LOMÉ, 29 juillet 2026 — Dans les bureaux, les tableaux d’exécution racontent une histoire. Sur le terrain, les populations en racontent une autre. Entre les deux, le gouvernement togolais veut désormais réduire l’écart. C’est tout l’enjeu de la revue du portefeuille des projets financés dans le cadre du partenariat entre le Togo et la Banque mondiale, organisée le 28 juillet par Sandra Ablamba Johnson, ministre, secrétaire générale de la Présidence du Conseil.
L’exercice dépasse le simple contrôle administratif. Il traduit une nouvelle manière de regarder les projets publics : non plus seulement à travers les montants engagés, les taux de décaissement ou les calendriers d’exécution, mais à partir de leurs effets réels sur la vie quotidienne.
Réunis autour des coordinateurs de projets, les responsables ont passé en revue l’état d’avancement des différents programmes du portefeuille Togo–Banque mondiale. L’objectif était de confronter trois réalités : ce qui était prévu, ce qui a effectivement été réalisé et ce que les populations constatent sur le terrain.
Un projet peut être financé, lancé et même afficher un niveau d’exécution satisfaisant sans produire immédiatement l’impact attendu. C’est précisément cette zone grise que l’exécutif entend désormais surveiller de plus près.
La revue du 28 juillet a donc cherché à rapprocher les indicateurs financiers de la réalité opérationnelle. Le niveau de décaissement ne suffit plus à lui seul à établir la réussite d’un programme. Encore faut-il que les ressources mobilisées se traduisent en infrastructures, en services ou en améliorations concrètes pour les citoyens. Autrement dit, le gouvernement veut déplacer le curseur : du projet exécuté vers le résultat obtenu.
Cette exigence prend une dimension particulière avec l’entrée dans la feuille de route Togo 2026-2031. Le portefeuille de coopération avec la Banque mondiale doit désormais s’inscrire dans cette nouvelle séquence politique et répondre avec davantage de précision aux priorités nationales.
Plus vite, mais surtout plus efficacement
Le message porté à l’issue de cette revue est sans ambiguïté. L’exécutif veut davantage de rigueur dans le suivi, davantage de célérité dans la mise en œuvre et une vigilance accrue sur l’impact des investissements. Cette orientation pose une question centrale à l’action publique : combien de temps faut-il entre la décision, le financement et le changement réellement perceptible par un citoyen ?
La réponse ne se trouve pas uniquement dans les rapports techniques. Elle se mesure aussi dans les territoires, au contact des bénéficiaires et des communautés concernées.
C’est pourquoi la coordination des projets devient un enjeu stratégique. Les responsables chargés de leur conduite doivent renforcer le suivi de l’exécution, identifier rapidement les blocages et prévenir les retards susceptibles d’éloigner les programmes de leurs objectifs initiaux.
Derrière cette volonté de renforcer la performance se dessine également une autre priorité : réduire les écarts de développement entre les territoires.
La feuille de route Togo 2026-2031 entend ainsi placer la résilience et l’équité territoriale au cœur de l’action publique. Dans cette perspective, les projets soutenus par la Banque mondiale ne sont pas considérés comme de simples opérations financières. Ils doivent participer à une transformation plus large du pays et répondre aux besoins différenciés des populations.
Le véritable indicateur ne sera donc pas seulement le montant dépensé, mais la trace laissée par cet investissement. Cette logique oblige à regarder autrement les projets publics. Une enveloppe mobilisée n’est qu’un moyen. Une réalisation achevée constitue une étape. Mais l’amélioration durable des conditions de vie demeure la finalité.
Une nouvelle culture du résultat
À travers cette revue, le gouvernement affiche ainsi une volonté de renforcer la culture du résultat dans la gestion des programmes publics.Le partenariat avec la Banque mondiale entre dans cette logique. Il ne s’agit plus uniquement de sécuriser l’exécution des financements, mais de garantir leur cohérence avec les priorités du pays et leur utilité pour les populations.
Sandra Ablamba Johnson a rappelé cette exigence en plaçant au centre de l’exercice la cohérence entre l’avancement des projets, les décaissements et les réalités observées sur le terrain. Le gouvernement adresse donc aux coordinateurs un message à la fois administratif et politique : il leur demande d’accélérer les projets, de renforcer leur suivi et surtout de démontrer leur utilité.
À l’horizon 2031, le défi sera désormais de transformer cette exigence en résultats mesurables. Car, au bout des financements et des procédures, c’est sur le terrain que se jouera le véritable bilan du partenariat Togo–Banque mondiale.
LOMÉ, 29 juillet 2026 — Un marché public commence rarement par un chantier. Il commence sur le papier, parfois des mois avant que le premier engin n’entre en action. Un besoin mal défini, une procédure mal planifiée ou un contrôle tardif peuvent suffire à ralentir toute une chaîne. À l’inverse, une commande correctement préparée peut déclencher une succession d’effets : une entreprise obtient un contrat, recrute ou paie ses salariés, achète des fournitures et remet de l’argent dans l’économie.
C’est cette mécanique, souvent invisible pour le citoyen, que l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) cherche à examiner à la loupe.
Depuis mardi 28 juillet, à Lomé, le régulateur passe au crible l’exécution des marchés publics du premier semestre 2026. Pendant quatre jours, jusqu’au vendredi 31 juillet, responsables de la commande publique, contrôleurs, représentants du secteur privé et de la société civile sont réunis autour d’une même interrogation : les dépenses publiques produisent-elles réellement les effets attendus ?
Le marché public, premier maillon d’une chaîne économique
Dans l’imaginaire collectif, la commande publique renvoie souvent à des appels d’offres, des dossiers administratifs et des procédures parfois complexes. Pourtant, derrière ces documents se trouve une réalité économique beaucoup plus large.
Lorsqu’une administration attribue un marché à une entreprise, elle ne fait pas que procéder à une dépense. Elle peut déclencher une chaîne d’activités qui touche les fournisseurs, les salariés, les prestataires et, plus largement, le tissu économique.
C’est précisément cette dimension que le Directeur général par intérim de l’ARCOP, Aftar Touré Morou, a placée au cœur de son intervention à l’ouverture des travaux. Pour lui, la première condition d’une commande publique efficace réside dans la planification. Autrement dit, l’efficacité d’une dépense peut se jouer avant même que l’argent ne soit engagé.
« Celui qui ne planifie pas planifie sa chute » : l’ARCOP rappelle l’importance capitale du Plan de Passation des Marchés
Le Plan de Passation des Marchés (PPM) occupe donc une place centrale dans cette revue. Cet instrument permet aux autorités contractantes de programmer leurs acquisitions et de structurer leurs procédures. Mais pour l’ARCOP, il représente davantage qu’un document administratif.
Il constitue le point de départ qui doit permettre de transformer les prévisions budgétaires en réalisations concrètes. Aftar Touré Morou a résumé cette exigence à travers un adage : « Dans la vision du gestionnaire, celui qui ne planifie pas planifie sa chute. »
La formule peut sembler imagée. Elle renvoie pourtant à une difficulté très concrète : un budget disponible ne garantit pas automatiquement une dépense efficace.
Entre l’inscription d’une dépense et sa réalisation, plusieurs étapes doivent fonctionner correctement. La programmation, l’appel à la concurrence, l’attribution, le contrôle, l’exécution puis le paiement constituent autant de maillons dont la défaillance peut ralentir l’ensemble du système.
Quand une mauvaise spécification devient un problème public
L’autre enseignement de la rencontre est peut-être encore plus important : une erreur dans un marché public ne reste pas toujours confinée à un dossier administratif. Le responsable de l’ARCOP a insisté sur la dimension humaine de la commande publique.
Il a notamment évoqué le cas de manuels scolaires mal conçus, susceptibles selon lui de compromettre l’avenir d’une génération. Il a également cité les erreurs de spécifications techniques dans les infrastructures sanitaires, qui peuvent avoir des conséquences dramatiques. La commande publique n’achète donc pas seulement des biens et des services. Elle contribue à déterminer la qualité de ce que l’État met à la disposition des citoyens.
Une école mal équipée, un ouvrage inadapté ou un matériel sanitaire répondant mal aux besoins ne constituent pas uniquement des erreurs techniques. Ils peuvent également représenter une mauvaise utilisation des ressources collectives. C’est cette responsabilité que la revue entend remettre au centre du processus.
Autre point soulevé à l’ouverture : la célérité des procédures d’appel à la concurrence. Une procédure qui s’éternise peut retarder l’exécution d’un projet, repousser le paiement d’une entreprise et ralentir, par ricochet, l’activité économique.
À l’inverse, une exécution budgétaire fluide permet aux entreprises de recevoir les paiements attendus, de rémunérer leurs salariés et de poursuivre leurs propres activités. Le calendrier administratif peut donc avoir des conséquences économiques très concrètes.
Dans cette logique, accélérer les procédures ne signifie pas abandonner les contrôles. Il s’agit plutôt de rechercher un équilibre entre célérité, conformité et efficacité.Le véritable défi est là : faire en sorte que le contrôle protège la dépense publique sans devenir lui-même un facteur de blocage.
Les audits de 2024 reviennent sur la table
La revue du premier semestre 2026 ne regarde pas uniquement l’avenir. Les participants ont également été confrontés aux enseignements des audits des marchés publics passés en 2024. Les conclusions ont été présentées par Charif Afoh Tchaouta, Directeur des statistiques, de la documentation et du suivi-évaluation à l’ARCOP.
Cette séquence permet au régulateur de confronter les pratiques observées aux exigences du système et d’identifier les points qui nécessitent encore des corrections. La logique est celle d’un système qui doit apprendre de ses propres insuffisances. La formation constitue justement un autre volet de cette démarche.
L’ARCOP a présenté sa plateforme de formation en ligne « e-format », destinée à renforcer les compétences des acteurs de la commande publique. L’objectif est de permettre une formation plus flexible et continue. Cette orientation répond à une réalité simple : les règles de la commande publique sont techniques et leur maîtrise conditionne directement la qualité des procédures.
Plus les acteurs comprennent les exigences, moins les erreurs doivent intervenir tardivement dans le processus. À cette formation s’ajoutent des échanges sur les garanties et documents financiers dans les marchés publics, présentés par Lardja Kombate, Directeur de la réglementation et des affaires juridiques de l’ARCOP.
Le contrôle financier passe également au révélateur
La Direction nationale du contrôle financier (DNCF) a, de son côté, exposé les principales insuffisances observées dans le processus de visa des marchés publics.Cette intervention montre que la revue ne repose pas sur le seul régulateur.
La Direction nationale du contrôle de la commande publique (DNCCP), la DNCF, les autorités contractantes, le secteur privé et la société civile participent à la réflexion. La commande publique devient ainsi une chaîne de responsabilités partagées. Chacun intervient à un niveau différent, mais tous sont concernés par le même objectif : limiter les défaillances et améliorer l’utilisation des ressources publiques.
Vendredi, les chiffres devront parler
Les travaux se poursuivront jusqu’au 31 juillet avec l’examen détaillé des performances de chaque autorité contractante. Cette phase sera déterminante. Il ne s’agira plus seulement de discuter des principes, mais de regarder les résultats de chaque acteur et d’identifier les mesures correctives nécessaires. C’est là que la revue prendra tout son sens. Car l’objectif ultime n’est pas de produire un nouveau diagnostic. Il est de corriger ce qui doit l’être.
Au terme de cette rencontre, l’ambition affichée est claire : faire de la commande publique un véritable levier de croissance au service du citoyen togolais. Cette ambition suppose de dépasser une conception strictement procédurale des marchés publics.
La question centrale n’est plus uniquement de savoir si une procédure a été respectée. Elle consiste également à déterminer si la dépense a permis d’obtenir le résultat attendu, dans les délais, au meilleur niveau de qualité et avec un impact économique réel. C’est là que se joue la véritable valeur de l’argent public.
Lomé : L’ARCOP place l’efficacité et le citoyen au cœur de la commande publique
Un marché bien planifié peut devenir une école correctement équipée, une infrastructure adaptée, un service public amélioré ou une entreprise qui maintient des emplois.
À l’inverse, une mauvaise programmation, une procédure trop lente ou une spécification mal conçue peuvent immobiliser des ressources et retarder les bénéfices attendus par les populations. À Lomé, la revue ouverte par l’ARCOP cherche donc à replacer le citoyen au bout de la chaîne.
Parce qu’au fond, la meilleure commande publique n’est pas celle qui remplit le plus de dossiers. C’est celle qui transforme effectivement l’argent public en services, en infrastructures, en activité économique et en résultats visibles.
TSÉVIÉ, 29 juillet 2026 — Le secteur de l’artisanat entre dans une nouvelle séquence dans la région maritime. À Tsévié, le gouverneur El hadj Taïrou Bagbiègue a officiellement installé, le 24 juillet dernier, les nouveaux responsables de la Chambre régionale des métiers. Une cérémonie qui vient consacrer le renouvellement des instances dirigeantes et ouvrir la mandature 2026-2030.
Derrière cette transition institutionnelle se joue une question plus large : celle de la capacité de l’artisanat à peser davantage dans l’économie régionale, notamment par l’emploi, la création de revenus et l’insertion des populations.
La nouvelle équipe est issue du scrutin organisé le 22 juillet 2026 sous la conduite d’un comité ad hoc. Au terme de cette élection, huit membres ont été retenus pour composer le bureau exécutif de la Chambre régionale des métiers.
À sa tête, Atsou Koffi Mensah prend désormais les commandes de l’institution pour la période 2026-2030. La Chambre a également élu quatre présidents de commission pour assurer le fonctionnement des différentes instances. L’installation officielle, deux jours après le scrutin, marque ainsi le passage entre l’ancienne équipe et les nouveaux responsables appelés à représenter les intérêts des professionnels de l’artisanat.
Le gouverneur salue un processus électoral maîtrisé
Lors de la cérémonie, le gouverneur El hadj Taïrou Bagbiègue a relevé le bon déroulement du processus électoral. Cette étape, au-delà de son caractère administratif, constitue un préalable à la légitimité des nouvelles instances chargées de porter la voix des artisans de la région.
Le renouvellement des organes intervient surtout à un moment où le secteur artisanal doit répondre à plusieurs défis liés à l’emploi, à la professionnalisation et à l’amélioration des conditions d’exercice des métiers.
Dans son intervention, le gouverneur a insisté sur le poids économique et social de l’artisanat. Il l’a présenté comme un levier de création d’emplois décents et de richesse, mais également comme un instrument de lutte contre le chômage et de renforcement de l’inclusion socio-économique.
Cette orientation donne à la nouvelle Chambre régionale une responsabilité particulière. Il ne s’agit plus seulement de représenter les artisans, mais aussi de contribuer à la valorisation des métiers, à leur développement et à une meilleure prise en compte de leurs préoccupations dans les politiques publiques.
Quatre années pour défendre les artisans
Installé pour quatre ans, le bureau exécutif dirigé par Atsou Koffi Mensah devra désormais transformer cette nouvelle légitimité électorale en actions concrètes. Pour la mandature 2026-2030, la Chambre régionale des métiers aura notamment pour mission de promouvoir l’artisanat et de défendre les intérêts des artisans de la région maritime.
À Tsévié, le changement de bureau ne constitue donc pas une simple formalité institutionnelle. Il ouvre un nouveau chapitre pour un secteur qui demeure étroitement lié à la vie économique et sociale de la région. Aux nouveaux responsables revient désormais la tâche de donner corps à cette ambition et de faire de l’artisanat un instrument encore plus efficace de création de richesse, d’emploi et d’inclusion.
À Lomé, la bataille ne se joue pas seulement dans les tribunaux ou dans les textes de loi. Elle se joue aussi dans la capacité de l’Afrique à offrir aux investisseurs un environnement suffisamment lisible, stable et prévisible pour faire circuler les capitaux. C’est tout l’enjeu qui s’est dessiné, mardi 28 juillet 2026, autour de la présidence togolaise de l’OHADA.
Le droit des affaires peut sembler austère. Pourtant, derrière les articles, les procédures et les mécanismes judiciaires se trouve une question très concrète : peut-on investir, entreprendre et développer une activité en Afrique avec la certitude que les règles seront les mêmes, comprises et appliquées de manière suffisamment prévisible ?
À Lomé, cette question prend une dimension particulière. Le Togo préside actuellement la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Une responsabilité qui place le pays au cœur d’une réflexion stratégique sur l’avenir de l’environnement juridique et économique des entreprises dans l’espace communautaire. C’est dans ce contexte que le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu, mardi, une délégation de l’OHADA conduite par son Secrétaire permanent, le Professeur Mayatta Ndiaye Mbaye.
Derrière les textes, la confiance des investisseurs
La rencontre intervient alors que se tient à Lomé la 61ᵉ session du Conseil des ministres de l’OHADA. Mais au-delà du calendrier institutionnel, les discussions renvoient à un défi beaucoup plus vaste : faire du droit harmonisé un outil de confiance économique.
Pour les entreprises, la sécurité juridique n’est pas un concept abstrait. Elle conditionne la conclusion des contrats, la protection des investissements, le règlement des différends et, plus largement, la capacité d’un opérateur économique à anticiper les risques liés à son activité.
L’OHADA s’est précisément construite autour de cette ambition. Créée en octobre 1993, l’organisation intergouvernementale cherche à rapprocher les législations relatives au droit des affaires de ses États membres afin de réduire l’insécurité juridique et judiciaire qui peut freiner l’activité économique. Autrement dit, l’harmonisation juridique constitue une forme d’infrastructure économique. Elle ne se voit pas comme une route ou un port, mais elle peut déterminer la confiance avec laquelle un investisseur décide d’engager son capital.
C’est donc sur plusieurs fronts que l’OHADA cherche aujourd’hui à consolider son modèle. Lors de la 61ᵉ session du Conseil des ministres, les échanges ont notamment porté sur la gouvernance de l’organisation, la consolidation du cadre juridique des affaires, les mécanismes de financement durable ainsi que les réformes destinées à renforcer la sécurité juridique et judiciaire dans les États membres.
Le passage d’une harmonisation des textes à une amélioration concrète de leur application constitue ici un enjeu majeur. Car disposer de règles communes ne suffit pas. Encore faut-il garantir leur lisibilité, leur transparence et leur efficacité dans les différents systèmes nationaux. C’est précisément sur ce terrain que le Professeur Mayatta Ndiaye Mbaye a situé les attentes de l’Organisation à l’égard de sa présidence.
À l’issue de son entretien avec Faure Essozimna Gnassingbé, le Secrétaire permanent a souligné la disponibilité du président en exercice et l’attention accordée aux préoccupations de l’OHADA. Il a également indiqué avoir reçu des orientations ainsi que l’assurance d’un suivi des dossiers. Pour l’Organisation, cette implication doit contribuer à renforcer sa gouvernance, sa transparence et ses performances au bénéfice des États membres.
La séquence de Lomé met également en lumière la place que le Togo entend occuper dans l’architecture juridique et économique africaine. Le pays réaffirme son attachement à l’intégration par le droit et maintient son soutien aux mécanismes communautaires qui cherchent à rapprocher les systèmes juridiques des États membres.
Le Secrétaire permanent de l’OHADA a, de son côté, salué le respect par le Togo de ses obligations communautaires ainsi que l’engagement personnel du président du Conseil en faveur des idéaux portés par l’organisation. Cette reconnaissance intervient dans une période où les économies africaines cherchent simultanément à attirer davantage d’investissements, à développer leur secteur privé et à renforcer les échanges intra-africains. Dans ce contexte, la stabilité juridique devient un argument économique à part entière.
Le véritable test : passer de l’harmonisation à l’efficacité
L’enjeu de la présidence togolaise dépasse ainsi la seule gestion des affaires courantes de l’Organisation. Il touche à une question essentielle pour l’intégration africaine : comment faire en sorte que l’unification du droit des affaires produise des effets mesurables sur le terrain ?
La réponse passe par une gouvernance plus solide, des institutions judiciaires capables d’appliquer efficacement les normes communes, des mécanismes de financement pérennes et des réformes adaptées aux mutations du secteur privé. L’objectif final reste le même : permettre aux entrepreneurs et aux investisseurs d’évoluer dans un environnement juridique plus prévisible, tout en facilitant la circulation des capitaux et le développement des activités économiques.
Depuis sa création en 1993, l’OHADA porte cette ambition à l’échelle de ses États membres. Trente-trois ans plus tard, le défi n’est donc plus seulement d’harmoniser les règles. Il est désormais de faire de cette harmonisation un avantage compétitif pour l’économie africaine.
À Lomé, la présidence togolaise entend accompagner cette nouvelle étape. Derrière la technicité des textes se joue, en réalité, une bataille beaucoup plus concrète : celle de la confiance, de l’investissement et de la capacité du continent à construire un marché africain où le droit puisse devenir un facteur de croissance plutôt qu’un frein à l’initiative.
C’est peut-être là que se trouve le véritable enjeu de la présidence togolaise de l’OHADA.
Kara, 28 juillet 2026 – La lutte contre les hépatites virales s’est invitée au premier plan des priorités sanitaires ce mardi au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Kara. À l’initiative de la Faculté des Sciences de la santé (FSS) de l’Université de Kara et de la Société togolaise d’Hépato-Gastroentérologie et d’Endoscopie digestive (SOTOGEED), une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage gratuit a réuni professionnels de santé, étudiants et citoyens autour d’un même objectif : favoriser le diagnostic précoce et renforcer la prévention.
Organisée à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, cette mobilisation rappelle que ces pathologies demeurent un défi majeur pour les systèmes de santé, alors même que les professionnels de santé peuvent prévenir ou prendre en charge efficacement plusieurs formes de la maladie grâce à un dépistage précoce.
Placée sous la coordination du Dr El-Hadji Yakoubou Rafiou, médecin gastro-entérologue et hépatologue au CHU Kara, l’opération a alterné séances d’information et consultations de dépistage gratuites.
Les échanges avec le public ont porté sur les différentes formes d’hépatites virales — A, B, C, D et E — ainsi que sur leurs modes de transmission, leurs conséquences sur le foie et les moyens de s’en prémunir. Les organisateurs ont également rappelé l’importance de la vaccination contre l’hépatite B, considérée comme l’un des outils les plus efficaces pour réduire durablement la circulation du virus.
Lors de son intervention, le Dr El-Hadji Yakoubou Rafiou a insisté sur un message central : les hépatites virales ne constituent pas une fatalité. Le spécialiste a expliqué que ces infections peuvent être prévenues, dépistées et, pour certaines, guéries grâce aux progrès de la médecine. Il a particulièrement mis l’accent sur le rôle déterminant du diagnostic précoce, qui permet d’initier rapidement une prise en charge adaptée, de réduire les complications hépatiques et de limiter la propagation des virus au sein de la population.
Selon lui, une meilleure connaissance de ces maladies demeure un levier essentiel pour encourager les populations à effectuer régulièrement des tests de dépistage, notamment lorsqu’elles présentent des facteurs de risque.
L’initiative a suscité un vif intérêt auprès des personnes venues assister aux séances de sensibilisation. Nombre d’entre elles ont souligné l’utilité des explications fournies par les spécialistes, estimant que les informations reçues permettent de mieux comprendre les dangers liés aux hépatites et les moyens de s’en protéger. La gratuité du dépistage a également été largement appréciée. Pour plusieurs participants, cette démarche facilite l’accès au diagnostic et encourage davantage de personnes à connaître leur statut sanitaire sans contrainte financière.
Faire de la prévention une priorité durable
À travers cette campagne, la Faculté des Sciences de la santé de l’Université de Kara et la SOTOGEED réaffirment leur engagement en faveur de la santé publique. Les deux institutions entendent renforcer la sensibilisation autour des hépatites virales, promouvoir les comportements préventifs et encourager un recours plus systématique au dépistage. Finalement, cette action rappelle que la prévention, la vaccination, le diagnostic précoce et l’accès aux traitements demeurent les principaux leviers pour réduire
Kara, 28 juillet 2026 – La coopération académique entre le Togo et les États-Unis franchit une nouvelle étape. En visite à l’Université de Kara, la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Togo, Kim McClure, a multiplié les échanges avec les responsables universitaires et les acteurs de la communauté éducative afin d’explorer de nouvelles perspectives de collaboration. Au cœur des discussions : la mobilité étudiante, l’enseignement de l’anglais, l’innovation technologique et la préparation des compétences de demain.
Dans un contexte où les universités sont appelées à jouer un rôle moteur dans la transformation économique, cette rencontre illustre la volonté de Washington de consolider ses partenariats avec les établissements d’enseignement supérieur togolais et d’accompagner la formation pour une meilleure adaptation aux besoins des marchés de l’emploi.
Reçue par le président de l’Université de Kara, le professeur Grâce P. Houzou-Mouzou, la diplomate américaine a passé en revue plusieurs axes de coopération susceptibles de rapprocher davantage les deux institutions.
Les échanges ont notamment porté sur les programmes d’échanges universitaires proposés par le Département d’État américain, les initiatives destinées à renforcer la maîtrise de la langue anglaise, ainsi que les possibilités de développer des partenariats dans les domaines de la technologie et de l’intelligence artificielle.
La rencontre a également permis de mettre en lumière les filières scientifiques de l’Université de Kara, notamment les formations en génie civil, génie électrique et génie mécanique, considérées comme des secteurs stratégiques pour accompagner les besoins croissants en infrastructures, en industrie et en innovation.
Miser sur la formation pour soutenir le développement économique
Les discussions ont également souligné l’importance des programmes éducatifs américains dans le développement des compétences professionnelles. Les responsables ont insisté sur leur contribution à la formation d’étudiants et de jeunes professionnels capables d’accompagner la croissance économique et de répondre aux exigences de secteurs clés tels que l’énergie, les transports, la logistique et l’agriculture.
Dans un environnement marqué par les mutations technologiques et la transformation des économies africaines, l’acquisition de compétences techniques et linguistiques apparaît comme un levier essentiel pour améliorer l’employabilité des diplômés et favoriser leur insertion sur le marché du travail.
L’American Corner, un carrefour de dialogue et d’opportunités
La visite de Kim McClure s’est poursuivie à l’American Corner installé sur le campus de l’Université de Kara. Ce centre d’échanges a servi de cadre à une rencontre avec d’anciens bénéficiaires des programmes du Département d’État américain, des membres de l’American Corner, des partenaires de l’ambassade ainsi que des responsables d’organisations régionales.
Ces échanges ont permis de consolider les réseaux professionnels déjà existants tout en encourageant le partage d’expériences entre anciens participants et futurs candidats aux programmes de mobilité internationale.
Les échanges ont également mis l’accent sur le renforcement des capacités en matière de leadership, la promotion de l’engagement citoyen ainsi que les opportunités offertes par les formations et les partenariats universitaires à l’échelle internationale.
Une coopération éducative appelée à se renforcer
À travers cette visite à Kara, l’ambassade des États-Unis à Lomé confirme sa volonté de faire de l’éducation un pilier central de sa coopération avec le Togo.
En favorisant les échanges universitaires, le développement des compétences numériques ainsi que l’ouverture sur les innovations américaines, Washington entend contribuer à l’émergence d’une jeunesse mieux préparée aux défis économiques et technologiques du XXIᵉ siècle.
Pour l’Université de Kara, cette dynamique ouvre la voie à de nouvelles collaborations académiques et scientifiques susceptibles d’enrichir son offre de formation, de stimuler la recherche et de renforcer son rayonnement, tout en offrant aux étudiants togolais un accès élargi aux opportunités internationales.
ISLAMABAD, 28 juillet 2026 — Les eaux continuent de gagner du terrain au Pakistan. Dans plusieurs provinces de l’est du pays, les crues provoquées par les pluies de mousson ont transformé des villages entiers en îlots isolés, obligeant des milliers d’habitants à quitter précipitamment leurs maisons. Embarqués sur des bateaux de fortune ou évacués par les équipes de secours, les sinistrés tentent de rejoindre des zones épargnées par les inondations, tandis que les autorités redoutent une aggravation de la catastrophe.
La montée brutale des eaux a submergé des quartiers résidentiels, englouti des terres agricoles et interrompu de nombreuses voies de communication. Dans plusieurs localités, les habitants ont dû abandonner leurs biens en quelques heures seulement, emportant le strict nécessaire avant que les habitations ne soient envahies par les flots.
Un lourd tribut humain depuis le début de la mousson
Au-delà des scènes d’évacuation, la catastrophe se mesure désormais en vies humaines. Selon les chiffres publiés par l’Autorité nationale de gestion des catastrophes (NDMA), 109 personnes ont perdu la vie depuis le 26 juin dans des incidents directement liés aux pluies de mousson à travers le pays. Les intempéries ont également fait 362 blessés, confirmant l’ampleur de cette saison des pluies.
Le bilan révèle une vulnérabilité particulière des plus jeunes. Parmi les victimes figurent 48 enfants, aux côtés de 38 hommes et 23 femmes, illustrant la violence des phénomènes météorologiques qui frappent actuellement le Pakistan.
Les statistiques de la NDMA montrent que la province du Khyber Pakhtunkhwa demeure la plus durement touchée avec 55 décès recensés. Elle est suivie par le Pendjab, où 36 personnes ont trouvé la mort.
Le Baloutchistan déplore 8 victimes, tandis que l’Azad Jammu-et-Cachemire en compte 7. Plus au sud, le Sindh enregistre 2 décès, alors que le Gilgit-Baltistan fait état d’une victime.
La répartition des blessés confirme également l’ampleur des dégâts dans certaines régions. Le Pendjab concentre 263 blessés, devant le Khyber Pakhtunkhwa avec 80 personnes blessées. Le Baloutchistan en totalise 15, tandis que le Sindh et l’Azad Jammu-et-Cachemire enregistrent 2 blessés chacun.
Au fil des jours, les pertes matérielles prennent une dimension considérable. Les pluies torrentielles et les inondations ont provoqué des destructions qui compliquent davantage les opérations de secours et le retour à une vie normale.
La NDMA fait état de 799 habitations endommagées, privant des centaines de familles de logement. Les inondations ont également entraîné la mort de 379 têtes de bétail, une perte importante pour les populations rurales dont les revenus reposent largement sur l’élevage.
Les intempéries n’ont pas non plus épargné les infrastructures publiques : la montée des eaux a endommagé ou détruit vingt-cinq ponts et fortement dégradé environ 23 kilomètres de routes. Ces dégâts perturbent fortement les transports, ralentissent l’acheminement de l’aide humanitaire et compliquent l’accès des secours aux localités isolées.
Une course contre la montre pour les secours
Sur le terrain, les équipes de secours poursuivent les opérations d’évacuation malgré des conditions météorologiques toujours défavorables. Les autorités mobilisent des embarcations pour extraire les habitants des villages encerclés par les eaux et acheminer des vivres ainsi que des produits de première nécessité vers les zones les plus affectées.
L’Autorité nationale de gestion des catastrophes a appelé les administrations provinciales à maintenir un niveau élevé de vigilance et à poursuivre les opérations de secours et de sauvetage tant que les pluies de mousson continueront de frapper le pays.
Cette nouvelle catastrophe rappelle la fragilité du Pakistan face aux événements climatiques extrêmes. Chaque année, la mousson provoque des crues dévastatrices qui affectent des millions d’habitants, détruisent des infrastructures essentielles et fragilisent durablement les moyens de subsistance des populations rurales.
Alors que les prévisions météorologiques annoncent la poursuite des intempéries dans plusieurs régions, les autorités redoutent une aggravation du bilan humain et matériel. Pour les milliers de familles contraintes à l’exode, la priorité demeure désormais l’accès à un abri, à l’eau potable et aux soins, dans un pays une nouvelle fois confronté à l’une des plus graves conséquences des dérèglements climatiques.
Les États-Unis veulent tourner une page dans leurs relations économiques avec l’Afrique. En privilégiant désormais les investissements productifs au détriment de l’assistance traditionnelle, Washington affiche une stratégie qui place le secteur privé au cœur de son engagement sur le continent. Cette nouvelle orientation s’est traduite par le lancement du Programme stratégique d’investissement États-Unis–Afrique (U.S.-Africa Strategic Investment Program), une initiative destinée à stimuler les projets d’affaires dans des secteurs jugés stratégiques.
Porté sous l’autorité du secrétaire d’État Marco Rubio, le programme repose sur un principe simple : favoriser les échanges commerciaux, encourager les investissements et créer des partenariats économiques durables plutôt que de perpétuer une logique d’aide publique.
Une nouvelle doctrine économique
« Le commerce plutôt que l’aide. Les opportunités plutôt que la dépendance. L’investissement plutôt que l’assistance. » À travers cette formule, l’administration américaine résume la philosophie qui guide désormais sa politique économique envers l’Afrique.
Cette approche marque une évolution significative. Au lieu de concentrer son action sur les mécanismes classiques de coopération au développement, Washington entend mobiliser davantage les entreprises américaines et africaines autour de projets créateurs de valeur, d’emplois et de croissance.
L’objectif est de bâtir des relations économiques fondées sur des intérêts mutuels, dans lesquelles le capital privé devient le principal moteur des investissements.
Les minéraux critiques au centre des priorités
Le nouveau programme cible en priorité les minéraux critiques, devenus un enjeu majeur de l’économie mondiale. Lithium, cobalt, graphite, manganèse, nickel ou encore terres rares figurent parmi les ressources indispensables à la fabrication des batteries, des véhicules électriques, des semi-conducteurs et des technologies de transition énergétique.
L’Afrique, qui concentre une part importante des réserves mondiales de plusieurs de ces minerais, apparaît comme un partenaire stratégique dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement internationales.
Au-delà du secteur minier, le programme soutiendra également les initiatives relevant de la diplomatie commerciale, avec l’ambition de renforcer les échanges économiques entre les entreprises américaines et les marchés africains.
Des opportunités pour le secteur privé africain
Le Programme stratégique d’investissement États-Unis–Afrique est ouvert aux propositions émanant du secteur privé répondant aux critères définis par les autorités américaines. (Consultez les critères complets d’éligibilité ici.) Les entreprises, investisseurs et porteurs de projets pourront présenter des initiatives susceptibles de renforcer les partenariats économiques entre les deux rives de l’Atlantique.
Cette orientation pourrait offrir de nouvelles perspectives aux entreprises africaines souhaitant attirer des capitaux, développer des chaînes de valeur locales ou nouer des partenariats technologiques avec des groupes américains.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les grandes puissances pour l’accès aux ressources stratégiques du continent, cette initiative illustre la volonté des États-Unis de renforcer leur présence économique en Afrique par le biais de l’investissement productif plutôt que par les seuls mécanismes d’assistance.
Si cette stratégie atteint ses objectifs, elle pourrait contribuer à accélérer la transformation industrielle de plusieurs économies africaines tout en consolidant les relations commerciales entre Washington et le continent.
Le marché régional des titres publics continue d’attirer des capitaux abondants. Au terme des adjudications organisées au cours de la semaine du 20 au 24 juillet 2026, les États de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) ont mobilisé 156,03 milliards de FCFA, tandis que les investisseurs ont manifesté un intérêt nettement supérieur aux montants recherchés. Avec un taux de couverture de 187,26 %, le marché confirme une fois encore sa solidité et la confiance qu’il inspire aux opérateurs financiers.
Parmi les trois États émetteurs de la semaine – la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo –, le Togo s’impose comme un acteur régulier du financement régional, poursuivant sa stratégie de mobilisation de ressources sur le marché communautaire.
Selon les données publiées par UMOA-Titres, le Togo a obtenu 22 milliards de FCFA, soit 14,10 % des ressources levées durant la semaine.
Cette émission intervient dans un contexte où les autorités togolaises multiplient les recours au marché financier régional afin de financer les investissements publics, soutenir les dépenses budgétaires et accompagner les projets inscrits dans la feuille de route gouvernementale.
Même si le montant togolais demeure inférieur à celui de la Côte d’Ivoire et du Mali, il confirme la capacité du pays à accéder régulièrement aux financements du marché tout en bénéficiant de la confiance des investisseurs institutionnels.
La Côte d’Ivoire reste le principal emprunteur.
Premier émetteur de la semaine, la Côte d’Ivoire a mobilisé 79,03 milliards de FCFA, représentant 50,65 % des fonds collectés.
Le Mali suit avec 55 milliards de FCFA, soit 35,25 % du volume global.
À eux trois, les États ont ainsi réuni 156,03 milliards de FCFA, illustrant le rôle croissant du marché régional dans le financement des économies de l’UEMOA.
L’analyse des adjudications révèle une nette préférence pour les financements de moyen et long termes. Les Obligations assimilables du Trésor (OAT) ont représenté 97,06 % des montants levés, contre seulement 2,94 % pour les Bons assimilables du Trésor (BAT).
Cette répartition traduit la volonté des États de sécuriser des ressources sur des maturités plus longues, tout en répondant à la demande des investisseurs en quête de placements offrant davantage de visibilité.
Un marché qui conserve toute son attractivité
Le taux de couverture de 187,26 % constitue l’un des principaux enseignements de la semaine. Cet indicateur mesure le rapport entre les soumissions reçues et le montant proposé lors des adjudications.
Concrètement, les investisseurs ont présenté des offres représentant près de deux fois les montants recherchés par les États. Cette forte sursouscription témoigne de l’abondance des liquidités disponibles et de la confiance persistante accordée aux titres publics émis sur le marché régional.
Pour le Togo, cette dynamique constitue un signal favorable. En s’appuyant sur un marché toujours aussi liquide et attractif, le pays dispose d’un levier supplémentaire pour financer ses priorités économiques sans dépendre exclusivement des financements extérieurs.
À mesure que les adjudications se succèdent, le marché des titres publics de l’UMOA confirme ainsi son rôle stratégique dans le financement des politiques publiques et le renforcement de l’intégration financière régionale.
L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) a tranché. À travers son Comité de règlement des différends (CRD), l’organe de régulation a prononcé une suspension de dix ans à l’encontre de Yaovi Kéké, directeur des Affaires administratives et financières (DAAF) du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts. En cause : de graves irrégularités commises lors de la passation d’un marché public. Cette décision remet également en lumière la question des responsabilités hiérarchiques au sein des ministères.
Par la Délibération n° 023-2026/ARCOP/CRD, l’instance de régulation a infligé une lourde sanction disciplinaire à l’encontre de Yaovi Kéké. Il est reproché au DAAF d’avoir enfreint les règles élémentaires du Code des marchés publics à l’occasion de l’acquisition d’un véhicule pour le compte du ministère.
Des manquements graves aux procédures de passation de marché
À l’issue des investigations menées par le Comité de règlement des différends, plusieurs griefs majeurs ont été retenus à l’encontre du responsable financier :
une immixtion illégale dans le processus d’attribution du marché ;
l’établissement d’un faux procès-verbal de réunion de la Commission de contrôle des marchés publics ;
une simulation de mise en concurrence, masquant une procédure de gré à gré au profit du concessionnaire Japan Motors.
Ces manœuvres ont conduit l’ARCOP à exclure le fonctionnaire de toute procédure de commande publique pour une durée de dix ans.
Obéissance hiérarchique : la ligne de défense du DAAF rejetée au regard des textes
Au cours de son audition devant l’instance de régulation, Yaovi Kéké a soutenu avoir agi sous la contrainte, en exécutant les instructions directes de son ministre de tutelle, M. Isaac Tchiakpe.
Toutefois, l’ARCOP s’est appuyée sur les dispositions strictes du Code d’éthique et de déontologie de la commande publique. La réglementation rappelle qu’un agent public demeure responsable de ses actes administratifs et qu’il a l’obligation légale de refuser d’exécuter un ordre manifestement illégal, en saisissant, au besoin, les autorités compétentes. L’argument de l’obéissance hiérarchique n’a donc pas permis de dédouaner le fonctionnaire.
Le silence ministériel face aux sollicitations de l’organe de régulation
L’affaire met également en lumière la situation de l’autorité ministérielle. Sollicité par courrier officiel en mars 2026 afin d’apporter des clarifications sur les affirmations de son collaborateur, le ministre Isaac Tchiakpe n’a pas donné suite à cette demande d’explications de l’organe de régulation.
À ce stade, le ministre ne fait l’objet d’aucune sanction de la part de l’ARCOP. En effet, la compétence disciplinaire de cette autorité administrative s’exerce spécifiquement sur les acteurs opérationnels de la commande publique (membres des cellules, gestionnaires de crédits, DAAF) et ne s’étend pas à la responsabilité politique ou administrative des membres du gouvernement.
Finalement, cette distinction entre responsabilité opérationnelle et responsabilité politique suscite aujourd’hui de vifs débats au sein de l’opinion publique et parmi les observateurs de la gouvernance administrative.