Danyi 2 : une gouvernance locale fondée sur l’écoute

La Commune de Danyi 2 s’engage dans une nouvelle dynamique de modernisation administrative. En effet, sous l’impulsion de Mme le Maire, l’exécutif communal a lancé une vaste consultation interne destinée à recueillir, de manière anonyme, les avis, préoccupations et propositions des agents municipaux afin d’améliorer durablement la qualité du service public local.

 

Une gouvernance fondée sur l’écoute

À travers cette initiative, les autorités communales affichent ainsi une ambition claire : renforcer l’efficacité de l’administration, améliorer les conditions de travail du personnel et consolider une gouvernance locale fondée sur l’écoute et la participation. Dès lors, cette démarche marque un véritable changement de méthode dans la gestion municipale, en plaçant les agents au cœur du processus d’amélioration des performances administratives.

Concrètement, le questionnaire soumis aux agents aborde plusieurs dimensions stratégiques du fonctionnement communal. Il porte notamment sur l’organisation des services, les conditions de travail, la communication administrative interne, les relations professionnelles ainsi que l’esprit d’équipe au sein de la mairie. Par ailleurs, les agents identifient également les forces de l’administration communale, les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien ainsi que les pistes d’amélioration capables d’optimiser le rendement des services municipaux.

 

Un mécanisme de transparence au service de la réforme

 

Dans un souci de transparence et de confidentialité, les fiches remplies seront déposées dans une boîte à suggestions récupérée personnellement par Madame le Maire. Ainsi, ce mécanisme vise à garantir la liberté d’expression des agents tout en favorisant des contributions sincères et constructives.

Cette consultation interne apparaît également comme un véritable outil d’aide à la décision. Elle permettra ainsi à l’exécutif communal de disposer d’un diagnostic précis sur les réalités du terrain afin d’adapter les réformes administratives aux besoins réels des services et des populations.

En définitive, cette initiative illustre une volonté affirmée de bâtir une administration plus moderne, plus performante et davantage orientée vers les résultats. En misant sur l’écoute interne et la participation des agents, la Commune de Danyi 2 entend ainsi faire de la gouvernance collaborative un levier stratégique pour accélérer le développement local et renforcer la qualité des services offerts aux citoyens.

Commune du Golfe 3 : 220 millions d’excédent au budget 2025

La Commune du Golfe 3 affiche une santé financière insolente. Réunis en séance ordinaire le mardi 26 mai 2026 dans la salle de réunion de la mairie de Doumassessé, les conseillers municipaux ont massivement approuvé le compte administratif de l’exercice 2025. Un vote sans appel qui valide ainsi la gestion rigoureuse de l’équipe municipale.

Avec 16 voix pour, 2 abstentions et aucun vote contre, l’exécutif local obtient un véritable plébiscite pour son bilan financier. En effet, ce document comptable, qui retrace l’utilisation réelle de l’argent public, prouve que la municipalité a su tenir le cap malgré un contexte économique exigeant.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Le bilan comptable en chiffres clés

Le budget global de la commune, après divers ajustements, s’établissait à un peu plus de 1,31 milliard de F CFA. À l’heure des comptes, la discipline budgétaire a payé puisque la municipalité a mobilisé 1 220 903 044 F CFA de recettes grâce à un effort soutenu de recouvrement des taxes fiscales et non fiscales, tout en limitant les dépenses exécutées à 1 000 387 607 F CFA grâce à un encadrement strict des frais de fonctionnement.

Ainsi, cette gestion rigoureuse dégage un résultat net positif avec un excédent budgétaire global de 220 515 437 F CFA. En somme, la municipalité a dépensé moins que ce qu’elle a gagné tout en garantissant les services essentiels, ce qui lui permet désormais d’engranger une belle cagnotte pour financer l’avenir.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Des projets concrets pour le quotidien des habitants

Au-delà des grands équilibres financiers, la gestion rigoureuse menée en 2025 sous la houlette du maire Essohanim Gnassingbé s’est traduite par des avancées concrètes pour les habitants. En effet, la commune a misé sur trois priorités stratégiques : la digitalisation des services municipaux, pour rendre l’administration plus rapide, transparente et accessible ; la modernisation des infrastructures, afin d’améliorer la voirie et le cadre de vie dans les quartiers ; et le renforcement des services de proximité, destiné à répondre plus efficacement aux besoins urgents des administrés. Autant de chantiers qui illustrent ainsi une volonté limpide : transformer la gestion locale en un levier tangible de développement.

Commune du Golfe3
© Commune du Golfe3

Cap sur les chantiers de 2026

Pas question de laisser dormir ces 220 millions de F CFA d’excédent. Ainsi, fidèle à sa vision d’une gouvernance responsable et tournée vers le développement, l’exécutif communal va intégrer la totalité de cette somme dans le budget de l’exercice 2026. Cette bouffée d’oxygène financière permettra notamment d’accélérer les projets de développement déjà sur les rails et de financer de nouvelles infrastructures au bénéfice direct des communautés locales.

En définitive, la Commune du Golfe 3 sort renforcée de l’exercice 2025 : un excédent budgétaire de plus de 220 millions de F CFA, une gestion saluée par un vote quasi unanime et des investissements concrets qui améliorent le quotidien des habitants. Avec cette marge financière intégrée au budget 2026, l’équipe municipale affiche une ambition claire : transformer la rigueur comptable en projets tangibles et inscrire durablement la commune dans une dynamique de développement responsable.

Décentralisation : L’État clarifie les frontières des communes

Fini le flou territorial. Ce jeudi 28 mai 2026, le ministre de l’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, le Colonel Awaté Hodabalo, a officiellement lancé une mission de clarification très attendue : définir avec précision les limites géographiques entre les collectivités. L’objectif est d’éteindre les litiges administratifs locaux avant qu’ils n’éclatent.

Où s’arrête exactement une commune et où commence la voisine ? Cette question, en apparence purement technique, constitue sur le terrain une source récurrente de tensions. Compétences territoriales, gestion des ressources naturelles, perception des impôts locaux : le flou des frontières complique le quotidien des maires et des populations. Pour y remédier, l’État passe désormais à l’offensive.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Des outils modernes pour prévenir les conflits

Ainsi, l’ouverture de cette première session du Comité chargé d’étudier les problèmes de délimitation intercommunale marque un changement de méthode. Fini le rôle de simple « pompier » intervenant lorsque le conflit est déjà consommé ; désormais, l’heure est à l’anticipation.

Pendant trois jours, les membres vont affûter leurs outils afin de trancher les différends avec méthode et objectivité. Leur programme repose sur trois axes majeurs : d’abord, la précision cartographique, avec des cartes fiables et actualisées pour fixer les limites au mètre près ; ensuite, l’arsenal juridique, grâce à l’harmonisation des textes pour rendre chaque décision incontestable ; et enfin, une feuille de route opérationnelle, adossée à un budget réaliste, afin de garantir des interventions rapides et efficaces sur tout le territoire.

Ministère de l'Administration Territoriale
© Ministère de l'Administration Territoriale

Sécuriser le développement local

Pour le Colonel Awaté Hodabalo, le message est clair : la réussite de la décentralisation repose sur une maîtrise parfaite de l’espace administratif. En effet, une commune aux contours juridiquement et géographiquement sécurisés est une collectivité libre de planifier ses infrastructures et d’attirer des investissements sans crainte de contestations foncières.

En dotant ce nouveau comité d’une méthodologie rigoureuse, les autorités posent ainsi un acte fort pour consolider la paix sociale. Désormais, les élus locaux attendent le déploiement sur le terrain de cette expertise pour voir enfin tracées les lignes d’une gouvernance locale apaisée.

African Banker Awards 2026 : La finance africaine célèbre ses architectes

Ce n’était pas qu’une simple remise de prix. Mercredi soir, sous les ors de l’hôtel Kempinski de Brazzaville, les 20es African Banker Awards ont pris des allures de conseil de guerre pour l’avenir économique du continent. Organisés par le magazine African Banker et IC Events, sous le patronage de la Banque africaine de développement (BAD), ces prix se sont tenus en marge des Assemblées annuelles de l’institution panafricaine. Le message martelé par l’élite financière était clair : l’Afrique ne se contente plus de gérer les crises, elle finance sa propre transformation.

Ainsi, des décideurs politiques aux investisseurs de premier plan, en passant par le Premier ministre congolais — représentant le président Denis Sassou Nguesso — et le Dr Sidi Ould Tah (président de la BAD), le gotha de la finance africaine s’est réuni pour récompenser ceux qui font bouger les lignes. Fini le temps de la banque traditionnelle de dépôt ; l’heure est au financement des infrastructures lourdes, à la transition énergétique et à l’intégration régionale.

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Le nerf de la guerre : Oser les grands chantiers

Pour comprendre l’enjeu de cette soirée, il faut juste écouter Omar Ben Yedder, président du comité des récompenses. Ses mots résument le défi de la décennie : « Rien de significatif ne se transformerait sur ce continent sans des banques et des institutions financières solides au centre. » Il a également ajouté que les décennies à venir dépendront du courage des dirigeants et de la volonté des banques d’accompagner de nouveaux secteurs et modèles de collaboration.

Ainsi, ce que le monde doit retenir, c’est que les banques africaines assument désormais des risques plus importants pour structurer des méga-projets concrets. Les prix décernés dans la catégorie « Infrastructures et marchés de capitaux » le prouvent :

  • L’énergie verte en tête : Le prix de la Transaction de l’Année (Infrastructures) est allé à Red Rocket Holdco en Afrique du Sud, un signal fort montrant que les capitaux privés africains financent désormais activement la transition énergétique.
  • Sauver le réseau électrique : au Nigeria, une émission obligataire massive de NBET Finance Company PLC (structurée par Cardinal Stone Partners) a raflé le prix de la Transaction Dette. L’objectif est d’injecter de la liquidité vitale dans un secteur énergétique nigérian chroniquement asphyxié.
  • Industrialiser sur place : Le jury a primé la levée de fonds d’Arise IIP, pilotée par l’African Finance Corporation, pour son soutien direct à la création de zones industrielles à travers le continent.

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Les figures de proue : Ecobank et Serge Ekué

La distinction suprême de la Banque de l’année a été décernée au groupe panafricain Ecobank. Ce prix vient couronner un redressement spectaculaire : après plusieurs années de restructurations douloureuses, le groupe a renoué avec une rentabilité solide tout en redéfinissant la valeur créée pour ses actionnaires.

Cependant, c’est Serge Ekué, président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), qui a reçu la distinction de Banquier africain de l’année. Une reconnaissance qui assoit son statut de figure incontournable du financement du développement en Afrique de l’Ouest.

 

La surprise congolaise et le pari de l’inclusion

La République Démocratique du Congo a particulièrement brillé lors de cette édition. Les membres du jury ont élu André Wameso Gouverneur de Banque Centrale de l’année, saluant sa capacité à stabiliser le secteur et à paver la voie à la récente émission d’euro-obligations du pays. Sur le marché local, ils ont sacré la Trust Merchant Bank (TMB) meilleure banque d’Afrique centrale.

Par ailleurs, l’autre fait marquant est la mise en lumière de l’entrepreneuriat féminin. Rawbank (RDC) a remporté le très convoité Prix AFAWA de la Banque de l’année. Cette initiative, soutenue par la BAD, récompense les banques qui brisent le plafond de verre financier en accordant des lignes de crédit spécifiques aux entreprises dirigées par des femmes — un levier de croissance massif mais historiquement sous-financé en Afrique.

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La politique au service de l’économie

Les banquiers ne peuvent rien sans un cadre macroéconomique stable. C’est pourquoi le Zambien Situmbeko Musokotwane a le prix du Ministre des Finances de l’année. Les jurés saluent aujourd’hui son travail titanesque de restructuration de la dette asphyxiante de la Zambie, un cas d’école qui inspire désormais d’autres nations endettées dans la relance de leur économie.

La soirée s’est achevée sur les notes de la légende congolaise Koffi Olomide, une touche de célébration locale pour un secteur bancaire qui n’a jamais semblé aussi confiant dans sa capacité à construire l’Afrique de demain.

 

Palmarès Complet – African Banker Awards 2026

Catégorie Lauréat
Banquier de l’année Serge Ekué (Président, BOAD)
Banque de l’année Ecobank
Banque durable de l’année Bank of Industry
Ministre des Finances de l’année Situmbeko Musokotwane (Zambie)
Gouverneur de Banque Centrale André Wameso (RDC)
Fintech de l’année Ziidi Trader (Bourse de Nairobi)
Institution de Financement (DFI) Afreximbank
Banque PME de l’année Banque coopérative du Kenya
Prix AFAWA (Entrepreneuriat féminin) Rawbank
Transaction de l’année – Infrastructures Red Rocket Holdco
Transaction de l’année – Dette NBET Finance Company PLC
Transaction de l’année – Actions Arise IIP (via African Finance Corporation)
Prix pour l’ensemble d’une carrière Henri-Claude Oyima (Président, BGFIBank Group)
Banque régionale – Afrique du Nord Banque d’Afrique Maroc
Banque régionale – Afrique de l’Ouest GCB Bank PLC
Banque régionale – Afrique de l’Est CRDB
Banque régionale – Afrique centrale Trust Merchant Bank
Banque régionale – Afrique australe Zanaco

Au total, 18 prix ont été remis, reflétant la sophistication croissante et la résilience des institutions financières africaines. Soutenus par des partenaires tels qu’Afreximbank, EBID ou ATIDI, ces African Banker Awards 2026 traduisent une conviction partagée : l’Afrique mobilise désormais ses propres capitaux pour financer sa transformation. Entre infrastructures, inclusion et transition énergétique, le secteur bancaire s’affirme comme le moteur d’un développement endogène et durable.

BAC 1 Session 2026 : Quand la correction des copies devient un audit pédagogique

Après avoir lancé la session normale du BAC 1 2026 sous l’emblème de l’excellence, le ministère de l’Éducation nationale franchit un cap stratégique. En effet, dans une note officielle, le ministre Mama OMOROU bouscule les vieilles habitudes des centres de correction. Désormais, l’examen ne servira plus seulement à trier les candidats, mais aussi à radiographier le niveau réel de l’école togolaise.

 

Au-delà de la note : traquer les lacunes des élèves

Ainsi, la consigne ministérielle envoyée aux équipes d’évaluation est on ne peut plus claire : il faut dépasser le simple geste d’attribuer une note sur 20. Le ministre Mama OMOROU exige des correcteurs un recensement méthodique et systématique des faiblesses des candidats. Concrètement, chaque copie devra être lue comme un indicateur des notions mal comprises, des compétences manquées et des savoir-faire non assimilés.

De ce fait, cette mutation méthodologique vise à transformer les salles de correction en véritables laboratoires d’analyse. En disséquant les fautes récurrentes et en cartographiant les blocages des élèves, le ministère veut obtenir une vision nette et sans filtre des difficultés auxquelles les lycéens font face au quotidien.

« La correction ne doit plus être uniquement un exercice d’évaluation ; elle doit également devenir un instrument d’analyse au service de la qualité des apprentissages », insiste le ministre de l’Éducation nationale.

 

Une feuille de route pour les inspecteurs et les formateurs

Par ailleurs, ce travail de terrain ne restera pas lettre morte dans les cartons des centres d’examen. Une fois la session close, les inspections pédagogiques centraliseront l’ensemble de ces rapports de carences. Ensuite, ces données brutes serviront de matière première pour révolutionner les pratiques de classe autour de trois axes :

  • La remédiation ciblée : concevoir des modules d’accompagnement spécifiques pour corriger le tir dès la rentrée suivante.
  • L’évolution des pratiques : ajuster les méthodologies d’enseignement là où les élèves échouent massivement.
  • La formation continue : réorienter les programmes de renforcement des capacités des enseignants en fonction des faiblesses structurelles détectées.

 

Vers une culture de l’évaluation formative

En définitive, pour le patron de l’éducation, le salut du système scolaire togolais repose sur l’autocritique constructive. L’ambition à long terme est d’ancrer une véritable culture de l’évaluation formative, où chaque session d’examen national devient un miroir permettant d’ajuster le tir, d’identifier les forces du système, mais surtout de corriger ses défaillances.

« Chaque erreur identifiée doit devenir une opportunité d’amélioration », rappelle Mama OMOROU, qui exhorte les correcteurs à faire preuve de professionnalisme, d’engagement et de rigueur de fer. Enfin, en bout de chaîne, c’est la valeur du futur diplôme et la compétitivité des bacheliers togolais qui se jouent dans les centres de correction. Par cette approche, l’État réaffirme son ambition politique : moderniser l’école publique en misant sur l’amélioration continue des acquis.

Université de Lomé : la FSHS débat des crises frontalières et de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest

L’Université de Lomé a de nouveau transformé son auditorium en un véritable laboratoire d’idées et de réflexion sur l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. Le jeudi 21 mai 2026, la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société (FSHS) a organisé la 5ᵉ édition de ses Journées scientifiques, un rendez-vous académique désormais inscrit dans l’agenda intellectuel de l’institution universitaire.

Placée sous le thème : « Les dynamiques frontalières, l’intégration régionale et le développement en Afrique de l’Ouest face aux crises contemporaines », cette rencontre a réuni enseignants-chercheurs, étudiants, responsables administratifs, décideurs politiques, acteurs de la société civile et partenaires au développement autour des défis majeurs qui secouent actuellement la sous-région.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Une université tournée vers les grands enjeux africains

À travers cette initiative, la FSHS confirme sa volonté de faire de la recherche scientifique un outil d’analyse, d’anticipation et d’aide à la décision face aux mutations politiques, économiques et sécuritaires qui traversent l’espace ouest-africain.

Cette 5ᵉ édition s’inscrit d’ailleurs dans la dynamique impulsée par le Professeur Kossivi HOUNAKE, Président de l’Université de Lomé, qui place la recherche, l’innovation scientifique et l’ouverture sur les réalités africaines au cœur de la stratégie de gouvernance de l’institution.

Dans un contexte régional marqué par la montée du terrorisme, les tensions communautaires, les coups d’État militaires, les déplacements de populations et les fragilités économiques, les débats ont permis d’interroger la capacité des États ouest-africains à préserver la cohésion régionale tout en renforçant les mécanismes de développement et de coopération.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Les frontières ouest-africaines au centre des préoccupations

Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont souligné que les frontières, longtemps perçues comme de simples limites territoriales, sont aujourd’hui devenues des espaces stratégiques où se croisent enjeux sécuritaires, défis migratoires, échanges économiques et tensions sociales.

Les chercheurs ont notamment mis en lumière les conséquences des crises sécuritaires sur les flux transfrontaliers, les activités commerciales et la mobilité des populations dans plusieurs zones sensibles de la sous-région.

Face à l’expansion des groupes armés et à l’insécurité grandissante dans certaines régions du Sahel et du Golfe de Guinée, la question de la gouvernance des frontières apparaît désormais comme un enjeu central pour les États ouest-africains.

Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale afin d’éviter que les frontières ne deviennent des espaces de fragilité, de trafics illicites ou de tensions communautaires.

 

Les sciences sociales comme outil de prévention des crises

L’un des principaux enseignements de cette rencontre réside dans la place accordée aux sciences sociales dans la compréhension et la gestion des crises contemporaines.

Pour les organisateurs, les réponses purement sécuritaires ne suffisent plus face à la complexité des défis actuels. Les universitaires ont plaidé pour une approche plus globale intégrant les dimensions historiques, sociologiques, anthropologiques, économiques et politiques des conflits.

Les réflexions ont ainsi porté sur les mécanismes de résilience développés par les populations frontalières confrontées à l’insécurité, à la précarité économique et aux mutations sociales.

Les chercheurs ont aussi souligné le rôle essentiel des universités dans la production de connaissances capables d’orienter les politiques publiques et d’accompagner les stratégies de paix et de développement durable.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Intégration régionale : entre ambitions et défis persistants

La rencontre scientifique a également permis d’évaluer les limites actuelles des politiques d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.

Malgré les efforts engagés depuis plusieurs décennies par les organisations communautaires, notamment la CEDEAO, les intervenants ont relevé que les crises politiques et sécuritaires fragilisent de plus en plus les mécanismes de coopération régionale.

Les tensions diplomatiques, les transitions politiques militaires, les restrictions de circulation et les défis économiques constituent aujourd’hui des obstacles majeurs à l’ambition d’une Afrique de l’Ouest intégrée et stable.

Pour plusieurs participants, le développement de la sous-région passe inévitablement par une meilleure coordination des politiques publiques, un renforcement de la solidarité régionale et une gouvernance plus inclusive des espaces frontaliers.

 

Une tribune scientifique au service du développement et de la paix

Au-delà des communications académiques, cette 5ᵉ édition des Journées scientifiques de la FSHS a surtout confirmé le rôle stratégique que joue l’Université de Lomé dans les débats intellectuels sur l’avenir du continent africain.

Les recommandations formulées au terme des travaux visent notamment à promouvoir une gestion plus apaisée des frontières, renforcer les mécanismes de prévention des conflits et valoriser davantage les contributions des sciences humaines et sociales dans les processus de décision publique.

À travers cette initiative de la FSHS , l’Université de Lomé réaffirme sa volonté de promouvoir une recherche rigoureuse, ouverte sur les réalités africaines et orientée vers la consolidation de l’État de droit, du vivre-ensemble et de la paix durable en Afrique de l’Ouest.

Tabaski au Golfe 5 : solidarité et partage

À quelques heures de la célébration de la Tabaski au Togo, la solidarité s’est invitée dans plusieurs foyers de la commune de Golfe 5. Ce mardi 26 mai 2026, une vaste opération d’assistance sociale a redonné le sourire à des dizaines de femmes démunies des quartiers et villages de la commune.

Dans une ambiance mêlant émotion, reconnaissance et esprit de partage, 22 béliers ainsi qu’une importante quantité de riz ont été remis aux comités de développement à la base afin d’être redistribués aux femmes vulnérables des 22 quartiers et villages du ressort communal.

Mairie d'Aflao Gakli Officiel
© Mairie d'Aflao Gakli Officiel

Une action sociale qui s’inscrit dans la durée

À l’origine de cette initiative : le maire de la commune de Golfe 5, Kossi Agbenyega ABOKA, la Synergie des importateurs de véhicules d’occasion du Togo (SIVOT) et le Conseil national du patronat du Togo, mobilisés pour permettre aux familles les plus fragiles de vivre dignement cette fête de sacrifice et de communion.

Sur les lieux de la remise, les visages fermés ont rapidement laissé place aux sourires. Pour plusieurs bénéficiaires, ce geste représente bien plus qu’un simple don matériel : il symbolise une présence, une considération et un soutien dans un contexte économique parfois difficile.

Prenant la parole, le président de la SIVOT, Fadi ELRAYES, a affirmé que cette action sociale constitue désormais une tradition, portée par la volonté de promouvoir la fraternité et la convivialité, particulièrement durant les périodes festives.

« Cette œuvre de solidarité doit continuer à vivre dans nos habitudes quotidiennes et être transmise aux enfants », a-t-il insisté, invitant chacun à garder une attention particulière envers les personnes en situation de vulnérabilité.

Il a aussi appelé les populations à faire vivre quotidiennement les valeurs de solidarité et de compassion, tout en transmettant cet esprit de générosité aux jeunes générations.

Cette opération traduit une volonté de renforcer les liens de fraternité et de solidarité au sein des communautés locales, particulièrement pendant les périodes festives.

Mairie d'Aflao Gakli Officiel
© Mairie d'Aflao Gakli Officiel

Kossi Agbenyega ABOKA appelle à la responsabilité citoyenne

De son côté, le maire de Golfe 5, Kossi Agbenyega ABOKA, a salué un geste empreint de compassion et d’humanisme. L’autorité municipale a également profité de cette rencontre pour sensibiliser les bénéficiaires sur leur rôle dans la préservation des valeurs civiques, citoyennes et patriotiques.

Face aux défis sociaux et aux dérives grandissantes liées aux réseaux sociaux, l’édile a également insisté sur le rôle central des mères dans l’éducation des enfants. Il a exhorté les femmes à maintenir le cap de l’encadrement familial afin de protéger la jeunesse contre les dérives liées aux réseaux sociaux et aux mauvaises influences.

« Les enfants représentent la relève de demain. Il est essentiel de les encadrer afin qu’ils ne soient pas emportés par certaines dérives », a-t-il déclaré.

Mairie d'Aflao Gakli Officiel
© Mairie d'Aflao Gakli Officiel

Des bénéficiaires émues et reconnaissantes

Du côté des bénéficiaires, l’émotion était palpable. Sourires, prières et mots de gratitude ont rythmé la cérémonie.Pour plusieurs femmes présentes, cette assistance arrive à un moment crucial, à la veille d’une fête religieuse souvent difficile à préparer pour les familles les plus modestes.

À Golfe 5, cette initiative solidaire rappelle qu’au-delà de la célébration, la Tabaski demeure aussi un symbole de partage, d’entraide et de cohésion sociale.

Togo : 6,3 % de croissance en 2025, 6 919,1 milliards FCFA de PIB nominal

Le Togo achève le cycle de sa Feuille de route gouvernementale 2020-2025 sur une note de solidité macroéconomique qui tranche avec les turbulences régionales. Selon les dernières données officielles de l’Inseed, le pays confirme sa trajectoire de résilience post-COVID. Mais derrière la barrière rassurante des chiffres globaux se cache une profonde reconfiguration des moteurs de la richesse togolaise : le boom du béton et de la logistique compense désormais le coup de frein de l’agriculture et de la finance.

La solidité du bloc macroéconomique

Au plan global, la trajectoire togolaise affiche une régularité de métronome. Depuis la relance de 2021, l’activité économique progresse à un rythme de croisière, maintenant une moyenne robuste de 6,3 % de croissance en volume par an. Pour l’exercice 2025, l’atterrissage se fait en douceur : le taux de croissance s’établit à 6,3 % contre 6,5 % en 2024.

Cette dynamique se traduit ainsi par une hausse significative de la valeur absolue de la richesse nationale, tant sur le plan nominal (qui intègre l’effet des prix) que réel (corrigé de l’inflation) :

Indicateurs de Richesse (Inseed) Exercice 2024 Exercice 2025 Évolution
PIB Nominal(milliards de FCFA) 6 453,6 6 919,1 +7,2% (Croissance nominale)
PIB Réel(milliards de FCFA) 5 314,8 5 649,2 +6,3% (Croissance en volume)

Si ces agrégats témoignent d’une économie togolaise étanche aux crises multiformes qui secouent le Sahel et les marchés mondiaux, l’intérêt d’une analyse réside dans la dissection de ses trois moteurs.

Le triomphe du béton, des mines et du corridor logistique

C’est le grand enseignement de l’année 2025 : le secteur secondaire accélère son rythme, passant de 7,3 % en 2024 à 7,5 % en 2025. Il apporte ainsi une contribution stable de 1,5 point à la croissance du PIB réel.

Cette surchauffe positive repose notamment sur une alliance solide entre les industries extractives et les infrastructures :

  • La fièvre constructive : portée par les grands chantiers publics et privés, la branche construction s’envole de 16,9 % (injectant 0,5 point au PIB). Un boom qui dope mécaniquement la fabrication de matériaux de construction, laquelle affiche une croissance spectaculaire de 27,4 % (0,4 point de contribution).
  • L’industrie lourde en appoint : les industries extractives confirment leur excellente santé avec un bond de 10,6 % (0,2 point de contribution), tandis que la métallurgie, les machines et la réparation progressent à un rythme plus modéré de 6,7 % (0,1 point de contribution).

 

Le tertiaire, moteur incontournable de la croissance togolaise

Parallèlement, le secteur tertiaire conserve son statut de poumon de l’économie togolaise. Il dicte le tempo global avec un taux de croissance de 7,0 % (en légère hausse par rapport aux 6,8 % de 2024) et s’octroie ainsi la part du lion en pesant pour 3,5 points dans la croissance du PIB réel.

Ce leadership du tertiaire est, quant à lui, porté par le triptyque de la connectivité et des échanges :

  • Transports et entreposage : Véritable démonstration de force de la plateforme logistique de Lomé, cette branche signe une accélération phénoménale à 16,2 % de croissance en 2025, contre seulement 4,5 % en 2024, pesant à elle seule 1,4 point de PIB.
  • Numérique et Télécoms : la branche information et communication maintient son rôle d’accélérateur technologique avec 17,2 % de croissance, faisant grimper sa contribution au PIB de 0,5 point en 2024 à 0,8 point en 2025.
  • Commerce : les flux marchands restent également dynamiques et progressent de 9,9 % (0,7 point de contribution).

 

 L’alerte agricole et le coup de froid financier

Toutefois, tout n’est pas au vert dans le tableau de bord de l’Inseed. Le rapport met en lumière des zones de vulnérabilité ou de contraction volontaire qui calment l’euphorie ambiante.

La première alerte vient du secteur primaire. S’il maintient une trajectoire positive avec une valeur ajoutée brute réelle établie à 1 095,1 milliards de FCFA, le secteur subit néanmoins un net ralentissement : son rythme de croissance chute à 4,2 % en 2025 contre 5,7 % en 2024. Le secteur reste porté par la branche socle « agriculture, élevage, chasse, sylviculture, exploitation forestière et services de soutien » (+4,3 %), mais ce coup de frein global rappelle la sensibilité du secteur aux aléas climatiques et aux coûts des intrants.

Par ailleurs, le second signal d’alarme provient des forces correctrices internes du secteur tertiaire, où deux piliers traditionnels virent au rouge :

La rigueur publique et le resserrement financier :

  • L’Administration publique enregistre un recul marqué de son activité de -8,8 %, amputant la croissance du PIB réel de -0,6 point. Un chiffre qui illustre un effort de consolidation budgétaire au terme de la Feuille de route 2025.
  • Plus préoccupant, les activités financières et d’assurance subissent un repli sévère de -9,6 %, grevant le PIB réel de -0,3 point. Une contraction qui pourrait traduire un durcissement des conditions de crédit ou une restructuration du marché bancaire local.

Le bilan de la Feuille de route

Au moment de solder les comptes de la stratégie quinquennale 2020-2025, le Togo démontre qu’il a su diversifier ses bases productives pour amortir les chocs. L’effondrement des administrations publiques et la contre-performance des banques auraient pu plomber l’économie ; elles ont cependant été neutralisées par la vitalité des chantiers de construction, l’envolée des télécoms et la puissance logistique du corridor de transport togolais.

Dans ce contexte, l’activité économique togolaise demeure vigoureuse en 2025. Le PIB nominal devrait ainsi atteindre 6 919,1 milliards de FCFA, contre 6 453,6 milliards en 2024, soit une progression nominale de 7,2 %, confirmant la capacité de résilience de l’économie nationale malgré les fragilités sectorielles persistantes.

Le défi des prochains mois consistera désormais à redynamiser le secteur agricole afin de s’assurer que cette croissance macroéconomique reste inclusive et garante de la souveraineté alimentaire.

Sénégal : Ahmadou Al Aminou Lô nommé Premier ministre

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a officialisé le lundi 25 mai 2026 la nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô au poste de Premier ministre. Ce décret marque une rupture institutionnelle majeure et intervient trois jours seulement après le limogeage d’Ousmane Sonko, dont le départ avait entraîné la démission collective de l’équipe gouvernementale.

Cette nomination consacre une recomposition profonde au sommet de l’État. Elle met fin à des mois de frictions politiques et de divergences stratégiques persistantes entre le président Faye et son Premier ministre et allié de première heure, Ousmane Sonko, notamment autour du traitement de l’imposante dette publique (qui culmine à 132 % du PIB) et des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI).

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Le profil du nouveau chef du gouvernement : un pivot monétaire et financier

En portant son choix sur Ahmadou Al Aminou Lô, le chef de l’État mise résolument sur un profil de haut niveau pour rassurer les marchés et stabiliser l’appareil d’État. Ancien directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour le Sénégal entre 2018 et 2023, cet économiste chevronné bénéficie d’une solide réputation de technocrate au sein du système bancaire et financier régional.

Le décret de nomination insiste d’ailleurs sur sa maîtrise fine des « rouages de l’économie et des finances ». Loin d’être un inconnu dans les cercles du pouvoir actuel, M. Lô incarnait jusqu’ici l’épine dorsale administrative du régime. Il a successivement occupé les fonctions de secrétaire général du gouvernement sous la primature d’Ousmane Sonko, avant de devenir ministre d’État auprès du président, chargé du suivi, du pilotage et de l’évaluation de l’ambitieux Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».

 

Vers « un changement de méthode » et une réorientation économique

Dès sa première déclaration publique, le nouveau locataire de la Primature a tenu à fixer le cap et à dissiper les craintes d’un reniement des promesses de rupture du régime. Qualifiant sa mission de « sacerdoce », Ahmadou Al Aminou Lô a précisé que cette nouvelle phase ne constituait « point un changement de cap », mais plutôt « un changement de méthode dans la cohérence institutionnelle et l’action gouvernementale ». Il s’est également voulu rassurant en martelant que « le Sénégal est un pays sûr et viable ».

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Le curseur monétaire : un pragmatisme rassurant face à l’orthodoxie régionale

Connu pour ses positions pragmatiques sur l’échiquier monétaire ouest-africain, le nouveau Premier ministre s’est souvent prononcé en faveur de la stabilité et de l’équilibre externe du franc CFA, tranchant subtilement avec la rhétorique souverainiste plus radicale portée par son prédécesseur.

Lors des grands débats de 2018 et 2020 entourant la transition avortée du franc CFA vers l’Eco, Ahmadou Al Aminou Lô, alors Directeur national de la BCEAO pour le Sénégal, avait publiquement défendu la monnaie commune. Il rappelait notamment qu’en maintenant le dispositif de parité fixe, la région s’assurait une précieuse stabilité monétaire et se prémunissait contre l’inflation galopante, affirmant fermement que « des changements brusques, ça ne se fait pas ».

Cette posture d’économiste de banque centrale, axée sur la viabilité macroéconomique, la gestion des Eurobonds et les négociations techniques avec le FMI, suscite déjà des vagues au sein de la majorité. Dès l’annonce de sa nomination, des figures de l’aile gauche du parti PASTEF, à l’instar du député Guy Marius Sagna, ont exprimé leurs vives réserves, s’interrogeant publiquement sur la présence d’un « défenseur historique du franc CFA » à la tête d’un exécutif censé prôner la décolonisation monétaire.

En confiant les clés de la Primature à ce grand commis de la haute finance, le président Bassirou Diomaye Faye envoie un signal de normalisation et d’apaisement en direction des partenaires internationaux et des marchés financiers.

 

Vers un « gouvernement de mission » : trois chantiers urgents

La nomination d’Ahmadou Al Aminou Lô ouvre la voie à la formation d’un gouvernement de mission composé de technocrates chargé de relever trois chantiers urgents : rétablir la cohésion de l’État en mettant fin à la paralysie administrative héritée des dualités politiques et en remettant l’appareil public au travail, rassurer en priorité les bailleurs de fonds en relançant le dialogue avec le FMI et la Banque mondiale pour stabiliser la dette publique et restaurer la crédibilité financière du Sénégal, et piloter l’économie face à une tempête régionale en concrétisant le plan « Sénégal 2050 », en sécurisant les revenus attendus du pétrole et du gaz et en protégeant les recettes nationales dans un contexte ouest‑africain instable.

Assemblées annuelles BAD 2026 à Brazzaville

Dans les allées du Centre international de conférences de Kintélé, à Brazzaville, le ton est déjà donné. Avant même la cérémonie protocolaire officielle prévue ce mardi 26 mai, les 61èmes Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), couplées à la 52ème Assemblée annuelle du Fonds africain de développement (FAD), ont démarré lundi dans une atmosphère mêlant diplomatie financière, célébration panafricaine et urgence économique.

Durant cinq jours, la capitale congolaise devient le carrefour stratégique où se croisent chefs d’État, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, investisseurs institutionnels et experts du développement venus des 81 pays membres de la BAD. Mais derrière le cérémonial et les rencontres de haut niveau, une même interrogation traverse les débats : comment financer l’avenir du continent africain dans un contexte mondial marqué par le recul de l’aide publique internationale, la pression de la dette et les tensions géopolitiques ?

Une ouverture sous le symbole du panafricanisme

Le choix du 25 mai pour lancer les travaux n’a rien d’anodin. Cette première journée a coïncidé avec la Journée de l’Afrique, célébrant la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963. Dans la salle Mfoa de Kintélé, la symbolique politique a rapidement rejoint les préoccupations économiques.

Autour du président congolais Denis Sassou Nguesso, les interventions ont multiplié les références aux figures historiques du panafricanisme et à l’émancipation économique du continent. Le chef de l’État congolais a notamment rendu hommage aux pères fondateurs de l’OUA, appelant à une nouvelle étape de l’intégration africaine fondée sur la maîtrise des leviers financiers.

Aux côtés des autorités congolaises, plusieurs personnalités internationales ont également pris part aux premières séquences de ces assemblées, notamment Selma Malika Haddadi, venue porter le message de l’Union africaine sur l’intégration économique du continent, ainsi que Diene Keita, dont la présence illustre l’importance accordée aux enjeux démographiques et sociaux dans les stratégies de développement africaines.

Dans un message vidéo adressé aux participants, Évariste Ndayishimiye a lui aussi inscrit son intervention dans cette logique de rééquilibrage mondial. « L’Afrique ne demande pas la charité, mais l’équité et la justice », a-t-il déclaré, dénonçant implicitement les déséquilibres persistants de l’architecture financière internationale.

Le premier grand test de Sidi Ould Tah

Ces assemblées constituent surtout le premier rendez-vous continental majeur du nouveau président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah, successeur du Nigérian Akinwumi Adesina.

Dès son allocution inaugurale, le nouveau patron de l’institution a imprimé sa marque : celle d’un panafricanisme économique offensif. Face aux délégués réunis à Brazzaville, il a insisté sur la nécessité pour les États africains de mutualiser davantage leurs ressources et leurs capacités financières.

« Nous ne pouvons plus nous contenter de solutions de fortune face à un déficit de financement qui frôle les 400 milliards de dollars par an. L’Afrique doit repenser structurellement la manière dont elle finance son avenir…»

Pour lui, l’heure n’est plus à la dépendance vis-à-vis des bailleurs traditionnels, mais à la mobilisation des richesses africaines elles-mêmes : fonds souverains, caisses de retraite, capitaux privés et diaspora. « Aucun pays africain ne peut se développer seul », a-t-il martelé, dans un plaidoyer pour une solidarité financière continentale renforcée.

Cette orientation constitue d’ailleurs le fil conducteur de ces assemblées 2026. La BAD entend désormais accélérer la mobilisation de financements dits “alternatifs”, capables de compenser l’essoufflement des mécanismes classiques d’aide au développement.

La bataille du capital humain

Au-delà des grands discours économiques, cette première journée a également été marquée par une séquence diplomatique importante : la signature d’un partenariat stratégique entre la BAD et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). L’accord a été paraphé par Sidi Ould Tah et Diene Keita, en présence de plusieurs responsables internationaux.

À travers ce protocole, les deux institutions veulent renforcer les investissements dans le capital humain, notamment la santé maternelle, l’autonomisation des femmes et la résilience démographique. Un axe stratégique pour la BAD, qui considère désormais la transition démographique comme un moteur essentiel de croissance économique.

L’objectif affiché est clair : transformer la jeunesse africaine en levier de développement plutôt qu’en facteur de vulnérabilité sociale. Une ambition particulièrement ciblée vers les zones fragiles et les pays confrontés à de fortes pressions économiques.

Une Afrique en quête de nouveaux leviers financiers

Autour des sessions plénières, plusieurs réunions parallèles ont déjà ouvert les discussions sur la réforme du système financier mondial. Des échanges ont notamment débuté avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique sur les mécanismes de restructuration de la dette et l’accès au financement climatique.

Des experts comme Carlos Lopes participent aux réflexions sur les nouvelles stratégies de financement du développement africain. Parmi les dossiers attendus dans les prochains jours figurent également les tables rondes consacrées au Fonds bleu pour le bassin du Congo, aux infrastructures énergétiques et au financement climatique.

Dans les couloirs de Kintélé, une conviction semble désormais s’imposer : l’Afrique entre dans une phase où sa souveraineté politique dépendra de plus en plus de sa souveraineté financière. Et c’est précisément cette bataille que Brazzaville entend placer au centre de ces assemblées annuelles de la BAD.