Togo : que change l’arrêt de la CEDEAO pour la Vᵉ République ?

Après l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO critiquant la réforme constitutionnelle de 2024, l’opposition togolaise réclame une transition politique. Mais alors que Lomé a déjà acté son basculement effectif dans un régime parlementaire, une question cruciale se pose : quel poids juridique possède réellement le verdict d’une cour régionale face à la Loi fondamentale d’un État souverain ?

Le Togo se trouve à nouveau à la croisée des chemins juridiques et politiques. Dans une déclaration commune publiée le 25 juin 2026, un front uni de partis de l’opposition et d’organisations de la société civile a formellement salué l’arrêt de la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour les contestataires de la première heure, ce verdict régional légitime leurs griefs contre la transition vers la Ve République. Ils appellent désormais à l’ouverture d’une « transition politique » et d’un dialogue national, tout en prenant à témoin la communauté internationale.

Du côté du pouvoir de Lomé, qui a toujours défendu la stricte légalité de sa démarche, le silence radio est, pour l’instant, de mise. Et pour cause : sur le terrain, le changement de régime n’est plus un projet, c’est une réalité institutionnelle solidement ancrée. Le pays a bel et bien basculé dans le régime parlementaire, les nouvelles institutions ont pris leurs fonctions, et le curseur du pouvoir s’est déplacé de la présidence de la République vers la Primature.

Dès lors, pour le citoyen, une question s’impose : face à un régime parlementaire déjà opérationnel, que peut concrètement changer la décision de la CEDEAO ?

Le principe d’or : la Constitution est au-dessus des traités

Pour comprendre la situation, il faut revenir aux fondamentaux du droit international. Dans la hiérarchie des normes de n’importe quel État souverain, la Constitution est la loi suprême. Aucun traité international, aucune juridiction extérieure – qu’il s’agisse de la CEDEAO ou même des Nations Unies – ne peut légalement s’y substituer ou l’annuler de force.

La Cour de justice de la CEDEAO est une juridiction supranationale. Elle peut condamner un État pour violation des droits de l’homme ou non-respect de ses engagements communautaires (comme le protocole sur la démocratie et la bonne gouvernance). En revanche, elle n’a pas le pouvoir de casser une Constitution nationale, d’abroger une loi votée par un Parlement souverain ou de destituer des dirigeants en place. Le verdict de la CEDEAO a une force déclarative, mais il ne possède pas de pouvoir d’exécution automatique à l’intérieur des frontières togolaises.

Le verdict de la CEDEAO : une arme politique, pas un rouleau compresseur juridique

Si le poids juridique pur de cet arrêt est limité face à la citadelle constitutionnelle de Lomé, son poids politique et diplomatique est, lui, bien réel. C’est précisément sur ce levier que l’opposition compte appuyer sa stratégie :

  • Une perte de légitimité internationale : un arrêt défavorable de la CEDEAO fragilise la position du gouvernement togolais sur la scène diplomatique. Il complique les négociations avec les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux, que l’opposition appelle déjà à observer la situation de près.
  • Un carburant pour la contestation interne : pour la société civile, ce verdict offre une caution morale et légale internationale. Il permet de maintenir la pression politique en affirmant que le droit régional est du côté des contestataires.
  • Le risque de sanctions : si un État ignore de manière répétée et flagrante les décisions de la Cour, la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO peut, théoriquement, prendre des sanctions politiques ou économiques contre cet État.

L’impossible équation de la « transition »

La demande de l’opposition de créer une « transition politique » se heurte à un principe de réalité : on ne décrète pas une transition face à des institutions qui fonctionnent, qui votent des lois et qui gèrent le budget de l’État au quotidien. Le basculement vers le régime parlementaire étant consommé, revenir en arrière nécessiterait soit un accord politique historique (un compromis global), soit un rapport de force politique que l’opposition ne semble pas en mesure d’imposer par la seule force d’un texte juridique venu d’Abuja.

En somme, l’arrêt de la CEDEAO ne fera pas tomber la Ve République togolaise. Dans une région où le taux d’application des décisions de la Cour d’Abuja dépasse à peine les 20 % dès que le sujet devient hautement politique, Lomé sait qu’elle ne risque aucune secousse institutionnelle immédiate. À l’instar de ses voisins, le pouvoir togolais s’apprête à ranger ce verdict au rayon des protestations symboliques.

Au Togo, le droit constitutionnel interne a définitivement gagné la bataille de la pratique. Reste à savoir si, au-delà de cette indifférence juridique désormais devenue la norme en Afrique de l’Ouest, le régime de la Ve République parviendra à contenir le coût diplomatique et le malaise politique que cet arrêt vient, une fois de plus, mettre en lumière.

Drépanocytose : la thérapie génique ouvre la voie à la guérison

Pendant des décennies, la drépanocytose a été considérée comme une maladie chronique avec laquelle il fallait apprendre à vivre. Les traitements permettaient d’en atténuer les symptômes, sans jamais faire disparaître la maladie. Aujourd’hui, les progrès de la thérapie génique changent progressivement cette réalité et redonnent espoir à des milliers de familles.

La preuve est venue de Louisiane, aux États-Unis, où un jeune homme de 23 ans est devenu le premier patient de l’État à bénéficier avec succès d’une thérapie d’édition génétique contre cette maladie héréditaire du sang. Daniel Cressy rejoint ainsi une centaine de patients déjà traités avec succès aux États-Unis grâce aux deux thérapies géniques approuvées, Casgevy et Lyfgenia. Au-delà de son parcours personnel, cette avancée marque une étape importante dans la lutte contre une pathologie qui touche des millions de personnes à travers le monde, notamment en Afrique.

Une maladie longtemps synonyme de souffrance

La drépanocytose demeure la maladie génétique la plus fréquente au monde. Elle provoque une déformation des globules rouges qui entrave la circulation sanguine, entraînant des douleurs aiguës, des infections répétées, des accidents vasculaires et une détérioration progressive des organes.

Pour de nombreux patients, l’enfance et l’âge adulte sont rythmés par les hospitalisations, les traitements et les limitations imposées par la maladie. Malgré les progrès réalisés dans la prise en charge, les médecins ne disposaient jusqu’à récemment que de solutions destinées à contrôler les complications.

La guérison restait exceptionnelle et dépendait essentiellement d’une greffe de moelle osseuse, une intervention qui nécessite un donneur compatible et qui demeure inaccessible à une grande partie des malades.

La révolution de l’édition génétique

L’arrivée des thérapies géniques bouleverse ce paradigme. Grâce à la technologie d’édition génétique CRISPR/Cas9, les médecins peuvent désormais prélever les cellules souches du patient, les modifier en laboratoire afin qu’elles produisent davantage d’hémoglobine fœtale — une forme d’hémoglobine qui empêche les globules rouges de se déformer — puis les réinjecter dans l’organisme après une chimiothérapie préparatoire.

L’objectif n’est plus seulement de limiter les crises douloureuses, mais de corriger durablement le mécanisme responsable de la maladie. Cette approche ouvre ainsi la perspective d’une guérison fonctionnelle pour un nombre croissant de patients.

Manning Family Children’s
© Manning Family Children’s

Daniel Cressy, le visage d’un nouvel espoir

C’est cette révolution médicale qu’incarne aujourd’hui Daniel Cressy. Diagnostiqué dès sa naissance, le jeune Américain a grandi avec les contraintes de la drépanocytose. Les crises de douleur, les passages aux urgences et les hospitalisations fréquentes menaçaient de compromettre son avenir.

Son rêve de devenir pilote de ligne semblait définitivement inaccessible, les autorités américaines de l’aviation civile refusant de lui délivrer l’aptitude médicale requise en raison de sa maladie. Après plus de deux ans de préparation, Daniel est devenu le premier patient de Louisiane à recevoir la thérapie génique Casgevy. Les médecins ont génétiquement modifié ses propres cellules souches avant de les lui réimplanter en mars 2026. Si les experts estiment le coût de la seule thérapie génique Casgevy à environ 2,2 millions de dollars, la facture finale doit encore intégrer les frais liés à la chimiothérapie, à l’hospitalisation et au suivi médical.

Trois mois plus tard, les résultats dépassent les attentes. Ses analyses montrent les meilleurs niveaux d’hémoglobine de sa vie et il prépare désormais les examens médicaux qui pourraient lui permettre d’intégrer une école de pilotage. Lors de la cérémonie célébrant cette étape, le jeune homme a résumé l’importance de cette victoire en affirmant vouloir faire de son parcours une source d’inspiration pour tous ceux qui vivent avec la maladie.

Un espoir qui dépasse largement les États-Unis

Si cette réussite est saluée aux États-Unis, son impact résonne bien au-delà des frontières américaines. L’Afrique subsaharienne concentre la majorité des naissances d’enfants atteints de drépanocytose chaque année. Dans plusieurs pays, cette maladie représente encore un important problème de santé publique, aggravé par des difficultés d’accès au diagnostic précoce, aux traitements spécialisés et aux soins de longue durée.

L’arrivée des thérapies géniques nourrit donc un immense espoir. Même si leur coût reste aujourd’hui très élevé et limite encore leur diffusion, de nombreux spécialistes estiment que ces technologies pourraient, à terme, transformer durablement la prise en charge de la maladie, comme cela s’est produit pour d’autres innovations médicales.

À mesure que les techniques se développent et que les coûts diminuent, davantage de patients pourraient bénéficier de traitements autrefois inimaginables.

Manning Family Children’s
© Manning Family Children’s

Une nouvelle page dans la lutte contre la drépanocytose

Daniel Cressy incarne bien plus qu’une réussite individuelle. Son parcours symbolise l’entrée de la médecine dans une nouvelle phase, où les chercheurs corrigent désormais à la source des maladies génétiques longtemps jugées incurables.

Pour des millions de personnes atteintes de drépanocytose, cette avancée ne supprime pas tous les obstacles. Les acteurs de la santé rappellent que les questions d’accessibilité, de financement et d’équité restent entières.

Une certitude se dessine toutefois : après avoir longtemps permis aux patients de mieux vivre avec la maladie, la médecine ouvre désormais la voie à une guérison fonctionnelle. Daniel Cressy n’est plus un cas isolé. Il rejoint une centaine de patients américains ayant déjà bénéficié avec succès des thérapies géniques Casgevy et Lyfgenia. Malgré leur coût élevé et leur disponibilité encore limitée, ces premiers succès confirment que la lutte contre la drépanocytose entre dans une nouvelle ère, où la guérison devient progressivement une perspective concrète plutôt qu’une simple promesse.

Togo : les résultats du BEPC 2026 à portée de clic

Le suspense prend fin ce jeudi 25 juin 2026 pour les 144 257 candidats au Brevet d’études du premier cycle (BEPC). Dès 16 heures, le ministère de l’Éducation nationale déploie un dispositif digital inédit, propulsant Telegram au cœur de la proclamation des résultats.

L’effervescence des grands jours d’examen s’apprête à envahir les foyers togolais, mais cette année, l’angoisse des résultats se mesurera à la vitesse des connexions Internet. Ce jeudi 25 juin, à partir de 16 heures, les 144 257 candidats du BEPC 2026 découvriront leur verdict. Derrière l’enjeu académique crucial pour ces milliers d’élèves se cache une révolution logistique : Lomé accélère la dématérialisation de ses services publics.

Pour éviter les attroupements fébriles et les interminables files d’attente devant les centres d’examen, les autorités ont choisi de déporter l’événement sur le terrain numérique. En effet, l’objectif est de simplifier drastiquement l’accès aux notes et d’alléger les déplacements des familles à travers le pays.

L’administration togolaise fait le pari des réseaux sociaux

Ce virage vers le tout-numérique confirme l’ambition du gouvernement togolais de moderniser son administration par le levier technologique. Après avoir aboli le système des SMS surtaxés — qui a longtemps pesé sur le budget des ménages modestes —, le ministère passe à la vitesse supérieure en misant sur l’accessibilité et la gratuité d’applications populaires comme WhatsApp et Telegram.

Si les méthodes traditionnelles, à l’instar de l’affichage physique dans les établissements ou de la plateforme étatique resultats.service-public.gouv.tg, restent actives, c’est bien l’application Telegram qui décroche la primeur de la rapidité en diffusant les données dès la première minute.

Un chatbot automatisé pour délivrer les verdicts

Pour l’occasion, le ministère de l’Éducation nationale a automatisé le processus via un robot conversationnel. Pour les candidats, la démarche se veut intuitive. Il suffit de scanner le code QR officiel pour rejoindre le canal dédié, d’engager la conversation par un simple message, puis de sélectionner l’option « BEPC 2026 » avant de renseigner son numéro de table. En quelques secondes, le système génère le verdict.

Face à la multiplication des canaux informels et aux risques d’escroqueries qui entourent souvent les examens nationaux, les autorités ont toutefois appelé à la plus grande vigilance, exhortant les familles à utiliser exclusivement les interfaces gouvernementales certifiées.

Un examen, pas une fin en soi

Par ailleurs, cette journée de proclamation rappelle surtout l’immense pression psychologique qui pèse sur les épaules de la jeunesse. Si la réussite demeure l’objectif de chaque candidat, l’échec n’est pas pour autant une fin en soi. Il peut parfois constituer une nouvelle opportunité pour ceux qui devront redoubler d’efforts.

À l’heure du verdict, il devient crucial que les parents évitent de faire peser une pression excessive sur leurs enfants en cas d’échec. Plutôt que de punir, l’essentiel est d’aider les plus jeunes à reprendre confiance en eux. Un sursaut de bienveillance indispensable pour qu’à l’avenir, le Togo n’ait plus à déplorer de drames ou de vies brisées à la suite d’échecs scolaires. Pour près de 145 000 jeunes Togolais, une nouvelle page s’ouvre, et elle doit s’écrire ensemble.

Togo : face au défi climatique, la Région des Plateaux passe à l’offensive

Réunis à Atakpamé, les acteurs territoriaux et les partenaires internationaux ont lancé la diffusion du Plan Régional d’Adaptation (PRA). Porté par le gouverneur Dadja Maganawé et soutenu par la FAO, ce document stratégique décline 49 mesures concrètes pour prémunir les secteurs clés de la région contre les chocs climatiques.

Dans la Région des Plateaux, poumon vert et véritable grenier agricole du Togo, l’urgence climatique ne se conjugue plus au futur. Face à la modification des cycles de pluie et aux menaces pesant sur la sécurité alimentaire, les autorités locales ont choisi de passer à l’offensive. Ainsi, la semaine dernière, à Atakpamé, le gouverneur de la région, le général Dadja Maganawé, a officiellement ouvert l’atelier de diffusion du Plan Régional d’Adaptation au changement climatique (PRA).

Cette rencontre, qui s’est tenue avec l’appui technique et financier de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), marque un tournant dans la territorialisation des politiques environnementales togolaises. En effet, l’objectif affiché est d’armer les décideurs locaux des compétences techniques indispensables pour naviguer dans l’écosystème complexe de la finance et de la gouvernance climatiques.

Gouvernorat Région des Plateaux
© Gouvernorat Région des Plateaux

49 mesures pour un bouclier vert

L’atelier a rassemblé un premier cercle d’acteurs stratégiques, allant des cadres du Gouvernorat et du Conseil régional aux représentants des services techniques de l’environnement et de l’agriculture, sans oublier les émissaires du Fonds vert pour le climat. Pour le général Dadja Maganawé, ce plan ne doit pas rester un document de plus sur les étagères de l’administration, mais s’imposer comme une véritable feuille de route opérationnelle.

Le PRA se structure autour de trois piliers fondamentaux :

  • La consolidation de la gouvernance locale, afin d’harmoniser les décisions politiques et environnementales ;

  • Le renforcement de la résilience des secteurs vitaux, que sont l’agriculture, la foresterie et la gestion des ressources en eau ;

  • La mobilisation active des financements, véritable nerf de la guerre pour concrétiser la transition.

Au total, ce sont 49 mesures concrètes qui ont été validées pour traduire les ambitions de la région en impacts réels sur le terrain.

Gouvernorat Région des Plateaux
© Gouvernorat Région des Plateaux

Le défi du financement et du suivi

La clôture de la cérémonie a donné lieu à une remise symbolique des documents officiels de planification au gouverneur, scellant l’engagement des autorités régionales. Cependant, le plus dur commence pour le comité de coordination et le comité régional, désormais chargés du suivi-évaluation.

« Le PRA constitue une véritable feuille de route pour renforcer la résilience de la Région des Plateaux », a martelé le gouverneur lors de son allocution.

Désormais, le succès de cette initiative reposera sur la capacité des équipes locales à formuler des projets bancables auprès des bailleurs internationaux, à l’instar du Fonds vert pour le climat. Dans un contexte sahélien et ouest-africain où l’adaptation coûte cher, la Région des Plateaux tente de concevoir un modèle de planification locale qui pourrait bien inspirer d’autres territoires de la sous-région.

Togo : AIMES-AFRIQUE déploie ses Clubs Santé dans les Plateaux

La santé des jeunes ne se joue pas seulement dans les dispensaires, mais désormais sur les bancs de l’école. Reçue par le gouverneur Dadja Maganawé à Atakpamé, l’ONG panafricaine AIMES-AFRIQUE a dévoilé sa stratégie pour transformer les lycéens en ambassadeurs du bien-être et de la citoyenneté.

Lomé, 25 juin 2026 — Comment transformer l’école en rempart contre les crises sanitaires et incubateur de jeunes leaders ? C’est le défi que tente de relever l’organisation non gouvernementale AIMES-AFRIQUE. En effet, une importante délégation de l’ONG, menée par son président-fondateur, le docteur Michel Kodom, a pris ses quartiers à Atakpamé pour présenter officiellement le projet « Clubs Santé SOS DOCTEUR » aux décideurs de la Région des Plateaux.

Placée sous la présidence du gouverneur de la région, le général Dadja Maganawé, la rencontre a réuni le premier cercle des autorités locales : le préfet de l’Ogou, le deuxième vice-président du Conseil régional, ainsi que les directeurs régionaux de l’éducation et de la santé. Autant dire que le sujet se situe à la croisée de deux priorités majeures du développement local.

Gouvernorat Région des Plateaux
© Gouvernorat Région des Plateaux

L’école comme incubateur de leadership juvénile

Par ailleurs, le concept développé par AIMES-AFRIQUE se veut global. L’initiative entend utiliser la santé comme levier d’émulation et de formation civique. À travers les établissements secondaires, ces clubs visent à cultiver chez les élèves des compétences de vie essentielles : leadership, esprit d’équipe, audace et prise de responsabilités.

Concrètement, le projet articule ses interventions autour d’un écosystème varié :

  • Éducation à la santé et au bien-être mental, psychologique et environnemental

  • Mentorat et développement personnel pour guider les choix des apprenants

  • Expression culturelle et médiatique, où les jeunes produisent eux-mêmes des contenus de sensibilisation

  • Sport et culture comme ciments de la cohésion scolaire

En responsabilisant les adolescents, l’ONG fait le pari d’une transmission horizontale : ce sont les élèves qui sensibilisent leurs pairs, mais aussi leurs familles une fois rentrés à la maison.

Gouvernorat Région des Plateaux
© Gouvernorat Région des Plateaux

L’aval des autorités régionales

Sans surprise, cette approche intégrée a immédiatement trouvé un écho favorable auprès de l’exécutif régional. Le général Dadja Maganawé a d’ailleurs profité de cette tribune pour saluer les premiers impacts mesurables de l’ONG dans les zones tests où les clubs ont déjà essaimé. Selon le gouverneur, cette dynamique insuffle un véritable vent d’excellence au sein des établissements partenaires.

« L’administration régionale accompagnera toutes les actions visant l’amélioration de la santé et du bien-être de notre jeunesse scolaire », a réaffirmé le gouverneur des Plateaux.

Dans une sous-région où la santé en milieu scolaire reste un parent pauvre des politiques publiques par manque de moyens, l’alliance entre l’État togolais et la société civile médicale pourrait bien offrir un modèle de résilience duplicable à plus grande échelle.

Gouvernorat Région des Plateaux
© Gouvernorat Région des Plateaux

Nigéria : Un cartel mexicain de méthamphétamine démantelé à Oyo par la NDLEA

Un raid d’envergure mené par la NDLEA dans l’État d’Oyo a permis de démanteler un laboratoire clandestin hautement fortifié. Parmi les personnes arrêtées figure un ingénieur chimiste mexicain de 56 ans, dépêché par les cartels pour transformer le sud-ouest du Nigeria en hub de drogues synthétiques.

C’est une forteresse invisible, enfouie sous la canopée tropicale du village de Tapa, dans la zone de gouvernement local d’Ibarapa Nord, dans l’État d’Oyo. À l’intérieur, pas de machines agricoles, mais un complexe industriel ultramoderne destiné à la fabrication à grande échelle de méthamphétamine. Le mercredi 17 juin 2026, les unités tactiques de l’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA) ont pris d’assaut ce laboratoire clandestin, mettant ainsi au jour une alliance criminelle transatlantique particulièrement préoccupante.

L’opération s’est soldée par la saisie de matériels et de produits chimiques d’une valeur de plusieurs milliards de nairas, ainsi que par l’interpellation de cinq membres clés du réseau. Parmi eux figure une prise majeure : Jose Villa Ochoa, un ressortissant mexicain âgé de 56 ans. Selon les enquêteurs, cet homme est un « cuisinier » expérimenté, un expert technique recruté en Amérique latine pour superviser la synthèse de cristaux de drogue d’une pureté industrielle.

« Breaking Bad » dans la forêt d’Oyo

Au lendemain du raid, soit le 18 juin, les experts scientifiques de la Direction de la surveillance médico-légale et chimique de la NDLEA ont investi le site afin de cartographier l’installation. Ce qu’ils ont découvert dépasse largement le stade artisanal. L’infrastructure abritait une véritable chaîne de production chimique de niveau industriel.

Le cœur de cette usine reposait sur un réacteur chimique d’énorme capacité, connecté à deux unités de distillation, trois mélangeurs-condenseurs sur mesure et deux déshydrateurs industriels conçus pour le séchage rapide des cristaux. L’inventaire des précurseurs chimiques saisis par l’agence témoigne de l’importante capacité de production du site :

  • De la phényl-2-propanone (P2P), précurseur de base indispensable et étroitement surveillé ;

  • 1 800 litres d’acide phénylacétique, utilisé pour la synthèse du P2P ;

  • 360 litres de substance cristalline blanchâtre en cours de traitement, répartis dans deux fûts ;

  • 720 litres de liquide sombre en phase avancée de synthèse ;

  • Plus de 2,5 tonnes de soude caustique, soit 101 sacs de 25 kg ;

  • De l’acide sulfurique, de l’acide tartrique, de l’acide thioglycolique ainsi que plusieurs rouleaux de papier aluminium industriel.

Par ailleurs, des tests rigoureux réalisés sur le terrain par les chimistes légistes ont immédiatement confirmé que les échantillons prélevés réagissaient positivement à la méthamphétamine pure.

L’ombre des cartels d’Amérique latine sur le golfe de Guinée

Quatre Nigérians, soupçonnés d’assurer la logistique locale et la protection du site, ont été arrêtés aux côtés de l’expert mexicain : Maxwell Uche Nevoh (30 ans), Olatunji Yusuf (37 ans), Bankole Akeem Owolabi (45 ans) et Ganiu Monsiu (43 ans).

Depuis le quartier général de la NDLEA à Abuja, le président de l’agence, le général de brigade à la retraite Buba Marwa, représenté par le directeur des médias Femi Babafemi, a salué le professionnalisme des forces d’intervention. Pour l’agence, la présence d’un ingénieur mexicain sur le sol nigérian démontre que la menace a changé d’échelle et revêt désormais une dimension profondément transnationale.

« Les réseaux criminels tentent désespérément d’établir un hub de production de drogues synthétiques dans le sud-ouest du Nigeria », s’est alarmée la direction de la NDLEA.

Enfin, ce démantèlement intervient à peine quatre semaines après la destruction d’un autre laboratoire clandestin de grande ampleur dissimulé dans les forêts de l’État voisin d’Ogun. Pour les autorités nigérianes, la bataille ne fait que commencer : les forêts de la région ne deviendront pas la nouvelle base arrière des cartels internationaux. L’ensemble des pièces à conviction a d’ores et déjà été transféré et placé sous scellés en vue d’un procès qui s’annonce majeur devant la justice fédérale.

Nigeria : Lagos accueille la 6ᵉ Conférence d’affaires Canada-Afrique sous l’impulsion de Zenith Bank

La 6e Conférence d’affaires Canada-Afrique s’est ouverte ce mercredi à Lagos. Porté par le géant bancaire Zenith Bank et sa dirigeante, l’événement scelle une alliance économique estimée à plusieurs milliards de dollars entre Ottawa et les marchés africains.

Lagos ne dort jamais, surtout lorsqu’il s’agit de structurer la finance continentale. En effet, ce mercredi 24 juin 2026, la capitale économique nigériane est devenue l’épicentre des relations économiques entre le Canada et l’Afrique avec l’ouverture de la 6e Conférence d’affaires Canada-Afrique. Organisé par la Chambre de commerce Canada-Afrique, ce sommet de deux jours affiche une ambition claire : transformer le potentiel du commerce transcontinental en opportunités d’affaires concrètes.

Pour piloter cette grand-messe, un partenaire de poids s’est imposé comme sponsor principal : Zenith Bank Plc. Aux commandes, une figure incontournable du secteur bancaire nigérian, Dame Dr Adaora Umeoji, directrice générale du groupe. C’est elle qui accueille à Lagos une délégation de haut niveau composée de ministres, de PDG et d’investisseurs institutionnels.

L’axe Ottawa-Lagos : franchir le cap des 3 milliards de dollars

Le calendrier de cette conférence n’a rien d’anodin. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, les échanges bilatéraux entre le Canada et le Nigeria ont franchi la barre historique des 3 milliards de dollars, faisant du géant ouest-africain le deuxième partenaire commercial d’Ottawa sur le continent.

Dans un message officiel adressé aux délégués, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a salué cette initiative, y voyant un levier essentiel pour « stimuler une collaboration concrète et une croissance partagée ». Cette vision a d’ailleurs été relayée à Lagos par le ministre canadien du Commerce international, l’honorable Maninder Sidhu. Pour le représentant canadien, les corridors de croissance ne se limitent plus aux matières premières traditionnelles :

« Il existe un énorme potentiel pour développer davantage cette relation, notamment dans les services financiers, les infrastructures, l’énergie, les minéraux critiques, l’agriculture et les technologies propres », a affirmé l’honorable Maninder Sidhu.

Adaora Umeoji, l’architecte des partenariats transcontinentaux

Pour que ces ambitions politiques se traduisent en contrats, l’expertise de Zenith Bank s’avère stratégique. Sous l’impulsion de sa directrice générale, Adaora Umeoji, l’institution financière se positionne comme un relais essentiel pour sécuriser les investissements directs étrangers (IDE) grâce à des solutions de trésorerie, de financement du commerce et de banque d’affaires répondant aux standards internationaux.

« L’opportunité qui s’offre à nous est considérable », a martelé Dame Dr Adaora Umeoji lors de son allocution. Pour la patronne du groupe bancaire, l’engagement de l’institution va bien au-delà du cadre formel du sommet : « Notre rôle est de permettre la création d’emplois, le développement des infrastructures et de stimuler une prospérité durable entre nos nations. »

Lagos, nouveau hub mondial de l’innovation

Par ailleurs, le choix de Lagos comme ville hôte de cette édition, soutenue par d’autres groupes de premier plan comme GardaWorld ou Dentons, confirme le statut grandissant de la mégapole nigériane. Selon Garreth Bloor, président de la Chambre de commerce Canada-Afrique, la ville offre le cadre idéal pour écrire « ce nouveau chapitre qui met en valeur l’excellence nigériane et l’ambition canadienne ».

Au cours des deux journées de travaux, les tables rondes interactives et les sessions de matchmaking B2B vont se succéder. L’objectif est clair : capitaliser sur l’expertise canadienne en technologies propres et en exploitation minière durable, tout en s’appuyant sur la profondeur du marché nigérian pour conquérir de nouveaux marchés à l’échelle mondiale.

Togo : Quand la justice de la CEDEAO s’invite dans le débat constitutionnel de Lomé

Un arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO bouscule l’échiquier politique togolais. En invoquant les principes de la Charte africaine de la démocratie, la juridiction régionale fragilise la légitimité de la transition parlementaire votée à Lomé en 2024.

C’est un pavé dans la lagune de Lomé dont les ondes de choc secouent la scène politique togolaise depuis quelques jours. Saisie par des acteurs de l’opposition et de la société civile, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu une décision majeure. Selon plusieurs sources juridiques concordantes, les juges communautaires ont estimé que la réforme constitutionnelle adoptée par le Togo en mars 2024 portait atteinte aux principes démocratiques régionaux.

Au cœur de cet imbroglio juridique se pose une question fondamentale pour l’avenir de la gouvernance en Afrique de l’Ouest : une révision constitutionnelle, même votée par un Parlement, peut‑elle être qualifiée de manœuvre de contournement du pouvoir politique ? Pour la Cour, la réponse penche vers l’affirmative lorsque le timing, les mécanismes institutionnels et les effets combinés de la réforme tendent à neutraliser le principe d’alternance.

L’ombre de l’article 23 de la CADEG

Pour fonder son analyse, la Cour s’est appuyée sur un texte contraignant et central : la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG), et plus spécifiquement son article 23. Ce pilier du droit public africain condamne explicitement tout amendement ou révision des Constitutions qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique.

En s’appuyant sur cette base, la Cour de justice régionale a franchi un cap sémantique et juridique en assimilant la manœuvre à un abus du pouvoir de révision constitutionnelle. Pour rappel, en mars 2024, le Togo avait basculé d’un régime semi‑présidentiel à un système pleinement parlementaire, transformant le mode d’élection du chef de l’État et concentrant l’essentiel du pouvoir exécutif entre les mains d’un Président du Conseil des ministres, un poste taillé, selon ses détracteurs, pour maintenir Faure Essozimna Gnassingbé en place.

Une décision nuancée aux effets politiques puissants

L’arrêt de la CEDEAO ne s’apparente pas pour autant à une victoire totale pour les requérants togolais. Fidèle à sa rigueur, la Cour a rejeté certaines demandes, notamment le grief lié à la violation du droit des citoyens de participer directement à la conduite des affaires publiques. Cette nuance juridique démontre que les juges n’ont pas cherché à annuler en bloc la souveraineté législative du Togo, mais à en baliser les dérives potentielles au regard des traités internationaux signés par Lomé.

Pour l’opposition togolaise, cet arbitrage représente un triomphe symbolique retentissant après deux années de contestation étouffée. Pour les autorités de Lomé, habituées à défendre farouchement le principe de non‑ingérence dans les affaires intérieures, l’arrêt pose un sérieux défi de diplomatie juridique.

À l’heure où l’espace ouest‑africain est traversé par de profondes crises de légitimité institutionnelle, le signal envoyé par la Cour de la CEDEAO dépasse les frontières du Togo. Il rappelle à l’ensemble des chancelleries du continent qu’un texte de loi, aussi souverain soit‑il, reste soumis au regard du droit communautaire dès lors qu’il touche au cœur du pacte démocratique : la confiance des citoyens dans la transparence des règles du jeu.

Togo : Charles Kokouvi Gafan prend la tête de l’AGET

Le directeur pays d’Africa Global Logistics (AGL) succède à Jonas Aklesso Daou à la présidence de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET). Ce changement de leadership intervient alors que Lomé accélère son positionnement de hub logistique régional.

Lomé, 24 juin 2026 – Dans le microcosme des affaires à Lomé, son nom reste indissociable des infrastructures portuaires et des nombreux flux de marchandises. Charles Kokouvi Gafan, le très discret mais influent Directeur pays d’Africa Global Logistics (AGL, ex‑Bolloré Africa Logistics), vient d’ajouter une nouvelle ligne de poids à son curriculum vitae. Il prend officiellement la présidence de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), le puissant lobby qui rassemble les poids lourds économiques du pays.

Il succède à Jonas Aklesso Daou, le patron des groupes Zener et Diwa International, qui pilotait l’association depuis septembre 2020. De fait, en passant du secteur de l’énergie et de la distribution automobile à celui de la logistique lourde, l’AGET choisit un profil résolument taillé pour les ambitions macroéconomiques de la feuille de route gouvernementale « Togo 2025‑2026 ».

Le pur produit de la performance logistique

Charles Kokouvi Gafan n’est pas un novice des cercles de pouvoir économique. Homme de réseaux, réputé pour sa rigueur managériale, il a traversé les transitions majeures du secteur logistique togolais, notamment le rachat historique des actifs de Bolloré par le géant italo‑suisse MSC, devenu AGL. D’ailleurs, sous sa houlette, la filiale togolaise a su maintenir son ancrage stratégique autour du Port Autonome de Lomé (PAL), l’unique port en eau profonde de la sous‑région.

Ceux qui le côtoient décrivent un dirigeant pragmatique, rompu aux négociations complexes avec l’administration publique et doté d’une fine compréhension des barrières douanières et des corridors ouest‑africains. Autant d’atouts qui expliquent pourquoi ses pairs lui ont confié les clés de l’AGET.

Les chantiers du nouveau patron des patrons

En prenant la suite de Jonas Daou, dont le mandat a été marqué par la résilience post‑Covid et l’accompagnement des réformes fiscales, Charles Gafan hérite d’une association en première ligne face aux mutations économiques. Ainsi, le nouveau président de l’AGET devra répondre à plusieurs urgences pour le secteur privé d’élite :

  • L’intégration régionale : accélérer la mise en œuvre de la Zlecaf (Zone de libre‑échange continentale africaine) pour les industries togolaises.

  • Le dialogue public‑privé : maintenir une concertation fluide avec le gouvernement sur l’attractivité des investissements étrangers et la pression fiscale.

  • La transition énergétique et numérique : pousser les grandes entreprises vers des standards de décarbonation, un sujet que Charles Gafan maîtrise déjà via les corridors verts développés dans la logistique.

En somme, en portant à sa tête le patron du premier opérateur logistique du pays, l’AGET affiche clairement ses ambitions : le patronat togolais veut parler d’une voix forte, connectée aux réalités du commerce mondial. Pour Charles Kokouvi Gafan, le défi ne fait que commencer.

Ghana : Réseau de traite démantelé, des Togolais arrêtés

Une opération d’envergure menée par les forces de sécurité ghanéennes dans la région d’Ashanti a conduit à l’arrestation de 186 suspects, dont la redoutée « Mama Gee ». Parmi les personnes interpellées figurent plusieurs ressortissants nigérians et togolais, mettant en lumière la porosité des frontières face au crime organisé.

La lutte contre les réseaux criminels transfrontaliers vient de franchir un cap important en Afrique de l’Ouest. Entre le 8 et le 17 juin 2026, une unité spéciale de la police ghanéenne, agissant en étroite coordination avec le commandement de la région d’Ashanti, a mené une série de raids coordonnés. Le bilan est lourd : 186 arrestations et le démantèlement d’une filière spécialisée dans la traite des êtres humains, l’exploitation sexuelle et le trafic de stupéfiants.

Les forces de l’ordre ont ciblé plusieurs places fortes de la criminalité locale, notamment dans les quartiers d’Asafo, Asokwa, Buokrom, Krofrom, Asawase et Old Tafo Ahenbronum. Les profils des personnes placées en garde à vue confirment, par ailleurs, la dimension ouest-africaine de l’organisation : la police a interpellé 86 Ghanéens, 96 Nigérians et 4 Togolais.

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La chute de « Mama Gee »

Le point d’orgue de cette offensive policière est intervenu le 9 juin dans la localité de Kenyase Aframa. C’est là que les enquêteurs ont mis la main sur Gladys Ibrahim, alias « Mama Gee ». Présentée par les autorités comme l’un des cerveaux et l’un des pivots logistiques du réseau, elle dirigeait une véritable entreprise criminelle. C’est d’ailleurs lors de son arrestation que les forces de l’ordre ont intercepté le contingent composé de 96 Nigérians et de 4 Togolais.

Si le rôle exact des quatre ressortissants togolais reste à préciser au fil de l’instruction, de lourds soupçons de complicité dans la traite de mineurs pèsent sur eux. Au Ghana, les autorités ont considérablement renforcé la législation en matière de traite de mineurs ces dernières années et prévoient désormais de lourdes peines d’emprisonnement.

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Des mineurs secourus et un défi diplomatique

Par ailleurs, l’opération a surtout permis de secourir plusieurs victimes retenues dans les filets du réseau, parmi lesquelles figuraient des mineurs. Ces derniers ont immédiatement été pris en charge par les services ghanéens de protection de l’enfance.

Pour les victimes de nationalité étrangère, une course contre la montre s’est engagée entre les services d’immigration et les représentations diplomatiques. Les autorités des pays concernés devraient, à travers leurs canaux consulaires à Accra, être sollicitées afin de faciliter l’identification et le rapatriement de leurs ressortissants vulnérables.

Cette affaire intervient alors que Lomé a récemment renforcé son arsenal juridique contre la traite des êtres humains. Elle rappelle surtout l’urgence d’une coopération policière et judiciaire renforcée entre le Ghana, le Togo et le Nigeria pour démanteler les réseaux de traite et d’exploitation sexuelle qui sévissent dans le golfe de Guinée. À Accra comme à Kumasi, la police assure que l’enquête ne fait que commencer.

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