Comment le Togo compte investir les 200 millions de dollars de la Banque mondiale

Le Groupe de la Banque mondiale a validé une enveloppe majeure en faveur de Lomé pour financer son Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT). Un coup d’accélérateur pour l’ambition togolaise de s’imposer comme le hub incontournable de l’hinterland ouest-africain.

Le Port autonome de Lomé (PAL), seul port naturel en eau profonde de la sous-région, s’apprête à passer un nouveau cap structurel. Avec un trafic conteneurs passé de 311 500 EVP (Équivalent Vingt Pieds) en 2013 à 1,9 million en 2023, l’infrastructure asphyxie par son propre succès le réseau routier de la capitale. Pour y remédier et fluidifier les corridors logistiques, le gouvernement togolais vient de sécuriser un appui de 200 millions de dollars auprès de la Banque mondiale.

Ce financement massif va donner corps au Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT), un projet conçu pour doper la compétitivité du pays face à ses rivaux de la côte ouest-africaine.

Le rail pour relier le port à la plateforme d’Adétikopé

Le premier volet — et sans doute le plus stratégique — de ce programme concerne la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant le Port de Lomé à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Située à 27 kilomètres au nord de la capitale et opérationnelle depuis début 2022, la PIA dispose d’une capacité d’accueil de 12 500 conteneurs. En basculant le transfert de ces cargaisons vers le rail, Lomé espère désengorger définitivement les axes routiers urbains et accélérer le transit des marchandises vers les pays enclavés du Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger).

Ensuite, l’enveloppe s’attaquera directement au quotidien des Loméens en ciblant la mobilité urbaine dans le Grand Lomé. L’objectif est de fluidifier le trafic et de réduire la congestion chronique provoquée par les flux incessants de poids lourds aux abords de la zone portuaire.

Enfin, cette modernisation jette un pont entre la réussite logistique côtière et le Togo profond. Ce dernier axe prévoit le renforcement de la connectivité entre les zones agricoles à fort potentiel (dans les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô) et les marchés régionaux.

« Ce programme représente une opportunité stratégique majeure pour le Togo de renforcer sa position en tant que principal pôle de transport et de logistique de la sous-région », souligne Tony Verheijen, Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, précisant que ces infrastructures seront construites pour résister aux chocs du changement climatique.

Un portefeuille global de 1,5 milliard de dollars

Pour la Banque mondiale, ce coup de pouce s’inscrit dans une lune de miel financière durable avec Lomé. Le portefeuille de l’institution de Bretton Woods au Togo frôle désormais la barre des 1,5 milliard de dollars (1,49 milliard enregistré en mars 2026). Cette nouvelle enveloppe fait suite à un autre engagement de 150 millions de dollars acté fin 2025 pour booster l’emploi et l’investissement privé.

En inscrivant le transport, la logistique et l’agriculture comme les piliers de son Cadre de partenariat pays (CPF) 2025-2029, la Banque mondiale valide la feuille de route des autorités togolaises : faire du corridor logistique national le moteur d’une croissance inclusive, capable d’irriguer le secteur agricole tout en séduisant les investisseurs privés internationaux.

Le Togo vise 30 milliards FCFA sur le marché de l’UMOA

Le Trésor public togolais retourne sur le marché financier régional de l’Afrique de l’Ouest. Lomé vise une levée de 30 milliards de francs CFA (environ 45,7 millions d’euros) à travers une émission simultanée de titres, prévue pour ce vendredi 26 juin 2026.

Lomé maintient son rythme de croisière sur le marché des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Pour cette nouvelle sortie, l’Agence UMOA-Titres orchestrera une levée de fonds duale. En effet, le Trésor togolais s’appuiera à la fois sur des bons assimilables du Trésor (BAT) — des instruments de court terme — et sur des obligations assimilables du Trésor (OAT) pour ses besoins à moyen et long termes.

Dans le prolongement de sa stratégie de financement, cette opération s’inscrit dans le cadre du financement des infrastructures et de la couverture des besoins de trésorerie de l’État togolais pour l’exercice en cours.

Près de 40 % de l’objectif annuel déjà sécurisé

Pour le Togo, le succès de cette émission constitue une étape supplémentaire vers la réalisation de son plan de financement pluriannuel. Par ailleurs,  les autorités financières du pays ont fixé à 463 milliards de FCFA l’objectif de mobilisation pour l’ensemble de l’année 2026.

À mi-parcours, les indicateurs traduisent aussi une trajectoire maîtrisée :

  • Montant déjà levé : 181,5 milliards de FCFA depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 ;

  • Niveau de réalisation : près de 40 % de la cible annuelle.

Dans un environnement régional marqué par le durcissement des conditions monétaires et la remontée des taux d’intérêt au sein de la zone de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le Trésor togolais continue néanmoins de bénéficier d’un préjugé favorable auprès des investisseurs institutionnels — banques, compagnies d’assurances et organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) — de la sous-région.

En somme, le verdict de vendredi permettra non seulement d’apprécier le niveau de sursouscription de l’opération, mais aussi de mesurer le coût réel — à travers les taux de rendement exigés — que Lomé devra consentir pour capter cette nouvelle poche de liquidités.

Finances publiques au Togo : L’État siffle la fin de l’amateurisme budgétaire dans les communes

Après l’étape septentrionale de Kara, la ville de Kpalimé accueille la seconde vague du programme national de professionnalisation des finances locales. Pendant cinq jours, cent ordonnateurs et receveurs municipaux des régions méridionales s’initient aux exigences d’un budget « sincère et soutenable ».

Le Togo accélère la cadence de sa réforme de la décentralisation financière. En effet, depuis le lundi 22 juin, la ville de Kpalimé est devenue le centre névralgique de la gouvernance locale togolaise. Cent acteurs clés de l’exécution budgétaire — issus des régions des Plateaux, Maritime et du Grand Lomé — y participent à un séminaire intensif de cinq jours. Par ailleurs, L’enjeu est de transformer la gestion des communes pour en faire de véritables moteurs de développement.

Cette session fait suite à une première phase organisée à Kara pour les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale. Elle traduit également la volonté du gouvernement, sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, d’imposer une discipline financière rigoureuse aux collectivités locales, souvent confrontées au défi de l’optimisation de leurs ressources publiques.

Ministère des Finances et du Budget du Togo
© Ministère des Finances et du Budget du Togo

De l’amateurisme à la culture de la performance

Lors de la cérémonie d’ouverture, coprésidée par le préfet de Kloto, Assan Koku Bertin — représentant le gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawè —, et Apollinaire Elanyo Emegnimo, directeur adjoint du Trésor et de la comptabilité publique, le ton a été donné d’emblée.

En effet, dans un message délivré au nom du ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, l’accent a été mis sur le changement de paradigme nécessaire au niveau des municipalités :

« La collectivité territoriale constitue l’échelon privilégié d’identification des besoins des populations. Mais cette responsabilité accrue implique des exigences élevées en matière de compétence, de rigueur, de transparence et de redevabilité. »

Ainsi, la performance des élus locaux ne se mesurera plus aux promesses, mais à des indicateurs précis de gestion : le taux de recouvrement des recettes, l’efficience des dépenses, la gestion active de la trésorerie ainsi que le respect strict des délais de reddition des comptes.

Ministère des Finances et du Budget du Togo
© Ministère des Finances et du Budget du Togo

Fluidifier les relations entre ordonnateurs et receveurs

L’un des principaux points d’achoppement de la finance locale réside fréquemment dans la dualité — parfois conflictuelle — entre l’ordonnateur, le maire qui décide de la dépense, et le receveur, le comptable public chargé de son exécution. D’ailleurs, l’atelier de Kpalimé vise précisément à clarifier les rôles de chacun afin d’instaurer un contrôle interne efficace et de prévenir les risques d’irrégularités de gestion.

D’ici au 26 juin prochain, les formateurs s’attèleront à transmettre des outils pratiques pour atteindre quatre résultats majeurs :

  • Sincérité budgétaire : concevoir des budgets réalistes, débarrassés des recettes fictives et alignés sur les priorités locales ;
  • Maîtrise des procédures : sécuriser la chaîne de la dépense, depuis l’engagement initial jusqu’au paiement final ;
  • Contrôle des risques : mettre en place des verrous internes pour tarir les pertes de ressources ;
  • Crédibilité financière : renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers envers les municipalités.

À l’heure où le Togo cherche à consolider l’ancrage de sa décentralisation, cette mise à niveau technique rappelle aussi une évidence souvent sous-estimée : la décentralisation politique reste stérile sans une autonomie financière solidement encadrée par la rigueur de l’État central.

Ministère des Finances et du Budget du Togo
© Ministère des Finances et du Budget du Togo

Ghana : Le NDC rebaptise son siège au nom de Jerry John Rawlings

En rebaptisant son siège national au nom du feu Flight Lieutenant Jerry John Rawlings, le Congrès national démocrate transforme un acte mémoriel en affirmation idéologique, à l’heure où le président John Dramani Mahama cherche à inscrire son « Reset Agenda » dans la continuité d’une révolution inachevée.

Il avait lui-même, dit-on, décliné toutes les propositions en ce sens. Selon les souvenirs livrés lundi à Accra par le président John Dramani Mahama, l’ancien chef de l’État ghanéen Jerry John Rawlings avait toujours refusé que son nom soit apposé sur un monument national de son vivant. C’est donc à titre posthume que le Congrès national démocrate (NDC) a choisi, ce 22 juin 2026 — date qui aurait marqué son 79ᵉ anniversaire —, de rebaptiser son siège national « Jerry John Rawlings House », en présence du chef de l’État, de la direction du parti et d’un parterre de fidèles rassemblés sous la bannière du thème retenu pour la cérémonie : « De la révolution à la Quatrième République : l’héritage Rawlings. »

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Le président Mahama a, dans la foulée, dévoilé un buste de bronze à l’effigie de l’homme d’État disparu en novembre 2020. Dans son allocution, il a appelé les Ghanéens à honorer cet héritage en défendant les valeurs que Rawlings avait érigées en étendard : probité, redevabilité et service désintéressé à la nation. Des principes que le NDC, depuis son retour au pouvoir à l’issue des élections de 2024, tente de traduire en programme de gouvernance.

« Rawlings avait toujours refusé que son nom soit apposé sur un monument national de son vivant », a déclaré John Dramani Mahama, à Accra, le 22 juin 2026.

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Une stratégie mémorielle soigneusement orchestrée

La cérémonie du 22 juin s’inscrit dans une séquence commémorative plus large inaugurée au début du mois de juin, désigné « NDC Month » par la direction du parti. Son secrétaire général, Fifi Fiavi Kwetey, avait alors présenté l’ensemble des manifestations prévues comme une occasion de « promouvoir l’éducation politique, la réflexion nationale et l’engagement civique, en particulier auprès de la jeunesse ». Le renommage du siège constitue l’acte central d’une stratégie narrative minutieusement planifiée.

La famille de Rawlings était représentée par l’un de ses enfants, dont la déclaration, reprise par la presse ghanéenne, soulignait que ce baptême était « bien plus qu’un geste symbolique ». Un point de vue partagé par plusieurs observateurs, qui voient dans cette initiative une manière pour le NDC de consolider, sur le terrain de la mémoire, une identité partisane mise à rude épreuve depuis la disparition de son fondateur.

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L’héritage contrasté du père de la Quatrième République

Né à Accra le 22 juin 1947 d’un père chimiste écossais et d’une mère originaire de la région de la Volta, Jerry John Rawlings gravit les échelons de l’armée de l’air ghanéenne jusqu’au grade de Flight Lieutenant. Le 4 juin 1979, il conduit un soulèvement militaire qui renverse le gouvernement du Conseil militaire suprême du général Fred Akuffo, avant de remettre brièvement le pouvoir à un gouvernement civil. Il revient aux affaires par un second coup de force en décembre 1981, qu’il convertit progressivement en transition constitutionnelle, fondant le NDC en 1992 et remportant la présidentielle la même année, devenant ainsi le premier président de la Quatrième République.

Il reste connu pour ses engagements contre la corruption et pour sa défense constante de la justice sociale et de l’émancipation économique des populations ghanéennes, notamment rurales. Sous sa présidence, le Ghana s’ouvre davantage à la scène internationale, renforce sa participation aux opérations de maintien de la paix des Nations unies et engage plusieurs réformes économiques sous l’égide du FMI. En 2000, il transmet pacifiquement le pouvoir au New Patriotic Party (NPP), une première dans l’histoire du pays. Il meurt en novembre 2020 et reçoit des funérailles nationales.

Ce tableau ne doit cependant pas occulter les zones d’ombre d’une trajectoire profondément paradoxale. Son administration fut marquée par des violations des droits humains et plusieurs épisodes politiques controversés, qui continuent d’alimenter une perception publique divisée. Des voix ghanéennes continuent de lui reprocher la violence qui accompagna ses prises de pouvoir. Son héritage demeure, selon les termes employés par de nombreux historiens, « à la fois influent et controversé ».

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Entre devoir de mémoire et stratégie politique

La date du 22 juin n’est pas anodine : elle correspond à la naissance de Rawlings, mais aussi, depuis 2012, au « Founder’s Day », fête nationale célébrant les fondateurs du Ghana. En choisissant ce jour, le NDC inscrit son fondateur dans une mémoire civique qui dépasse le cadre partisan. Le geste est aussi, pour le président Mahama, un rappel stratégique : la probité et la redevabilité, qu’il entend placer au cœur de son « Reset Agenda », ne constitueraient pas une rupture, mais la continuité d’une tradition inaugurée par Rawlings dès le soulèvement du 4 juin 1979.

Au-delà du Ghana, la mémoire de l’ancien chef de l’État continue d’entretenir une résonance panafricaine. En mai 2025, les autorités burkinabè ont baptisé une avenue de Ouagadougou du nom de Jerry John Rawlings, témoignant de l’influence que l’ancien président continue d’exercer bien au-delà des frontières de son pays.

Le pari mémoriel comporte toutefois ses risques. En institutionnalisant la figure de Rawlings, le NDC se contraint à assumer l’intégralité d’un héritage que ses propres partisans peinent parfois à homogénéiser. L’ambivalence demeure au cœur de la personnalité politique du Flight Lieutenant : révolutionnaire populaire pour les uns, dirigeant autoritaire pour les autres. Ce n’est pas un buste de bronze qui tranchera ce débat, mais c’est peut-être, pour le NDC, précisément là tout l’intérêt d’en avoir érigé un.

Togo : L’Alliance Politique Africaine (APA) face à la crise au Moyen-Orient

Lomé, 22 juin 2026 – Un an après avoir accueilli la troisième conférence ministérielle ordinaire de l’Alliance Politique Africaine (APA), la capitale togolaise s’apprête à recevoir, le 3 juillet prochain, une session extraordinaire de l’organisation consacrée aux conséquences de la crise au Moyen-Orient sur le continent africain.

Réunis au Palais des Congrès de Lomé, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’APA plancheront sur le thème : « L’Afrique face à la crise au Moyen-Orient : impacts, défis et réponses stratégiques ». Au-delà du constat, les participants entendent élaborer des réponses concertées aux répercussions économiques, sécuritaires et diplomatiques du conflit sur les États africains.

Cette réunion témoigne d’une évolution des priorités de l’organisation. En juin 2025, lors de sa troisième conférence ministérielle ordinaire, également organisée à Lomé sous l’impulsion du chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, l’Alliance Politique Africaine avait placé ses travaux sous le signe du repositionnement géostratégique du continent. Les délégations présentes, notamment celles du Mali, du Burkina Faso, du Niger et de la République démocratique du Congo, avaient alors débattu de « la place de l’Afrique dans un monde en mutation ».

D’un débat stratégique à la gestion d’une crise internationale

Un an plus tard, le contexte a changé. L’Alliance abandonne le cadre classique de ses rencontres ordinaires pour convoquer une session exceptionnelle centrée sur les conséquences d’un conflit extérieur dont les effets se font déjà sentir sur plusieurs économies africaines.

L’enjeu n’est plus seulement de définir la place de l’Afrique dans les recompositions géopolitiques mondiales, mais de répondre à des préoccupations plus immédiates : la hausse des prix de l’énergie, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, la sécurisation des voies maritimes ou encore la nécessité d’adopter une position diplomatique cohérente face aux grandes puissances impliquées dans la crise.

Cette capacité d’adaptation constitue un test pour l’Alliance Politique Africaine, créée pour promouvoir une approche africaine des grandes questions internationales. En convoquant cette conférence extraordinaire, l’organisation entend démontrer sa capacité à réagir aux chocs géopolitiques et à défendre les intérêts du continent dans un environnement international de plus en plus instable.

Le rendez-vous du 3 juillet pourrait ainsi servir de baromètre de l’influence réelle de l’APA. À travers cette rencontre, Lomé confirme une nouvelle fois son statut de plateforme diplomatique régionale et de carrefour des réflexions stratégiques africaines.

Togo : Des lycéens en immersion à l’aéroport de Lomé avec la SALT

Lomé, 22 juin 2026 – Les couloirs de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) accueillent actuellement des visiteurs d’un genre nouveau. Carnets à la main et regards curieux, des élèves de classe de seconde découvrent les rouages d’une structure névralgique du transport aérien togolais à la faveur d’un stage d’immersion inédit.

Différents départements de l’entreprise ouvrent leurs portes à ces jeunes stagiaires pour leur offrir un ancrage concret dans les réalités du monde du travail. En effet, des bureaux administratifs aux plateaux techniques de la piste, chaque élève observe, apprend et apprivoise l’environnement aéroportuaire au quotidien.

Cap sur l’avenir : Kanka-Malik Natchaba coache la relève

Le point d’orgue de cette semaine d’immersion reste sans conteste la rencontre directe avec le Directeur général de la SALT. Face aux lycéens, Kanka-Malik Natchaba a délivré un message d’encouragement appuyé, insistant sur la valeur de ce premier contact pour façonner leur avenir académique et professionnel.

« Profitez pleinement de cette opportunité pour découvrir les exigences réelles du milieu professionnel et acquérir des compétences qui guideront la suite de votre parcours », a recommandé le Directeur général aux stagiaires.

Aéroport de Lomé (AIGE)
© Aéroport de Lomé (AIGE)

Passerelle entre l’école et l’entreprise : le pari de la SALT

En outre , cette expérience dépasse le cadre formel du simple stage scolaire obligatoire. Elle brise la frontière théorique des salles de classe pour confronter les élèves au terrain, leur permettant d’affiner ou de révéler des vocations professionnelles précises.

En fin de compte, en parrainant cette cohorte d’élèves de seconde, la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin valide son engagement citoyen envers la jeunesse togolaise. Ainsi, cette démarche collaborative rapproche l’école du monde des affaires. Les semaines passées au cœur de la SALT aideront sans nul doute ces futurs bacheliers à mieux concevoir leur orientation, armés d’un aperçu pratique des exigences de l’aviation civile.

Côte d’Ivoire : L’influenceur camerounais Elysée le Snieper interpellé

Abidjan, 22 juin 2026 — La police ivoirienne a interpellé l’influenceur camerounais Elysée, connu sous le pseudonyme d’Elysée le Snieper, dans la soirée du dimanche 21 juin 2026. Cette arrestation fait suite à la diffusion de plusieurs vidéos dans lesquelles le créateur de contenu proférait des propos jugés outrageants envers la Côte d’Ivoire. L’affaire, qui embrase littéralement les réseaux sociaux ivoiriens, relance le débat sur la responsabilité des blogueurs et les frontières de la liberté d’expression en ligne.

Du clash footballistique à l’injure publique : la vidéo de la discorde

Dans plusieurs séquences largement partagées sur TikTok et Facebook, l’influenceur qualifie sans détour la Côte d’Ivoire de « pays de merde ». Bien que ces propos aient immédiatement déclenché une vague d’indignation, Elysée a choisi de multiplier les publications provocatrices. Ses propres contenus, géolocalisés à Grand-Bassam, confirmaient d’ailleurs sa présence physique sur le territoire national au moment où la polémique enflait.

En outre, l’indignation des internautes ivoiriens a rapidement poussé la communauté à réclamer une intervention policière. Au-delà de l’insulte envers la nation, un geste précis a mis le feu aux poudres : dans un clip, l’influenceur arbore fièrement un drapeau allemand. De nombreux Ivoiriens ont interprété cet acte comme une provocation délibérée dans le contexte des rivalités sportives régionales.

Des excuses jugées tardives et une interpellation policière

Face au tollé général et à la colère populaire, Elysée le Snieper a finalement rétropédalé en publiant une vidéo d’excuses. Il y affirme que ses propos relevaient de simples « défis » et de « vannes » liés au football, niant toute volonté de manquer de respect au peuple ivoirien. Toutefois, ce mea culpa n’a pas suffi à apaiser les tensions : les forces de sécurité ont procédé à son arrestation quelques heures plus tard. Pour l’instant, les autorités observent un mutisme total sur les motifs exacts de l’interpellation et sur les éventuels chefs d’accusation retenus.

Cette affaire illustre les frictions permanentes entre le caractère transnational des réseaux sociaux et la souveraineté des lois pénales nationales.

Vers un durcissement de la régulation des créateurs de contenu ?

Par conséquent, les régulateurs du cyberespace et les associations de médias réitèrent leurs appels à une meilleure sensibilisation des créateurs de contenu aux risques juridiques liés à leurs propos. À l’inverse, pour certains observateurs, la sanction pénale d’un influenceur étranger interroge les modalités d’application des lois relatives à l’ordre public à l’ère du numérique.

Dès lors, les réactions continuent de saturer la toile, oscillant entre des demandes d’expulsion et des appels à la modération. L’enquête policière en cours devra déterminer la qualification pénale exacte des faits. La justice ivoirienne devrait publier un communiqué officiel dans les prochains jours afin de clarifier le sort du ressortissant camerounais.

Espace BBTG : Lomé crée un cadre pour une transhumance apaisée

Lomé, 19 juin 2026 – Pendant deux jours, Lomé est devenue le point de convergence d’une initiative inédite destinée à mieux encadrer la transhumance en Afrique de l’Ouest. Les 18 et 19 juin, la capitale togolaise accueille l’Assemblée générale constitutive du Dispositif de concertation et de coopération multi-acteurs pour une mobilité du bétail apaisée dans l’espace BBTG, qui regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Togo et le Ghana.

L’ambition des parties prenantes s’avère claire : instaurer un cadre permanent de dialogue entre éleveurs, agriculteurs, autorités publiques et collectivités locales. L’enjeu est de prévenir les conflits liés aux mouvements transfrontaliers du bétail, tout en favorisant une meilleure gouvernance pastorale dans une région où les tensions autour des ressources naturelles constituent désormais un défi majeur pour la sécurité et la cohésion sociale.

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Espace BBTG : un nouvel outil de coopération transfrontalière

Cette rencontre consacre l’aboutissement de plusieurs mois de concertations techniques entre les différents acteurs du pastoralisme des quatre pays signataires. Une cinquantaine de représentants d’organisations de pasteurs et d’agropasteurs, de services techniques déconcentrés, de commissions nationales des frontières, de collectivités territoriales ainsi que des partenaires au développement participent aux travaux.

L’objectif de cette assemblée fondatrice est la mise en place d’un mécanisme permanent de coopération destiné à faciliter une mobilité du bétail plus sûre et plus prévisible, tout en réduisant les risques de tensions entre les communautés d’accueil et les éleveurs transhumants. L’initiative s’inscrit dans la continuité de l’atelier régional organisé à Lomé en mars 2025, au terme duquel les parties prenantes avaient adopté un plan d’action triennal pour renforcer la coordination transfrontalière.

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Sécurité et climat : la transhumance au cœur de la stabilité régionale

Dans plusieurs pays du Sahel et du golfe de Guinée, les déplacements saisonniers des troupeaux constituent un pilier essentiel de l’économie pastorale. Cependant, l’augmentation de la pression foncière, les effets du changement climatique et l’insécurité grandissante ont accentué les frictions entre éleveurs et agriculteurs.

Face à ces défis, les États du Bénin, du Burkina Faso, du Ghana et du Togo entendent privilégier une approche fondée sur le dialogue, la prévention des conflits et la mise en place de mécanismes concertés de régulation.

L’enjeu dépasse la seule question du bétail. Il s’agit également de préserver la stabilité sociale dans des zones frontalières particulièrement sensibles, où les tensions communautaires peuvent être exploitées par des groupes armés et fragiliser davantage les territoires.

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Le programme MOPSS-2 : un consortium international pour le pastoralisme

Cette initiative régionale s’inscrit dans le cadre du programme « Mobilité pastorale transfrontalière apaisée et stabilité sociale au Sahel » (MOPSS-2), que soutient l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (ASDI). Le consortium conduit par l’Organisation néerlandaise de développement (SNV) pilote sa mise en œuvre, en partenariat avec le Réseau Billital Maroobé (RBM), l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane (APESS), le Réseau des organisations paysannes et des producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), Hub Rural et CARE Danemark.

À travers MOPSS-2, les partenaires ambitionnent de contribuer à une transhumance transfrontalière pacifiée, en améliorant la perception des activités pastorales au sein des communautés d’accueil, en soutenant de nouveaux mécanismes de sécurisation et de régulation, mais aussi en favorisant l’insertion des ménages pastoraux dans des chaînes de valeur durables. Le programme entend également renforcer le rôle des organisations professionnelles rurales dans les espaces de dialogue politique, du niveau local jusqu’aux instances régionales et internationales.

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Lomé s’affirme comme le carrefour du dialogue et de la coexistence pacifique

En accueillant cette assemblée générale constitutive, le Togo confirme son rôle de plateforme de concertation régionale sur les questions de paix, de sécurité et de coopération transfrontalière.

Au-delà de la création d’une nouvelle structure, les participants entendent jeter les bases d’une gouvernance pastorale plus inclusive, capable de répondre aux défis d’une région confrontée aux effets combinés du changement climatique, des pressions démographiques et des crises sécuritaires. Dans l’espace BBTG, la mobilité du bétail n’est plus seulement une question économique. Elle est désormais considérée comme un levier de stabilité et de coexistence pacifique entre les populations qui partagent les mêmes territoires.

FMI et Togo : Vers un nouvel ordre économique mondial ?

Lomé, 19 juin 2026 – Le ministre togolais des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, a salué, jeudi 18 juin, la contribution « analytique et visionnaire » de Racheeda Boukezia, représentante résidente du Fonds monétaire international (FMI) au Togo. Invitée d’honneur du Club diplomatique de Lomé, celle-ci y a prononcé une conférence magistrale sur le thème : « De Bretton Woods au XXIᵉ siècle : le FMI face à son histoire ».

Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes, une crise énergétique persistante et des défis structurels pour les économies africaines, cette intervention a pris une résonance particulière. Mme Boukezia y a livré une analyse approfondie des réformes institutionnelles nécessaires pour adapter les institutions financières internationales aux réalités du XXIᵉ siècle. Elle a également souligné l’importance d’un nouvel ordre économique mondial fondé sur le partenariat, le respect de la souveraineté des États et le développement durable.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Le FMI et l’Afrique : un dialogue renforcé face aux fragilités macroéconomiques

La conférence de Lomé s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre le FMI et les acteurs africains, notamment les universités et les décideurs politiques. Déjà, en janvier 2026, la représentante résidente du FMI au Togo avait animé une conférence à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université de Lomé, où elle avait dressé un panorama des perspectives économiques mondiales et régionales pour l’année en cours. À cette occasion, elle avait insisté sur la nécessité pour les États africains de mettre en œuvre des politiques économiques prudentes, inclusives et orientées vers le long terme afin de renforcer leur résilience face aux chocs extérieurs.

Cependant, Mme Boukezia n’a pas manqué d’attirer l’attention sur les fragilités macroéconomiques persistantes de certains pays africains. Concernant le Togo, elle a mis en exergue les défis liés à la gestion rigoureuse des finances publiques, à l’exposition aux crises exogènes et à l’urgence d’accélérer les réformes structurelles pour garantir une croissance plus robuste et inclusive.

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Robert Dussey : une voix clé pour la souveraineté économique africaine

Figure centrale de la diplomatie togolaise et panafricaine, Robert Dussey reste reconnu pour son plaidoyer constant en faveur du développement autonome de l’Afrique. Son implication au Club diplomatique de Lomé s’inscrit ainsi dans la droite ligne de sa vision : celle d’un partenariat international rééquilibré où les États africains ne subissent plus, mais définissent les règles du jeu économique mondial.

Dans un message publié sur son compte X à l’issue des débats, le chef de la diplomatie togolaise a réaffirmé sa volonté de bâtir une architecture financière mondiale basée sur le respect mutuel. Cette posture politique s’harmonise avec les ambitions de Lomé, dont les récents efforts en matière de consolidation budgétaire ont été salués par les équipes du FMI.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Le Togo, laboratoire des réformes économiques en Afrique de l’Ouest

Souvent cité en exemple pour ses progrès en matière de climat des affaires et de modernisation économique, le Togo demeure confronté à des défis structurels importants. Le FMI a notamment mis en garde contre la vulnérabilité de son modèle économique, encore fortement exposé aux chocs extérieurs, notamment à la hausse des coûts énergétiques et à la dépendance aux importations. Pour Lomé, l’enjeu consiste à préserver la stabilité macroéconomique tout en accélérant les réformes susceptibles de favoriser une croissance davantage portée par le secteur privé.

La conférence de Racheeda Boukezia a également été l’occasion de rappeler que plusieurs économies africaines, dont celle du Togo, pourraient voir leurs perspectives se détériorer à court terme en raison de contraintes macroéconomiques persistantes. Parmi les priorités identifiées figurent l’investissement dans le capital humain, l’amélioration de la gouvernance et la poursuite des réformes structurelles.

Robert Dussey
© Robert Dussey

De Bretton Woods au XXIᵉ siècle : quel héritage pour l’Afrique ?

Près de 80 ans après la conférence de Bretton Woods, qui avait dessiné les contours du système monétaire de l’après-guerre, le FMI fait aujourd’hui face à un monde multipolaire. Désormais, les économies émergentes réclament une gouvernance plus équitable et des mécanismes de financement adaptés à leurs réalités de terrain.

Mme Boukezia a justement convenu de la nécessité pour l’institution d’évoluer, notamment en accordant un droit de cité plus important aux voix africaines dans les processus décisionnels. Une position qui rejoint celle de nombreux dirigeants du continent, favorables à une réforme en profondeur des institutions de Bretton Woods.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Vers un partenariat gagnant-gagnant fondé sur l’action

La conférence de Lomé a également permis de réaffirmer l’importance du dialogue entre les institutions internationales et les acteurs locaux. Comme l’a souligné Robert Dussey, la construction d’un nouvel ordre économique mondial repose sur :

  • le respect de la souveraineté des États ;

  • un partenariat fondé sur l’égalité et la confiance mutuelle ;

  • des réformes institutionnelles intégrant les spécificités africaines.

Pour le Togo, cette doctrine se traduit déjà par des avancées tangibles : simplification des procédures administratives, digitalisation des services publics et amélioration de l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Le gouvernement mise également sur des projets structurants, à l’image de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), pour faire du pays un hub économique régional.

Robert Dussey
© Robert Dussey

Club diplomatique de Lomé : Vers un nouveau monde économique d’égal à égal

La tribune offerte à Racheeda Boukezia au Club diplomatique de Lomé envoie un signal fort : l’Afrique ne veut plus être un simple récepteur de recommandations, mais un acteur à part entière de la redéfinition des règles économiques mondiales.

Pour Robert Dussey et le Togo, l’enjeu est clair : bâtir un partenariat international plus juste, où chaque État peut développer son potentiel dans le respect de sa souveraineté.

Comme l’a résumé le ministre : « Continuons, ensemble, à construire un nouveau monde économique fondé sur le partenariat, le respect de la souveraineté des États et capable de soutenir durablement leur développement. »

Chicago : inauguration de l’Obama Presidential Center

L’inauguration de l’Obama Presidential Center a réuni quatre anciens présidents sur le South Side de Chicago. Un événement à la fois panthéon civique et fête populaire, couronné par l’hommage bouleversant de Michelle Obama à son mari.

Il aura fallu dix ans de procédures, de batailles judiciaires et de travaux pour que l’Obama Presidential Center prenne forme. Le 18 juin 2026, il a officiellement ouvert ses portes à Jackson Park, sur le South Side de Chicago. Une consécration pour le 44ᵉ président des États-Unis, dont l’héritage est désormais inscrit dans le béton et le basalte de la ville qui l’a vu naître politiquement. Une inauguration célébrée en grande pompe devant un parterre de personnalités réunissant rarement une telle densité d’Histoire.

Quatre anciens présidents américains ont honoré la cérémonie de leur présence : Barack Obama, Joe Biden, Bill Clinton et George W. Bush, accompagnés de leurs épouses respectives. L’ancienne vice-présidente Kamala Harris, aux côtés de son mari Doug Emhoff, ainsi que les filles du couple Obama, Malia et Sasha, figuraient également au premier rang d’une John Lewis Plaza archicomble.

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Michelle Obama : les larmes du 44ᵉ président face à un hommage bouleversant

La séquence la plus mémorable de la journée n’est pourtant pas venue d’un chef d’État en exercice ni d’un artiste de renom. C’est en réalité Michelle Obama qui a volé la vedette dès les premières secondes de son allocution. Se tournant vers son mari, assis quelques rangs plus loin, elle l’a interpellé avec une franchise désarmante : « Barack — you got to look at me. » Réponse immédiate de l’intéressé, audible au micro : « No, I’m not. I’m gonna look down. »

Alors que le public éclatait de rire, la suite du discours a rapidement basculé dans l’émotion pure. L’ex-Première dame a rendu un vibrant hommage au président qu’il avait été, saluant la « fibre morale inébranlable » qui l’avait guidé à la Maison-Blanche. Évoquant leur parcours commun, elle a rappelé l’une des premières promesses de leur jeunesse : « Tu ne pouvais pas me donner le monde, mais tu pouvais me promettre une vie intéressante — et tu as fait mieux que l’un et l’autre. »

Tandis que Michelle Obama tissait cet éloge intime, Barack Obama retenait visiblement ses larmes, portant la main à ses yeux avant de baisser à nouveau le regard. En prenant ensuite la parole, il a souri en confessant une légère rancœur affectueuse : « Elle n’a pas voulu me montrer son discours. Elle savait qu’elle allait me mettre dans tous mes états, mais elle l’a fait quand même. »

Cette formule, qui a marqué la soirée, résumait l’essentiel : dans cet espace conçu pour traverser le temps, c’est d’abord une histoire humaine que Chicago a célébrée.

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Un campus de 850 millions de dollars ancré dans l’histoire du South Side

Le centre, dont le coût de construction s’élève à 850 millions de dollars, occupe un campus de 19 acres conçu par le cabinet Tod Williams Billie Tsien Architects, en collaboration avec les paysagistes de Michael Van Valkenburgh Associates. Il comprend un musée, une bibliothèque publique, un terrain de basket-ball, des espaces de restauration et de vastes zones vertes accessibles gratuitement. Sur la tour du musée, les mots d’un discours prononcé par Barack Obama à Selma en 2015 — « You Are America » — sont gravés dans la façade, laissant filtrer la lumière à travers le béton.

Par ailleurs, l’ouverture officielle au grand public a lieu ce vendredi 19 juin, jour de Juneteenth, la fête nationale commémorant l’émancipation des derniers esclaves aux États-Unis. Ce choix calendaire s’avère hautement symbolique dans un contexte politique américain marqué par de vifs débats sur les politiques de diversité et d’inclusion.

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Stevie Wonder, Bruce Springsteen et John Legend : un final digne d’un gala civique

La cérémonie, retransmise en direct dans le monde entier sur le site de l’Obama Foundation, a également offert un plateau artistique exceptionnel. Bruce Springsteen, Stevie Wonder, Jennifer Hudson, John Legend, Christina Aguilera, Marc Anthony, Bono et The Edge de U2, Common et The Roots, ou encore Eddie Vedder : la liste des interprètes tenait autant du concert de prestige que du gala civique.

La soirée s’est finalement achevée sur un final collectif mémorable autour du titre « Higher Ground » de Stevie Wonder, lorsque l’ensemble des artistes est remonté sur scène. Une ultime résonance à la formule que Michelle Obama avait popularisée lors de la convention démocrate de 2016 : « When they go low, we go high. »

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Dernier à prendre la parole, Barack Obama a retrouvé les accents familiers de ses éloquentes adresses. « Hello Chicago. « Sweet home, Chicago », a-t-il lancé, avant d’évoquer son arrivée dans la ville en 1985, à l’âge de vingt-trois ans, au volant d’une vieille voiture achetée à New York. Il a conclu en affirmant que son centre « nous rappelle ce que nous pouvons être ».

Avec sa conclusion, l’ancien président a passé le relais aux premiers visiteurs qui ont commencé à affluer sur le campus ce matin. Une nouvelle page de l’histoire du South Side s’est ouverte, dans la lumière de ce mois de juin.