Togo : Protection civile et résilience climatique, le bilan 2026

À l’approche du 1ᵉʳ mars, date marquant la Journée mondiale de la protection civile, le gouvernement togolais réaffirme sa stratégie de résilience. Entre érosion côtière et inondations cycliques, Lomé mise sur une modernisation profonde de ses dispositifs de secours pour protéger les populations. Un engagement porté au plus haut sommet de l’État.

 

C’est un rendez-vous annuel qui prend, cette année, une résonance particulière. Placée sous l’égide de l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC), l’édition 2026 s’articule autour d’un défi majeur : la gestion des risques environnementaux pour bâtir un avenir durable. Pour le ministère de la Sécurité, il ne s’agit plus seulement de célébrer, mais de dresser le bilan d’une véritable mue sécuritaire.

 

Un bouclier face aux colères de la nature

En effet, le Togo n’est pas épargné par les soubresauts du climat. Des vents violents qui balaient les régions septentrionales à l’érosion côtière qui grignote le littoral, les menaces sont multiples. Face à ce constat, les autorités ont élevé la protection civile  au rang de pilier stratégique de la politique nationale de sécurité.

Sous l’impulsion du Président Faure Gnassingbé, le pays a franchi une étape législative cruciale avec l’adoption, en mars 2025, d’une loi-cadre sur la lutte contre les changements climatiques. Ce texte n’est pas qu’un symbole : il impose aussi l’intégration systématique de la gestion des risques dans chaque projet de développement national.

 

Moderniser pour mieux anticiper

De fait, la stratégie togolaise repose sur une approche proactive plutôt que réactive. En plus, plusieurs chantiers prioritaires ont été accélérés ces derniers mois :

  • L’alerte précoce : optimisation des systèmes de veille pour prévenir les populations avant la catastrophe.
  • Le renforcement technique : augmentation des moyens logistiques mis à la disposition des unités de secours.
  • La synergie des acteurs : consolidation des partenariats entre le secteur privé, les collectivités locales et l’État.

 

Une chaîne de solidarité nationale

Ainsi, le gouvernement rappelle que la sécurité civile est une responsabilité partagée. Si l’État investit dans les équipements, la vigilance citoyenne reste le premier rempart contre les sinistres.

Le Ministre de la Sécurité a d’ailleurs tenu à rendre un hommage appuyé aux soldats du feu, aux volontaires et à l’ensemble des acteurs de la chaîne de secours. Ces « héros du quotidien » sont les garants d’une solidarité qui se déploie chaque jour sur le terrain pour préserver des vies et des biens.

En définitive, alors que les défis environnementaux se complexifient, le Togo fait le choix de la résilience. En transformant chaque risque en une opportunité de mieux s’organiser, le pays entend offrir à ses citoyens un environnement plus sûr et un avenir plus serein.

Togo : Les forces armées adoptent le simulateur de tir américain

Au Centre d’entraînement aux opérations de maintien de la paix (CEOMP) de Lomé, les Forces armées togolaises (FAT) franchissent un palier technologique. Grâce à l’acquisition d’un simulateur de tir de dernière génération ce jeudi 27 février 2026, les soldats peaufineront désormais leur précision et leur réactivité en milieu virtuel avant de se projeter sur le terrain. Une avancée majeure soutenue par un partenaire stratégique de longue date.

 

Dans les enceintes du CEOMP à Lomé, le bruit des détonations est désormais complété par le bourdonnement des processeurs. Les militaires togolais disposent dorénavant d’un simulateur de compétences d’engagement perfectionné, un outil pédagogique de pointe destiné à affiner leurs capacités opérationnelles.

Ce dispositif permet aux troupes de s’exercer dans des scénarios de haute intensité, où la rapidité du tir et la justesse de la prise de décision sont capitales.

 

La simulation au service de la précision chirurgicale

En effet, cette technologie offre un environnement d’apprentissage sécurisé mais ultra-réaliste. L’objectif est de permettre aux soldats de neutraliser les menaces avec une efficacité accrue dès la source. En travaillant sur des simulateurs, les FAT renforcent leur expertise technique sans les contraintes logistiques des exercices à balles réelles, tout en développant des réflexes cognitifs essentiels au combat moderne.

De fait, cette montée en puissance des capacités de défense profite directement à la stabilité régionale. Elle participe à un effort global visant à sécuriser non seulement le territoire togolais, mais aussi les intérêts communs entre Lomé et ses alliés internationaux.

 

Un partenariat stratégique avec Washington

Cette modernisation ne sort pas du néant. Elle s’inscrit dans le cadre de l’Initiative mondiale pour les opérations de maintien de la paix (GPOI). Ce simulateur constitue le dernier volet d’une livraison d’équipements stratégiques intégralement financée par les États-Unis.

Par conséquent, ce transfert de technologie souligne la profondeur de la coopération militaire entre Washington et Lomé. D’ailleurs, les autorités américaines considèrent l’investissement dans la formation de pointe des militaires togolais comme un gage de sécurité partagée, car le Togo contribue de manière clé aux missions de paix sur le continent.

 

Un atout pour la sécurité transatlantique

En définitive, l’intégration de ce simulateur au sein du CEOMP transforme radicalement la préparation des contingents. En alliant innovation technologique et rigueur militaire, le Togo se dote d’un outil de dissuasion et d’intervention plus performant.

Cette étape marque une volonté claire des forces de défense : celle de rester à l’avant-garde face aux menaces sécuritaires de plus en plus asymétriques, tout en consolidant un axe diplomatique solide avec ses partenaires occidentaux.

Togo : Signature de Patrice Neveu reportée au stade de Kégué

L’image est saisissante : une salle de presse pleine à craquer, des caméras prêtes à immortaliser l’événement, mais des chaises désespérément vides à la tribune officielle. Ce vendredi 27 février 2026, l’officialisation du technicien français Patrice Neveu à la tête de la sélection nationale du Togo a connu un coup d’arrêt brutal et inattendu. Entre malaise et interrogations, le football togolais retient son souffle.

 

C’est ce que l’on appelle, dans le jargon journalistique, un « lapin » monumental. Alors que tout Lomé attendait de voir Patrice Neveu parapher son contrat pour prendre les rênes des Éperviers, la cérémonie prévue au stade de Kégué a tourné au fiasco. La presse nationale et internationale, conviée en grand nombre, s’est retrouvée face à un décor sans acteurs.

 

Un silence assourdissant à la tribune

En effet, ni le ministre des Sports, ni le président de la Fédération togolaise de football (FTF), encore moins le principal intéressé, Patrice Neveu, n’ont franchi le seuil de la salle de conférence. Un désistement collectif qui soulève de nombreuses questions sur les coulisses de cette nomination.

Jusqu’à la dernière minute, rien ne laissait présager un tel dénouement. Les préparatifs étaient bouclés, et le protocole en place. Pourtant, l’absence totale de communication officielle sur les lieux a laissé les observateurs dans un flou total.

 

Qu’est-ce qui coince dans le dossier Neveu ?

De fait, ce rapport suggère in extremis des frictions de dernière minute. Si le profil de l’ancien sélectionneur du Gabon faisait l’unanimité ces derniers jours, plusieurs zones d’ombre pourraient expliquer ce contretemps :

  • Des détails contractuels : un désaccord de dernière heure sur les clauses financières ou les objectifs sportifs.
  • Un arbitrage politique : une validation administrative qui tarderait à venir au sommet de l’État.
  • Un revirement stratégique : des hésitations internes au sein de la faîtière du football national.

 

Une attente pesante pour les supporters

Par conséquent, ce rendez-vous manqué plonge le nid des Éperviers dans une nouvelle période d’incertitude. Alors que le public sportif réclame de la stabilité et un projet clair pour relancer l’équipe nationale, ce faux lien vient fragiliser l’image de la gestion du football togolais.

En définitive, si les raisons de ce report restent pour l’heure secrètes, l’impact sur l’opinion publique est bien réel. Quel sera le prochain chapitre de ce feuilleton ? Patrice Neveu finira-t-il par poser ses valises à Lomé, ou la FTF devra-t-elle se tourner vers une autre piste ? Les prochaines heures seront décisives pour lever le voile sur le « mystère de Kégué ».

Togo : l’Université de Lomé lance CRISP-UL pour connecter agriculteurs locaux et cantines scolaires

L’Université de Lomé a officiellement lancé le projet CRISP-UL, une initiative ambitieuse visant à structurer une chaîne d’approvisionnement locale entre les agriculteurs togolais et les cantines scolaires. Présenté comme une réponse aux défis alimentaires et à l’inclusion socio-économique, ce projet s’inscrit dans une logique de résilience, d’inclusion sociale et de promotion des femmes rurales.

Porté en partenariat avec l’International Development Research Centre (IDRC) du Canada, CRISP-UL entend proposer un modèle de distribution alimentaire qui relie directement la production paysanne aux besoins de l’alimentation scolaire dans plusieurs régions du Togo.

 

Trois régions pilotes au cœur de l’expérimentation

Selon les promoteurs du projet, les autorités ont retenu les régions des Plateaux, de la Kara et des Savanes comme zones pilotes. Dans ces territoires, qui rassemblent une diversité de systèmes agricoles et socioculturels, les responsables ont sélectionné 180 écoles pour participer à l’expérimentation.

CRISP-UL prévoit notamment l’installation de sites de démonstration intégrant des pratiques agroécologiques, des jardins scolaires et de petites unités d’élevage. L’objectif consiste à allier recherche appliquée et mise en œuvre concrète, afin de développer des modèles de chaînes d’approvisionnement que l’État pourra répliquer à l’échelle nationale.

En filigrane, ce projet ambitionne de contribuer à un système alimentaire plus autonome, orienté vers la valorisation de la production locale, tout en réduisant la dépendance aux importations de denrées destinées aux programmes de restauration scolaire.

 

Les femmes rurales au centre du dispositif

L’un des volets les plus novateurs de CRISP-UL est son attention particulière aux femmes agricultrices. En zone rurale, ces dernières jouent un rôle déterminant dans la production maraîchère et vivrière, mais sont souvent confrontées à des obstacles d’accès aux marchés et aux ressources.

Selon les coordinateurs du projet, l’intégration des femmes à ce système d’approvisionnement doit permettre d’améliorer leurs débouchés commerciaux grâce à un accès plus direct aux marchés institutionnels que représentent les cantines scolaires. Il s’agit d’une démarche qui combine inclusion sociale et autonomisation économique, tout en renforçant la sécurité alimentaire locale.

D’un côté, les producteurs seront mieux intégrés dans les circuits de distribution structurés ; de l’autre, les cantines bénéficieront d’un approvisionnement plus régulier et plus nutritif. Ce double effet répond à la fois aux enjeux éducatifs, nutritionnels et économiques des communautés.

 

Une réponse innovante aux défis régionaux

Les cantines scolaires sont au Togo — comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest —  des leviers à la fois pour l’éducation et pour l’économie rurale. À ce titre, elles jouent un rôle stratégique dans la lutte contre la malnutrition, l’abandon scolaire et la promotion du développement rural.

En structurant la demande alimentaire des écoles autour de produits locaux, le projet CRISP-UL s’inscrit dans une dynamique plus large, visant à créer des chaînes de valeur agricoles inclusives et durables, tout en améliorant la performance des programmes de restauration scolaire et l’accès des enfants à une alimentation de qualité.

 

Perspectives et défis à venir

Sur une durée prévue de 42 mois (jusqu’en septembre 2028), l’Université de Lomé et ses partenaires vont suivre, évaluer et ajuster les stratégies mises en œuvre dans les zones pilotes. L’un des objectifs principaux est de fournir des données probantes qui pourraient influencer les politiques publiques de sécurité alimentaire et d’éducation, notamment en matière de systèmes alimentaires territoriaux.

Les résultats attendus pourraient aussi préfigurer de nouvelles approches pour relier plus efficacement les agriculteurs locaux aux marchés institutionnels, avec des effets positifs potentiels sur l’emploi rural, la nutrition infantile et l’économie locale dans son ensemble.

Affaire Madjoulba : l’appel renforce la peine de l’ex-chef d’état-major Kadangha à 30 ans

La Cour d’appel militaire de Lomé a rendu, le 27 février 2026, une décision judiciaire lourde de sens dans l’un des procès les plus suivis ces dernières années au Togo. Elle a renforcé la peine de prison de l’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises (FAT), le général Félix Abalo Kadangha, portant sa condamnation de 20 à 30 ans de réclusion criminelle. Cette sanction intervient dans le cadre de l’affaire de la mort du colonel Toussaint Bitala Madjoulba, retrouvé assassiné dans son bureau en mai 2020.

Une mort qui avait secoué le pays

Les circonstances entourant le décès du colonel Madjoulba avaient suscité émoi et interrogations au sein de l’opinion publique togolaise. Commandant du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), des officiers avaient découvert l’officier supérieur mort dans son bureau au camp militaire de Lomé dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, quelques heures seulement après la cérémonie d’investiture du président de la République.

Les autorités avaient diligenté une enquête judiciaire, mais les enquêteurs n’ont jamais identifié l’auteur direct du tir mortel. Néanmoins, la procédure a mis en cause plusieurs officiers et personnels liés aux Forces armées.

Un procès en appel sous haute tension

En première instance, lors du procès de 2023, les juges avaient condamné le général Kadangha à 20 ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et entrave à la justice, aux côtés de six autres coaccusés.

Cependant, le ministère public a interjeté appel, car il estime que les sanctions initiales ne reflétaient pas la gravité des faits. Devant la cour d’appel, les procureurs ont requis des peines allant jusqu’à 50 ans de détention, manifestant leur volonté d’apporter une réponse judiciaire ferme à ce crime qui a secoué le pays.

Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense avaient quant à eux plaidé la relaxe, arguant d’un manque supposé de preuves directes et de vices de procédure dans l’instruction.

Kadangha: une aggravation des peines pour les co-accusés

Au total, plusieurs des co-accusés ont vu leurs peines alourdies. Selon les éléments disponibles, des peines supplémentaires de 5 à 10 ans de prison ont été ajoutées pour certains militaires et civils impliqués dans le dossier.

Ce renforcement des condamnations traduit la volonté de la Cour d’appel militaire de clarifier les responsabilités et d’envoyer un signal fort dans un dossier emblématique pour l’armée togolaise et l’appareil judiciaire militaire.

Une affaire aux implications politiques et sociales

Outre sa dimension judiciaire, ce procès a eu une forte résonance dans le débat public. L’assassinat du colonel Madjoulba, à l’époque commandant du bataillon d’élite du BIR, avait suscité des spéculations et des interrogations sur la gouvernance et la discipline au sein des forces armées togolaises.

Même si la culpabilité des accusés repose sur des charges juridiques et des interprétations des faits, le dossier Madjoulba demeure un moment marquant dans l’histoire récente du Togo, car il met en lumière les défis de transparence et de responsabilité dans les institutions nationales.

Vers une justice plus ferme ?

La décision de la Cour d’appel militaire pourrait marquer un tournant dans la manière dont la justice togolaise traite les affaires sensibles impliquant des membres de l’armée.

Dans un contexte où les citoyens doutent souvent de la fiabilité des institutions judiciaires, ce verdict rappelle que renforcer les sanctions peut répondre aux attentes de la société. Reste à savoir comment cette décision influencera la famille de la victime, les rangs de l’armée et l’opinion publique togolaise.

Togo : les tenanciers de bars de plage demandent un moratoire avant l’expulsion

À quelques jours de l’échéance du 28 février 2026, date prévue pour le déguerpissement des bars et restaurants installés le long de la plage de Lomé, les propriétaires de ces établissements multiplient les appels à la clémence des autorités. Réunis au sein de leur association, ils sollicitent un délai supplémentaire afin de mieux se conformer à la réglementation et d’éviter une fermeture brutale de leurs activités.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où le gouvernement togolais veut restaurer l’ordre sur le domaine public maritime, un espace naturel et récréatif fortement fréquenté par les habitants de la capitale. Les plages de Lomé, qui s’étendent sur plusieurs kilomètres le long du golfe de Guinée, sont à la fois un lieu de loisirs populaire et une zone exposée aux pressions liées à l’urbanisation et à l’économie informelle.

 

Entre informel et légalité : des emplois et des inquiétudes

Depuis 2022, les tenanciers de bars et de restaurants ont transformé une partie de la côte en véritable pôle d’activités, souvent sans titre légal d’occupation du domaine public. Selon leurs représentants, ce développement a permis de créer plus de 750 emplois, entre serveurs, cuisiniers, agents de sécurité et chauffeurs, contribuant à la subsistance de nombreuses familles.

« Nous ne refusons pas la décision de l’État, mais nous demandons simplement plus de temps pour nous organiser correctement », a déclaré le secrétaire général de l’Association des tenanciers de bars et restaurants (ATBR). Face à une éventuelle expulsion immédiate, il avertit que de nombreuses familles pourraient être plongées dans une grande précarité.

Les propriétaires évoquent notamment la nécessité de régler leurs dettes, de renégocier des prêts bancaires contractés pour l’aménagement de leurs espaces, et de trouver des solutions alternatives avant de quitter les lieux.

 

Le littoral, un espace public stratégique

La question de l’occupation des plages de Lomé dépasse le simple cadre des activités économiques. Ces espaces appartiennent au domaine public maritime, protégé par la loi, ce qui implique que toute construction ou exploitation commerciale doit faire l’objet d’autorisations spécifiques.

Or, selon plusieurs juristes, l’occupation illégale de ce secteur prive la population d’un accès libre à la mer et menace également la sécurité et l’environnement côtier. Dans d’autres pays, des jurisprudences similaires ont déjà sanctionné des établissements pour entrave à la libre circulation sur le front de mer, soulignant la nécessité de dégagements obligatoires sur une largeur minimale pour garantir l’accès du public à la plage.

Dans ce contexte, la mairie du Golfe 1 et les autorités centrales ont rappelé à plusieurs reprises que ces zones doivent rester accessibles à tous, conformément à la réglementation en vigueur.

 

Dialogue ou bras de fer imminent ?

Pour l’heure, les tenanciers espèrent un moratoire officiel jusqu’à décembre 2026, qui leur permettrait de poursuivre leurs activités tout en amorçant une transition ordonnée vers des sites autorisés.

Cette demande met en lumière un dilemme récurrent à Lomé : comment concilier la régulation de l’espace public et la préservation de moyens de subsistance pour des acteurs économiques qui ont investi dans l’informel ?

Alors que l’expulsion approche, les discussions entre associations professionnelles et pouvoirs publics pourraient s’intensifier. Plusieurs observateurs estiment qu’une solution consensuelle serait préférable à une évacuation brutale, susceptible de générer des tensions sociales et de perturber l’économie locale.

Togo : le gouvernement lance une opération pour libérer les voies publiques et la plage à Lomé

Le gouvernement togolais hausse le ton face à l’occupation jugée désordonnée des abords des routes et du littoral dans le Grand Lomé. Réunis le 26 février 2026 au ministère de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière, plusieurs membres de l’exécutif ont acté une nouvelle étape dans la gestion des espaces publics de la capitale.

Autour du ministre Awaté Hodabalo, les discussions ont porté sur une réalité visible au quotidien : étals improvisés le long des axes routiers, constructions précaires sur les emprises publiques, et occupation croissante du front de mer.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Un constat partagé : désordre et risques multiples

D’abord tolérées, certaines installations se sont multipliées au fil des années. Résultat : des voies rétrécies, une circulation ralentie, et des difficultés d’accès pour les services de secours. À cela s’ajoutent des problèmes d’insalubrité et une pression accrue sur l’écosystème côtier.

Sur la plage de Lomé, considérée comme un espace stratégique tant pour le tourisme que pour l’environnement, l’implantation anarchique de commerces et d’abris de fortune suscite également des inquiétudes.

Pour les autorités, la situation ne peut plus perdurer. Elles estiment que l’État doit désormais faire respecter la réglementation afin de préserver l’ordre public et la sécurité des usagers.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Un comité technique pour structurer la riposte

Face à ces enjeux, le gouvernement a décidé de mettre en place un comité technique interministériel. Sa mission : proposer dans les plus brefs délais un plan d’action concret pour réorganiser les emprises routières et le domaine public maritime.

Toutefois, l’exécutif assure vouloir procéder avec méthode. Une campagne de sensibilisation précédera toute opération de déguerpissement. L’objectif affiché est de rappeler les règles en vigueur et d’informer les occupants concernés avant toute intervention sur le terrain.

Le ministre en charge de l’Environnement a insisté sur un principe : l’application stricte de la loi. Selon lui, la protection durable du littoral et la sécurité collective exigent des décisions fermes.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Entre impératif d’ordre public et enjeux sociaux

Si la volonté de rétablir l’autorité de l’État est clairement affichée, la question sociale demeure sensible. De nombreux occupants tirent leurs revenus de ces activités informelles.

Dès lors, le défi pour les autorités togolaises sera de concilier restauration de l’ordre urbain et prise en compte des réalités économiques des populations concernées.

En toile de fond, c’est aussi l’image de Lomé qui se joue. Capitale en pleine mutation, la ville cherche à moderniser ses infrastructures tout en protégeant son littoral, fragilisé par l’érosion et les pressions humaines.

 

Une opération sous haute attention

Les prochaines semaines devraient préciser les contours du plan gouvernemental. Entre dialogue, pédagogie et fermeté, l’exécutif togolais entend reprendre le contrôle des espaces publics stratégiques du Grand Lomé.

Reste à savoir comment cette opération sera accueillie sur le terrain, dans une capitale où l’espace public constitue aussi un lieu de survie économique pour de nombreux ménages.

Cacao ivoirien : le grand virage d’Alassane Ouattara face à la tempête des cours

En Côte d’Ivoire, le « miracle ivoirien » vacille sous le poids de la chute des cours mondiaux du cacao. Face à une crise qui menace l’équilibre social du premier producteur mondial, le président Alassane Ouattara a validé une profonde réforme du secteur. Entre refonte du calendrier agricole et concessions douloureuses aux multinationales, Abidjan tente de sauver les meubles au moment même où s’ouvre le Salon de l’Agriculture à Paris.

 

C’est un séisme dont l’épicentre se trouve à Abidjan, mais dont les répercussions se font sentir jusqu’à Lomé et Accra. En l’espace de quelques mois, l’or brun ivoirien a perdu de son éclat. Alors que la tonne s’échangeait à des sommets historiques l’été dernier, les cours sur le marché de Londres ont été divisés par trois, passant sous la barre symbolique des 3 000 dollars. Un retournement de situation qui place le pouvoir ivoirien au pied du mur.

 

Un prix d’achat devenu intenable

Le timing ne pouvait être plus délicat pour le chef de l’État. Réélu en octobre dernier sur la promesse d’un prix d’achat record de 2 800 F CFA le kilo, Alassane Ouattara doit aujourd’hui composer avec une réalité économique brutale. Ce tarif, fixé en pleine euphorie électorale, est devenu un fardeau financier pour les caisses de l’État.

Par conséquent, pour éviter un effondrement total du système de commercialisation, la présidence a dû donner son feu vert à une révision drastique des règles du jeu. Les autorités maintiennent pour l’instant le prix aux planteurs, mais elles le font au moyen de manœuvres structurelles d’envergure.

 

Le « sacrifice » du revenu décent

La mesure la plus spectaculaire, bien qu’officieusement actée, concerne le Différentiel de Revenu Décent (DRD). Cette prime de 400 dollars la tonne, arrachée de haute lutte par l’axe Abidjan-Accra en 2020 pour protéger les paysans, est désormais suspendue pour la prochaine campagne intermédiaire.

De fait, cette concession est un signal fort envoyé aux géants du négoce mondial tels que Cargill ou Barry Callebaut. Ces derniers, échaudés par la volatilité des marchés, freinaient leurs achats. En levant cette taxe, le Conseil Café-Cacao (CCC) espère relancer la signature des contrats à terme et garantir l’écoulement de la récolte, quitte à écorner l’un des piliers de sa politique sociale.

 

Une guerre contre la contrebande et un nouveau calendrier

Au-delà de l’aspect financier, Abidjan change de tactique sur le terrain. Un nouveau calendrier de commercialisation entre en vigueur :

  • Ouverture de la campagne : avancée au 1ᵉʳ septembre (au lieu du 1ᵉʳ octobre).
  • Fermeture : fixée au 1ᵉʳ mars (au lieu du 31 mars).

L’objectif est clair : verrouiller les frontières. Ainsi, en s’alignant sur les cycles réels de récolte et en devançant les manœuvres du Ghana voisin, la Côte d’Ivoire veut stopper l’hémorragie de fèves via la contrebande vers le Liberia ou la Guinée.

 

Entre Paris et Abidjan : une vitrine sous pression

Ironie du calendrier, ces annonces interviennent alors que la Côte d’Ivoire est l’invitée d’honneur du Salon international de l’Agriculture à Paris. Tandis que le ministre de l’Agriculture, Bruno Koné, vante les mérites du terroir ivoirien à la Porte de Versailles, les coulisses de la filière bruissent d’inquiétudes.

En définitive, malgré les mécanismes d’urgence activés par l’État et l’intervention de Transcao pour limiter la casse, l’inquiétude gagne les zones rurales. Car derrière les courbes boursières et les arbitrages budgétaires, ce sont des millions de planteurs qui retiennent leur souffle. Si les cours ne se redressent pas rapidement, la crise du cacao pourrait devenir bien plus qu’un choc économique : un test politique et social majeur pour le pouvoir d’Abidjan.

 

Togo : la BAD prépare un programme de développement des filières bovine et avicole

Au Togo, la BAD explore le potentiel de l’élevage avec la CTOP pour structurer les chaînes de valeur bovine et avicole.

À Lomé, une étape stratégique vient d’être franchie pour l’avenir de l’élevage togolais. La Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP) a reçu, ce matin, une délégation de la Banque africaine de développement (BAD). Objectif : poser les bases d’un programme ambitieux dédié au développement des chaînes de valeur des filières bovine, petits ruminants et avicole au Togo.

 

Un secteur clé pour l’économie rurale

Dans un contexte marqué par la hausse des importations de produits carnés et la pression sur le pouvoir d’achat, l’élevage apparaît plus que jamais comme un levier stratégique. En effet, ce sous-secteur contribue de manière significative aux revenus des ménages ruraux et à la sécurité alimentaire nationale.

Ainsi, la mission de la BAD s’inscrit dans une logique d’investissement structurant. Il s’agit, concrètement, d’identifier les maillons faibles des différentes filières — de la production à la commercialisation — afin de bâtir un programme capable de stimuler durablement la production animale au Togo.

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Écouter les acteurs à la base

Contrairement à une approche descendante, la délégation a privilégié l’échange direct avec les producteurs. Réunis au siège de la CTOP, éleveurs, représentants d’organisations professionnelles et acteurs de la filière avicole ont exposé sans détour leurs réalités quotidiennes.

D’une part, ils ont détaillé les contraintes techniques : accès insuffisant aux poussins de qualité, coût élevé des aliments pour bétail, disponibilité limitée des vaccins et exposition accrue aux maladies animales.

D’autre part, les difficultés financières ont été largement évoquées. L’accès au crédit reste complexe, notamment pour les petits producteurs. À cela s’ajoutent des infrastructures parfois inadaptées, des circuits de commercialisation peu structurés et une concurrence accrue des produits importés.

Cependant, au-delà des obstacles, les professionnels ont également mis en avant le potentiel considérable des filières bovine, ovine, caprine et avicole. Selon eux, un appui ciblé sur la productivité, la biosécurité, la transformation locale et l’organisation des marchés pourrait rapidement produire des résultats tangibles.

 

Structurer pour mieux transformer

La CTOP, en tant que plateforme faîtière des organisations paysannes togolaises, joue un rôle d’interface entre les producteurs et les partenaires techniques et financiers. Cette rencontre a donc permis à la BAD de recueillir des données de terrain précises, directement issues des exploitations familiales.

En outre, l’enjeu dépasse la simple augmentation des volumes de production. Il s’agit de structurer l’ensemble des chaînes de valeur : amélioration génétique, alimentation animale, abattage, transformation, conditionnement et distribution.

À terme, le futur programme vise plusieurs objectifs complémentaires :

  • renforcer la résilience des systèmes d’élevage face aux chocs sanitaires et climatiques ;
  • Accroître la production locale de viande et de produits avicoles ;
  • améliorer les revenus des éleveurs ;
  • réduire la dépendance du pays aux importations.

 

Vers une souveraineté alimentaire renforcée ?

En toile de fond, c’est la question de la souveraineté alimentaire qui se dessine. En misant sur l’élevage local, le Togo pourrait non seulement sécuriser son approvisionnement en protéines animales, mais également créer davantage d’emplois en milieu rural.

Toutefois, la réussite d’un tel programme dépendra de la coordination entre les pouvoirs publics, les institutions financières et les organisations professionnelles. La phase de préparation actuellement en cours apparaît donc déterminante.

Si les engagements se concrétisent, cette initiative pourrait marquer un tournant pour l’élevage togolais, longtemps considéré comme secondaire, mais désormais perçu comme un moteur potentiel de croissance inclusive.

Industrie verte : Le Togo mise sur les Parcs Éco-Industriels à Agbélouvé

LOMÉ, 25 février 2026 — Et si l’industrialisation ne rimait plus avec pollution, mais avec performance et écologie ? C’est le défi que tente de relever le gouvernement togolais à Agbélouvé. En effet, ces 25 et 26 février, la capitale togolaise accueille un sommet technique crucial dédié au cadre international des Parcs Éco-Industriels (PEI).

Loin d’être une simple réunion de plus, cet atelier multi-acteurs marque un tournant dans la manière dont le pays prévoit d’accueillir ses futures usines, avec un œil rivé sur la compétitivité mondiale.

 

Une boussole pour les investisseurs, pas un fardeau

Il est essentiel de lever toute ambiguïté : le cadre PEI ne vient pas exploser la machine bureaucratique. Au contraire, il se présente comme un référentiel de qualité. Pour les autorités togolaises, l’enjeu est de créer une « langue commune » entre les ministères, les agences de régulation et les partenaires privés.

De fait, ce dispositif vise à offrir une prévisibilité totale aux investisseurs internationaux. Dans un marché mondialisé où les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) deviennent la norme, le Togo se dote d’un outil pour rassurer les capitaux les plus exigeants.

Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements
© Ministère de l'Industrie et de la Promotion des Investissements

Agbélouvé : le laboratoire de l’ambition togolaise

Le point focal de cette stratégie porte un nom : Agbélouvé. Ce projet de zone industrielle, en pleine structuration, est appelé à devenir le porte-étendard de cette nouvelle ère.

Par conséquent, l’application des normes PEI à Agbélouvé permet de :

  • Optimiser les ressources : mutualiser l’énergie, l’eau et la gestion des déchets entre les entreprises.
  • Anticiper les risques : construire des infrastructures capables de résister aux défis environnementaux de demain.
  • Renforcer la gouvernance : créer un pilotage centralisé et efficace pour éviter les lenteurs administratives.

 

L’expertise au service du « made in Togo »

Le renforcement des capacités entamé ce mercredi à Lomé permet aux décideurs d’apprécier comment ces normes internationales peuvent s’adapter aux réalités locales. Cependant, l’ambition dépasse la simple technique ; il s’agit d’élever le plateau industriel togolais pour le rendre plus attractif que celui de ses voisins côtiers.

« Nous ne construisons pas seulement des zones pour installer des machines, nous bâtissons des écosystèmes où la performance économique nourrit la durabilité », explique un expert proche du dossier.

 

Une boucle vertueuse pour l’économie nationale

En somme, cet atelier à Lomé boucle la boucle d’une stratégie nationale de développement ambitieuse. En partant des normes internationales pour les injecteurs dans le sol d’Agbélouvé, le Togo s’assure que sa croissance industrielle de 2026 ne sera pas un problème pour les générations de 2050. Par ailleurs, en renforçant la coordination entre les institutions dès aujourd’hui, le pays s’assure que le futur industriel du Togo sera vert, visible et résolument tourné vers l’excellence.