Togo : stratégie PPP pour un hub logistique 2026‑2031

Face à un déficit d’investissements continentaux colossal, le Togo opte pour un changement de doctrine radical. Réunis le 3 septembre 2026 à Lomé, ministres, investisseurs internationaux et bailleurs de fonds ont scellé une alliance stratégique visant à propulser le modèle des Partenariats Public-Privé (PPP). L’objectif de cette conférence à guichets fermés à l’Hôtel 2 Février était clair : abandonner la simple sensibilisation au profit d’une exécution industrielle afin de faire du pays un hub logistique majeur à l’horizon 2026-2031.

Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
© Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
Changer d’échelle pour entretenir la dynamique économique

Alors que l’Afrique affronte un déficit d’infrastructures estimé entre 68 et 108 milliards de dollars par an, le Togo refuse de ralentir son élan. Fort d’une croissance moyenne de 6,0 % sur les cinq dernières années et d’une projection à 6,3 % pour 2026, le gouvernement repositionne le secteur privé au cœur de son moteur économique.

L’approche classique du « projet par projet » cède désormais la place à une stratégie de massification. Comme l’a souligné Marc Teyssier d’Orfeuil, président de ComPublic — devant un parterre d’experts dont l’ancien ministre français Michel Sapin —, l’urgence impose de déployer des dizaines d’infrastructures simultanément via des sociétés de projet dédiées. Cette philosophie trouve une application immédiate dans l’annonce phare du ministre des Travaux publics, Sani Yaya : le dédoublement de l’axe stratégique Davié–Atakpamé et de ses ouvrages d’art, un chantier névralgique destiné à désengorger le corridor national.

Ministère de l'Économie et de la Veille Stratégique
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La rigueur réglementaire comme levier d’attractivité financière

Loin de considérer les PPP comme un banal subterfuge budgétaire pour contourner la dette publique, l’exécutif togolais défend un modèle fondé sur la responsabilité partagée et la performance. Le ministre de l’Économie et de la Veille Stratégique, Badanam Patoki, insiste sur une trajectoire rigoureuse adossée à la loi sur les PPP de 2021 et sur des succès probants comme la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), le Port de Lomé ou la centrale Kekeli.

Du côté des bailleurs, le capital répond présent, à condition d’offrir une prévisibilité irréprochable. La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) l’a confirmé : la liquidité existe pour les dossiers transparents et bancables. Pour sécuriser ces flux financiers, le directeur général de l’ARCOP, Aftar Morou Touré, qualifie le contrôle réglementaire a priori non pas de frein bureaucratique, mais de filet de sécurité indispensable pour instiller la confiance chez les investisseurs institutionnels.

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Une force d’intervention opérationnelle axée sur l’impact local

Pour traduire ces ambitions dans les faits, l’État structure désormais son appareil décisionnel. La création officielle du Club PPP du Togo instaure un cadre de concertation permanent entre le pouvoir public et les acteurs privés. Parallèlement, le gouvernement déploie une Task Force opérationnelle conçue comme un guichet unique. Sa feuille de route : lever les goulots d’étranglement administratifs, accélérer l’instruction des dossiers et garantir des retombées palpables dès les prochains mois.

Toutefois, cette accélération industrielle ne sacrifie pas le développement humain. L’exécutif exige que ces partenariats irriguent l’économie sociale à travers la construction d’écoles et de centres de santé de proximité. En imposant un transfert de compétences obligatoire aux cadres et ouvriers togolais, Lomé entend veiller à ce que la modernisation des infrastructures devienne le catalyseur durable d’un savoir-faire national.

Programme VEC à Tchamba 1 : bilan et défis de la 11ᵉ vague

En l’espace d’un seul trimestre, les jeunes volontaires de Tchamba 1 ont redessiné le visage de leur commune. Jeudi dernier, les autorités locales ont dressé un bilan d’étape de la 11ᵉ vague du Programme Volontaires d’Engagement Citoyen (VEC). Or, si les résultats sur le terrain valident l’efficacité de cette initiative gouvernementale visant à insérer les jeunes chômeurs, l’administration locale exige désormais des actions plus profondes pour modifier durablement les comportements citoyens.

Commune Tchamba 1
© Commune Tchamba 1
Un impact environnemental et infrastructurel direct

Depuis le lancement de leur mission en avril dernier, les recrues ont massivement investi le terrain. Ainsi, leurs équipes ont nettoyé les réseaux d’évacuation des eaux, démantelé de nombreuses décharges sauvages et reboisé la commune en plantant plus de 10 000 arbres.

Au-delà de ces travaux d’assainissement standards, les volontaires ont fait preuve d’innovation en concevant et en installant des bancs publics dans les jardins des principales institutions locales, notamment la préfecture, le tribunal et la mairie. Ces réalisations physiques s’accompagnent en outre d’une offensive de communication citoyenne : les équipes quadrillent la ville pour éduquer les résidents sur le civisme fiscal et la protection de l’environnement.

Le virage vers la pérennisation

Malgré ce bilan chiffré jugé globalement satisfaisant par les évaluateurs, la rencontre du 3 septembre a mis en lumière les limites de l’intervention temporaire. En effet, les acteurs du programme ont identifié une lacune critique : la gestion post‑intervention des espaces nettoyés. Pour éviter le retour des décharges sauvages, la direction du programme réclame une requalification immédiate de ces sites et une intensification drastique des campagnes d’éducation sur le traitement des déchets ménagers.

Esso‑Houna Kpowou, Secrétaire général de la commune, a salué le dynamisme des jeunes tout en recadrant les enjeux futurs. Refusant de limiter le VEC à une force de travail temporaire, il a souligné la nécessité de documenter rigoureusement ces acquis pour créer un véritable modèle de développement.

Commune Tchamba 1
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Responsabiliser les instances de quartier

Pour consolider cette dynamique, l’administration municipale déplace la pression vers les instances locales. M. Kpowou a formellement exhorté les Comités de Développement de Quartier (CDQ) à cesser d’être de simples observateurs. Désormais, la municipalité attend des présidents de CDQ qu’ils conçoivent et pilotent leurs propres projets communautaires, en utilisant l’expertise technique des volontaires comme levier d’action, garantissant ainsi l’autonomie des quartiers bien après la fin de cette 11ᵉ mission.

À Glidji-Kpodji, le Togo célèbre la 363ᵉ prise de la pierre sacrée du Kpessosso

Des autorités traditionnelles et plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil Sandra Ablamba Johnson, ont pris part hier à la cérémonie du Kpessosso à Glidji-Kpodji, marquant l’entrée du peuple guin dans sa 363ᵉ année, un rite désormais inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

La communauté guin du sud-est du Togo a célébré hier à Glidji-Kpodji la 363ᵉ édition de l’Épé-Ékpé, son Nouvel An traditionnel, à travers le rite central du Kpessosso, la prise de la pierre sacrée. La cérémonie a réuni les autorités traditionnelles du royaume Guin ainsi que plusieurs membres du gouvernement togolais, parmi lesquels la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson, elle-même native d’Aného.

Cette année, la pierre sacrée est apparue de couleur blanche. Selon la tradition, sa teinte porte chaque année un message adressé à la communauté Guin et, plus largement, à l’ensemble du Togo ; celle de 2026 a été interprétée comme un signe de sagesse appelé à guider le peuple Guin et la nation dans les mois à venir.

Sandra Ablamba Johnson
© Sandra Ablamba Johnson
Un patrimoine désormais mondial

La portée de la cérémonie dépasse cette année le cadre communautaire. Le 11 décembre 2025, le Comité intergouvernemental de l’UNESCO a inscrit les rites du Nouvel An du pays Guin, dont le Kpessosso constitue le temps fort, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance internationale fait de cette pratique le troisième élément togolais distingué par l’UNESCO, et confère au rituel une visibilité inédite au-delà des frontières togolaises.

Sandra Ablamba Johnson
© Sandra Ablamba Johnson
Repères sur l’Épé-Ékpé

L’Épé-Ékpé désigne l’ensemble des rites du Nouvel An pratiqués chaque année par le peuple Guin, dans le sud du Togo. Une vingtaine de rituels s’échelonnent sur environ sept mois selon un calendrier lunaire, en l’honneur des divinités et des ancêtres.

Le point culminant en est le Kpessosso, la prise de la pierre sacrée, conduit par les chefferies traditionnelles, prêtres et prêtresses de la communauté. D’autres rites, comme le repas communautaire du Yêkê-Yêkê ou le défilé du Kpanchonchon, rythment également ce cycle annuel.

Sandra Ablamba Johnson
© Sandra Ablamba Johnson
Un rendez-vous de mémoire et de transmission

Dans un message publié à l’issue de la cérémonie, Sandra Ablamba Johnson a salué un moment de communion avec la culture et les ancêtres, qu’elle a qualifié de rendez-vous essentiel célébré chaque année avec fierté. Elle a souligné que ce patrimoine, désormais reconnu par l’UNESCO, plaçait le Kpessosso parmi les richesses culturelles que le Togo fait rayonner au-delà de ses frontières.

“Il nous revient de chérir ce patrimoine et de le transmettre aux générations futures.” — Sandra Ablamba Johnson, ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil

La ministre a conclu son message par un vœu adressé à l’ensemble de la communauté Guin, lui souhaitant une bonne et heureuse nouvelle année, à l’ouverture de ce 363ᵉ cycle de l’Épé-Ékpé.

Rentrée 2026 à Tône : quatre députés offrent des fournitures scolaires

À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, quatre députés élus dans la préfecture de Tône ont apporté un soutien matériel aux collèges et lycées de la localité. Leur contribution, remise jeudi 3 septembre 2026 au Lycée Nassablé de Dapaong, vise à permettre aux établissements secondaires de disposer de fournitures essentielles dès le début des cours.

Le don comprend notamment des cartons de craie, des rames de papier et des kits d’ensemble géométrique. Les établissements secondaires de la préfecture doivent bénéficier de ces équipements afin de renforcer leurs capacités matérielles pour l’année scolaire 2026-2027.

La cérémonie de remise a rassemblé plusieurs acteurs du système éducatif et de la vie locale. Les maires de Tône, les chefs d’inspection, les proviseurs, les directeurs de collèges d’enseignement général (CEG), les parents d’élèves ainsi que de nombreux élèves ont pris part à l’événement.

Commune de Tône 1
© Commune de Tône 1
Un soutien matériel axé sur la proximité

Cette initiative émane de quatre députés ressortissants de Tône : Kangbeni Gbalgueboa, Danhoule Gounséti, Pampandja Kombiog et Monkounti Yao. À cette occasion, le 2ᵉ Vice-Président de l’Assemblée nationale, l’honorable Kangbeni Gbalgueboa, a mis en avant la mobilisation des populations autour de cette action. Il a présenté le geste comme une illustration de la gouvernance de proximité défendue par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, dans le cadre de la Ve République.

« Être député, c’est d’abord être au service de sa base et rester proche des populations », a-t-il déclaré.

Commune de Tône 1
© Commune de Tône 1
Accompagner la qualité de l’enseignement

Au nom des quatre parlementaires, l’honorable Danhoule Gounséti a replacé cette contribution dans la perspective de l’amélioration des conditions d’apprentissage.

« Ce geste vise à appuyer l’amélioration de la qualité de l’enseignement prônée par le Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé. En tant que dignes fils de cette localité, il était de notre devoir de penser à nos établissements scolaires », a-t-il expliqué.

À travers cette contribution, les élus entendent ainsi accompagner les établissements de leur circonscription dans leurs efforts pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Commune de Tône 1
© Commune de Tône 1
L’engagement des acteurs éducatifs locaux

Les chefs d’inspection et les représentants des parents d’élèves ont accueilli favorablement le geste des parlementaires. Ils ont remercié les donateurs pour leur contribution et se sont engagés à veiller à une utilisation appropriée des fournitures.

Pour les établissements bénéficiaires, l’objectif reste désormais de tirer le meilleur parti de ces équipements afin de créer des conditions plus favorables à l’apprentissage et aux performances scolaires durant l’année 2026-2027.

Air Guindooa : l’avion reconverti en attraction touristique majeure à Aného

À Aného, la Commune des Lacs 1 enrichit son patrimoine touristique avec « Air Guindooa », un projet qui transforme un ancien appareil aérien en espace à vocation pédagogique, touristique et événementielle. L’initiative a été officiellement inaugurée jeudi 3 septembre 2026, à l’occasion des festivités d’Epé-Ekpé, marquant le nouvel an Guin.

L’attraction repose sur un avion de type AC 128, qui avait effectué son dernier vol en 2013. Le promoteur du projet, Zepp Nicoué KOUETE, a entrepris sa réhabilitation avant de l’installer sur un site spécialement aménagé et sécurisé au carrefour Yessouvito, à Aného.

L’appareil ne reprendra pas les airs. Sa nouvelle vocation consiste plutôt à offrir aux visiteurs une expérience originale autour de l’univers aéronautique, tout en contribuant à la diversification des sites touristiques de la ville.

Commune Lacs 1
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Un outil pour éveiller les vocations

Par ailleurs, le projet affiche une ambition pédagogique. Zepp Nicoué KOUETE souhaite notamment utiliser cet appareil pour familiariser les jeunes avec les métiers de l’aviation.

« L’objectif de cette initiative est de susciter chez les enfants et les jeunes d’Aného la vocation pour les métiers de l’aéronautique. À part ça, les écoles d’aviation au Togo peuvent aussi s’en servir pour former leurs étudiants », a expliqué le promoteur.

Cette dimension pourrait permettre aux établissements spécialisés dans l’aéronautique de disposer d’un support supplémentaire pour leurs activités de formation et de sensibilisation.

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Un espace ouvert au tourisme et aux événements

Le site ne se limite toutefois pas à sa vocation éducative. Le promoteur prévoit également d’y accueillir des visiteurs et d’en faire un espace susceptible d’abriter différents événements privés, notamment des anniversaires et des mariages.

Le secteur privé trouve également sa place dans le dispositif. Les opérateurs économiques pourront utiliser le site comme support de communication pour promouvoir leurs marques, leurs produits ou leurs services. Cette polyvalence doit permettre à « Air Guindooa » de générer plusieurs usages autour d’un même espace et, par conséquent, de renforcer son intérêt dans l’offre touristique locale.

La municipalité soutient la diversification touristique

Le projet bénéficie du soutien du Conseil municipal de la Commune des Lacs 1. Le sénateur-maire, Me Alexis Coffi AQUEREBURU, a salué une initiative qui, selon lui, contribue à renforcer l’attractivité touristique d’Aného. Il a également exprimé sa reconnaissance à la Société Aéroportuaire de Lomé Tokoin pour son accompagnement dans la concrétisation du projet.

Pour la municipalité, cette nouvelle attraction s’inscrit dans une stratégie plus large visant à valoriser les ressources culturelles et touristiques d’Aného et à positionner la commune parmi les destinations de référence au Togo et dans la sous-région.

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Air Guindooa rejoint un réseau de sites touristiques

Avec « Air Guindooa », Aného poursuit ainsi la diversification de ses points d’intérêt. Le projet vient compléter plusieurs réalisations déjà mises en avant par la commune, notamment la forêt urbaine d’Aného, le jardin municipal, la montagne artificielle du jardin botanique de Hounsiafa, les fresques murales et la Maison du tourisme.

L’enjeu consiste désormais à faire de ces différents sites un ensemble cohérent capable d’attirer davantage de visiteurs, tout en associant patrimoine, culture, éducation et activités économiques. À travers la reconversion de cet ancien avion, Aného ajoute donc une nouvelle dimension à son identité touristique : celle d’un territoire qui cherche à valoriser son patrimoine tout en créant de nouvelles expériences pour les visiteurs et les populations locales.

Inondations au Népal : Plus de 1 200 morts et 5 000 disparus

KATMANDOU, 3 septembre 2026  — Les secours népalais luttent contre la montre face à une catastrophe humanitaire sans précédent. Ce jeudi 3 septembre 2026, les autorités locales ont révisé à la hausse le bilan des inondations dévastatrices et des glissements de terrain qui frappent le pays, confirmant le décès de plus de 1 200 personnes. Alors que plus de 5 000 habitants demeurent portés disparus, le gouvernement fait face à des critiques croissantes quant à l’impréparation des infrastructures face au dérèglement climatique.

Une paralysie des secours exacerbée par l’isolement des régions rurales

Les pluies moussonniques qui s’abattent sur le Népal ont transformé une crise climatique prévisible en un désastre humanitaire d’ampleur inédite. Les torrents de boue ont emporté des ponts stratégiques, détruit des axes routiers majeurs et coupé les communications dans des dizaines de districts, ce qui entrave gravement l’acheminement de l’aide vers les zones de montagne. Les équipes d’urgence et l’armée concentrent leurs efforts sur les secteurs les plus touchés, mais le relief escarpé et une météo instable ralentissent les évacuations par hélicoptère ; pour des milliers de familles privées d’eau potable et de nourriture, chaque heure est désormais critique. Par ailleurs, l’effondrement des ponts et les glissements de terrain ont isolé des vallées entières, où les secours peinent à dégager les coulées de boue et où le risque d’épidémies augmente avec la destruction des infrastructures sanitaires.

L’échec des politiques de prévention en question

Cette crise met en lumière les vulnérabilités structurelles du Népal face aux phénomènes météorologiques extrêmes : si l’intensification des moussons s’inscrit dans le dérèglement climatique global, l’ampleur du bilan humain tient surtout à une urbanisation incontrôlée — bétonnage des lits des rivières, déboisement des collines et constructions en zones à risque — qui a annihilé les mécanismes naturels de drainage. Les experts et les organisations internationales pointent en outre le retard dans la modernisation des systèmes d’alerte précoce et l’absence d’un plan d’aménagement capable de résister aux crues subites. La gestion de la crise sanitaire et logistique qui s’ouvre constitue donc le principal défi de reconstruction du pays et impose une révision urgente des politiques d’urbanisme et des dispositifs d’alerte.

Drame aux Canaries : Plus de 80 migrants meurent après 26 jours de dérive

Canaries, 3 septembre 2026 — La route migratoire atlantique vient de faire environ 80 nouvelles victimes après l’interception, à 120 kilomètres au sud de la Grande Canarie, d’une pirogue à la dérive depuis près d’un mois. Ainsi, l’écart massif entre le bilan officiel des autorités espagnoles et les registres des organisations humanitaires met en lumière l’échec tragique des politiques européennes d’externalisation des frontières.

Un sauvetage en conditions extrêmes

Le navire espagnol Guardamar Urania a atteint l’embarcation le 2 septembre au soir, secourant 44 hommes subsahariens dans un état de déshydratation critique. Les sauveteurs ont localisé cinq corps à bord de la coque en bois, mais des creux de 2,5 mètres et des vents dépassant les 20 nœuds ont bloqué l’extraction immédiate des dépouilles. Dès l’aube du 3 septembre, la Croix‑Rouge a pris en charge les rescapés au port d’Arguineguín, évacuant d’urgence trois patients par hélicoptère.

La véritable ampleur du bilan humain

L’évaluation des pertes humaines révèle un contraste saisissant entre les données étatiques et la réalité du terrain : l’État espagnol s’en tient à 44 survivants et 5 morts, ne comptabilisant que les individus physiquement présents lors du sauvetage, alors que l’ONG Caminando Fronteras et la plateforme Sur les traces du migrant (SLTM) annoncent au moins 83 morts, incluant trois femmes et un nourrisson ; les rescapés confirment en effet avoir quitté la Gambie le 7 août avec environ 128 passagers à bord et, par conséquent, des dizaines de victimes, terrassées par la faim ou l’hypothermie durant 26 jours de dérive, ont été abandonnées à l’océan bien avant l’arrivée des secours. 

L’effondrement de la stratégie de dissuasion

Cette tragédie expose les limites du verrouillage sécuritaire ouest‑africain. L’opération gambienne « Zéro Départs », déployée au début de l’année 2026 pour briser les réseaux de passeurs, ne parvient pas à endiguer un flux migratoire détourné d’une Méditerranée hyper‑surveillée. De plus, en s’inscrivant dans le sillage du naufrage de juillet dernier au large de la Mauritanie (150 morts), ce nouveau drame confirme que les politiques de restriction n’arrêtent pas les départs : elles poussent simplement les migrants vers des routes océaniques où la probabilité de survie devient dérisoire.

Finalement, la route atlantique s’impose désormais comme le miroir tragique des politiques de fermeture : chaque embarcation dérivant vers les Canaries rappelle que l’externalisation des frontières ne sauve pas des vies, elle les condamne à l’océan.

Togo : Aného couple la Foire « Made in Togo » au festival Epé-Ekpé

L’ancienne capitale togolaise opère une fusion stratégique entre son patrimoine culturel et ses ambitions commerciales. Depuis le mercredi 2 septembre, Aného couple les célébrations de son nouvel an traditionnel, Épé‑Ékpé, avec la nouvelle édition régionale de la foire Made in Togo. Déployé sur la nouvelle plage de la ville, l’événement vise à capitaliser sur l’affluence touristique massive générée par les festivités, afin d’injecter une dynamique marchande directe dans l’économie locale jusqu’au 6 septembre.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1
Décentraliser l’offensive commerciale nationale

La direction du Centre togolais des expositions et foires (CETEF Togo 2000) change de paradigme. Plutôt que de centraliser les opérateurs économiques à Lomé, l’institution déplace ses plateformes promotionnelles au plus près des bassins de production. Le directeur général, Alexandre de Souza, assume cette stratégie de proximité, qui vise à imposer la consommation locale de manière pragmatique. Ce déploiement, soutenu par le ministère de l’Économie, traduit la volonté gouvernementale d’aller capter les entrepreneurs régionaux sur leur propre terrain, afin de structurer des chaînes de valeur viables.

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Convertir l’attrait culturel en retombées financières

La commune des Lacs 1 saisit cette opportunité pour transformer le tourisme mémoriel en véritable incubateur d’affaires. Le sénateur‑maire Alexis Coffi Aquereburu ambitionne d’institutionnaliser ce marché comme une composante permanente d’Épé‑Ékpé. À travers l’exposition des secteurs de l’artisanat, de l’agroalimentaire, des cosmétiques ou des services, l’objectif dépasse l’ordinaire vente au détail. Ainsi, les autorités locales conçoivent cet espace comme un accélérateur de partenariats commerciaux (B2B), destiné à ouvrir de nouveaux débouchés durables pour les créateurs de la région. Aného consolide ainsi son statut de destination globale, mariant le rayonnement historique à l’efficacité économique.

En somme, Aného transforme son rendez‑vous rituel en vitrine économique : l’Épé‑Ékpé ne se limite plus à la ferveur culturelle, il devient aussi un levier stratégique de développement local. En mariant mémoire collective et dynamisme marchand, la cité historique impose son modèle d’intégration où tradition et modernité s’allient pour projeter le patrimoine togolais sur la scène nationale et régionale.

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Kloto : Le parti UNIR allie tradition et jeunesse à Dzawuza

À Kpalimé, la célébration de Dzawuza prend une dimension nouvelle. Les cadres du parti UNIR dans la préfecture de Kloto ont profité de la fête traditionnelle pour mettre l’accent sur l’éducation, l’orientation des jeunes et la promotion des initiatives locales.

La tradition n’a pas été reléguée au second plan, mais elle a servi de point de départ à une série d’actions tournées vers l’avenir. À l’occasion de Dzawuza, les responsables et cadres UNIR de Kloto ont placé la jeunesse au centre de leur programme, avec des initiatives destinées à répondre à certaines préoccupations concrètes des familles et des jeunes.

Des fournitures scolaires pour soutenir les élèves

La première initiative a concerné l’éducation. Les cadres UNIR ont remis des kits scolaires aux trois communes de Kloto. À travers cette opération, ils entendent apporter un soutien direct aux élèves et alléger, au moins en partie, les dépenses auxquelles les familles doivent faire face à chaque rentrée scolaire.

D’ailleurs, cette distribution met en évidence un enjeu essentiel pour le territoire : maintenir les enfants à l’école et créer de meilleures conditions pour leur réussite.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
© Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
L’orientation au cœur des préoccupations

Les organisateurs ont ensuite consacré une partie de la journée aux perspectives universitaires et professionnelles des jeunes. Une conférence-débat a réuni plusieurs universitaires et responsables de formation autour du thème : « Bâtir Kloto de demain : quelles orientations universitaires et professionnelles pour les jeunes ? »

Le Dr ATCHRIMI Tossou Bernard a assuré la modération des échanges. Le Prof. AKUE Adotévi, le Prof. YIGBE Gilbert et le Dr Bamazi Bitang, directeur général de l’INFA de Tové, ont apporté leur expertise aux discussions.

Cette rencontre a permis de replacer la question de l’orientation au cœur du débat sur l’avenir du territoire. Pour les jeunes, le choix d’une filière universitaire ou professionnelle constitue en effet un facteur déterminant dans l’accès à l’emploi et dans la valorisation des compétences locales.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
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La foire Dzawuza ouvre un espace aux initiatives locales

La dimension économique et culturelle de la fête s’est également affirmée avec l’ouverture officielle de la Foire Dzawuza. Installée à l’immeuble Concordia, sur le site de l’ancien marché central de Kpalimé, cette manifestation offre un cadre destiné à mettre en avant les activités et initiatives du territoire.

La foire complète ainsi les actions consacrées à l’éducation et à l’orientation en donnant une visibilité supplémentaire aux acteurs locaux. Elle inscrit la célébration dans une logique qui associe patrimoine culturel, dynamisme économique et participation communautaire.

Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
© Kpalimé, ville aux merveilles touristiques
Une fête traditionnelle tournée vers l’avenir

Sous la conduite du maire Émile ATIGAKU, président du Comité Dzawuza, cette édition cherche ainsi à dépasser la seule dimension festive de la célébration. L’éducation, l’orientation professionnelle et la promotion des initiatives locales forment les trois principaux axes de cette démarche. Ils traduisent une volonté de faire de la tradition un levier de mobilisation autour des priorités du territoire.

À Kloto, Dzawuza s’affirme donc comme un espace où la mémoire collective rencontre les préoccupations du présent. En mettant la jeunesse au premier plan, les organisateurs donnent à la fête une portée qui dépasse la célébration des racines : celle de préparer les conditions du développement futur du territoire.

Dapaong : Déploiement de la feuille de route gouvernementale 2026-2031

DAPAONG, 3 septembre 2026 — Les responsables locaux, organisations de la société civile, entreprises et autres partenaires du développement des Savanes devront désormais harmoniser leurs actions avec les priorités de l’État pour la période 2026-2031. Réunis ce jeudi à Dapaong, ils ont reçu les grandes orientations de la nouvelle feuille de route gouvernementale, conçue comme le cadre de référence de l’action publique durant les cinq prochaines années.

La rencontre, dirigée par le gouverneur Affoh Atcha-Dédji, marque une étape décisive : le gouvernement cherche à faire passer sa stratégie du niveau national aux réalités locales. En effet, l’objectif affiché est de convertir les engagements publics en services et projets mesurables pour les populations.

Gouvernorat Région des Savanes
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Trois principes directeurs pour transformer l’action publique locale

Le document repose sur trois principes directeurs — « Protéger, Rassembler et Transformer » — et s’inscrit dans la vision portée par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Selon les autorités, cette architecture doit concentrer les efforts publics sur les besoins les plus pressants, notamment les soins de santé, l’école, l’eau potable, l’énergie, le numérique et l’insertion professionnelle des jeunes.

Pour le gouverneur, l’enjeu ne consiste pas seulement à présenter une stratégie. Il exige une exécution rigoureuse, particulièrement dans un environnement international instable où les financements et les ressources se font plus contraints. La réussite du programme dépendra donc de la capacité des administrations, collectivités et partenaires à prioriser leurs interventions et à éviter la dispersion des moyens.

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Une stratégie coconstruite à travers des consultations nationales

Les autorités ont souligné que la feuille de route intègre des propositions recueillies lors des consultations nationales menées du 11 au 26 mai dans les régions et le Grand Lomé. Par ailleurs, ces échanges ont permis aux acteurs de terrain de faire remonter leurs attentes et leurs recommandations avant la finalisation du texte.

Etsri Homevor, conseiller à la Présidence du Conseil, a indiqué que ces contributions ont influencé l’ajustement de plusieurs priorités. Après des travaux avec les ministères concernés, le gouvernement a structuré le document autour de trois axes, neuf ambitions et quinze programmes majeurs.

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Le suivi-évaluation au cœur du succès dans la région des Savanes

Le défi se situe maintenant dans l’application. Les participants ont examiné les dispositifs de suivi et d’évaluation destinés à vérifier l’avancement des engagements. Ils ont notamment insisté sur la nécessité de produire des données régulières, fiables et exploitables afin de détecter rapidement les retards, corriger les difficultés et mesurer l’impact réel des actions engagées.

En associant les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations professionnelles et la société civile, l’État veut créer une responsabilité partagée autour de ses objectifs. Pour les Savanes, cette session de restitution ouvre ainsi une phase où la crédibilité de la feuille de route se jouera moins dans ses annonces que dans sa capacité à améliorer concrètement les conditions de vie.