Réuni en session extraordinaire, le conseil municipal étudie le déplacement d’une ligne budgétaire vers une infrastructure scolaire qui exige une réponse rapide. Dans cette commune rurale, plus de quatre habitants sur dix ont moins de 15 ans.
Les élus de Danyi 2 se sont retrouvés ce lundi 21 septembre en session extraordinaire pour examiner une question qu’ils jugent majeure : faut-il déplacer une somme déjà inscrite au budget communal vers une infrastructure scolaire dont l’état réclame une intervention rapide ?
La commune défend la démarche comme un acte de prévention. En effet, elle choisit d’agir avant que la situation empire, plutôt que de gérer les dégâts après coup.
Les chiffres du dernier recensement donnent la mesure de l’enjeu. En novembre 2022, Danyi 2 comptait 14 420 habitants, tous en milieu rural. Parmi eux, 5 916 avaient moins de 15 ans, soit 41 % de la population.
Dans un tel contexte, l’état d’un bâtiment scolaire touche potentiellement un grand nombre de familles. Chaque retard de travaux pèse sur les élèves, leurs parents ainsi que leurs enseignants.
Techniquement, l’opération consiste à retirer une ressource disponible d’une ligne du budget pour la verser à une autre, jugée plus pressante. La mairie prend soin d’écarter toute lecture de renoncement. À ses yeux, ce transfert n’efface aucun autre besoin de la commune : il montre cependant qu’elle sait réajuster ses priorités quand l’urgence l’exige.
Elle assure aussi que l’opération respectera les procédures administratives et budgétaires, ainsi que les règles de la commande publique, c’est-à-dire le cadre qui régit le choix des entreprises et l’attribution des marchés.
Réaffecter des crédits, mode d’emploi
Un budget communal répartit l’argent public par lignes. Réaffecter des crédits revient à prélever une somme sur l’une d’elles pour l’affecter à une autre, en règle générale après une délibération de l’assemblée élue.
Le raisonnement des élus tient en une idée. Lorsqu’une intervention préventive est possible, mieux vaut la mener tout de suite que subir une dégradation supplémentaire. La commune y voit une manière de protéger les élèves et de préserver leur avenir.
La décentralisation à l’épreuve du terrain
Au-delà du dossier scolaire, Danyi 2 revendique une gouvernance qui repose sur l’écoute, la responsabilité, la proximité et l’action concrète. Ce cap engage les élus : les habitants jugeront ces principes à la rapidité et à la clarté avec lesquelles la décision se traduira sur le terrain.
Les inconnues du dossier : montants, calendrier et école concernée
Le texte diffusé par la commune ne précise ni l’établissement concerné, ni le montant transféré, ni la nature des travaux, ni leur calendrier. Il ne renseigne pas non plus sur l’issue de la session. Ces éléments détermineront la portée réelle de la décision.
ABUJA, 21 septembre 2026 — Plus de 500 acteurs du secteur aéroportuaire sont actuellement réunis à Abuja pour la 35ᵉ Assemblée générale de l’ACI Afrique. La Société aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) y défend ses ambitions : transformer l’Aéroport international Gnassingbé Eyadéma (AIG Lomé) en plateforme de référence en Afrique de l’Ouest, en alignant performance opérationnelle, sécurité et inclusion.
La participation de la SALT à cette rencontre s’inscrit dans une série de réformes et d’initiatives techniques destinées à consolider la crédibilité de Lomé auprès des compagnies et des régulateurs. Quelques jours avant l’ouverture de l’assemblée, le Togo a accueilli, jusqu’au 14 septembre, une mission d’assistance technique de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) consacrée au renforcement de la surveillance de la sécurité aéroportuaire.
Dans ce cadre, la SALT a multiplié les exercices de montée en gamme, dont les simulations d’urgence « EPULO », conçues pour éprouver les procédures de réaction, la coordination interservices et la communication de crise en cas d’accident aérien ou d’incident majeur. D’ailleurs, ces dispositifs montrent la volonté de la SALT de dépasser la conformité formelle pour installer une culture de sécurité préventive, en phase avec les standards internationaux et avec le thème de l’assemblée — « Next-Gen Airports: Driving Performance and Resilience ».
Par ailleurs, la SALT a choisi d’inscrire sa contribution à l’agenda de l’ACI Afrique sous un angle distinctif : l’intégration du genre comme facteur de performance et de résilience organisationnelle. Représentant l’AIG Lomé, Mme TCHAKAM Hodalo, cheffe du Service Personnel de la SALT, a présenté, lors des travaux, des actions concrètes mises en œuvre par le gestionnaire aéroportuaire pour intégrer la dimension genre dans ses activités.
Cette approche prend un relief particulier dans le contexte d’Abuja en septembre 2026. La capitale nigériane a récemment accueilli, du 7 au 9 septembre, un Gender and Inclusion Summit 2026 placé sous le mot d’ordre « From Agenda to Action », où des responsables politiques de premier plan, dont l’ancien Premier ministre ivoirien Patrick Achi, ont appelé à faire de l’inclusion un pilier de la transformation économique africaine.
En présentant ces mesures concrètes, la SALT affirme ainsi son engagement en faveur de l’intégration du genre dans sa gouvernance et ses activités. Cette démarche positionne également le gestionnaire aéroportuaire en cohérence avec les priorités régionales en matière d’inclusion, de gouvernance et de développement du capital humain, tout en faisant de l’égalité professionnelle un levier de performance et de résilience organisationnelle.
Une présence au service du positionnement régional de Lomé
La 35ᵉ Assemblée générale de l’ACI Afrique, qui se tient du 19 au 25 septembre à Abuja, offre à la SALT un cadre pour échanger avec les gestionnaires d’aéroports, les régulateurs et les partenaires techniques du continent sur les évolutions du secteur. Pour le gestionnaire de l’AIG Lomé, ces échanges permettent notamment de confronter les pratiques, de suivre les standards émergents et d’identifier des approches susceptibles d’accompagner la modernisation de la plateforme togolaise.
De plus, la SALT dispose d’une opportunité de mettre en avant les différents leviers sur lesquels elle travaille : renforcement de la sécurité, amélioration de la performance opérationnelle, résilience des infrastructures et intégration du genre dans la gestion des ressources humaines.
Cette approche traduit l’évolution du positionnement de Lomé : le statut de plateforme régionale ne repose plus uniquement sur les infrastructures ou le volume de trafic. Il dépend également de la capacité du gestionnaire à maintenir des standards élevés de sécurité, à assurer la continuité des opérations et à développer une organisation capable de répondre aux nouvelles exigences du transport aérien africain.
Les prochains mois diront si cette trajectoire apportera des gains mesurables en termes de connectivité, de parts de marché et de performance économique pour l’AIG Lomé. Les observateurs suivront en particulier :
la publication d’indicateurs chiffrés sur la place des femmes au sein de la SALT (taux de féminisation, présence dans l’encadrement, accès aux métiers techniques) ;
le déploiement de programmes structurés en matière de formation, de mentorat et de conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle ;
l’impact concret des réformes tarifaires de juillet 2026 sur l’arrivée de nouvelles compagnies et l’augmentation des fréquences au départ et à destination de Lomé.
Pour l’heure, la participation de la SALT à l’assemblée d’Abuja signale une évolution notable : le hub togolais se définit actuellement par la qualité de sa gouvernance, la solidité de ses procédures de sécurité ainsi que la manière dont il mobilise son capital humain — femmes et hommes — pour servir une ambition continentale.
ABALOKOPÉ, 21 septembre 2026 — L’offensive de charme de la Chine en Afrique de l’Ouest vient de réaliser une avancée tangible. Vendredi dernier, les autorités togolaise et chinoise ont inauguré un réseau de 305 forages d’eau potable dans la région des Plateaux, concrétisant ainsi un accord signé fin 2023 entre Lomé et Pékin.
Conçu à l’origine pour livrer 300 points d’eau, le chantier piloté par le géant chinois du BTP Zhongmei Engineering Group a dépassé ses objectifs initiaux. L’opération permet d’approvisionner directement 85 villages répartis sur 12 préfectures, améliorant radicalement le quotidien des communautés locales.
L’accès à l’eau potable dans ces zones enclavées représente un levier économique majeur. Cependant, avec ces nouveaux points d’eau qui réduisent drastiquement les heures consacrées au transport manuel de l’eau, l’initiative libère un temps précieux pour la production agricole et la scolarisation des enfants.
« Pour une communauté contrainte de parcourir de longues distances à la recherche d’une eau saine, cet ouvrage représente du temps gagné, des risques réduits et de meilleures conditions de vie », a souligné le colonel Dadja Maganawe, gouverneur de la région des Plateaux, lors de la cérémonie de remise des clés à Abalokopé.
De son côté, l’ambassadrice de Chine au Togo, Wang Min, a rappelé que la sécurité hydraulique constitue la pierre angulaire du développement rural et de la souveraineté alimentaire dans une région.
Cette réalisation s’inscrit dans le cadre de la politique diplomatique offensive menée par la Chine en Afrique, axée sur le financement et la construction d’infrastructures publiques essentielles. Pour Pékin, ces projets de proximité renforcent son influence géopolitique face aux partenaires occidentaux traditionnels.
Pour le gouvernement, ce partenariat avec la Chine répond à un impératif national : garantir l’accès universel à l’eau potable d’ici 2030, une directive prioritaire du président du Conseil Faure Gnassingbé.
La résistance à long terme de cet investissement repose désormais sur la gestion opérationnelle du matériel par ces ayants droit. Les équipements — composés de pompes manuelles — nécessitent un entretien rigoureux pour éviter les pannes récurrentes qui paralysent souvent les projets d’infrastructure en zone rurale.
C’est pourquoi le Ministre Délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a vivement interpellé les comités villageois sur la responsabilité qui leur incombe.
« Un forage bien réalisé mais mal entretenu ne peut durablement produire les effets attendus. La pérennisation des investissements réalisés doit être au cœur de nos préoccupations », a-t-il averti, tout en annonçant la mise en place de structures de surveillance locale.
Finalement, le temps nous dira si ces 305 forages inaugurés à Abalokopé marquent une avancée durable ou s’ils resteront une vitrine fragile de la diplomatie des infrastructures.
L’Office togolais des recettes (OTR) a officiellement lancé, jeudi 17 septembre 2026 à Lomé, la plateforme eTPU, dédiée à la déclaration et au paiement en ligne de la Taxe professionnelle unique. Ce nouvel outil doit permettre aux petites entreprises, aux artisans et aux commerçants d’accomplir leurs principales démarches fiscales sans se rendre systématiquement dans un centre des impôts.
La cérémonie s’est déroulée à l’Hôtel 2 Février, sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola. Étaient également présents la commissaire générale de l’OTR, Yawa Djigbodi Tsègan, ainsi que plusieurs représentants du secteur privé et des organisations socioprofessionnelles.
Une réforme pensée pour les petites activités
La TPU concerne une large catégorie d’acteurs économiques, notamment les microentreprises, les PME, les PMI, les artisans et les commerçants soumis au régime fiscal synthétique. Or, pour ces contribuables, les démarches administratives peuvent représenter une charge importante, en raison des déplacements, des délais d’attente et de la multiplication des formalités.
C’est pourquoi la plateforme eTPU entend répondre à ces difficultés en regroupant plusieurs opérations dans un même espace numérique. À partir d’un téléphone, d’une tablette ou d’un ordinateur, l’usager peut accéder au service grâce à son numéro d’identification unique, remplir sa déclaration et transmettre les informations requises à l’administration fiscale.
Le système calcule ensuite automatiquement le montant de la taxe à payer. Le contribuable peut procéder au règlement en ligne et recevoir un justificatif électronique comportant un code QR.
L’OTR présente eTPU comme un dispositif organisé autour de plusieurs étapes : identification du contribuable, dépôt de la liasse fiscale simplifiée, liquidation de la taxe, paiement électronique et délivrance du reçu numérique. Ainsi, cette organisation doit réduire les manipulations et limiter les risques d’erreur lors du traitement des déclarations. Elle offre également aux usagers la possibilité de consulter leur situation fiscale, leurs échéances et l’historique de leurs opérations à distance.
De plus, le service est accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Cette disponibilité doit permettre aux contribuables d’effectuer leurs démarches selon leurs contraintes professionnelles, sans dépendre des horaires d’ouverture des bureaux administratifs.
Le paiement mobile comme levier d’accessibilité
Le nouveau dispositif s’appuie sur les solutions de paiement électronique disponibles au Togo. Les informations communiquées lors du lancement mentionnent notamment Flooz et Mixx by Yas pour le règlement de la TPU. D’autres canaux pourraient être intégrés en fonction de l’évolution du dispositif et des partenariats établis avec les opérateurs.
Par ailleurs, l’OTR mise sur la forte utilisation du téléphone mobile pour rapprocher les services fiscaux des contribuables. Cette approche peut faciliter l’accès au paiement pour les opérateurs qui exercent loin des centres urbains ou qui ne disposent pas du temps nécessaire pour accomplir des démarches physiques.
Toutefois, la réussite de cette réforme dépendra aussi de l’accompagnement proposé aux usagers. Les contribuables peu familiarisés avec les outils numériques devront pouvoir bénéficier d’une assistance claire, notamment lors de la première déclaration ou en cas de difficulté de paiement.
Pour Essowè Georges Barcola, la digitalisation doit contribuer à améliorer la relation entre l’administration et les entreprises. Le ministre a souligné que les contribuables concernés n’auront plus besoin de se déplacer systématiquement, de faire la queue ou de consacrer une journée entière au paiement de leur taxe.
Ainsi, cette simplification vise à réduire le coût de la conformité fiscale. Pour une petite activité, le temps consacré à une démarche administrative peut entraîner une perte de revenus ou perturber le fonctionnement de l’entreprise. En permettant aux opérateurs de déclarer et de payer à distance, l’administration cherche à limiter ces contraintes.
La réforme peut également améliorer la prévisibilité des obligations fiscales. Grâce à la consultation en ligne des échéances et de l’historique des paiements, les contribuables disposent d’une meilleure visibilité sur leur situation.
Un outil pour renforcer la transparence
La plateforme ne répond pas uniquement à un objectif de confort pour les usagers. Elle doit aussi améliorer le suivi des opérations fiscales par l’administration. En effet, la transmission numérique des déclarations et la délivrance automatique des justificatifs peuvent renforcer la traçabilité des paiements.
De plus, la dématérialisation réduit les contacts physiques dans certaines étapes de la procédure. Elle peut ainsi limiter les risques d’erreur, de perte de documents ou de traitement inégal des dossiers, à condition que le système reste sécurisé et régulièrement contrôlé. Yawa Djigbodi Tsègan a inscrit cette réforme dans la modernisation de la relation entre l’État et les contribuables. Pour l’OTR, l’enjeu consiste à rendre les services fiscaux plus accessibles tout en améliorant la qualité des données disponibles.
À moyen terme, eTPU pourrait aussi soutenir les efforts de formalisation des petites activités. Un dispositif plus simple et plus accessible peut encourager certains opérateurs à s’enregistrer, à déclarer leurs revenus et à s’acquitter régulièrement de leurs obligations.
L’administration espère ainsi élargir progressivement la base fiscale et accroître la mobilisation des ressources intérieures. Cette ambition suppose toutefois que les contribuables perçoivent la fiscalité comme une procédure compréhensible, prévisible et proportionnée à leur activité.
La qualité du service, la protection des données personnelles et la disponibilité d’un appui technique seront donc déterminantes. La plateforme devra également rester accessible aux personnes confrontées à une connexion instable ou à un accès limité aux moyens de paiement numérique.
Une nouvelle étape pour l’administration fiscale
Le lancement d’eTPU marque une étape importante dans la transformation numérique de l’OTR. Le gouvernement veut désormais inscrire le paiement de la TPU dans un parcours plus rapide, plus traçable et moins contraignant pour les petites entreprises.
Pour les contribuables, le changement attendu est concret : déclarer, payer et obtenir un justificatif depuis un outil numérique, sans passage obligatoire au guichet. Pour l’administration, le défi consistera à garantir la fiabilité du service, à accompagner les usagers et à transformer cette innovation technique en véritable amélioration du civisme fiscal.
LOMÉ, 18 septembre 2026 — Dans le sport de haut niveau moderne, la performance ne se joue plus uniquement sur le rectangle vert, mais dans la maîtrise de paramètres invisibles : fatigue musculaire, régulation thermique et gestion du stress. En se dotant d’un autocar de 60 places entièrement climatisé et dédié à sa sélection nationale, le Togo opère une transformation discrète mais cruciale de la prise en charge ergonomique de ses athlètes, à quelques jours du lancement des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations 2027.
Les microtraumatismes musculaires liés aux déplacements répétitifs constituent l’un des premiers facteurs de raideur articulaire et de fatigue nerveuse chez le footballeur professionnel. En éliminant les aléas de transport entre le lieu d’hébergement, les terrains d’entraînement et le stade de Kégué, le staff togolais sécurise un paramètre biomécanique fondamental. De surcroît, l’aménagement d’un véhicule spacieux préserve la circulation sanguine dans les membres inférieurs, limite l’accumulation d’acide lactique et optimise les fenêtres de repos passif entre deux sessions d’effort intense.
L’exposition aux variations de température et au bruit ambiant affecte directement le système nerveux autonome des joueurs. L’accès à un environnement routier thermorégulé prévient la déshydratation précoce et préserve le stock de glycogène avant l’effort. Par ailleurs, cet espace sécurisé et standardisé offre une « bulle mentale » propice à la préparation psychologique, réduisant la sécrétion de cortisol — l’hormone du stress — lors des transits vers l’enceinte sportive.
Ce saut qualitatif dans la préparation athlétique intervient à un moment stratégique. Alors que le sélectionneur Patrice Neveu réunit son groupe dès le 21 septembre à Lomé, la fraîcheur physique de l’effectif déterminera l’issue de la première journée contre le Burundi, le 25 septembre, puis du déplacement à Ndola face à la Zambie, le 29 septembre. Pour l’encadrement médical et technique, la réduction de la fatigue résiduelle liée aux trajets s’inscrit pleinement dans la doctrine des « gains marginaux », indispensable pour rivaliser au plus haut niveau continental.
Dans la région des Savanes, l’amélioration de la santé maternelle passe aussi par la capacité des structures sanitaires à intervenir rapidement et dans de meilleures conditions. Le projet 2Heures Pour La Vie s’inscrit dans cette dynamique à travers plusieurs investissements destinés à réduire les délais d’intervention et à renforcer les capacités du personnel de santé.
Des moyens pour intervenir plus rapidement
Le dispositif mis en place comprend 10 ambulances tricycles opérationnelles. Ces moyens de transport doivent faciliter l’évacuation des patients, notamment dans les zones où l’accès aux formations sanitaires reste difficile. La réduction du temps nécessaire pour rejoindre un centre de santé constitue un enjeu majeur dans la prise en charge des urgences obstétricales. Dans ces situations, chaque minute peut compter pour la mère comme pour l’enfant.
Le projet a également renforcé les compétences des acteurs de santé. Plus de 100 professionnelles de santé ont bénéficié de formations destinées à améliorer la qualité de leur prise en charge. L’objectif consiste à agir simultanément sur les moyens disponibles et sur les compétences humaines, afin de rendre les interventions plus efficaces au sein des structures sanitaires.
Les travaux ont aussi concerné les infrastructures. Cinq maternités et deux laboratoires ont été réhabilités, tandis que le bloc opératoire du Centre hospitalier régional (CHR) de Dapaong a fait l’objet d’une extension. Cette évolution doit permettre au principal établissement hospitalier de la région de disposer de capacités supplémentaires pour assurer des interventions chirurgicales dans des conditions adaptées, notamment face aux situations nécessitant une prise en charge urgente.
Boame, un visage de cette transformation
Le parcours de Boame, sage-femme, illustre à l’échelle humaine les effets recherchés par ces investissements. Son expérience met en lumière le rôle du personnel de santé dans cette transformation et l’importance de disposer à la fois d’équipements adaptés, de structures fonctionnelles et de professionnels mieux préparés.
À travers le projet 2 Heures Pour La Vie, les interventions ne se limitent donc pas à la construction ou à la réhabilitation d’infrastructures. Elles visent également à améliorer l’ensemble de la chaîne de prise en charge, depuis l’évacuation jusqu’aux soins spécialisés.
Maintenir l’effort dans la durée
Ces avancées ne mettent toutefois pas fin aux besoins du système sanitaire dans les Savanes. La consolidation des acquis nécessite la poursuite des investissements, l’entretien des équipements et le renforcement continu des compétences. L’enjeu reste le même : permettre aux femmes enceintes d’accéder rapidement à des soins de qualité et réduire les risques évitables liés à l’accouchement. Aucune femme ne devrait perdre la vie en donnant naissance.
Six municipalités et le ministère des Affaires étrangères héritent d’ordinateurs, d’imprimantes et de groupes électrogènes offerts par Séoul. Au-delà du geste diplomatique, l’opération révèle combien les collectivités locales togolaises, en pleine décentralisation, manquent encore d’outils de base pour fonctionner.
Lomé, 17 septembre 2026 — Une des salles du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur (MAECIATE) a servi de cadre, mercredi 16 septembre 2026 , à une remise de matériel qui dépasse le protocole ordinaire. Ordinateurs portables et de bureau, imprimantes, scanners et groupes électrogènes changent officiellement de mains : de l’ambassade de la République de Corée à Accra vers le ministère lui-même et six communes togolaises.
Le choix des bénéficiaires n’a rien d’anodin. Golfe 1, Kozah 1, Oti 1, Binah 1, Binah 2 et Kloto 3 figurent parmi les collectivités locales appelées, depuis la réforme de décentralisation togolaise, à assumer des compétences croissantes avec des moyens souvent limités. Recevoir un parc informatique complet, couplé à une source d’énergie autonome, répond à une contrainte très concrète : sans électricité stable, aucun bureau d’état civil ni service technique communal ne peut fonctionner durablement.
La coopération entre Lomé et Séoul ne date pas d’hier. Les deux pays ont célébré en 2023 le soixantième anniversaire de leurs relations diplomatiques, un partenariat porté ces dernières années par l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica) et par des visites ministérielles régulières consacrées à l’investissement et au transfert de technologies. Le don remis ce mercredi s’inscrit dans cette continuité, mais change d’échelle en visant directement les collectivités territoriales plutôt que les seules administrations centrales.
Le ministre délégué chargé de la Coopération et des Togolais de l’extérieur, Yackoley Kokou Johnson, a pris la parole au nom du chef de l’État Faure Essozimna Gnassingbé et du gouvernement.
« Il a salué un don illustrant la solidité des relations entre les deux pays et rendu hommage à l’engagement des dirigeants togolais et coréens en faveur de cette coopération. » — Yackoley Kokou Johnson, ministre délégué à la Coopération
C’est là que réside l’enjeu le plus significatif de cette cérémonie. Depuis plusieurs années, le Togo a engagé un transfert de compétences vers ses communes, censées devenir des échelons de proximité capables de gérer l’état civil, l’urbanisme ou les services sociaux de base. Mais ce transfert de compétences ne s’est pas toujours accompagné d’un transfert équivalent de moyens matériels. De nombreuses mairies togolaises fonctionnent encore avec un équipement informatique vieillissant, voire inexistant, et des coupures d’électricité qui paralysent les services administratifs plusieurs heures par semaine.
Dans ce contexte, un don extérieur, aussi bienvenu soit-il, pose une question de fond : celle de la soutenabilité budgétaire de l’équipement communal à long terme. Les partenaires techniques et financiers comblent ponctuellement des lacunes que les budgets communaux, souvent exsangues, peinent à combler seuls. La réussite de la décentralisation togolaise dépendra aussi de la capacité de l’État à pérenniser ce type d’investissement une fois les projecteurs diplomatiques éteints.
Présent à la cérémonie, l’ambassadeur de la République de Corée au Togo, résident à Accra, Park Kyongsig, a orienté son propos vers l’usage concret du matériel plutôt que vers le symbole diplomatique.
« Il s’est dit confiant que les collectivités togolaises tireraient un bénéfice durable de ces équipements pour renforcer leurs capacités opérationnelles. » — Park Kyongsig, ambassadeur de la République de Corée au Togo
Ce positionnement traduit une inflexion plus large de la diplomatie coréenne en Afrique de l’Ouest : plutôt que de concentrer l’aide sur les seules capitales, Séoul cherche désormais à irriguer les échelons locaux, considérés comme le maillon faible de nombreuses réformes administratives sur le continent. Un choix qui, à moyen terme, pourrait renforcer l’image de la Corée du Sud comme partenaire de la gouvernance de proximité, un créneau encore peu occupé par les grandes puissances traditionnellement présentes au Togo.
Reste à savoir si ce don isolé annonce un programme plus structuré. Sans mécanisme de suivi ni de maintenance à long terme, du matériel informatique ainsi que des groupes électrogènes livrés aujourd’hui pourraient, dans quelques années, rejoindre la longue liste des équipements administratifs togolais tombés hors d’usage faute de pièces détachées ou de budget d’entretien.
AKATO, 17 septembre 2026 — La commune du Golfe 7 a accueilli, ce jeudi, la cérémonie nationale marquant les 60 ans de la Journée internationale de l’alphabétisation. À travers cette célébration organisée sur le terrain de l’EPP Akato, les autorités togolaises ont placé l’apprentissage au cœur des enjeux d’inclusion, d’autonomie et de développement.
Le pays a retenu pour cette édition le thème mondial : « L’alphabétisation au service des personnes, de la planète et de la prospérité ». Un choix qui élargit la notion d’alphabétisation au-delà de la seule maîtrise de la lecture et de l’écriture.
La cérémonie a surtout mis en lumière les bénéficiaires des programmes d’alphabétisation. Des néo-alphabètes ont démontré leur capacité à lire, écrire et effectuer des opérations de calcul devant les autorités et le public.
Ces exercices ont illustré les progrès réalisés par des adultes ayant repris le chemin de l’apprentissage après une période de rupture avec l’école. Pour les pouvoirs publics, cette acquisition de compétences constitue un levier permettant de mieux accéder à l’information, de comprendre ses droits et de participer davantage à la vie économique et sociale.
Plusieurs participants ont reçu leurs attestations au cours de la cérémonie. Les organisateurs ont également récompensé les lauréats du concours littéraire.
L’enjeu ne se limite toutefois plus aux compétences fondamentales. Face à la transformation des usages et à la progression du numérique, le Togo cherche à adapter ses dispositifs d’apprentissage aux réalités contemporaines. Le Programme d’Appui à l’Alphabétisation Fonctionnelle et à la Formation (PAAFF) s’inscrit notamment dans cette orientation, avec une attention portée aux compétences numériques et à l’utilisation de nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle. Cette évolution vise à offrir aux personnes non scolarisées ou déscolarisées des outils correspondant davantage aux exigences de la société actuelle.Elle entend également contribuer à réduire les écarts d’accès au savoir et aux opportunités.
Présidée par Martine Moni SANKAREDJA-SINANDJA, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, la cérémonie a réuni des représentants de plusieurs institutions nationales et locales. Parmi eux figuraient AGBOZO Sena, représentant le ministre de l’Éducation nationale, Zouréhatou KASSAH-TRAORÉ, gouverneur du District autonome du Grand Lomé, Têyi AGBANSOHE, secrétaire général de la préfecture du Golfe, représentant le préfet, ainsi que DANGBUIE Afi Xolali Pascaline, sénatrice et maire de la commune du Golfe 7.
Les acteurs de l’alphabétisation, les partenaires techniques et financiers, les autorités administratives et locales ainsi que les populations ont pris part à l’événement.
Créée en 1966, la Journée internationale de l’alphabétisation célèbre cette année six décennies d’action en faveur de l’accès au savoir. À Akato, les autorités ont rappelé que l’analphabétisme reste un obstacle au développement et à la pleine participation des citoyens à la vie collective.
La célébration s’est achevée par une visite des stands consacrés aux supports pédagogiques, documents et ouvrages utilisés dans les programmes d’alphabétisation fonctionnelle au Togo. À travers cette 60ᵉ édition, le message porté depuis le Golfe 7 dépasse donc le cadre d’une simple commémoration : faire de l’accès au savoir un outil d’autonomie et préparer les apprenants aux exigences d’une société de plus en plus numérique.
TCHAMBA, 17 septembre 2026 — Le département de Tchamba accélère la modernisation de ses infrastructures pastorales. Conduit par le préfet El Hadj Issaka Laguebande, un comité de supervision s’est rendu sur le terrain le mercredi 16 septembre 2026 pour inspecter le chantier de la Zone d’Aménagement de Production Bovine (ZAPB) de Djéguidi, implantée dans le canton d’Affem-Boussou.
Une réponse technique aux défis de l’élevage moderne
Exécuté par l’ONG locale Jeunes Volontaires pour la Promotion du Monde Rural (JVPMR) avec l’appui financier de la GIZ F4F Togo, ce projet s’attaque à la restauration de 500 hectares de terres pastorales. Sur place, la mission a validé les avancées concrètes du chantier : la pose d’un forage alimenté à l’énergie solaire, l’aménagement d’abreuvoirs fonctionnels ainsi que la culture de superficies fourragères destinées à sécuriser l’alimentation des bovins et des petits ruminants.
À l’Université de Parakou, la recherche scientifique s’est penchée, ce jeudi 17 septembre 2026, sur l’avenir des territoires frontaliers. Dans le cadre du 8ᵉ Colloque scientifique international conjoint des Universités de Parakou et de Kara, chercheurs, universitaires et acteurs du développement ont ainsi examiné le rôle de la connaissance et de l’innovation dans le renforcement de la paix, de la cohésion sociale et du développement local.
Les travaux ont pris une orientation résolument pratique. Réunis à l’Amphi-1000, les participants ont en effet confronté les résultats de la recherche aux réalités auxquelles font face les communautés vivant dans les espaces frontaliers. Dès lors, trois communications ont structuré cette session plénière, proposant différentes pistes pour mieux répondre aux enjeux de ces territoires.
La première communication a porté sur le lien entre production scientifique et action de terrain. Le Dr Kratos Achille Sodegla, spécialiste en gestion des connaissances au Projet de Cohésion Sociale des régions Nord du Golfe de Guinée (COSO), a présenté une réflexion consacrée au passage de l’agenda scientifique vers un véritable programme de recherche.
À travers le thème « De l’agenda de recherche au programme de recherche COSO : un processus innovant qui renforce la cohésion sociale », il a ainsi montré l’intérêt d’organiser la recherche autour de problématiques directement liées aux objectifs du projet. De surcroît, cette approche place la connaissance au cœur des stratégies destinées à comprendre les tensions, identifier les besoins des populations et appuyer les initiatives favorisant la cohésion entre les communautés.
Dans le même temps, la deuxième intervention a élargi le débat à la question de la durabilité des territoires frontaliers. Le Dr Youssoufou Adam, directeur général de l’ABeGIEF et responsable de la composante 3 du Projet COSO, a développé le thème « Innover pour des territoires frontaliers durables ». Sa communication a ainsi mis en avant la contribution que peuvent apporter les universités africaines à la transformation de ces espaces.
Pour l’intervenant, la recherche et l’innovation peuvent en effet accompagner les politiques liées à la gouvernance, à la sécurité, à la paix et au développement. Par conséquent, les établissements universitaires ne se limitent pas à produire des connaissances : ils contribuent également à éclairer les décisions publiques et à concevoir des réponses adaptées aux réalités locales. Cette réflexion prend dès lors une importance particulière dans des zones où les enjeux économiques, sociaux, sécuritaires et environnementaux se croisent quotidiennement.
Par la suite, la troisième communication a présenté une solution directement orientée vers le développement local. Le Dr Adamou Mama Sambo, Haut-Commissaire à la sédentarisation des éleveurs et coordonnateur du Projet COSO, a ainsi consacré son intervention au « Portail de Développement Local », présenté comme une innovation majeure du projet en faveur des communautés.
Cet outil entend faciliter l’accès à l’information et soutenir les dynamiques locales de développement. De plus, son intégration aux stratégies territoriales traduit la volonté de rapprocher les initiatives de développement des besoins réels des populations. La présentation a également ouvert une réflexion sur la manière dont les outils innovants peuvent renforcer l’action communautaire et améliorer la capacité des territoires à faire face aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Au fil des échanges, les trois communications ont finalement convergé vers une même idée : les défis des zones frontalières nécessitent des réponses fondées sur une meilleure connaissance des réalités locales et sur une collaboration plus étroite entre universités, institutions publiques, projets de développement et communautés.
Dès lors, la recherche apparaît comme un levier pouvant aider à mieux anticiper les risques, renforcer le dialogue social et soutenir les politiques publiques. En outre, l’innovation facilite la circulation des connaissances et rapproche les solutions des populations. Les discussions de cette journée s’inscrivent ainsi dans l’objectif général de ce 8ᵉ colloque, consacré aux enjeux, défis et rôles des universités africaines dans la construction d’un avenir durable.
En somme, à Parakou, les travaux ont rappelé que la science ne doit pas uniquement observer les transformations des territoires, mais qu’elle peut aussi contribuer à les accompagner, à condition de rester connectée aux réalités des communautés et aux priorités du développement.