Sous les murs blancs de l’hôpital de référence Dogta‑Lafiè, l’émotion et l’espoir vibrent dans l’air. Depuis le 3 mai 2026, cet établissement accueille une campagne nationale gratuite de chirurgie cardiovasculaire, une première dans l’histoire médicale du Togo. L’équipe médicale prend en charge dix patients souffrant de pathologies cardiaques opérables. Grâce à un dispositif de circulation extracorporelle récemment acquis, les chirurgiens opèrent même certains d’entre eux à cœur ouvert.
Cette avancée n’est pas seulement technique : elle symbolise une nouvelle ère pour la santé publique togolaise. La mission prévoit dix interventions de chirurgie cardiaque lourde, dont certaines à cœur ouvert—une prouesse rendue possible grâce à l’acquisition d’un dispositif de circulation extracorporelle indispensable pour ce type de haute technicité.
Ainsi, pour la première fois, des équipes locales réalisent des opérations d’une telle complexité sur le sol national, épaulées par des spécialistes venus du Sénégal et du Burkina Faso. Dans les salles de réanimation, les visages des patients opérés témoignent déjà d’une victoire silencieuse contre la fatalité.
Par ailleurs, le vendredi 8 mai, le ministre de la Santé, Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi, s’est rendu sur place pour constater de visu les progrès réalisés. Dans les couloirs, il a échangé avec les familles, encouragé les équipes et salué les résultats. « Cette journée marque une étape importante pour la santé publique dans notre pays. Avec cette mission, le Togo réalise des interventions de chirurgie cardiaque, une première nationale », a‑t‑il déclaré, soulignant l’évolution favorable des patients.
Fin des évacuations : la montée en puissance des compétences locales
Au‑delà des chiffres, cette campagne illustre la montée en puissance des compétences locales. Les chirurgiens togolais le prouvent : avec un plateau technique adapté et des équipements aux standards internationaux, ils réalisent désormais sur place des opérations qui exigeaient autrefois une évacuation sanitaire à l’étranger. Le ministre a rappelé que cette avancée s’inscrit dans la vision du Président Faure Essozimna Gnassingbé : renforcer le plateau technique des hôpitaux et garantir l’accès des populations à des soins spécialisés de qualité.
Mais l’importance de cette initiative dépasse l’hôpital Dogta‑Lafiè. Dans un pays où les maladies cardiovasculaires représentent une menace croissante, cette campagne gratuite incarne une réponse concrète aux inégalités d’accès aux soins. Elle redonne confiance aux familles, réduit les coûts liés aux évacuations sanitaires et place le Togo sur la carte des nations capables d’affronter les défis de la chirurgie cardiaque.
Le gouvernement entend pérenniser cette dynamique en renforçant les capacités techniques et en mobilisant davantage de moyens. Pour les patients, les médecins et les décideurs, cette campagne n’est pas seulement une opération médicale : c’est un jalon historique vers un système de santé plus inclusif, moderne et résilient, au service de la vie et de l’avenir du pays.
Sous le soleil de Kampala, les sourires officiels et la chaleur des poignées de main cachent à peine la gravité des dossiers africains. Le mardi 12 mai 2026, le président du Conseil a posé ses valises en Ouganda. Invité d’honneur à la cérémonie d’investiture du président Yoweri Museveni, réélu le 15 janvier dernier, Faure Gnassingbé est venu célébrer un allié, mais surtout accélérer une mission humaine et vitale pour des millions d’Africains : le retour de la paix dans la région des Grands Lacs.
Il y avait la ferveur des grands jours, mardi, dans la capitale ougandaise. Une effervescence républicaine rythmée par les chants traditionnels et les parades militaires. Placée sous le thème officiel « Protéger les acquis et franchir un cap qualitatif vers le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur », la cérémonie a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains, ainsi que des délégations venues d’Europe, d’Asie et d’Amérique.
Mais au-delà du faste et des discours officiels, c’est une complicité humaine et politique de longue date qui s’est affichée entre Faure Gnassingbé et son homologue ougandais. En transmettant ses vœux de plein succès à Yoweri Museveni pour ce nouveau mandat, le président du Conseil a scellé un partenariat de confiance. Une fraternité saluée par le président ougandais, qui a vu dans ce déplacement le signe indéfectible de l’excellence des relations économiques et politiques entre Lomé et Kampala.
Les Grands Lacs en toile de fond : la diplomatie du dialogue
Derrière les sourires de la tribune d’honneur, les réalités sécuritaires du continent n’ont pas tardé à rattraper les deux hommes. Cette visite à Kampala n’était pas qu’un acte de courtoisie républicaine ; elle portait également le poids d’une urgence humanitaire.
En sa qualité de médiateur de l’Union africaine (UA) pour la crise qui endeuille l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), Faure Gnassingbé sait que chaque minute gagnée sur le terrain de la diplomatie est une vie épargnée. À Kampala, il a profité de cette tribune pour réaffirmer son engagement total à poursuivre, sans relâche, les consultations avec tous les acteurs de la région des Grands Lacs.
Face à ce défi, l’Ouganda reste un verrou stratégique. Connaisseur historique des dynamiques politiques locales, le président Museveni a tenu à rendre un vibrant hommage à la « diplomatie constructive » de Faure Gnassingbé. Une méthode togolaise qui a aussi fait ses preuves, résolument tournée vers le dialogue discret, l’écoute mutuelle et le refus des postures belliqueuses.
Dans les couloirs de la présidence ougandaise, on rappelle que les deux chefs d’État se connaissent bien. Leur dernière séance de travail en tête-à-tête ne remonte qu’au 3 février 2026, dans la ville d’Entebbe. Cette proximité et cette régularité des échanges montrent à quel point le Togo s’est imposé comme un facilitateur indispensable et un contributeur actif à la paix sur l’échiquier africain.
Alors que les lampions de la fête se sont éteints à Kampala, la mission, elle, continue. Pour le président du Conseil, le retour à Lomé se fera avec la certitude d’avoir consolidé un pont solide entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est, au service d’une cause commune : la stabilité et le développement du continent. Finalement, cette mission diplomatique traduit une nouvelle fois la volonté du Togo de contribuer activement aux efforts africains de consolidation de la paix et de promotion d’une gouvernance concertée.
En visite au Port autonome de Lomé, la ministre adjointe allemande des Affaires étrangères, Serap Güler, a échangé avec les autorités togolaises sur les perspectives de coopération dans les secteurs portuaire et logistique. Une rencontre placée sous le signe de la continuité historique et des ambitions communes en matière de modernisation, de connectivité et de transition écologique.
Le Togo et l’Allemagne entendent renforcer davantage leur partenariat stratégique dans le domaine des transports et de la logistique. Reçue ce mercredi 13 mai 2026 au Port autonome de Lomé par le Ministre délégué à l’Économie maritime , Kokou Edem Tengue, la ministre adjointe au ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, Serap Güler, a découvert les performances du principal hub portuaire ouest-africain ainsi que les nouveaux défis qui attendent les deux partenaires.
Pour Kokou Edem Tengue, cette visite s’inscrit dans la continuité d’une relation historique entre le Togo et l’Allemagne. Le Ministre délégué à l’Économie maritime a rappelé que la coopération germano-togolaise dans le secteur des transports figure parmi les plus anciennes et les plus structurantes du pays.
Des premiers réseaux ferroviaires construits au début du XXᵉ siècle jusqu’aux corridors logistiques reliant aujourd’hui les pays sahéliens, Berlin a accompagné plusieurs étapes majeures du développement des infrastructures togolaises.
Le membre du gouvernement a notamment évoqué la construction du Port autonome de Lomé, inauguré en 1968 grâce à l’appui déterminant de partenaires allemands, dont la banque de développement KfW et l’entreprise Hochtief.
Le Port autonome de Lomé, vitrine des ambitions logistiques du Togo
Au cours de cette visite, les autorités togolaises ont mis en avant les performances actuelles du Port autonome de Lomé. Devenu le premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest, le PAL s’impose également comme le seul port naturel en eau profonde de la façade ouest-africaine.
Grâce à sa position stratégique, l’infrastructure constitue aujourd’hui une plateforme logistique majeure pour plus de 80 millions de consommateurs de l’hinterland sahélien.
Les discussions entre les deux parties ont porté sur plusieurs priorités stratégiques, notamment la décarbonation des activités portuaires, la numérisation des opérations logistiques, la formation professionnelle aux métiers d’avenir ainsi que le renforcement de la connectivité multimodale avec les pays enclavés du Sahel.
Modernisation et transition écologique au cœur des priorités
Les autorités togolaises affichent désormais leur volonté de concilier performance économique et responsabilité environnementale. Pour Kokou Edem Tengue, cette nouvelle phase de coopération doit permettre d’accompagner les mutations du secteur maritime mondial tout en consolidant la compétitivité du Port autonome de Lomé.
Le ministre a souligné que cette dynamique s’inscrit dans la vision impulsée par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, fondée sur l’excellence opérationnelle et la durabilité environnementale.
Cette visite confirme la volonté de Lomé et Berlin de bâtir une coopération portuaire tournée vers l’innovation et les défis logistiques de demain. Entre héritage historique et ambitions nouvelles, le partenariat germano‑togolais s’impose plus que jamais comme un levier stratégique pour renforcer l’intégration régionale et accélérer la transformation économique du Togo.
Lomé, 12 mai 2026 – Le Togo accueille depuis ce lundi une délégation malienne venue partager et s’imprégner des pratiques togolaises en matière de droits humains. Conduite par Mme Marie Thérèse Dansoko, conseillère technique au ministère malien de la Justice, et par M. Abdoul Karim Diarra, directeur national des droits de l’Homme, cette mission de six jours illustre la montée en puissance des coopérations institutionnelles africaines dans un domaine sensible : la gouvernance des droits fondamentaux.
Au nom du Garde des Sceaux togolais, le Secrétaire général Anathère Talim a ouvert les travaux en saluant la confiance accordée à l’expertise nationale. Pour Lomé, cette visite confirme la reconnaissance régionale de ses dispositifs, notamment la Commission interministérielle de rédaction des rapports et le mécanisme national de suivi des violations des droits humains. Ces structures, souvent citées comme modèles, traduisent la volonté du Togo de consolider une gouvernance institutionnelle crédible et transparente.
La délégation malienne a clairement affiché ses objectifs : renforcer les capacités de la jeune Direction nationale des droits de l’Homme, encore en phase de structuration. Après une mission similaire au Cameroun en mars, Bamako poursuit une stratégie d’apprentissage comparatif, cherchant à adapter des outils opérationnels éprouvés à son propre contexte. Cette démarche illustre une dynamique régionale où les administrations africaines privilégient désormais le partage d’expériences plutôt que l’importation de modèles extérieurs.
Au programme figurent des présentations thématiques, des visites de terrain et des rencontres avec la Commission nationale des droits de l’Homme. L’approche retenue met l’accent sur la transparence, l’échange d’expériences et l’appropriation progressive des mécanismes. Pour les deux pays, l’enjeu dépasse la simple formation : il s’agit en effet de consolider une culture institutionnelle commune, capable de répondre aux défis régionaux liés à la protection des droits humains.
Cette mission s’inscrit dans un contexte où les États africains cherchent à renforcer leur crédibilité internationale en matière de droits humains, tout en développant des solutions adaptées aux réalités locales. En multipliant les échanges bilatéraux, le Togo et le Mali posent aussi les bases d’une coopération durable, fondée sur la confiance et la complémentarité.
La haute sphère du football s’était donné rendez-vous ce lundi 11 mai 2026 au Pavillon d’Armenonville, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris. Dès 21 heures, la 34ᵉ cérémonie des Trophées UNFP a déroulé son tapis rouge pour célébrer le gotha du football français. Entre la consécration historique d’Ousmane Dembélé, l’avènement de la jeunesse et l’immense frisson d’émotion provoqué par Didier Drogba, le football a dévoilé son visage le plus humain : celui du talent, des larmes et de la transmission.
Il y avait du beau monde, des costumes de créateurs et des sourires étincelants sous les lustres du Pavillon d’Armenonville. Diffusée en direct et en clair sur la chaîne L’Équipe ainsi que sur Prime Video, la grand-messe du syndicat des joueurs professionnels (UNFP) a tenu toutes ses promesses. Mais au-delà des paillettes et du protocole, ce sont surtout des trajectoires humaines qui ont marqué les esprits.
Ousmane Dembélé, le génie insaisissable au sommet de la Ligue 1
Le grand gagnant de la soirée ne cachait pas sa fierté. Pour la deuxième année consécutive, l’attaquant vedette du Paris Saint-Germain, Ousmane Dembélé, a été sacré Meilleur joueur de Ligue 1. Un doublé historique qui l’installe définitivement au panthéon des magiciens du championnat, succédant avec brio à l’ère Mbappé.
Toujours aussi imprévisible balle au pied, le Parisien ne s’est pas arrêté là. Il est également reparti avec le trophée du plus beau but de la saison, témoignage d’une année où son efficacité a enfin rattrapé son génie créatif.
À ses côtés, la relève parisienne a aussi confirmé tout son potentiel. Le jeune milieu offensif Désiré Doué a été élu Meilleur espoir de Ligue 1, symbole de l’émergence d’une nouvelle génération dorée prête à bousculer la hiérarchie du football français.
Le grand moment d’émotion : l’hommage au grand cœur de Didier Drogba
Si les récompenses sportives ont fait vibrer la salle, c’est une distinction extra-sportive qui a provoqué l’ovation la plus intense de la soirée. Lorsque le nom de Didier Drogba a résonné pour recevoir le Trophée citoyen, également appelé Prix de l’engagement humanitaire, les 1 200 invités se sont levés d’un seul mouvement.
L’ancien attaquant de Chelsea et de l’Olympique de Marseille, véritable icône du football africain, a reçu une distinction pour le travail de sa fondation en faveur de l’éducation, de la santé et de la paix en Côte d’Ivoire, mais aussi dans plusieurs pays africains. Sur scène, Didier Drogba a laissé transparaître une vive émotion. Les larmes aux yeux, il a rappelé que le football restait un jeu capable, pourtant, de transformer des vies et de porter des causes essentielles. Un message fort qui a rappelé à toute l’assistance les valeurs de solidarité et de transmission.
La cérémonie a mis en lumière les techniciens de l’ombre et les talents français qui brillent à l’étranger. Pierre Sage, entraîneur du RC Lens, a décroché le trophée de Meilleur entraîneur de Ligue 1, tandis que Robin Risser (RC Lens) s’est imposé comme Meilleur gardien du championnat.
À l’international, Michael Olise, ailier du Bayern Munich, a remporté le prix de Meilleur joueur français évoluant à l’étranger grâce à une saison remarquable en Bundesliga.
Le football féminin a également célébré ses reines : la meilleure joueuse de l’Arkema Première Ligue a eu une distinction, tout comme la meilleure espoir et la meilleure gardienne, preuve que la relève et les piliers du football féminin français s’imposent désormais sur la scène nationale.
De son côté, la Ligue 2 BKT a sacré ses grands patrons : au-delà du lob somptueux de Dame Gueye (Le Mans FC), le meilleur joueur, le meilleur gardien et le meilleur entraîneur de la division ont reçu une récompense, confirmant que la deuxième division reste un vivier de talents et de tacticiens.
Les arbitres ont aussi reçu leurs distinctions : le meilleur arbitre central de Ligue 1 et les meilleurs assistants ont été honorés sous les applaudissements, un moment de respect mutuel entre joueurs et officiels.
Enfin, l’équipe type de la saison a révélé son “onze d’or”. Sans surprise, le Paris Saint‑Germain, champion de France, a dominé cette sélection avec Ousmane Dembélé et Désiré Doué, épaulés par les meilleurs éléments du RC Lens, de l’OL et du LOSC.
La nuit s’est prolongée tard dans les salons parisiens, entre séances photo et accolades chaleureuses. Des stars d’hier aux visages prometteurs de demain, la grande famille du football français a prouvé, le temps d’une soirée, que sa plus belle performance demeurait son humanité.
Le jeudi 7 mai 2026, le président du Conseil, chef suprême des armées, s’est rendu sur la ligne de front de l’opération Koundjoaré, dans l’extrême nord du Togo. Entre l’extrémisme violent qui frappe aux portes de la région des Savanes et la nécessité de galvaniser des troupes éprouvées par une guerre d’usure, cette visite s’est déroulée au plus près du danger. Un déplacement où chaque minute compte, et où le vrombissement des pales d’hélicoptère brise un silence chargé de menaces.
Dans cette bande frontalière où la poussière de l’harmattan laisse progressivement place aux premières chaleurs étouffantes de mai, la frontière n’est pas qu’une simple ligne tracée sur une carte. C’est une zone de tension permanente. Ici, l’ennemi n’a ni visage ni uniforme, mais sa présence se devine derrière chaque buisson et chaque relief rocheux. C’est dans ce décor hostile, là où le Togo mène l’une de ses batailles les plus cruciales pour son intégrité territoriale, que Faure Gnassingbé a choisi de se rendre aux environs de 10 heures, ce jeudi-là.
Accueilli à sa descente d’hélicoptère par le colonel Latiémbé Kombaté, commandant supérieur de l’opération Koundjoaré, le chef de l’État n’est pas venu pour une simple revue de troupes. L’heure est grave. L’environnement sécuritaire régional est jugé « préoccupant » par la haute hiérarchie militaire, et chaque décision prise sur le terrain engage des vies humaines.
Dans le secret du Poste de Commandement, décoder la menace
La première étape de cette immersion s’est déroulée à huis clos, dans l’atmosphère confinée du Poste de Commandement Opérationnel (PCO). Cartes satellites déployées et rapports de renseignements à l’appui, le président du Conseil a suivi un briefing détaillé sur l’évolution de la menace sécuritaire.
Les officiers ont décrit la réalité du terrain : guerre asymétrique, engins explosifs improvisés (IED), tentatives d’infiltration de groupes armés terroristes venus du Sahel et difficulté permanente de sécuriser des centaines de kilomètres de frontières poreuses.
Face à ces défis, le chef suprême des armées a écouté attentivement les responsables militaires, multipliant les questions sur les contraintes opérationnelles et matérielles rencontrées par les hommes engagés sur le front. Il a ensuite insisté sur la nécessité d’une adaptation constante : renforcer les dispositifs de sécurité, optimiser la réactivité des unités et accroître l’efficacité opérationnelle afin de réduire au maximum les vulnérabilités.
Tchamonga, la caisse à sable et le grand frisson du front
La séquence la plus symbolique de cette visite restait toutefois à venir. Le chef de l’État a repris les airs en direction de l’Est pour rejoindre le poste opérationnel avancé (POA) de Tchamonga, situé dans la bande frontalière directe.
Ici, la réalité du terrain prend une dimension plus concrète encore. Devant une « caisse à sable » — maquette tactique utilisée pour simuler les positions ennemies — le président s’est fait présenter les mécanismes des patrouilles et les scénarios d’intervention déployés dans cette zone sensible.
Puis est venu le moment du face-à-face avec les soldats. Des visages marqués par les nuits de veille, les conditions climatiques difficiles et la pression constante du terrain, mais des regards déterminés. Prenant la parole, Faure Gnassingbé a salué le sens élevé du devoir et du sacrifice des forces engagées, conscientes que plusieurs de leurs camarades ont déjà payé de leur vie le prix de la sécurité nationale.
Il a exhorté les troupes à maintenir une vigilance permanente face à une menace mouvante et imprévisible, tout en réaffirmant le soutien total de la haute hiérarchie militaire.
Le président du Conseil a également rappelé que les besoins des forces engagées sont progressivement pris en compte à travers le renforcement des équipements et des capacités opérationnelles. Un message destiné à soutenir le moral des hommes déployés sur cette ligne de front stratégique.
Les deux piliers de Koundjoaré : Le fusil et la résilience
Pourquoi cette visite est-elle si cruciale aujourd’hui ? Parce que la bataille des Savanes ne se gagnera pas uniquement à coups de fusils d’assaut. Elle se joue aussi dans les esprits et dans le quotidien des populations locales, cibles privilégiées de l’endoctrinement terroriste.
Le déplacement présidentiel a mis en lumière l’approche globale, ou « holistique », développée par le gouvernement togolais pour contrer la contagion sécuritaire :
Si l’opération Koundjoaré forme le bouclier militaire indispensable, l’État déploie parallèlement plusieurs programmes destinés à renforcer la résilience des populations locales :
Le PURS (Programme d’Urgence pour la Région des Savanes) : Apporter l’eau potable, l’électricité, des écoles et des routes aux populations pour éviter que la pauvreté ne devienne le lit de l’extrémisme.
Le CIPLEV : Ce comité interministériel travaille main dans la main avec les chefs traditionnels et les jeunes pour repérer les signes de radicalisation et renforcer la cohésion sociale.
Cette visite sur le front a également permis de mettre en avant la coopération sécuritaire entre le Togo et les pays voisins, notamment le Bénin et le Burkina Faso. Les autorités togolaises estiment que la lutte contre l’extrémisme violent ne peut être efficace sans une coordination régionale renforcée.
Dans une Afrique de l’Ouest marquée par les recompositions géopolitiques et les fragilités sécuritaires, la stabilisation du nord du Togo dépasse désormais le simple cadre national.
En se rendant à Tchamonga, au plus près des unités engagées, Faure Gnassingbé a voulu adresser un message clair : le Togo entend maintenir la pression face aux groupes armés et préserver l’intégrité de son territoire, malgré un contexte régional particulièrement instable.
Le samedi 2 mai 2026, les ruelles chargées de mémoire de Togoville, berceau historique du pays, ont résonné des pas de deux visiteurs de marque : l’ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau, et l’ambassadrice de Turquie, Deniz Erdoğan Barım. Une visite qui fait office de coup de projecteur sur cette presqu’île mystique, au moment même où la commune lance un vaste plan pour réinventer son tourisme.
Pour comprendre le Togo, il faut un jour poser le pied à Togoville. C’est ici, sur les rives du lac Togo, qu’une partie du destin national s’est nouée. Et c’est précisément ce riche patrimoine, mêlant histoire coloniale, traditions animistes et artisanat local, que la municipalité a souhaité faire découvrir à ses hôtes d’un jour.
La visite s’est déroulée sous les meilleurs auspices. Pour guider les deux diplomates, le maire de la commune, Dominique Godfroy Tomegah, a pu compter sur une présence de poids : celle de Victoire Tomegah Dogbé, ancienne Première ministre du Togo, venue soutenir cette initiative de valorisation locale dans sa région d’origine.
Un voyage sensoriel à travers les symboles de la cité
Pendant plusieurs heures, la délégation a sillonné les sites emblématiques qui façonnent l’identité singulière de Togoville :
Le monument de l’amitié germano-togolaise, rappel historique du traité de protectorat signé en 1884 entre le roi Mlapa III et l’explorateur allemand Gustav Nachtigal.
Les arbres jumeaux et la statue du conflit de génération, lieux hautement symboliques qui incarnent la sagesse et les tensions intergénérationnelles.
Le centre artisanal « Adanu », vitrine du savoir-faire local où la transmission des techniques traditionnelles demeure essentielle.
Pour clore cette immersion, les ambassadeurs et leur délégation ont embarqué à bord d’une barque motorisée moderne pour une traversée paisible des eaux du lac Togo, s’offrant ainsi un panorama saisissant sur la cité historique.
Cette visite diplomatique n’a rien d’anodin. Elle intervient au moment où Togoville, sous l’impulsion de son maire, élabore une ambitieuse stratégie de développement touristique destinée à structurer le secteur et à attirer des visiteurs venus du monde entier.
Quatre grandes orientations stratégiques ont ainsi été présentées aux diplomates afin d’accompagner cette renaissance :
Axes stratégiques
Objectifs concrets
Valorisation du patrimoine
Diversifier l’offre touristique et mieux raconter l’histoire locale aux visiteurs
Modernisation des infrastructures
Améliorer l’accès aux sites, notamment les liaisons sur le lac, ainsi que les capacités d’accueil
Marketing territorial
Faire de la marque « Togoville » une référence touristique incontournable
Gouvernance du secteur
Professionnaliser la gestion des sites afin que les retombées profitent davantage aux communautés locales
Ces axes seront déclinés en objectifs spécifiques et projets concrets, pour assurer une mise en œuvre efficace et durable.
Finalement , en ouvrant ses portes à la France et à la Turquie, Togoville cherche à tisser des partenariats durables. Qu’il s’agisse de restaurer le patrimoine, d’investir dans les infrastructures d’accueil ou de promouvoir la destination à l’international, la commune historique togolaise entend capitaliser désormais sur ses atouts pour devenir un pôle touristique majeur de la sous-région.
À Lomé, la commune du Golfe 4 poursuit sa stratégie de mobilisation citoyenne. Le jeudi 7 mai 2026, trente-deux nouveaux volontaires ont officiellement prêté serment au siège de la mairie d’Amoutivé, lors d’une cérémonie solennelle présidée par le maire Jean-Pierre Fabre.
L’événement a marqué une étape importante dans le déploiement de la nouvelle vague de volontaires engagés au service de la commune. Lancée officiellement le 4 mai dernier, cette initiative vise à renforcer l’implication des citoyens dans l’amélioration du cadre de vie et des services de proximité au sein des quartiers du Golfe 4.
Au total, 32 volontaires ont été investis pour une mission de six mois. En effet, le contingent se compose de 30 Volontaires d’Engagement Citoyen (VEC) et de deux Volontaires Engagés Seniors (VES), dont l’expérience devra contribuer à l’encadrement et à l’accompagnement des actions de terrain.
Par ailleurs, la cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs conseillers municipaux ainsi que du Directeur des Services techniques, Awissi. Les représentantes de l’Agence nationale du volontariat au Togo (ANVT), Mme Nyagbé Abra Edem et Mme Akakpo Gnon Aurèmifè, ont supervisé la prestation de serment, donnant à l’événement son caractère institutionnel.
Jean-Pierre Fabre appelle à la rigueur et à l’engagement
Prenant la parole après la prestation de serment, le maire Jean-Pierre Fabre a salué l’engagement des nouveaux volontaires et les a exhortés à faire preuve de discipline, de détermination et de sens du devoir durant leur mission.
« Votre travail est essentiel pour transformer notre commune. Soyez fiers de ce service que vous rendez à vos concitoyens », a déclaré l’autorité municipale.
À travers cette initiative, les autorités communales entendent encourager une citoyenneté plus active et renforcer la participation des jeunes et des seniors aux dynamiques locales de développement.
Durant les six prochains mois, les volontaires auront pour mission d’accompagner plusieurs actions communautaires dans les quartiers de la commune. Leur engagement devrait notamment contribuer à l’amélioration du cadre de vie, à la sensibilisation citoyenne et au renforcement du lien entre les populations et les autorités locales.
Dans un contexte où les collectivités territoriales cherchent à promouvoir une gouvernance de proximité, le volontariat apparaît de plus en plus comme un levier de mobilisation sociale et d’appui aux politiques locales.
La cérémonie s’est achevée par une photo de famille réunissant autorités municipales et volontaires, symbole du lancement officiel d’une nouvelle aventure citoyenne au cœur du Golfe 4.
À Abidjan, le gouvernement ivoirien veut changer de regard sur sa diaspora. Jeudi 7 mai 2026, les autorités ont officiellement lancé le forum « Diaspora for Growth 2026 », une initiative destinée à transformer les transferts financiers des Ivoiriens de l’extérieur en investissements structurants pour l’économie nationale.
Placée sous le haut patronage du Grand Chancelier de l’Ordre national, Aly Coulibaly, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants de la diaspora ainsi que des acteurs économiques autour d’une ambition claire : faire des Ivoiriens de l’étranger de véritables partenaires du développement.
Porté par le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, l’événement a notamment enregistré la présence du ministre de l’Éducation nationale, Koffi N’Guessan, représentant la ministre des Affaires étrangères, Nialé Kaba.
Les autorités ivoiriennes estiment désormais que la diaspora ne doit plus seulement être perçue comme un soutien social aux familles, mais comme un puissant levier d’investissement, d’innovation et de croissance économique.
Le passage de la « solidarité » à « l’investissement »
Pendant longtemps, la relation avec les Ivoiriens de l’étranger s’est résumée à une aide d’urgence apportée aux ménages. Adama Dosso a toutefois insisté sur la nécessité d’opérer une mutation profonde :
« Nous passons d’une diaspora contributive à une diaspora investisseuse, d’une diaspora solidaire à une diaspora stratégiquement engagée. »
Cette ambition nationale s’appuie sur une réalité économique majeure. Alors qu’en 2008 les transferts de fonds des Ivoiriens de l’extérieur s’élevaient à 99,5 milliards de FCFA, ils ont atteint 640 milliards de FCFA en 2023. Une manne financière considérable qui, orientée vers des secteurs stratégiques comme l’éducation, la santé ou l’entrepreneuriat, pourrait devenir un puissant levier de croissance pour le pays.
Les autorités ivoiriennes entendent ainsi mieux valoriser le potentiel de leur diaspora, forte de compétences variées et d’une expertise reconnue dans plusieurs domaines.
Prenant la parole, Koffi N’Guessan a rappelé que la diaspora ne se limite pas à une simple source de financement. Selon lui, elle représente également un réservoir de compétences, d’innovations et d’opportunités :
« La diaspora n’est pas seulement une source de revenus. Elle est une source d’idées, d’innovation et un pont vers le reste du monde. »
La Côte d’Ivoire souhaite désormais proposer des projets structurés, sécurisés et attractifs afin d’encourager les Ivoiriens de l’extérieur à investir durablement dans leur pays d’origine.
Le lancement d’Abidjan marque le début d’une campagne internationale destinée à mobiliser davantage la diaspora ivoirienne. Après une première étape à Milan, le gouvernement prévoit une rencontre avec la communauté ivoirienne d’Europe à Paris, ce samedi 9 mai 2026.
Les travaux du Forum international « Diaspora for Growth » se poursuivront ensuite les 26 et 27 juin 2026 à Paris puis à Milan. Conférences, panels thématiques et rencontres d’affaires figurent notamment au programme afin de promouvoir les investissements et les partenariats économiques.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation économique engagée par la Côte d’Ivoire sous la présidence de Alassane Ouattara.
À travers ce forum, les autorités ivoiriennes ambitionnent de bâtir une relation plus structurée avec leur diaspora. L’objectif affiché est clair : faire des Ivoiriens de l’extérieur des partenaires stratégiques du développement national, dans une logique de coopération mutuellement bénéfique entre patriotisme économique et opportunités d’affaires.
Face aux défis climatiques et sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest, l’anticipation n’est plus une option, c’est un impératif. En effet, cette semaine à Lomé, le gouvernement togolais et ses partenaires américains ont franchi un palier décisif en inaugurant un tout nouveau centre d’opérations d’urgence. Derrière le ruban coupé, c’est une véritable tour de contrôle au service de la protection civile qui s’apprête à redéfinir la gestion des crises dans la région.
Ainsi, dans les moments de crise, chaque seconde sauvée est une vie épargnée. Qu’il s’agisse d’inondations subites, de catastrophes industrielles ou encore de menaces sécuritaires complexes, la rapidité d’action dépend d’une chose : la centralisation de l’information. C’est tout l’enjeu du nouveau Centre d’opérations d’urgence (COU) inauguré cette semaine dans la capitale togolaise.
La cérémonie a réuni des personnalités de premier plan, symbolisant la force de l’alliance entre Lomé et Washington. Par ailleurs, aux côtés du ministre togolais de la Sécurité, le Général Calixte Batossie Madjoulba, se trouvaient le Général de brigade Mitch Johnson, venu spécialement de la Garde nationale du Dakota du Nord, et la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Togo, Kim McClure.
Un cerveau technologique pour l’ANPC
Entièrement financée par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), cette nouvelle infrastructure est le fruit concret du programme de partenariat d’État de la Garde nationale du Dakota du Nord.
Concrètement, ce centre va servir de « cerveau » à l’Agence nationale de la protection civile (ANPC). Grâce à des outils de communication et de suivi de dernière génération, les équipes togolaises pourront désormais :
Coordonner en temps réel les informations remontant du terrain.
Prendre des décisions instantanées lors des catastrophes naturelles ou des alertes sécuritaires.
finalement, déployer les secours de manière ciblée et ultra‑rapide à travers tout le territoire togolais et, par extension, soutenir les dynamiques régionales.
Si les poignées de main étaient chaleureuses sous les flashes des photographes, la portée de cette inauguration dépasse largement le cadre d’un simple protocole diplomatique. Cet investissement américain est un signal fort envoyé à la sous‑région. En choisissant d’équiper le Togo, Washington valide et soutient le leadership de Lomé en matière de stabilité régionale.
<blockquote>« Ce centre n’est pas juste un bâtiment avec des écrans », analyse un expert en sécurité. « C’est le symbole d’un partage des charges intelligent. En aidant le Togo à sécuriser ses frontières et ses populations, les États‑Unis investissent aussi dans leur propre sécurité globale. Un Sahel stable, c’est un monde plus sûr. »
Un bouclier pour l’avenir
Par ailleurs, ce centre d’opérations d’urgence arrive à point nommé dans une période où le Togo fait face, comme ses voisins, à une pression sécuritaire accrue aux frontières septentrionales et à des aléas climatiques de plus en plus violents. Il offre à l’ANPC un véritable bouclier, à la fois technologique et humain.
En somme , à Lomé, les États‑Unis prouvent une fois de plus qu’ils sont des partenaires de poids pour moderniser les institutions. Pour les populations togolaises, cette inauguration se traduira très bientôt sur le terrain : des secours plus rapides, mieux organisés et une présence de l’État rassurante au cœur de la tempête.