Lomé, 14 août 2026 — Quatre jours d’échanges scientifiques ont pris fin vendredi à l’Université de Lomé avec la clôture de la 26e édition des Journées scientifiques de la Société Ouest-Africaine de Chimie (SOACHIM). Organisée conjointement par les universités de Lomé et de Kara, la rencontre a réuni chercheurs, enseignants, universitaires et étudiants autour des enjeux actuels de la chimie et de ses applications.
La cérémonie de clôture a été présidée par le Professeur Gado Tchagbedji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle a permis aux organisateurs de dresser le bilan d’une édition marquée par une forte mobilisation scientifique et une participation internationale.
Les chiffres illustrent l’ampleur des travaux. Au total, 493 communications ont été présentées devant 533 participants issus notamment des huit pays de l’espace SOACHIM.
Pendant quatre jours, les participants ont confronté leurs résultats, partagé leurs expériences et débattu de différentes problématiques liées à la chimie. Le programme comprenait également une leçon inaugurale, une table ronde et 15 conférences thématiques, auxquelles se sont ajoutées plusieurs autres activités scientifiques.
Cette diversité a permis de créer un espace de dialogue entre différentes générations de scientifiques. Pour les étudiants et jeunes chercheurs, ces rencontres offrent notamment une occasion de présenter leurs travaux, de recevoir des observations de leurs pairs et de développer des collaborations au-delà de leurs établissements.
Les interventions prononcées lors de la cérémonie de clôture, ainsi que les motions de satisfaction adoptées à cette occasion, ont mis en avant la qualité de l’organisation et la richesse des échanges.
Les participants venus des différents pays membres de la SOACHIM ont notamment considéré cette 26e édition comme un succès. Cette appréciation traduit l’importance de maintenir des espaces scientifiques régionaux capables de rapprocher les universités, les laboratoires et les chercheurs ouest-africains.
Au-delà du nombre de communications, l’enjeu réside désormais dans la capacité à transformer ces échanges en collaborations scientifiques, en projets communs et en solutions adaptées aux besoins de la région.
Après la cérémonie de clôture, les participants ont poursuivi leur programme au Laboratoire National de Sécurité Sanitaire et Phytosanitaire des Aliments (LaNSA).
La visite guidée leur a permis de découvrir les infrastructures du laboratoire ainsi que ses différents niveaux de fonctionnement. Cette immersion a donné une dimension plus pratique à la rencontre en permettant aux scientifiques et aux étudiants d’observer un dispositif dédié à la sécurité sanitaire et phytosanitaire des aliments.
La clôture de cette 26e édition ne marque donc pas seulement la fin de quatre jours de conférences. Elle met également en évidence la nécessité de renforcer les passerelles entre recherche universitaire, expertise scientifique et besoins concrets des sociétés ouest-africaines.
KARA, 14 août 2026 — La région de la Kara bascule dans la phase opérationnelle de sa stratégie de résilience. Grâce à un partenariat stratégique avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les acteurs publics locaux convertissent désormais leur Plan Régional d’Adaptation (PRA) en projets d’investissement bancables, spécialement calibrés pour mobiliser les guichets de financement climatique internationaux.
Ainsi, l’officialisation du document-cadre « PRA Kara » — remis au gouvernement régional par le coordinateur national du projet NAP Readiness/FAO, le Dr Hodabalo Pereki — marque la fin de la planification théorique. À l’issue d’une session de cadrage technique de 48 heures achevée ce vendredi 14 août, les administrateurs territoriaux disposent désormais des mécanismes d’ingénierie financière nécessaires pour soumettre des dossiers éligibles aux fonds extérieurs.
De la théorie à la recherche active de capitaux extérieurs
En effet, cette transition vers la recherche active de capitaux répond à une urgence du terrain. Face à l’imprédictibilité croissante des saisons agricoles dans le nord du Togo, le gouverneur de la région de la Kara, le général Komlan Adjitowou, a appelé les équipes locales à s’approprier ces outils d’ingénierie de projet afin de traduire la planification nationale (PNA) en retombées économiques directes pour les communautés vulnérables.
De plus, en raccordant la stratégie nationale togolaise aux réalités financières de la Kara, la FAO cherche à établir un précédent : décentraliser l’accès aux fonds climatiques mondiaux afin de garantir la viabilité à long terme des infrastructures et des systèmes alimentaires régionaux.
Un enjeu de survie économique pour les agriculteurs de la Kara
Finalement, l’enjeu dépasse la simple ingénierie institutionnelle pour devenir une question de survie économique locale. La conversion de ce plan en financements concrets doit se traduire par des bénéfices tangibles et immédiats pour les habitants de la Kara : déploiement d’infrastructures d’irrigation modernes, accès à des semences résistantes à la sécheresse et protection des terres arables contre l’érosion.
Ainsi, pour les milliers d’agriculteurs et de familles de la région, la captation de cette manne financière internationale constitue l’ultime levier pour sécuriser leurs récoltes, pérenniser leurs revenus et préserver leur sécurité alimentaire face à des chocs climatiques de plus en plus violents.
OUAGADOUGOU, 14 août 2026 — L’Union Économique et Monétaire Ouest‑Africaine (UEMOA) intensifie ses efforts pour hisser les entreprises de la sous‑région aux standards de compétitivité internationaux. Lors de discussions stratégiques tenues ce vendredi à Ouagadougou, la présidence de la Commission de l’UEMOA et la direction du Système Ouest‑Africain d’Accréditation (SOAC) ont acté la feuille de route visant à harmoniser la normalisation industrielle dans l’espace communautaire.
Au cœur de cette concertation figure le déploiement du plan stratégique « IMPACT 2030 », destiné à renforcer les organismes d’évaluation de la conformité au sein des États membres. À cette occasion, le SOAC a officiellement transmis son répertoire annuel des structures accréditées, un outil clé pour garantir la qualité des produits et services ouest‑africains face aux exigences du marché mondial.
Par ailleurs, cette impulsion régionale trouve un écho direct sur le plan national. La veille de cette rencontre, le SOAC participait à un atelier de sensibilisation organisé par l’Agence burkinabè de Normalisation, de la Métrologie et de la Qualité (ABNORM), portant sur l’intégration des normes d’accréditation au Plan national de développement (PND 2026‑2030 RELANCE) du Burkina Faso.
Face à ces enjeux, et aux obstacles opérationnels que rencontre le secteur de la certification en Afrique de l’Ouest, le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a renouvelé le soutien institutionnel et financier de l’Union au SOAC, qualifiant la métrologie et la conformité d’enjeux de souveraineté économique majeurs pour la région.
Un levier de compétitivité pour la ZLECAf et les investisseurs internationaux
Créé le 4 juillet 2005 et basé à Abidjan, le SOAC est l’organe communautaire chargé d’établir la confiance technique dans les échanges commerciaux de la zone UEMOA. Par ailleurs, l’audience de Ouagadougou s’est déroulée en présence d’Aboubacry Baro, président du conseil d’administration de l’institution, et de son directeur général, Marcel Gbaguidi.
À terme, le succès de ce vaste chantier de normalisation déterminera la capacité de l’Afrique de l’Ouest à s’imposer sur le marché mondial. En levant les barrières techniques au commerce et en garantissant la certification internationale de ses produits locaux, l’espace UEMOA s’offre non seulement un passeport commercial indispensable pour conquérir la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) et les marchés occidentaux, mais franchit également un cap décisif pour rassurer et attirer les investisseurs étrangers en quête de fiabilité industrielle.
Lomé, 14 août 2026 — Berne réorganise sa représentation diplomatique au cœur du golfe de Guinée. Le gouvernement suisse a officialisé la nomination du Dr Thomas Oertle au poste d’ambassadeur auprès du Ghana, du Bénin et du Togo, avec une prise de fonction basée à Accra.
Anciennement chef de mission à Mascate — où il couvrait le sultanat d’Oman et le Yémen —, le Dr Oertle prend la tête d’un portefeuille stratégique axé sur le renforcement du commerce, la sécurité régionale, l’action climatique et le dialogue politique entre la Confédération helvétique et ses trois partenaires ouest‑africains.
Un agenda axé sur la concertation et le développement
Dans une déclaration marquant son entrée en fonction, le nouvel ambassadeur a défini sa vision d’une diplomatie de terrain, orientée vers les partenariats entre gouvernements, secteur privé, institutions académiques ainsi que société civile.
« La diplomatie, c’est au final une question de personnes. Je veux écouter différents points de vue, rassembler les personnes et les idées, et identifier des domaines où la Suisse et ses partenaires peuvent poursuivre des intérêts communs », a affirmé le Dr Thomas Oertle.
Ainsi, la mission diplomatique suisse entend consolider des échanges bilatéraux déjà denses, marqués par des investissements économiques croissants, une coopération technique renforcée et des initiatives conjointes en matière de paix et de stabilité dans la sous‑région.
Un spécialiste des zones de crise au parcours atypique
La désignation du Dr Oertle à Accra apporte une solide expérience de la gestion de crises géopolitiques complexes. Avant son affectation dans la péninsule arabique, il a aussi dirigé la coopération internationale suisse pour la Corne de l’Afrique depuis Nairobi — supervisant l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie — après avoir piloté la division Moyen‑Orient et Afrique du Nord de l’Agence suisse pour le développement et la coopération (DDC) à Berne. Il avait auparavant servi comme chargé d’affaires et chef de mission adjoint à Damas, couvrant la Syrie et l’Irak.
Par ailleurs, cette trajectoire diplomatique repose sur un bagage académique inhabituel dans les chancelleries : avant de rejoindre le corps diplomatique, le Dr Oertle a mené une carrière de chercheur en sciences naturelles. Titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire et neurosciences délivré par l’ETH Zurich et le Centre des neurosciences de Zurich, il incarne une approche méthodique et scientifique des relations internationales.
En somme, la mission confiée au Dr Thomas Oertle illustre la volonté de la Suisse d’ancrer sa diplomatie dans une approche pragmatique et durable. En misant sur la concertation, l’innovation et la coopération régionale, Berne trace les lignes d’une relation appelée à se renforcer dans les années à venir, au service d’un partenariat équilibré et d’une présence helvétique plus affirmée au cœur de l’Afrique de l’Ouest.
LOMÉ, 14 août 2026 — Dans le cadre de sa politique de promotion du football à la base, la Fédération Togolaise de Football (FTF) a officialisé la gratuité totale de l’accès au Stade de Kégué pour la journée finale du MIXX Challenge U17, programmée ce samedi 15 août.
Cette décision vise à maximiser la ferveur populaire autour du dénouement d’un tournoi devenu le principal baromètre de détection des jeunes talents dans le pays. Ainsi, après plusieurs semaines de confrontations intensives entre sélections régionales, la compétition atteint sa phase ultime dans la plus grande enceinte sportive de la capitale.
L’événement ne se résumera pas à l’attribution du titre. En effet, la journée débutera par des matchs de classement, offrant un temps de jeu crucial à l’ensemble des équipes engagées et permettant aux éducateurs et recruteurs d’établir un bilan complet du vivier U17 national.
Pour les dirigeants de la FTF, l’ouverture gratuite des tribunes répond à un double objectif : offrir une vitrine populaire aux futurs internationaux togolais et habituer ces jeunes athlètes à la pression des grands rendez‑vous sous les yeux de leurs proches, supporters et encadreurs.
Par ailleurs, la finale du MIXX Challenge U17 au Stade de Kégué symbolise la volonté de la FTF de bâtir un socle durable pour le football national. En offrant aux jeunes talents une scène populaire et gratuite, l’institution trace les contours d’une génération appelée à porter haut les couleurs du Togo sur les terrains africains et internationaux.
LOMÉ, 14 août 2026 — Fait sans précédent dans l’histoire des institutions sportives du pays, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul‑Fahd Fofana, a siégé jeudi à la réunion ordinaire du Comité exécutif de la Fédération Togolaise de Football (FTF).
Cette présence gouvernementale directe au siège de la FTF marque un tournant radical dans la gestion du football national. En effet, loin des correspondances administratives habituelles, l’État togolais opte pour un dialogue en face‑à‑face afin de s’attaquer aux chantiers urgents du ballon rond, avec en ligne de mire les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027.
Plutôt qu’une simple visite de courtoisie, cette séance de travail inédite s’est concentrée sur une feuille de route axée sur la restructuration à tous les niveaux. Ainsi, l’ordre du jour a porté sur trois axes majeurs :
Le défi de la CAN 2027 : élaboration d’une stratégie logistique et technique pour assurer une préparation optimale de l’équipe nationale A lors des prochaines phases éliminatoires.
La refonte du vivier national : un plan d’action ciblé sur la gestion, l’encadrement et la compétitivité à long terme des différentes sélections de jeunes.
Le virage professionnel : l’accélération du processus de création de la future Ligue de Football Professionnel, une étape cruciale pour la structuration économique et sportive du championnat local.
L’accueil du ministre par le Colonel Guy Kossi Akpovy, président de la FTF, et l’ensemble des membres du Comité exécutif, souligne une volonté bilatérale d’apaiser et de fluidifier les relations entre le ministère de tutelle et l’instance dirigeante.
Pour les observateurs, cette dynamique de concertation directe envoie un signal fort : l’État togolais et la Fédération s’alignent sur une gestion conjointe des crises et des ambitions, transformant les défis institutionnels en une stratégie unifiée pour le rayonnement du football togolais.
ANÉHO, 14 août 2026 — Le peuple Guin célébrera le point culminant de son nouvel an, l’Épé‑Ékpé, le jeudi 3 septembre prochain. C’est à cette date qu’aura lieu le célèbre pèlerinage vers Glidji Kpodji (Avé‑Gbatso) pour l’Ékpéssosso, la prise de la pierre sacrée, selon le calendrier dévoilé ce jeudi à l’issue d’un rituel ancestral de calcul du temps.
À exactement 22 jours de l’événement suprême, les dignitaires de la divinité Mama Koley se sont réunis au sanctuaire de Dégbénou Kpékomé pour le « Kpémama », la cérémonie officielle du compte à rebours.
Loin des calendriers modernes, c’est par une méthode mathématique séculaire que les dignitaires ont déterminé la date. À la suite des libations d’ouverture menées par Tassinon Kayi Koley, le dignitaire Edoh Tchaklizo a procédé au décompte public de 22 grains de maïs, symbolisant le nombre exact de jours restants avant le pèlerinage.
Selon le protocole de cette tradition, des paquets de feuilles de maïs renfermant chacun ces 22 grains ont été distribués aux chefs de famille, leaders traditionnels et autorités locales. En retirant un grain chaque jour, la communauté assure une synchronicité parfaite : l’extraction du dernier grain marquera le matin de la prise de la pierre sacrée.
L’événement religieux de jeudi a rassemblé les plus hautes instances spirituelles et administratives de la région. Ayité Ayivi Saka, prêtre spirituel de la collectivité Mama Koley, et le prêtre Niman Tchè ont co‑présidé la cérémonie, entourés des représentants des 41 divinités de la cosmogonie Guin.
L’administration togolaise et les autorités royales ont également validé ce lancement officiel. Le sénateur‑maire de la commune des Lacs 1, Alexis Coffi Aquereburu, le préfet des Lacs, Daté Benissan‑Têtêvi, ainsi que le Prince régent du trône royal de Lolan, Son Altesse Adondjégoun Latévi Lawson‑Body, étaient présents pour assister aux rites.
Historiquement réalisé avec de petits cailloux avant l’adoption du maïs, le rituel du Kpémama palliait autrefois l’absence de calendrier écrit. Aujourd’hui, alors que le calendrier grégorien régit la vie civile togolaise, cette pratique mathématique perdure. Pour le peuple Guin, maintenir ce décompte manuel n’est plus une nécessité de repérage temporel, mais l’affirmation stricte de leur héritage culturel et d’une loyauté inébranlable envers les traditions léguées par leurs aïeux.
Le compte à rebours bat son plein : le peuple Guin s’apprête à converger vers Glidji Kpodji pour célébrer l’Épé‑Ékpé. Dans une ferveur joyeuse et solennelle, la communauté vivra le 3 septembre comme l’apogée d’un héritage ancestral, entre chants, rituels et retrouvailles.
LOMÉ, 13 août 2026 — Importer massivement ses médicaments ou bâtir sa propre industrie de santé : l’Afrique de l’Ouest est à la croisée des chemins. C’est le constat sans appel qui a réuni l’écosystème médical et universitaire sous‑régional le mercredi 12 août à l’Agora Senghor de Lomé, posant les bases d’une refonte totale de la stratégie sanitaire ouest‑africaine.
Sous l’égide de la Fédération des étudiants en Pharmacie de l’Afrique de l’Ouest (FESPAO), dont c’est la 21ᵉ édition des Assises scientifiques et culturelles, la future élite médicale ne se contente plus de réclamer des budgets : elle exige un changement de doctrine. Ainsi, fini le modèle hérité d’une officine strictement distributrice ; l’heure est à l’industrialisation, à la recherche génomique et à la validation scientifique des savoirs ancestraux.
La pandémie mondiale et les récentes crises logistiques ont agi comme un électrochoc pour le continent : la dépendance aux importations pharmaceutiques n’est plus seulement une anomalie économique, elle constitue une faille de sécurité nationale majeure. C’est l’argumentaire central défendu lors de ce sommet.
En effet, le Professeur Gado Tchangbédji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a fixé le nouveau cap gouvernemental togolais impulsé par le Président Faure Essozimna Gnassingbé : faire de l’innovation et de la production pharmaceutique locale les boucliers de la sous‑région face aux futures pandémies. Pour y parvenir, l’État s’engage à soutenir massivement la coopération scientifique et la recherche appliquée.
Mais produire localement ne suffit pas s’il s’agit uniquement de reproduire des brevets étrangers. La véritable souveraineté passe par l’adaptation des traitements aux spécificités du continent. En plaçant « l’épidémiologie génomique » au cœur des débats, les Assises de Lomé pointent une urgence scientifique : la nécessité de développer des thérapies calibrées sur le patrimoine génétique des populations africaines, jusqu’ici largement sous‑représentées dans les essais cliniques mondiaux.
À cette hyper‑modernité scientifique s’ajoute une réappropriation culturelle assumée. Les experts présents plaident pour une valorisation industrielle de la pharmacopée traditionnelle. Il ne s’agit plus de tolérer la médecine par les plantes de façon informelle, mais de la soumettre à la rigueur des essais cliniques pour breveter de nouvelles molécules actives 100 % africaines.
Cette ambition industrielle et scientifique se heurte toutefois à un défi de capital humain. Si le secteur évolue, la formation académique doit suivre. Intervenant en sa double qualité de ministre délégué à la Santé et de doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Lomé, le Professeur Tchin Darré a mis le doigt sur la clé de voûte de cette révolution : la réforme des cursus. Le pharmacien ouest‑africain de demain ne peut plus être formé pour être un simple dispensateur de boîtes de médicaments derrière un comptoir. Il doit devenir un chercheur de pointe, un acteur clé de l’industrie manufacturière et un spécialiste de la validation des savoirs endogènes.
Alors que les travaux se poursuivent à Lomé, l’objectif de ces 21ᵉ Assises est désormais clair : transformer ces débats universitaires en propositions de politiques publiques contraignantes, pour que l’accès universel aux soins en Afrique de l’Ouest cesse d’être tributaire des usines situées à des milliers de kilomètres de ses patients.
En somme, l’enjeu est vital : sans une industrie pharmaceutique locale robuste et une recherche scientifique enracinée dans les réalités africaines, l’Afrique de l’Ouest restera dépendante de solutions venues d’ailleurs. Or, face aux pandémies futures, cette dépendance pourrait coûter des vies. La véritable souveraineté sanitaire se jouera donc dans la capacité des États à transformer ces résolutions en actes concrets, afin que chaque patient africain ait accès à des soins conçus, validés et produits sur son propre continent.
KARA, 13 août 2026 — Pendant des décennies, la planification étatique en Afrique de l’Ouest a souvent obéi à une logique centralisatrice : appliquer une formule de développement unique à des territoires aux réalités disparates. Or, le Togo amorce aujourd’hui une rupture officielle avec ce modèle.
En déployant son nouveau Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT), dont les grandes lignes ont été présentées le mardi 11 août aux décideurs de la région de la Kara, le gouvernement togolais acte un changement de paradigme : la fin de l’uniformisation au profit d’une spécialisation économique des régions.
Le constat qui sous-tend cette nouvelle architecture étatique est clair : le développement national ne peut plus reposer sur la seule macrocéphalie de la capitale, Lomé. Ainsi, pour atteindre l’ambition fixée à l’horizon 2045 — celle d’une nation compétitive, résiliente et à la prospérité partagée —, l’État mise désormais sur l’avantage comparatif de chaque zone géographique.
L’objectif du SNAT n’est pas de lisser les différences régionales, mais de les exploiter. Le document stratégique redessine la carte du pays autour de grands corridors logistiques et de pôles urbains structurés. En effet, l’exécutif fonde son argumentaire sur l’efficacité : en concentrant les investissements sur les atouts naturels et démographiques d’un territoire spécifique, l’État espère catalyser la croissance locale et endiguer l’exode rural.
C’est dans cette optique que la région de la Kara a été appelée à redéfinir son logiciel de gouvernance lors d’un conclave stratégique tenu le mardi 11 août. Devant un parterre réunissant préfets, maires, chefs traditionnels, opérateurs privés et forces de sécurité, le gouverneur de la région, le général Komlan Adjitowou, agissant au nom du ministère de l’Aménagement du territoire, a posé les nouveaux jalons de l’action publique locale.
Pour la Kara, la commande gouvernementale est explicite : la région ne doit plus se penser comme une simple entité administrative, mais comme un pôle de compétitivité. Le SNAT identifie clairement ses leviers de croissance : un vivier démographique jeune, un maillage solide d’infrastructures éducatives et sanitaires, de riches ressources naturelles et un potentiel touristique encore sous‑exploité.
Cette nouvelle doctrine s’accompagne d’une injonction stricte en matière de gouvernance. Le SNAT devient le référentiel absolu et contraignant pour toutes les politiques publiques locales. Ainsi, le gouverneur a mis les maires et les préfets face à leurs responsabilités : les futurs Plans de Développement Communaux (PDC) et Régionaux (PDR) devront s’aligner scrupuleusement sur les orientations de ce schéma national.
En d’autres termes, l’ère des micro‑projets locaux déconnectés de la vision globale est révolue. Le gouvernement togolais exige désormais une cohérence d’ensemble où chaque région joue une partition spécifique, mais indispensable, dans la marche du pays vers 2045. Toutefois, si l’intention politique est forte, le véritable test consistera à doter ces acteurs locaux des ressources financières nécessaires pour transformer cette architecture théorique en chantiers tangibles.
SIOU BALIGA, 13 août 2026 — La réconciliation nationale ne se décrète pas uniquement dans les textes de loi ; elle se bâtit aussi dans la pierre. En inaugurant cette semaine le mausolée de l’ancien chef de l’État Kléber Dadjo dans son village natal de Siou Baliga, le gouvernement togolais n’a pas seulement coupé un ruban, mais il a achevé une phase décisive de sa stratégie de cohésion sociale et de gouvernance mémorielle.
Pilotée par le Haut‑Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité nationale (HCRRUN), cette cérémonie illustre un virage dans l’administration publique togolaise : l’utilisation concrète des « réparations symboliques » comme instrument politique pour recoudre le tissu social.
Par ailleurs, l’édification de ce mausolée s’inscrit dans le troisième volet du programme de réparations de l’État. En réhabilitant officiellement Kléber Dadjo — premier officier de l’armée togolaise et acteur central de la transition politique de 1967 —, l’institution dirigée par Awa Nana Daboya démontre que le traitement des clivages du passé fait désormais partie intégrante de l’agenda gouvernemental.
De plus, la forte mobilisation de l’appareil d’État témoigne de cet enjeu de gouvernance. La présence du président du Sénat, Barry Moussa Barque, agissant au nom du Président du Conseil, accompagné des plus hautes autorités dont le gouverneur de la région de la Kara, le général de brigade Komlan Adjéitowou, souligne la volonté de l’exécutif d’ancrer le récit de l’unité nationale jusque dans les territoires ruraux.
Si l’événement revêt une dimension politique, il touche également à l’ADN de l’institution militaire. Pour le général de brigade Dimini Allahare, chef d’état‑major général des Forces armées togolaises (FAT), le parcours de Kléber Dadjo — initié sous l’administration coloniale française — doit servir de boussole doctrinale pour une armée moderne appelant au dévouement patriotique.
Toutefois, l’État a veillé à coupler ce devoir de mémoire abstrait à une action administrative tangible. Depuis le 7 août, la Direction centrale du service de santé des armées a été déployée dans la préfecture de Doufelgou afin de mener des consultations et des soins médico‑sanitaires. Cette projection civile et militaire illustre une stratégie claire : consolider la présence de l’État et l’acceptation de son récit historique par la fourniture directe de services publics de base aux populations locales.
Pacifier l’histoire exige souvent de solder les antagonismes passés. À cet égard, le témoignage livré par le colonel Gnama Latta, ancien directeur de l’Aviation civile, s’est avéré hautement stratégique. En rappelant publiquement que feu le président Gnassingbé Eyadéma avait personnellement facilité l’évacuation sanitaire de Kléber Dadjo, l’orateur a illustré une volonté de continuité étatique, cherchant à effacer l’image des rivalités passées au profit d’une solidarité institutionnelle.
Enfin, soutenue par la parution simultanée d’un ouvrage de référence signé par le chercheur Wiyao Evalo (Le soldat Kléber Dadjo), la démarche de Siou Baliga traduit une maturation de l’ingénierie étatique togolaise. Il ne s’agit plus seulement de se souvenir d’un homme, mais de transformer une figure complexe d’hier en un patrimoine institutionnel commun, capable de légitimer la gouvernance d’aujourd’hui.