Aného, cette vieille cité côtière togolaise autrefois capitale du Togoland allemand, accueille du 2 au 5 juin 2026 une rencontre qui dépasse largement le cadre d’un simple atelier technique. En effet, le Ministère délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité y a réuni les acteurs clés de l’économie togolaise pour évaluer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) — le plus ambitieux projet d’intégration économique du continent depuis les indépendances.
Durant quatre jours de travaux intensifs, de tables rondes et de négociations informelles, représentants des administrations publiques, chefs d’entreprise du secteur privé, organisations professionnelles et experts internationaux croisent leurs analyses. Tous font face au même défi : transformer en réalité concrète un accord signé par 55 pays, mais qui peine encore à se traduire en transactions commerciales sur le terrain.
Koffi Vinyo Mensah : le bras droit du gouvernement qui pousse à l’action
Le Directeur de cabinet du Ministre délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la Qualité, Koffi Vinyo Mensah, a ouvert les travaux avec une verve qui tranchait avec le ton habituellement bureaucratique de ce type de rencontres. À cette occasion, en présence des cadres du secrétariat exécutif de la ZLECAf et des consultants chargés de l’évaluation, il a porté un message clair : le Togo ne vient plus seulement signer des accords, il veut les faire vivre.
« Pour concrétiser la Zone de libre-échange continentale africaine, le Président du Conseil, Son Excellence Faure Essozimna Gnassingbé, lors du forum Biashara Afrika 2026 tenu du 18 au 20 mai 2026 à Lomé, a exempté de visa d’entrée et de séjour pendant trente jours tous les ressortissants des pays africains détenteurs d’un passeport officiel », a-t-il déclaré, martelant chaque mot.
Ainsi, cette exemption de visa, prise trois semaines avant l’atelier d’Aného, ne constitue pas seulement un geste diplomatique. Elle représente également un signal politique fort envoyé aux hommes d’affaires nigérians, ghanéens, ivoiriens ou encore kényans : le Togo veut ouvrir ses portes, pas seulement sur le papier.
Par ailleurs, M. Mensah a rendu hommage au Président du Conseil, Son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, pour ses actions rapides et concrètes en faveur de l’intégration africaine. Derrière cet hommage protocolaire se dessine une réalité stratégique : le Togo, petite nation de près de 9 millions d’habitants, mise sur sa position géographique pour devenir un hub logistique et commercial de l’Afrique de l’Ouest.
L’engagement du gouvernement togolais ne se limite pas aux déclarations d’intention. À cet égard, Koffi Vinyo Mensah a insisté sur un point précis : accompagner activement les entreprises nationales, en particulier les PME, afin qu’elles puissent tirer profit de ce marché continental de 1,3 milliard de consommateurs.
Le pari est de taille. En effet, les protocoles de la ZLECAf exigent des mesures juridiques, réglementaires, institutionnelles et administratives que de nombreux pays africains peinent encore à mettre en place. Le Togo, quant à lui, tente de mener de front deux chantiers : se conformer aux exigences du traité tout en renforçant les capacités de ses propres opérateurs économiques.
Pendant les quatre jours de l’atelier, les participants examinent les progrès réalisés dans plusieurs domaines stratégiques :
La facilitation des échanges : réduire les délais de dédouanement, simplifier les procédures et harmoniser les normes ;
L’accès aux marchés : identifier les secteurs dans lesquels les entreprises togolaises peuvent concurrencer leurs homologues régionales ;
Le développement des chaînes de valeur régionales : passer de l’exportation de matières premières à la transformation locale ;
Les mesures d’accompagnement : formation, financement et information sur les opportunités commerciales.
Aného : un choix stratégique pour une rencontre qui se veut concrète
Le choix d’Aného n’est pas anodin. Cette commune de quelque 60 000 habitants, située à 130 kilomètres au sud-est de Lomé, offre une distance suffisante pour éloigner les participants des pressions quotidiennes de la capitale tout en restant facilement accessible. Ainsi, loin des salles climatisées des hôtels de Lomé, l’atelier a pris une tournure plus informelle et plus pragmatique.
De plus, les échanges ont permis d’enrichir le rapport provisoire grâce aux contributions des différents experts, garantissant ainsi une évaluation plus complète et plus représentative des réalités du terrain. Les consultants présents ont présenté des résultats préliminaires révélant à la fois des acquis encourageants et des lacunes préoccupantes.
Parmi les progrès enregistrés figurent la ratification du protocole de la ZLECAf par le Parlement togolais, la mise en place d’un comité national de suivi ainsi que les premières initiatives de sensibilisation des entreprises. Toutefois, les défis demeurent considérables : infrastructures de transport insuffisantes, systèmes de paiement transfrontalier peu développés, fiscalité peu incitative pour le commerce intra-africain et, surtout, méconnaissance généralisée des opportunités offertes par l’accord.
La ZLECAf représente un marché potentiel de 3 400 milliards de dollars de PIB combiné. En théorie, les entreprises togolaises pourront désormais concurrencer leurs homologues ghanéennes ou nigérianes sur un pied d’égalité, sans barrières tarifaires. Dans la pratique, cependant, les obstacles non tarifaires persistent : normes divergentes, lourdeurs administratives aux frontières, corruption et manque d’informations sur les marchés potentiels.
Dès lors, les recommandations formulées à l’issue de l’atelier contribueront à l’élaboration de stratégies et d’actions visant à améliorer la compétitivité des entreprises nationales et à renforcer leur participation au commerce intra-africain. Mais le véritable test viendra ensuite : les PME togolaises réussiront-elles à saisir ces opportunités ? Sauront-elles identifier les bons partenaires, respecter les normes de qualité et négocier des contrats internationaux ?
Une feuille de route qui s’écrit à Aného
À travers cette initiative, le gouvernement togolais réaffirme son engagement à promouvoir une mise en œuvre efficace de la ZLECAf, afin de favoriser la croissance économique, la création d’emplois et le développement durable au bénéfice des populations. Le message est clair : le Togo ne veut pas être un simple passager du marché unique africain ; il veut en être un acteur à part entière.
Au terme des travaux, les experts devraient produire une feuille de route concrète. Reste désormais à savoir si elle sera suivie d’actions rapides et coordonnées. Pendant ce temps, les pays voisins, notamment le Ghana et le Nigeria, avancent à grands pas dans la mise en œuvre de la ZLECAf. Le Togo a-t-il le temps de rattraper son retard ?
Une fois l’atelier achevé, le véritable travail commencera : transformer ces promesses en contrats signés, en conteneurs qui traversent les frontières et en emplois créés dans les usines de Lomé et de Kara. Car la ZLECAf n’est pas un accord que l’on signe ; c’est un marché que l’on construit, brique après brique, contrat après contrat, entreprise après entreprise. Le Togo est en train de franchir un premier pas. L’Afrique observe.
Quelques heures seulement après le limogeage de Débo-K’mba Barandao, le ton est donné. Le 2 juin 2026, Ilagou Ayeva a officiellement pris les commandes de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET), dans un passage de témoin rapide qui en dit long sur l’urgence perçue par le gouvernement.
Un profil atypique pour un défi énergétique
À première vue, le choix surprend. Ilagou Ayeva n’est pas un spécialiste de l’électricité. Ingénieur de formation, diplômé de Télécom Paris, il vient du monde des télécommunications. Mais, c’est précisément cette trajectoire qui a séduit les autorités togolaises : son parcours est jalonné de missions de transformation structurelle.
Son nom revient systématiquement lorsqu’on évoque la restructuration du secteur des télécoms au Togo. C’est lui qui a piloté les travaux d’audit et de mutualisation des infrastructures ayant conduit à la création de Togocom, l’opération phare qui a fusionné Togo Telecom et Togocel en une entité unique. Une preuve de concept : il sait transformer des entreprises publiques en difficulté.
Héritage lourd, attentes énormes
Le nouveau directeur général tombe dans un chaudron. La CEET ploie sous une dette annuelle estimée à 30 milliards de FCFA (près de 45 millions d’euros), conséquence de pertes techniques et commerciales représentant 16 % de son chiffre d’affaires. Les dysfonctionnements du réseau de distribution, les défauts de facturation et, surtout, la fraude persistante alimentent ces pertes. En plus, les usagers multiplient les branchements clandestins et manipulent les compteurs, des pratiques devenues monnaie courante.
Pire, les délestages se multiplient, pénalisant l’activité économique et alimentant le mécontentement populaire. Les infrastructures, vieillissantes, peinent à suivre la croissance urbaine rapide du pays. En novembre 2025, la BOAD accordait néanmoins 43 millions de dollars à la CEET pour apurer ses arriérés de dette auprès de ses fournisseurs, dont le Nigeria en priorité.
La rigueur comme boussole
Ce qui marque dans le parcours d’Ayeva, c’est sa réputation de rigueur dans la gestion. Ses proches le décrivent comme un homme de méthode, capable de prendre des décisions impopulaires mais nécessaires. Son expertise réside dans le redressement d’entreprises en difficulté, une compétence qu’il devra transposer au secteur énergétique.
Pour le gouvernement, la stratégie est claire : transposer les méthodes de modernisation des télécoms au secteur de l’électricité. Modernisation des réseaux, réduction des pertes techniques, digitalisation des processus, ouverture aux partenariats public-privé : les chantiers sont nombreux et urgents.
Le pari de la réforme
La nomination d’Ayeva envoie un signal fort : le Togo veut accélérer la transformation de son secteur énergétique. Aucune communication officielle n’a encore accompagné cette passation de pouvoir, mais le message est clair : l’État togolais ne tolère plus l’inaction.
La question qui obsède désormais les observateurs est la suivante : un ingénieur en télécommunications pourra-t-il résoudre les maux de l’électricité togolaise ? Les sceptiques pointent l’absence d’expertise énergétique. Les optimistes, eux, misent sur sa capacité à appliquer des principes universels de gestion : audit rigoureux, mutualisation des ressources, digitalisation et discipline financière. Ilagou Ayeva a pris fonction immédiatement. Le chronomètre est lancé. Dans un pays où l’électricité demeure un levier crucial du développement, son succès ou son échec retentira bien au-delà des murs de la CEET.
Lomé, 3 juin 2026 — Après un séjour au Nigeria, au Niger et au Burkina Faso, le président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, a atterri cet après-midi à Lomé pour une visite de travail et d’amitié. Il a été accueilli sur le tarmac de l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, marquant ainsi le début d’une journée d’échanges stratégiques entre les deux voisins.
Cette étape togolaise s’inscrit dans une tournée régionale dont l’objectif est de consolider les alliances et de désamorcer les tensions diplomatiques persistantes. « Je remercie mon frère, S.E.M. Romuald Wadagni, président de la République du Bénin, pour sa visite de travail ce jour à Lomé », a déclaré Faure Gnassingbé à l’issue de la cérémonie d’accueil. Le président du Conseil togolais a, par ailleurs, souligné la qualité du dialogue permanent entre les deux pays, promettant de poursuivre les actions en faveur du bien-être de leurs populations.
Depuis quelques années, Cotonou et Lomé entretiennent des relations marquées par une défiance croissante, alimentée par des affaires sensibles comme celle de Reckya Madougou et par des soupçons de déstabilisation mutuelle. Dans ce contexte, la visite de Romuald Wadagni, entamée par un tête-à-tête avec Faure Gnassingbé, constitue un geste fort d’apaisement. Selon des sources diplomatiques, les deux dirigeants ont accordé une attention particulière à l’intégration économique, à la paix régionale et au développement commun.
Les échanges ont également porté sur les opportunités offertes par la sous-région, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le président béninois, qui a déjà visité plusieurs capitales de l’Alliance des États du Sahel (AES), cherche ainsi à réinstaurer une confiance économique avec son voisin immédiat. Lomé et Cotonou, deux plaques tournantes du transit ouest-africain, ont en effet un intérêt commun à fluidifier leurs corridors logistiques.
« Nos échanges en tête-à-tête ont porté sur le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre nos deux pays », a réaffirmé le président du Conseil togolais. Cette volonté de « fraternité et de solidarité » vise à effacer les frictions passées et à construire un espace de prospérité régionale.
Un agenda économique et sécuritaire
Au-delà du symbolisme, la visite de M. Wadagni vise à concrétiser plusieurs accords. Les deux pays partagent des enjeux de sécurité transfrontalière, notamment face à l’insécurité croissante dans le golfe de Guinée. La coopération policière et douanière figure ainsi parmi les priorités de l’agenda, bien que les détails des entretiens n’aient pas été divulgués.
Le président béninois poursuivra son périple à Abidjan et à Accra dans les jours à venir, confirmant sa stratégie de réancrage diplomatique au sein de la CEDEAO. Pour le Togo, cette visite marque également une étape importante dans la normalisation de ses relations avec Cotonou, une priorité pour les autorités togolaises qui cherchent à stabiliser leur environnement régional. Reste désormais à savoir si cette volonté politique affichée se traduira par des avancées concrètes et durables, capables de renforcer l’intégration régionale et de répondre aux attentes des populations des deux pays.
Le 30 mai, Budapest est devenue la capitale mondiale du football, accueillant l’un des plus grands événements sportifs de l’année 2026 – la finale de la Ligue des champions – dans la mythique Puskás Aréna. La victoire du Paris Saint-Germain face à Arsenal aux tirs au but a définitivement confirmé le statut du club français comme l’une des grandes puissances du football européen.
Le coup de sifflet final a immédiatement suscité une réaction du monde entier. Les médias sociaux et internationaux, ainsi que les plateformes de streaming, se sont enflammés de discussions autour de cet exploit historique. Un deuxième titre consécutif en LDC : ce succès a fait du PSG l’une des marques les plus influentes du football mondial et a marqué la naissance d’une nouvelle dynastie.
Sous les feux des projecteurs : le poids des attentes et le triomphe final
Tout au long de la saison, l’équipe de Luis Enrique a été scrutée de près par la communauté sportive internationale. Après le sacre du PSG en Ligue des champions l’année précédente, les attentes étaient à leur comble : chaque match des champions en titre faisait la une de l’actualité mondiale.
Le parcours jusqu’en finale à Budapest a démontré la mentalité de vainqueur du PSG. Les Parisiens ont fait preuve d’un talent exceptionnel, à la hauteur de leur statut de meilleure équipe d’Europe. Les 120 minutes de la finale ont été un véritable spectacle, tenant les supporters en haleine jusqu’au coup de sifflet final, et certains moments resteront à jamais gravés dans l’histoire de la compétition reine des clubs.
L’intérêt suscité par la finale a dépassé les frontières du stade de 67 000 places. Les plateformes numériques ont enregistré un engagement massif du public : la réussite du PSG n’était pas qu’un simple fait divers, elle est devenue un événement planétaire, rassemblant les passionnés de sport du monde entier.
La recette du succès : le partenariat PSG-1xBet
Des performances de cette envergure exigent bien plus que de simples prouesses sur le terrain. Le parcours victorieux du PSG pendant plusieurs saisons a été activement soutenu par son partenaire officiel, 1xBet. En tant qu’acteur majeur du marché de l’iGaming, la marque a collaboré étroitement avec le club, lui apportant un soutien indéfectible lors des moments clés.
Cette collaboration illustre parfaitement l’alliance de l’ambition et de la volonté d’excellence. Tandis que le PSG repoussait sans cesse les limites du possible dans les stades européens, 1xBet créait des expériences immersives uniques pour des millions de fans à travers le monde, faisant le lien entre l’action sur la pelouse et les émotions des supporters.
Une ère de nouvelles opportunités
Cet exploit historique transforme le paysage du sport business et du secteur de l’iGaming. Fort de son statut de roi d’Europe, l’équipe s’est imposée comme l’une des marques les plus rentables de l’histoire du sport.
Des victoires de cette ampleur ouvrent de nouveaux horizons au marketing sportif et à l’industrie de l’iGaming. C’est là que le programme d’affiliation 1xPartners joue un rôle essentiel. La plateforme aide les partenaires à atteindre des taux de conversion et d’engagement élevés à l’international, en leur offrant les meilleures conditions : jusqu’à 50 % de RevShare, un système de rémunération flexible et des analyses approfondies des campagnes publicitaires sur les marchés internationaux.
La victoire à Budapest a uni des millions de supporters autour du club français, et le triomphe en Ligue des champions a une fois de plus confirmé que le Paris Saint-Germain est l’un des clubs de football les plus influents de notre époque, qui continue de repousser les limites sur et en dehors du terrain. Et à en juger par l’ampleur de cet accomplissement, une nouvelle ère s’ouvre pour le PSG !
Agbodrafo, 3 juin 2026 — Sous un matin frais et animé par l’effervescence propre aux grandes échéances scolaires, le maire de la commune Lacs 3, Anani Messan, s’est rendu mardi 2 juin au Centre de Formation SOLAGNON pour encourager les 17 candidats réunis dans ce centre d’examen du Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP). Accompagné du premier adjoint au maire, Mensah Assri, et accueilli par le directeur du centre, le Père Léon Anani, l’élu a souhaité transmettre un message de confiance aux candidats quelques instants avant l’ouverture des épreuves.
Pour le Centre SOLAGNON, cette session revêt un caractère symbolique. En effet, il accueille pour la première fois un centre d’examen du CAP, avec la participation des élèves de la Maison DORA et des apprenants de SOLAGNON. Au total, dix-sept candidats sont inscrits, dont quinze en hôtellerie-pâtisserie et deux en agroalimentaire. Ainsi, la présence des autorités locales souligne l’importance accordée à la formation professionnelle dans une commune où l’emploi des jeunes figure parmi les priorités.
Lors d’un bref échange, le maire a rappelé la valeur de la persévérance et la nécessité de saisir ces opportunités de certification pour améliorer l’insertion professionnelle. « Ces diplômes ouvrent des portes concrètes dans nos métiers locaux », a-t-on rapporté de ses propos. Par ailleurs, le premier adjoint a encouragé les candidats à garder leur calme et à se concentrer sur leurs épreuves. De son côté, le directeur du centre, le Père Léon Anani, a exprimé sa fierté de voir l’établissement jouer désormais un rôle formel dans la validation des compétences professionnelles sur le territoire.
Un geste de proximité politique
Les visites de soutien aux centres d’examen sont coutumières en période d’épreuves ; elles témoignent à la fois d’un geste de proximité et d’un signal politique en faveur de l’éducation et de la formation. En outre, pour les jeunes candidats, la tenue régulière de sessions locales contribue à réduire les coûts et les déplacements, des facteurs non négligeables pour l’accès à la certification.
Au-delà du geste d’encouragement, les autorités communales ont réaffirmé leur volonté d’accompagner les initiatives de formation technique et professionnelle. À cet effet, elles entendent renforcer les partenariats entre centres de formation, structures d’accueil et acteurs économiques locaux afin de favoriser l’employabilité des diplômés.
Les candidats du Centre SOLAGNON ont entamé leurs épreuves dès la matinée. Désormais, les autorités locales attendent les résultats de la session comme un indicateur de l’efficacité des formations dispensées et de leur adéquation avec les besoins du marché du travail dans la commune de Lacs 3.
Lomé, 3 juin 2026 — Sous l’autorité du préfet des Lacs, Datè Bénissan‑Têtê, une mission de supervision a parcouru la commune Lacs 3 pour évaluer l’état d’avancement du dénombrement des ménages, préalable à la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) dans le cadre de la campagne nationale 2026. À ses côtés figuraient des responsables locaux et sanitaires, dont le maire de la commune, Anani Messan, et la directrice préfectorale de la santé des Lacs, Dr Akakpo Kafui Eméfa.
La délégation s’est rendue, au fil de la journée, dans plusieurs formations sanitaires servant de bases opérationnelles aux équipes de terrain : le centre médico‑social (CMS) de Gbodjomé, l’unité de santé publique (USP) de Togokomé, le CMS d’Agbodrafo, ainsi que les USP de Kpémé et de Goumoukopé. Les chefs de brigade locaux — de Gbodjomé, Agbodrafo et Kpémé — ont accompagné la tournée, permettant un contact direct avec les agents chargés du dénombrement et les équipes de sensibilisation.
Sur place, les échanges ont porté autant sur la progression quantitative des opérations que sur les difficultés rencontrées. Si la majorité des ménages se montre favorable à l’opération, certains cas de réticence subsistent, ont rapporté les agents dénombreurs. Ces résistances, selon les responsables, tiennent principalement à des interrogations sur l’utilité des moustiquaires ou à des problèmes de compréhension des modalités de la campagne. Le préfet Datè Bénissan‑Têtê a salué « l’engagement et le professionnalisme » des équipes et les a encouragées à intensifier les actions de sensibilisation pour atteindre les foyers encore non recensés.
Les chiffres provisoires cumulés de la première semaine (J1 à J7) témoignent d’une dynamique variable selon les aires sanitaires. Togokomé affiche les meilleurs résultats, avec 129 % de la population et 113 % des ménages dénombrés – des taux supérieurs aux estimations, plausiblement expliqués par des ajustements locaux ou des mobilisations communautaires efficaces.
Goumoukopé dépasse également les prévisions, enregistrant 111 % de la population et 112 % des ménages. Gbodjomé et Agbodrafo présentent des performances solides, respectivement 108 % et 91 % de la population recensée, et 95 % et 86 % des ménages. En revanche, Kpémé accuse un retard relatif (75 % de la population et 62 % des ménages), pointé par les autorités comme une priorité pour les prochains jours.
Ces disparités traduisent, selon les acteurs, l’hétérogénéité des contextes locaux : densité de population, mobilité des ménages, qualité de la sensibilisation préalable et ressenti communautaire vis‑à‑vis des interventions sanitaires. « Là où les relais communautaires et les autorités locales se sont fortement impliqués, l’adhésion a été plus rapide », a noté le point focal Promotion de la santé du district des Lacs, Abou Gbati Nissao.
La campagne MII 2026, inscrite dans la stratégie nationale de lutte contre le paludisme, vise à couvrir l’ensemble des ménages vulnérables par la distribution gratuite de moustiquaires traitées, outil reconnu pour réduire la transmission. Le dénombrement constitue une étape cruciale : il conditionne la logistique de distribution et la traçabilité des bénéficiaires. Les autorités préfectorales ont annoncé qu’elles maintiendront la pression sur les zones en retard et intensifieront la communication de proximité pour lever les dernières réticences.
À l’issue de la visite, le message porté par les responsables était clair : accélérer le dénombrement pour permettre le démarrage rapide et inclusif de la distribution. Les prochains jours devront confirmer si la dynamique observée dans plusieurs aires sanitaires peut être répliquée dans l’ensemble de la commune Lacs 3.
Ténin Camara, épouse Traoré, mère de six enfants, a été mortellement touchée par balle aux premières heures du mercredi 3 juin devant son domicile du quartier Enta, dans la banlieue de la capitale guinéenne. Les circonstances exactes du tir demeurent non élucidées. Ce drame suscite une vive émotion et relance les questions sur l’usage de la force dans les quartiers populaires de Conakry.
CONAKRY (Guinée), 3 juin 2026 — Il était environ cinq heures du matin lorsque des détonations ont rompu le silence du quartier Enta, dans la commune de Matoto, en banlieue de Conakry. Une femme d’une trentaine d’années, enceinte de huit mois et mère de six enfants, a été mortellement atteinte par balle aux premières heures de la matinée. Son nom : Ténin Camara, épouse Traoré. Elle n’a pas survécu à ses blessures. Son corps a été transféré à la morgue de l’hôpital régional d’Enta, où son mari et plusieurs proches se sont rendus. Le septième enfant qu’elle portait n’a pas survécu non plus.
« On ne peut que sensibiliser »
La voisine de la défunte, Mme Kaba Mariam Condé, raconte les circonstances dans lesquelles elle a découvert le corps : « Ce matin très tôt, depuis 4 h ou 5 h, il y a eu beaucoup de bruit. Donc je me suis levée, j’ai demandé ce qui ne va pas. J’ai appelé chez ma tante pour savoir si c’était là-bas, on m’a dit non. Ensuite, je me suis levée et je suis sortie. Il y avait beaucoup de bruit. Les enfants voulaient sortir, je leur ai dit de ne pas sortir. Finalement, mon petit frère, qui était à l’étage, m’a dit : « Ah, c’est chez tante Ténin. » »
La même voisine a ensuite confié à nos confrères de Mediaguinee que cette situation n’était pas sans précédent dans le quartier. « Ce n’est pas la première fois. Une fois, mes enfants et mes frères jouaient ici et un militaire est venu les attaquer en sortant son arme. » Ces mots, prononcés avec une résignation douloureuse, résument à eux seuls le sentiment d’une population qui se dit livrée à elle-même face à des actes de violence dont l’origine reste, chaque fois, difficile à établir officiellement.
Barricades et déploiement des forces de l’ordre
La mort de Ténin Camara a immédiatement provoqué un mouvement de colère dans le voisinage. Ainsi, des jeunes en colère ont barricadé la route pour exprimer leur indignation. Gendarmes et policiers ont été déployés sur les lieux afin de sécuriser la zone et de prévenir tout débordement.
Cette réaction spontanée illustre une fracture profonde entre les habitants des quartiers périphériques de Conakry et les forces de sécurité. Enta, zone dense de la commune de Matoto, en banlieue de la capitale guinéenne, est l’un de ces espaces populaires où la présence militaire est permanente, mais souvent perçue comme une menace plutôt qu’une protection.
Le drame survient dans un pays dont le rapport aux forces armées reste profondément marqué par des décennies de violences d’État. En août 2024, les forces de sécurité avaient utilisé la force létale pour disperser des personnes rassemblées dans le quartier de Sonfonia, à Conakry, afin de protester contre des coupures de courant. Un enfant de neuf ans, Ibrahima Sadio Diallo, avait été touché par une balle et était mort sur-le-champ.
Par ailleurs, Human Rights Watch, qui documente depuis des années les violences commises par les forces de sécurité guinéennes, a relevé que, malgré l’élection de Mamady Doumbouya, les autorités militaires n’ont pas tenu leur promesse de rétablir un régime civil. Dans ce contexte, les mécanismes de contrôle et de responsabilisation des forces de l’ordre demeurent particulièrement fragiles.
L’enquête, seul horizon
À ce stade, personne n’a encore déterminé les circonstances exactes du tir qui a coûté la vie à Ténin Camara. Aucune source officielle — ni la gendarmerie ni le parquet de Conakry — n’avait, dans les heures suivant le drame, communiqué sur l’identité du tireur ou sur les conditions dans lesquelles l’arme a déchargé son projectile.
La famille et les proches de la victime réclament toute la lumière sur cette mort. Ténin Camara laisse derrière elle six enfants — quatre garçons et deux filles — et était enceinte du septième. Son mari, présent à la morgue au moment des premiers témoignages recueillis, n’avait pas encore été en mesure de s’exprimer publiquement.
La Guinée, où les élections n’ont pas encore produit la rupture que de nombreux citoyens attendent en matière de gouvernance et de justice, affronte à nouveau la question centrale de l’impunité. Chaque drame que les autorités n’élucident pas alimente un peu plus la défiance d’une population qui aspire à un véritable changement et attend, depuis trop longtemps, que l’État rende justice — et que la violence cesse de faucher des vies comme celle de Ténin Camara dans l’obscurité d’une aube ordinaire.
Entrées en vigueur le 1er janvier 2026 par proclamation présidentielle, ces mesures restrictives continuent de peser sur les procédures consulaires à Lomé, exposant les candidats au voyage à un véritable flou administratif et financier.
Cinq mois après leur mise en application, le statu quo demeure. En effet, depuis le 1er janvier 2026, les ressortissants togolais désireux de se rendre aux États-Unis font face à un tournant rigoureux de la politique migratoire de Washington. En vertu d’une proclamation présidentielle américaine, l’entrée sur le territoire et la délivrance de visas pour plusieurs catégories de citoyens du Togo restent suspendues ou sévèrement limitées.
Si les chancelleries observent de près les implications diplomatiques de cette décision entre les deux capitales, c’est toutefois au niveau de la mécanique consulaire quotidienne que les conséquences directes se font le plus ressentir pour la population.
Un maintien des rendez-vous aux airs de trompe-l’œil
La particularité de ce dispositif réside dans la poursuite apparente des activités de l’ambassade américaine à Lomé. En effet, contrairement à une fermeture pure et simple des services consulaires, les demandeurs togolais conservent la possibilité technique de soumettre leur dossier en ligne et de se présenter aux entretiens programmés avec les officiers consulaires.
Toutefois, cette continuité procédurale s’apparente à un parcours incertain : l’ambassade elle-même avertit que l’issue de l’entretien risque de déboucher sur une inéligibilité quasi systématique à la délivrance du précieux sésame, tant que les restrictions présidentielles resteront en vigueur.
Le risque du gouffre financier pour les candidats au départ
Par ailleurs, pour les requérants, cette situation comporte un enjeu économique majeur. Les règles immuables de l’administration américaine s’appliquent en effet de manière stricte : les frais de demande de visa, payés en amont de la prise de rendez-vous, demeurent non remboursables et non transférables, indépendamment de la décision finale ou des restrictions nationales en cours.
« Avant de s’engager dans des dépenses administratives ou de planifier des arrangements de voyage qui pourraient s’avérer caducs, il est fortement recommandé de consulter les mises à jour officielles du service consulaire », rappelle-t-on du côté des observateurs des flux migratoires.
Dès lors, face à ce risque de pertes financières, la prudence est désormais de mise. Les autorités américaines incitent formellement les usagers à se référer exclusivement à la plateforme officielle de la représentation diplomatique (https://tg.usembassy.gov/visas/) avant d’engager la moindre démarche financière.
À ce jour, aucune date de levée ou d’assouplissement de cette proclamation présidentielle n’a encore été communiquée par Washington. En attendant, les restrictions demeurent pleinement applicables aux catégories de voyageurs concernées.
Washington, 2 juin 2026 – Les autorités américaines ont confirmé l’expulsion de 355 ressortissants africains dans le cadre de procédures d’éloignement menées à travers plusieurs États du pays. Cette opération concerne majoritairement des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, dont les gouvernements doivent désormais se préparer à accueillir leurs citoyens expulsés, souvent impliqués dans des affaires criminelles, de retour sur le continent.
Selon les informations rendues publiques par les services américains de l’immigration, le Nigeria et le Libéria figurent parmi les pays les plus concernés par cette vague d’expulsions. Au total, 110 Nigérians et 94 Libériens sont concernés par ces mesures.
D’autres pays ouest-africains apparaissent également sur la liste. Le Ghana compte 30 ressortissants expulsés, le Sénégal 19, la Gambie 14, la Côte d’Ivoire 14, la Mauritanie 12, le Cap-Vert 11, le Burkina Faso 9, le Niger 8, le Togo 6, la Guinée 6, le Mali 5, tandis que le Bénin et la Guinée-Bissau enregistrent chacun un ressortissant concerné. En Afrique centrale, le Cameroun compte 15 personnes visées par ces procédures.
Une politique migratoire toujours stricte
Cette opération s’inscrit dans le cadre des politiques américaines de contrôle migratoire et d’exécution des décisions judiciaires ou administratives visant des ressortissants étrangers en situation irrégulière ou ayant fait l’objet de condamnations pénales.
Les autorités américaines ont publié les identités et les photographies des personnes concernées, une démarche qui suscite déjà de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux et dans plusieurs pays africains.
Les motifs ayant conduit à ces expulsions varient selon les dossiers. Ils incluent notamment des infractions liées à la fraude, aux cambriolages, aux agressions sexuelles, aux vols ou à d’autres violations de la législation américaine.
Six ressortissants togolais concernés
Parmi les personnes figurant sur la liste que les autorités américaines ont publiée, les mesures d’expulsion concernent également six ressortissants togolais.
Les services fédéraux ont interpellé Koffi Bassowou à Charlotte (Caroline du Nord), poursuivi pour attouchements sur mineur ; Komlanvi Edoh à Houston (Texas), inculpé d’agression sexuelle ; Koffivi Gadegbe dans l’Indiana, poursuivi pour cambriolage et vol de véhicule ; Kokouvi Azouma dans l’État du Nevada, impliqué dans une affaire de cambriolage ; Abraham Ahiagbedey à Orlando (Floride), poursuivi pour braquage à main armée ; et Abdoul Agbere à Greenbelt (Maryland), inculpé de fraude et détournement de fonds.
Selon les informations communiquées par les autorités américaines, ces personnes sont impliquées dans différentes affaires judiciaires qui motivent leur éloignement du territoire américain.
Un défi pour les pays de retour
Au-delà de l’aspect judiciaire, cette vague d’expulsions pose également la question de la réinsertion des personnes concernées dans leurs pays d’origine. Pour plusieurs États africains, l’accueil et l’accompagnement des ressortissants de retour constituent un défi social, économique et administratif important.
Les spécialistes des questions migratoires rappellent que les expulsions de ressortissants africains depuis les États-Unis ne sont pas un phénomène nouveau. Toutefois, l’ampleur de cette opération et la publication détaillée des identités des personnes concernées lui confèrent une visibilité particulière.
Face à cette vague d’expulsions, les capitales ouest‑africaines s’organisent déjà pour anticiper l’arrivée de leurs ressortissants. Entre impératif sécuritaire et défi social, les gouvernements devront conjuguer fermeté et accompagnement afin de transformer ce retour contraint en une réintégration durable.
Accusés d’infraction à la réglementation des changes et de blanchiment de capitaux après l’exhibition d’un sac de billets sur les réseaux sociaux, les deux prévenus font face à la sévérité du Pôle pénal économique et financier. Le parquet de Côte d’Ivoire réclame l’exemplarité.
Abidjan, le 2 juin 2026 – Clap de fin pour ce feuilleton judiciaire qui a secoué l’espace numérique ivoirien et au-delà, alors que l’opinion publique observait avec attention si cette affaire servirait de symbole de la reprise en main de l’espace numérique et de la transparence financière par les autorités ivoiriennes. La sentence est tombée devant le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan : l’influenceur Stéphane Agbré, plus connu sous le pseudonyme d’« Apoutchou National », a été condamné à une peine de trois ans d’emprisonnement ferme assortie d’une amende colossale de 264 millions de francs CFA.
Son coaccusé, l’influenceur et homme d’affaires Lionel PCS, écope quant à lui d’une peine plus lourde de cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie de la même sanction financière de 264 millions de francs CFA.Le tribunal a également condamné les coaccusés Doffou Doffou et Sidibé Kader à trois ans de prison ferme chacun et à une amende de 264 millions de francs CFA. Toutefois, il a prononcé ces peines sans décerner de mandat de dépôt à l’audience.
Ce verdict, qui suscite une immense vague de réactions en Côte d’Ivoire et au sein de la diaspora, marque ainsi le dénouement d’un feuilleton judiciaire qui aura tenu la toile en haleine pendant de longs mois, depuis les premières interpellations survenues à la fin de l’année 2024.
Des sanctions patrimoniales aux lourdes conséquences économiques
Au-delà des peines d’emprisonnement, le tribunal a également ordonné une série de mesures patrimoniales particulièrement sévères. Lionel PCS a ainsi vu trois de ses véhicules de luxe saisis puis vendus par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC). Les comptes bancaires crédités identifiés dans le cadre de l’enquête ont également été confisqués. En outre, il devra verser 100 millions de FCFA à l’État de Côte d’Ivoire et 100 millions de FCFA à la LONACI.
De son côté, Stéphane Agbré, alias « Apoutchou National », voit deux comptes bancaires crédités saisis par la justice. Le tribunal a également ordonné la confiscation de plusieurs biens immobiliers lui appartenant, notamment deux terrains à Bingerville, un terrain à Anyama et un autre à Agboville. Comme son coaccusé, il devra s’acquitter de 100 millions de FCFA au profit de l’État de Côte d’Ivoire et de 100 millions de FCFA au profit de la LONACI.
Ces confiscations et sanctions financières illustrent la volonté des autorités judiciaires de frapper non seulement les auteurs présumés de délits économiques par des peines privatives de liberté, mais également leurs patrimoines. Pour de nombreux observateurs, cette décision marque un tournant dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, l’enrichissement illicite et les dérives liées à l’économie de l’influence sur les réseaux sociaux.
Pour comprendre l’ampleur de la déflagration, il faut remonter au 12 novembre 2024. Ce jour-là, Apoutchou National publie une vidéo sur sa page Facebook où il s’affiche tout sourire, exhibant un sac bourré de liasses de billets de banque neufs. L’effet est immédiat sur les réseaux sociaux, mais la réaction de l’appareil d’État l’est tout autant. Le 14 novembre 2024, l’influenceur est interpellé par la police économique, rapidement rejoint en garde à vue par Lionel PCS et un opérateur financier impliqué dans la transaction.
Devant les enquêteurs du parquet d’Abidjan, les prévenus tentent de plaider la mise en scène, expliquant que les fonds – présentés comme un prêt destiné à l’achat d’un véhicule – étaient parfaitement traçables. Toutefois, cet argument s’est révélé insuffisant pour la justice ivoirienne, qui place les deux hommes sous mandat de dépôt en décembre 2024. Transférés à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA), ils y passent plusieurs mois avant de bénéficier d’une mise en liberté provisoire sous contrôle judiciaire strict en 2025.
Les réquisitions du parquet de Côte d’Ivoire : l’onde de choc
Lors des audiences du 24 mars 2026, le substitut du procureur a rappelé la politique de « tolérance zéro » engagée par la Côte d’Ivoire, récemment placée sous surveillance par le GAFI. Le parquet a requis des peines maximales de sept ans de prison et 240 millions de FCFA d’amende, estimant que l’exhibition publique de fortunes non justifiées constituait une provocation face aux efforts d’assainissement économique du pays.
« La liberté des réseaux sociaux s’arrête là où commencent les lois de la République sur la traçabilité des capitaux », a martelé le ministère public lors de son réquisitoire, exigeant des sanctions exemplaires pour décourager les dérives de l’« économie du buzz ».
Si la défense a plaidé la bonne foi, la naïveté et l’absence d’intention criminelle de ses clients, le tribunal a néanmoins suivi la ligne dure du parquet en prononçant des peines de prison ferme privatives de liberté. Pour Lionel PCS, la peine de cinq ans reflète, selon des sources proches du dossier, un niveau de responsabilité jugé supérieur dans le montage et l’origine des flux financiers incriminés.
Au-delà des cercles de fans, cette condamnation résonne comme un avertissement pour l’ensemble du milieu des influenceurs en Afrique de l’Ouest. En frappant au portefeuille et en prononçant des peines de prison effectives, le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan démontre que l’ère de l’impunité numérique est bel et bien révolue.