Au-delà des chantiers économiques, Lomé active également un bouclier social renforcé. Les décideurs actent de nouvelles garanties juridiques pour protéger les personnes en situation de handicap, marquant ainsi une volonté politique d’intégrer les populations vulnérables au cœur de la dynamique de développement national.

Sur le front de la santé publique, l’État resserre par ailleurs son contrôle sur la circulation des produits médicaux. La nouvelle politique de régulation pharmaceutique cible la prolifération des traitements non conformes et vise à sécuriser l’accès aux soins.

À travers ce panel de décisions, la présidence impose un rythme soutenu pour démontrer la capacité de l’État à déployer une action publique agile, résolument orientée vers l’efficacité et la protection des citoyens.

Togo : Kombaté Mansalia officiellement installé à la tête du canton de Bagou

Le canton de Bagou, dans la préfecture de Tandjouaré, compte désormais officiellement sur une nouvelle autorité traditionnelle. Le gouverneur de la région des Savanes, Affoh Atcha-Dédji, a remis ce lundi 7 septembre 2026 le décret de reconnaissance à Sa Majesté Kombaté Mansalia, consacrant ainsi son accession à la tête du canton.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Une reconnaissance qui officialise son autorité

La cérémonie d’installation a rassemblé les représentants de l’administration, les responsables politiques, les forces de défense et de sécurité, les autorités traditionnelles ainsi que les populations de Bagou.

À travers la remise du décret, l’État formalise la reconnaissance de Kombaté Mansalia comme chef de canton, dans le respect des dispositions qui encadrent l’organisation de l’autorité traditionnelle au Togo.

Cette étape ouvre désormais une nouvelle séquence pour le canton, appelé à s’appuyer sur son chef pour renforcer le dialogue communautaire et accompagner les initiatives en faveur du développement local.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Le gouverneur fixe les priorités

Affoh Atcha-Dédji a félicité le nouveau chef de canton tout en lui rappelant l’importance de la charge qu’il assume désormais. Il l’a appelé à exercer son autorité avec discernement, disponibilité et impartialité, en plaçant l’intérêt collectif au cœur de ses décisions.

Le gouverneur a surtout mis l’accent sur la contribution des chefs traditionnels à la stabilité des communautés. Dans les Savanes, où la question de la paix et de la sécurité reste particulièrement suivie, il a encouragé le nouveau responsable à favoriser la concertation et à prévenir les tensions par le dialogue.

Il a également demandé aux habitants de Bagou d’accompagner leur chef ainsi que les autorités administratives dans les actions destinées à préserver la confiance, la solidarité et la cohésion au sein de la communauté.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Kombaté Mansalia mise sur l’unité

Prenant la parole après la remise du décret, Kombaté Mansalia a salué les autorités nationales et toutes les personnes ayant contribué à l’aboutissement de son processus de reconnaissance.

Le nouveau chef de canton s’est engagé à exercer sa mission avec équité, disponibilité et sens du service. Il a aussi appelé les filles et fils de Bagou à dépasser les clivages et à privilégier l’unité, la fraternité et l’entraide.

Pour lui, cette mobilisation collective doit permettre au canton de consolider son vivre-ensemble et de créer de meilleures conditions pour son développement.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Un enseignant appelé à une nouvelle responsabilité

Né en 1968, Kombaté Mansalia est enseignant de profession. Il entame désormais une nouvelle étape de son parcours à la tête du canton de Bagou, avec pour défi de transformer la reconnaissance officielle de son autorité en un levier de cohésion et de progrès pour l’ensemble de la communauté.

Togo : 3 cadres de la DGI en garde à vue pour soupçons de corruption

Une nouvelle affaire met sous tension les services fiscaux togolais. Trois cadres de la Direction générale des Impôts (DGI), relevant de l’Office togolais des recettes (OTR), se trouvent en garde à vue à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), à Lomé. Les investigations portent sur des soupçons de corruption et d’extorsion impliquant, selon plusieurs rapports , une somme pouvant atteindre 150 millions de francs CFA.

Une procédure fiscale au cœur des soupçons

Un contrôle fiscal mené au sein d’une entreprise aurait déclenché l’affaire. Les vérifications auraient fait ressortir des irrégularités ainsi qu’une importante dette fiscale. Dans le cadre normal de leurs fonctions, les agents concernés devaient poursuivre la procédure administrative afin d’obtenir le règlement des sommes que l’entreprise doit au fisc. Toutefois, les accusations rapportées soutiennent que les agents auraient proposé une solution parallèle à l’opérateur économique, en échange d’un versement d’argent.

Selon les informations que publient L’Alternative et Togo Actualité, le montant évoqué s’élèverait à 150 millions de FCFA, soit 50 millions de francs CFA par personne.

Des paiements échelonnés, puis un différend

D’après ces sources, une première somme aurait été remise en espèces avant qu’un deuxième versement intervienne. Les tensions seraient apparues au moment du règlement de la dernière tranche.

La situation aurait alors changé de nature. L’opérateur économique aurait fait état de pressions et de menaces liées à la réactivation du dossier fiscal et à l’engagement d’une procédure contentieuse.

Face à cette situation, l’intéressé aurait finalement saisi le ministère chargé de l’Économie et des Finances. Cette démarche aurait conduit à l’intervention des services de la police judiciaire.

Interpellation dans les locaux de la DGI

Les forces de l’ordre auraient interpellé les trois cadres dans les bureaux de la DGI, dans l’enceinte de l’OTR à Lomé. Selon les informations rapportées, les enquêteurs les ont ensuite conduits à la DCPJ, où ils les ont placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête.

À ce stade, les éléments rendus publics proviennent principalement des médias ayant rapporté l’affaire. Les sources consultées ne mentionnent aucune décision judiciaire établissant la culpabilité des personnes concernées.

Une nouvelle question sur l’intégrité de l’administration fiscale

Par ailleurs, cette affaire remet au premier plan la question du contrôle des agents chargés de collecter les recettes publiques. L’administration fiscale exerce une mission sensible : elle vérifie les obligations des entreprises, établit les redressements et participe directement au financement de l’État. Lorsque des agents sont soupçonnés d’avoir utilisé cette position pour obtenir un avantage financier personnel, les conséquences dépassent le seul cadre d’un dossier individuel.

L’enjeu est désormais de déterminer précisément les faits, d’identifier les responsabilités et de vérifier l’existence éventuelle de transferts financiers correspondant aux accusations. L’enquête devra notamment établir les circonstances des paiements allégués et le rôle exact de chacune des personnes mises en cause.

La justice appelée à établir les responsabilités

Cette affaire intervient dans un contexte où les mécanismes de lutte contre la corruption et de contrôle des administrations publiques font régulièrement l’objet d’attentes fortes. Pour autant, la garde à vue constitue une mesure d’enquête et non une condamnation. Les trois cadres bénéficient donc de la présomption d’innocence jusqu’à l’aboutissement de la procédure et à une éventuelle décision de justice.

La suite des investigations devrait permettre de déterminer si les accusations rapportées sont fondées, si les sommes évoquées ont effectivement été versées et quelles responsabilités peuvent, le cas échéant, être retenues.

Incendie au Marché Château de Kpalimé : l’économie locale frappée

Un incendie nocturne dévastateur a ravagé une section du marché central de Kpalimé, anéantissant les stocks de dizaines de commerçants et fragilisant l’économie locale. Survenu dans la nuit du 6 au 7 septembre 2026, le brasier a consumé l’ancienne zone de recasement du « Marché Château », laissant derrière lui de lourds dégâts matériels avant l’intervention des secours.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
© Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
Le choc économique pour les détaillants locaux

L’impact financier frappe de plein fouet les vendeurs installés dans le secteur détruit. En effet, en l’espace de quelques heures, ces commerçants ont vu leur outil de travail et leurs investissements réduits en cendres. La destruction des étals génère une crise immédiate pour l’écosystème commercial de Kpalimé :

  • Rupture de trésorerie : les familles dépendant exclusivement des recettes journalières de ce marché font face à un arrêt brutal de leurs revenus.

  • Perte de capital : des tonnes de marchandises stockées sur place ont disparu, un coup dur pour des micro‑entrepreneurs opérant souvent sans couverture d’assurance.

  • Urgence de relocalisation : la survie financière des sinistrés exige l’aménagement rapide d’espaces de vente temporaires afin d’éviter des faillites en chaîne.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
© Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
Intervention d’urgence et confinement du sinistre

Les sapeurs‑pompiers, appuyés par l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC) et la police, ont rapidement circonscrit les flammes, sécurisant le périmètre et évitant une propagation au reste du complexe. De plus, les autorités confirment un bilan humain vierge de toute victime ou blessé.

Le maire de Kloto 1, Afélété Kossi Atigaku, s’est déployé sur les ruines aux côtés de l’administration préfectorale pour évaluer l’ampleur du désastre. L’édile a garanti un accompagnement municipal immédiat afin de structurer la réponse aux besoins des victimes.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
© Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
Continuité des opérations et gestion de crise

Malgré la violence du sinistre dans l’aire de recasement, le cœur du Marché Château reste pleinement opérationnel. Ainsi, l’administration municipale maintient l’ouverture des secteurs épargnés afin de préserver l’approvisionnement de la ville.

Un cordon de sécurité policier verrouille actuellement la zone incendiée pour faciliter les enquêtes et prévenir tout pillage. Enfin, face au risque d’emballement médiatique, l’exécutif local exige une stricte vigilance citoyenne et condamne fermement la propagation de rumeurs ou d’informations non vérifiées concernant l’origine ou le bilan de l’incident.

À Kpalimé, la nuit a rappelé la vulnérabilité des espaces commerciaux locaux, capables de s’effondrer en quelques heures et d’engloutir des moyens de subsistance entiers. Si l’incendie est éteint, l’alerte reste maximale : chaque étal calciné impose désormais de moderniser la sécurité des marchés et de structurer une réponse collective face aux périls urbains.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
© Kpalimé, ville aux merveilles touristiques

Togo : stratégie PPP pour un hub logistique 2026‑2031

Face à un déficit d’investissements continentaux colossal, le Togo opte pour un changement de doctrine radical. Réunis le 3 septembre 2026 à Lomé, ministres, investisseurs internationaux et bailleurs de fonds ont scellé une alliance stratégique visant à propulser le modèle des Partenariats Public-Privé (PPP). L’objectif de cette conférence à guichets fermés à l’Hôtel 2 Février était clair : abandonner la simple sensibilisation au profit d’une exécution industrielle afin de faire du pays un hub logistique majeur à l’horizon 2026-2031.

Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
© Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
Changer d’échelle pour entretenir la dynamique économique

Alors que l’Afrique affronte un déficit d’infrastructures estimé entre 68 et 108 milliards de dollars par an, le Togo refuse de ralentir son élan. Fort d’une croissance moyenne de 6,0 % sur les cinq dernières années et d’une projection à 6,3 % pour 2026, le gouvernement repositionne le secteur privé au cœur de son moteur économique.

L’approche classique du « projet par projet » cède désormais la place à une stratégie de massification. Comme l’a souligné Marc Teyssier d’Orfeuil, président de ComPublic — devant un parterre d’experts dont l’ancien ministre français Michel Sapin —, l’urgence impose de déployer des dizaines d’infrastructures simultanément via des sociétés de projet dédiées. Cette philosophie trouve une application immédiate dans l’annonce phare du ministre des Travaux publics, Sani Yaya : le dédoublement de l’axe stratégique Davié–Atakpamé et de ses ouvrages d’art, un chantier névralgique destiné à désengorger le corridor national.

Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
© Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
La rigueur réglementaire comme levier d’attractivité financière

Loin de considérer les PPP comme un banal subterfuge budgétaire pour contourner la dette publique, l’exécutif togolais défend un modèle fondé sur la responsabilité partagée et la performance. Le ministre de l’Économie et de la Veille Stratégique, Badanam Patoki, insiste sur une trajectoire rigoureuse adossée à la loi sur les PPP de 2021 et sur des succès probants comme la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), le Port de Lomé ou la centrale Kekeli.

Du côté des bailleurs, le capital répond présent, à condition d’offrir une prévisibilité irréprochable. La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) l’a confirmé : la liquidité existe pour les dossiers transparents et bancables. Pour sécuriser ces flux financiers, le directeur général de l’ARCOP, Aftar Morou Touré, qualifie le contrôle réglementaire a priori non pas de frein bureaucratique, mais de filet de sécurité indispensable pour instiller la confiance chez les investisseurs institutionnels.

Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
© Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
Une force d’intervention opérationnelle axée sur l’impact local

Pour traduire ces ambitions dans les faits, l’État structure désormais son appareil décisionnel. La création officielle du Club PPP du Togo instaure un cadre de concertation permanent entre le pouvoir public et les acteurs privés. Parallèlement, le gouvernement déploie une Task Force opérationnelle conçue comme un guichet unique. Sa feuille de route : lever les goulots d’étranglement administratifs, accélérer l’instruction des dossiers et garantir des retombées palpables dès les prochains mois.

Toutefois, cette accélération industrielle ne sacrifie pas le développement humain. L’exécutif exige que ces partenariats irriguent l’économie sociale à travers la construction d’écoles et de centres de santé de proximité. En imposant un transfert de compétences obligatoire aux cadres et ouvriers togolais, Lomé entend veiller à ce que la modernisation des infrastructures devienne le catalyseur durable d’un savoir-faire national.

Programme VEC à Tchamba 1 : bilan et défis de la 11ᵉ vague

En l’espace d’un seul trimestre, les jeunes volontaires de Tchamba 1 ont redessiné le visage de leur commune. Jeudi dernier, les autorités locales ont dressé un bilan d’étape de la 11ᵉ vague du Programme Volontaires d’Engagement Citoyen (VEC). Or, si les résultats sur le terrain valident l’efficacité de cette initiative gouvernementale visant à insérer les jeunes chômeurs, l’administration locale exige désormais des actions plus profondes pour modifier durablement les comportements citoyens.

Commune Tchamba 1
© Commune Tchamba 1
Un impact environnemental et infrastructurel direct

Depuis le lancement de leur mission en avril dernier, les recrues ont massivement investi le terrain. Ainsi, leurs équipes ont nettoyé les réseaux d’évacuation des eaux, démantelé de nombreuses décharges sauvages et reboisé la commune en plantant plus de 10 000 arbres.

Au-delà de ces travaux d’assainissement standards, les volontaires ont fait preuve d’innovation en concevant et en installant des bancs publics dans les jardins des principales institutions locales, notamment la préfecture, le tribunal et la mairie. Ces réalisations physiques s’accompagnent en outre d’une offensive de communication citoyenne : les équipes quadrillent la ville pour éduquer les résidents sur le civisme fiscal et la protection de l’environnement.

Le virage vers la pérennisation

Malgré ce bilan chiffré jugé globalement satisfaisant par les évaluateurs, la rencontre du 3 septembre a mis en lumière les limites de l’intervention temporaire. En effet, les acteurs du programme ont identifié une lacune critique : la gestion post‑intervention des espaces nettoyés. Pour éviter le retour des décharges sauvages, la direction du programme réclame une requalification immédiate de ces sites et une intensification drastique des campagnes d’éducation sur le traitement des déchets ménagers.

Esso‑Houna Kpowou, Secrétaire général de la commune, a salué le dynamisme des jeunes tout en recadrant les enjeux futurs. Refusant de limiter le VEC à une force de travail temporaire, il a souligné la nécessité de documenter rigoureusement ces acquis pour créer un véritable modèle de développement.

Commune Tchamba 1
© Commune Tchamba 1
Responsabiliser les instances de quartier

Pour consolider cette dynamique, l’administration municipale déplace la pression vers les instances locales. M. Kpowou a formellement exhorté les Comités de Développement de Quartier (CDQ) à cesser d’être de simples observateurs. Désormais, la municipalité attend des présidents de CDQ qu’ils conçoivent et pilotent leurs propres projets communautaires, en utilisant l’expertise technique des volontaires comme levier d’action, garantissant ainsi l’autonomie des quartiers bien après la fin de cette 11ᵉ mission.