Lille : Manifestation des pompiers du Nord contre le manque de moyens

Plus de 600 sapeurs-pompiers ont manifesté ce 29 janvier 2026 dans les rues de la capitale des Flandres(Lille). Entre sous-effectif chronique et déficit budgétaire, le mouvement souligne l’épuisement d’un modèle de secours sous tension permanente.

 

Le périphérique de Lille a pris, ce jeudi, des airs de bastion en flammes. Sous une épaisse fumée noire issue de pneus et de palettes incendiés, plus de 600 sapeurs-pompiers ont paralysé les principaux axes de la métropole. Ce n’était pas un exercice, mais l’expression d’une colère qui couve depuis de longs mois au sein du service départemental d’incendie et de secours du Nord (SDIS 59).

Au cœur de la contestation : une équation mathématique jugée impossible par les syndicats. Le département fait face à 162 postes vacants, alors même que les missions de secours à la personne ne cessent d’augmenter. « Le compte n’y est plus », déplore un manifestant, pointant du doigt un déficit budgétaire de 7 millions d’euros (4,59 milliards de francs CFA) qui plombe le fonctionnement de la structure.

Aurélien Le Coq
© Aurélien Le Coq

Un quotidien à « 256 heures par mois »

Derrière les sirènes, les chiffres définissent une réalité sociale brutale. En effet, de nombreux agents font état de temps de travail écrasants, pouvant atteindre 256 heures par mois, pour un salaire de base qui stagne aux alentours de 1 607 euros net (1 054 778 francs CFA). Un paradoxe pour une profession dont l’exposition aux risques est constante et dont les sollicitations explosent, palliant souvent les déserts médicaux et les carences des services de santé.

« Nous sommes au bout du rouleau », résume un officier de garde. Cette lassitude physique et morale se double d’un sentiment de déclassement financier, alors que l’inflation fragilise aussi les bas salaires de la fonction publique territoriale.

Aurélien Le Coq
© Aurélien Le Coq

Une fraternité d’armes inhabituelle

Le moment le plus saisissant de la journée s’est déroulé lors de la progression du cortège vers la préfecture. En fait, dans un climat social souvent marqué par les tensions entre manifestants et forces de l’ordre, les policiers chargés de l’encadrement ont laissé passer leurs collègues du feu sous les applaudissements nourris.

Ce geste de solidarité, rare et symbolique, témoigne aussi d’une communauté de destin entre des professions confrontées aux mêmes maux : manque de reconnaissance, dégradation des conditions de travail et sentiment d’abandon de la part des pouvoirs publics. En fin de journée, la délégation attendait d’être reçue par les représentants de l’État, avec une exigence claire : des actes budgétaires concrets pour éviter que le service de secours du département le plus peuplé de France ne finisse aussi par s’asphyxier.

Togo : Le médecin-colonel Gumedzoe prend la tête de la santé des armées

Le médecin-colonel Gumedzoe a pris ses fonctions de directeur central le 27 janvier à Lomé. Cette transition à la tête du pôle médical militaire intervient alors que les forces armées togolaises sont engagées sur plusieurs fronts de sécurisation.

 

L’Hôpital des armées, niché au cœur de l’enceinte de la gendarmerie nationale à Lomé, a servi de cadre, mardi , à un rite immuable de la vie militaire : la passation de commandement. Sous le regard du général de brigade Dimini Allahare, chef d’état-major général des forces armées togolaises (FAT), le médecin-colonel Dzidzogbé Kokou Eric Gumedzoe a officiellement pris les rênes de la Direction centrale du service de santé des armées (DCSSA).

Ce changement de direction, acte par un arrêté ministériel daté du 22 janvier, ne se réduit pas à une simple formalité administrative. Il marque une étape clé pour une institution dont le rôle devient névralgique à mesure que le pays renforce son dispositif de défense, notamment dans sa partie septentrionale.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo

L’impératif de la performance opérationnelle

Le directeur sortant, le médecin-colonel Komi Agba, a quitté ses fonctions en adressant ses hommages au président Faure Gnassingbé, chef suprême des armées, tout en saluant le « rayonnement » d’un service de santé de plus en plus sollicité. Mais c’est vers l’avenir que les regards se sont tournés lorsque son successeur a pris la parole.

À l’occasion de sa première réunion, le médecin-colonel Gumedzoe a immédiatement placé son mandat sous le signe de l’exigence. « L’intérêt du service doit primer sur toute autre considération » , at-il martelé devant ses troupes, insistant ainsi sur le renforcement de la discipline et la quête de l’excellence. Dans un discours sobre, le nouveau directeur a rappelé que la mission première de la DCSSA restait la santé du soldat, socle indispensable de l’efficacité opérationnelle de la Nation.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo

La vision du commandement

Le général Dimini Allahare a, de son côté, a exhorté le nouveau promu à un engagement « constant et loyal ». Le chef d’État-major a rappelé que la modernisation de l’outil de défense togolais, voulue par le sommet de l’État, passait essentiellement par une capacité de soins robuste et réactive.

À l’heure où les armées ouest-africaines doivent adapter leurs services de santé aux réalités du terrain — y compris la médecine de guerre et le soutien médico-psychologique — la nomination du colonel Gumedzoe semble répondre à une volonté de maintenir la cadence des réformes au sein des FAT. La signature des procès-verbaux à clôture de la cérémonie, scellant une continuité de commandement jugée essentielle à la stabilité de l’institution.

Togo : Le lieutenant-colonel Pekle Medèboudola nommé chef du commissariat

Le commissaire lieutenant-colonel Pekle Medèboudola a été installé, le 28 janvier, à la direction centrale du commissariat des armées. Une passation de pouvoir qui intervient dans un contexte de modernisation accumulée de l’administration militaire togolaise.

 

Souvent relégué dans l’ombre de la hiérarchie militaire, le commissariat constitue pourtant un maillon essentiel de l’efficacité opérationnelle sur le terrain. Mercredi, dans les locaux de la direction à Lomé, les autorités militaires ont réaffirmé cette importance stratégique à l’occasion de la prise de fonctions du commissaire lieutenant-colonel Pekle Medèboudola à la tête de la Direction centrale du commissariat des armées (DCCA).

Présidée par le général de brigade Dimini Allahare, chef d’état-major général des Forces armées togolaises (FAT), la cérémonie a marqué le départ à la retraite du commissaire-colonel Komi Amegran. Ce passage de témoin solennel intervient au moment où l’institution militaire togolaise cherche à optimiser sa gestion logistique et financière pour répondre aux défis sécuritaires régionaux.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo

L’école française comme socle

Le profil du nouveau directeur illustre la persistance des liens de coopération militaire entre Lomé et Paris en matière de formation d’élite. Diplômé de l’École du commissariat de l’air de Salon-de-Provence, en France, le lieutenant-colonel Pekle Medèboudola appartient à cette catégorie d’officiers dont le parcours académique international est un gage de rigueur administrative.

Reconnu pour son « sens du devoir » par ses pairs, il hérite d’un organe dont les missions sont vastes : de l’approvisionnement des troupes au conseil juridique, en passant par l’exécution financière des budgets de la défense.

Ministère de la Défense Nationale du Togo
© Ministère de la Défense Nationale du Togo

Modernisation et « esprit de rigueur »

Lors de son allocution, le directeur sortant, le colonel Amegran, a souligné la collaboration de longue date avec son successeur, offrant son expertise pour assurer la continuité de l’État au sein de cette direction névralgique. De son côté, le lieutenant-colonel Pekle a exprimé sa gratitude envers le haut commandement, s’engageant à faire de la DCCA un « outil stratégique » au service de l’efficacité opérationnelle des FAT.

Finalement, en clôturant la cérémonie par un hommage au président Faure Gnassingbé, chef suprême des armées, le général Dimini Allahare a rappelé les attentes placées dans cette nouvelle direction. En effet, dans une période où les FAT doivent optimiser chaque ressource, le chef d’état-major a exhorté le nouveau promu à la « loyauté » et au « déploiement », rappelant ainsi que la force d’une armée repose autant sur la qualité de son intendance que sur la puissance de son feu.

Le port de Lomé réaffirme son rôle de hub humanitaire devant des élus américains

Le Ministre délégué chargé de l’économie maritime, Kokou Edem Tengue, a reçu des élus de Washington ce 29 janvier. Une visite stratégique destinée à réaffirmer le rôle central du Togo dans la logistique régionale et la solidarité internationale.

 

Lomé ne veut plus seulement être un carrefour commercial ; la capitale togolaise entend consolider son statut de plateforme indispensable à la stabilité régionale. Ce jeudi, Kokou Edem Tengue, Ministre de l’économie maritime, a accueilli au Port autonome de Lomé (PAL) une délégation de membres du Congrès américain, accompagnés de représentants des Nations unies.

Cette visite, la première du genre pour cette délégation, intervient dans un contexte où les infrastructures portuaires du golfe de Guinée deviennent des enjeux de « soft power » et de sécurité alimentaire pour l’ensemble du Sahel.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Le pivot de l’aide alimentaire

Au cœur des discussions : la collaboration entre le Togo et le Programme alimentaire mondial (PAM). Alors que plusieurs pays voisins enclavés font face à des crises alimentaires chroniques, le port de Lomé s’est imposé comme le verrou de sécurité de la logistique humanitaire en Afrique de l’Ouest.

« Nous avons mis en exergue le dynamisme de notre plateforme, acteur véritable stratégique de la solidarité internationale », a déclaré M. Tengue. Ainsi, en facilitant le transit des marchandises, le PAL ne se contente plus d’être une zone de transbordement de conteneurs ; il devient aussi un instrument de diplomatie humanitaire. Pour les élus américains, dont le pays demeure l’un des principaux bailleurs de l’aide alimentaire mondiale, la fiabilité technique et sécuritaire du port togolais est un argument de poids.

Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue
Kokou Edem Tengue
© Kokou Edem Tengue

Une « porte d’entrée » sous surveillance

Suivant les orientations du président Faure Essozimna Gnassingbé, le Ministre a rappelé à ses hôtes que Lomé demeure la « porte d’entrée sûre et efficace » pour le développement régional. Par ailleurs, cette insistance sur la sécurité n’est pas fortuite. Dans un environnement régional marqué par la montée des périls, le Togo joue sa carte de « hub crédible » pour attirer les investissements occidentaux et maintenir également un ancrage fort avec les partenaires traditionnels comme Washington.

En somme, si cette mission officielle a permis de vanter les performances opérationnelles du port — le seul en eau profonde de la sous-région capable d’accueillir des navires de grande taille —, elle a surtout servi à rappeler que la logistique maritime est, pour le Togo, le socle d’une ambition politique : devenir le point d’ancrage incontournable de la solidarité et du commerce en Afrique de l’Ouest.

Togo : L’OTR lance la vulgarisation de la loi de finances 2026

L’Office togolais des recettes (OTR) a lancé, jeudi 22 janvier à Lomé, une campagne nationale de vulgarisation du budget 2026. Une stratégie de communication qui vise à renforcer le consentement à l’impôt dans un contexte de discipline budgétaire accumulée.

 

Dans les salons feutrés de l’hôtel Sarakawa, sur le front de mer de Lomé, l’ambiance n’était pas à la technocratie froide, mais au dialogue. L’Office togolais des recettes (OTR) a réuni un panel hétéroclite composé de journalistes, de représentants de la société civile et de partenaires au développement. L’ordre du jour : décrypter les arcanes de la loi de finances pour l’exercice 2026.

Pour l’administration fiscale togolaise, l’enjeu dépasse la simple présentation de chiffres. Il s’agit de transformer un texte législatif souvent perçu comme aride en un contrat social compréhensible pour tous. « Ces rencontres pédagogiques renforcent le dialogue entre l’administration fiscale et ses partenaires », a souligné le directeur de la communication de l’OTR, s’exprimant au nom du commissaire général.

OTR
© OTR

Entre rigueur et nouvelles mesures

Le budget 2026 s’inscrit dans une ligne de « discipline budgétaire », un mantra désormais incontournable pour les économies de la région ouest-africaine. Les échanges ont ainsi balayé le spectre des nouvelles mesures fiscales et douanières destinées à optimiser la collecte des ressources internes.

Si le contenu précis des nouveaux taux n’a pas fait l’objet d’une contestation frontale lors de cette séance, les questions de la société civile ont mis en lumière une attente forte : celle d’une justice fiscale proportionnée aux grandes orientations de dépenses publiques prévues pour l’année. La présentation a notamment insisté sur le contexte d’élaboration de cette loi, marqué par une volonté de résilience économique face aux chocs extérieurs.

OTR
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Une vulgarisation à l’échelle nationale

Cette rencontre de Lomé n’est que le premier acte d’une « vaste campagne nationale ». Dans les semaines à venir, les agents de l’OTR sillonneront les régions du pays pour expliquer aux citoyens l’utilité de l’impôt et les subtilités de la nouvelle loi.

Cette démarche de transparence, bien que saluée par les observateurs, devra cependant se confronter à la réalité du terrain. Dans un pays où l’économie informelle reste prépondérante, la vulgarisation de la loi de finances est autant un exercice de communication qu’un défi politique : prouver que chaque franc collecté concourt effectivement au développement des services publics.

Vicentia Amédomé : l’arbitre togolaise en route pour le Mondial 2026

Déjà présente lors du Mondial féminin en 2023, la native de Lomé figure sur la liste des officiels présélectionnés pour la Coupe du monde masculine de la FIFA aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Une nouvelle étape dans une carrière marquée par la précocité et la maîtrise technologique.

 

Dans le cercle très fermé de l’arbitrage de haut niveau, le nom de Vicentia Amédomé n’est plus une surprise, mais une confirmation. À 44 ans, l’arbitre international togolaise vient de franchir un nouveau cap symbolique : sa présélection officielle pour la Coupe du monde 2026, qui se tiendra pour la première fois dans trois pays nord-américains.

Si cette liste doit encore être affinée par la commission des arbitres de la FIFA, la présence de Mme Amédomé témoigne de la confiance croissante de l’instance faîtière envers les officiels africains, et plus particulièrement envers les femmes, dont l’intégration dans les compétitions masculines majeures s’accélère depuis le Mondial 2022 au Qatar.

 

Une pionnière du sifflet

Par ailleurs, le parcours de Vicentia Amédomé est celui d’une pionnière. Arbitre FIFA depuis 2015, elle a patiemment gravi les échelons des compétitions continentales avant de s’imposer sur la scène mondiale. En 2023, elle entrait déjà dans l’histoire en officiant lors du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) en Algérie, devenant ainsi l’une des rares femmes à diriger des rencontres masculines de ce niveau sur le continent.

Sa polyvalence constitue son principal atout. Capable de diriger le jeu au centre du terrain comme de superviser les écrans de l’assistance vidéo (VAR), elle appartient aussi à cette nouvelle génération d’arbitres « hybrides », rompus aux subtilités technologiques qui ont transformé le football moderne. Son expérience lors de la finale de la Ligue des champions féminines de la CAF en 2022 et lors du Mondial féminin en Australie et Nouvelle-Zélande a achevé de convaincre les observateurs de sa solidité mentale.

 

L’excellence togolaise à l’épreuve du haut niveau

Pour le Togo, cette présélection est une victoire diplomatique et sportive. Alors que les « Éperviers » peinent parfois à retrouver les sommets du football continental, l’arbitrage togolais, lui, s’exporte avec succès. Mme Amédomé n’est pas seulement une figure de proue nationale ; elle est devenue un modèle de professionnalisme dans une région où les carrières d’arbitres féminines restent semées d’embûches.

Le chemin vers 2026 passera désormais par des séminaires intensifs et des tests physiques rigoureux. Dans un sport où la pression sur le corps arbitral n’a jamais été aussi forte, Vicentia Amédomé devra confirmer sa régularité pour transformer cette présélection en une place définitive sur la pelouse des stades américains. Mais pour celle qui a fait du sifflet une arme de précision, le défi semble à sa mesure.

Togo : Le Congrès américain visite l’UniPod de Lomé

Une délégation parlementaire de Washington s’est rendue ce 29 janvier à l’UniPod de l’Université de Lomé. Entre enjeux de formation et diplomatie d’influence, cette visite souligne la volonté des États-Unis de renforcer leurs liens avec la jeunesse entrepreneuriale togolaise.

 

Sur le campus de l’Université de Lomé (UL), l’heure était à la démonstration technique et à la diplomatie scientifique ce jeudi. Dans les locaux de l’UniPod (University Innovation Pod), le laboratoire d’innovation soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), une délégation de membres du Congrès américain a pu observer de près les bourgeons de la « tech » togolaise.

Cette visite officielle, menée dans un cadre de renforcement des partenariats internationaux, se veut un signal fort envoyé par Washington à Lomé : celui d’un soutien à une jeunesse africaine qui n’attend plus seulement des aides, mais des opportunités de co-investissement.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Un carrefour d’expertises

Le protocole était à la mesure de l’événement.  En effet, une délégation gouvernementale de haut rang, conduite par le ministre de l’Éducation nationale, M. Mama Omorou, et le professeur Gado Tchangbedji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur, a accueilli les élus américains.

Le cadre de l’UniPod n’a pas été choisi au hasard. Véritable « fab-lab » universitaire, cet espace est devenu en peu de temps le point de ralliement des inventeurs et entrepreneurs en herbe du Togo. D’ailleurs, en présence de la représentante résidente du PNUD et des autorités académiques, les congrésistes ont échangé avec de jeunes porteurs de projets, dont les prototypes illustrent une volonté de répondre par l’innovation aux défis locaux du développement.

Université de Lomé
© Université de Lomé

La diplomatie par l’entrepreneuriat

Pour les États-Unis, ce déplacement s’inscrit dans une stratégie globale de présence sur le continent, face à la concurrence accumulée d’autres puissances mondiales. Au Togo, où le secteur privé est un moteur de croissance prioritaire du gouvernement, l’appui à l’innovation académique apparaît comme un levier d’influence discret mais durable.

« L’UniPod joue un rôle stratégique dans la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes », a rappelé la direction de l’université. Les discussions ont notamment porté sur les passerelles possibles entre les institutions de recherche togolaises et les centres d’innovation américains.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Au-delà des poignées des principaux protocolaires, cette visite pose les jalons d’une coopération universitaire renforcée. Pour le Togo, l’enjeu est de transformer ces échanges diplomatiques en partenariats technologiques concrets, capables de pérenniser les investissements de demain.

Togo-Japon : Prospection stratégique de la JETRO à la zone industrielle d’Adétikopé

Le Togo continue de faire les yeux doux aux puissances économiques asiatiques. En effet, ce mercredi 28 janvier, la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), poumon industriel du pays situé au nord de Lomé, a reçu une délégation de la JETRO, l’organisation japonaise du commerce extérieur. Une visite de prospection qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour l’industrie togolaise.

C’est une délégation d’experts très observateurs qui a foulé ce matin le sol de la PIA. Guidés par l’administrateur général de l’Autorité de coordination, le lieutenant-colonel Idiola Sandah, les représentants de la JETRO ont scruté chaque mètre carré des infrastructures logistiques et industrielles de ce complexe géant.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Le modèle togolais sous l’œil de Tokyo

Pour le gouvernement togolais, l’enjeu est de taille : convaincre le Japon que le Togo n’est plus seulement un pays de transit, mais un hub de transformation. La délégation nippone a pu découvrir le modèle opérationnel de la plateforme, qui combine également zone franche, port sec et unités de transformation (textile, soja, bois).

Par ailleurs, les échanges ont porté sur l’identification des secteurs « gagnant-gagnant ». Le Japon, connu pour sa rigueur technologique et ses investissements ciblés, cherche des points d’ancrage stables en Afrique de l’Ouest. La PIA, avec ses avantages fiscaux et sa proximité avec le port de Lomé, semble aussi cocher plusieurs cases.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Préparer l’arrivée des géants industriels

Mais cette visite n’est qu’un prélude. L’objectif avoué de la JETRO est de défricher le terrain pour une future délégation d’opérateurs économiques japonais de premier plan. « Nous préparons l’accueil des investisseurs en identifiant précisément où le savoir-faire japonais peut s’insérer dans la chaîne de valeur togolaise », indique-t-on du côté de l’administration de la plateforme.

Pour Lomé, attirer le Japon est une victoire diplomatique et économique. Cela permet aussi de diversifier les sources d’investissements étrangers, actuellement dominées par des acteurs indiens et singapouriens. Si les discussions aboutissent, de nouveaux partenariats industriels pourraient voir le jour dès cette année, renforçant la souveraineté économique du pays.

Université de Lomé : Formation agricole avec le projet CHAIN et la Roumanie

À l’Université de Lomé, la rentrée académique 2026 est placée sous le signe de l’internationalisation. En effet, ce mercredi 28 janvier, le campus vit au rythme du projet CHAIN. Des étudiants en agronomie, en sciences et en technologies participent à un workshop intensif animé par des experts venus de Roumanie. L’objectif est de repenser la chaîne de valeur agricole togolaise à l’aune des standards européens.

Dans les salles de conférence de l’Université de Lomé, l’ambiance est studieuse et cosmopolite. Face à un public composé d’étudiants en Licence, Master et Doctorat, deux invités de marque ont pris la parole : les professeurs Andrei Mihai Gafenou et Dan Bodescu. Arrivés tout droit de l’Université des sciences de l’environnement et de la vie de Wroclaw, en Roumanie, ces experts partagent un savoir-faire précieux dans le cadre du projet CHAIN.

Université de Lomé
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Le modèle roumain comme source d’inspiration

La session a débuté par un tour d’horizon de l’agriculture roumaine, un secteur qui a su se moderniser rapidement ces dernières années. Ainsi, le professeur Gafenou a exposé les spécificités de ce modèle, avant de laisser la place au professeur Bodescu pour un volet plus technique : l’économie de la chaîne de valeur.

Pour les étudiants de l’École Supérieure d’Agronomie (ESA), de l’École Supérieure des Techniques Biologiques et Alimentaires (ESTBA) et de la Faculté des Sciences (FDS), l’enjeu est de taille. En effet, il s’agit de comprendre comment transformer une production agricole brute en une véritable industrie créatrice de richesse.

Université de Lomé
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L’innovation au cœur de la formation

Pour le professeur Agnassim Banito, coordinateur du projet CHAIN, cette rencontre est bien plus qu’un simple cours magistral. C’est un espace de réflexion destiné à stimuler l’innovation locale. « Cette formation est une opportunité unique pour mettre vos compétences au service de solutions concrètes », a-t-il martelé à l’endroit des participants.

En somme, en multipliant ces partenariats académiques avec des institutions européennes, l’Université de Lomé confirme son ambition de devenir un hub de recherche appliquée en Afrique de l’Ouest. En connectant ses étudiants aux réalités du marché international, l’institution espère aussi former une nouvelle génération d’agrobusinessmen capables de relever les défis de la souveraineté alimentaire au Togo.

Le Rwanda poursuit Londres pour rupture de contrat financier

Le divorce est désormais consommé entre le Rwanda et le Royaume-Uni. Après l’abandon politique du projet d’expulsion de migrants par le gouvernement de Keir Starmer, l’affaire se déplace sur le terrain judiciaire. Kigali a annoncé l’ouverture de poursuites contre Londres pour récupérer les fonds non versés d’un accord jugé « mort et enterré » par les Britanniques.

C’est un bras de fer financier qui s’engage. En effet, les autorités rwandaises ont officiellement saisi un tribunal arbitral pour réclamer le versement du solde de l’accord migratoire signé en 2022. Sur les 290 millions de livres sterling (environ 340 millions d’euros) prévus initialement, Londres a déjà versé 240 millions. Mais Kigali exige aujourd’hui les 50 millions restants, estimant que les discussions diplomatiques sont dans l’impasse.

 

Un projet « mort et enterré »

Pour le Premier ministre britannique Keir Starmer, arrivé au pouvoir avec la promesse de mettre fin à ce qu’il qualifie de « gadget coûteux », ce sujet n’est plus d’actualité. En effet, le locataire du 10 Downing Street rappelle que la Cour suprême britannique avait déjà porté un coup fatal au projet en 2023, le jugeant illégal au regard du droit international.

Côté britannique, on invoque la protection de l’argent des contribuables pour justifier l’arrêt des paiements. Mais pour le gouvernement de Paul Kagame, l’annulation unilatérale du contrat ne dispense pas Londres de ses engagements financiers contractuels.

 

Des relations sous haute tension

Ce contentieux financier ne révèle que la face émergée d’une dégradation plus profonde des relations bilatérales. Au-delà de la question migratoire, Londres a récemment durci le ton en réduisant son aide au développement vers Kigali.

En cause : le soutien présumé du Rwanda à la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce mélange de griefs sécuritaires et de litiges financiers plonge le partenariat entre les deux pays dans une crise sans précédent, dont l’issue se jouera désormais devant des arbitres internationaux.