Vingt ans de réflexion, et un virage technologique majeur. Ce mercredi 25 mars 2026, l’Université de Lomé est devenue le centre névralgique de la germanistique en Afrique subsaharienne. Entre célébration d’un jubilé et prospective scientifique, universitaires et diplomates s’interrogent : comment l’intelligence artificielle et les outils numériques redéfinissent-ils l’enseignement de l’allemand sur le continent ?

Sous la coupole de l’auditorium de l’Université de Lomé
L’ambiance est aux grandes retrouvailles scientifiques. L’Association de germanistique de l’Afrique subsaharienne célèbre ses deux décennies d’existence. Mais loin de se contenter d’un regard vers le passé, ce congrès international, ouvert en présence de figures majeures comme SEM Claudius Fischbach, ambassadeur d’Allemagne au Togo, et le Professeur Akila Ahouli, se tourne résolument vers l’avenir.

La langue de Goethe à l’heure des algorithmes
Le thème central de cette rencontre ne laisse place à aucun doute : la transformation numérique. Pour le Professeur Mawusse Kpakpo Akue Adotevi, représentant le président de l’UL, il ne s’agit plus seulement d’enseigner une langue, mais de naviguer dans un nouvel écosystème.
En effet, le numérique ne se limite plus à de simples cours en ligne. Il s’agit désormais d’une mutation profonde de l’intellectualité germanique. Comment les bases de données, la recherche assistée et les plateformes collaboratives modifient-elles l’analyse des textes et la diffusion du savoir ? C’est la question qui anime les débats entre les chercheurs venus de toute la région.

Un pont entre tradition et innovation
L’enjeu est également pédagogique. La Dr Jutta Möhringer, venue de Munich pour l’occasion, souligne l’importance de ce collectif dynamique. Dans un monde interconnecté, la germanistique africaine doit forger ses propres outils numériques pour rester compétitive et pertinente.
« Le savoir n’est plus statique ; il circule, se transforme et se démocratise grâce aux technologies », confie un participant en marge des travaux.

Une portée symbolique pour le Togo
Le choix de Lomé pour ce vingtième anniversaire confirme le rôle moteur du Togo dans la coopération universitaire germano-africaine. Au-delà des discours officiels, ce congrès pose les jalons d’une nouvelle ère où la maîtrise linguistique s’allie à la performance numérique pour offrir de nouvelles opportunités de recherche et d’emploi aux étudiants du continent.
Les travaux se poursuivent avec une ambition claire : faire de la technologie un allié indéfectible de la pensée académique.
Vingt ans après sa création, la germanistique africaine ne se contente plus de transmettre une langue : elle invente un avenir où tradition et technologie dialoguent pour façonner la pensée.



























