Le réseau électrique togolais s’apprête à traverser une période de fortes tensions. Du 7 au 22 octobre, ménages et entreprises de plusieurs localités du pays subiront des délestages ciblés, provoqués par une ambitieuse opération de maintenance sur le gazoduc régional.
L’artère gazière sous-régionale est temporairement à l’arrêt.
Initialement programmé le mois dernier, l’entretien préventif des infrastructures de la West African Gas Pipeline Company (WAPCo) entre enfin dans sa phase opérationnelle. Ce chantier technique majeur contraint l’opérateur à suspendre momentanément ses livraisons de gaz naturel à destination du territoire togolais. La mesure touche de plein fouet les centrales thermiques nationales, dont le fonctionnement repose quasi exclusivement sur cette ressource fossile pour alimenter les turbines du pays.
En service depuis 2008, ce gazoduc constitue la véritable colonne vertébrale énergétique de la région. Ainsi, sa mise en retrait provisoire illustre la vulnérabilité des réseaux nationaux face aux impératifs de maintenance d’ouvrages transfrontaliers interconnectés.
Un plan de secours coûteux pour amortir le choc
Anticipant la baisse de régime de ses unités de production, la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) active un protocole de crise. Pour éviter une rupture totale d’approvisionnement, le distributeur public convertit en urgence le système de combustion de ses centrales thermiques vers des carburants liquides de substitution.
Si cette manœuvre technique préserve une partie de la capacité de production, elle génère un surcoût financier considérable pour l’entreprise nationale, les combustibles liquides affichant des cours nettement supérieurs à ceux du gaz naturel. Les dirigeants de la CEET préviennent d’ailleurs que cette solution palliative, malgré son coût élevé, ne suffira pas à absorber l’intégralité du déficit de production. Par conséquent, des ruptures de charge ciblées demeurent inévitables dans plusieurs quartiers et communes du pays.
Appel à la prudence dans les foyers
Devant ces instabilités répétées du réseau, la direction de la CEET invite les usagers à une discipline stricte. Afin de préserver les équipements électroniques et ménagers contre les pics de tension qui accompagnent fréquemment la remise en service des lignes, l’entreprise recommande d’isoler physiquement tous les appareils électriques dès l’amorce d’une coupure, puis d’attendre la stabilisation du signal avant de les rebrancher.
Pendant deux semaines, les acteurs économiques et les foyers togolais devront ainsi composer avec un calendrier d’approvisionnement perturbé, dans l’attente du redémarrage complet des flux de gaz sous-régionaux.
Lomé, 6 octobre 2026 — Le gouvernement togolais a marqué, lundi 5 octobre 2026, la Journée mondiale de l’habitat par une série d’annonces visant à garantir à tous les citoyens l’accès à un logement décent et abordable. Kodjo Adedze, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, a présidé les cérémonies officielles et dressé le bilan des réformes engagées depuis deux décennies dans les secteurs de l’urbanisme, du foncier et de la construction. Cependant, derrière les discours officiels prônant le « logement décent pour tous », les chiffres avancés par le ministre ne masquent-ils pas une réalité nettement plus contrastée ?
Deux décennies de réformes structurelles
Lors de son intervention, le ministre a énuméré la litanie des réformes engagées depuis 2019 : création du Guichet foncier unique, plafonnement des cautions locatives ou encore dématérialisation des permis de construire via le SIGPC. Sur le papier, le dispositif séduit. Dans les faits, toutefois, les usagers dénoncent toujours des délais d’obtention de titres fonciers qui s’étirent sur des mois, voire des années, ainsi que des coûts prohibitifs pour les ménages modestes.
« Notre responsabilité collective consiste à faire de nos villes des espaces où chacun accède à un habitat décent », a martelé M. Adedze, sous les applaudissements polis d’une salle acquise à la cause gouvernementale.
Néanmoins, cette formule, aussi noble soit-elle, résonne comme un aveu d’impuissance face à la crise aiguë du logement qui frappe Lomé et les grandes agglomérations du pays.
2026 : l’année de la concrétisation avec le SNAT et les PLU
L’année 2026 se veut ainsi un tournant décisif grâce à la vulgarisation du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT) et à la validation des plans locaux d’urbanisme (PLU) de 13 communes pilotes, regroupant environ 35 % de la population urbaine togolaise. Document stratégique couvrant la période 2026-2046 avec une vision prospective à l’horizon 2045, le SNAT ambitionne de réduire les disparités régionales, de renforcer la complémentarité entre les territoires et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.
Au total, six documents structurent cette démarche : le rapport d’orientation méthodologique, le bilan-diagnostic, le document central du SNAT, le dispositif de suivi-évaluation, la stratégie de communication et l’Atlas de développement.
Présentée en grande pompe entre le 10 et le 18 août dans les cinq régions administratives — Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé, Tsévié — ainsi que dans le Grand Lomé, cette feuille de route promet de corriger les déséquilibres territoriaux d’ici deux décennies.
Pourtant, sur le terrain, une interrogation légitime persiste : ces 13 communes pilotes bénéficieront-elles réellement des moyens financiers et techniques nécessaires à la mise en œuvre effective de ces outils ? Ou le SNAT rejoindra-t-il les nombreux documents stratégiques empilés dans les archives ministérielles sans jamais concrètement voir le jour ? À moins qu’il ne s’agisse encore d’un simple exercice de communication destiné à rassurer les bailleurs internationaux.
Kpomé-Dalavé : 20 000 logements ou un éléphant blanc ?
Parallèlement, le projet phare du gouvernement — la construction de 20 000 logements sociaux sur 1 177 hectares à Kpomé-Dalavé — cristallise tous les espoirs et toutes les critiques. Les autorités tablent officiellement sur des habitations « à coût abordable » destinées aux ménages à revenus modestes. Or, les premiers chiffres circulant dans les cercles immobiliers font état de prix oscillant entre 15 et 25 millions de FCFA pour un simple deux-pièces, une somme hors d’atteinte pour plus de 80 % des Togolais.
« Les travaux préliminaires se poursuivent », se contente d’affirmer le ministère, sans apporter de précisions sur le calendrier de livraison, le mécanisme de financement ni les critères d’éligibilité des bénéficiaires.
Dès lors, des observateurs indépendants s’interrogent : ce méga-projet ne risque-t-il pas de se transformer en un ghetto pour classe moyenne, à des années-lumière des populations rurales et périurbaines qui constituent pourtant le cœur de cible affiché de cette politique ?
Lomé se densifie, mais à quel prix ?
En outre, le Projet de renouvellement urbain (PRU) vise à transformer la capitale en une métropole moderne et dense. Cependant, entre expropriations, démolitions et relogements contestés, la mutation de Lomé s’opère dans la douleur pour des milliers de familles déplacées sans compensation adéquate. De leur côté, les promoteurs immobiliers se réjouissent. La spéculation foncière bat son plein dans les quartiers stratégiques, où les prix du mètre carré ont bondi de plus de 40 % en trois ans.
« Le logement décent n’est pas une marchandise spéculative, c’est un droit fondamental », rappelait récemment un rapport consacré à la souveraineté énergétique et à l’habitat dans l’espace UEMOA. Un principe vertueux que la réalité brute du marché immobilier togolais semble pourtant ignorer d’un revers de main.
Une célébration en vase clos
Conférences-débats, visites d’inspection, rencontres avec les professionnels : le programme officiel de la Journée mondiale de l’habitat a scrupuleusement respecté le protocole. En revanche, aucune table ronde n’a été associée aux organisations de défense des droits des locataires, aux syndicats de travailleurs précaires ou aux jeunes diplômés incapables de se loger décemment dans la capitale.
En somme, le gouvernement togolais a fait le choix de célébrer cette Journée mondiale de l’habitat en vase clos, à bonne distance des réalités quotidiennes du terrain. Une posture évocatrice quant au niveau de priorité réellement accordé à la question sociale du logement dans l’agenda politique national.
Djibouti, 6 octobre 2026 — La capitale djiboutienne accueille, du 6 au 8 octobre 2026, la 7ᵉ Mission économique de la Francophonie, un rendez-vous stratégique qui positionne le pays comme carrefour commercial entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et le président Ismaïl Omar Guelleh ont officiellement inauguré les travaux ce mardi matin au Djibouti Palace Kempinski.
Les deux dirigeants ont souligné l’ambition de transformer ces trois jours de rencontres en levier concret de création d’emplois et d’ouverture de marchés pour les entrepreneurs francophones.
« Notre volonté n’est pas simplement de réunir des entreprises pendant quelques jours », a déclaré Mme Mushikiwabo. « Elle est de créer les conditions pour que des entrepreneurs se rencontrent, identifient des complémentarités, développent de nouveaux courants d’affaires, ouvrent des marchés et créent des emplois. »
Le chef de l’État djiboutien a présenté les orientations stratégiques de la Vision Djibouti 2035, feuille de route nationale qui vise à faire évoluer le pays d’une plateforme logistique vers un véritable hub économique régional.
« Nous passons du transit à la transformation », a affirmé M. Guelleh, en rappelant que cette mission s’inscrit pleinement dans cette dynamique de diversification et de montée en valeur ajoutée.
En outre, le gouvernement djiboutien a identifié cinq secteurs prioritaires pour attirer les investissements francophones : transport et logistique liés aux zones franches, services numériques, énergies renouvelables, santé et tourisme durable.
Avec ses 314 kilomètres de littoral, ses paysages volcaniques uniques et une biodiversité marine exceptionnelle, Djibouti dispose d’atouts naturels considérables pour développer un tourisme respectueux de l’environnement.
Les autorités refusent catégoriquement le tourisme de masse et privilégient un modèle fondé sur trois pôles : tourisme d’affaires et de plaisance dans la capitale, complexes balnéaires et de plongée sur des sites prioritaires, et tourisme écoresponsable dans les zones archéologiques et préhistoriques.
« Nous travaillons à développer un tourisme respectueux de la nature et de l’environnement », a insisté un responsable gouvernemental, rappelant l’objectif d’attirer jusqu’à 500 000 visiteurs annuels à l’horizon 2030.
Par ailleurs, cette 7ᵉ édition témoigne du dynamisme économique djiboutien et offre au pays une vitrine exceptionnelle à l’échelle internationale. La République de Djibouti, qui contrôle l’une des principales voies maritimes mondiales où circulent 20 % des échanges maritimes globaux, confirme ainsi sa position de « phare de la mer Rouge » et de partenaire privilégié pour les investisseurs francophones.
La Mission économique de la Francophonie réunit chambres de commerce, agences de promotion des investissements, institutions économiques et entreprises de l’espace francophone pour favoriser les échanges commerciaux et les partenariats durables. Des sessions de rencontres B2B, des présentations sectorielles ainsi que des visites de sites stratégiques ponctuent ces trois jours d’intenses négociations.
Alors que les rencontres se poursuivent ce mardi après-midi au Djibouti Palace Kempinski, les premiers contacts noués entre délégations francophones et opérateurs locaux laissent entrevoir des perspectives concrètes de partenariats. Les organisateurs tablent sur la signature de plusieurs protocoles d’accord avant la clôture officielle, prévue jeudi soir, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère de coopération économique au sein de l’espace francophone.
Pour Djibouti, cette Mission économique constitue bien plus qu’un événement protocolaire : elle représente un jalon décisif dans la concrétisation de la Vision 2035 et l’affirmation du pays comme plateforme économique régionale de référence.
La commune de Golfe 2, dans le Grand Lomé au Togo, a lancé lundi 5 octobre 2026 sa quatrième et dernière session ordinaire de l’année. Pendant dix jours, les conseillers municipaux évalueront l’action de la collectivité, examineront ses perspectives pour 2027 et étudieront une convention de coopération avec la commune voisine de Golfe 3.
Le maire, Kpadé Koffi Gbékandé, a présidé l’ouverture en présence du représentant du préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, des forces de sécurité, du chef canton d’Amoutivé, des autorités traditionnelles, des responsables des comités de développement de quartier et des cadres de la mairie.
Cette session arrive à un moment décisif du mandat municipal. Elle doit permettre aux élus de mesurer les réalisations de la première année, d’identifier les retards et de préparer les orientations de l’exercice 2027. À cette occasion, le maire a résumé sa feuille de route autour de trois mots : « protéger, rassembler et transformer ». Il a également invité ses collaborateurs à maintenir l’effort engagé afin de rapprocher l’administration communale des besoins des habitants de Bè-Kpota et des quartiers environnants.
De son côté, le représentant du préfet du Golfe a placé la discussion sous le signe de la rigueur financière. Il a aussi demandé aux conseillers une assiduité accrue et a insisté sur la nécessité d’une gestion transparente des ressources communales. Cet avertissement coïncide avec le recensement géoréférencé des ménages et des activités économiques, qui est destiné à produire une base de données fiable pour améliorer la planification locale mise en œuvre par le Golfe 2. Cette opération s’inscrit dans le Plan de développement communal 2023-2027, estimé à plus de 5,147 milliards de francs CFA.
Par ailleurs, l’un des dossiers les plus attendus de cette concertation municipale concerne la convention entre Golfe 2 et Golfe 3. En effet, les deux communes partagent des enjeux urbains similaires : densité démographique, assainissement, mobilité, équipements publics et pression sur les services de proximité. Une coopération formalisée pourrait permettre aux deux collectivités de mutualiser certaines expertises et de coordonner des interventions au-delà de leurs frontières administratives. Dans un Grand Lomé où les problèmes urbains ignorent souvent les limites communales, cette initiative constituera un test concret de la décentralisation togolaise.
En outre, les travaux de la session aideront à préciser les perspectives de développement de la commune pour 2027. Les précédents exercices ont mis en avant l’assainissement pluvial, l’accès à l’eau potable, l’hygiène, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Pour l’exercice 2026, le budget de Golfe 2 avait été fixé à environ 1,7 milliard de francs CFA, dont près de 77 % consacrés au fonctionnement et 23 % à l’investissement. Désormais, les finances communales passent au crible. Les élus doivent démontrer que la collectivité peut intensifier son effort d’investissement sans fragiliser son équilibre financier.
En somme, cette dernière session ordinaire de 2026 offre à Golfe 2 l’occasion de démontrer sa capacité à relier bilan, planification et dialogue avec les populations. Pour les habitants, l’enjeu reste concret : des services plus fiables, un cadre de vie amélioré ainsi qu’une gestion des ressources qui inspire confiance. Pour les élus, il s’agit de transformer les principes de « protéger, rassembler et transformer » en résultats visibles avant l’ouverture du cycle budgétaire 2027.
La commune de Golfe 1, à Lomé, a ouvert ce lundi 5 octobre 2026 sa quatrième session de l’année, consacrée à l’examen et à l’adoption du budget primitif 2027. Pendant dix jours, les conseillers municipaux devront traduire en chiffres les priorités d’un territoire urbain dense, exposé aux inondations et confronté à des besoins croissants en infrastructures et en services publics.
Sous la conduite du maire, Gbloekpo Koamy Gomado, la séance d’ouverture a réuni les adjoints au maire, les représentants des ministères de tutelle et du Développement local, la préfecture du Golfe, les conseillers municipaux, les autorités traditionnelles ainsi que plusieurs organisations locales.
La session s’inscrit dans la continuité d’un processus participatif engagé début octobre. Les 1ᵉʳ et 2 octobre, la mairie avait organisé un débat citoyen au Centre communautaire de Bè afin de recueillir les attentes des populations avant la construction du budget.
Cette consultation n’a pas valeur de promesse automatique. Les propositions issues des comités de développement de quartier et des organisations locales seront examinées par le conseil municipal, mais leur financement dépendra des recettes réellement mobilisables. Selon les données présentées lors du débat citoyen, la commune avait mobilisé environ 1,5 milliard de francs CFA au 30 septembre 2026, soit un taux de réalisation annoncé de 40 %.
Les inondations, test de résilience
Par ailleurs, les élus devront examiner les mesures de gestion des inondations. Le sujet revêt une importance particulière pour Golfe 1, une commune littorale du Grand Lomé où l’urbanisation rapide, le drainage insuffisant et les fortes pluies fragilisent plusieurs quartiers.
La question dépasse l’intervention d’urgence. En effet, elle impose une réflexion sur le nettoyage des caniveaux, la maîtrise de l’occupation des zones à risque, l’entretien des infrastructures et la capacité de la mairie à anticiper les saisons pluvieuses. Le budget 2027 devra donc arbitrer entre les besoins immédiats des populations et les investissements structurants destinés à réduire la vulnérabilité du territoire.
Les conseillers examineront également l’exécution du budget au troisième trimestre 2026. Cette évaluation permettra de mesurer le rythme de mobilisation des recettes, le niveau de réalisation des dépenses et l’avancement des projets engagés.
Le rapport d’activités de la mairie figurera aussi à l’ordre du jour. Les élus devront s’assurer que les orientations définies en début d’exercice se traduisent en services concrets pour les administrés : voirie, assainissement, équipements publics, appui aux quartiers et actions sociales.
Vers une communauté de communes
Un autre dossier pourrait modifier l’organisation territoriale locale : la création de la Communauté de communes de la Lagune de Bè. Le projet fera l’objet d’une délibération au cours de la session.
Cette initiative vise à encourager une coopération intercommunale autour d’un espace partagé, où les défis environnementaux, fonciers et d’aménagement dépassent les limites administratives d’une seule commune. Sa réussite dépendra toutefois de la clarté des compétences transférées, du financement et de la capacité des municipalités concernées à coordonner leurs actions.
Les conseillers recevront également une information sur la suite donnée par le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières (MATGLAC) à la demande de partenariat entre Golfe 1 et Moyen-Mono 1.
Ce rapprochement pourrait permettre aux deux collectivités de partager des expériences, des expertises et éventuellement des ressources. Dans un contexte de décentralisation encore en construction au Togo, de tels partenariats intercommunaux représentent un levier pour renforcer les capacités locales sans attendre uniquement les transferts de l’État.
Dix jours pour fixer les priorités
La première journée a servi à adopter le programme des travaux. Les débats à venir détermineront les grands équilibres du budget 2027 : fonctionnement, investissement, gestion des risques, services de proximité et projets intercommunaux.
En somme, pour les habitants de Golfe 1, l’enjeu est de voir leurs préoccupations se refléter dans les lignes budgétaires. Pour la municipalité, il s’agit de démontrer qu’un budget participatif peut devenir un instrument efficace de planification, et non une simple formalité avant l’adoption des comptes.
L’Université de Kara a franchi une étape supplémentaire dans sa stratégie d’ouverture. Du 27 au 30 septembre 2026, une délégation conduite par sa présidente, la professeure Prénam Houzou-Mouzou, s’est rendue à Chengdu, en Chine, où elle a exploré des pistes de coopération avec l’University of Electronic Science and Technology of China (UESTC) et d’autres partenaires académiques.
Le déplacement a coïncidé avec le 70ᵉ anniversaire de l’UESTC, célébré le 28 septembre sur son campus de Qingshuihe. Fondée en 1956, l’institution chinoise s’est imposée comme un pôle majeur de recherche et d’innovation dans les sciences électroniques et les technologies de l’information.
Pour l’Université de Kara, la mission ne visait pas seulement à assister aux festivités. Elle avait pour but d’inscrire l’établissement togolais dans un réseau universitaire plus large, capable d’appuyer la formation, la recherche ainsi que l’innovation.
Les discussions avec l’UESTC ont porté sur la préparation d’un protocole d’accord, la mobilité des étudiants et des enseignants, la création de formations conjointes ainsi que le lancement de projets scientifiques communs. Ces échanges ouvrent la voie à une coopération qui pourrait dépasser le cadre protocolaire pour produire des résultats mesurables sur les campus.
L’un des sujets les plus déterminants concerne l’éventuelle implantation d’un Institut Confucius à l’Université de Kara. Un tel centre pourrait renforcer l’apprentissage du chinois, favoriser les échanges culturels et accompagner les étudiants togolais souhaitant poursuivre leurs études ou développer des compétences liées aux relations sino-africaines.
L’enjeu dépasse la seule question linguistique. Il touche aussi à la capacité de l’université à préparer ses diplômés à un environnement académique et économique de plus en plus connecté, où la maîtrise de langues et de réseaux internationaux devient un atout professionnel.
Un réseau qui s’élargit
Par ailleurs, la délégation n’a pas limité ses contacts à la Chine. À Chengdu, l’Université de Kara a également noué des échanges avec l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, via le réseau COMUF-UVSQ, l’Université de Montpellier, le Ghana Institute of Management and Public Administration (GIMPA) et le Musée international des arts d’Afrique.
Ces rencontres dessinent une diplomatie académique plurielle, à la fois européenne, africaine et asiatique. Elles traduisent aussi la volonté de l’institution de diversifier ses partenaires plutôt que de dépendre d’un seul axe de coopération.
La présidente Houzou-Mouzou avait déjà affirmé, au début de l’année, sa volonté de donner une dimension internationale à l’Université de Kara. Cette mission s’inscrit dans cette trajectoire, alors que l’établissement cherche à consolider ses infrastructures et à renforcer son offre de formation.
Reste désormais à convertir ces contacts en programmes concrets : bourses de mobilité, cotutelles, laboratoires partagés, formations professionnelles et projets d’innovation. Pour l’Université de Kara, le défi consiste à faire de cette ouverture diplomatique un levier durable au service de ses étudiants, de ses enseignants et du développement du nord du Togo.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, a été distingué par le MIPAD dans le cadre de l’édition 2026 des « Most Influential 100 ». Il reçoit le prix « Global Minister of the Year », une reconnaissance attribuée lors de la semaine consacrée aux personnalités d’ascendance africaine les plus influentes.
Une distinction qui met la diplomatie togolaise en lumière
Le prix place Robert Dussey parmi les responsables publics distingués pour leur influence et leur contribution au rayonnement de l’Afrique et de sa diaspora. Le MIPAD, réseau international consacré à la reconnaissance des personnalités d’ascendance africaine, identifie des acteurs issus des secteurs public ainsi que privé à travers le monde.
L’organisation présente cette initiative comme un espace de valorisation du leadership, de la justice et du développement de l’Afrique ainsi que de ses communautés établies à l’étranger. La semaine de reconnaissance 2026 s’est tenue du 23 au 25 septembre à New York.
Robert Dussey salue une reconnaissance collective
Dans un message de remerciement, le ministre togolais a accueilli cette distinction avec « honneur » et « profonde reconnaissance ». Il a estimé que le prix consacrait non seulement son parcours personnel, mais aussi la portée du travail accompli au service du Togo, de l’Afrique et de la diaspora africaine.
Robert Dussey a associé à cet hommage le président Conseil , Faure Essozimna Gnassingbé, l’Union africaine et l’ensemble des acteurs engagés au sein du Sud global. Il a également remercié les responsables et la communauté du MIPAD pour cette célébration de l’excellence et de l’impact positif.
À la tête du ministère togolais des Affaires étrangères depuis septembre 2013, Robert Dussey figure depuis plusieurs années parmi les personnalités africaines régulièrement citées pour leur influence. Il avait déjà été classé par le magazine New African parmi les 100 personnalités les plus influentes du continent en 2015, 2016 et 2019.
Son action diplomatique s’inscrit dans un contexte où le Togo cherche à renforcer ses partenariats internationaux, à défendre les intérêts de ses ressortissants à l’étranger et à accroître son rôle dans les débats liés à l’intégration africaine.
Un appel à bâtir une Afrique plus inclusive
Robert Dussey a voulu en faire un encouragement à poursuivre l’action collective. Dans son message, il a aussi appelé à œuvrer pour un avenir fondé sur la dignité, l’inclusion et l’égalité des chances.
Cette distinction intervient ainsi comme un hommage à un responsable togolais, mais aussi comme un signal adressé à une nouvelle génération de dirigeants et d’acteurs africains. À travers le MIPAD, leur influence se mesure autant à leur visibilité internationale qu’à leur capacité à porter des initiatives ayant un impact durable sur le continent et sa diaspora.
Dans le Golfe 1, la préparation du budget communal de 2027 s’appuiera sur les attentes exprimées par les habitants. La mairie a organisé, jeudi 1er octobre, une rencontre avec les forces vives de la commune afin d’évaluer l’action municipale à mi-parcours de 2026 et de recueillir les principales préoccupations de la population.
Le maire, Gbloekpo Koamy Gomado, a présidé les échanges, auxquels ont pris part plusieurs représentants de la communauté. La municipalité entend ainsi rapprocher la décision publique des réalités vécues dans les quartiers.
La rencontre a permis aux participants de formuler leurs demandes et de faire remonter les difficultés auxquelles ils font face. Ces contributions serviront à orienter la préparation du budget primitif 2027, notamment dans le choix des actions et des investissements à retenir.
Cette démarche permet à la commune de confronter son bilan à mi-parcours aux attentes des citoyens. Elle offre également aux acteurs locaux un cadre pour discuter des priorités de développement et des réponses que la mairie pourrait apporter au cours du prochain exercice budgétaire.
Les participants ont également été informés du fonctionnement prochain du Service public de salubrité de Golfe 1, connu sous le sigle SPS-G1. Ce dispositif doit renforcer les opérations de nettoyage, l’entretien des espaces publics et, plus largement, l’amélioration du cadre de vie dans la commune.
La mairie a présenté cette initiative comme un outil destiné à mieux structurer les efforts en matière de salubrité. Son efficacité dépendra toutefois de l’organisation du service et de la participation des habitants au maintien de la propreté dans les quartiers.
En clôturant la rencontre, le maire a invité les leaders communautaires à consolider la cohésion sociale et à maintenir le dialogue avec les populations. Il les a également appelés à soutenir les initiatives locales et à mobiliser les habitants autour des projets de développement de Golfe 1.
La mairie inscrit ce débat dans le cadre de l’article 19 de la loi n° 2019-006 du 26 juin 2019 relative à la décentralisation et aux libertés locales. Cette disposition reconnaît aux citoyens le droit d’être informés des décisions publiques et consultés sur les affaires qui touchent leur quotidien.Avec cette consultation, Golfe 1 cherche à faire du prochain budget communal le reflet des priorités exprimées sur le terrain.
À Lomé, les discussions ne se sont pas limitées aux formules diplomatiques habituelles. Du 29 septembre au 1ᵉʳ octobre 2026, responsables togolais et russes ont tenté de donner une architecture opérationnelle à une relation bilatérale que les deux capitales souhaitent désormais élargir.
Autour de la table, les sujets se sont succédé : énergie, mines, agriculture, industrie, commerce, transports, recherche, éducation, technologies et culture. Derrière cette longue liste de secteurs se dessinait une question plus exigeante : comment convertir une volonté politique affichée en projets financés, en accords exécutés et en résultats visibles ?
La première session de la Commission mixte intergouvernementale Togo-Russie s’est achevée jeudi par la signature d’un procès-verbal. Les deux parties ont également conclu un mémorandum d’entente sur le patrimoine culturel.
Une relation appelée à changer de nature
La rencontre a été coprésidée par le ministre togolais de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, et le ministre russe de l’Énergie, Sergey Tsvilev. Ces échanges ont mis en évidence la volonté commune des deux États d’inscrire leur collaboration dans une dynamique plus globale que le dialogue diplomatique classique.
Le Togo cherche à attirer davantage d’investissements et à diversifier ses partenariats. La Russie, de son côté, entend renforcer ses liens économiques, scientifiques et culturels avec les pays africains. À Lomé, ces intérêts se sont rencontrés autour de secteurs considérés comme stratégiques pour l’avenir des deux économies.
Les représentants russes ont notamment évoqué les possibilités offertes par les domaines de l’énergie et des mines. Des discussions ont également porté sur les infrastructures, l’agriculture et les technologies, autant de secteurs dans lesquels le Togo veut accélérer la transformation de son économie.
Les délégations ont recensé plusieurs projets d’accords à finaliser. Ils concernent la promotion et la protection des investissements, la coopération douanière, le commerce, l’éducation, l’agriculture, l’énergie, la recherche, l’innovation, l’emploi, les technologies de l’information et les transports.
Cette étape reste importante, mais elle ne constitue qu’un commencement. Les accords annoncés devront encore être négociés, signés, ratifiés lorsque cela sera nécessaire, puis traduits en programmes accompagnés de financements et de calendriers.
C’est sur cette capacité d’exécution que se jouera la crédibilité du rapprochement. Pour Lomé comme pour Moscou, la commission intergouvernementale doit devenir un outil de suivi, et non un banal rendez-vous périodique consacré à la réaffirmation de principes généraux.
La culture comme premier point d’ancrage
Le premier résultat formel de la session concerne le patrimoine culturel. Le ministre togolais du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, a signé un mémorandum avec Natalia Saloveva, directrice du Centre d’archéologie de l’Académie de la Fédération de Russie. Le document ouvre la voie à une coopération accrue entre institutions culturelles et universitaires. Il prévoit notamment de favoriser la mobilité des étudiants et de promouvoir la langue et la culture russes au Togo.
Ce volet donne une dimension plus concrète au partenariat. Alors que l’énergie, les mines et les transports renvoient à des investissements lourds et à des négociations complexes, la coopération culturelle peut produire plus rapidement des échanges visibles : programmes universitaires, formation, recherche archéologique et circulation d’experts. Lomé et Moscou travaillent également sur l’idée d’une Maison russe au Togo, destinée à servir de centre de promotion linguistique, culturelle et éducative.
Le rapprochement actuel s’inscrit dans le prolongement d’un contact politique au plus haut niveau. Le 19 novembre 2025, le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, avait été reçu par le président russe Vladimir Poutine au Kremlin. Les deux dirigeants avaient alors exprimé leur volonté de renforcer les relations entre leurs pays et demandé la mise en place d’un mécanisme chargé d’en assurer le suivi. La commission réunie à Lomé constitue la première traduction institutionnelle de cette orientation.
Elle intervient dans un contexte où Moscou cherche à élargir ses partenariats sur le continent africain, tandis que plusieurs États africains tentent de diversifier leurs relations extérieures et leurs sources de financement. Cette convergence explique l’intérêt porté à la session togolaise, sans préjuger des résultats futurs.
Le prochain test se déroulera à Moscou
Les deux gouvernements ont fixé le principe d’une deuxième session à Moscou en 2028. Les dates seront déterminées ultérieurement par voie diplomatique. D’ici là, les administrations devront transformer la feuille de route de Lomé en décisions mesurables. Il faudra notamment préciser les projets prioritaires, identifier les partenaires économiques, définir les mécanismes de financement et établir un calendrier de mise en œuvre.
La cérémonie de clôture a donc moins marqué l’aboutissement d’un processus que l’ouverture d’une période de vérification. Le Togo et la Russie ont posé les bases d’un partenariat plus ambitieux. Désormais, les réalisations concrètes, les accords signés et les projets effectivement exécutés permettront de mesurer l’importance de ce partenariat, bien au-delà des salles de réunion de Lomé.
La commune de Bassar 1 a lancé, jeudi 1er octobre 2026, une session de formation destinée aux autorités locales et coutumières du canton de Kalanga. Pendant deux jours, les participants examinent les enjeux liés à la santé reproductive et aux droits sexuels, à la santé communautaire, à la nutrition et à l’égalité entre les femmes et les hommes.
La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet consacré au renforcement des capacités des autorités locales et traditionnelles et à la sensibilisation des communautés. L’initiative bénéficie du soutien financier de la coopération allemande, à travers le programme ProSanté III, qui accompagne au Togo l’amélioration de l’accès à des services de santé sexuelle et reproductive de qualité.
Au-delà de la transmission de connaissances, la formation vise à faire des responsables communautaires des interlocuteurs mieux outillés pour orienter les populations, prévenir les pratiques préjudiciables et favoriser le recours aux services de santé.
Trente représentants prennent part aux travaux. Le groupe rassemble notamment des chefs traditionnels et religieux, des membres des comités de développement à la base, des responsables de quartiers et de villages, des « tantines » ainsi que des femmes leaders.
Cette diversité doit permettre d’aborder les questions de santé à partir des réalités vécues dans les communautés. Les autorités coutumières disposent d’une influence importante dans la médiation sociale, tandis que les relais communautaires entretiennent un contact direct avec les familles. Leur implication peut donc faciliter la circulation d’informations fiables sur la contraception, la maternité, les droits en matière de santé et la prévention des violences fondées sur le genre.
Les participants étudient les notions essentielles relatives à la santé reproductive et aux droits sexuels, ainsi que les principales dispositions du cadre légal. Les échanges portent également sur la santé communautaire, la nutrition et l’approche dite du genre transformateur.
Les organisateurs privilégient une approche participative, fondée sur des exposés, des études de cas, des travaux en groupes et des jeux de rôle. Cette méthode permet aux participants de mettre les connaissances acquises en perspective avec les réalités de leurs localités, notamment l’orientation d’une jeune fille vers un centre de santé, l’accompagnement d’une victime de violence ou encore la médiation au sein d’une famille.
Des facilitateurs expérimentés et des experts locaux encadrent les discussions. Ils encouragent les participants à dépasser les idées reçues et à mieux comprendre les obstacles sociaux, culturels et économiques qui limitent encore l’accès de certaines personnes aux services de santé.
Le programme ProSanté III soutient le renforcement du système sanitaire togolais en développant les compétences des acteurs locaux, régionaux et nationaux. Il accorde une place particulière à la santé sexuelle et reproductive, à la qualité des soins, à la nutrition et à la prise en compte des inégalités liées au genre.
Dans cette approche, l’amélioration de l’offre médicale ne suffit pas. Les populations doivent aussi connaître leurs droits et pouvoir s’appuyer sur des relais capables de les informer et de les orienter. La formation organisée à Kalanga répond précisément à cet impératif en rapprochant les responsables communautaires des enjeux de santé publique.
Les travaux doivent prendre fin ce vendredi 2 octobre. À l’issue de la session, les participants devraient disposer d’outils leur permettant de relayer les messages de prévention, d’identifier les besoins des populations et de contribuer à une meilleure prise en charge des questions de santé reproductive ainsi que de genre dans le canton de Kalanga.