À Assiamagbleta, les eaux stagnantes signalées par des riverains autour de la voie de contournement ont déclenché une vérification de terrain. La commune d’Avé 2 veut déterminer leur origine avant d’établir toute responsabilité. Le 6 août 2026, les autorités communales et les services environnementaux ont effectué une visite sur le site de l’unité de production alimentaire INDUFOOD. L’objectif était de confronter les préoccupations des habitants aux réalités observées sur place.
La mission a réuni l’exécutif et les services techniques de la mairie de Noèpé, la commission domaniale de la commune, la direction préfectorale de l’Environnement de l’Avé et l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE).
Sur le terrain, les équipes ont constaté deux réalités : l’entreprise dispose de dispositifs destinés à collecter et gérer ses eaux, tandis que des eaux stagnantes accumulées occupent également l’extérieur du site, dans une zone naturellement inclinée qui reçoit le ruissellement.
Pour autant, les premières constatations ne suffisent pas à attribuer ces accumulations d’eau aux activités de l’unité de production. Les experts n’établissent donc aucun lien direct à ce stade entre les éventuels rejets de l’entreprise et les stagnations constatées à l’extérieur. Les autorités privilégient désormais les analyses scientifiques pour éviter toute conclusion prématurée.
La prochaine étape consistera à déterminer l’origine et la qualité des eaux. Les spécialistes envisagent notamment des analyses physico-chimiques et microbiologiques, parallèlement à un contrôle du réseau interne de l’entreprise. Les autorités prévoient également de renforcer la surveillance de la qualité des eaux usées avant leur évacuation et de concevoir un plan d’assainissement et d’aménagement de la zone.
Les acteurs locaux doivent, eux aussi, accorder une attention accrue à la gestion des déchets solides, en coordination avec les services techniques communaux.
Par ailleurs, l’affaire pose une question plus large : celle de la coexistence entre activités économiques, environnement et habitat. Pour la commune Avé 2, la réponse passe par une méthode fondée sur l’écoute, le constat et l’expertise. La municipalité prend pleinement en compte les préoccupations des habitants, mais elle doit appuyer leur traitement sur des éléments rigoureux et vérifiables.
À Assiamagbleta, la commune fixe donc un double objectif : identifier scientifiquement la source des eaux stagnantes et déployer des solutions durables pour préserver le cadre de vie des populations.
Pendant quatre jours, plus de 500 scientifiques, enseignants-chercheurs, doctorants, industriels et décideurs venus d’Afrique de l’Ouest se retrouvent à l’Université de Lomé. Derrière les équations et les communications scientifiques, les 26es Journées scientifiques annuelles de la Société ouest-africaine de chimie posent une question plus politique : comment transformer la recherche en réponses concrètes aux fragilités sanitaires, alimentaires, énergétiques et environnementales du continent ?
À l’Université de Lomé, la chimie ne se présente pas cette semaine comme une discipline confinée aux paillasses des laboratoires. Elle s’invite au cœur des grandes préoccupations africaines : nourrir les populations, protéger leur santé, valoriser les ressources naturelles, réduire la dépendance énergétique et préserver les espaces maritimes.
Du 11 au 14 août 2026, les 26es Journées scientifiques annuelles de la Société ouest-africaine de chimie réunissent plus de 500 participants autour d’un même défi : faire de la science un instrument directement utile au développement durable. Le thème retenu — consacré à l’économie bleue, à l’énergie, à la sécurité sanitaire et alimentaire — donne la mesure des attentes. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce que la chimie peut expliquer, mais ce qu’elle peut permettre de changer.
De la paillasse au quotidien : Transformer la recherche en solutions concrètes
La cérémonie d’ouverture, organisée à l’amphithéâtre Ampah Johnson, a placé l’Université de Lomé au centre de cette réflexion régionale. Représentant le président de l’Université, la deuxième vice-présidente a présenté l’établissement comme un espace de circulation et de valorisation des savoirs scientifiques, mais aussi comme un partenaire de l’État dans la construction des réponses aux défis nationaux. Cette position prend une importance particulière dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leurs capacités scientifiques et technologiques.
Car les enjeux abordés à Lomé ne sont pas théoriques. La sécurité sanitaire renvoie à la qualité des médicaments, de l’eau, des aliments et des produits utilisés quotidiennement. La sécurité alimentaire dépend également de la capacité à analyser, conserver, transformer et sécuriser les productions. Quant à la transition énergétique, elle suppose de développer des procédés moins dépendants des combustibles fossiles.
À chacune de ces étapes, la chimie est déjà présente. L’enjeu est désormais de mieux l’orienter vers les besoins du continent.
L’économie bleue et l’énergie : De nouveaux défis pour la science maritime au Togo
La dimension maritime occupe une place particulière dans les débats. Le ministre délégué chargé de l’Économie maritime a mis en avant les efforts engagés par le Togo pour développer l’économie bleue et rappelé le rôle que peut jouer la chimie dans la valorisation durable des ressources halieutiques.
La discipline intervient également dans la surveillance et la réduction des pollutions qui affectent les zones côtières. À cela s’ajoute la question énergétique. Les procédés chimiques peuvent contribuer au développement de nouvelles solutions et accompagner la transition vers des systèmes énergétiques moins dépendants des ressources fossiles.
Cette approche élargit considérablement le champ de la chimie. La mer devient un laboratoire à ciel ouvert, mais aussi un espace économique qu’il faut exploiter sans compromettre son équilibre écologique. Pour les États côtiers ouest-africains, cette équation est devenue stratégique.
La conférence inaugurale a donné le ton des quatre journées avec un sujet particulièrement sensible : la sécurité sanitaire en Afrique. Le choix de cette thématique n’est pas anodin. Il place la recherche scientifique face à une réalité quotidienne : la capacité des États à garantir à leurs populations des produits sûrs, une alimentation saine et un environnement maîtrisé.
Chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, innovateurs et industriels doivent ainsi confronter leurs travaux aux préoccupations des décideurs publics et de la société civile. L’objectif est de réduire la distance entre la découverte scientifique et son application.
C’est précisément dans cet espace que se joue une partie de l’avenir de la recherche africaine. Une innovation qui reste dans un laboratoire ne produit qu’une partie de sa valeur. Celle-ci prend véritablement corps lorsqu’elle trouve une application, un financement, une industrie capable de la produire et un marché capable de l’adopter.
Formation et relève : Préparer la future génération de chercheurs africains
L’autre enjeu des JSA 2026 concerne la relève. À l’ouverture officielle, le ministre de l’Éducation nationale a insisté sur l’importance accordée par le gouvernement togolais, comme par les autres États de la sous-région, à la recherche en chimie. Mais cette ambition ne peut reposer uniquement sur les chercheurs déjà en activité.
Elle suppose de préparer les générations futures à travailler sur des problématiques qui dépassent désormais les frontières disciplinaires : climat, alimentation, santé publique, énergie, ressources marines et industrialisation. L’intégration de ces enjeux dans les différents niveaux du système éducatif apparaît ainsi comme une condition de la continuité scientifique.
L’Afrique ne cherche donc pas seulement des découvertes. Elle cherche aussi les femmes et les hommes capables de les transformer en solutions.
Pendant quatre jours, les amphithéâtres de l’Université de Lomé accueilleront conférences plénières, tables rondes, communications scientifiques, expositions et sessions de formation. La diversité des participants — chercheurs, universitaires, doctorants, innovateurs, industriels, responsables publics et représentants de la société civile — traduit une volonté de décloisonnement.
La présence de la CEDEAO renforce cette dimension régionale. Son représentant a réaffirmé le soutien de l’organisation sous-régionale aux initiatives portées par la SOACHIM. Derrière cette mobilisation se dessine une ambition plus vaste : faire de la coopération scientifique ouest-africaine un levier de développement plutôt qu’un simple cadre d’échanges académiques.
La souveraineté scientifique : Faire de la chimie un levier d’autonomie pour le continent
À Lomé, la question posée dépasse finalement la seule discipline scientifique. Elle touche à la capacité des pays africains à produire leurs propres connaissances, à maîtriser leurs technologies et à développer des solutions adaptées à leurs réalités. Sécuriser l’alimentation, protéger la santé, valoriser les ressources marines et réussir la transition énergétique sont aussi des questions de souveraineté.
Les 26es Journées scientifiques annuelles de la SOACHIM arrivent ainsi à un moment où la recherche africaine est appelée à démontrer son utilité au-delà des publications et des conférences. Durant quatre jours, les scientifiques réunis à l’Université de Lomé devront donc faire dialoguer la molécule avec les réalités du continent. Parce que pour l’Afrique, le véritable défi n’est peut-être plus de produire davantage de science. Il est de faire en sorte que cette science produise davantage de solutions.
À Lomé, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est entretenu avec Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies. Derrière le caractère protocolaire de la rencontre, trois dossiers se sont imposés : la paix, la sécurité et le développement en Afrique de l’Ouest.
La discussion intervient dans un contexte où les questions sécuritaires occupent une place croissante dans les agendas africains. Les crises, les recompositions régionales et les difficultés économiques obligent désormais les États à multiplier les espaces de dialogue et à rechercher des réponses dépassant les frontières nationales.
L’expérience de Sahle-Work Zewde donne à l’entretien une dimension particulière. Ancienne cheffe de l’État éthiopien et aujourd’hui engagée dans des missions internationales au nom des Nations unies, elle dispose d’une expérience qui croise diplomatie, gouvernance et coopération multilatérale.
Face à elle, Robert Dussey porte la voix de la diplomatie togolaise, qui entend maintenir le dialogue avec différents acteurs du continent. La rencontre crée ainsi un pont entre deux espaces africains confrontés, chacun à sa manière, à des défis de stabilité et de développement. L’Afrique de l’Ouest, notamment, reste confrontée à des enjeux sécuritaires qui imposent une coordination accrue entre les États et leurs partenaires.
La diplomatie préventive comme levier face aux crises sécuritaires
Par ailleurs, le choix du dialogue constitue en lui-même un signal diplomatique. Pour Lomé, la coopération africaine ne peut se limiter aux périodes de crise. Elle doit également permettre d’anticiper les tensions, de partager les expériences et de construire des réponses collectives.
La diplomatie préventive apparaît ici comme l’un des leviers susceptibles d’éviter que les fractures politiques et sécuritaires ne deviennent irréversibles. Les échanges entre Robert Dussey et Sahle-Work Zewde s’inscrivent dans cette logique de concertation.
La sécurité ne constitue toutefois qu’une partie de l’équation. Les deux interlocuteurs ont également abordé la question du développement, rappelant implicitement que la stabilité du continent ne peut être dissociée de ses performances économiques et sociales.
Dans de nombreux pays africains, les défis sécuritaires se superposent aux difficultés liées à l’emploi, aux infrastructures, à la gouvernance et aux perspectives offertes aux populations.
Pour les diplomaties africaines, le développement durable devient donc autant un objectif économique qu’un facteur de stabilité. Le Togo entend, à travers ce type de dialogue, défendre une approche fondée sur la coopération et la recherche de solutions concertées.
Lomé, un carrefour stratégique pour le maintien du dialogue africain
La rencontre entre Robert Dussey et Sahle‑Work Zewde n’a pas débouché sur un nouvel accord. Elle a surtout permis de maintenir ouverts les canaux de discussion sur les grandes questions du continent.
Dans une Afrique en pleine recomposition, le dialogue reste déjà une forme d’action diplomatique. En recevant une ancienne dirigeante devenue actrice du multilatéralisme, la diplomatie togolaise réaffirme sa ligne directrice : privilégier l’échange, renforcer les coopérations et chercher des réponses africaines aux défis africains.
À Lomé, la conversation n’a peut-être pas livré toutes ses conclusions. Elle rappelle néanmoins une réalité : face aux crises qui dépassent les frontières, aucune capitale ne peut durablement faire cavalier seul.
Ils ont franchi la première porte, celle du concours. Ils doivent maintenant apprendre à franchir celle du métier. Depuis lundi 10 août, 3 136 enseignants provisoirement admis au dernier concours de recrutement des fonctionnaires enseignants sont réunis dans les sept régions éducatives du Togo pour une formation préparatoire de deux semaines.
À Lomé, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a donné le coup d’envoi de cette nouvelle étape au lycée Tokoin II. Mais derrière la cérémonie officielle se joue un enjeu plus important : transformer des candidats sélectionnés en professionnels capables d’assumer les exigences du service public de l’éducation.
Au-delà du concours : L’éthique et les valeurs républicaines au cœur du programme
Réussir un concours ouvre une porte. Il ne garantit pas, à lui seul, la maîtrise de toutes les exigences liées à l’exercice du métier. C’est précisément sur cet intervalle que le ministère veut agir. Pendant deux semaines, les nouvelles recrues complèteront leurs connaissances grâce à des enseignements sur l’éthique professionnelle, la bonne conduite, les valeurs citoyennes et le fonctionnement de l’État.
Le futur enseignant n’est donc pas présenté comme un simple transmetteur de connaissances. Il devient également un agent du service public, soumis à des règles, à des responsabilités et à une certaine conception de l’intérêt général. Cette dimension explique la place accordée aux questions administratives et citoyennes dans le programme.
Comprendre le fonctionnement de l’État et de l’administration publique
La formation va également au-delà des seules pratiques pédagogiques. Les formateurs initient les participants aux principes fondamentaux du budget de l’État et à ses mécanismes de financement. Un choix qui peut paraître éloigné de la salle de classe, mais qui participe à une même logique : familiariser les futurs fonctionnaires avec l’environnement institutionnel dans lequel ils exerceront leurs missions.
L’objectif est de donner aux nouveaux enseignants des repères avant leur première prise de fonction. Le message est explicite : entrer dans l’administration signifie connaître ses règles, comprendre son fonctionnement et mesurer la portée des responsabilités confiées par l’État.
Des parcours adaptés : Le cas spécifique des professeurs de sciences et mathématiques
Les 3 136 participants proviennent de différents cycles et spécialités. Toutefois, le ministère fait une exception pour les enseignants de mathématiques et de sciences physiques du second cycle du secondaire, qui ont entamé leur formation une semaine plus tôt.
Pour ces derniers, le parcours s’avère beaucoup plus long. Le ministère a prévu neuf mois de formation sur le site du lycée scientifique de Lomé pour les candidats provisoirement admis dans ces deux spécialités. Deux dispositifs distincts, donc, mais une même finalité : préparer les nouvelles recrues avant leur arrivée effective dans les établissements scolaires.
Une évaluation le 19 août pour valider les compétences acquises
La session engagée le 10 août ne se terminera pas sur une simple cérémonie de clôture. Une évaluation est programmée le 19 août. Les participants devront ainsi démontrer qu’ils ont assimilé les notions abordées durant la formation.
Cette étape introduit une exigence supplémentaire dans le dispositif : la formation n’est pas seulement informative, elle doit produire des acquis vérifiables. Pour le ministère, l’enjeu est d’autant plus important que ces nouveaux enseignants rejoindront prochainement les établissements scolaires avec la responsabilité d’encadrer et de former les générations futures.
Relever le défi de la qualité de l’enseignement dans les écoles togolaises
Avec cette formation, le gouvernement togolais cherche à agir sur l’un des leviers essentiels de la qualité du système éducatif : les ressources humaines. Une école ne vaut pas seulement par ses programmes, ses infrastructures ou ses équipements. Elle dépend aussi de ceux qui prennent chaque jour place devant les élèves.
Les 3 136 nouveaux enseignants représentent donc bien davantage qu’un chiffre dans les statistiques du recrutement public. Ils constituent une nouvelle génération de professionnels appelée à intégrer durablement le système éducatif.
Le véritable test commencera toutefois après la formation, lorsque les salles de cours remplaceront les salles de formation et que les principes appris devront se traduire en comportements professionnels. À ce moment-là, le concours sera déjà loin. Restera l’essentiel : être à la hauteur du métier et des modèles pour la jeune génération.
À Klabè-Efoukpa, le 30 juillet dernier, l’histoire coutumière a rencontré l’autorité de l’État. Sur le terrain de l’École primaire publique groupe A, les acclamations de la foule ont accompagné un geste à la fois symbolique et institutionnel : la remise du décret reconnaissant officiellement la désignation de monsieur Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V comme chef du canton.
La cérémonie, présidée par le Gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawe, n’avait rien d’une simple formalité administrative. Elle consacrait publiquement une succession décidée selon les règles coutumières, puis validée par les pouvoirs publics.
Autour du nouveau chef de canton s’étaient réunies autorités administratives et politiques, responsables religieux, forces de défense et de sécurité, mais surtout une population venue en nombre. Dans cette mobilisation, c’est tout un territoire qui semblait vouloir affirmer son attachement à ses repères traditionnels.
De la décision du conseil des sages à la validation républicaine
Avant de parvenir entre les mains du nouveau chef de canton, le décret a suivi un processus qui associe tradition et institution républicaine. Le conseil des sages a d’abord procédé à la désignation du garant des us et coutumes. La décision a ensuite été soumise à l’exécutif, qui l’a validée.
La remise du décret vient ainsi donner une reconnaissance officielle à une autorité dont la légitimité trouve d’abord son origine dans la communauté. Cette articulation entre les mécanismes coutumiers et la reconnaissance de l’État constitue le cœur de la cérémonie. Les traditions conservent leur place dans l’organisation sociale, tandis que l’autorité nouvellement désignée s’inscrit dans le cadre des lois de la République.
Lorsque le décret lui a été remis, les applaudissements ont laissé place à un autre moment fort : celui de l’engagement. Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V a promis de servir sa communauté avec fidélité et justice. Il a également affirmé son attachement aux lois de la République et sa volonté de travailler avec la population.
Son discours d’engagement dessine ainsi une feuille de route qui dépasse la seule fonction traditionnelle. Le nouveau chef entend faire de son autorité un instrument de rapprochement plutôt qu’un facteur de division.
Vivre ensemble, cohésion sociale, dialogue, partage d’idées et fraternité figurent parmi les priorités affichées par le nouveau garant des us et coutumes.
Dans une société où les mutations sociales transforment progressivement les rapports entre générations, la fonction de chef traditionnel conserve une dimension particulière. Elle ne se résume pas à la conservation des rites et des pratiques ancestrales. Elle peut également devenir un espace de médiation, de dialogue et de recherche de compromis au sein de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, le nouveau chef de canton est donc désormais placé devant une double exigence : préserver l’héritage transmis par les anciens tout en inscrivant son action dans les réalités contemporaines et le cadre républicain. La présence des autorités publiques lors de la cérémonie illustre cette volonté de faire cohabiter ces deux dimensions.
Au-delà du symbole : Les défis qui attendent le nouveau garant des us et coutumes
La foule rassemblée autour de la cérémonie n’a pas seulement assisté à une remise de document officiel. Elle a été témoin d’une passation de responsabilité. En fait, derrière le titre de chef de canton se trouve une mission : maintenir les liens sociaux, favoriser le dialogue et contribuer à la stabilité de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, la République a donc officialisé un choix issu de la tradition. Désormais investi de cette reconnaissance, Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V devra transformer l’acclamation du 30 juillet en actes concrets. Entre la parole des sages et l’autorité du décret, une même attente se dessine : que la tradition demeure une force de cohésion et que l’autorité serve d’abord la communauté.
DANYI2, 10 août 2026 — Dans les communes, le développement ne se décrète pas depuis les bureaux. Il se construit au plus près des populations, là où se posent chaque jour les problèmes d’eau, d’assainissement et d’accès aux services essentiels. C’est autour de cette réalité que la commune de Danyi 2 a consacré une journée de réflexion aux enjeux de la décentralisation et du développement local, à l’occasion de la Journée africaine dédiée à cette question.
La rencontre a réuni les acteurs du territoire autour d’une interrogation banale, mais déterminante : comment donner aux collectivités les moyens de répondre efficacement aux besoins de leurs populations ?
Deux panels ont servi de cadre aux échanges. Le premier s’est intéressé à la décentralisation comme instrument du développement local. Les discussions ont porté sur les responsabilités des collectivités, le rôle des différents acteurs et la nécessité d’une meilleure coordination dans la conduite des politiques territoriales.
Car le transfert de compétences aux communes ne suffit pas à lui seul. Encore faut-il que celles-ci disposent des moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour exercer pleinement leurs responsabilités.
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement : Des priorités absolues
Le second panel a placé au centre des débats une question plus concrète encore : l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Dans les territoires, ces services constituent des indicateurs directs de la capacité des politiques publiques à améliorer les conditions de vie. Leur gestion exige des investissements, mais aussi une organisation adaptée aux réalités de chaque collectivité.
À Danyi 2, les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de privilégier des solutions durables plutôt que des réponses ponctuelles. L’objectif est de permettre aux collectivités de mieux anticiper leurs besoins et de construire des réponses qui tiennent compte des caractéristiques de leur territoire.
Synergy locale : Renforcer le partenariat entre élus, services et populations
Les échanges ont également fait ressortir l’importance de la collaboration entre les différents acteurs locaux. Collectivités territoriales, services techniques, partenaires et populations ont chacun un rôle à jouer dans la transformation des territoires.
Cette synergie apparaît d’autant plus nécessaire que les communes sont désormais appelées à porter une part croissante du développement local. Pour y parvenir, elles doivent renforcer leurs capacités et disposer d’une autonomie suffisante pour engager des actions adaptées aux priorités locales.
À Danyi 2, la réflexion aura donc dépassé le cadre d’une simple commémoration. Elle a posé la question de l’efficacité réelle de la décentralisation : une commune est-elle véritablement autonome lorsqu’elle ne peut répondre aux besoins essentiels de ses habitants ?
La réponse passe par des collectivités mieux outillées, davantage de coopération entre les acteurs et une gestion des ressources fondée sur les besoins du terrain. L’enjeu, au fond, reste celui-ci : faire de la décentralisation non pas un simple mécanisme administratif, mais un véritable instrument de progrès social et de développement territorial. À Danyi 2, cette conviction prend la forme d’un appel à l’action locale, avec l’ambition de bâtir des territoires plus résilients, inclusifs et capables de préparer l’avenir.
ANÉHO, 10 août 2026 — Le ronflement des moteurs a, samedi 8 août, rompu la quiétude habituelle d’Aného. Pendant plusieurs heures, la vieille cité des Lacs a accueilli une impressionnante caravane de motocyclistes venus de plusieurs horizons de l’Afrique de l’Ouest. Plus de 500 motards ont traversé les rues de la ville, transformant cette étape en une véritable promenade à travers l’histoire, les paysages et les traditions de l’ancienne capitale du Togo.
La scène avait quelque chose d’insolite. Des centaines de motos, venues du Togo mais également du Ghana, du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Niger et du Nigeria, ont convergé vers Aného dans une atmosphère à la fois populaire et fraternelle. Casques, blousons et machines rutilantes ont donné à la cité balnéaire un visage inhabituel, sans pour autant effacer son caractère historique.
Cette arrivée en nombre s’inscrivait dans le programme de la troisième édition de « Motor Nation », organisée du 7 au 9 août à Lomé par la Fédération togolaise des sports mécaniques (FTMS). L’événement, qui réunit des passionnés de sports mécaniques de plusieurs pays de la sous-région, ne se limite pas aux performances et aux démonstrations. Il entend également ouvrir les routes aux découvertes et rapprocher les participants des territoires qu’ils traversent.
Le sport mécanique comme levier de promotion touristique
À Aného, l’étape avait précisément cette vocation. Il ne s’agissait pas seulement de faire défiler une longue file de motocyclettes dans les artères de la ville. Les organisateurs avaient voulu offrir aux visiteurs un autre regard sur cette partie du littoral togolais. Le président de la Fédération togolaise des sports mécaniques, David Rozand, a ainsi présenté cette initiative comme une occasion de faire connaître la ville aux participants étrangers et de mettre en valeur ses atouts touristiques.
Au fil de leur parcours, les motards ont découvert un environnement où l’eau occupe une place importante. Entre lagune, fleuve et océan, Aného offre un paysage particulier, marqué par la rencontre de plusieurs milieux naturels. La cité conserve également les traces d’un passé riche, visible dans son architecture, ses lieux de mémoire et les représentations qui racontent l’histoire de ses communautés.
La caravane a notamment porté son regard sur les fresques qui retracent différents épisodes de l’histoire locale et évoquent la fête traditionnelle Epe-Ekpé, rendez-vous culturel majeur de la ville et de ses populations.
Ainsi, derrière le spectacle des moteurs, l’escale d’Aného aura surtout servi de rencontre entre les visiteurs et une cité qui cherche à mieux faire connaître son patrimoine.
Un accueil institutionnel par le sénateur-maire Alexis Coffi Aquereburu
La journée a également été marquée par une rencontre avec le sénateur-maire de la Commune des Lacs 1, Me Alexis Coffi Aquereburu. L’élu local a accueilli la délégation des motocyclistes et participé à une photographie de famille venue immortaliser cette étape. Cette rencontre a donné une dimension institutionnelle à la visite. Elle témoigne aussi de l’intérêt des autorités communales pour les initiatives susceptibles de renforcer l’attractivité de la destination Aného.
Car la ville dispose d’un patrimoine dont la valorisation constitue un enjeu pour le développement local. Son histoire, sa position sur le littoral et ses traditions en font un lieu qui peut attirer aussi bien les visiteurs de la région que les touristes venus de plus loin.
L’arrivée de cette importante caravane a donc permis de conjuguer deux univers que tout semble, à première vue, opposer : celui des sports mécaniques, associé à la vitesse et au mouvement, et celui d’Aného, ville ancienne où le patrimoine et la mémoire occupent une place centrale.
Pour les centaines de motards présents, l’escale aura été l’occasion de découvrir une ville autrement. Pour Aného, elle représente une nouvelle fenêtre ouverte sur l’extérieur. Le passage de participants venus de huit pays de la sous-région donne en effet à cette initiative une portée qui dépasse le seul cadre sportif. Chaque visiteur devient potentiellement un relais de la destination une fois de retour dans son pays.
Dans une région où les déplacements constituent souvent le premier moyen de découvrir les richesses locales, une manifestation comme « Motor Nation » peut ainsi servir de trait d’union entre sport, culture et tourisme. Samedi, Aného n’a donc pas seulement vu passer des motards. Elle a accueilli une Afrique de l’Ouest en mouvement, venue découvrir, le temps d’une journée, une cité façonnée par l’histoire, la mer, la lagune et les traditions.
À l’heure où la caravane reprenait la route, les moteurs se sont éloignés. Mais l’image de ces centaines de motocyclistes réunis au cœur de la cité des Lacs restera comme l’un des temps forts de cette troisième édition de « Motor Nation ».
À Lomé, les acteurs du système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO ont réfléchi à la meilleure méthode pour accélérer la transformation numérique, afin de rendre le règlement des sinistres plus rapide, plus transparent et mieux adapté à l’intensification des échanges dans la région.
Un accident de la circulation au‑delà d’une frontière ne devrait pas se transformer en parcours administratif sans fin. Pourtant, dans l’espace communautaire ouest‑africain, le règlement des sinistres transfrontaliers reste confronté à des procédures complexes, à des délais parfois longs et à des échanges de données encore largement perfectibles. C’est précisément à ce défi que les professionnels de l’assurance ont tenté de répondre à Lomé.
Du 3 au 6 août 2026, l’Hôtel Sarakawa a accueilli la deuxième réunion de zone du Système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO. Placée sous le thème « Numérisation de la gestion des sinistres : améliorer l’efficacité, la transparence et le règlement transfrontalier des sinistres dans le cadre du Système d’assurance de la Carte Brune CEDEAO », la rencontre a mis au premier plan une question devenue incontournable : comment utiliser le numérique pour rapprocher les mécanismes d’assurance des réalités de la mobilité régionale ?
La question dépasse largement la modernisation des outils de travail des compagnies d’assurance ; elle touche directement à la confiance des usagers dans les mécanismes d’intégration régionale. Lorsqu’un véhicule assuré dans un pays est impliqué dans un accident dans un autre État membre, la gestion du sinistre mobilise plusieurs acteurs et peut nécessiter des échanges entre différentes juridictions et institutions. Dans ce contexte, la circulation rapide et sécurisée de l’information devient déterminante.
C’est pourquoi la transformation numérique apparaît comme un levier capable de réduire les lenteurs, de faciliter le suivi des dossiers et de renforcer la traçabilité des opérations. Elle peut également permettre aux différents acteurs de disposer d’informations plus fiables et accessibles, tout en limitant les risques liés aux traitements administratifs fragmentés.
À l’ouverture des travaux, le ministre togolais de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi, a clairement placé cette évolution au rang des priorités. Pour le ministre, la transformation numérique « n’est plus une option, c’est un impératif ». L’objectif affiché est de parvenir à des procédures plus simples, des délais de traitement réduits, davantage de transparence et une meilleure satisfaction des assurés et des victimes.
L’un des enjeux majeurs de la réunion de Lomé réside également dans la capacité des États et des professionnels à parler le même langage numérique. La présence de représentants du Système d’assurance de la Carte Jaune du COMESA, notamment de son directeur général, a donné à la rencontre une dimension qui dépasse le seul cadre ouest‑africain. Elle a ouvert la voie à un échange d’expériences entre deux mécanismes régionaux confrontés à des problématiques similaires : mobilité transfrontalière, indemnisation des victimes et coordination entre acteurs nationaux.
Cette participation traduit une conviction : la digitalisation ne produira pleinement ses effets que si elle s’accompagne d’une harmonisation des pratiques. Ainsi, il ne suffit pas de numériser les procédures existantes. Il faut également réfléchir à la compatibilité des systèmes, à la sécurisation des données, à l’interopérabilité des plateformes et à la capacité des différents acteurs à échanger rapidement les informations nécessaires au traitement des dossiers.
La Carte Brune face à une mobilité régionale croissante
Créée pour accompagner l’intégration régionale, la Carte Brune CEDEAO constitue un instrument essentiel de protection des automobilistes et des victimes d’accidents de la circulation impliquant des véhicules circulant au‑delà de leur pays d’immatriculation. Son rôle prend une importance particulière dans une région où les déplacements de personnes et de marchandises sont vitaux pour l’activité économique. Transporteurs, commerçants, voyageurs et touristes franchissent quotidiennement les frontières communautaires.
Dans ce contexte, l’efficacité du système d’assurance ne relève plus uniquement de la sphère technique ; elle participe directement au fonctionnement du marché régional et à la libre circulation. Une indemnisation plus rapide et mieux coordonnée peut ainsi contribuer à réduire les conséquences économiques et humaines d’un accident transfrontalier.
Le véritable test : passer des intentions aux résultats
La rencontre de Lomé intervient donc à un moment où le secteur doit transformer les ambitions numériques en solutions concrètes. L’enjeu sera désormais de traduire les échanges et les recommandations en mécanismes opérationnels capables de produire des résultats mesurables : réduction des délais, amélioration du suivi des dossiers, renforcement de la transparence et meilleure coordination entre les bureaux nationaux et les compagnies d’assurance. C’est sur ce terrain que la réussite de la transformation numérique sera véritablement jugée.
En ouvrant officiellement les travaux le 4 août, Jean‑Marie Tessi a appelé à construire des institutions « plus réactives, plus efficaces et plus résilientes ». Une ambition qui résume le défi auquel est confronté le Système d’assurance de la Carte Brune : faire du numérique non pas une simple vitrine technologique, mais un outil concret au service des victimes, des assurés et de l’intégration régionale.
La réunion de Lomé devrait déboucher sur des recommandations visant à renforcer un système d’assurance capable d’accompagner une Afrique de l’Ouest plus connectée, plus sûre et plus intégrée.
En marge de cette rencontre, le ministre Jean‑Marie Koffi Ewonoule Tessi a reçu un diplôme d’honneur, saluant près de vingt‑cinq années d’engagement au service du secteur des assurances. Une distinction qui a marqué la dimension institutionnelle de cette rencontre, alors que l’assurance transfrontalière s’ouvre à l’ère numérique.
La réunion de Lomé a montré que l’avenir de la Carte Brune CEDEAO repose désormais sur sa capacité à transformer la promesse numérique en résultats concrets : des sinistres réglés plus vite, une transparence accrue et une intégration régionale rendue tangible par l’efficacité des mécanismes d’assurance.
Une explosion s’est produite ce jeudi dans la ville de Jaramana, en périphérie sud-est de Damas, selon des informations encore parcellaires. L’engin explosif aurait visé un minibus à hauteur de l’intersection d’Ar-Rawda, un carrefour fréquenté de la localité. Des blessés ont été signalés, sans qu’un bilan définitif n’ait pu être établi à ce stade.
Aucune revendication n’a été formulée dans l’immédiat et les autorités syriennes n’ont pas encore communiqué d’éléments détaillés sur les circonstances exactes de l’explosion ni sur l’identité de ses auteurs présumés. Par ailleurs, des vérifications sont en cours et les informations disponibles restent, à ce stade, susceptibles d’évoluer.
Il s’agit d’un événement en développement. Les circonstances précises, le bilan humain et l’origine de l’explosion restent à confirmer par les autorités et les sources locales.
Une ville marquée par des années de tensions
Jaramana, dont la population inclut une importante composante druze aux côtés d’habitants chrétiens et sunnites, a régulièrement été le théâtre d’incidents sécuritaires depuis la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024. Une attaque à la grenade contre un poste de sécurité avait déjà visé la ville début juillet, deux jours après un attentat meurtrier commis dans le centre de Damas, près du Palais de justice. Des tensions communautaires y avaient également éclaté à l’occasion de commémorations liées aux événements survenus dans la province voisine de Sweida en 2025.
La déclaration des cheikhs de Jaramana
Dans les heures ayant suivi l’explosion, des cheikhs de la ville ont diffusé une déclaration réaffirmant l’unité de la Syrie, de son territoire et de son peuple. Le texte insiste sur le fait que Damas demeure la boussole des habitants de Jaramana, qui se refusent, selon cette déclaration, à suivre toute puissance étrangère. Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de précédentes déclarations des notables de la ville, qui avaient déjà affirmé, ces dernières semaines, leur attachement à l’unité nationale et leur rejet des discours communautaires jugés porteurs de division.
« Les cheikhs de Jaramana ont affirmé que la ville demeure fidèle à l’unité de la Syrie et de son peuple, désignant Damas comme leur unique boussole. »Déclaration des cheikhs de Jaramana
Pourquoi ces déclarations comptent
Depuis la chute du régime Assad, les localités à composante druze de la périphérie de Damas, dont Jaramana et Sahnaya, ont connu des épisodes de tensions communautaires, ponctués d’ingérences extérieures évoquées dans le débat public syrien. Dans ce contexte, les prises de position publiques des cheikhs et des notables locaux, réaffirmant leur loyauté envers l’État syrien et rejetant toute tutelle étrangère, visent à désamorcer les soupçons de sécession ou de partition et à préserver la cohésion avec les autorités centrales.
Une capitale sous tension sécuritaire
Enfin, cette explosion survient dans un climat sécuritaire dégradé à Damas et dans sa périphérie depuis le début de l’été. Un attentat à l’engin explosif dans un café du centre-ville, puis une double explosion survenue lors de la visite d’État du président français Emmanuel Macron avaient déjà frappé la capitale syrienne début juillet. Aucun de ces épisodes n’a, jusqu’à présent, fait l’objet d’une revendication officielle, les autorités évoquant des enquêtes toujours en cours.
À Lomé, le changement climatique n’est plus seulement une affaire de politiques environnementales. Il devient une question d’arbitrage budgétaire. Depuis le 3 août, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique forme ses cadres à une nouvelle manière de lire, programmer et évaluer la dépense publique. Objectif : préparer le Budget Vert 2027 et faire du climat un critère à part entière des choix économiques de l’État.
Pendant cinq jours, jusqu’au 7 août, la salle Entente du CASEF accueille ainsi un atelier qui pourrait sembler technique. Pourtant, derrière les tableaux, les méthodes de marquage et les exercices budgétaires se joue une transformation plus profonde : déterminer comment l’argent public peut financer la croissance sans aggraver les vulnérabilités climatiques du pays.
Passer à l’échelle : le climat intégré dans toute la mécanique budgétaire
Jusqu’ici, une dépense publique se juge principalement à son utilité économique, sociale ou administrative. La budgétisation verte ajoute une autre question : quel est son impact sur le climat et l’environnement ? Au Togo, les dépenses peuvent ainsi être classées selon leur contribution : favorable, défavorable ou neutre au climat et à l’environnement. Cette méthode permet aux décideurs de visualiser les effets environnementaux des choix budgétaires et de mieux orienter les ressources.
Le pays a engagé cette réforme progressivement. Après une première expérience avec neuf ministères en 2024, le périmètre s’est élargi à 25 ministères et institutions pour l’exercice 2025. Le Budget Vert 2026 couvre désormais l’ensemble des ministères et institutions de l’administration centrale. Le passage à l’échelle change donc la nature de l’exercice : il ne s’agit plus d’expérimenter, mais d’installer durablement le climat dans la mécanique budgétaire.
C’est précisément ce que prépare l’atelier ouvert à Lomé. Sous la conduite d’Ahodo Tchamdja, Directeur général des Études et Analyses économiques, représentant le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, les participants doivent acquérir les outils nécessaires à l’élaboration du document Budget Vert 2027 du ministère.
Le programme va au-delà d’une formation théorique. Les cadres doivent comprendre les concepts fondamentaux de la budgétisation verte, maîtriser la méthodologie de marquage et appliquer ces outils aux activités inscrites dans le Plan de travail et budget annuel 2027 du ministère.
Une deuxième étape interviendra au quatrième trimestre 2026. La cellule Budget Vert du ministère devra alors finaliser le marquage des activités et projets, actualiser leurs coûts à partir de la lettre de cadrage budgétaire 2027 et rédiger la partie narrative du futur document. Le résultat attendu est double : des cadres capables de manier l’outil et un Budget Vert 2027 finalisé.
Cette réforme prend une dimension particulière dans un pays exposé aux effets du dérèglement climatique. Sécheresses, inondations, érosion côtière et irrégularité des précipitations ne menacent pas uniquement l’environnement. Elles affectent l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les ressources en eau et, par ricochet, les finances publiques. Lorsqu’une inondation détruit une route, lorsqu’une sécheresse fragilise une production agricole ou lorsqu’un phénomène météorologique extrême impose des dépenses imprévues, l’État finit par payer la facture.
La budgétisation verte cherche donc à déplacer le curseur : ne plus attendre que le climat provoque la dépense, mais intégrer le risque climatique au moment où l’État décide de dépenser. C’est l’un des enjeux majeurs de cette réforme. La dépense publique doit pouvoir contribuer simultanément à la croissance, à la résilience économique et à la protection des ressources naturelles.
Pour Ahodo Tchamdja, l’enjeu dépasse largement la création d’une nouvelle rubrique budgétaire. La budgétisation verte doit intégrer les considérations climatiques et environnementales à l’ensemble du cycle de la dépense : planification, programmation, arbitrage, exécution et évaluation.
Cette approche peut également renforcer la transparence. En identifiant les dépenses favorables, défavorables ou neutres, l’État dispose d’un instrument supplémentaire pour suivre la cohérence de ses politiques publiques. Le Budget Vert devient ainsi une forme de radiographie des choix économiques. Il ne dit pas seulement combien l’État dépense. Il permet aussi de demander dans quelle direction il dépense.
La démarche du ministère de l’Économie et de la Veille stratégique s’inscrit dans une réforme plus large de la gestion des finances publiques togolaises. Le Togo a déjà utilisé son expérience pour partager son approche avec d’autres pays, notamment le Cameroun et la République du Congo. Le ministère des Finances et du Budget présente cette trajectoire comme une expérience pionnière en Afrique de l’Ouest.
Mais le véritable enjeu du leadership revendiqué ne se trouve pas dans le nombre d’ateliers organisés ni dans le volume de documents produits. Il se mesurera à la capacité du système budgétaire à transformer les analyses climatiques en décisions financières.
Autrement dit, identifier une dépense comme « verte » ne suffira pas. Il faudra ensuite vérifier son exécution, ses résultats et son impact réel. Le ministère des Finances et du Budget a d’ailleurs engagé en 2026 une étape consacrée au suivi de l’exécution des Budgets Verts 2024 et 2025, avec l’objectif de passer de la programmation à la redevabilité.
À Lomé, la philosophie défendue par les autorités peut finalement se résumer à une question simple : que fait chaque franc CFA public face au risque climatique ? Le Budget Vert 2027 doit apporter une partie de la réponse. En formant ses cadres et en préparant le marquage de ses activités, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique cherche à inscrire le climat dans les décisions qui précèdent la dépense, et non uniquement dans les politiques qui viennent la corriger après coup.
Le chantier est désormais lancé. La prochaine étape sera celle de la preuve : prouver que l’intégration du climat dans le budget change effectivement la manière de choisir les investissements, de hiérarchiser les priorités et d’évaluer les résultats. Le Togo a commencé à verdir son budget, mais doit encore prouver que cette orientation peut réellement verdir son développement.