FESPAO : l’Afrique de l’Ouest trace sa souveraineté pharmaceutique à Lomé

LOMÉ, 13 août 2026 — Importer massivement ses médicaments ou bâtir sa propre industrie de santé : l’Afrique de l’Ouest est à la croisée des chemins. C’est le constat sans appel qui a réuni l’écosystème médical et universitaire sous‑régional le mercredi 12 août à l’Agora Senghor de Lomé, posant les bases d’une refonte totale de la stratégie sanitaire ouest‑africaine.

Sous l’égide de la Fédération des étudiants en Pharmacie de l’Afrique de l’Ouest (FESPAO), dont c’est la 21ᵉ édition des Assises scientifiques et culturelles, la future élite médicale ne se contente plus de réclamer des budgets : elle exige un changement de doctrine. Ainsi, fini le modèle hérité d’une officine strictement distributrice ; l’heure est à l’industrialisation, à la recherche génomique et à la validation scientifique des savoirs ancestraux.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
Produire localement : un impératif de sécurité nationale

La pandémie mondiale et les récentes crises logistiques ont agi comme un électrochoc pour le continent : la dépendance aux importations pharmaceutiques n’est plus seulement une anomalie économique, elle constitue une faille de sécurité nationale majeure. C’est l’argumentaire central défendu lors de ce sommet.

En effet, le Professeur Gado Tchangbédji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a fixé le nouveau cap gouvernemental togolais impulsé par le Président Faure Essozimna Gnassingbé : faire de l’innovation et de la production pharmaceutique locale les boucliers de la sous‑région face aux futures pandémies. Pour y parvenir, l’État s’engage à soutenir massivement la coopération scientifique et la recherche appliquée.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
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Le pari de l’épidémiologie génomique et des savoirs endogènes

Mais produire localement ne suffit pas s’il s’agit uniquement de reproduire des brevets étrangers. La véritable souveraineté passe par l’adaptation des traitements aux spécificités du continent. En plaçant « l’épidémiologie génomique » au cœur des débats, les Assises de Lomé pointent une urgence scientifique : la nécessité de développer des thérapies calibrées sur le patrimoine génétique des populations africaines, jusqu’ici largement sous‑représentées dans les essais cliniques mondiaux.

À cette hyper‑modernité scientifique s’ajoute une réappropriation culturelle assumée. Les experts présents plaident pour une valorisation industrielle de la pharmacopée traditionnelle. Il ne s’agit plus de tolérer la médecine par les plantes de façon informelle, mais de la soumettre à la rigueur des essais cliniques pour breveter de nouvelles molécules actives 100 % africaines.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
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Réinventer le métier de pharmacien

Cette ambition industrielle et scientifique se heurte toutefois à un défi de capital humain. Si le secteur évolue, la formation académique doit suivre. Intervenant en sa double qualité de ministre délégué à la Santé et de doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Lomé, le Professeur Tchin Darré a mis le doigt sur la clé de voûte de cette révolution : la réforme des cursus. Le pharmacien ouest‑africain de demain ne peut plus être formé pour être un simple dispensateur de boîtes de médicaments derrière un comptoir. Il doit devenir un chercheur de pointe, un acteur clé de l’industrie manufacturière et un spécialiste de la validation des savoirs endogènes.

Alors que les travaux se poursuivent à Lomé, l’objectif de ces 21ᵉ Assises est désormais clair : transformer ces débats universitaires en propositions de politiques publiques contraignantes, pour que l’accès universel aux soins en Afrique de l’Ouest cesse d’être tributaire des usines situées à des milliers de kilomètres de ses patients.

En somme, l’enjeu est vital : sans une industrie pharmaceutique locale robuste et une recherche scientifique enracinée dans les réalités africaines, l’Afrique de l’Ouest restera dépendante de solutions venues d’ailleurs. Or, face aux pandémies futures, cette dépendance pourrait coûter des vies. La véritable souveraineté sanitaire se jouera donc dans la capacité des États à transformer ces résolutions en actes concrets, afin que chaque patient africain ait accès à des soins conçus, validés et produits sur son propre continent.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
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Togo : Le SNAT impose une nouvelle donne économique à la Kara

KARA, 13 août 2026 — Pendant des décennies, la planification étatique en Afrique de l’Ouest a souvent obéi à une logique centralisatrice : appliquer une formule de développement unique à des territoires aux réalités disparates. Or, le Togo amorce aujourd’hui une rupture officielle avec ce modèle.

En déployant son nouveau Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT), dont les grandes lignes ont été présentées le mardi 11 août aux décideurs de la région de la Kara, le gouvernement togolais acte un changement de paradigme : la fin de l’uniformisation au profit d’une spécialisation économique des régions.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara
L’avantage comparatif comme moteur de croissance

Le constat qui sous-tend cette nouvelle architecture étatique est clair : le développement national ne peut plus reposer sur la seule macrocéphalie de la capitale, Lomé. Ainsi, pour atteindre l’ambition fixée à l’horizon 2045 — celle d’une nation compétitive, résiliente et à la prospérité partagée —, l’État mise désormais sur l’avantage comparatif de chaque zone géographique.

L’objectif du SNAT n’est pas de lisser les différences régionales, mais de les exploiter. Le document stratégique redessine la carte du pays autour de grands corridors logistiques et de pôles urbains structurés. En effet, l’exécutif fonde son argumentaire sur l’efficacité : en concentrant les investissements sur les atouts naturels et démographiques d’un territoire spécifique, l’État espère catalyser la croissance locale et endiguer l’exode rural.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara
La Kara, laboratoire de cette décentralisation économique

C’est dans cette optique que la région de la Kara a été appelée à redéfinir son logiciel de gouvernance lors d’un conclave stratégique tenu le mardi 11 août. Devant un parterre réunissant préfets, maires, chefs traditionnels, opérateurs privés et forces de sécurité, le gouverneur de la région, le général Komlan Adjitowou, agissant au nom du ministère de l’Aménagement du territoire, a posé les nouveaux jalons de l’action publique locale.

Pour la Kara, la commande gouvernementale est explicite : la région ne doit plus se penser comme une simple entité administrative, mais comme un pôle de compétitivité. Le SNAT identifie clairement ses leviers de croissance : un vivier démographique jeune, un maillage solide d’infrastructures éducatives et sanitaires, de riches ressources naturelles et un potentiel touristique encore sous‑exploité.

Gouvernorat Région de la Kara
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L’obligation de résultat pour les élus locaux

Cette nouvelle doctrine s’accompagne d’une injonction stricte en matière de gouvernance. Le SNAT devient le référentiel absolu et contraignant pour toutes les politiques publiques locales. Ainsi, le gouverneur a mis les maires et les préfets face à leurs responsabilités : les futurs Plans de Développement Communaux (PDC) et Régionaux (PDR) devront s’aligner scrupuleusement sur les orientations de ce schéma national.

En d’autres termes, l’ère des micro‑projets locaux déconnectés de la vision globale est révolue. Le gouvernement togolais exige désormais une cohérence d’ensemble où chaque région joue une partition spécifique, mais indispensable, dans la marche du pays vers 2045. Toutefois, si l’intention politique est forte, le véritable test consistera à doter ces acteurs locaux des ressources financières nécessaires pour transformer cette architecture théorique en chantiers tangibles.

Siou Baliga : inauguration du mausolée de Kléber Dadjo

SIOU BALIGA, 13 août 2026 — La réconciliation nationale ne se décrète pas uniquement dans les textes de loi ; elle se bâtit aussi dans la pierre. En inaugurant cette semaine le mausolée de l’ancien chef de l’État Kléber Dadjo dans son village natal de Siou Baliga, le gouvernement togolais n’a pas seulement coupé un ruban, mais il a achevé une phase décisive de sa stratégie de cohésion sociale et de gouvernance mémorielle.

Pilotée par le Haut‑Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité nationale (HCRRUN), cette cérémonie illustre un virage dans l’administration publique togolaise : l’utilisation concrète des « réparations symboliques » comme instrument politique pour recoudre le tissu social.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo
La réparation institutionnelle au cœur de l’action publique

Par ailleurs, l’édification de ce mausolée s’inscrit dans le troisième volet du programme de réparations de l’État. En réhabilitant officiellement Kléber Dadjo — premier officier de l’armée togolaise et acteur central de la transition politique de 1967 —, l’institution dirigée par Awa Nana Daboya démontre que le traitement des clivages du passé fait désormais partie intégrante de l’agenda gouvernemental.

De plus, la forte mobilisation de l’appareil d’État témoigne de cet enjeu de gouvernance. La présence du président du Sénat, Barry Moussa Barque, agissant au nom du Président du Conseil, accompagné des plus hautes autorités dont le gouverneur de la région de la Kara, le général de brigade Komlan Adjéitowou, souligne la volonté de l’exécutif d’ancrer le récit de l’unité nationale jusque dans les territoires ruraux.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo
L’armée, entre héritage doctrinal et service public de proximité

Si l’événement revêt une dimension politique, il touche également à l’ADN de l’institution militaire. Pour le général de brigade Dimini Allahare, chef d’état‑major général des Forces armées togolaises (FAT), le parcours de Kléber Dadjo — initié sous l’administration coloniale française — doit servir de boussole doctrinale pour une armée moderne appelant au dévouement patriotique.

Toutefois, l’État a veillé à coupler ce devoir de mémoire abstrait à une action administrative tangible. Depuis le 7 août, la Direction centrale du service de santé des armées a été déployée dans la préfecture de Doufelgou afin de mener des consultations et des soins médico‑sanitaires. Cette projection civile et militaire illustre une stratégie claire : consolider la présence de l’État et l’acceptation de son récit historique par la fourniture directe de services publics de base aux populations locales.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo
Transformer l’histoire individuelle en patrimoine d’État

Pacifier l’histoire exige souvent de solder les antagonismes passés. À cet égard, le témoignage livré par le colonel Gnama Latta, ancien directeur de l’Aviation civile, s’est avéré hautement stratégique. En rappelant publiquement que feu le président Gnassingbé Eyadéma avait personnellement facilité l’évacuation sanitaire de Kléber Dadjo, l’orateur a illustré une volonté de continuité étatique, cherchant à effacer l’image des rivalités passées au profit d’une solidarité institutionnelle.

Enfin, soutenue par la parution simultanée d’un ouvrage de référence signé par le chercheur Wiyao Evalo (Le soldat Kléber Dadjo), la démarche de Siou Baliga traduit une maturation de l’ingénierie étatique togolaise. Il ne s’agit plus seulement de se souvenir d’un homme, mais de transformer une figure complexe d’hier en un patrimoine institutionnel commun, capable de légitimer la gouvernance d’aujourd’hui.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo

Togo : Lacs 1 part en guerre contre l’occupation des trottoirs

ANÉHO, 13 août 2026 — En verbalisant les vendeurs ambulants et en saisissant les marchandises étalées sur le bitume cette semaine, la commune des Lacs 1 a franchi un cap décrit par les spécialistes de l’aménagement urbain comme inévitable : le passage de la sensibilisation pédagogique à la contrainte réglementaire.

Terminée l’époque de l’indulgence municipale face au commerce de rue. Du 11 au 13 août 2026, les agents techniques de la mairie, appuyés par la brigade verte de l’Agence Nationale d’Assainissement et de Salubrité Publique (ANASAP), ont mené un vaste coup de filet le long des artères névralgiques de la commune — de la Route Nationale 2 au centre-ville de Yessouvito, en passant par les axes Zébé-Anfoin et Zébé-Aklakou.

L’opération marque le point d’orgue d’un accord-cadre signé le 25 juin dernier à Lomé, scellant l’avènement d’une doctrine de « tolérance zéro » contre l’anarchie spatiale.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1
La crise invisible de la sécurité routière et sanitaire

Si l’occupation illégale de la voie publique est souvent perçue sous l’angle du désordre, elle constitue en réalité un problème majeur de santé et de sécurité publiques. En empiétant sur les trottoirs, les commerces informels forcent les piétons à s’aventurer directement sur la chaussée. Sur des grands axes comme la RN2 — véritable corridor de transit international —, cette cohabitation forcée transforme chaque trajet piétonnier en un risque mortel. Les statistiques régionales le confirment : l’absence d’espaces réservés aux piétons figure parmi les principaux facteurs d’accidents mortels en milieu urbain.

Parallèlement, la descente sur le terrain a mis en lumière une dérive environnementale tout aussi grave : le raccordement clandestin des puisards domestiques aux caniveaux d’eaux pluviales. En détournant les infrastructures d’évacuation, certains riverains ont transformé le réseau collectif en foyers à ciel ouvert de prolifération bactérienne, exacerbant les risques d’épidémies au cœur des quartiers.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1
Pourquoi la pédagogie a échoué : l’impératif de la sanction

Pendant des mois, la municipalité a privilégié la voie du dialogue, organisant des réunions de concertation et des campagnes d’information destinées à avertir les usagers des dangers de l’occupation sauvage. Toutefois, l’échec de ces démarches incitatives illustre un dilemme classique des métropoles en développement : en l’absence de coercition, le gain économique individuel immédiat l’emporte presque toujours sur l’intérêt général.

Face à cette saturation, la mairie des Lacs 1 modifie la structure d’incitation :

  • Incitations financières inversées : la saisie systématique des marchandises (dont les étalages alimentaires non protégés) et leur restitution conditionnée au paiement d’amendes modifient directement le calcul coût-bénéfice des contrevenants.
  • Poursuites judiciaires : la distribution de convocations officielles pour « dégradation volontaire de la voie publique » déplace le litige du simple domaine administratif vers le terrain judiciaire.
  • Responsabilisation environnementale : le colmatage forcé des évacuations illégales remet la salubrité au centre du pacte civique.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1
Le défi de la pérennité : entre autorité et alternatives économiques

Pour le Conseil municipal des Lacs 1, cette offensive vise à prouver que la décentralisation dote enfin les communes togolaises de leviers d’action efficaces. Néanmoins, la véritable épreuve de force ne réside pas dans l’opération de dégagement initiale, mais dans la capacité de la municipalité à maintenir la vacance des espaces reconquis.

Sans alternatives de relocalisation durables pour les petits commerçants et sans patrouilles régulières pour éviter la réinstallation nocturne, les opérations de nettoyage urbain risquent de se heurter à la réalité socio-économique du terrain. La mairie des Lacs 1 parie désormais sur l’exemplarité de la sanction pour instaurer, à terme, un nouveau réflexe de civisme urbain.

Togo : l’ANFCT lance un programme d’urgence sur la fiscalité locale dans le Golfe et l’Avé

LOMÉ, 13 août 2026 — L’Agence nationale de formation des collectivités territoriales (ANFCT) a donné, mercredi 12 août 2026, le coup d’envoi d’un séminaire intensif de trois jours destiné à répondre à l’un des défis majeurs de la décentralisation togolaise : l’autonomie financière des communes.

Organisée à l’hôtel San Paulos, cette session de renforcement des compétences rassemble les équipes décisionnelles et financières des communes du Golfe 7, de l’Avé 1 et de l’Avé 2 autour d’un objectif central : maximiser la collecte des ressources locales pour financer les infrastructures publiques de proximité.

Mairie Golfe 7 - Officiel
© Mairie Golfe 7 - Officiel
Une réponse ciblée au défi du financement local

Placée sous le thème « Mobilisation des ressources financières », cette formation s’inscrit directement dans la feuille de route du Plan national de formation de l’ANFCT. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, entouré notamment de la maire du Golfe 7, Dangbuie Afi Xolali Pascaline, et de son homologue de l’Avé 2, Ayawli Kwaku.

Pendant 72 heures, l’apprentissage réunit l’ensemble de la chaîne financière communale. Maires, présidents de commissions de finances, secrétaires généraux, régisseurs, receveurs municipaux ainsi qu’agents de recouvrement travaillent de concert afin d’harmoniser leurs pratiques.

Les modules de formation couvrent la maîtrise du cadre juridique, l’identification des gisements de recettes fiscales et non fiscales, ainsi que les mécanismes d’accès aux financements extérieurs.

Mairie Golfe 7 - Officiel
© Mairie Golfe 7 - Officiel
Clarifier les rôles pour accroître le rendement fiscal

Piailleurs , le programme met un accent particulier sur la réorganisation des circuits administratifs. L’objectif est de lever les goulots d’étranglement organisationnels en clarifiant les responsabilités de chaque intervenant.

Prenant la parole lors de l’ouverture, le préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, a appelé les cadres municipaux à faire de cette session un levier de performance immédiat. Il a également rappelé à cette occasion que la levée de fonds publics constitue une responsabilité collective conditionnant la qualité des services rendus aux citoyens.

De son côté, la maire du Golfe 7, Dangbuie Afi Xolali Pascaline, a salué l’initiative de l’ANFCT. Par ailleurs il a exhorté les participants à traduire les enseignements théoriques en résultats chiffrés sur le terrain.

Mairie Golfe 7 - Officiel
© Mairie Golfe 7 - Officiel
Un changement de doctrine dans la gestion municipale

À travers cette initiative, l’ANFCT entend transformer le renforcement des capacités en un instrument d’efficacité économique pour les collectivités territoriales.

En somme, cette démarche marque une évolution stratégique dans la gouvernance locale au Togo : au‑delà de la conformité élémentaire comptable, il s’agit désormais de doter les communes de leviers d’investissement autonomes afin de répondre directement aux attentes urgentes des populations à la base.

Blitta : Préfets et gouverneurs en séminaire pour moderniser l’État

À Blitta, les gouverneurs et préfets du Togo ont été invités à revoir leurs méthodes de travail pour rendre l’administration territoriale plus réactive, mieux coordonnée et davantage tournée vers les attentes des citoyens. Réunis les 5 et 6 août 2026, ils ont dressé le bilan du premier semestre et arrêté une feuille de route pour la suite de l’année.

Pendant deux jours, l’administration territoriale togolaise s’est livrée à un exercice qui dépasse le bilan administratif ordinaire. Les 5 et 6 août, gouverneurs et préfets ont confronté leurs expériences de terrain, leurs difficultés et leurs pratiques afin de mieux organiser l’action de l’État au plus près des populations.

Organisé par le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le séminaire national a réuni les premiers représentants de l’État dans les régions et les préfectures. Parmi eux figuraient le gouverneur de la région des Savanes, Affoh Atcha-Dédji, accompagné des préfets de la région, ainsi que le gouverneur de la région Maritime, El Hadj Taïrou Bagbiegue.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Un bilan pour corriger les faiblesses

Ce séminaire constituait avant tout un exercice de vérité. Les participants ont examiné les actions conduites lors des six premiers mois de 2026 et identifié les difficultés qui entravent encore l’efficacité de l’administration territoriale. À l’ouverture des travaux, le ministre de tutelle, le colonel Hodabalo Awaté, a appelé les responsables territoriaux à faire preuve de responsabilité et de lucidité dans l’évaluation de leurs actions.

L’enjeu consiste désormais à passer d’une administration qui exécute à une administration capable d’anticiper, de coordonner et de mesurer les résultats de son action. Les échanges ont notamment porté sur le maintien de l’ordre public, la prévention des crises, l’accompagnement de la décentralisation et la coordination entre les différents services déconcentrés de l’État.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
La proximité comme nouvelle exigence

Derrière ces discussions administratives se dessine une préoccupation plus concrète : rapprocher davantage l’État des citoyens. Les procédures administratives, la coordination des services et le partage des bonnes pratiques ont ainsi occupé une place importante dans les travaux. Une table ronde consacrée aux nouveaux défis du pilotage territorial a également permis d’aborder les exigences liées à une administration de proximité.

Pour les autorités territoriales, cette proximité suppose une meilleure circulation de l’information entre les services centraux et les représentants de l’État sur le terrain. Elle exige aussi une capacité à identifier rapidement les difficultés locales et à apporter des réponses adaptées, sans attendre que les problèmes prennent une dimension plus significative.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Les Savanes misent sur le partage d’expériences

La participation du gouverneur des Savanes et des préfets de la région s’inscrit dans cette logique de mutualisation des expériences. Dans une région où les enjeux territoriaux exigent une coordination constante des services publics, l’échange de pratiques peut constituer un levier pour améliorer le fonctionnement de l’administration.

Le séminaire a ainsi permis aux responsables territoriaux de confronter leurs méthodes et de tirer des enseignements des expériences conduites dans différentes régions et préfectures. Cette dynamique doit également contribuer à consolider les acquis et à harmoniser les pratiques administratives à l’échelle nationale.

Gouvernorat Région des Savanes
© Gouvernorat Région des Savanes
Une feuille de route pour le second semestre

Les deux journées de travaux se sont conclues par l’adoption d’une feuille de route assortie de recommandations opérationnelles. Celles-ci visent notamment à renforcer la coordination entre les services centraux et les autorités déconcentrées, à harmoniser les pratiques administratives et à améliorer le pilotage territorial de l’action publique.

À travers cette démarche, le gouvernement entend faire des gouvernorats davantage que de simples relais administratifs. Ils doivent devenir de véritables centres d’impulsion capables de traduire les politiques publiques en actions concrètes sur le terrain.

Le défi du second semestre sera désormais de transformer les recommandations de Blitta en résultats mesurables dans les régions et les préfectures. C’est à cette condition que la volonté d’une administration plus proche, plus réactive et davantage orientée vers les citoyens pourra se traduire dans les faits.

PIA Togo : Madagascar s’inspire du modèle industriel

La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a accueilli, mardi 11 août 2026, une délégation malgache venue s’imprégner de l’expérience togolaise en matière de développement agropastoral, de transformation industrielle et d’accompagnement des investisseurs. Une visite qui place le partage d’expériences au cœur du rapprochement économique entre Lomé et Antananarivo.

La coopération économique entre le Togo et Madagascar s’est déplacée, mardi, sur le terrain industriel. À la Plateforme industrielle d’Adétikopé, une délégation malgache a entamé une visite d’immersion consacrée au développement agropastoral et à la transformation des chaînes de valeur.

Accueillis par Idiola Sandah, Administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA, et son équipe, les visiteurs ont consacré cette première journée à la découverte du modèle développé autour de cette zone industrielle.

L’objectif était avant tout de comprendre comment la PIA organise son écosystème, accompagne les investisseurs et articule les différents services nécessaires au développement des activités industrielles, au‑delà de la visite des installations.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
De l’expérience togolaise à l’observation malgache

La délégation a d’abord été introduite à l’historique de la Plateforme industrielle d’Adétikopé, à son fonctionnement et à son environnement économique. Cette étape a permis aux participants de mieux comprendre les mécanismes qui structurent la plateforme et les différents acteurs qui interviennent dans le parcours des investisseurs.

Mais c’est surtout le fonctionnement du Guichet unique qui a constitué l’un des temps forts de cette première journée. Les échanges ont associé plusieurs administrations, parmi lesquelles les services des Impôts, l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), la Douane et l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF).

À travers ces rencontres, la délégation malgache a pu examiner les dispositifs mis en place par le Togo pour réduire les contraintes administratives et faciliter l’installation et les activités des investisseurs.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
Le « Guichet unique », pièce maîtresse de l’accompagnement

La présence de plusieurs administrations autour de cette immersion souligne un enjeu central : l’environnement des affaires ne repose pas uniquement sur la disponibilité d’infrastructures industrielles. Il dépend également de la capacité de l’administration à simplifier les procédures, coordonner ses services et offrir aux opérateurs économiques un parcours plus lisible.

Impôts, douanes, environnement et promotion des investissements ont ainsi présenté leurs mécanismes d’intervention et leurs dispositifs d’accompagnement. Pour la délégation malgache, cette approche offre un aperçu concret de l’organisation institutionnelle mise en place autour de la PIA.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
Un dialogue qui dépasse la simple visite

Cette journée ouvre désormais la voie à des échanges plus orientés vers les expériences et les pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte malgache. Le développement agropastoral et la transformation des chaînes de valeur constituent en effet des secteurs où les deux pays peuvent confronter leurs savoir‑faire, notamment en matière de production, de transformation, de valorisation et d’accès aux marchés.

Le Togo expose son modèle ; Madagascar observe, questionne et confronte cette expérience à ses propres réalités. De ces échanges peuvent émerger des pistes de coopération ou d’adaptation dans le domaine de l’industrialisation des filières agropastorales. Pour Lomé comme pour Antananarivo, cette journée aura surtout servi à poser les bases d’un dialogue économique fondé sur le partage d’expériences et la recherche de solutions concrètes.

Naufrage sur le lac Kariba au Zimbabwe : 15 morts, 27 disparus et 77 rescapés

les opérations de recherche se poursuivent sur le au Zimbabwe, après le chavirement mardi 11 août d’un bateau de transport. Une quinzaine de corps ont déjà été repêchés, tandis qu’au moins 27 personnes restent portées disparues, selon les secours zimbabwéens.

Le lac Kariba a basculé dans le drame. Mardi 11 août, un bateau de transport a chaviré sur les eaux de ce vaste réservoir situé à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. Au lendemain de l’accident, les secours poursuivaient leurs recherches alors que le bilan humain demeurait encore incertain. Les autorités zimbabwéennes ont annoncé mercredi 12 août la découverte d’une quinzaine de corps. Elles font également état d’au moins 27 personnes portées disparues.

Une embarcation largement au-delà de sa capacité

Le bateau assurait la liaison entre la ville de Kariba et plusieurs îles ainsi que des villages de pêcheurs installés sur le lac. Selon l’Unité de protection civile zimbabwéenne (CPU), le navire avait une capacité théorique de 90 personnes.

Pourtant, au moment du chavirement, il transportait 5 membres d’équipage et 114 passagers adultes. À cet effectif s’ajoutait un nombre encore indéterminé d’enfants qui, selon les autorités, n’avaient pas l’âge requis pour disposer d’un billet. Le nombre de personnes présentes à bord dépassait donc déjà largement la capacité annoncée du navire, un élément qui pourrait peser dans les investigations destinées à établir les circonstances précises du drame.

Les recherches se poursuivent

Selon les premières informations relayées par les médias locaux, le bateau aurait chaviré sous l’effet de conditions météorologiques difficiles, marquées notamment par de fortes vagues. Les opérations de secours se sont rapidement concentrées sur la recherche des passagers tombés dans les eaux du lac. Soixante-dix-sept personnes ont pu être secourues, avant d’être conduites vers Long Island, située au milieu du lac.

Les autorités ont également renforcé le dispositif de recherche. Un hélicoptère a transporté une unité spécialisée dans la plongée pour poursuivre les opérations sur le site du naufrage. Le bilan pourrait donc encore évoluer dans les prochaines heures, alors que les équipes de secours tentent de retrouver les personnes toujours portées disparues.

Un accident sur un lac aux dimensions hors normes

Situé à plus de 300 kilomètres au nord-ouest de Harare, le lac Kariba est bien plus qu’une étendue d’eau utilisée pour la pêche et le transport local. Créé à la suite de la construction du barrage de Kariba sur le fleuve Zambèze, il s’étend sur une vaste superficie entre le Zimbabwe et la Zambie.

Les spécialistes considèrent le lac Kariba comme le plus grand lac artificiel du monde en volume. D’ailleurs son immensité ajoute une difficulté supplémentaire aux opérations de secours. Les distances, les conditions météorologiques et la profondeur du réservoir compliquent les recherches.

Mercredi, au lendemain du chavirement, l’urgence restait donc double : retrouver les disparus et établir les circonstances exactes dans lesquelles une embarcation conçue pour 90 personnes s’est retrouvée à transporter un nombre nettement supérieur de passagers.

Togo : vers un budget sensible au genre

Après la budgétisation verte, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique s’attaque à un autre angle mort des finances publiques : leur impact différencié sur les femmes et les hommes. Un atelier de formation de cinq jours prépare les cadres du département à élaborer leur tout premier Document de budgétisation sensible au genre (DBSG), attendu au quatrième trimestre 2026.

Un budget ne se contente pas de répartir des crédits : selon la manière dont les dépenses sont exécutées, elles peuvent creuser ou réduire les inégalités. C’est précisément cette réalité que le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique (MEVS) entend désormais intégrer dans ses arbitrages.

Réunis depuis lundi 10 août, ses cadres travaillent, à la Direction générale des études et analyses économiques (DGEAE), au CASEF, sur la budgétisation sensible au genre (BSG). La formation s’achèvera le 14 août, mais son véritable objectif se situe plus loin : préparer le DBSG 2027, premier exercice de ce type pour ce ministère créé en octobre 2025.

Ministère des Finances et du Budget Togo
© Ministère des Finances et du Budget Togo

Passer du principe à la mécanique budgétaire

Représentant le ministre Badanam Patoki à l’ouverture, le directeur général de la DGEAE, Ahodo Tchamdja, a replacé la démarche dans le processus de réforme des finances publiques.

Le chantier consiste surtout à donner aux cadres des outils opérationnels. Pendant cinq jours, ils doivent notamment apprendre à identifier et marquer les dépenses sensibles au genre, analyser les données ventilées par sexe et appliquer la méthodologie permettant de construire un document budgétaire intégrant cette dimension. L’enjeu n’est donc plus de proclamer l’égalité, mais de la lire dans les chiffres du budget.

Ministère des Finances et du Budget Togo
© Ministère des Finances et du Budget Togo

Un premier test pour le jeune ministère

Cette approche s’inscrit dans la dynamique engagée par le Togo depuis 2021 pour introduire progressivement le document budgétaire sensible au genre dans les différents ministères.

Pour le MEVS, l’exercice revêt une portée particulière. Créé en octobre 2025, le département doit désormais construire ses propres mécanismes de planification budgétaire tout en intégrant les exigences nouvelles liées à l’équité entre les sexes. Le ministère entend ainsi inscrire cette dimension à différentes étapes du cycle budgétaire : de la programmation au suivi‑évaluation, en passant par la conception des politiques et des réformes économiques.

La difficulté sera de passer d’une logique administrative à une lecture plus fine de la dépense publique. Combien une politique coûte‑t‑elle ? Mais surtout, à qui profite‑t‑elle et avec quels effets sur les femmes et les hommes ? C’est à cette seconde question que le futur DBSG devra apporter des éléments de réponse.

Ministère des Finances et du Budget Togo
© Ministère des Finances et du Budget Togo
Des données pour mesurer les écarts

La formation est conduite par deux expertes du ministère des Finances et du Budget, Hoafoa Amé Mawussé épouse Akomegni et Amegadzé Essianyo Marcelle. La première, également point focal national de la budgétisation sensible au genre, considère la BSG comme un instrument permettant d’intégrer les besoins différenciés des femmes et des hommes dans les politiques publiques.

L’objectif de l’atelier est donc double : renforcer les compétences des cadres et les préparer à produire leur propre document budgétaire. Le travail sur les données occupera une place centrale. L’analyse sexo‑désagrégée des effectifs doit notamment permettre de mieux identifier les éventuels déséquilibres et de disposer d’une base objective pour orienter les décisions.

Ministère des Finances et du Budget Togo
© Ministère des Finances et du Budget Togo
Du climat à l’équité : une modernisation décisive du budget

Cette nouvelle étape intervient une semaine seulement après un atelier consacré à la budgétisation verte. Ce rapprochement n’est pas anodin : le MEVS cherche à faire évoluer le budget d’un simple instrument comptable vers un outil de pilotage intégrant plusieurs dimensions du développement durable.

Après l’environnement, le genre entre ainsi dans le champ de cette modernisation. Mais la prochaine échéance sera décisive : la formation ne constitue qu’une étape préparatoire. L’élaboration effective du DBSG 2027 est annoncée pour le quatrième trimestre 2026.

À ce moment‑là, les acquis des cinq jours de formation devront se traduire dans les lignes budgétaires, les indicateurs et les choix de dépenses. Le véritable test commencera donc après la salle de formation : faire en sorte que l’égalité entre les femmes et les hommes ne reste pas un principe affiché dans les politiques publiques, mais devienne une donnée mesurable dans l’allocation des ressources de l’État.

Omar Artan : premier arbitre africain en Supercoupe UEFA

Rejeté par la FIFA et les autorités américaines avant le Mondial 2026, l’officiel somalien de 34 ans entre dans l’histoire ce mercredi 12 août à Salzbourg. Il deviendra le premier arbitre non européen à diriger la prestigieuse Supercoupe de l’UEFA opposant le Paris Saint‑Germain à Aston Villa.

Du purgatoire diplomatique aux sommets du football européen, la trajectoire d’Omar Abdulkadir Artan ressemble à un retournement de situation magistral. Arrivé ce lundi 10 août sur le sol autrichien, l’arbitre international somalien s’apprête à marquer l’histoire de la discipline. Ce mercredi soir, sur la pelouse de Salzbourg, il donnera le coup d’envoi du choc au sommet entre le Paris Saint‑Germain et Aston Villa.

Cette désignation constitue une première absolue : Omar Artan deviendra le tout premier arbitre non européen à officier lors de la Supercoupe de l’UEFA. Une consécration majeure pour le corps arbitral africain, mais surtout une revanche retentissante pour un homme que l’on croyait écarté des grands rendez‑vous internationaux.

Rebond au sommet après le camouflet international

Il y a encore peu de temps, l’horizon du jeune officiel semblait pourtant assombri. Sélectionné pour arbitrer lors de la Coupe du monde 2026, Omar Artan avait vu son rêve s’effondrer brutalement après s’être vu refuser l’entrée sur le territoire des États‑Unis. Dans la foulée de cet imbroglio administratif, la Confédération africaine de football (CAF) et la FIFA avaient choisi de le retirer de leurs listes, le laissant sur la touche au moment le plus crucial de sa carrière.

Désormais, en lui confiant les rênes d’une affiche aussi prestigieuse, l’UEFA offre à Artan une tribune d’exception et envoie un signal fort sur la scène internationale. Ce mercredi, dans le rond central de Salzbourg, les yeux ne seront pas uniquement rivés sur les vedettes du PSG et d’Aston Villa : ils accompagneront aussi les premiers pas historiques d’un homme qui a su transformer une injustice en rendez‑vous avec la légende.