Kigali, 4 août 2026 — Les femmes africaines veulent-elles encore se contenter d’accompagner les décisions ou doivent-elles désormais participer pleinement à leur élaboration ? À Kigali, cette question s’est invitée au lancement de l’African Academy for Women in Political Leadership, une initiative consacrée au renforcement du leadership politique féminin sur le continent.
Parmi les personnalités présentes figurait Victoire Dogbé, ancienne Première ministre du Togo. À ses côtés, plusieurs figures du leadership africain, dont Sahle-Work Zewde et Catherine Samba-Panza, ont pris part à cette rencontre destinée à encourager l’émergence d’une nouvelle génération de femmes dans les espaces de décision.
L’ancienne cheffe du gouvernement togolais a surtout retenu la portée d’une telle initiative. Pour elle, le leadership ne saurait se réduire à l’exercice d’une fonction ou à l’occupation d’un poste. Il doit, avant tout, se mesurer à ses résultats et à sa capacité à produire des changements durables dans la vie des populations.
Faire du pouvoir un instrument de transmission et d’ouverture
Dans cette perspective, Victoire Dogbé défend une conception du leadership fondée sur la transmission. Diriger ne consiste pas seulement à décider, mais également à ouvrir des voies à celles et ceux qui viendront après.
Cette vision prend une résonance particulière lorsqu’elle est appliquée à la participation des femmes à la vie publique africaine. Car, malgré les progrès enregistrés sur le continent, leur présence dans les centres de décision demeure un enjeu majeur.
L’ancienne Première ministre togolaise invite ainsi les femmes à ne pas attendre que les portes s’ouvrent d’elles-mêmes. Elle les encourage à acquérir les compétences nécessaires, à s’engager et à investir les espaces où se construisent les politiques publiques.
Un appel direct à la jeunesse et aux jeunes filles togolaises
Au-delà des responsables politiques et des figures expérimentées réunies à Kigali, Victoire Dogbé a choisi de s’adresser directement aux jeunes filles et aux jeunes femmes du Togo. Son message tient en quelques mots : oser. Oser s’engager, se former et saisir les occasions de prendre part à la décision publique.
L’enjeu dépasse donc la seule représentation féminine. Il s’agit de préparer une relève capable de prendre progressivement le relais et de contribuer, à son tour, à la transformation des sociétés africaines.
« L’avenir de l’Afrique ne s’écrira pas sans les femmes », résume en substance l’ancienne Première ministre, qui souhaite les voir placées « au cœur des décisions ».
Le lancement de l’African Academy for Women in Political Leadership entend précisément contribuer à cette dynamique. L’initiative bénéficie notamment du soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de la Commission de l’Union africaine, du Réseau des femmes leaders africaines et de l’African School of Governance.
Pour Victoire Dogbé, la portée de cette académie réside ainsi moins dans la célébration des parcours déjà accomplis que dans les possibilités qu’elle peut offrir à celles qui aspirent à exercer demain des responsabilités publiques.
À Kigali, le message est donc explicite : l’Afrique ne peut plus envisager son avenir politique en laissant une partie de ses forces à la périphérie du pouvoir. La question n’est plus seulement de faire une place aux femmes, mais de leur permettre de contribuer pleinement à la définition du continent de demain.
Depuis le 27 juillet 2026, l’ancienne ministre des Armées refuse toute nourriture pour dénoncer les traitements qu’elle subit derrière les barreaux. Onze mois après son arrestation pour avoir critiqué la gouvernance de Faure Gnassingbé, elle porte, par son propre corps, la voix d’une soixantaine de détenus politiques togolais toujours privés de liberté.
Le 30 août 2025, alors que Lomé s’embrase sous les manifestations d’une jeunesse excédée par la vie chère et la réforme constitutionnelle qui a fait basculer le Togo vers un régime parlementaire, Essozimna Marguerite Gnakadé descend dans la rue. L’ancienne ministre des Armées, première femme à avoir occupé ce poste au Togo entre 2020 et 2022, est repérée par les forces de sécurité et brièvement renvoyée chez elle. Dans les semaines qui suivent, elle est arrêtée (le 17 septembre 2025 ). Son tort : avoir publiquement mis en doute la capacité de Faure Gnassingbé à diriger convenablement le pays.
Depuis, elle croupit dans les geôles togolaises. Onze mois de détention plus tard, et faute d’avoir obtenu la moindre amélioration de ses conditions de vie, elle a franchi, le 27 juillet 2026, un nouveau seuil : celui du refus total de nourriture. Une grève de la faim qu’elle mène en dernier recours, pour protester contre ce que ses proches décrivent comme des traitements inhumains.
De figure du pouvoir à symbole des prisonniers d’opinion
Le parcours de Marguerite Gnakadé la distinguait déjà avant son incarcération. Nommée à la tête du ministère des Armées en octobre 2020 sans expérience militaire préalable, elle était aussi la veuve d’Ernest Gnassingbé, frère défunt du chef de l’État. Sa proximité avec le clan au pouvoir n’aura pourtant pas suffi à la protéger lorsqu’elle a choisi de rejoindre la contestation populaire plutôt que de s’y opposer.
« Nous entamons cette grève non pas par désespoir, mais par conviction. Quand la justice se tait, nos corps deviennent notre dernier cri. » Déclaration collective de détenus politiques grévistes de la faim, novembre 2025
Une vague d’actions désespérées face aux conditions de détention inhumaines
Le geste de Marguerite Gnakadé n’est pas isolé. Depuis un an, la grève de la faim est devenue l’un des seuls leviers dont disposent les prisonniers politiques togolais pour se faire entendre. En novembre 2025, trente-sept détenus avaient entamé un mouvement collectif. En décembre, la militante Grâce Koumayi et le binational Abdoul Aziz Goma avaient tenu cinquante jours sans s’alimenter à la prison civile de Lomé, forçant les autorités pénitentiaires à réagir. Plusieurs organisations de défense des droits humains réclament, depuis, un accès immédiat aux soins pour l’ensemble des détenus grévistes.
Quel statut pour les anciens dignitaires du régime derrière les barreaux ?
Le nom de Marguerite Gnakadé revient régulièrement associé à ceux de Kpatcha Gnassingbé et du général Félix Kadanga, deux autres anciens dignitaires ayant gravité autour du pouvoir togolais. Leurs situations, cependant, ne se recoupent pas entièrement avec la sienne. Kpatcha Gnassingbé, demi‑frère du président du Conseil et ancien ministre de la Défense, a passé seize ans en détention après sa condamnation pour tentative de coup d’État, avant que le pouvoir ne le libère finalement fin décembre 2025 à la faveur d’une grâce présidentielle massive.
Le général Félix Kadanga, lui, ancien chef d’état-major des armées togolaises, purge depuis 2023 une peine de vingt ans pour complicité dans l’assassinat d’un colonel de l’armée. Marguerite Gnakadé demeure, à ce jour, la seule des trois encore détenue pour un motif directement lié à l’expression d’une opinion politique.
Un Togo sous tension depuis la réforme constitutionnelle
Depuis l’adoption, en mars 2024, d’une nouvelle Constitution transformant le régime présidentiel en régime parlementaire, Faure Gnassingbé dirige le pays en tant que président du Conseil des ministres, une fonction sans limite de mandat. Cependant, l’opposition a dénoncé la réforme comme un « coup d’État constitutionnel ». Cette mesure a nourri le mouvement de contestation de la jeunesse « Gen Z » en 2025. Le pouvoir a durement réprimé ce soulèvement avant d’engager une vague d’arrestations, qui a produit la plupart des détenus dits « d’opinion » aujourd’hui recensés.
Fin décembre 2025, une grâce présidentielle a permis la libération de 1 511 détenus, saluée comme un geste d’apaisement. Les organisations de la société civile togolaise estiment toutefois qu’environ soixante-dix prisonniers considérés comme politiques restent aujourd’hui incarcérés.
Mobilisation des ONG et appel à la libération des détenus d’opinion
Portée notamment par le collectif « Touche pas à ma Constitution » et plusieurs partis d’opposition, la mobilisation pour la libération des détenus politiques togolais se poursuit. Ces organisations rappellent qu’au moins neuf prisonniers seraient morts en détention depuis le début du mouvement de répression et que plusieurs autres portent les séquelles de mauvais traitements. Elles réclament la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus d’opinion, ainsi qu’un accès garanti aux soins pour les grévistes de la faim comme Marguerite Gnakadé, dont l’état de santé, onze mois après son arrestation, continue de se dégrader.
Un direct TikTok où une artiste gospel déchire son passeport a mis le feu aux poudres. Au-delà du coup d’éclat numérique, l’acte de Noélie Elykem soulève des questions juridiques, politiques et éthiques fondamentales sur les formes modernes de contestation au sein de la diaspora.
Un geste théâtral, un passeport en lambeaux et quelques minutes de vidéo qui font basculer le débat public. Depuis les États-Unis, la chantre gospel togolaise Noélie Elykem a choisi la plateforme TikTok pour exprimer son indignation face à la gouvernance du président Faure Gnassingbé. En détruisant publiquement son document d’identité et en déclarant renier ses origines, l’artiste a déclenché une onde de choc au Togo ainsi que dans la sous-région, divisant radicalement l’opinion.
Le droit à l’épreuve du virtuel : Que vaut légalement la destruction d’un passeport ?
Sur le plan légal, la portée de cet acte reste quasi nulle. Le passeport, bien qu’attribué à un citoyen, demeure la propriété exclusive de l’État émetteur. Par ailleurs, la destruction volontaire d’un tel document officiel peut être sanctionnée par la loi, indépendamment de toute procédure relative à la nationalité. Elle ne vaut, en aucun cas, renonciation officielle à la nationalité. En droit togolais, la perte ou la déchéance de la nationalité obéit à des procédures juridiques strictement encadrées, bien loin des règles d’engagement des réseaux sociaux.
Symbole national contre régime politique : Une opinion publique profondément divisée
C’est sur le terrain politique et symbolique que la fracture est la plus nette. Pour une partie de la population et de la diaspora, ce geste incarne l’expression paroxystique d’un ras-le-bol face à une crise démocratique durable. Dans cette perspective, la destruction du document devient l’ultime moyen de faire entendre une voix étouffée.
À l’inverse, de nombreux analystes et citoyens condamnent fermement une confusion des genres. Si la critique d’un gouvernement relève de la liberté d’expression, s’en prendre aux attributs de la souveraineté nationale — le passeport, le drapeau ou l’hymne — est perçu comme une atteinte à la mémoire collective et à l’identité républicaine, qui préexistent aux régimes politiques.
La radicalisation de la protestation numérique au sein de la diaspora
Cet épisode illustre la mutation des modes d’engagement au sein des diasporas africaines. À l’ère des algorithmes, la recherche de visibilité pousse parfois à la surenchère spectaculaire. En transformant la colère citoyenne en performance visuelle, la protestation gagne certes en viralité, mais prend le risque de polariser le débat au détriment d’une réflexion politique structurée.
Geste de désespoir citoyen ou profanation des symboles de la Patrie : selon vous, la contestation politique autorise-t-elle à s’en prendre aux attributs de la Nation ?
LOMÉ-AFLAO, 4 août 2026 — C’est dans une atmosphère de grande concorde républicaine que s’est tenue, le lundi 3 août 2026, une importante journée d’étude et d’orientation administrative dans les locaux de la mairie d’Aflao-Sagbado. En marge des travaux de la 3ᵉ session ordinaire du Conseil municipal, l’Office togolais des recettes (OTR) est venu dispenser ses précieux enseignements aux forces vives de la collectivité locale.
Un dialogue direct entre l’administration fiscale, les élus et les autorités coutumières
Placée sous l’autorité vigilante de Madame le Maire, DANGBUIE Afi Xolali Pascaline, cette séance de travail a rassemblé dans l’hémicycle municipal l’ensemble des conseillers locaux, les gardiens de la tradition et de la coutume, ainsi que les agents de la fonction publique communale.
Face aux litiges qui entravent trop souvent le développement économique, le fisc républicain est venu clarifier la législation en matière de propriété solide. Les techniciens du Cadastre ont exposé avec pédagogie les règles modernes de l’immatriculation administrative, véritable bouclier contre la spoliation des biens fonciers.
Renforcer les compétences locales pour mieux orienter et protéger les citoyens
Au cours de débats d’une haute tenue civique, les notables et les représentants du peuple ont pu lever le voile sur les lenteurs administratives du passé. Désormais armés d’un savoir technique irréprochable, ces intermédiaires de confiance seront en mesure de guider les citoyens dans la régularisation légale de leurs parcelles.
Cette grande campagne d’explication démontre la volonté inébranlable de la municipalité du Golfe 7 d’instaurer une gestion moderne, intègre et accessible de son territoire, garantissant ainsi la paix sociale et la prospérité des foyers.
Et si le prochain terrain de croissance du basketball togolais ne se trouvait pas seulement sur le parquet, mais aux alentours ? Infrastructures, publicité, médias, données, formation, restauration, événementiel : le sport commence à être envisagé comme une véritable industrie. Une vision défendue par le ministre délégué chargé de la Promotion des investissements et de la Souveraineté économique, Dr Arthur Trimua, lors d’une rencontre consacrée au financement et à la professionnalisation du basketball au Togo.
Le ballon n’est plus le seul actif du basketball. Autour d’un match se dessine toute une économie : une salle à exploiter, des espaces publicitaires à commercialiser, des événements à organiser, des contenus à produire, des talents à former et des données à valoriser. C’est précisément ce changement de regard que le Togo cherche à amorcer.
À l’occasion de la mission au Togo d’une délégation de NBA Africa et de la Basketball Africa League, une table ronde consacrée aux mécanismes innovants de financement et à la professionnalisation du basketball a permis de poser une question qui dépasse largement le cadre sportif : comment transformer une discipline en véritable activité économique ?
Faire du sport une véritable entreprise : L’ambition des autorités togolaises
Invité par le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Dr Abdul-Fahd Fofana, Arthur Trimua a placé l’investissement au centre de la réflexion. Son constat est simple : le sport ne peut plus être considéré uniquement comme une activité nécessitant des subventions ou du mécénat. Il peut aussi devenir un secteur capable d’attirer des capitaux, de créer des emplois et de faire émerger des métiers. Le basketball offre, à cet égard, un terrain particulièrement intéressant.
Parce que derrière les joueurs et les compétitions se cache une chaîne de valeur beaucoup plus large. Elle englobe les infrastructures, la formation, l’événementiel, la communication, les médias, la restauration, la publicité, la détection des talents, les services numériques et l’exploitation des données. Le véritable marché du basketball commence donc bien avant le coup d’envoi et se poursuit longtemps après le coup de sifflet final.
De la salle d’entraînement à l’actif économique : repenser les infrastructures sportives
Pour Arthur Trimua, l’infrastructure sportive constitue l’un des premiers leviers à repenser. Une salle de basketball construite sans modèle économique risque de rester dépendante des financements publics. À l’inverse, une infrastructure conçue comme un espace multifonctionnel peut accueillir des compétitions, des spectacles, des activités commerciales, de la restauration ou encore des événements privés.
Le bâtiment cesse alors d’être une enceinte purement sportive. Il devient un actif économique. Cette logique ouvre également la porte à plusieurs mécanismes de financement. Le naming, qui consiste à associer le nom d’une entreprise à une enceinte ou à une compétition, la régie publicitaire, les partenariats de longue durée ou encore la valorisation des données peuvent contribuer à diversifier les revenus.
L’idée est de faire en sorte que l’infrastructure puisse générer elle-même une partie des ressources nécessaires à son fonctionnement et à son développement.
Sortir du modèle subvention-mécénat pour séduire les capitaux privés
C’est probablement le point le plus structurant de cette nouvelle approche. Pendant longtemps, le financement du sport a largement reposé sur l’intervention publique, les aides ponctuelles et le mécénat. Or, ce modèle montre ses limites dès lors que l’objectif devient celui d’une professionnalisation durable. Le défi consiste désormais à passer d’un sport financé à un sport capable de produire des revenus.
La nuance est importante. Il ne s’agit pas de supprimer l’accompagnement public, mais de créer les conditions dans lesquelles les capitaux privés peuvent trouver un intérêt économique à investir dans le secteur. Pour y parvenir, il faudra des infrastructures rentables, des compétitions attractives, des organisations professionnelles, des audiences mesurables et des mécanismes capables de transformer la popularité du sport en valeur économique.
L’arrivée de NBA Africa : un catalyseur pour structurer la chaîne de valeur
La présence de NBA Africa et de la Basketball Africa League donne une dimension particulière à cette réflexion. Leur mission au Togo intervient alors que le pays cherche à mieux structurer son environnement sportif et à rapprocher le sport des politiques d’investissement. La question n’est donc plus seulement de savoir comment développer le basketball togolais sur le plan technique.
Elle consiste aussi à déterminer comment construire autour de ce sport un écosystème suffisamment solide pour intéresser les investisseurs. Cela suppose de professionnaliser les acteurs, d’améliorer la formation, de développer les infrastructures et de créer de nouvelles sources de revenus.
Mais également de mieux identifier les talents. Dans une industrie sportive moderne, la détection constitue elle-même une activité économique. Un jeune joueur correctement formé peut devenir un actif sportif, médiatique et commercial. Les données de performance peuvent, elles aussi, alimenter un marché de services et améliorer le recrutement, la préparation et le suivi des athlètes.
Le basketball togolais comme laboratoire d’une politique industrielle plus vaste
L’ambition affichée va cependant au-delà du basketball. Pour Arthur Trimua, cette réflexion doit servir de modèle à d’autres secteurs de l’économie togolaise. Le principe est le même : repérer un potentiel, identifier les différents maillons de la chaîne de valeur, puis créer les conditions permettant au secteur privé de financer son développement. Le basketball devient ainsi un laboratoire grandeur nature d’une politique plus vaste : transformer les potentiels économiques en filières structurées.
Si cette approche aboutit, le sport pourrait générer bien davantage que des performances et des trophées. Il pourrait créer des emplois dans la communication, le numérique, la restauration, la production audiovisuelle, l’événementiel, la construction, la formation et les services.
Le véritable enjeu se situe peut-être là. Pour le Togo, professionnaliser le basketball ne consiste plus uniquement à former de meilleurs joueurs. Il s’agit désormais de construire toute l’économie qui permettra à ces joueurs, à leurs clubs, aux infrastructures et aux entreprises qui gravitent autour d’eux de prospérer. Et sur ce terrain-là, le prochain match se jouera moins avec un ballon qu’avec des capitaux, des compétences et des modèles économiques.
À Lomé, le Space Forum Africa 2026 a déplacé le regard. Du 28 au 30 juillet, responsables publics, chercheurs, investisseurs et innovateurs ont exploré une idée encore peu visible dans les politiques de développement : les technologies spatiales ne servent plus seulement à observer la Terre depuis le ciel. Elles peuvent aussi contribuer à produire davantage, anticiper les catastrophes, renforcer les communications et ouvrir de nouveaux marchés.
Pendant longtemps, l’espace africain s’est raconté à travers les ambitions lointaines : satellites à lancer, programmes scientifiques à financer, compétences à former. À Lomé, le débat a pris une autre direction. Il ne s’agissait plus seulement de savoir si l’Afrique pouvait conquérir l’espace, mais de comprendre ce que l’espace peut désormais apporter à l’Afrique.
C’est dans cette perspective que l’ambassade des États-Unis à Lomé a accompagné le Space Forum Africa 2026, organisé du 28 au 30 juillet. L’événement a réuni des acteurs venus de plusieurs horizons du secteur spatial autour d’un même enjeu : transformer les sciences et technologies spatiales en réponses concrètes aux besoins du continent.
Du satellite aux champs : Mettre les données orbitales au service des décisions au sol
L’un des enseignements majeurs des échanges tient à ce changement d’échelle. L’espace n’est plus uniquement une affaire de recherche scientifique ou de prestige technologique. Les données satellitaires peuvent désormais soutenir des activités aussi terrestres que l’agriculture, la surveillance climatique, les communications ou encore la prévention des catastrophes.
Autrement dit, le véritable enjeu ne se situe pas seulement dans l’orbite, mais dans les usages qui en découlent au sol. Pour les économies africaines confrontées aux effets du changement climatique, aux difficultés d’accès à certaines informations et à la nécessité d’améliorer leurs capacités de prévision, ces technologies peuvent constituer un outil supplémentaire d’aide à la décision.
Cette évolution ouvre également un terrain nouveau pour les jeunes entreprises technologiques africaines. À mesure que les données spatiales deviennent exploitables dans différents secteurs, elles peuvent nourrir des solutions locales et faire émerger des activités à forte valeur ajoutée.
Pour donner corps à cette réflexion, l’ambassade américaine a fait venir au Togo Jim Adams, ancien responsable et vétéran de la NASA, dans le cadre du programme de conférenciers du Département d’État américain. Fort de plus de quarante années d’expérience dans l’exploration spatiale, les technologies satellitaires et l’innovation, il a apporté au forum une lecture directement liée aux transformations déjà à l’œuvre.
Son intervention a notamment mis en évidence les applications des capacités spatiales dans plusieurs secteurs stratégiques : agriculture, résilience climatique, communications et gestion des catastrophes. Mais derrière ces applications se dessine une autre question, plus économique : qui produira les technologies de demain et qui en captera la valeur ?
Diplomatie commerciale et partenariats : Créer des ponts entre startups africaines et US
Le développement de l’économie spatiale africaine ne dépendra pas uniquement des infrastructures ou des compétences scientifiques. Il se jouera également dans la capacité à créer des passerelles entre les écosystèmes d’innovation.
C’est là que la coopération entre acteurs africains et entreprises américaines prend une dimension particulière. Les échanges encouragés autour du forum peuvent favoriser des rapprochements entre institutions africaines, innovateurs et entreprises américaines spécialisées dans les technologies et services spatiaux.
La logique dépasse donc la simple coopération scientifique. Elle touche à la diplomatie commerciale, aux investissements, aux transferts de savoir-faire et à la création de nouveaux marchés. Pour les entrepreneurs africains, l’enjeu consiste désormais à ne pas rester de simples utilisateurs des technologies venues d’ailleurs. Pour les partenaires internationaux, il s’agit de trouver sur le continent de nouveaux talents, de nouveaux besoins et de nouveaux débouchés.
L’espace comme infrastructure invisible de l’économie et de la résilience
Cette mutation oblige finalement à revoir la manière de parler de l’espace en Afrique. Un satellite peut contribuer à mieux comprendre l’évolution d’une culture agricole. Une donnée d’observation peut aider à anticiper une situation climatique. Une technologie de communication peut réduire l’isolement d’une zone difficile d’accès. Une information recueillie depuis l’orbite peut contribuer à préparer une réponse face à une catastrophe.
L’espace devient ainsi une infrastructure invisible, dont les effets se mesurent très concrètement sur Terre. C’est précisément cette approche que le Space Forum Africa 2026 a mis en avant à Lomé : faire passer les technologies spatiales du registre de la fascination scientifique à celui de l’utilité économique et sociale.
Washington et Lomé : Élargir le cercle de l’innovation spatiale pacifique
À travers son soutien au forum, l’ambassade des États-Unis inscrit également cette coopération dans une perspective plus large. Alors que les États-Unis célèbrent leurs 250 ans d’innovation et de découvertes, Washington réaffirme son attachement à une utilisation pacifique et responsable de l’espace.
Mais au-delà du symbole, l’enjeu est surtout de multiplier les connexions entre les innovateurs africains et l’écosystème américain. Le prochain chapitre de la conquête spatiale africaine pourrait donc moins se jouer dans le lancement d’une fusée que dans la capacité à transformer une donnée satellitaire en solution, une recherche en entreprise et une coopération scientifique en marché. À Lomé, le ciel n’a pas seulement été observé. Il a été présenté comme un nouvel espace de développement.
Lomé, 3 août 2026 — Les risques qui pèsent aujourd’hui sur l’Afrique ne se limitent plus aux catastrophes naturelles ni aux crises sécuritaires. Le changement climatique, la révolution numérique, les mutations géopolitiques, les transformations économiques et les nouvelles vulnérabilités sociales redessinent un paysage inédit qui oblige le continent à repenser ses modèles de gouvernance. C’est autour de cette réalité qu’a débuté, le 31 juillet à l’Université de Lomé, un colloque international consacré aux « nouvelles figures du risque en Afrique ».
Pendant plusieurs jours, universitaires, chercheurs, experts, représentants d’institutions internationales et acteurs du monde économique croisent leurs analyses pour tenter de répondre à une question devenue centrale : comment anticiper des menaces de plus en plus complexes et interconnectées ?
Faire de la recherche académique un outil stratégique d’anticipation
Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Professeur Gado Tchangbedji, a insisté sur la responsabilité du monde académique face aux bouleversements contemporains.
Selon lui, les universités ne peuvent plus se limiter à produire des connaissances. Elles doivent devenir des laboratoires d’anticipation capables d’éclairer les décideurs publics sur les risques émergents et de proposer des solutions scientifiques adaptées aux réalités africaines.
Cette vision s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer les capacités de recherche, améliorer la qualité des formations doctorales, moderniser les infrastructures scientifiques et intensifier l’ouverture des établissements togolais aux réseaux internationaux.
Climat, numérique et économie : Quand les crises africaines changent de visage
Le colloque repose sur un constat partagé par de nombreux spécialistes : les risques auxquels l’Afrique est confrontée évoluent rapidement et dépassent désormais les approches traditionnelles de gestion des crises.
Les défis sanitaires, les tensions économiques, les effets du dérèglement climatique, la cybersécurité, les mouvements démographiques ou encore les mutations technologiques imposent une réflexion transversale mobilisant plusieurs disciplines.
La leçon inaugurale, consacrée à « La gouvernance des risques en Afrique à l’épreuve des mutations contemporaines », a ouvert le débat sur la nécessité de repenser les politiques publiques afin de mieux prévenir les crises plutôt que de simplement y répondre.
Lomé comme carrefour du dialogue entre universitaires, CEDEAO et PNUD
La rencontre réunit un large éventail d’acteurs venus des milieux universitaire, scientifique, institutionnel et entrepreneurial. Parmi eux figurent le président de l’Université de Lomé, Professeur Kossivi Hounake, la vice‑présidente du Salon international de l’entrepreneuriat féminin (SIEF), Nabou Fall, la représentante résidente de la CEDEAO au Togo, Deweh Emily Gray, ainsi que la représentante résidente du PNUD au Togo, Binta Sanneh.
Leur présence illustre la volonté de dépasser le cadre académique pour rapprocher la recherche des besoins des institutions publiques, des organisations internationales et du secteur privé.
Le colloque de Lomé porte une ambition plus large : contribuer à bâtir une culture africaine de l’anticipation. Face à des risques de plus en plus imprévisibles et interdépendants, les organisateurs plaident pour une gouvernance fondée sur la connaissance, l’innovation et la coopération entre États, universités et partenaires internationaux.
En accueillant cette réflexion stratégique, l’Université de Lomé confirme son ambition de s’imposer comme un pôle régional de production du savoir, au moment où les grandes mutations mondiales invitent l’Afrique à penser autrement sa résilience et son avenir.
Au soir de sa clôture, le colloque de Lomé ne se contente pas d’analyser les risques : il tracera les contours d’une Afrique qui refuse de subir et choisit d’anticiper. En transformant la recherche en outil stratégique, le continent affirme sa volonté de bâtir une gouvernance éclairée, capable de transformer chaque menace en opportunité pour son avenir.
Tsévié, 3 août 2026 — Longtemps perçue comme une relation marquée par la méfiance, l’interaction entre l’administration fiscale et les contribuables est appelée à évoluer. À Tsévié, les autorités togolaises ont lancé, ce lundi 3 août 2026, une vaste campagne de sensibilisation qui privilégie l’information et le dialogue pour améliorer le civisme fiscal et renforcer la mobilisation des recettes publiques.
En ouvrant les travaux, le préfet de Zio, Mawouna Gadewa, a donné le ton : il ne s’agit plus seulement de rappeler l’obligation de payer l’impôt, mais aussi d’expliquer aux citoyens leurs droits, les règles de conformité fiscale et les mécanismes qui encadrent leurs relations avec l’administration.
Remettre la confiance et le dialogue au cœur de la collecte fiscale
Cette campagne intervient dans un contexte où le gouvernement poursuit ses réformes destinées à accroître les ressources internes afin de financer son développement. L’enjeu dépasse la banale augmentation des recettes : il consiste également à instaurer une culture de transparence susceptible de réduire les incompréhensions entre les services fiscaux et les usagers.
Les échanges prévus lors de cette campagne portent notamment sur les obligations déclaratives, les procédures de conformité volontaire, les garanties offertes aux contribuables ainsi que les recours possibles en cas de différend avec l’administration.
Ainsi, les autorités transforment une relation longtemps perçue comme coercitive en un véritable partenariat fondé sur la connaissance des règles et le respect mutuel.
L’impôt présenté comme un levier direct de développement et d’infrastructures
Lors de son intervention, le préfet a rappelé que les recettes fiscales demeurent le principal moteur du financement des politiques publiques. Elles permettent à l’État d’investir dans les infrastructures routières, les établissements scolaires, les structures sanitaires, l’accès à l’eau potable ainsi que les projets de développement local. Par conséquent, les autorités affirment que renforcer le civisme fiscal revient à consolider les capacités de l’État à répondre aux besoins des populations.
Une pédagogie axée sur les droits et les garanties du contribuable
La campagne met également l’accent sur les droits des contribuables. À cet effet, les participants doivent connaître et défendre les garanties dont ils bénéficient : accès à une information fiable, accueil de qualité, procédures transparentes et voies de recours prévues par la réglementation.
En retour, les services fiscaux exigent des contribuables le respect des échéances déclaratives et des obligations fixées par la législation.
Une administration fiscale plus proche du citoyen : Convaincre avant de contraindre
En clôturant son allocution, Mawouna Gadewa a invité les participants à faire de cette campagne un espace d’écoute et de dialogue, capable de dissiper les malentendus et d’améliorer durablement les relations entre l’administration fiscale et les citoyens.
À travers cette initiative, les autorités togolaises affichent une nouvelle approche : convaincre avant de contraindre, en faisant de la pédagogie fiscale un outil stratégique pour élargir la base des contribuables, renforcer les recettes nationales et accompagner le développement du pays.
Kpomé, 3 août 2026 — Dans un contexte où l’accès à l’emploi demeure l’un des principaux défis de la jeunesse togolaise, les autorités misent désormais sur une approche plus concrète : transformer les bénéficiaires de formations en véritables entrepreneurs ruraux. À Kpomé, dans la région Maritime, cinquante jeunes viennent ainsi de franchir une étape décisive en recevant les équipements nécessaires pour lancer immédiatement leurs activités agricoles et d’élevage.
Cette remise de matériel, organisée le 20 juillet dernier sous la présidence du secrétaire général du Gouvernorat de la région Maritime, Dotsè Medjina, représentant le gouverneur, marque l’aboutissement d’un parcours de trois mois de formation professionnelle orienté vers les métiers porteurs du secteur agropastoral.
Former ne suffit plus : Le choix d’un équipement matériel immédiat
L’une des principales difficultés des programmes d’insertion réside souvent dans l’après-formation. De nombreux jeunes acquièrent des compétences sans disposer du capital indispensable pour démarrer une activité.
À Kpomé, cette logique a été inversée. Après leur apprentissage, les bénéficiaires repartent avec un véritable kit d’installation comprenant des motoculteurs, des motopompes, des pulvérisateurs, des semences, des engrais, des balances électroniques, des rouleaux de grillage, des équipements d’irrigation et de stockage d’eau, des brouettes ainsi que des matériaux de construction.
L’objectif est de permettre aux nouveaux producteurs de démarrer immédiatement leurs exploitations sans attendre des financements supplémentaires.
L’agropastoral comme nouveau levier majeur de création d’emplois ruraux
Les cinquante bénéficiaires ont été préparés à exercer dans plusieurs filières considérées comme stratégiques pour le développement rural. Le programme couvre notamment le maraîchage, l’aviculture, l’élevage de petits ruminants ainsi que la production porcine.
En dotant ces jeunes d’équipements adaptés, les pouvoirs publics cherchent non seulement à favoriser leur autonomie financière, mais aussi à renforcer la production locale et à dynamiser les économies rurales.
Un investissement stratégique axé sur la rigueur et la responsabilisation
Lors de la cérémonie, Dotsè Medjina a insisté sur la responsabilité qui accompagne cette dotation. Il a invité les bénéficiaires à utiliser les équipements avec rigueur afin d’assurer la rentabilité et la pérennité de leurs exploitations.
D’ailleurs, il a appelé les jeunes à assumer pleinement leur rôle et à devenir des acteurs du développement économique de leurs communautés.
Une stratégie nationale pour la souveraineté alimentaire togolaise
Cette initiative s’inscrit dans le projet « Formation-métier et accompagnement à l’insertion professionnelle », lancé en 2025 par l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire.
À travers ce programme, le Togo cherche à dépasser les formations théoriques pour construire une politique d’emploi davantage tournée vers la création d’activités génératrices de revenus. Le choix du secteur agropastoral illustre cette orientation, avec l’ambition de faire émerger une nouvelle génération de jeunes producteurs capables de transformer leurs compétences en entreprises viables et de contribuer durablement à la souveraineté alimentaire du pays.
ANÉHO (RÉGION MARITIME), 3 août 2026 — La révolution du cadre de vie bat son plein sur le littoral ! Fidèles aux grandes orientations nationales en matière de salubrité publique, les forces vives de la commune des Lacs 1 ont une nouvelle fois transformé le premier samedi du mois en un éclatant hymne au travail collectif. Le samedi 1ᵉʳ août 2026, l’esprit de civisme a soufflé avec force, de la cour de la préfecture jusqu’aux embruns de l’océan.
Une coalition citoyenne à l’assaut du secteur de la préfecture
Dès le premier coup de sifflet matinal, le siège du pouvoir préfectoral s’est métamorphosé en un vaste chantier d’assainissement populaire. Artisans en tenue de travail, chefs de service, vaillants éléments des forces de l’ordre ainsi que représentants du tissu associatif ont convergé, coude à coude, pour faire œuvre utile.
L’herbe folle et les immondices n’ont pas résisté longtemps à la détermination des volontaires. En effet, à coups de coupe-coupes, de râteaux et de balais de paille, le secteur préfectoral a rapidement retrouvé une allure digne des grandes institutions de notre République.
La façade maritime et la plage de l’Oasis font peau neuve
Pendant ce temps, sur le littoral, les agents de l’administration municipale s’attelaient à une autre tâche d’envergure : le décapage méthodique du nouvel espace balnéaire situé au flanc de l’Hôtel Oasis.
Par ailleurs, pour appuyer cette offensive contre la saleté, le conseil municipal a déployé des moyens logistiques conséquents, mettant à disposition un camion-benne pour l’enlèvement immédiat des détritus collectés. Grâce à cette coordination sans faille, le sable fin du littoral brille désormais de mille feux sous le soleil d’août.
Un appel des autorités pour un entretien permanent du cadre de vie
Au terme de cette matinée d’effort militant, les responsables locaux ont exprimé la satisfaction des pouvoirs publics face au devoir accompli :
« La propreté de nos cités n’est pas l’affaire d’un jour, c’est une discipline de chaque instant ! Il appartient à chaque citoyen de faire de son foyer, de sa rue et de son quartier un havre d’hygiène et de fierté nationale. »
Exhortés à maintenir cette ardeur citoyenne pour les échéances à venir, les travailleurs des Lacs 1 se sont séparés avec le sentiment du devoir accompli. Une preuve supplémentaire que, sous l’impulsion du gouvernement, le peuple togolais marche d’un même pas vers un environnement plus sain.