Togo : vers un programme national pour accélérer la cuisson propre

LOMÉ, 7 octobre 2026 — Le Togo franchit une nouvelle étape dans la structuration de sa politique énergétique avec l’élaboration d’un Programme national d’accès à la cuisson propre. Réunis le vendredi 2 octobre à l’ONOMO Hôtel de Lomé, les représentants des institutions publiques, du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques examinent les premières propositions destinées à organiser la transition du pays vers des modes de cuisson plus propres et accessibles.

L’enjeu dépasse la seule question de l’équipement des ménages. Pour les autorités togolaises, il s’agit désormais de construire un cadre capable de coordonner les interventions, d’orienter les investissements et de donner davantage de visibilité aux acteurs engagés dans le développement des solutions de cuisson propre.

Ministère délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières
© Ministère délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières
Un cadre national pour structurer le marché

Le futur programme doit fournir au Togo une feuille de route cohérente en vue de l’accès universel à la cuisson propre à l’horizon 2030. Cette ambition implique notamment de préciser les technologies à promouvoir, les objectifs à atteindre, les actions prioritaires et les mécanismes nécessaires à leur déploiement.

Le gouvernement inscrit cette démarche dans les orientations de la Vision Togo 2030, ainsi que dans le Pacte national pour l’énergie associé à la Mission 300. Le programme répond également aux engagements climatiques pris par le pays dans le cadre de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN).

Cette convergence place la cuisson propre à l’intersection de plusieurs politiques publiques : énergie, climat, développement économique et amélioration des conditions de vie.

Ministère délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières
© Ministère délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières
Un dispositif préparé avec plusieurs partenaires

Pour accompagner le processus, le gouvernement bénéficie de l’appui du programme Regional Clean Cooking Action West Africa (ReCCAWA). L’Agence néerlandaise pour l’entreprise (Rijksdienst voor Ondernemend Nederland, RVO) a par ailleurs mandaté EED Advisory pour soutenir les autorités togolaises dans la conception du programme.

La mission associe les institutions nationales aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux différents acteurs du secteur. Cette approche vise à éviter une stratégie conçue exclusivement au niveau institutionnel et à intégrer les réalités opérationnelles auxquelles font face les entreprises, les organisations de la société civile et les autres intervenants.

Le travail engagé doit surtout permettre de passer d’initiatives dispersées à une architecture nationale capable de coordonner les efforts et de mobiliser davantage de ressources.

Ministère délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières
© Ministère délégué chargé de l'Énergie et des Ressources minières
Les technologies et les investissements au cœur des discussions

L’atelier du 2 octobre constitue ainsi une étape de consultation et de consolidation du futur programme. Les participants examinent les résultats préliminaires présentés par l’équipe chargée de l’accompagnement et apportent leurs observations sur les différentes composantes proposées.

Les discussions portent notamment sur les technologies de cuisson propre retenues dans le programme. Leur validation constitue un enjeu déterminant, car le choix des solutions doit répondre à la fois aux besoins des utilisateurs, aux contraintes économiques et aux objectifs énergétiques et environnementaux du pays.

Les participants passent également en revue les objectifs fixés, les activités envisagées et les plans d’action proposés. Le renforcement des capacités figure lui aussi parmi les éléments examinés afin de doter les acteurs concernés des compétences nécessaires à la mise en œuvre du programme.

Une feuille de route vers 2030

À l’issue des travaux, les principales composantes soumises à discussion font l’objet d’un processus de revue et de validation. Les technologies de cuisson propre, les objectifs nationaux, les activités et plans d’action ainsi que le plan de renforcement des capacités constituent les principaux résultats examinés.

Cette étape prépare la finalisation d’un cadre national destiné à guider les prochaines interventions. Pour le Togo, l’objectif consiste désormais à transformer cette orientation stratégique en actions concrètes, en créant les conditions nécessaires à une mobilisation durable des financements et à une participation coordonnée des acteurs publics et privés.

À l’horizon 2030, le succès du programme dépendra ainsi autant de la pertinence des solutions retenues que de la capacité du pays à organiser leur diffusion à grande échelle. Le futur programme doit précisément servir de levier pour cette transformation.

SRMT 2027-2031 : le Togo veut accroître ses recettes sans pénaliser les entreprises

La deuxième réunion technique de concertation entre l’État et le secteur privé, tenue le 6 octobre 2026 à Lomé, a fixé une nouvelle orientation pour le financement du développement national. Les participants ont validé la Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme 2027-2031, appelée à guider les réformes fiscales et douanières du pays.

Pour les citoyens togolais, quel est l’enjeu ? L’État veut accroître ses recettes, mais affirme vouloir éviter une hausse désordonnée de la pression fiscale. La réussite de cette stratégie dépendra donc de la capacité des pouvoirs publics à élargir les recettes, améliorer les services et instaurer davantage de confiance avec les contribuables.

Une stratégie pour financer les priorités

La SRMT 2027-2031 doit servir de cadre aux réformes destinées à mobiliser davantage de ressources nationales. Le gouvernement veut notamment élargir l’assiette fiscale, moderniser le recouvrement et réduire les pertes liées aux exonérations. Les recettes fiscales devraient passer de 1 043,7 milliards de francs CFA en 2026 à 2 109 milliards en 2031. Cet objectif représente un effort important pour l’administration fiscale et douanière.

Les autorités assurent qu’il ne s’agit pas d’imposer davantage les mêmes contribuables, mais de mieux organiser la collecte. Cette nuance intéresse directement les ménages et les entreprises. Elle signifie que l’État pourrait chercher à intégrer davantage d’activités jusque-là peu ou pas imposées, tout en renforçant le contrôle et la digitalisation.

Pour le citoyen, le résultat attendu reste concret : davantage de recettes doivent permettre de financer les services publics, les infrastructures, l’éducation, la santé et les autres priorités nationales. Mais cette progression ne pourra être acceptée que si les contribuables constatent une utilisation rigoureuse et transparente de l’argent public.

Les entreprises demandent plus de sécurité

Le secteur privé a salué la régularité du dialogue avec le gouvernement. Le président du Conseil national du patronat, Laurent Coami Tamegnon, a notamment présenté comme une avancée la création de la Commission administrative de recours et de la Commission administrative de règlement des litiges douaniers.

Ces mécanismes doivent permettre aux entreprises de contester certaines décisions administratives ou douanières dans un cadre défini. La Commission administrative de règlement des litiges douaniers constitue notamment un premier recours pour les différends portant sur l’espèce, la valeur ou l’origine des marchandises.

Pour les opérateurs économiques, cette évolution peut réduire l’incertitude et améliorer la prévisibilité. Une entreprise investit plus facilement lorsqu’elle connaît les règles, les délais et les voies de recours en cas de désaccord avec l’administration.

Une administration plus accessible

Le gouvernement veut construire un environnement « business friendly », c’est-à-dire plus favorable à la création, à l’investissement et au développement des entreprises. Cette ambition suppose plusieurs changements : Des procédures plus flexibles, une fiscalité plus lisible, des décisions administratives mieux motivées et un recours accru aux services numériques. Elle exige également que les agents publics appliquent les règles avec constance et que les entreprises respectent leurs obligations.

Le message adressé aux deux parties est donc équilibré. L’État doit offrir plus de sécurité juridique et de stabilité. En retour, les entreprises doivent correctement déclarer leurs activités, payer leurs impôts et investir dans la création d’emplois.

Ministère des Finances et du Budget
© Ministère des Finances et du Budget
Les partenariats public-privé sous surveillance

La réunion a aussi abordé les partenariats public-privé. Le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a rappelé qu’un PPP ne constitue ni un financement gratuit ni une solution automatique aux contraintes budgétaires. Un tel accord engage l’État sur plusieurs années. Il doit donc reposer sur une étude sérieuse, une répartition précise des responsabilités et une évaluation précise des risques.

Pour la population, cette prudence revêt une importance particulière. Les PPP peuvent accélérer la réalisation de routes, d’hôpitaux, d’écoles ou d’autres équipements. Mais un contrat mal préparé peut aussi alourdir les dépenses publiques et réduire les marges de manœuvre de l’État.

Une économie exposée aux crises extérieures

Les participants ont également examiné la conjoncture économique. Malgré sa résilience, l’économie togolaise reste vulnérable aux tensions internationales, notamment celles qui affectent les routes maritimes d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Ces crises peuvent perturber les importations, renchérir le transport et pousser les prix de l’énergie à la hausse. Le gouvernement a choisi de ne pas répercuter intégralement cette augmentation sur les consommateurs, suivant les orientations du président du Conseil.

Cette décision protège temporairement le pouvoir d’achat, mais elle entraîne aussi un coût pour les finances publiques. Elle renforce donc la nécessité de mobiliser des recettes suffisantes et de mieux contrôler les dépenses.

L’éducation au centre de la transformation

Le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a présenté la contribution attendue du secteur privé au développement du capital humain dans le cadre de la Feuille de route 2026-2031. Le secteur privé peut participer à la formation professionnelle, à l’apprentissage et à l’adaptation des compétences aux besoins des entreprises. Cette coopération doit aider les jeunes à accéder à des emplois correspondant davantage aux réalités du marché.

L’enseignement principal de la réunion tient en une équation : la Feuille de route fixe les priorités, la SRMT cherche les moyens de les financer et les PPP peuvent accélérer certains projets. Mais ces trois instruments ne produiront des résultats que si l’État et les entreprises construisent une relation fondée sur la transparence, la responsabilité et la confiance. La prochaine réunion de concertation État-secteur privé est annoncée pour décembre 2026.

Mois du Consommer Local au Togo : la compétitivité au cœur de la 7ᵉ édition

 La septième édition du Mois du Consommer Local s’est ouverte à Lomé avec une ambition plus exigeante que l’ordinaire promotion des produits fabriqués au Togo. Les autorités et les représentants du secteur privé veulent désormais faire du marché intérieur un véritable tremplin pour la production, la transformation et l’exportation.

Lancée le 6 octobre 2026, la campagne se déroule durant tout le mois dans un contexte marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, la hausse des prix et la nécessité, pour les économies africaines, de réduire leur dépendance à l’extérieur. Son thème — « Consommation locale, facteur d’intégration régionale et de souveraineté économique : défis et opportunités » — place directement la question de la compétitivité au centre du débat.

ccit.tg
© ccit.tg
Acheter local ne suffit plus

Le message porté lors de la cérémonie de lancement est limpide : un produit togolais ne peut pas compter uniquement sur la solidarité des consommateurs. Il doit convaincre par sa qualité, son prix, sa disponibilité et sa capacité à répondre durablement aux attentes du marché. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, Dr José Kwassi Symenouh, a défendu cette approche.

Selon lui, le patriotisme économique ne saurait remplacer les exigences auxquelles toute entreprise doit répondre pour fidéliser sa clientèle. Un acheteur compare la présentation, le coût, la régularité de l’approvisionnement, l’innovation et le service. Ces critères déterminent le choix final, qu’il s’agisse d’un aliment, d’un vêtement, d’un produit cosmétique ou d’un service.

« Consommer local » ne doit donc plus être présenté comme un geste de faveur envers les producteurs. Le produit fabriqué au Togo doit conquérir sa place par ses propres performances. Cette évolution marque un changement de discours : les entreprises ne demandent plus seulement de la visibilité, elles doivent aussi démontrer leur capacité à tenir face à la concurrence.

Six éditions, des progrès et des limites

Institué dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine en 2019, le Mois du Consommer Local a déjà connu six éditions au Togo. Les données communiquées lors du lancement font état d’une progression proche de 40% du chiffre d’affaires dans les secteurs de la cosmétique, de l’habillement et de l’agroalimentaire. Ces résultats montrent l’intérêt commercial de la campagne. Ils révèlent aussi les difficultés qui empêchent encore de nombreux produits togolais d’atteindre une clientèle plus large.

La traçabilité reste insuffisante pour certaines entreprises. Les normes, la certification, l’emballage, le prix et la continuité de l’offre posent également problème. Un produit peut attirer l’attention lors d’une exposition, mais perdre son avantage si le consommateur ne le retrouve pas régulièrement dans les points de vente.

Le défi consiste désormais à transformer la visibilité acquise pendant le mois d’octobre en relations commerciales durables. Les entreprises doivent améliorer leurs méthodes de production, sécuriser leurs approvisionnements et structurer leurs réseaux de distribution.

ccit.tg
© ccit.tg
Produire davantage, transformer sur place

Derrière la campagne de promotion se trouve une question plus large : quelle part de la valeur créée par les ressources togolaises reste réellement dans le pays ? Le Togo dispose de matières premières agricoles et de ressources susceptibles d’alimenter plusieurs filières industrielles. Pourtant, lorsque ces produits quittent le territoire à l’état brut, les étapes les plus rémunératrices — transformation, conditionnement, distribution et commercialisation — se déroulent souvent ailleurs.

Pour le Dr José Kwassi Symenouh, cette situation prive l’économie nationale d’emplois, de revenus et de compétences. Le développement des chaînes de valeur doit donc devenir une priorité. Transformer davantage au Togo permettrait de soutenir les producteurs, de stimuler l’industrie, d’élargir les débouchés professionnels et de renforcer les capacités des entreprises locales. Cette stratégie pourrait aussi réduire certaines importations et accroître la part des produits finis et semi-finis dans les exportations.

L’objectif ne consiste pas simplement à vendre davantage de matières premières. Il s’agit de construire une chaîne économique complète : produire, transformer, distribuer, consommer et, à terme, exporter.

L’État veut élargir les débouchés

Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique a rappelé que la compétitivité des biens et services locaux constitue une condition essentielle de cette transformation. Le gouvernement prévoit d’accroître la production nationale, de soutenir la demande intérieure et de faciliter l’accès des entreprises togolaises aux marchés étrangers.

La stratégie nationale de promotion de la consommation locale s’inscrit dans cette orientation. Elle prévoit notamment le renforcement des capacités des acteurs, l’amélioration de l’offre, la réduction de certaines importations et la progression des exportations.

La commande publique représente un autre levier. Depuis 2020, une circulaire invite les administrations et les sociétés d’État à privilégier les biens et services d’origine locale dans leurs approvisionnements. Elle encourage également l’achat de produits alimentaires togolais pour les activités publiques.

Cette politique peut garantir des débouchés aux entreprises, mais elle ne dispense pas celles-ci d’améliorer leur qualité. Pour s’inscrire dans la durée, la préférence accordée aux produits nationaux doit accompagner une montée en gamme et non remplacer la concurrence.

ccit.tg
© ccit.tg
Le numérique au service de l’offre locale

Les autorités souhaitent aussi faciliter l’accès à l’information. La cérémonie a permis de présenter « Togo Gnim », une plateforme destinée à accroître la visibilité des biens et services togolais, ainsi que « Nam Asia », une application qui informe les consommateurs sur les prix des produits de grande consommation.

Nam Asia, mise à disposition par le ministère chargé du Commerce, permet notamment de consulter les prix communiqués pour différentes régions du pays et de recevoir des alertes lors de leur évolution.

Ces outils numériques peuvent aider les producteurs à mieux se faire connaître et les consommateurs à comparer les offres. Ils illustrent également la volonté d’utiliser les solutions conçues par de jeunes Togolais pour améliorer la transparence du marché et rapprocher les entreprises de leur clientèle.

Du marché intérieur à l’espace régional

Le gouvernement ne veut pas enfermer les entreprises togolaises dans les limites du marché national. La consommation locale doit leur servir de première étape avant l’accès aux marchés de l’UEMOA, de la Zone de libre-échange continentale africaine et d’autres espaces commerciaux.

Cette ambition exige toutefois une préparation rigoureuse. Pour vendre au-delà des frontières, les entreprises doivent respecter des normes communes, garantir des volumes suffisants, stabiliser leurs prix et assurer la livraison dans les délais. Le marché intérieur peut jouer le rôle de laboratoire. Il permet aux producteurs de tester leurs produits, d’écouter les consommateurs et de corriger leurs faiblesses avant d’affronter une concurrence régionale plus intense.

ccit.tg
© ccit.tg
Un mois pour préparer l’après-octobre

Le programme de cette septième édition prévoit des ateliers de formation, des visites d’entreprises et d’infrastructures, une conférence consacrée au thème officiel ainsi que des expositions-ventes à Lomé et dans les chefs-lieux des régions économiques. Ces activités doivent rapprocher les producteurs des acheteurs, mais aussi favoriser les échanges entre entreprises, administrations et distributeurs. Leur portée dépendra toutefois de leur prolongement après la clôture de la campagne.

Pour la Chambre de commerce et d’industrie du Togo, octobre ne doit pas rester une parenthèse commerciale. Le mois doit accélérer les réformes, renforcer les capacités de production et créer des relations durables entre les entreprises et les marchés. Le véritable succès de cette édition ne se mesurera donc pas uniquement au nombre de visiteurs ou de produits exposés. Il dépendra de la capacité des acteurs à faire émerger des entreprises plus solides, des biens plus fiables et une offre suffisamment compétitive pour être choisie au Togo comme ailleurs.

L’équation résumée par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique reste simple : consommer davantage ce que le pays produit et produire davantage ce que les populations consomment. Pour la transformer en réalité, les pouvoirs publics, les entreprises et les consommateurs devront agir sur toute la chaîne, de la matière première jusqu’au produit exportable.

Togo : la Police nationale ouvre ses portes au public

La Police nationale togolaise a lancé ses Journées portes ouvertes à Lomé et dans six autres villes du pays. L’initiative vise à rapprocher l’institution des citoyens et à mieux faire connaître ses missions.

 

Lomé, le 7 octobre 2026 — À Lomé, la Police nationale togolaise a choisi l’ouverture au public pour présenter ses missions et expliquer son fonctionnement. Depuis mardi 6 octobre 2026, la Direction générale de la Police nationale accueille les Journées portes ouvertes, une initiative qui s’étend également à six autres villes du pays. L’événement prendra fin jeudi, mais le programme se poursuivra avec deux activités sportives prévues les 9 et 10 octobre.

Une opération déployée dans plusieurs villes

La manifestation ne se limite pas à la capitale. Les secteurs de police de Tsévié, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong participent également au programme. Cette organisation permet à la Police nationale de présenter ses services au-delà de Lomé. Les visiteurs peuvent découvrir les unités spécialisées, les moyens techniques et les différents domaines d’intervention des agents. Des échanges directs avec les équipes sont également proposés afin de répondre aux interrogations du public. L’accès aux sites reste gratuit. Les activités se déroulent de 7 heures à 17 h 30, jusqu’au jeudi 8 octobre.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo
Montrer le visage quotidien des forces de l’ordre

La cérémonie d’ouverture s’est tenue au siège de la Direction générale de la Police nationale, en présence de représentants des institutions, de partenaires et de visiteurs. Le directeur général de la Police nationale, le commissaire divisionnaire Babarime Akatao, a placé cette rencontre sous le signe de la proximité. Il a invité les citoyens à venir découvrir les agents qui assurent chaque jour la protection des personnes, la surveillance des biens et la sécurisation des lieux publics.

À travers les stands et les démonstrations, la Police cherche aussi à faire connaître des métiers souvent peu visibles. Les visiteurs peuvent ainsi mieux comprendre le travail des services techniques, les moyens d’action disponibles et les contraintes auxquelles les policiers sont confrontés sur le terrain.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo
Une démarche liée à la réforme de l’État

La direction de la Police nationale inscrit cette initiative dans la dynamique de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, fondée sur trois priorités : protéger, rassembler et transformer. Cette orientation traduit la volonté affichée par l’institution de moderniser ses pratiques et de renforcer ses relations avec les citoyens. Le directeur général a également réaffirmé l’importance du respect des lois et des libertés individuelles dans l’accomplissement des missions de sécurité.

La Police nationale doit notamment maintenir l’ordre public, prévenir les infractions et protéger les institutions de la République. Mais ses responsables veulent également faire comprendre que la sécurité ne repose pas uniquement sur l’action des forces de l’ordre. Elle dépend aussi de la coopération des populations et de la circulation de l’information.

Police Nationale Togo
© Police Nationale Togo
Le dialogue au cœur de la stratégie

Les Journées portes ouvertes donnent ainsi au public un accès direct aux responsables et aux agents. Les visiteurs peuvent poser leurs questions, demander des explications et échanger sur les enjeux de sécurité dans leurs quartiers. Pour le commissaire divisionnaire Babarime Akatao, cette démarche doit favoriser une relation plus équilibrée entre la Police et les citoyens. Elle vise à présenter une institution accessible, professionnelle et attentive aux droits fondamentaux.

Le directeur général a salué l’appui du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et exprimé sa reconnaissance au ministre de la Sécurité, le colonel Calixte Batossie Madjoulba.

Des activités pour prolonger les échanges

Le programme se poursuivra après la fermeture des stands. Vendredi 9 octobre à 15 h 30, l’équipe de la Police nationale, l’ASPOTO, disputera un match amical contre l’Entente II FC au stade JCA d’Agoè. Samedi 10 octobre à 6 h 30, policiers et habitants se retrouveront pour un footing populaire au camp du GIPN, à Logopé.

Avec ces Journées portes ouvertes, la Police nationale entend transformer un rendez-vous institutionnel en véritable rencontre avec la population. En présentant ses hommes, ses équipements et ses responsabilités, elle veut rappeler que la sécurité publique exige une implication collective.

Togo : des coupures d’électricité prévues du 7 au 22 octobre

Le réseau électrique togolais s’apprête à traverser une période de fortes tensions. Du 7 au 22 octobre, ménages et entreprises de plusieurs localités du pays subiront des délestages ciblés, provoqués par une ambitieuse opération de maintenance sur le gazoduc régional.

L’artère gazière sous-régionale est temporairement à l’arrêt.

Initialement programmé le mois dernier, l’entretien préventif des infrastructures de la West African Gas Pipeline Company (WAPCo) entre enfin dans sa phase opérationnelle. Ce chantier technique majeur contraint l’opérateur à suspendre momentanément ses livraisons de gaz naturel à destination du territoire togolais. La mesure touche de plein fouet les centrales thermiques nationales, dont le fonctionnement repose quasi exclusivement sur cette ressource fossile pour alimenter les turbines du pays.

En service depuis 2008, ce gazoduc constitue la véritable colonne vertébrale énergétique de la région. Ainsi, sa mise en retrait provisoire illustre la vulnérabilité des réseaux nationaux face aux impératifs de maintenance d’ouvrages transfrontaliers interconnectés.

Un plan de secours coûteux pour amortir le choc

Anticipant la baisse de régime de ses unités de production, la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) active un protocole de crise. Pour éviter une rupture totale d’approvisionnement, le distributeur public convertit en urgence le système de combustion de ses centrales thermiques vers des carburants liquides de substitution.

Si cette manœuvre technique préserve une partie de la capacité de production, elle génère un surcoût financier considérable pour l’entreprise nationale, les combustibles liquides affichant des cours nettement supérieurs à ceux du gaz naturel. Les dirigeants de la CEET préviennent d’ailleurs que cette solution palliative, malgré son coût élevé, ne suffira pas à absorber l’intégralité du déficit de production. Par conséquent, des ruptures de charge ciblées demeurent inévitables dans plusieurs quartiers et communes du pays.

Appel à la prudence dans les foyers

Devant ces instabilités répétées du réseau, la direction de la CEET invite les usagers à une discipline stricte. Afin de préserver les équipements électroniques et ménagers contre les pics de tension qui accompagnent fréquemment la remise en service des lignes, l’entreprise recommande d’isoler physiquement tous les appareils électriques dès l’amorce d’une coupure, puis d’attendre la stabilisation du signal avant de les rebrancher.

Pendant deux semaines, les acteurs économiques et les foyers togolais devront ainsi composer avec un calendrier d’approvisionnement perturbé, dans l’attente du redémarrage complet des flux de gaz sous-régionaux.

Logement au Togo : réformes ambitieuses ou simple vitrine politique ?

Lomé, 6 octobre 2026 — Le gouvernement togolais a marqué, lundi 5 octobre 2026, la Journée mondiale de l’habitat par une série d’annonces visant à garantir à tous les citoyens l’accès à un logement décent et abordable. Kodjo Adedze, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, a présidé les cérémonies officielles et dressé le bilan des réformes engagées depuis deux décennies dans les secteurs de l’urbanisme, du foncier et de la construction. Cependant, derrière les discours officiels prônant le « logement décent pour tous », les chiffres avancés par le ministre ne masquent-ils pas une réalité nettement plus contrastée ?

Deux décennies de réformes structurelles

Lors de son intervention, le ministre a énuméré la litanie des réformes engagées depuis 2019 : création du Guichet foncier unique, plafonnement des cautions locatives ou encore dématérialisation des permis de construire via le SIGPC. Sur le papier, le dispositif séduit. Dans les faits, toutefois, les usagers dénoncent toujours des délais d’obtention de titres fonciers qui s’étirent sur des mois, voire des années, ainsi que des coûts prohibitifs pour les ménages modestes.

« Notre responsabilité collective consiste à faire de nos villes des espaces où chacun accède à un habitat décent », a martelé M. Adedze, sous les applaudissements polis d’une salle acquise à la cause gouvernementale.

Néanmoins, cette formule, aussi noble soit-elle, résonne comme un aveu d’impuissance face à la crise aiguë du logement qui frappe Lomé et les grandes agglomérations du pays.

2026 : l’année de la concrétisation avec le SNAT et les PLU

L’année 2026 se veut ainsi un tournant décisif grâce à la vulgarisation du Schéma national d’aménagement du territoire (SNAT) et à la validation des plans locaux d’urbanisme (PLU) de 13 communes pilotes, regroupant environ 35 % de la population urbaine togolaise. Document stratégique couvrant la période 2026-2046 avec une vision prospective à l’horizon 2045, le SNAT ambitionne de réduire les disparités régionales, de renforcer la complémentarité entre les territoires et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Au total, six documents structurent cette démarche : le rapport d’orientation méthodologique, le bilan-diagnostic, le document central du SNAT, le dispositif de suivi-évaluation, la stratégie de communication et l’Atlas de développement.

Présentée en grande pompe entre le 10 et le 18 août dans les cinq régions administratives — Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé, Tsévié — ainsi que dans le Grand Lomé, cette feuille de route promet de corriger les déséquilibres territoriaux d’ici deux décennies.

Pourtant, sur le terrain, une interrogation légitime persiste : ces 13 communes pilotes bénéficieront-elles réellement des moyens financiers et techniques nécessaires à la mise en œuvre effective de ces outils ? Ou le SNAT rejoindra-t-il les nombreux documents stratégiques empilés dans les archives ministérielles sans jamais concrètement voir le jour ? À moins qu’il ne s’agisse encore d’un simple exercice de communication destiné à rassurer les bailleurs internationaux.

Kpomé-Dalavé : 20 000 logements ou un éléphant blanc ?

Parallèlement, le projet phare du gouvernement — la construction de 20 000 logements sociaux sur 1 177 hectares à Kpomé-Dalavé — cristallise tous les espoirs et toutes les critiques. Les autorités tablent officiellement sur des habitations « à coût abordable » destinées aux ménages à revenus modestes. Or, les premiers chiffres circulant dans les cercles immobiliers font état de prix oscillant entre 15 et 25 millions de FCFA pour un simple deux-pièces, une somme hors d’atteinte pour plus de 80 % des Togolais.

« Les travaux préliminaires se poursuivent », se contente d’affirmer le ministère, sans apporter de précisions sur le calendrier de livraison, le mécanisme de financement ni les critères d’éligibilité des bénéficiaires.

Dès lors, des observateurs indépendants s’interrogent : ce méga-projet ne risque-t-il pas de se transformer en un ghetto pour classe moyenne, à des années-lumière des populations rurales et périurbaines qui constituent pourtant le cœur de cible affiché de cette politique ?

Lomé se densifie, mais à quel prix ?

En outre, le Projet de renouvellement urbain (PRU) vise à transformer la capitale en une métropole moderne et dense. Cependant, entre expropriations, démolitions et relogements contestés, la mutation de Lomé s’opère dans la douleur pour des milliers de familles déplacées sans compensation adéquate. De leur côté, les promoteurs immobiliers se réjouissent. La spéculation foncière bat son plein dans les quartiers stratégiques, où les prix du mètre carré ont bondi de plus de 40 % en trois ans.

« Le logement décent n’est pas une marchandise spéculative, c’est un droit fondamental », rappelait récemment un rapport consacré à la souveraineté énergétique et à l’habitat dans l’espace UEMOA. Un principe vertueux que la réalité brute du marché immobilier togolais semble pourtant ignorer d’un revers de main.

Une célébration en vase clos

Conférences-débats, visites d’inspection, rencontres avec les professionnels : le programme officiel de la Journée mondiale de l’habitat a scrupuleusement respecté le protocole. En revanche, aucune table ronde n’a été associée aux organisations de défense des droits des locataires, aux syndicats de travailleurs précaires ou aux jeunes diplômés incapables de se loger décemment dans la capitale.

En somme, le gouvernement togolais a fait le choix de célébrer cette Journée mondiale de l’habitat en vase clos, à bonne distance des réalités quotidiennes du terrain. Une posture évocatrice quant au niveau de priorité réellement accordé à la question sociale du logement dans l’agenda politique national.

Djibouti accueille la 7ᵉ Mission économique de la Francophonie

Djibouti, 6 octobre 2026 — La capitale djiboutienne accueille, du 6 au 8 octobre 2026, la 7ᵉ Mission économique de la Francophonie, un rendez-vous stratégique qui positionne le pays comme carrefour commercial entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.

La Francophonie
© La Francophonie
Une ouverture solennelle au sommet de l’État

Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et le président Ismaïl Omar Guelleh ont officiellement inauguré les travaux ce mardi matin au Djibouti Palace Kempinski.

Les deux dirigeants ont souligné l’ambition de transformer ces trois jours de rencontres en levier concret de création d’emplois et d’ouverture de marchés pour les entrepreneurs francophones.

« Notre volonté n’est pas simplement de réunir des entreprises pendant quelques jours », a déclaré Mme Mushikiwabo. « Elle est de créer les conditions pour que des entrepreneurs se rencontrent, identifient des complémentarités, développent de nouveaux courants d’affaires, ouvrent des marchés et créent des emplois. »

La Francophonie
© La Francophonie
Djibouti 2035 : du transit à la transformation économique

Le chef de l’État djiboutien a présenté les orientations stratégiques de la Vision Djibouti 2035, feuille de route nationale qui vise à faire évoluer le pays d’une plateforme logistique vers un véritable hub économique régional.

« Nous passons du transit à la transformation », a affirmé M. Guelleh, en rappelant que cette mission s’inscrit pleinement dans cette dynamique de diversification et de montée en valeur ajoutée.

En outre, le gouvernement djiboutien a identifié cinq secteurs prioritaires pour attirer les investissements francophones : transport et logistique liés aux zones franches, services numériques, énergies renouvelables, santé et tourisme durable.

La Francophonie
© La Francophonie
Le tourisme durable, un atout majeur à valoriser

Avec ses 314 kilomètres de littoral, ses paysages volcaniques uniques et une biodiversité marine exceptionnelle, Djibouti dispose d’atouts naturels considérables pour développer un tourisme respectueux de l’environnement.

Les autorités refusent catégoriquement le tourisme de masse et privilégient un modèle fondé sur trois pôles : tourisme d’affaires et de plaisance dans la capitale, complexes balnéaires et de plongée sur des sites prioritaires, et tourisme écoresponsable dans les zones archéologiques et préhistoriques.

« Nous travaillons à développer un tourisme respectueux de la nature et de l’environnement », a insisté un responsable gouvernemental, rappelant l’objectif d’attirer jusqu’à 500 000 visiteurs annuels à l’horizon 2030.

Par ailleurs, cette 7ᵉ édition témoigne du dynamisme économique djiboutien et offre au pays une vitrine exceptionnelle à l’échelle internationale. La République de Djibouti, qui contrôle l’une des principales voies maritimes mondiales où circulent 20 % des échanges maritimes globaux, confirme ainsi sa position de « phare de la mer Rouge » et de partenaire privilégié pour les investisseurs francophones.

La Francophonie
© La Francophonie
Des opportunités concrètes pour les entreprises francophones

La Mission économique de la Francophonie réunit chambres de commerce, agences de promotion des investissements, institutions économiques et entreprises de l’espace francophone pour favoriser les échanges commerciaux et les partenariats durables. Des sessions de rencontres B2B, des présentations sectorielles ainsi que des visites de sites stratégiques ponctuent ces trois jours d’intenses négociations.

Alors que les rencontres se poursuivent ce mardi après-midi au Djibouti Palace Kempinski, les premiers contacts noués entre délégations francophones et opérateurs locaux laissent entrevoir des perspectives concrètes de partenariats. Les organisateurs tablent sur la signature de plusieurs protocoles d’accord avant la clôture officielle, prévue jeudi soir, marquant ainsi le début d’une nouvelle ère de coopération économique au sein de l’espace francophone.

Pour Djibouti, cette Mission économique constitue bien plus qu’un événement protocolaire : elle représente un jalon décisif dans la concrétisation de la Vision 2035 et l’affirmation du pays comme plateforme économique régionale de référence.

Golfe 2 : la commune ouvre sa dernière session 2026

La commune de Golfe 2, dans le Grand Lomé au Togo, a lancé lundi 5 octobre 2026 sa quatrième et dernière session ordinaire de l’année. Pendant dix jours, les conseillers municipaux évalueront l’action de la collectivité, examineront ses perspectives pour 2027 et étudieront une convention de coopération avec la commune voisine de Golfe 3.

Le maire, Kpadé Koffi Gbékandé, a présidé l’ouverture en présence du représentant du préfet du Golfe, Kossivi Agbodan, des forces de sécurité, du chef canton d’Amoutivé, des autorités traditionnelles, des responsables des comités de développement de quartier et des cadres de la mairie.

Commune du Golfe 2 - Bè Centre
© Commune du Golfe 2 - Bè Centre
Bilan d’étape et rigueur financière : le cap du Golfe 2 pour 2027

Cette session arrive à un moment décisif du mandat municipal. Elle doit permettre aux élus de mesurer les réalisations de la première année, d’identifier les retards et de préparer les orientations de l’exercice 2027. À cette occasion, le maire a résumé sa feuille de route autour de trois mots : « protéger, rassembler et transformer ». Il a également invité ses collaborateurs à maintenir l’effort engagé afin de rapprocher l’administration communale des besoins des habitants de Bè-Kpota et des quartiers environnants.

De son côté, le représentant du préfet du Golfe a placé la discussion sous le signe de la rigueur financière. Il a aussi demandé aux conseillers une assiduité accrue et a insisté sur la nécessité d’une gestion transparente des ressources communales. Cet avertissement coïncide avec le recensement géoréférencé des ménages et des activités économiques, qui est destiné à produire une base de données fiable pour améliorer la planification locale mise en œuvre par le Golfe 2. Cette opération s’inscrit dans le Plan de développement communal 2023-2027, estimé à plus de 5,147 milliards de francs CFA.

Commune du Golfe 2 - Bè Centre
© Commune du Golfe 2 - Bè Centre
Vers une coopération avec Golfe 3

Par ailleurs, l’un des dossiers les plus attendus de cette concertation municipale concerne la convention entre Golfe 2 et Golfe 3. En effet, les deux communes partagent des enjeux urbains similaires : densité démographique, assainissement, mobilité, équipements publics et pression sur les services de proximité. Une coopération formalisée pourrait permettre aux deux collectivités de mutualiser certaines expertises et de coordonner des interventions au-delà de leurs frontières administratives. Dans un Grand Lomé où les problèmes urbains ignorent souvent les limites communales, cette initiative constituera un test concret de la décentralisation togolaise.

En outre, les travaux de la session aideront à préciser les perspectives de développement de la commune pour 2027. Les précédents exercices ont mis en avant l’assainissement pluvial, l’accès à l’eau potable, l’hygiène, l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Pour l’exercice 2026, le budget de Golfe 2 avait été fixé à environ 1,7 milliard de francs CFA, dont près de 77 % consacrés au fonctionnement et 23 % à l’investissement. Désormais, les finances communales passent au crible. Les élus doivent démontrer que la collectivité peut intensifier son effort d’investissement sans fragiliser son équilibre financier.

Commune du Golfe 2 - Bè Centre
© Commune du Golfe 2 - Bè Centre
Un test pour la gouvernance locale

En somme, cette dernière session ordinaire de 2026 offre à Golfe 2 l’occasion de démontrer sa capacité à relier bilan, planification et dialogue avec les populations. Pour les habitants, l’enjeu reste concret : des services plus fiables, un cadre de vie amélioré ainsi qu’une gestion des ressources qui inspire confiance. Pour les élus, il s’agit de transformer les principes de « protéger, rassembler et transformer » en résultats visibles avant l’ouverture du cycle budgétaire 2027.

Golfe 1 : dix jours pour préparer son budget 2027

La commune de Golfe 1, à Lomé, a ouvert ce lundi 5 octobre 2026 sa quatrième session de l’année, consacrée à l’examen et à l’adoption du budget primitif 2027. Pendant dix jours, les conseillers municipaux devront traduire en chiffres les priorités d’un territoire urbain dense, exposé aux inondations et confronté à des besoins croissants en infrastructures et en services publics.

Sous la conduite du maire, Gbloekpo Koamy Gomado, la séance d’ouverture a réuni les adjoints au maire, les représentants des ministères de tutelle et du Développement local, la préfecture du Golfe, les conseillers municipaux, les autorités traditionnelles ainsi que plusieurs organisations locales.

Mairie Golfe1
© Mairie Golfe1
Un budget préparé avec les habitants

La session s’inscrit dans la continuité d’un processus participatif engagé début octobre. Les 1ᵉʳ et 2 octobre, la mairie avait organisé un débat citoyen au Centre communautaire de Bè afin de recueillir les attentes des populations avant la construction du budget.

Cette consultation n’a pas valeur de promesse automatique. Les propositions issues des comités de développement de quartier et des organisations locales seront examinées par le conseil municipal, mais leur financement dépendra des recettes réellement mobilisables. Selon les données présentées lors du débat citoyen, la commune avait mobilisé environ 1,5 milliard de francs CFA au 30 septembre 2026, soit un taux de réalisation annoncé de 40 %.

Les inondations, test de résilience

Par ailleurs, les élus devront examiner les mesures de gestion des inondations. Le sujet revêt une importance particulière pour Golfe 1, une commune littorale du Grand Lomé où l’urbanisation rapide, le drainage insuffisant et les fortes pluies fragilisent plusieurs quartiers.

La question dépasse l’intervention d’urgence. En effet, elle impose une réflexion sur le nettoyage des caniveaux, la maîtrise de l’occupation des zones à risque, l’entretien des infrastructures et la capacité de la mairie à anticiper les saisons pluvieuses. Le budget 2027 devra donc arbitrer entre les besoins immédiats des populations et les investissements structurants destinés à réduire la vulnérabilité du territoire.

Mairie Golfe1
© Mairie Golfe1
Un bilan financier sous surveillance

Les conseillers examineront également l’exécution du budget au troisième trimestre 2026. Cette évaluation permettra de mesurer le rythme de mobilisation des recettes, le niveau de réalisation des dépenses et l’avancement des projets engagés.

Le rapport d’activités de la mairie figurera aussi à l’ordre du jour. Les élus devront s’assurer que les orientations définies en début d’exercice se traduisent en services concrets pour les administrés : voirie, assainissement, équipements publics, appui aux quartiers et actions sociales.

Vers une communauté de communes

Un autre dossier pourrait modifier l’organisation territoriale locale : la création de la Communauté de communes de la Lagune de Bè. Le projet fera l’objet d’une délibération au cours de la session.

Cette initiative vise à encourager une coopération intercommunale autour d’un espace partagé, où les défis environnementaux, fonciers et d’aménagement dépassent les limites administratives d’une seule commune. Sa réussite dépendra toutefois de la clarté des compétences transférées, du financement et de la capacité des municipalités concernées à coordonner leurs actions.

Mairie Golfe1
© Mairie Golfe1
Golfe 1 et Moyen-Mono 1 : un partenariat en attente

Les conseillers recevront également une information sur la suite donnée par le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières (MATGLAC) à la demande de partenariat entre Golfe 1 et Moyen-Mono 1.

Ce rapprochement pourrait permettre aux deux collectivités de partager des expériences, des expertises et éventuellement des ressources. Dans un contexte de décentralisation encore en construction au Togo, de tels partenariats intercommunaux représentent un levier pour renforcer les capacités locales sans attendre uniquement les transferts de l’État.

Dix jours pour fixer les priorités

La première journée a servi à adopter le programme des travaux. Les débats à venir détermineront les grands équilibres du budget 2027 : fonctionnement, investissement, gestion des risques, services de proximité et projets intercommunaux.

En somme, pour les habitants de Golfe 1, l’enjeu est de voir leurs préoccupations se refléter dans les lignes budgétaires. Pour la municipalité, il s’agit de démontrer qu’un budget participatif peut devenir un instrument efficace de planification, et non une simple formalité avant l’adoption des comptes.

Université de Kara : vers de nouveaux partenariats internationaux à Chengdu

L’Université de Kara a franchi une étape supplémentaire dans sa stratégie d’ouverture. Du 27 au 30 septembre 2026, une délégation conduite par sa présidente, la professeure Prénam Houzou-Mouzou, s’est rendue à Chengdu, en Chine, où elle a exploré des pistes de coopération avec l’University of Electronic Science and Technology of China (UESTC) et d’autres partenaires académiques.

Le déplacement a coïncidé avec le 70ᵉ anniversaire de l’UESTC, célébré le 28 septembre sur son campus de Qingshuihe. Fondée en 1956, l’institution chinoise s’est imposée comme un pôle majeur de recherche et d’innovation dans les sciences électroniques et les technologies de l’information.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle
Une présence stratégique à Chengdu

Pour l’Université de Kara, la mission ne visait pas seulement à assister aux festivités. Elle avait pour but d’inscrire l’établissement togolais dans un réseau universitaire plus large, capable d’appuyer la formation, la recherche ainsi que l’innovation.

Les discussions avec l’UESTC ont porté sur la préparation d’un protocole d’accord, la mobilité des étudiants et des enseignants, la création de formations conjointes ainsi que le lancement de projets scientifiques communs. Ces échanges ouvrent la voie à une coopération qui pourrait dépasser le cadre protocolaire pour produire des résultats mesurables sur les campus.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle
Vers un Institut Confucius à Kara

L’un des sujets les plus déterminants concerne l’éventuelle implantation d’un Institut Confucius à l’Université de Kara. Un tel centre pourrait renforcer l’apprentissage du chinois, favoriser les échanges culturels et accompagner les étudiants togolais souhaitant poursuivre leurs études ou développer des compétences liées aux relations sino-africaines.

L’enjeu dépasse la seule question linguistique. Il touche aussi à la capacité de l’université à préparer ses diplômés à un environnement académique et économique de plus en plus connecté, où la maîtrise de langues et de réseaux internationaux devient un atout professionnel.

Un réseau qui s’élargit

Par ailleurs, la délégation n’a pas limité ses contacts à la Chine. À Chengdu, l’Université de Kara a également noué des échanges avec l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, via le réseau COMUF-UVSQ, l’Université de Montpellier, le Ghana Institute of Management and Public Administration (GIMPA) et le Musée international des arts d’Afrique.

Ces rencontres dessinent une diplomatie académique plurielle, à la fois européenne, africaine et asiatique. Elles traduisent aussi la volonté de l’institution de diversifier ses partenaires plutôt que de dépendre d’un seul axe de coopération.

Université de Kara Togo Officielle
© Université de Kara Togo Officielle
De l’annonce aux réalisations

La présidente Houzou-Mouzou avait déjà affirmé, au début de l’année, sa volonté de donner une dimension internationale à l’Université de Kara. Cette mission s’inscrit dans cette trajectoire, alors que l’établissement cherche à consolider ses infrastructures et à renforcer son offre de formation.

Reste désormais à convertir ces contacts en programmes concrets : bourses de mobilité, cotutelles, laboratoires partagés, formations professionnelles et projets d’innovation. Pour l’Université de Kara, le défi consiste à faire de cette ouverture diplomatique un levier durable au service de ses étudiants, de ses enseignants et du développement du nord du Togo.