Université de Lomé : La germanistique africaine face au défi du numérique

Vingt ans de réflexion, et un virage technologique majeur. Ce mercredi 25 mars 2026, l’Université de Lomé est devenue le centre névralgique de la germanistique en Afrique subsaharienne. Entre célébration d’un jubilé et prospective scientifique, universitaires et diplomates s’interrogent : comment l’intelligence artificielle et les outils numériques redéfinissent-ils l’enseignement de l’allemand sur le continent ?

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© Université de Lomé

Sous la coupole de l’auditorium de l’Université de Lomé

L’ambiance est aux grandes retrouvailles scientifiques. L’Association de germanistique de l’Afrique subsaharienne célèbre ses deux décennies d’existence. Mais loin de se contenter d’un regard vers le passé, ce congrès international, ouvert en présence de figures majeures comme SEM Claudius Fischbach, ambassadeur d’Allemagne au Togo, et le Professeur Akila Ahouli, se tourne résolument vers l’avenir.

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La langue de Goethe à l’heure des algorithmes

Le thème central de cette rencontre ne laisse place à aucun doute : la transformation numérique. Pour le Professeur Mawusse Kpakpo Akue Adotevi, représentant le président de l’UL, il ne s’agit plus seulement d’enseigner une langue, mais de naviguer dans un nouvel écosystème.

En effet, le numérique ne se limite plus à de simples cours en ligne. Il s’agit désormais d’une mutation profonde de l’intellectualité germanique. Comment les bases de données, la recherche assistée et les plateformes collaboratives modifient-elles l’analyse des textes et la diffusion du savoir ? C’est la question qui anime les débats entre les chercheurs venus de toute la région.

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Un pont entre tradition et innovation

L’enjeu est également pédagogique. La Dr Jutta Möhringer, venue de Munich pour l’occasion, souligne l’importance de ce collectif dynamique. Dans un monde interconnecté, la germanistique africaine doit forger ses propres outils numériques pour rester compétitive et pertinente.

« Le savoir n’est plus statique ; il circule, se transforme et se démocratise grâce aux technologies », confie un participant en marge des travaux.

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Une portée symbolique pour le Togo

Le choix de Lomé pour ce vingtième anniversaire confirme le rôle moteur du Togo dans la coopération universitaire germano-africaine. Au-delà des discours officiels, ce congrès pose les jalons d’une nouvelle ère où la maîtrise linguistique s’allie à la performance numérique pour offrir de nouvelles opportunités de recherche et d’emploi aux étudiants du continent.

Les travaux se poursuivent avec une ambition claire : faire de la technologie un allié indéfectible de la pensée académique.

Vingt ans après sa création, la germanistique africaine ne se contente plus de transmettre une langue : elle invente un avenir où tradition et technologie dialoguent pour façonner la pensée.

Gims arrêté à Paris : le « Sunset Village » de Marrakech au cœur d’une tempête judiciaire

C’est un coup de tonnerre qui secoue le monde de la musique francophone et la jet-set continentale. Gandhi Djuna, alias Gims, a été interpellé lors de sa descente d’avion à Paris mardi. Derrière les paillettes du succès et les records de ventes, les enquêteurs français s’intéressent de près aux montages financiers de ses projets immobiliers de luxe au Maroc. Enquête sur une affaire de blanchiment qui fait vaciller l’ambassadeur culturel de la RDC.

 

L’image est forte : la star aux lunettes noires, l’homme qui a dominé les classements de l’année 2025, a été cueilli par le Service national des douanes judiciaires dès son arrivée à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Désormais en garde à vue, l’artiste congolais doit répondre aux questions des juges d’instruction parisiens. Au centre du dossier : une vaste affaire de blanchiment en bande organisée, pilotée par le Parquet national anti-criminalité organisée (PNACO).

De la scène aux sociétés écrans

L’affaire ne concerne pas la musique, mais bien les affaires. Tout commence par une enquête de longue haleine de l’Office national antifraude (Onaf). Les enquêteurs ont mis au jour un réseau complexe de sociétés, basé notamment aux Émirats arabes unis. Ce système aurait permis à d’anciens trafiquants de drogue reconvertis dans la délinquance financière de frauder à la TVA et de dissimuler des fonds illégaux.

 

Toutefois, ce qui place aujourd’hui Gims sous les projecteurs de la justice, ce sont ses investissements au Maroc. Les enquêteurs ciblent particulièrement son projet pharaonique, le « Sunset Village Private Residences » à Marrakech. Ce complexe de 117 villas de luxe, dont le chiffre d’affaires frôle les 100 millions d’euros, cacherait des circuits de financement opaques selon une note de Tracfin, la cellule française de lutte contre le blanchiment.

 

Des connexions sous haute surveillance

Les juges s’intéressent de près à la société de promotion « Horizon Développement » et à ses liens avec un homme d’affaires franco-marocain déjà sous surveillance. En fait, l’objectif des enquêteurs est de déterminer si l’argent généré par la criminalité financière en France a servi à bâtir ce lagon artificiel et ces résidences somptueuses au pied de l’Atlas.

 

Pour Gims, qui réside entre Marrakech et Dubaï, cette affaire prend une dimension diplomatique délicate. Titulaire d’un passeport diplomatique et proche du président Félix Tshisekedi, il incarne aussi  l’influence culturelle de la République démocratique du Congo à l’international.

 

Le silence de la défense

Pour l’heure, l’avocat du chanteur, Me David-Olivier Kaminski, s’est muré dans le silence. Si la présomption d’innocence demeure, cette interpellation marque un tournant brutal pour celui qui, il y a quelques jours encore, célébrait son statut de plus gros vendeur de disques de l’année.

 

Alors que le dossier ne fait que commencer, le monde de la culture africaine retient son souffle. Le rêve immobilier de Marrakech pourrait bien se transformer en un long feuilleton judiciaire pour l’interprète de « Sapés comme jamais ».

 

Quoi qu’il en soit, ce coup de théâtre judiciaire vient brutalement rappeler que, derrière les projecteurs et les records de ventes, l’artiste le plus bankable de la musique africaine devra désormais écrire un nouveau chapitre : celui de sa défense face à la justice française.

Mohamed Salah quitte Liverpool : Fin d’un règne historique à Anfield

C’est la fin d’une époque qui a fait vibrer le football mondial. L’icône égyptienne Mohamed Salah a officialisé son départ de Liverpool à l’issue de cette saison. Entre records historiques et tensions de fin de règne, retour sur le divorce annoncé entre le « Pharaon » et les Rouges.

 

En effet, le football anglais s’apprête à perdre l’un de ses plus illustres architectes. À 33 ans, Mohamed Salah ne prolongera pas l’aventure sur les bords de la Mersey. Malgré un contrat qui courait initialement jusqu’en 2027, un accord à l’amiable a été trouvé pour libérer l’attaquant dès cet été. Ainsi, une décision qui clôt un chapitre de neuf années marquées par une domination quasi insolente sur la Premier League.

 

Une légende gravée dans le marbre

Arrivé de Rome en 2017, Salah n’était qu’un espoir de confirmation ; il part en légende absolue. Avec 255 buts au compteur, il s’est hissé sur le podium des meilleurs artificiers de l’histoire du club, juste derrière les mythiques Ian Rush et Roger Hunt.

 

L’Égyptien fut la pièce maîtresse du renouveau de Liverpool sous l’ère Klopp, formant avec Sadio Mané et Roberto Firmino un trio offensif qui a terrassé l’Europe. Deux titres de champion d’Angleterre et une Ligue des champions plus tard, son héritage est immense.

 

« Liverpool est une passion, une histoire, un esprit », a confié le joueur sur ses réseaux sociaux, ému par ce lien indéfectible tissé avec les supporters.

 

Une fin de parcours sous haute tension

Pourtant, la lune de miel a laissé place à une météo plus instable ces derniers mois. Sous les ordres d’Arne Slot, le courant n’est plus passé. En outre, entre passages sur le banc de touche et déclarations fracassantes, le malaise était devenu trop visible. Salah n’a d’ailleurs pas mâché ses mots, évoquant le sentiment d’avoir été « sacrifié » par la direction du club lors des périodes de méforme.

 

Ce départ anticipé, bien que qualifié de « transparent et respectueux » par le club, laisse un goût d’inachevé. Actuellement à l’infirmerie après une blessure contre Galatasaray, le Pharaon entame une course contre la montre pour offrir un dernier baroud d’honneur à Anfield avant le 24 mai prochain.

 

Quel avenir pour le Pharaon ?

Si le nom de son futur club reste un mystère, les regards se tournent avec insistance vers l’Arabie saoudite, qui lui fait les yeux doux depuis 2023. Une chose est sûre : le départ gratuit de la star représente un manque à gagner colossal pour Liverpool, mais une opportunité historique pour le club qui saura s’attacher les services de l’un des plus grands talents du XXIᵉ siècle.

 

Ainsi se tourne une page légendaire du football anglais. Mohamed Salah quitte Anfield en roi, laissant derrière lui des records qui parleront longtemps et un vide que la Mersey aura du mal à combler. Le Pharaon s’en va, mais sa légende, elle, reste éternelle.

Sécurité routière : les Lacs 1 passent à la sensibilisation avant la sanction

À quelques jours de l’entrée en vigueur des nouvelles limitations de vitesse, les autorités locales de la commune des Lacs 1 misent d’abord sur la sensibilisation. À Aného, plusieurs rencontres ont réuni, à la mi-mars, élus municipaux, transporteurs et conducteurs autour d’un objectif clair : faire comprendre, avant de réprimer.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

De nouvelles limitations de vitesse sur les axes routiers

Dans la salle de réunion de la mairie, l’ambiance oscille entre inquiétude et résignation. Chauffeurs de taxi, conducteurs de motos et responsables de syndicats de transport écoutent attentivement les explications. Car à partir du 1ᵉʳ avril, les habitudes devront changer. Désormais, en zone urbaine, aucun véhicule ne devra dépasser les 50 km/h sur les principaux axes nationaux qui traversent la commune.

Mais au-delà des chiffres, c’est un changement de comportement que recherchent les autorités. « Il ne s’agit pas seulement d’imposer une règle, mais de sauver des vies », insiste un responsable municipal. En effet, ces mesures interviennent dans un contexte marqué par une recrudescence des accidents de la route, souvent liés à l’excès de vitesse.

En dehors des agglomérations, les limitations diffèrent selon les catégories de véhicules. Les automobilistes pourront rouler jusqu’à 90 km/h, tandis que les conducteurs de motos et de tricycles devront se limiter à 60 km/h, notamment sur certains axes stratégiques de la zone.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Des sanctions prévues pour les contrevenants

Cependant, le volet répressif n’est pas en reste. Les contrevenants s’exposent à des sanctions financières immédiates : 5 000 FCFA pour les deux-roues et 10 000 FCFA pour les voitures. En cas d’infraction, les forces de l’ordre pourront également immobiliser les véhicules. Un dispositif de contrôle renforcé est d’ailleurs annoncé pour accompagner l’application de ces nouvelles règles.

Pour les usagers, cette réforme suscite des réactions contrastées. Si certains saluent une initiative nécessaire face à l’insécurité routière, d’autres redoutent un impact sur leurs activités quotidiennes, notamment dans le transport.

Ainsi, entre prévention et fermeté, la commune des Lacs 1 tente d’imposer une nouvelle culture de la route.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Réduire les accidents de la route

À travers cette réforme, les autorités veulent avant tout lutter contre les accidents de la circulation, de plus en plus fréquents, et renforcer la sécurité des usagers sur les routes de la commune. Reste à savoir si cette transition sera suivie d’effets durables sur le terrain.

Sécurité : Le Ghana et le Togo font bloc à Bolgatanga contre le djihadisme

C’est un front commun qui se dessine dans le Nord-Est du Ghana. Depuis mardi 24 mars 2026, la ville de Bolgatanga est le théâtre d’un dialogue stratégique entre hauts responsables et société civile. Objectif : cimenter la coopération avec le voisin togolais pour empêcher l’instabilité sahélienne de s’engouffrer dans les failles frontalières.

Dans les couloirs du 7ᵉ sommet sur la paix, l’ambiance est à l’urgence opérationnelle. Si le Ghana fait figure de havre de stabilité, les signaux d’alerte venus du Sahel ne laissent plus place à l’attentisme. Pour ce faire, une importante délégation du Togo, menée par la sénatrice Issoyotou Confort Kabissa-Lamboni, a franchi la frontière pour apporter son expertise de terrain.

REFED TOGO
© REFED TOGO

Une diplomatie des peuples contre l’extrémisme

Au-delà des protocoles officiels, l’innovation de cette rencontre réside dans l’alliance inédite entre les porteurs d’uniformes et les organisations de la société civile (OSC). Le constat est partagé par les experts de la Fondation STAR-Ghana et du WACCE : la réponse militaire seule ne suffit plus. Il faut désormais bâtir des « systèmes de résilience », une sorte de système immunitaire communautaire capable de rejeter les discours de haine avant qu’ils ne s’enracinent.

Le projet « SURE », soutenu par la diplomatie britannique, place d’ailleurs les femmes et les acteurs communautaires au premier rang de cette vigie. Car dans ces zones reculées, ce sont souvent les dirigeants locaux qui détectent les premiers signes de basculement.

REFED TOGO
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Éviter l’effet domino

Ainsi, pendant deux jours, les débats sortent des sentiers battus pour s’attaquer à la porosité des frontières. Désormais, l’enjeu est de transformer les zones de passage en zones de vigilance partagées.

  • Évaluer : que sont devenues les promesses des sommets précédents ?
  • Anticiper : comment bloquer les routes de ravitaillement logistique des groupes armés ?
  • Inclure : comment intégrer les populations marginalisées pour qu’elles ne deviennent pas des recrues faciles ?

Alors que les travaux s’achèvent ce mercredi 25 mars, les regards se tournent vers les recommandations finales. À Bolgatanga, on ne cherche pas seulement à protéger le Ghana ou le Togo, mais à préserver l’intégrité de tout l’espace ouest-africain. Une course contre la montre où la solidarité transfrontalière est devenue l’arme absolue.

Lutte contre l’extrémisme : Le plaidoyer de Confort Kabissa-Lamboni pour l’action

Au septième dialogue sur la paix entre acteurs étatiques et civils, ouvert le mardi 24 mars 2026 au nord du Ghana, la délégation togolaise a d’emblée donné le ton. Confort Kabissa-Lamboni, figure de proue de la société civile et sénatrice, a appelé à rompre avec les discours stériles pour lancer une riposte concrète contre l’extrémisme violent dans la zone des Savanes.

C’est un message sans fioritures qu’a porté la coordinatrice du Réseau des Femmes et Développement (REFED) devant un auditoire composé de militaires, de dirigeants religieux et d’élus locaux. Pour le chef de file de la délégation togolaise, l’heure n’est plus à l’inventaire des menaces, mais à la mesure de l’impact réel des recommandations passées sur la vie des populations frontalières.

REFED TOGO
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Sortir des salons pour rejoindre le terrain

Alors que l’insécurité asphyxie progressivement les échanges économiques au nord du Togo et du Ghana, la sénatrice a martelé une vérité crue : le bavardage institutionnel ne saurait constituer un rempart contre la radicalisation. Elle exhorte les organisations de la société civile à intensifier leur présence auprès des communautés vulnérables.

Selon elle, la diversité des acteurs réunis par la Fondation STAR-Ghana et ses partenaires est une force, à condition que cette synergie se traduise par des mécanismes de protection immédiats.

« On parle beaucoup lors des réunions alors que le travail nous attend dehors », a-t-elle rappelé, pointant du doigt l’urgence sociale qui nourrit souvent le sentiment d’abandon des populations.

REFED TOGO
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Une solidarité régionale à l’épreuve des faits

Abordant la porosité des frontières avec le Burkina Faso, Confort Kabissa-Lamboni a insisté sur le caractère indivisible de la sécurité régionale. Elle estime qu’aucun État ne peut se targuer d’une stabilité isolée face à une menace qui ignore les tracés coloniaux.

À cet égard, elle a salué le modèle de résilience déployé au Togo. Des dispositifs tels que l’opération Kondjouaré ou le Programme d’Urgence pour la Région des Savanes (PURS) ont été cités comme des exemples de réponses intégrées, mêlant sécurisation militaire et soutien socio-économique aux réfugiés.

Le défi des moyens financiers

Pour clore son intervention, la cheffe de délégation a frappé au cœur du problème : le financement. Sans ressources pérennes pour soutenir le projet “SURE” (Renforcement des systèmes de résilience), les ambitions de paix resteront lettre morte. Elle exhorte les partenaires internationaux à s’engager sur la durée afin de transformer ces dispositifs en véritables remparts contre l’extrémisme.

Lutte contre le terrorisme au Togo : l’ONU définit la stratégie de Lomé

LOMÉ, 24 mars 2026 – Sept ans après une évaluation charnière, les Nations Unies reviennent sur le terrain togolais pour mesurer l’efficacité de la lutte contre le terrorisme. Le lundi 23 mars, une délégation de haut niveau a salué une approche qui ne repose pas uniquement sur les armes, mais aussi sur la cohésion sociale.

 

Un audit de résilience à Lomé

Le Togo est-il devenu un modèle de prévention dans une sous-région sous haute tension ? C’est tout l’enjeu de la conduite de la mission par Nathalie Gherman, Sous-secrétaire générale de l’ONU et patronne de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT). Accueilli par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires, Awaté Hodabalo, le diplomate a entamé un suivi rigoureux des recommandations émises en 2019.

Loin des simples formalités protocolaires, cette séance de travail a permis de confronter les avancées du pays aux réalités du terrain. Pour Lomé, il s’agit de démontrer que sa stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent porte ses fruits, malgré la pression persistante aux frontières.

Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires
© Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires

Au-delà du militaire : l’armée de l’ombre

L’un des points forts soulignés lors des échanges réside dans l’implication des structures de base. Si la réponse sécuritaire est indispensable, le Togo a fait le pari de la proximité. Le rôle des préfets, des maires, mais surtout de la chefferie traditionnelle et des dirigeants religieux est apparu comme le socle de la résistance face à l’infiltration des groupes armés.

En intégrant les femmes et les jeunes comme des acteurs de vigilance et non comme de simples cibles de sensibilisation, les autorités togolaises tentent ainsi de tarir les sources de recrutement. Cette « défense populaire » par la cohésion sociale semble avoir séduit la délégation onusienne, qui y voit un levier de stabilité durable.

 

Un partenariat sous le sceau de l’urgence

La visite de Nathalie Gherman ne se limite pas à un constat d’autosatisfaction. Elle réaffirme une alliance stratégique. Face aux menaces qui ignorent les frontières, le Togo et l’ONU entendent aussi intensifier leur coopération technique et logistique.

Pour le gouvernement togolais, le défi est de maintenir cet équilibre fragile entre sécurité intérieure et liberté territoriale. Ce passage en revue des troupes administratives et sociales confirme que pour Lomé, la guerre contre le terrorisme se gagne d’abord dans les villages et les quartiers.

Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires
© Ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires

Une alliance pour la paix

Le Togo ne se contente plus de subir la menace ; il l’anticipe en plaçant l’humain au cœur de son dispositif de défense. En validant ces avancées, les Nations Unies ne dressent pas seulement un constat technique : elles consacrent aussi la stratégie de Lomé dans la lutte contre le terrorisme comme un véritable laboratoire pour la sous‑région.

L’enjeu pour le gouvernement togolais est désormais de transformer ces satisfactions diplomatiques en boucliers concrets sur le terrain. Alors que les défis sécuritaires s’intensifient, seule une coopération internationale renforcée et une cohésion nationale sans faille préserveront durablement la paix dans les villages du Nord. Le message de Nathalie Gherman est sans équivoque : la stabilité du Togo demeure la clé de voûte de la sécurité régionale.

Coopération Togo-Oman : des investisseurs du Sultanat en mission à Lomé

LOMÉ, 24 mars 2026 – Entre la péninsule arabique et le golfe de Guinée, un nouveau pont économique se dessine. Le lundi 23 mars, une délégation d’investisseurs omanais a entamé une mission stratégique au Togo. 

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Oman en visite à Lomé : le Togo séduit les puissances du Golfe

Le Togo confirme son attractivité auprès des puissances du Golfe. Après les Émirats arabes unis et le Qatar, c’est au tour du Sultanat d’Oman de poser ses valises à Lomé. Reçus par le ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements, Dr Arthur Trimua, les émissaires omanais sont sur le territoire pour une mission de travail.

Cette mission, qui se poursuivra plusieurs jours, vise à identifier des projets concrets. Pour Lomé, l’arrivée de ces nouveaux partenaires s’inscrit dans une quête de souveraineté économique, avec l’ambition de diversifier ses sources de financement au‑delà des partenaires traditionnels occidentaux.

L’énergie et les mines : les dossiers brûlants

Si les discussions en sont encore au stade technique, les secteurs ciblés par le Sultanat demeurent hautement stratégiques. Le Togo, engagé dans une transformation structurelle, mise sur l’expertise omanaise dans les domaines du pétrole et du gaz, mais aussi dans les infrastructures et les ressources minières.

Cependant, c’est sans doute dans l’agriculture et l’énergie que les attentes sont les plus fortes. Le gouvernement togolais espère attirer des investissements structurants capables de moderniser les chaînes de valeur agricole et de renforcer l’autonomie énergétique du pays. Des séances de travail intensives sont en cours avec les ministères sectoriels, afin de transformer ces intentions en feuilles de route opérationnelles.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Un signal fort pour les investisseurs mondiaux

Par ailleurs, l’intérêt croissant du Sultanat d’Oman valide la politique de réformes engagée par le Togo sous l’égide du président du Conseil, Son Excellence Faure Gnassingbé, pour améliorer le climat des affaires. En se positionnant comme une terre d’accueil sécurisée et dynamique pour les capitaux étrangers, Lomé espère ainsi créer un effet d’entraînement.

En somme, cette coopération naissante entre Mascate et Lomé pourrait bien être le prélude à une présence plus marquée du Sultanat en Afrique de l’Ouest, avec le port de Lomé comme porte d’entrée vers les marchés de l’hinterland.

Togo :  le Commonwealth découvre la perle d’Aného

ANÉHO, 24 mars 2026 – Entre lagune et océan, l’ancienne capitale du Togo a déployé ses charmes pour séduire la délégation du Commonwealth. Sous l’égide du ministre Arthur Trimua, les investisseurs du Commonwealth ont troqué leurs dossiers financiers pour une immersion historique. Derrière cette opération de séduction se cachent des enjeux économiques majeurs.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Une escale entre stratégique deux contrats

Ce n’était pas une simple promenade de santé. Le vendredi 20 mars 2026 dernier, les visages influents du Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC) ont arpenté les rues chargées d’histoire d’Aného. En clôture d’une mission économique intense de 48 heures au Togo, cette étape dans le chef-lieu de la Commune des Lacs 1 vise à montrer un autre visage du pays : celui de son potentiel touristique.

Pour le Dr Arthur Trimua, ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements, l’objectif est limpide. Il s’agit de prouver à ces capitaux internationaux que la souveraineté économique du Togo s’appuie également sur la valorisation de son patrimoine. En d’autres termes, investir au Togo, c’est aussi investir dans une destination d’avenir.

Commune Lacs 1
© Commune Lacs 1

Aného, ​​futur pôle du tourisme mémoriel ?

La cité tricentenaire n’a pas été choisie au hasard. Avec son architecture coloniale et ses racines culturelles profondes, Aného possède en effet les atouts nécessaires pour être un hub du tourisme haut de gamme en Afrique de l’Ouest. Les membres du CWEIC ont ainsi pu mesurer l’écart entre les opportunités industrielles de Lomé et la richesse immatérielle de la région des Lacs.

Par ailleurs, les autorités locales, portées par la mairie de la Commune des Lacs 1, ont saisi cette tribune pour réaffirmer leur ambition. L’idée est de transformer ce patrimoine en un environnement propice aux affaires, capable d’attirer des complexes hôteliers et des projets de préservation culturelle financés par des partenaires étrangers.

 

Le Commonwealth, un nouveau souffle pour les régions

Depuis l’adhésion du Togo au Commonwealth, les perspectives de développement se multiplient au-delà du port de Lomé. Cette visite prouve que la décentralisation est en marche. En amenant des hommes d’affaires internationaux dans l’hinterland côtier, le gouvernement togolais met en œuvre une croissance mieux répartie.

Finalement, Le passage de cette délégation à Aného pourrait annoncer des investissements dans l’économie bleue et le secteur des loisirs. Le défi pour la ville est désormais de transformer ces marques d’intérêt en contrats durables.

Lutte contre le terrorisme : une mission stratégique de l’ONU en visite au Togo

Du 23 au 31 mars 2026, le Togo accueille une mission d’évaluation du Comité contre le terrorisme des Nations unies, conduite par la Sous-Secrétaire générale de l’ONU, Nathalia Gherman. Officiellement, il s’agit d’une visite technique. Mais en réalité, cette mission intervient dans un contexte régional marqué par l’expansion des groupes armés dans le Sahel et leurs tentatives d’infiltration vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest.

Ainsi, derrière les réunions techniques et les séances de travail, l’enjeu est clair : mesurer la capacité réelle du Togo à faire face à la menace terroriste et identifier les failles du dispositif sécuritaire national.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Le Togo face à la pression sécuritaire régionale

Depuis plusieurs années, le nord du Togo est exposé à des attaques et incursions de groupes armés venus des zones instables du Sahel. Dans ce contexte, la visite des experts des Nations unies apparaît comme une étape importante dans la coopération sécuritaire internationale.

Les autorités togolaises veulent profiter de cette mission pour présenter les efforts réalisés ces dernières années, notamment en matière de renforcement du dispositif militaire, de surveillance des frontières et de coopération régionale. Toutefois, cette évaluation doit aussi permettre d’identifier les insuffisances et les besoins en assistance technique.

Autrement dit, cette mission ne se limite pas à un simple diagnostic : elle pourrait déboucher sur de nouveaux programmes de soutien sécuritaire, technologique et financier.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Plusieurs secteurs sensibles passés au crible

Pendant cette mission, les experts internationaux vont analyser plusieurs aspects du dispositif togolais de lutte contre le terrorisme. Les discussions portent notamment sur le cadre juridique, la justice pénale, la lutte contre le financement du terrorisme, la surveillance des frontières, l’utilisation des technologies dans la sécurité, la prévention de la radicalisation et la question des droits humains.

Un autre point important concerne l’intégration du genre dans les politiques sécuritaires, un sujet désormais central dans les stratégies internationales de lutte contre l’extrémisme violent.

En parallèle, la mission doit également identifier les bonnes pratiques mises en place par le Togo, mais aussi les domaines dans lesquels le pays aura besoin d’un appui technique supplémentaire.


Ministère de la Sécurité
© Ministère de la Sécurité

Une coopération sécuritaire qui se renforce

Cette visite s’inscrit dans la continuité d’une première mission effectuée en 2019. Depuis cette période, la situation sécuritaire dans la région a fortement évolué, avec une progression des groupes armés vers les pays du Golfe de Guinée.

Dans ce contexte, le Togo cherche à renforcer sa coopération avec les partenaires internationaux afin d’éviter une déstabilisation de son territoire. Le gouvernement togolais insiste d’ailleurs sur sa volonté de travailler avec les institutions internationales pour améliorer ses capacités de prévention, de renseignement et de réponse aux menaces.


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Entre évaluation et diplomatie sécuritaire

Au-delà de l’aspect technique, cette mission constitue également un signal diplomatique fort. Elle montre que le Togo veut apparaître comme un partenaire fiable dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.

Cependant, certains observateurs estiment que l’enjeu réel se situe ailleurs : la capacité du pays à anticiper la menace plutôt qu’à la subir. Car la question n’est plus de savoir si la menace existe, mais quand et comment elle pourrait frapper de nouveau.

Une chose est sûre : à l’issue de cette mission, les recommandations des experts de l’ONU pourraient influencer les futures orientations sécuritaires du Togo pour les prochaines années.