Les habitants d’Aného respirent mieux : la mer recule, la ville avance. Dimanche, Harold Tavares, administrateur du Groupe de la Banque mondiale pour l’Afrique, a visité les chantiers du littoral dans la préfecture des Lacs afin d’évaluer les avancées d’un vaste programme de protection côtière soutenu par la Banque. L’objectif affiché est de freiner l’érosion, réduire les inondations, restaurer les milieux naturels et renforcer la capacité des populations à faire face au changement climatique.
Sur le terrain, les transformations sont déjà visibles. En effet, des zones gagnées sur l’océan, des passages lagunaires rétablis sur plusieurs kilomètres et la construction d’un brise-lame promettent désormais une défense durable contre les assauts marins qui rongent la côte depuis des décennies. Ces aménagements n’ont pas seulement reconstruit des berges ; ils ont également rendu à des familles des espaces de vie et de travail autrefois menacés.
Des retombées sociales et économiques concrètes
« WACA a profondément amélioré le quotidien des communautés », a affirmé M. Tavares lors de sa visite, appelant à maintenir la pression contre les phénomènes climatiques et l’érosion côtière. À travers cette déclaration, son discours mettait l’accent sur la nécessité d’un effort continu, non seulement pour achever les ouvrages en cours, mais aussi pour pérenniser les bénéfices obtenus grâce à une gestion intégrée du littoral.
Par ailleurs, l’impact social et économique du projet dépasse largement les seuls travaux d’ingénierie. Des emplois locaux ont été créés sur les chantiers, des équipements de pêche ont été mis à la disposition des pêcheurs et des coopératives locales ont vu leurs capacités renforcées. Pour beaucoup d’habitants, la résilience se mesure désormais en opportunités concrètes : revenus restaurés, filets réutilisables et marchés plus sûrs pour leurs produits.
Entre sécurisation du littoral et défis de durabilité
Le segment Aného–Gbodjomé protège désormais la côte. Les équipes de terrain poursuivent cependant les interventions sur la portion restante du littoral, entre Gbodjomé, Agbodrafo et Goumoukopé; elles ont déjà achevé plusieurs structures de protection et en construisent d’autres. Elles progressent aussi dans le comblement des bras lagunaires, ce qui stabilise la côte et restaure des écosystèmes aquatiques essentiels.
Les autorités locales et les bénéficiaires restent néanmoins vigilants. La durabilité des aménagements dépendra à la fois de l’entretien des infrastructures, de la continuité des financements et de l’adhésion des communautés aux pratiques de gestion durable. À Aného, la mer laisse aujourd’hui place à l’espoir ; la prochaine étape sera désormais de transformer cet élan en gains durables pour les générations futures.















