Iran veut taxer le détroit d’Ormuz : menace sur le pétrole mondial

                                        Derrière le fragile cessez-le-feu conclu entre l’Iran, Israël et les États-Unis en ce mois d’avril 2026, une bataille financière féroce se joue. Téhéran tente d’imposer un droit de passage aux pétroliers dans le détroit d’Ormuz, une manœuvre que l’industrie pétrolière américaine qualifie de « racket maritime » et qui menace de faire exploser les prix à la pompe.

Le calme est revenu sur les eaux turquoise du Golfe, mais il est trompeur. Depuis l’accord de trêve du 7 avril 2026, les canons se sont tus, tandis que les calculs s’emballent dans les états-majors des majors pétrolières. Au cœur de la discorde : une clause du plan de paix en dix points proposée par la République islamique, exigeant la reconnaissance de sa souveraineté totale sur le détroit d’Ormuz, assortie d’un droit de péage.

Ce cessez-le-feu, négocié par le Pakistan, doit durer deux semaines, mais il reste fragile : Israël poursuit ses frappes au Liban, ce qui menace de raviver les tensions.

Le coût du passage : 2,5 millions de dollars par trajet

Selon des révélations obtenues par le média Politico, les géants de l’énergie outre-Atlantique mènent un lobbying intense auprès de la Maison-Blanche pour bloquer cette exigence. L’équation économique est implacable : chaque navire franchissant ce goulot d’étranglement — par lequel transite 20 % de la consommation mondiale de pétrole — se verrait imposer des taxes et des surprimes d’assurance.

Le montant du surcoût s’élèverait à 2,5 millions de dollars par livraison. « C’est une taxe sur la consommation mondiale déguisée en droit maritime », s’insurge un représentant de l’industrie pétrolière américaine. Pour le consommateur final, que ce soit à Lomé, Paris ou New York, la répercussion sur le prix du litre d’essence serait immédiate et brutale. Les armes se taisent, mais les calculs s’emballent.

Un dangereux précédent pour Singapour et la Turquie

Au-delà de l’aspect financier, c’est l’ordre juridique international qui vacille. Les entreprises ont exprimé leurs préoccupations directement au président américain. Leur argument ? Si l’Iran obtient gain de cause, d’autres nations stratégiques pourraient suivre le mouvement.

  • le détroit de Malacca (Singapour), poumon du commerce vers l’Asie ;
  • le détroit du Bosphore (Turquie), porte d’entrée de la mer Noire.

Si ces points de passage vitaux deviennent des postes de douane nationaux, le principe de la « libre circulation dans les eaux internationales » — socle de la mondialisation depuis 1945 — volerait en éclats. Ormuz apparaît ainsi comme une clé de voûte de la mondialisation.

Une trêve sur le fil du rasoir

Cette polémique intervient alors que le Moyen-Orient respire à peine après quarante jours de conflit direct entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Si le cessez-le-feu de deux semaines tient pour l’instant, la question du détroit d’Ormuz reste le principal point de blocage. Téhéran, affaibli par les sanctions mais conscient de son pouvoir de nuisance, utilise ce levier comme une assurance stratégique pour sa reconstruction.

De son côté, Washington maintient une position ferme en refusant tout péage, mais la « modération » des critiques des compagnies pétrolières envers la Maison-Blanche suggère que des négociations en coulisses sont en cours. Les discussions officielles entre Washington et Téhéran ont débuté ce 10 avril à Islamabad, sous médiation pakistanaise, pour tenter de transformer la trêve en accord durable.

L’enjeu est de taille : éviter une nouvelle escalade militaire sans pour autant céder les clés de l’économie mondiale aux Gardiens de la révolution iranienne.

Vers une nouvelle architecture du commerce maritime ?

Alors que les navires attendent encore des garanties de sécurité suffisantes pour reprendre leurs rotations régulières, une question demeure : le monde est-il prêt à payer le prix de la paix au détroit d’Ormuz ?

Si Téhéran parvient à monétiser sa position géographique, c’est toute la géopolitique des flux qui devra être repensée, au risque de voir émerger de nouveaux foyers de tension aux quatre coins du globe.

Togo : Mgr Isaac Jogues Gaglo nommé archevêque de Lomé

                               Après une vacance du siège qui a tenu le Togo en haleine pendant près de deux ans, le Saint-Siège a désigné Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo pour succéder au regretté Mgr Barrigah-Bénissan. Un choix de continuité qui place cet homme de terrain face aux mutations profondes de la société togolaise.

Le suspense, qui pesait sur la cathédrale du Sacré-Cœur de Jésus comme une chape de plomb, s’est enfin dissipé. Depuis le décès brutal de Mgr Nicodème Barrigah-Bénissan en août 2024, l’archidiocèse de Lomé vivait dans une attente quasi mystique. Ce 10 avril 2026, l’annonce est tombée : Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo n’est plus seulement celui qui « garde la maison », il en devient désormais le garant moral. Ainsi, de gardien, il devient bâtisseur.

 

 

L’onction de la persévérance

L’histoire retiendra que le timing de Rome relève d’une véritable maîtrise de la mise en scène ecclésiale. La nouvelle a fuité au lendemain d’une assemblée diocésaine massive, convoquée par l’intéressé lui-même sous les voûtes de la cathédrale de Lomé. En effet, si beaucoup voyaient dans cette réunion un simple bilan administratif, elle constituait en réalité le prélude à un nouveau chapitre.

Pendant vingt mois, Mgr Gaglo a porté le titre d’administrateur apostolique. Dans ce rôle de « gestionnaire des affaires courantes », il a su naviguer avec prudence, évitant les écueils de la précipitation tout en maintenant le cap pastoral. Cette période de transition, souvent perçue comme une épreuve de patience pour les fidèles, a été pour lui un véritable test validé par la Curie romaine.

 

Un pasteur de proximité au profil de médiateur

Qui est donc cet homme à qui incombe désormais la direction de la province ecclésiastique la plus influente du pays ? Mgr Isaac Jogues Kodjo Gaglo n’est pas un théoricien enfermé dans sa tour d’ivoire. Son parcours au sein de l’appareil clérical togolais dessine le profil d’un homme de terrain.

Reconnu pour sa grande capacité d’écoute, il incarne cette Église « aux chaussures crottées », chère au pape François. Ses collaborateurs le décrivent comme un travailleur rigoureux, dont la porte reste toujours ouverte. Cette simplicité pourrait être son principal atout pour apaiser les cœurs après le traumatisme causé par la disparition de son prédécesseur, figure intellectuelle et diplomatique majeure du Togo.

 

Les chantiers d’un épiscopat sous pression

Cependant, la tâche qui l’attend est considérable. Mgr Gaglo ne s’installe pas sur un trône de repos, mais sur un siège de responsabilités multiples :

  • L’héritage social : il reprendra le flambeau du dialogue interreligieux et de l’engagement citoyen, des domaines dans lesquels excellait Mgr Barrigah ;
  • La modernisation institutionnelle : l’Église togolaise fait face aux défis de son temps. Ainsi, la gestion de la présence numérique, la transparence financière et la lutte contre les abus au sein de l’institution sont des enjeux incontournables ;
  • La cohésion diocésaine : Lomé est une mosaïque de sensibilités. Le prélat devra fédérer des laïcs de plus en plus exigeants quant à leur rôle dans la cité, tout en soutenant les vocations sacerdotales.

 

Un nouveau souffle pour l’Église togolaise

La cérémonie d’installation, dont la date sera prochainement fixée, promet d’être un grand moment de rassemblement, placé sous le signe de la réconciliation et de l’espoir. Entre les murs de la cathédrale du Sacré-Cœur, autorités civiles, militaires et dignitaires du Saint-Siège entoureront celui qui devra désormais transformer son expérience d’administrateur en un magistère porteur de vision.

Dans un pays où la voix de l’archevêque de Lomé reste l’une des plus écoutées, bien au-delà des cercles catholiques, la mission s’annonce déterminante. Dans un contexte de mutations sociopolitiques complexes, Mgr Gaglo saura-t-il imprimer sa propre marque, sans rester dans l’ombre de ses prédécesseurs ?

Au fond, tout l’enjeu réside là : sa capacité à transformer cette continuité en une véritable « révolution de la proximité » déterminera sans doute le succès de son mandat à la tête de l’Église catholique à Lomé.

Université de Lomé : la médecine traditionnelle au cœur du débat sur la santé publique

                       Le Togo peut-il bâtir un système de soins performant sans ses racines ? La question a électrisé l’auditorium de l’Université de Lomé ce jeudi 9 avril 2026. En marge du colloque international « Genre et développement », une conférence de haut niveau a mis en lumière la médecine traditionnelle comme un pilier stratégique de la santé publique et de l’équité.

 

Le genre, boussole d’une médecine authentique

Sous l’impulsion du Maître de Conférences Koffi Koudouvo, le débat a pris une dimension inédite. Ici, on ne parle pas seulement de plantes, mais de l’influence capitale des femmes et des dynamiques sociales dans la transmission des remèdes.

Le Dr Koudouvo démontre que la valorisation de ces connaissances locales constitue un levier de développement massif, à condition d’inclure une analyse fine des rapports de genre. Cette approche rejoint les recommandations internationales, notamment celles de l’OMS, qui encourage l’intégration des médecines traditionnelles dans les systèmes de santé modernes.

Pour modérer ce dialogue entre tradition et modernité, le professeur Komlan Batawila a orchestré les échanges avec le soutien de Mme Caroline Akatcha. Dans l’assistance, le poids institutionnel de l’événement se fait sentir par la présence de la professeure Akossiwoa Madjé Essi Quashie, secrétaire générale de l’institution, entourée de doyens et d’experts médicaux. La diversité des participants – doyens de faculté, enseignants-chercheurs et spécialistes de la santé – a renforcé aussi la légitimité scientifique et institutionnelle de la rencontre.

 

Colloque scientifique : vers une alliance entre laboratoire et savoirs endogènes

L’enjeu de cette journée dépasse le simple hommage culturel. Les rapporteurs de la séance, les docteurs Efoué Holaly Gbekley et Kodjo Adi, ont constaté une convergence de vues : l’intégration des savoirs traditionnels dans les politiques publiques est une urgence. Cette urgence est d’autant plus palpable que, dans la réalité quotidienne, une majorité de Togolais recourent déjà à la médecine traditionnelle, souvent faute d’accès aux soins modernes.

L’analyse scientifique proposée par le Dr Koudouvo suggère que la médecine de demain au Togo sera hybride. Ainsi, elle doit marier la rigueur de la recherche moderne avec l’efficacité des pratiques ancestrales. Cette approche inclusive permet de mieux structurer l’offre de soins tout en garantissant un système plus accessible aux populations.

Véritable moment fort du colloque, cette conférence s’est distinguée par la richesse de ses échanges et la pertinence des analyses proposées, ouvrant aussi des pistes de réflexion essentielles pour une meilleure structuration du système de santé.

 

Une reconnaissance institutionnelle attendue

Les débats interactifs avec le public ont soulevé des interrogations légitimes sur la certification et la sécurité des remèdes. Pour les enseignants-chercheurs présents, la science doit servir de pont. Cependant , l’objectif final reste la reconnaissance formelle des thérapeutes traditionnels pour qu’ils deviennent des acteurs à part entière du développement durable et de la stabilité sanitaire nationale.

Le rôle des femmes, principales gardiennes de ces savoirs, apparaît ici comme un enjeu central : leur reconnaissance institutionnelle renforcerait à la fois l’équité et la souveraineté sanitaire. Les échanges interactifs ont a permis de croiser les expériences et d’interroger les pratiques, soulignant ainsi la nécessité d’une reconnaissance accrue des savoirs endogènes dans une perspective de développement inclusif et durable.

 

La fin d’un complexe ?

Longtemps conservée dans l’ombre ou perçue comme un recours de second rang, la médecine traditionnelle gagne ses lettres de noblesse dans les amphis de Lomé. Cette volonté de rationaliser les savoirs ancestraux marque une volonté farouche de souveraineté.

Cependant, le Togo saura-t-il transformer ces réflexions académiques en un cadre juridique solide ? Le défi reste de protéger cette propriété intellectuelle endogène face à l’industrie pharmaceutique mondiale tout en assurant la sécurité des patients. La médecine traditionnelle, longtemps reléguée à l’ombre, pourrait demain devenir l’un des piliers de la souveraineté sanitaire du Togo.

L’Université de Lomé lance le projet STELLA pour l’employabilité

 

Une nouvelle ère s’ouvre pour l’École polytechnique de Lomé (EPL). Ce jeudi 9 avril 2026, les autorités universitaires et gouvernementales ont donné le coup d’envoi officiel du projet STELLA. Ce programme ambitieux mise sur la science et la technologie pour propulser le Togo au rang de hub d’innovation régionale.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une alliance stratégique entre Lomé et le Luxembourg

Le projet STELLA, acronyme de Science, Technologie et Éducation pour le Leadership depuis Lomé pour l’Afrique, scelle un partenariat solide entre le Togo et le Grand-Duché de Luxembourg. Dans l’enceinte du CERSA, l’ambiance était aux grandes annonces. Pour les décideurs, l’enjeu est de bâtir un pont direct entre l’amphithéâtre et l’entreprise.

Grâce à cet appui international, l’enseignement supérieur technologique togolais entame une mue profonde. Le programme vise deux objectifs majeurs : la refonte des capacités de l’École polytechnique et la formation d’une main-d’œuvre capable de répondre aux défis complexes du marché moderne. Ce concept illustre aussi la volonté du Togo de s’inscrire dans une dynamique régionale, en connectant ses talents locaux aux standards internationaux de l’innovation.

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Un arsenal pour l’employabilité des jeunes

Le projet STELLA ne se contente pas de promesses. Il s’attaque directement aux racines du chômage des diplômés à travers quatre piliers : excellence pédagogique, renouveau matériel, gouvernance optimisée et accès à l’emploi. Ces axes stratégiques sont en effet une réponse directe aux attentes des étudiants et des familles, qui voient dans l’université un tremplin vers un avenir professionnel durable. Le projet se positionne ainsi comme un levier pour l’innovation, l’employabilité et la transformation économique du pays.

Université de Lomé
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Un parterre de décideurs pour un projet phare

La salle de conférence du CERSA a fait le plein de personnalités pour cet événement. On notait la présence du ministre de l’Éducation nationale, M. Mama Omorou, et du Prof. Gado Tchangbedji, ministre délégué à l’Enseignement supérieur. Le monde universitaire était également fortement représenté, avec le Prof. Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé, accompagné de ses homologues de l’Université de Kara et de l’EPL.

Mme Louisa Ben Abdelhafidh, représentante de la diplomatie luxembourgeoise, a, dans son intervention, réaffirmé le soutien de son pays à cette transformation, qui fait du Togo un véritable levier d’innovation sur le continent. Cette présence diplomatique souligne aussi que STELLA dépasse les frontières nationales pour être un projet africain porté depuis Lomé, mais pensé pour rayonner au-delà.

À leurs côtés figuraient également le 1ᵉʳ vice-président de l’Université de Lomé, le Prof. Komlan Batawila, le directeur de l’EPL, le Prof. Kondo Hloindo Adjallah, et son adjoint, le Dr Tchamye Boroze, ainsi que des partenaires techniques et financiers et de nombreux acteurs du secteur privé. Cette diversité d’acteurs traduit une mobilisation collective autour de STELLA.

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La science, moteur du nouveau Togo ?

Grâce au projet STELLA, l’Université de Lomé ne délivrera plus seulement des diplômes, mais formera des leaders capables de piloter la transformation économique nationale. Et cela constitue un pari audacieux sur l’intelligence locale.

Toutefois, une question demeure : le secteur privé togolais est-il prêt à absorber cette future élite technologique, ou ces cerveaux formés à grands frais finiront-ils par s’expatrier vers des pays plus compétitifs ? L’ascension de STELLA se mesurera non seulement au nombre de brevets déposés et de startups créées, mais aussi à la capacité du Togo à retenir ses talents et à transformer la recherche en emplois concrets.

Lomé accueille la 17ᵉ conférence des Présidents des Assemblées Francophones

                                                Le rideau s’est levé, mercredi 8 avril, dans la capitale togolaise, sur la 17ᵉ conférence des présidents des Assemblées de la région Afrique de l’APF. Plus qu’une simple réunion protocolaire, ce rendez-vous de haut niveau positionne le Togo comme le pivot d’une réflexion approfondie sur la stabilité géopolitique et la souveraineté africaine.

 

Un front uni contre les crises globales

Sous les dorures de la représentation nationale, l’ambiance est au sérieux. Le message porté par les délégations est clair : l’isolement n’est plus une option. Pour Hilarion Etong, président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), la coopération entre les élus constitue l’unique rempart face aux tempêtes contemporaines. Qu’il s’agisse de l’urgence climatique, des menaces sanitaires ou des fractures sociales, le patron de l’APF insiste sur le partage des « bonnes pratiques législatives » afin de porter la voix des peuples plus haut et plus fort.

La diversité des délégations venues du Bénin, de la Centrafrique, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Mauritanie, de la RDC, du Sénégal et du Tchad, ainsi que des représentants du Gabon et du Ghana, illustre la vitalité d’une francophonie parlementaire en quête de solutions face aux crises globales.

Ainsi, cette conférence traduit une volonté de faire de la diplomatie parlementaire un véritable instrument de résilience face aux crises contemporaines.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Le Togo, laboratoire de l’influence interparlementaire

En accueillant cette session, qui s’achève demain, le Togo rappelle son statut de membre pionnier depuis 1967. Le professeur Komi Selom Klassou, président de l’Assemblée nationale togolaise, a d’ailleurs martelé la nécessité de transformer cette plateforme. Loin d’être un simple club de discussion, l’APF doit, selon lui, devenir un véritable levier d’influence capable d’orienter les grandes mutations du continent, notamment face à l’irruption de l’intelligence artificielle et aux impératifs de sécurité.

De son côté, l’honorable Germaine Kouméalo Anaté a salué cette mobilisation exceptionnelle. Pour elle, l’enjeu dépasse les discours : il s’agit de bâtir un « parlementarisme de solutions », capable de répondre concrètement à la soif de prospérité des citoyens de l’espace francophone.

Les interventions des présidents d’Assemblées ont renforcé cette dynamique : Joseph Djogbénou (Bénin) a insisté sur la solidarité indissociable entre le Togo et le Bénin ; Simplice Sarandji (Centrafrique) a rappelé la contribution des Togolais à la MINUSCA et la création d’un groupe d’amitié interparlementaire ; Patrick Achi (Côte d’Ivoire) a souligné la densité des échanges politiques et économiques, avec plus de 190 milliards de francs CFA en 2025.

En effet, l’accueil de cette conférence par Lomé confirme la volonté du Togo de se positionner comme un hub parlementaire régional, où les débats dépassent le protocole pour devenir de véritables leviers d’action.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

La souveraineté au cœur des débats

L’agenda de ces quarante-huit heures est dense. Les élus planchent notamment sur :

  • l’actualité sécuritaire et électorale, un point crucial dans une zone marquée par des transitions parfois tumultueuses ;
  • la 32ᵉ Assemblée régionale Afrique, avec en ligne de mire une réflexion sur le rôle des parlements dans l’équilibre géopolitique mondial ;
  • la souveraineté économique, une thématique chère au Togo qui, sous la vision de Faure Essozimna Gnassingbé, prône un renforcement des institutions pour garantir une paix durable.

Les autres interventions ont élargi la portée des débats : Dansa Kourouma (Guinée) a évoqué une « communauté de destin » francophone ; Aimé Boji Sangara (RDC) a salué le rôle du Togo comme facilitateur dans le conflit RDC–Rwanda ; Mohamed Bamba Meguett (Mauritanie) a rappelé les défis sécuritaires et climatiques au Sahel ; Ali Kolotou Tchaïmi (Tchad) a souligné la solidarité historique entre les deux pays.

Or, ces thématiques ne sont pas abstraites : elles touchent directement les citoyens, qui attendent des parlements des réponses concrètes aux défis de sécurité, de prospérité et de stabilité.

Assemblée Nationale Togolaise
© Assemblée Nationale Togolaise

Le Parlement, dernier rempart ?

Ce sommet de Lomé intervient à un moment où la légitimité des institutions est parfois remise en question par les populations. En mettant l’accent sur la « diplomatie parlementaire », les dirigeants de l’APF tentent de démontrer que les lois ne sont pas que des textes, mais de véritables boucliers contre l’instabilité. Reste à savoir si ces résolutions seront suivies d’effets dans les politiques publiques nationales.

Finalement, cette conférence incarne une souveraineté parlementaire en construction, où Lomé devient le théâtre d’une Afrique francophone désireuse de peser davantage dans les décisions mondiales, en s’appuyant sur une solidarité historique et des partenariats économiques concrets.

Assainissement à Lomé : opération coup de poing à Adétikopé

                                                La pression monte sur le front de l’assainissement dans la capitale togolaise. Ce jeudi 9 avril 2026, les engins et les équipes de terrain s’activent dans la commune d’Agoè-Nyivé 6. L’objectif est de désengorger les réseaux d’évacuation pour épargner aux riverains le calvaire des eaux stagnantes.

Commune Agoè -Nyivé 6
© Commune Agoè -Nyivé 6

Une technique offensive sur la Route Nationale 1

Le décor est planté sur l’axe stratégique de la RN1. L’entreprise MELIO GROUPE SERVICE INTERNATIONAL (MGSI) mène actuellement une opération coup de poing. Sous le regard vigilant des techniciens, les ouvriers extraient des tonnes de sédiments et de déchets qui obstruent les caniveaux.

Cette intervention ne doit rien au hasard. Elle répond à une nécessité absolue de salubrité publique alors que le Grand Lomé panse encore les drames des récentes crues. En effet, les inondations passées ont rappelé avec force la vulnérabilité des quartiers périphériques, justifiant l’urgence de ces opérations. En libérant ces artères souterraines, la municipalité espère fluidifier le passage des eaux de ruissellement et assainir durablement le cadre de vie à Adétikopé.

Commune Agoè -Nyivé 6
© Commune Agoè -Nyivé 6

La réponse politique face au péril des eaux

Ce déploiement de force s’inscrit dans une impulsion qui vient du sommet de l’État. Sous l’égide du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, une stratégie de réaction rapide voit le jour. L’idée-force : ne plus subir la météo, mais anticiper.

Pour mener à bien cette mission, l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC) apporte son expertise technique. Le Maire de la commune, Monsieur Songoi Kézié, salue d’ailleurs cet engagement présidentiel qui permet aux communes périphériques de bénéficier de moyens conséquents pour transformer leur environnement quotidien. Ainsi, cette opération traduit une volonté politique de protéger les citoyens et de renforcer la résilience urbaine face aux intempéries.

Commune Agoè -Nyivé 6
© Commune Agoè -Nyivé 6

Un contrôle rigoureux pour des résultats durables

Loin d’être une simple opération de façade, ce chantier bénéficie d’une surveillance étroite. La division technique de la mairie d’Adétikopé inspecte chaque section nettoyée. Cette rigueur garantit que les prestations de l’entreprise MGSI respectent les normes de qualité afin d’éviter un éternel recommencement dès les sept revers.

Au-delà de la technique, l’impact attendu est concret pour les riverains : une meilleure mobilité, une réduction des risques sanitaires et une sécurité accrue. À travers ce chantier, Agoè-Nyivé 6 se veut le laboratoire d’une ville plus propre et plus sûre, en totale adéquation avec la feuille de route nationale sur le développement urbain.

Commune Agoè -Nyivé 6
© Commune Agoè -Nyivé 6

Au-delà du curage, le défi du civisme ?

Si ces travaux d’urgence soulagent temporairement les quartiers d’Adétikopé, ils posent une question de fond : celle de la gestion des déchets ménagers par les citoyens eux-mêmes. Le curage des caniveaux reste un effort financier colossal et cyclique tant que les collecteurs d’eau serviront de dépotoirs sauvages.

Dès lors, la réussite de cette stratégie dépendra aussi d’une véritable police de l’environnement et d’une sensibilisation citoyenne durable.

En somme, cette opération dépasse le simple curage des caniveaux : elle incarne une volonté politique et citoyenne de bâtir une capitale résiliente. Entre technique et civisme, Lomé trace les contours d’une ville capable d’anticiper les intempéries et de transformer chaque chantier en levier de salubrité durable.

Faure Gnassingbé et Patrick Achi renforcent la fraternité ivoiro‑togolaise

                              Le palais de la Présidence à Lomé a vibré mercredi 8 avril 2026 au rythme de la fraternité ivoiro-togolaise. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a échangé avec l’Honorable Patrick Achi. Cette rencontre marque une étape clé dans la consolidation des alliances stratégiques en Afrique de l’Ouest.

 

Une présence symbolique à l’Assemblée nationale

L’ancien Premier ministre et actuel Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Patrick Achi, se trouve dans le cadre du lancement solennel de la première session ordinaire de l’année du Parlement togolais. Ce déplacement souligne la vitalité des échanges entre les institutions législatives des deux nations.

À l’issue de son audience, l’émissaire ivoirien a exprimé sa gratitude envers le chef de l’État togolais. Il a également saisi cette occasion pour transmettre les amitiés chaleureuses du Président Alassane Ouattara à son homologue.

Par ailleurs, la présence de Patrick Achi au Parlement togolais illustre une nouvelle dynamique institutionnelle : la diplomatie régionale ne passe plus uniquement par les sommets présidentiels, mais aussi par une collaboration directe entre les élus du peuple.

 

Un socle historique pour des défis contemporains

D’ailleurs, cet entretien met en lumière la profondeur des liens qui unissent Lomé et Abidjan. Les deux pays partagent une vision commune au sein des organisations régionales et continentales. Ce tête-à-tête a permis de réaffirmer des engagements mutuels sur plusieurs fronts :

  • L’intégration économique : accélérer les échanges pour une prospérité mieux partagée.
  • La sécurité collective : coordonner les efforts pour freiner l’expansion de l’extrémisme violent et du terrorisme dans la sous-région.
  • La paix sociale : promouvoir l’entente et la libre circulation des peuples au sein de l’espace communautaire.

En effet, ces engagements ne concernent pas seulement les institutions : ils touchent directement les citoyens, qui attendent une libre circulation plus fluide, des opportunités économiques renforcées et une sécurité collective accrue.

 

Une unité d’action face aux menaces

Pour les deux États, l’enjeu consiste à transformer ces relations historiques en un bouclier efficace contre l’instabilité. En s’unissant, le Togo et la Côte d’Ivoire entendent peser davantage dans les décisions stratégiques au niveau de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Cette audience prouve que la solidarité entre voisins reste le meilleur rempart face aux crises qui secouent la zone ouest-africaine.

Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, cette fraternité politique est un levier stratégique pour l’Afrique de l’Ouest.

 

Vers un leadership parlementaire renforcé ?

La présence de Patrick Achi à l’ouverture de la session parlementaire togolaise montre une dynamique de gouvernance qui passe par la collaboration directe entre les élus du peuple.

Si cette nouvelle dynamique entre Lomé et Abidjan est correctement gérée, elle ouvrira la voie à de nouveaux accords en faveur des citoyens des deux nations.

En définitive, cette audience incarne une fraternité politique qui, au fur et à mesure, se transforme en levier stratégique pour l’Afrique de l’Ouest. Entre Lomé et Abidjan, l’unité d’action devient un socle pour affronter les défis sécuritaires et économiques de la sous-région.

Le Togo et la BID renforcent leur partenariat pour l’enseignement supérieur

                  À Lomé, l’heure est au bilan et à l’accélération pour l’enseignement supérieur. Le ministre délégué, Prof. Gado Tchangbedji, a accordé une audience stratégique à une délégation de la Banque Islamique de Développement (BID). Au cœur des échanges : l’avenir des filières scientifiques et l’optimisation du projet PARESI.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

Un nouveau souffle pour le portefeuille togolais

Ce n’est pas une simple visite de courtoisie. En recevant le directeur régional de la BID, Dr Nabil Ghalleb, le gouvernement togolais marque sa volonté de dynamiser ses accords financiers. Cette rencontre a d’abord servi de cadre officiel pour introduire la nouvelle équipe de gestionnaires désormais aux manettes du portefeuille Togo.

En effet, la BID accompagne le Togo depuis plusieurs années dans des projets éducatifs et d’infrastructures. Ce partenariat ancien prend aujourd’hui une intensité nouvelle, car Lomé souhaite une exécution plus fluide des fonds pour garantir des résultats concrets sur le terrain académique.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

PARESI : le levier de la transformation scientifique

Le dossier brûlant sur la table reste le Projet d’Appui à la mise en œuvre de la Réforme de l’Enseignement supérieur en Sciences et Ingénieries (PARESI). Ce programme ambitieux vise à recalibrer les universités publiques pour qu’elles produisent des ingénieurs et des chercheurs immédiatement opérationnels sur le marché de l’emploi.

Durant l’entretien, les deux parties ont passé au crible les étapes franchies :

  • Les progrès : une meilleure structuration des maquettes pédagogiques.
  • Les obstacles : des défis logistiques et administratifs qui ralentissent encore certains chantiers.
  • Les solutions : une feuille de route réajustée pour répondre aux standards de modernisation fixés par l’État.

Ainsi, le PARESI ne se limite pas à une réforme académique : il ambitionne de transformer les campus togolais en pôles régionaux d’innovation, capables de rivaliser avec les standards internationaux et de répondre aux besoins du marché ouest-africain.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

Un partenariat politique et stratégique

Le Prof. Gado Tchangbedji a profité de cette tribune pour transmettre la reconnaissance des plus hautes autorités togolaises. Pour le ministre, la BID ne se comporte pas comme un simple bailleur de fonds, mais comme un allié de premier plan dans la quête d’excellence du système éducatif national.

Par ailleurs, cette alliance dépasse le cadre financier : elle traduit une vision partagée d’un Togo qui veut se positionner comme hub éducatif en Afrique de l’Ouest, en faisant de l’enseignement supérieur un levier de souveraineté et de compétitivité régionale.

En clair, l’objectif est de transformer les campus en véritables pôles d’innovation technologique grâce à cet appui financier et technique.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

Vers une université 2.0 ?

Si le soutien de la BID est un signal fort, la réussite de cette réforme repose désormais sur la capacité du Togo à absorber ces investissements. Le pays réussira-t-il à faire de ses universités le moteur de son industrie ? La réponse dépendra de la célérité avec laquelle les recommandations du PARESI quitteront les bureaux ministériels pour s’incarner dans les laboratoires de Lomé et de Kara.

En définitive, campus aujourd’hui, pôles d’innovation demain ? Le PARESI pourrait bien devenir l’étendard d’une université africaine réinventée, où la science et la technologie deviennent les piliers d’une souveraineté durable.

 

Francophonie : Juliana Lumumba en campagne à Lomé

                          Le palais de la Présidence à Lomé est devenu, mardi 7 avril 2026, le théâtre d’une offensive diplomatique. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu une délégation de haut rang venue de Kinshasa. À sa tête, Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué chargé des Affaires étrangères de la République Démocratique du Congo (RDC), porteur d’un message personnel de Félix-Antoine Tshisekedi. L’enjeu est de taille : le contrôle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

 

Le nom Lumumba au service d’une nouvelle vision

Pour succéder à l’actuelle direction, la RDC mise sur un symbole puissant de l’histoire africaine : Juliana Amato Lumumba. La fille du héros de l’indépendance congolaise n’est pas venue à Lomé en simple visiteuse. Elle porte un projet de rupture pour une institution souvent jugée trop éloignée des réalités du Sud.

Ainsi, face au chef de l’État togolais, la candidate a exposé sa feuille de route pour une Francophonie plus « inclusive ». Pour Kinshasa, il ne s’agit plus seulement de partager une langue, mais de transformer cet espace en un véritable levier de développement et de solidarité politique. Or, en sollicitant le Togo, la RDC mise sur les liens historiques profonds et la diplomatie pragmatique de Lomé pour rallier l’Afrique de l’Ouest à sa cause.

Juliana Lumumba incarne plus qu’une candidature : elle porte l’héritage d’un nom devenu étendard de souveraineté africaine. Son parcours, marqué par l’engagement culturel et la mémoire de son père Patrice Lumumba, confère à sa démarche une dimension symbolique qui dépasse le simple enjeu institutionnel.

Présidence du Conseil
© Présidence du Conseil

Un poste au cœur de l’échiquier mondial

Le fauteuil de Secrétaire général de l’OIF n’est pas qu’une fonction honorifique. Véritable chef d’orchestre de la galaxie francophone, le titulaire pilote l’action politique globale de l’organisation, préside le Conseil permanent (CPF) et représente l’institution auprès des chefs d’État lors des grands sommets.

En effet, élu pour quatre ans, le futur Secrétaire général devra naviguer entre les crises sécuritaires au Sahel et les enjeux climatiques qui touchent le bassin du Congo. Le soutien du Togo, acteur pivot des médiations régionales, pourrait s’avérer décisif lors du prochain vote des chefs d’État et de gouvernement. De ce fait, la position de Lomé est scrutée avec attention par les chancelleries francophones, car elle illustre la capacité du pays à peser dans les équilibres mondiaux.

 

Lomé et Kinshasa : au-delà de la diplomatie de salon

Si la Francophonie a dominé les échanges, l’audience a également permis de poser les jalons d’un renforcement de la coopération bilatérale. Les deux délégations ont exploré des mécanismes concrets pour densifier les relations d’amitié entre Lomé et Kinshasa, notamment sur les plans économique et sécuritaire.

Par ailleurs, cette rencontre souligne une fois de plus le rôle de carrefour diplomatique que le Togo entend jouer sur le continent. En se positionnant comme médiateur et partenaire fiable, Lomé cherche à consolider son image de capitale diplomatique africaine.

Alors que la course à l’OIF s’accélère, une question demeure : le patronyme Lumumba, synonyme de souveraineté et de dignité africaine, suffira-t-il à convaincre l’ensemble des membres de l’espace francophone de confier les clés de la Maison de la Francophonie à la RDC ?

En définitive, la Maison de la Francophonie attend son nouveau gardien : sera-t-elle confiée à l’héritière d’un nom devenu étendard de souveraineté africaine, ou à une autre vision du monde francophone ? Entre héritage et stratégie, l’Afrique francophone joue une partie décisive sur l’échiquier mondial.

 

AGOÈ-NYIVÉ 1 : l’héritage « SMART CITY » au défi de l’ère Aguze Akossiwa

Dans les rues poussiéreuses mais bouillonnantes d’Agoè-Nyivé 1, le nom de Kovi Adanbounou résonne encore comme celui d’un bâtisseur aux ambitions numériques. Quelques mois après le passage de témoin, sa successeure, Mme Aguze Akossiwa, hérite d’une commune aux attentes colossales. Entre espoir de modernité et crainte d’enlisement, les administrés de cette « cité-dortoir » devenue centre névralgique scrutent chaque geste de la nouvelle édile.

Le rêve à 14 milliards : une ambition en suspens ?

En février 2023, le conseil municipal marquait l’histoire locale en adoptant un Plan de Développement Communal (PDC) audacieux. L’objectif affiché : mobiliser plus de 14 milliards de FCFA sur cinq ans pour transformer Agoè-Nyivé 1 en une « Smart City ». Ce projet ne se limitait pas à des slogans publicitaires. Il prévoyait également des infrastructures concrètes comme un centre sportif moderne, un bloc de pédiatrie crucial pour la santé publique, et l’aménagement stratégique de la voie Assiyéyé-CCL.

Si Kovi Adanbounou a pu inaugurer plusieurs chantiers avant son départ, l’essentiel du programme reste à bâtir. Aujourd’hui, les populations se demandent si les complexes industriels et commerciaux promis sortiront de terre. Car, au-delà du béton, c’est l’attractivité économique de la zone qui se joue. Mme Aguze Akossiwa, qui a déjà lancé une série de consultations locales, devra aussi prouver que ce rêve à 14 milliards n’était pas seulement celui de son prédécesseur.

La continuité de l’État : le test de confiance pour Aguze Akossiwa

La nouvelle maire se retrouve face à un défi de taille : rassurer les partenaires financiers. L’ancien maire avait réussi à séduire des opérateurs économiques locaux et des groupes financiers internationaux. Pour les habitants, la question n’est plus de savoir qui dirige, mais si la parole donnée par l’institution municipale sera respectée.

« Nous attendons de voir si l’assainissement du bassin de Houmbi reste une priorité ou si les dossiers dorment dans les tiroirs », confie un leader communautaire local. Le principe de continuité de l’action publique impose à Mme Aguze Akossiwa de reprendre le flambeau sans casser l’élan de modernisation. Le silence relatif de la nouvelle équipe sur ces projets structurants alimente les conversations dans les marchés et les bureaux, même si la maire a récemment promis de « maintenir le cap » lors d’une rencontre avec les associations de quartier.

Une gouvernance sous haute surveillance

Pour réussir son mandat, l’édile doit prouver qu’elle possède la même capacité de mobilisation que son prédécesseur. Les défis de drainage et de voirie urbaine ne peuvent attendre. Agoè-Nyivé 1 ne veut plus seulement être une banlieue où l’on dort, mais une ville intelligente où l’on produit et où l’on vit dignement. Le pari de la « Smart City » n’est pas qu’une question de technologie, c’est avant tout un contrat social entre la mairie et ses citoyens.

 

Vers un nouvel élan ou une rupture de style ?

Si le Plan de Développement Communal trace une route claire, la méthode Aguze Akossiwa reste encore à définir. La mairie saura-t-elle maintenir la confiance des bailleurs de fonds internationaux tout en répondant à l’urgence sociale de ses administrés ? Les prochains mois seront décisifs : ils diront si la « Smart City » d’Agoè-Nyivé 1 était l’ambition d’un homme ou celle, durable, d’une institution entière.

Entre héritage et innovation, Mme Aguze Akossiwa incarne désormais le contrat social d’une commune en quête de dignité urbaine. Comme un rituel civique, chaque décision sera scrutée : promesse tenue ou rêve suspendu.