Lomé : le Forum panafricain des leaders place la jeunesse au cœur de l’innovation

Le Palais des Congrès de Lomé a accueilli, le 27 octobre 2026, le Forum panafricain des leaders consacré à l’entrepreneuriat, à la transformation numérique et à la transition écologique au profit de la jeunesse africaine. La rencontre a réuni des acteurs du développement autour d’une conviction partagée : les jeunes doivent cesser d’être perçus comme de simples bénéficiaires des politiques publiques et devenir les principaux architectes de la croissance continentale.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
Une génération face à l’urgence

L’Afrique dispose de l’une des populations les plus jeunes au monde, mais la conversion de ce potentiel démographique en emplois durables demeure un défi majeur. Le forum a placé cette équation au centre des débats, en explorant les leviers capables de stimuler l’innovation, la création d’entreprises et l’accès aux compétences numériques.

Les participants ont examiné comment les technologies, l’économie verte et l’industrialisation peuvent offrir aux jeunes des perspectives concrètes. L’enjeu dépasse la simple création d’activités : il s’agit de bâtir des chaînes de valeur locales, de réduire la dépendance aux importations et de renforcer la résilience économique des pays africains.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
La PIA comme laboratoire industriel

La présence d’Idiola Sandah, administrateur général de l’Autorité de coordination de la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (ACP), a donné au débat une dimension opérationnelle. La PIA illustre la manière dont un écosystème industriel peut transformer les ambitions en opportunités d’emploi et de formation.

Inaugurée en 2021, la plateforme a attiré environ 350 milliards de francs CFA d’investissements et généré 6 780 emplois directs en cinq ans, selon les autorités togolaises. Les jeunes et les femmes représentent près de 80% des effectifs, tandis que 95% des postes sont occupés par des Togolais.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
Investir dans les compétences

Pour Idiola Sandah, la prochaine étape consiste à accélérer. La PIA prévoit d’étendre ses infrastructures, de renforcer les chaînes de valeur locales, d’attirer de nouveaux investisseurs et de développer les compétences de la jeunesse, notamment par les transferts de technologie.

L’objectif affiché vise entre 15 000 et 20 000 emplois supplémentaires à terme. Cette trajectoire repose sur la transformation locale de matières premières agricoles, notamment le soja, le karité, la noix de cajou et le textile, secteurs déjà présents sur la plateforme.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA
De Lomé vers le continent

Le forum de Lomé s’inscrit dans une dynamique plus large : faire des villes africaines des espaces où l’innovation, la production et l’écologie avancent ensemble. Pour les jeunes entrepreneurs, la question n’est plus seulement de créer une entreprise, mais de concevoir des solutions adaptées aux besoins réels du continent.

La rencontre a ainsi envoyé un signal clair : l’avenir économique de l’Afrique se construira si les États, les investisseurs et les institutions alignent leurs stratégies sur les ambitions des jeunes. La PIA offre un exemple tangible de cette approche, où l’industrialisation devient un instrument d’autonomisation plutôt qu’un simple indicateur de croissance.

Togo-Russie : Moscou et Lomé signent trois accords stratégiques

À quelques heures de l’ouverture du troisième Sommet Russie-Afrique, le Togo a fait de Moscou une vitrine de sa diplomatie économique. Le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a présidé, le 27 octobre 2026, la signature de deux accords de coopération et d’un mémorandum d’entente liant des institutions togolaises et russes.

Les documents ouvrent la voie à des projets dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de la santé, de l’agriculture, de la culture et de la protection des droits fondamentaux. Ils s’inscrivent dans le cadre d’un sommet que le Kremlin présente comme un rendez-vous consacré aux relations politiques, commerciales, scientifiques, technologiques et humanitaires entre la Russie et le continent africain.

Une visite chargée d’enjeux

L’arrivée du chef du gouvernement togolais dans la capitale russe ne relève pas du simple protocole. Elle intervient alors que Moscou cherche à élargir son influence en Afrique et que Lomé entend mobiliser des partenaires pour financer des projets structurants, former ses jeunes et valoriser son positionnement logistique en Afrique de l’Ouest.

Dans cette perspective, le sommet, organisé les 28 et 29 octobre sous la présidence de Vladimir Poutine, doit notamment aboutir à une déclaration finale, à un plan d’action pour 2027-2029 et à un accord sur les applications civiles de l’intelligence artificielle. Pour le Togo, les priorités affichées comprennent la sécurité alimentaire, l’accès aux intrants agricoles, la formation technique et scientifique, l’énergie ainsi que la promotion du port de Lomé comme porte d’entrée vers les marchés régionaux.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo
Eurasia, un partenariat aux ambitions larges

Le premier accord lie le Togo à Eurasia, une organisation russe à but non lucratif. Le texte prévoit de développer des coopérations dans les domaines de l’action humanitaire, de l’éducation, de la recherche scientifique, de la culture et du développement social.

Concrètement, les deux parties envisagent le financement de projets et la réalisation d’infrastructures dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la culture et de l’action humanitaire. Par ailleurs, l’accord évoque des programmes destinés à la jeunesse, à la transmission de la mémoire historique et à l’éducation civique.

L’agriculture occupe également une place centrale. Les signataires envisagent la création de centres agricoles et de structures de formation pratique, deux leviers présentés comme essentiels pour renforcer les compétences locales et améliorer la sécurité alimentaire. En outre, le champ de coopération s’étend aux médias, aux technologies, à l’écologie, au développement durable et à la coopération juridique.

Des bourses pour les étudiants togolais

Le deuxième accord concerne Rossotroudnitchestvo, l’agence fédérale russe chargée de la coopération humanitaire internationale et des relations avec les États de l’espace post-soviétique. Il vise à intensifier les échanges culturels, éducatifs, scientifiques et humanitaires entre les deux pays.

La mesure la plus tangible concerne l’enseignement supérieur : des étudiants togolais pourront bénéficier de bourses pour poursuivre leur formation dans des universités russes. Pour Lomé, cet axe répond à un besoin de capital humain qualifié, particulièrement dans les filières techniques et scientifiques.

Dans le même esprit, le partenariat prévoit l’implantation de « Maisons russes » au Togo. Ces espaces culturels devraient accueillir des activités de dialogue interculturel et favoriser les échanges entre les sociétés togolaise et russe. Faure Gnassingbé a salué cette initiative, qu’il présente comme un moyen de rapprocher les deux peuples et de soutenir la formation de l’élite togolaise.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo
Droits humains : une coopération institutionnelle

Le troisième document établit un mémorandum d’entente entre le Médiateur des droits de l’homme de la Fédération de Russie et la Commission nationale des droits de l’homme du Togo (CNDH). Il prévoit de renforcer la coopération entre les deux institutions dans la promotion et la protection des droits et libertés fondamentaux.

À cet effet, le texte encourage le partage d’expériences sur le traitement des requêtes relatives à des violations alléguées, la production de rapports, l’assistance juridique et la mise en place de centres spécialisés. Il ouvre également la possibilité d’échanges sur les mécanismes institutionnels de protection des droits humains.

En abordant ce volet, Faure Gnassingbé a souligné les défis sécuritaires qui pèsent sur la jeunesse ouest-africaine, notamment face au terrorisme et à l’extrémisme violent. Il a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement du Togo en faveur de la protection des populations et de la promotion de leurs droits.

Une stratégie à confirmer

La signature de ces trois instruments traduit une volonté politique claire : diversifier les partenaires du Togo et inscrire la coopération avec la Russie dans des domaines directement perceptibles par les citoyens. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur la formation, l’agriculture, la culture et les infrastructures afin de transformer les déclarations diplomatiques en résultats concrets.

Cette dynamique s’inscrit dans une séquence plus large. En effet, dès le 1er octobre 2026, la première réunion de la Commission mixte intergouvernementale Togo-Russie, tenue à Lomé, avait débouché sur un mémorandum entre le Centre d’archéologie préventive de l’Académie des sciences de Russie et la Commission nationale du patrimoine culturel togolaise.

Reste désormais à mesurer l’effet réel de ces engagements, notamment à travers le calendrier de mise en œuvre, les financements mobilisés, le nombre de bourses attribuées et les projets effectivement réalisés. Pour les populations togolaises, la valeur de ce rapprochement se jugera moins dans les salons de Moscou que dans les campus, les champs, les centres de formation et les institutions appelés à en bénéficier.

Navire-hôpital chinois : soins gratuits à Lomé du 2 au 6 novembre

Le Togo accueillera, du 2 au 6 novembre 2026, le navire-hôpital Auspicious Ark de la marine chinoise au Port Autonome de Lomé. Pendant cinq jours, les équipes médicales embarquées proposeront des consultations et des interventions chirurgicales gratuites aux populations, dans le cadre d’une opération menée avec l’Ambassade de Chine à Lomé.

L’initiative s’inscrit dans la tournée « Mission Harmony 2026 », déployée par l’Armée populaire de libération en Afrique et en Asie du Sud. En fait, le bâtiment a quitté Qingdao en juillet pour une mission de plus de 200 jours destinée à fournir des services médicaux et à renforcer les échanges avec les pays visités.

Des soins ciblés, sans frais

La campagne couvrira trois domaines : la médecine générale, la chirurgie de la cataracte et la chirurgie générale. Le ministère togolais de la Défense nationale précise que les prestations visent à élargir l’accès aux soins, notamment pour les patients qui rencontrent des obstacles financiers ou géographiques.

Les autorités présentent également l’opération comme un geste de coopération sanitaire entre Lomé et Pékin. Le ministre de la Défense remercie l’Armée populaire de libération pour son soutien au bien-être des Togolais et encourage la population à profiter de cette fenêtre de soins.

S’inscrire avant le 31 octobre

Par ailleurs, l’accès aux consultations exige une inscription préalable. Les candidats doivent se présenter, du mardi 27 au samedi 31 octobre, de 7 à 16 heures, dans l’un des quatre centres médicaux des armées désignés, munis d’une pièce d’identité valide.

  • Centre médical des armées du 1ᵉʳ bataillon d’Intervention Rapide, à Agoè.
  • Centre médical des armées du Régiment Blindé de Reconnaissance et d’Appui, face à la Brasserie du Bénin.
  • Centre médical des armées de la Gendarmerie nationale, derrière la Cour d’appel de Lomé, à Cacaveli.
  • Centre médical des armées du 2ᵉ régiment d’Infanterie, à Adidogomé.

Cette formalité doit permettre aux organisateurs d’anticiper les besoins, d’orienter les patients et de faciliter leur prise en charge à bord. Pour toute information complémentaire, le médecin lieutenant-colonel Akakpo Adeba-Oyé est joignable au (+228) 90 72 18 89.

Une escale aux dimensions diplomatiques

L’arrivée de l’Auspicious Ark à Lomé intervient après des escales en Côte d’Ivoire et au Ghana, où le navire a déjà dispensé des soins à des milliers de patients. Pour Pékin, ces déploiements conjuguent assistance humanitaire, diplomatie militaire et coopération sanitaire ; pour le Togo, ils offrent également une capacité médicale temporaire mais concrète, particulièrement précieuse pour les opérations de la cataracte.

Le navire, mis en service récemment, effectue ici sa première mission internationale. Sa présence au port de Lomé devrait donc attirer un large public, à condition que les intéressés respectent le délai d’enregistrement avant le 31 octobre.

Espagne : accident de train mortel entre Madrid et l’Andalousie

Un drame ferroviaire d’une ampleur exceptionnelle endeuille l’Espagne ce mercredi 28 octobre 2026. Une collision violente par l’arrière entre deux trains à grande vitesse sur l’axe reliant Madrid à l’Andalousie a coûté la vie à au moins 46 personnes et blessé près de 179 passagers, selon le bilan établi par les services de secours. Le choc s’est produit à hauteur de la commune d’Urda, dans la province de Tolède, impliquant un convoi opéré par la compagnie privée Iryo ainsi qu’un train de la société publique Renfe. Face à l’afflux massif de victimes, les centres hospitaliers régionaux lancent un appel d’urgence aux dons de sang afin de soutenir les services de réanimation.

Une défaillance de contrôle à l’origine du choc

Les premières constatations orientent les enquêteurs vers une panne critique du système de signalisation, compliquée par une erreur humaine fatale. Selon des informations révélées par le quotidien El País, un opérateur du centre de régulation aurait autorisé un train à s’engager sur la ligne alors qu’un second convoi y demeurait totalement immobilisé. Lancé à grande vitesse, le train suiveur a percuté de plein fouet l’arrière de la rame à l’arrêt. La violence du choc a disloqué plusieurs wagons, en projetant au moins deux en contrebas d’un talus.

Une opération de secours massive au milieu du désastre

Plus de 540 voyageurs occupaient les deux rames au moment du drame. L’impact a immédiatement transformé la zone d’Urda en un vaste chantier d’évacuation médicale. Trois hélicoptères sanitaires, des dizaines d’ambulances et d’importantes brigades de pompiers désincarcèrent sans relâche les passagers piégés dans les structures métalliques broyées. Par ailleurs, les équipes d’urgence acheminent les blessés graves vers les complexes hospitaliers de Castille-La Manche et de la région de Madrid.

Paralysie du réseau et onde de choc politique

Cette tragédie paralyse l’intégralité du trafic à grande vitesse sur la ligne reliant la capitale aux métropoles du sud du pays. Le gouvernement espagnol a suspendu l’ensemble de ses activités officielles pour piloter la cellule de crise. Tandis que les experts analysent les enregistrements radio et les boîtes noires des deux convois, ce drame ravive les inquiétudes de l’opinion publique quant à la sécurité et à la gestion du réseau ferroviaire national.

Éducation : suppression des examens du CAP pour enseignants

Le ministère de l’Éducation nationale transforme en profondeur le cadre d’évaluation des enseignants. Par un arrêté signé le 23 octobre 2026, le ministre Mama Omorou annule définitivement l’organisation des examens du Certificat d’aptitude pédagogique (CAP) des premier et deuxième degrés. Cette décision majeure clôt un chapitre historique pour l’institution et modifie en profondeur les perspectives de carrière du personnel enseignant.

Un séisme réglementaire qui balaie quarante-huit ans de pratique

Le décret ministériel nᵒ 320/2026/MEN/CAB/SG/DExCC supprime le dispositif de référence établi par l’arrêté nᵒ 18/MEN-RS du 12 avril 1978. En abrogeant ce texte fondateur qui régissait l’accès à la qualification professionnelle depuis près de cinq décennies, le gouvernement entend ainsi restructurer les filières d’accréditation pédagogique. Cette suppression nette de la voie classique du CAP redéfinit les critères d’avancement au sein du système éducatif tout en imposant une réorganisation globale des épreuves d’aptitude.

Un régime transitoire taillé pour des catégories spécifiques

L’administration préserve toutefois des voies de secours pour certaines catégories de personnels. Le nouveau texte offre ainsi une passerelle temporaire aux instituteurs déjà titulaires du Certificat élémentaire d’aptitude pédagogique (CEAP) du premier degré, leur permettant de concourir pour le CAP correspondant. Dans le second degré, la mesure cible prioritairement les enseignants fonctionnaires des disciplines spécialisées comme le dessin, l’éducation physique et sportive, la musique ou l’enseignement ménager. Ces derniers doivent néanmoins certifier d’un diplôme équivalent au CEAP du deuxième degré ou détenir le baccalauréat deuxième partie (BAC 2) pour faire valoir leur candidature.

Des incertitudes opérationnelles dans la mise en œuvre

Si le ministère réserve ces ajustements transitoires à des profils ciblés, la publication de l’arrêté laisse planer une nette incertitude sur le terrain. Le texte ministériel omet d’établir l’échéancier exact de ces dérogations et ne précise aucunement les modalités pratiques d’évaluation. Dans les établissements, les enseignants concernés réclament rapidement des circulaires d’application afin de clarifier les critères de sélection, d’anticiper leurs démarches administratives et de sécuriser la trajectoire de leur carrière.

Togo : Hodabalo Awate fixe le cap aux nouveaux préfets

Les nouveaux préfets togolais devront conjuguer application des orientations nationales et écoute des populations. Le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Hodabalo Awate, leur a fixé cette ligne de conduite lors d’échanges organisés les 26 et 27 octobre 2026 pour préparer leur prise de responsabilités.

Dans son compte rendu, le ministre place le dialogue au centre de leur mission. Il demande aux responsables récemment nommés en Conseil des ministres d’exercer leurs fonctions avec humilité, tout en conservant le sens de l’État.

Hodabalo AWATE
© Hodabalo AWATE
Une relation de proximité avec les populations

L’écoute et la concertation figurent parmi les exigences rappelées aux nouveaux préfets. Hodabalo Awate les invite à entretenir des échanges avec les habitants et les collectivités territoriales dans l’exercice de leurs responsabilités.

Cette orientation associe deux impératifs : représenter l’État et tenir compte des interlocuteurs locaux. Le ministre présente ainsi le dialogue non comme un exercice accessoire, mais comme une composante de la conduite des affaires territoriales.

Hodabalo AWATE
© Hodabalo AWATE
Un accompagnement annoncé par le ministère

Hodabalo Awate a également félicité les préfets pour la confiance que leur accorde le président du Conseil. Il a assorti ces félicitations d’un rappel des obligations attachées à leurs nouvelles fonctions.

Le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières restera mobilisé pour les accompagner, a-t-il assuré. Son compte rendu ne précise toutefois ni les modalités de cet appui ni les éventuels mécanismes de suivi.

Hodabalo AWATE
© Hodabalo AWATE
Des orientations nationales à traduire localement

Au-delà de la préparation des responsables, ces échanges portent une ambition affichée : contribuer à l’amélioration des conditions de vie des citoyens.

Le ministre inscrit cette mission dans la feuille de route 2026-2031, résumée par la formule « Protéger, rassembler, transformer ». Les préfets devront traduire ces orientations sur le terrain, en maintenant la concertation avec les populations et les collectivités territoriales.

Togo : à Kara, des artisans formés à la construction résiliente

À Kara, dans le nord du Togo, les autorités misent sur les professionnels du bâtiment pour réduire la vulnérabilité des habitations face aux vents violents et aux autres risques climatiques. Depuis le lundi 26 octobre 2026, des artisans de trois régions suivent une formation destinée à intégrer la prévention des catastrophes dans les pratiques de construction.

Organisée pendant trois jours par l’Agence nationale de la protection civile (ANPC), avec le soutien de Plan International, cette session réunit des participants des régions Centrale, de la Kara et des Savanes. L’objectif dépasse l’acquisition de connaissances techniques : les organisateurs souhaitent former des professionnels capables de transmettre ces pratiques dans leurs communautés.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara
Agir sur les matériaux et les méthodes de construction

Le programme place deux leviers au centre des apprentissages : le choix de matériaux appropriés et la maîtrise de techniques adaptées aux aléas climatiques. Les artisans doivent ainsi renforcer leur capacité à prendre en compte les risques lorsqu’ils réalisent des bâtiments.

L’ANPC entend inscrire la sécurité des habitations dans une démarche préventive, plutôt que de limiter son intervention aux conséquences des catastrophes. Cette orientation associe directement les acteurs de la construction à la protection des populations, notamment celles qui vivent dans des conditions de vulnérabilité. Les participants ont également vocation à sensibiliser les habitants. Leur rôle consistera donc autant à améliorer leurs propres réalisations qu’à expliquer l’intérêt de pratiques constructives plus sûres.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara
S’appuyer sur les réseaux professionnels pour diffuser les acquis

Pour prolonger les effets de cette formation, l’initiative prévoit de renforcer les liens avec les organisations professionnelles, dont la Chambre de métiers. Cette collaboration doit favoriser l’adoption durable des méthodes enseignées et leur diffusion auprès des artisans.

L’enjeu consiste à constituer un premier groupe de professionnels susceptibles de relayer les acquis de la session. Les organisateurs cherchent ainsi à dépasser le cadre ponctuel de l’atelier pour ancrer les exigences de prévention dans les pratiques du secteur. Cette démarche repose sur une articulation entre formation technique, mobilisation professionnelle et sensibilisation des communautés. Elle vise à rapprocher les objectifs de protection civile des décisions prises sur les chantiers.

Gouvernorat Région de la Kara
© Gouvernorat Région de la Kara
Inscrire la protection des communautés dans la durée

Gnigbangou Gountibote, secrétaire de région, a présidé l’ouverture au nom du gouverneur de la Kara, le général de brigade Komlan Adjitowou. Il a souligné la nécessité d’anticiper les risques et de placer la sauvegarde des vies humaines au centre des actions engagées. Le représentant du gouverneur a également salué les interventions du gouvernement, sous l’autorité du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, ainsi que l’accompagnement de l’ANPC et de ses partenaires.

Avec cette session, l’agence et Plan International veulent réduire la vulnérabilité des logements. L’intégration des acquis dans les réalisations des artisans constitue désormais le prolongement attendu de cette action.

Togo : Mission de l’UPU pour moderniser La Poste

La Poste du Togo a franchi une étape décisive dans sa mutation numérique. En effet, elle accueille depuis lundi 26 octobre 2026 une mission d’évaluation internationale de premier plan. Deux experts de l’Union postale universelle (UPU), Elhadj Gley et M’hamed El Moussaoui, ont ainsi entamé une série de travaux intensifs à Lomé. Cette démarche d’audit vise à cartographier rigoureusement les verrous réglementaires, logistiques et technologiques qui ralentissent l’essor du e-commerce local. Durant toute la semaine, la mission passera au crible les infrastructures existantes afin d’identifier les goulets d’étranglement et de proposer des réformes structurelles adaptées aux réalités du marché togolais.

Société des Postes du Togo
© Société des Postes du Togo
L’intégration des services financiers au cœur de la stratégie

L’initiative repose sur une synergie renforcée entre le réseau postal traditionnel et les solutions de paiement numérique. À cet effet, les experts de l’UPU consultent l’ensemble des acteurs de l’écosystème commercial et financier afin de co-construire des mécanismes d’interopérabilité plus performants. En connectant plus efficacement la chaîne de livraison aux services de paiement digitaux, le Togo entend bâtir un environnement transactionnel fluide, sécurisé et inclusif. Cette transformation numérique vise en priorité à démocratiser l’accès aux marchés digitaux pour les petites et moyennes entreprises (PME), souvent freinées par les coûts de transaction et les lourdeurs de la distribution du dernier kilomètre.

Société des Postes du Togo
© Société des Postes du Togo
Un levier d’inclusion économique pour les entrepreneurs locaux

L’aboutissement de ces travaux, prévus jusqu’au 30 octobre, doit déboucher sur une feuille de route opérationnelle destinée à dynamiser l’économie nationale. Pour y parvenir, La Poste du Togo mise sur la modernisation de ses capacités logistiques et financières afin de devenir le catalyseur principal de la croissance des jeunes entreprises et des entrepreneurs du pays. Cette modernisation offre donc aux acteurs économiques locaux des outils performants pour étendre leurs activités et conquérir de nouveaux marchés. À travers cette démarche ambitieuse, l’institution postale réaffirme sa volonté de soutenir la souveraineté économique du Togo et d’insérer durablement le commerce national dans les flux mondiaux de la nouvelle économie numérique.

Société des Postes du Togo
© Société des Postes du Togo

Togo : l’extraction de sable sur le lac Togo vire au drame humain et politique

Une révolte populaire a brutalement interrompu la session budgétaire de la municipalité de Vo 2, à Togoville. En envahissant l’enceinte de l’hôtel de ville, près d’une centaine de riverains en colère a contraint le maire Dominique Tomégah à suspendre l’examen des comptes publics pour faire face à un conflit sécuritaire et environnemental majeur. Au cœur des tensions : les opérations industrielles de dragage menées par une entreprise chinoise sur le lac Togo, accusées de transformer ce plan d’eau vital en un piège mortel pour les communautés locales.

Une excavation industrielle aux conséquences humaines tragiques

Les habitants de la région imputent directement à ces chantiers d’extraction de sable la noyade tragique de trois personnes et le sauvetage in extremis d’un quatrième riverain. Le passage des dragues lourdes a profondément modifié la topographie sous-marine de ce bassin historique, creusant des fosses invisibles et imprévisibles. Ces dépressions artificielles perturbent gravement la navigation des pêcheurs traditionnels, privés du jour au lendemain de la connaissance de leurs zones habituelles. Face à cette menace directe sur leur survie, les riverains ont instauré des patrouilles de veille citoyenne et diffusé une pétition exigeant la fermeture immédiate du chantier.

L’opacité décisionnelle attise la défiance citoyenne

Cette crise met en lumière la fracture grandissante entre les autorités publiques, les entreprises extractives et les populations rurales. Les engagements pris lors d’un atelier préventif tenu à Aného — où les autorités préfectorales exigeaient une concertation formelle entre la compagnie marchande et les chefferies traditionnelles — sont restés lettre morte. Aucune réunion d’information n’a devancé le démarrage des travaux. Les représentants communautaires dénoncent ainsi une opacité systémique dans la gestion des ressources naturelles, accusant certains notables locaux d’avoir négocié l’accès au lac sans le consentement des citoyens.

Une économie de subsistance prise en étau

L’exaspération collective s’est intensifiée après les récentes saisies de matériel opérées par l’Unité spéciale des garde-côtes togolaises. Dépouillés arbitrairement de leurs filets de pêche sans notification préalable ni justification explicite, les travailleurs de la mer font face à l’arrêt total de leur principale activité économique. Même si plusieurs conseillers municipaux ont exprimé leur préoccupation en soulignant qu’aucun projet de modernisation ne peut justifier le sacrifice de vies humaines, les appels au calme lancés par l’exécutif communal ne parviennent plus à convaincre. La population exige désormais le retrait des machines et des réparations immédiates.

Éthiopie : au moins 47 chrétiens tués dans des attaques dans la région d’Oromia

Au moins 47 chrétiens orthodoxes éthiopiens ont perdu la vie et 18 autres ont été hospitalisés à la suite d’attaques coordonnées menées contre plusieurs communautés rurales de la zone d’Arsi, dans la région d’Oromia. Ces informations proviennent principalement de sources locales et d’organisations de défense des chrétiens, tandis que les autorités éthiopiennes n’ont pas encore publié de bilan officiel indépendant.

Une nuit de violences

Les assaillants ont visé, dans la nuit du 24 octobre, les localités de Birbo, Chole et Sole Guna, situées dans le district de Shirka. Selon des témoignages recueillis par des médias locaux, ils ont encerclé des habitations, ouvert le feu, incendié des maisons et pillé des biens, poussant ainsi plusieurs familles à la fuite.

En outre, les sources locales attribuent ces attaques à des groupes armés présents dans le district, appuyés par des éléments radicalisés venus de zones voisines de la région de Bale. L’identité précise des commanditaires et l’ampleur exacte des violences restent toutefois à confirmer par une enquête indépendante.

Des alertes restées sans suite

De leur côté, des responsables religieux affirment avoir signalé à plusieurs reprises l’arrivée de groupes armés dans la zone. Ils estiment que les autorités locales n’ont pas pris les mesures de protection nécessaires en amont des attaques.

Des habitants indiquent également avoir sollicité l’intervention des forces de sécurité, sans obtenir de déploiement. Les témoignages évoquent notamment l’absence d’ordres formels pour intervenir — une explication qui alimente les interrogations sur la réactivité des autorités régionales.

Entre violence religieuse et tensions ethniques

Face à cette situation, les organisations de défense des chrétiens dénoncent une série d’agressions ciblées, et non un incident isolé. Elles estiment que les auteurs assimilent parfois les chrétiens à l’ethnie amhara, ce qui entremêle motifs religieux et tensions identitaires dans une région déjà marquée par des conflits armés.

Par conséquent, les appels se multiplient désormais pour exiger une enquête transparente, l’identification des responsables et la protection immédiate des communautés civiles. Sans réponse rapide des autorités fédérales, les familles déplacées craignent en effet de nouvelles violences dans les districts environnants.

Au-delà du bilan humain, ces attaques révèlent l’urgence d’une protection effective des civils en Éthiopie. Tant que les alertes restent sans réponse et que les responsables échappent à toute poursuite, la peur continuera de s’installer dans les villages d’Oromia.