Togo : Lancement de FOCEN pour la formation des enseignants

Le ministère de l’Éducation nationale vient de lancer FOCEN, un portail numérique dédié à la mise à niveau permanente des professeurs. Entre flexibilité et certification, cette réforme veut briser l’isolement géographique des agents de l’État pour transformer l’école togolaise de l’intérieur.

 

Au Togo, la craie et le tableau noir ne suffisent plus. Pour répondre aux exigences de qualité du XXIe siècle, le gouvernement togolais a franchi une étape décisive dans sa mue digitale. En fin de semaine dernière, la capitale a accueilli le lancement officiel de FOCEN (Formation Continue des Enseignants), une plateforme conçue pour devenir le nouveau compagnon de route des pédagogues du pays.

Fruit d’une collaboration entre l’exécutif et l’UNICEF, cet outil est en effet le bras armé technologique du Plan sectoriel de l’éducation (PSE) 2020-2030.

Un pont entre Lomé et les zones reculées

Par ailleurs, l’originalité de FOCEN réside dans son modèle hybride. En combinant l’apprentissage à distance et les séminaires physiques, Lomé lève l’un des principaux freins à l’excellence académique : l’accès inégal à la formation. Désormais, un enseignant en poste à Dapaong ou dans les montagnes du Kpalimé dispose des mêmes ressources qu’un collègue de la capitale.

Le portail propose des modules interactifs, une bibliothèque numérique et, surtout, un système de suivi personnalisé.

« Nous offrons à chaque enseignant togolais la possibilité de se perfectionner et de faire certifier ses compétences, où qu’il se trouve », a martelé Akakpo-Numado Yawo Séna, secrétaire technique permanent du PSE.

 

Pourquoi FOCEN est-elle une application vitale ?

Au-delà de la modernité de façade, le lancement de cette application répond à trois impératifs critiques pour le Togo :

  1. La remise à niveau en temps réel : les programmes scolaires évoluent. FOCEN permet de diffuser instantanément les nouvelles méthodes pédagogiques à l’ensemble du corps enseignant, évitant ainsi un décalage entre les directives nationales et la réalité des classes.
  2. La valorisation de la carrière : en intégrant un système de certification, la plateforme transforme également la formation en un véritable levier de promotion sociale et administrative. L’effort de l’enseignant est mesurable et reconnu.
  3. L’efficience budgétaire : organiser des séminaires physiques pour des milliers d’agents coûte cher en logistique et en temps. Le numérique permet en outre de massifier la formation à moindre coût tout en maintenant un haut niveau d’exigence.

 

Le PSE, boussole d’une ambition nationale

FOCEN s’insère dans la stratégie globale du Plan sectoriel de l’éducation. Véritable « bible » du ministère, le PSE définit non seulement la stratégie pédagogique, mais aussi les mécanismes de financement et la mobilisation des partenaires internationaux. En numérisant la formation, le Togo envoie un signal fort à ses bailleurs de fonds : celui d’un pays prêt à optimiser ses ressources pour une éducation plus inclusive et performante.

L’enjeu est désormais celui de la connectivité et de l’équipement des enseignants. Car si le logiciel est prêt, le succès de cette révolution dépendra de la capacité des maîtres à s’approprier ces nouveaux outils numériques au quotidien.

Togo : IA et désinformation, le gouvernement sensibilise les jeunes

Le ministère de la Justice a lancé, le 11 février, une offensive pédagogique dans les établissements scolaires et universitaires. Objectif : vacciner la jeunesse contre le virus de la désinformation et transformer les réseaux sociaux en remparts de la démocratie.

 

Dans les travées du Collège Protestant de Lomé Tokoin (CPLT), l’heure n’était pas aux cours de mathématiques habituels, le mercredi 11 février dernier. Devant un parterre d’élèves attentifs, le gouvernement togolais a donné le coup d’envoi d’une tournée nationale cruciale. Le thème, aux allures de défi contemporain, ne laisse aucun doute sur l’urgence du moment : comment préserver l’édifice démocratique face aux dérives de l’intelligence artificielle (IA) et aux fake news ?

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

La jeunesse, cible et bouclier

Pilotée par la Direction du Renforcement Démocratique, cette campagne ne sort pas du néant. Elle s’inscrit dans une stratégie de long terme impulsée par le chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, visant à faire des jeunes Togolais des citoyens « cyber-conscients ».

Pour Oubo M’bo, directeur du Renforcement Démocratique, l’enjeu dépasse la simple maîtrise technique. Il s’agit d’une éducation à la responsabilité. « L’initiative vise à outiller la jeunesse pour une utilisation du numérique au service de la culture démocratique », a-t-il souligné au nom du ministre de tutelle. L’ambition est claire : transformer 1 200 futurs leaders en barrières infranchissables contre les manipulations de l’opinion.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Les racines du mal : quand le clic menace l’État

L’intervention de l’expert Aglisso Mori a mis en lumière la face obscure de la technologie. Loin d’être de simples erreurs de jugement, la désinformation est ici présentée comme une arme de déstabilisation massive. Selon le spécialiste, les risques sont multiples pour le pays :

  • Effritement de l’autorité : perte de confiance envers les institutions républicaines.
  • Pollution du débat : manipulation des consciences et atteinte à la liberté d’expression.
  • Menace régalienne : périls directs pour la sécurité nationale.

Pour le directeur du CPLT, Kokou Zounon, cet éveil des consciences est vital. Dans un monde où les algorithmes peuvent fabriquer de fausses réalités en quelques secondes, le discernement devient la première compétence civique.

Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo
© Ministère de la Justice et des Droits Humains - Togo

Un marathon de la vérité

La sensibilisation ne s’arrête pas aux portes du collège Tokoin. Le ministère de la Justice entend maintenir la pression pédagogique tout au long du mois de février. Le calendrier est déjà bouclé :

  • 19 février : cap sur l’École Supérieure d’Administration et de Gestion (ESAG-NDE).
  • 23 février : rencontre avec les étudiants de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO).

À travers des débats mouvants et des sessions de jeux-quiz, le gouvernement togolais espère ancrer durablement ces réflexes de vérification. Une manière de rappeler qu’à l’ère de l’intelligence artificielle, l’intelligence humaine et le civisme restent les meilleures garanties de la stabilité nationale.

Kaduna : ex-gouverneur, El-Rufai face à la justice fédérale

L’ancien gouverneur de Kaduna rattrapé par des aveux télévisés qui secouent Abuja

Au Nigéria, la scène politique est de nouveau sous tension. L’ancien gouverneur de l’État de Kaduna,  Mallam Nasir El-Rufai, se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire qui pourrait redessiner les lignes de fracture au sommet de l’appareil sécuritaire fédéral.

Le 13 février 2026, lors d’un entretien diffusé sur la chaîne privée Arise TV, l’ex-dirigeant aurait admis avoir joué un rôle dans l’interception non autorisée des communications du Conseiller national à la sécurité, Nuhu Ribadu. Des déclarations qui ont aussitôt déclenché une riposte judiciaire.

Tribunal fédéral du Nigeria
© Tribunal fédéral du Nigeria

Trois chefs d’accusation lourds de conséquences

Saisie du dossier, la Haute Cour fédérale examine trois infractions distinctes retenues par le parquet :

  • la reconnaissance publique d’une interception illégale de communications ;
  • la non-dénonciation présumée des auteurs impliqués ;
  • l’utilisation d’équipements susceptibles de compromettre la sécurité nationale.

Ces charges s’appuient sur la Loi amendée sur la cybercriminalité de 2024 ainsi que sur la Loi nigériane sur les communications de 2003. Deux textes qui encadrent strictement l’usage des technologies de surveillance et la protection des infrastructures numériques stratégiques.

Au-delà du cas individuel, l’enjeu dépasse la personne d’El-Rufai. C’est la solidité des mécanismes de protection des communications gouvernementales qui est désormais questionnée.

Tribunal fédéral du Nigeria
© Tribunal fédéral du Nigeria

Une affaire aux résonances politiques

Ancienne figure influente du paysage politique nigérian, El-Rufai n’est pas un acteur marginal. Son passage à la tête de Kaduna a été marqué par des réformes controversées et une posture souvent clivante. Aujourd’hui, cette affaire pourrait fragiliser davantage le climat politique déjà traversé par des rivalités internes.

À Abuja, certains observateurs y voient une bataille d’influence entre cercles sécuritaires. D’autres soulignent également que cette procédure pourrait devenir un test grandeur nature de l’indépendance judiciaire face aux élites politiques.

La sécurité numérique au cœur du débat

Dans un contexte régional marqué par la montée des cybermenaces et des campagnes de désinformation, la protection des communications stratégiques est devenue un enjeu central pour les États ouest-africains.

Si les faits reprochés sont établis, ils mettraient en lumière des failles graves dans le dispositif de sécurisation des échanges au plus haut niveau de l’État nigérian. À l’inverse, si la défense parvient à contester les accusations, l’affaire pourrait se transformer en affrontement politique aux répercussions durables.

Finalement, une chose est certaine : cette procédure, ouverte le 16 février 2026, dépasse le simple cadre judiciaire. Elle pose aussi une question fondamentale : celle de la confiance dans les institutions et dans la capacité de l’État à protéger ses propres communications.

Togo : Gado Tchangbedji échange avec les syndicats des universités publiques

Reçu ce 13 février par le nouveau ministre délégué à l’Enseignement supérieur, le front syndical des universités publiques joue la carte de la concertation. Derrière les vœux de protocole se dessine l’agenda d’une modernisation des campus de Lomé et Kara sous haute surveillance sociale.

 

L’ambiance se voulait apaisée, ce vendredi 13 février 2026, dans la salle de conférence du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Pour sa première grande rencontre avec les partenaires sociaux, le Professeur Gado Tchangbedji, ministre délégué, a choisi d’écouter. Face à lui, une délégation de responsables syndicaux représentant aussi bien le corps enseignant que le personnel administratif et technique (PAT) des universités publiques du Togo.

Ministère de l'Education
© Ministère de l'Education

Tchangbedji et les syndicats : un pacte de stabilité pour les campus

Officiellement, cette audience marquait une prise de contact protocolaire pour saluer la nomination du ministre et formuler les vœux pour l’année nouvelle. Mais dans le style feutré de l’administration togolaise, l’enjeu était ailleurs : réaffirmer la solidité du dialogue social.

Entouré de sa directrice de cabinet, Mme Ama Dzifa Gameti, le Professeur Tchangbedji a d’emblée posé le cadre de son action. Pour l’exécutif, le dialogue social n’est pas une simple formalité, mais un « levier de performance » indispensable à la stabilité des institutions universitaires. En clair, Lomé veut éviter toute zone de turbulences sur les campus pour mener à bien ses réformes de fond.

Ministère de l'Education
© Ministère de l'Education

Lomé et Kara au cœur des investissements

Le ministre a profité de ce face-à-face pour rappeler les priorités du gouvernement, placées sous l’impulsion du chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé. La modernisation de l’enseignement supérieur togolais passe par une mue structurelle dont les campus de Lomé et de Kara sont les premiers bénéficiaires. Des investissements massifs sont engagés pour doter les universités de bâtiments modernes, tandis que l’objectif affiché reste l’amélioration des standards d’apprentissage afin de s’aligner sur les exigences internationales. Le ministère mise également sur une approche participative, impliquant directement les acteurs de terrain dans le processus de décision.

Ministère de l'Education
© Ministère de l'Education

Une volonté de collaboration partagée

De leur côté, les responsables syndicaux ont affiché une volonté de « développement harmonieux », s’engageant à accompagner le ministère dans ses chantiers. Cette lune de miel apparente témoigne d’une volonté commune de renforcer la gouvernance des universités publiques, alors que les attentes des étudiants et du personnel en matière de conditions de travail restent fortes.

En somme, si le climat de cette rencontre a été qualifié d’écoute mutuelle, le plus dur reste à faire pour le Professeur Tchangbedji : transformer ces intentions de collaboration en résultats tangibles sur le terrain, tout en maintenant cet équilibre fragile entre rigueur budgétaire et revendications sociales.

À Lomé, la France inaugure une nouvelle vitrine diplomatique

La présence française au Togo franchit une nouvelle étape. L’Ambassade de France au Togo a officiellement inauguré ses nouveaux locaux à Lomé, dans un bâtiment désormais opérationnel qui centralise plusieurs services stratégiques.

Implanté entre le Palais de Justice de Lomé et l’Hôtel école Lébénè, le site accueille à présent les services économique, consulaire et de sécurité. Ce regroupement vise à fluidifier le fonctionnement interne de la représentation diplomatique tout en améliorant l’accueil des usagers.

 

Modernisation et visibilité

Au-delà du changement d’adresse, cette inauguration s’inscrit dans une logique de modernisation des infrastructures diplomatiques françaises en Afrique de l’Ouest. En centralisant ses services, l’ambassade entend renforcer son efficacité administrative et offrir un cadre plus adapté aux exigences contemporaines de la coopération bilatérale.

La diplomatie française au Togo ne se limite pas aux relations politiques. Elle englobe également les échanges économiques, l’accompagnement des entreprises, la délivrance des visas et la protection des ressortissants. Ce nouveau bâtiment se veut ainsi une vitrine fonctionnelle de l’engagement français dans le pays.

 

Organisation transitoire pour le public

Toutefois, les autorités diplomatiques rappellent qu’une disposition provisoire demeure en vigueur. Depuis le 19 janvier 2026, l’accueil du public à la section consulaire s’effectue par une entrée située en face de l’Hôtel école Lébénè. Cette organisation temporaire vise à faciliter la transition durant la phase d’installation complète des services.

 

Un symbole de coopération renouvelée

Dans un contexte international marqué par la redéfinition des partenariats entre l’Europe et l’Afrique, l’inauguration de ces nouveaux locaux prend également une dimension symbolique. Elle témoigne de la continuité des relations entre Paris et Lomé, fondées sur des liens historiques, économiques et culturels.

En consolidant sa présence matérielle au cœur de la capitale togolaise, la France réaffirme sa volonté de maintenir un dialogue étroit avec les autorités et les citoyens togolais. Une manière, pour la représentation diplomatique, de conjuguer proximité institutionnelle et visibilité stratégique dans un environnement régional en constante évolution.

À Kara, l’UE et la France échangent avec les universitaires togolais

La coopération internationale se joue aussi dans les amphithéâtres. Ce 13 février 2026, l’Université de Kara a accueilli deux figures de la diplomatie européenne : Gwilym Ceri Jones, ambassadeur de l’Union européenne, et Augustin Favereau, ambassadeur de France au Togo.

Plus qu’une visite protocolaire, cette rencontre s’est voulue un moment d’échanges directs avec les étudiants, notamment ceux inscrits en master au Centre d’excellence en protection durable des cultures (CePRODuC) et à l’Institut supérieur des métiers de l’agriculture (ISMA).

Université de Kara
© Université de Kara

Jeunesse et mobilité au cœur des débats

Placée sous le thème « Jeunesse, université et coopération internationale », la discussion a abordé des questions concrètes : mobilité académique, entrepreneuriat agricole, adaptation aux changements climatiques.

Dans un contexte où la formation supérieure doit s’aligner sur les réalités économiques et environnementales, les deux diplomates ont aussi insisté sur les opportunités offertes par les programmes européens et les partenariats bilatéraux. Bourses, échanges universitaires, appui aux projets innovants : autant de leviers destinés à renforcer l’employabilité des jeunes diplômés togolais.

L’accent a également été mis sur l’agro-business, secteur stratégique pour le Togo. Face aux défis climatiques, l’agriculture durable apparaît comme un chantier prioritaire, combinant innovation scientifique et résilience environnementale.

 

Un dialogue direct avec les étudiants

Par ailleurs, l’intérêt de la rencontre résidait dans son format interactif. Les étudiants ont pu interroger directement les ambassadeurs sur les conditions d’accès aux programmes de mobilité et sur les perspectives de coopération.

En partageant leurs expériences respectives, les représentants européens ont cherché à démystifier les parcours internationaux et à encourager l’ouverture académique. L’objectif : montrer que la mobilité n’est pas une fuite des talents, mais un outil de renforcement des compétences au service du développement local.

Université de Kara
© Université de Kara

Une université au centre des partenariats

La rencontre a été présidée par le professeur Boussanlègue Tchable, vice-président de l’université, représentant la présidente de l’institution. Il a salué une initiative susceptible de stimuler la motivation des étudiants et d’élargir leur compréhension des mécanismes de coopération internationale.

Au-delà de la symbolique, cette visite illustre une tendance plus large : les campus africains deviennent des espaces stratégiques pour les partenaires internationaux. En misant sur la jeunesse universitaire, l’Union européenne et la France entendent consolider une relation tournée vers la formation, l’innovation et l’adaptation aux grands défis globaux.

À Kara, le message est clair : l’avenir des relations internationales passe aussi par les salles de classe.

Togo : Investiture du Commandant Viagbo, nouveau préfet d’Assoli

Nommé au début du mois de février, le Commandant Mensah Kafui Viagbo a été officiellement investi préfet d’Assoli le jeudi 12 février 2026. À Bafilo, cette passation de charges, placée sous le signe de la « loyauté », pose les jalons d’une nouvelle ère pour cette circonscription stratégique de la région de la Kara.

En effet, le paysage administratif du nord du Togo poursuit sa mue. Ce jeudi-là, la ville de Bafilo a été le théâtre d’un rituel républicain particulièrement suivi : l’installation officielle du nouveau préfet d’Assoli. Dans une salle comble, l’officier supérieur a succédé à M. Horoumila Ouro-Gouroungou, sous l’œil vigilant du Gouverneur de la région de la Kara, le Général Komlan Adjitowou.

Préfecture d’Assoli
© Préfecture d’Assoli

Une promotion issue du sérail sécuritaire

D’abord, il convient de souligner que la nomination du Commandant Viagbo, actée en Conseil des ministres le 2 février dernier, n’est pas passée inaperçue. Dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires croissants, le choix d’un profil militaire à la tête de cette préfecture traduit clairement la volonté des autorités de conjuguer administration territoriale et vigilance sécuritaire.

À cet égard, le Général Adjitowou a rappelé la feuille de route assignée au nouvel entrant : garantir la paix et préserver la stabilité sociale. Mais au-delà du maintien de l’ordre, le préfet devra également exercer un contrôle administratif rigoureux sur les communes et les établissements publics locaux. Cette mission de tutelle constitue, en effet, un levier essentiel pour la consolidation du processus de décentralisation engagé au Togo.

Préfecture d’Assoli
© Préfecture d’Assoli

L’heure du bilan et des engagements

La cérémonie a aussi été l’occasion pour le préfet sortant, Horoumila Ouro-Gouroungou, de dresser un bilan succinct de son action. Dans une adresse empreinte de reconnaissance, il a exprimé sa gratitude au chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, tout en saluant la franche collaboration des populations d’Assoli durant son mandat.

Ensuite, dans un geste symbolique de continuité républicaine, il a transmis le témoin à son successeur, avec le souhait que les chantiers de développement amorcés connaissent une nouvelle impulsion.

De son côté, le Commandant Mensah Kafui Viagbo a adopté une posture résolument tournée vers le service public. En réaffirmant son attachement aux institutions de la République, il a pris l’engagement de travailler aux côtés de la jeunesse et des forces vives de Bafilo. Sa priorité, a-t-il laissé entendre, sera de traduire sa loyauté institutionnelle en actions concrètes au bénéfice des populations.

 

Une investiture sous le regard des notables

Par ailleurs, l’événement a mobilisé les principales figures politiques et administratives de la région. Du président du Conseil régional, Bakem Téba Blakinam, à l’honorable Bodé Idrissou Inoussa, en passant par les maires et les chefs traditionnels, la présence massive des acteurs locaux a souligné l’importance de cette transition.

Pour le maire de la commune hôte, Nouhoum Salissou Abou-Bakari, l’arrivée de cette nouvelle autorité administrative représente une opportunité. Selon lui, cette dynamique pourrait insuffler un nouvel élan à l’attractivité et au développement d’Assoli.

Au-delà du protocole, cette investiture marque une étape politique et administrative significative. Reste désormais au nouveau préfet à inscrire son action dans la durée et à répondre aux attentes d’une population attentive aux résultats.

À Lomé, l’Afrique s’attaque au fléau silencieux du plomb dans les peintures

À première vue, la peinture évoque la couleur, la rénovation, l’embellissement des villes. Mais derrière l’éclat des façades se cache parfois un danger invisible : le plomb. Les 11 et 12 février, Lomé a accueilli une rencontre régionale consacrée à l’élimination progressive de la peinture contenant ce métal lourd toxique. Autour de la table : des représentants de 23 pays africains, issus des ministères de l’Environnement et de la Santé, des organisations de la société civile et des industriels du secteur.

L’enjeu dépasse le cadre technique. Il touche à la santé publique, à l’avenir industriel du continent et à la protection des générations futures.

 

Le plomb, un risque majeur pour les enfants

Le plomb est reconnu pour ses effets délétères sur l’organisme. L’exposition, même à faible dose, peut provoquer des troubles neurologiques irréversibles, une baisse du quotient intellectuel, des difficultés d’apprentissage et des atteintes au système nerveux. Chez l’enfant, dont le corps est en plein développement, les conséquences sont particulièrement graves.

Selon les normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé, la concentration de plomb dans les peintures doit rester en dessous d’un seuil strict. Or, au Togo, près de 30 % des 27 échantillons analysés dépassent cette limite. Un chiffre qui interpelle et justifie l’urgence d’une action coordonnée.

Au-delà des habitations, le risque concerne aussi les écoles, les crèches et les aires de jeux, où les surfaces peintes peuvent devenir des sources d’exposition par ingestion de poussières ou d’écailles.

Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique
© Ministère de l’Environnement, des Ressources Forestières, de la Protection Côtière et du Changement Climatique

Une coopération africaine en construction

Pendant deux jours, les participants ont échangé sur les expériences nationales et les dispositifs réglementaires existants. L’objectif : harmoniser les normes, renforcer les mécanismes de contrôle et accompagner les fabricants vers des alternatives plus sûres.

Il ne s’agit pas seulement d’interdire, mais d’organiser une transition. « La transition vers des peintures sans plomb n’est pas une contrainte, mais une opportunité industrielle qui favorise l’innovation, la compétitivité et la création d’emplois verts, tout en protégeant ce que nous avons de plus cher : nos populations », a souligné Dimizou Koffi Aoufoh, secrétaire général du ministère togolais en charge de l’environnement.

Derrière cette déclaration, une conviction : l’abandon du plomb peut stimuler la recherche locale, moderniser les chaînes de production et renforcer la crédibilité des industries africaines sur les marchés internationaux.

 

Entre réglementation et sensibilisation

L’un des défis majeurs reste l’application effective des normes. Dans plusieurs pays africains, les cadres juridiques existent, mais les contrôles demeurent limités. Les discussions ont donc porté sur la mise en place de systèmes de surveillance plus rigoureux et sur la formation des acteurs du secteur.

Au Togo, des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer fabricants, commerçants et consommateurs des dangers liés au plomb. Car la bataille se joue aussi dans les choix quotidiens : privilégier des peintures certifiées sans plomb devient un acte de prévention.

 

Un enjeu sanitaire et économique

La problématique dépasse la simple question environnementale. Les coûts liés aux maladies provoquées par l’exposition au plomb pèsent lourdement sur les systèmes de santé et sur la productivité des pays. À long terme, investir dans des peintures sûres revient à protéger le capital humain.

En accueillant cette rencontre régionale, Lomé s’inscrit dans une dynamique continentale visant à éliminer un risque sanitaire longtemps sous-estimé. L’Afrique, confrontée à de multiples urgences, place ainsi la santé environnementale au rang de priorité stratégique.

Car derrière chaque mur fraîchement peint se joue parfois un enjeu vital : celui d’une croissance qui ne sacrifie ni la santé des enfants ni l’avenir industriel du continent.

Golfe 2 : la Saint-Valentin prend un visage économique et social

À la veille de la Saint-Valentin, l’amour s’écrit autrement à Lomé. Dans la commune de Golfe 2, la fête des amoureux dépasse les roses et les déclarations enflammées : dix couples, unis civilement entre le 9 et le 14 février, ont reçu de la part d’Ecobank un accompagnement financier pour poser les premières pierres de leur vie commune.

L’opération, menée en collaboration avec la municipalité, s’est déroulée à la mairie de Golfe 2. Au-delà du symbole, l’initiative marque une volonté claire : inscrire le mariage dans une perspective de responsabilité économique et d’autonomie budgétaire.

Saint-Valentin
© Saint-Valentin

Le mariage, un projet à structurer

Dans un pays où l’inclusion financière demeure un enjeu majeur, ce geste n’est pas anodin. Chaque couple bénéficiaire s’est vu offrir un compte prépayé individuel. Un outil simple, mais stratégique, qui permet de mieux gérer ses dépenses, d’anticiper les besoins du foyer et de bâtir progressivement une stabilité financière.

En associant la célébration de l’amour à la planification budgétaire, l’établissement bancaire met en avant une réalité souvent éludée : le mariage ne repose pas uniquement sur l’émotion. Il implique également organisation, prévoyance et discipline financière.

Ce positionnement traduit une évolution des pratiques de responsabilité sociale des entreprises au Togo. Les institutions financières ne se contentent plus d’offrir des services ; elles cherchent à accompagner les citoyens dans les étapes clés de leur existence.

Mairie de Golfe 2
© Mairie de Golfe 2

Une proximité institutionnelle assumée

Pour la municipalité, cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de rapprochement avec les administrés. Les cérémonies de mariage, moments forts dans la vie des familles, deviennent ainsi des espaces de sensibilisation et de partenariat.

En soutenant de jeunes ménages dès le premier jour de leur union, la commune renforce le lien entre institutions publiques et acteurs privés. Une manière de rappeler que le développement local repose aussi sur la solidité des cellules familiales et leur capacité à se projeter dans l’avenir.

Mairie de Golfe 2
© Mairie de Golfe 2

L’amour, mais aussi la construction

À l’heure où la Saint-Valentin est souvent réduite à un événement commercial, l’initiative déployée à Golfe 2 offre une lecture différente : aimer, c’est aussi bâtir. Bâtir un foyer, prévoir les imprévus, organiser ses ressources.

Pour les dix couples concernés, cette célébration restera sans doute associée à un double engagement : celui du cœur et celui de la responsabilité. Une manière, en somme, de rappeler que les sentiments s’épanouissent d’autant mieux qu’ils s’appuient sur des bases solides.

Visite de Nigel Short au Togo : Quel avenir pour le jeu d’échecs ?

En visite à Lomé, le directeur du développement de la FIDE a salué le dynamisme de la Fédération Togolaise des Échecs. Entre diplomatie sportive et ambition éducative, le Togo tente de transformer un loisir de niche en un véritable levier pédagogique national.

 

Le silence studieux de l’Hôtel Lébénè a laissé place, cette semaine, au cliquetis méthodique des pièces de bois sur les échiquiers. Du 9 au 14 février 2026, Lomé est l’épicentre du jeu d’échecs en Afrique de l’Ouest, accueillant une figure légendaire de la discipline : le Grand Maître britannique Nigel David Short.

Cette visite de haut niveau, qui s’inscrit dans une tournée sous-régionale, dépasse le simple cadre protocolaire. Elle vient en effet valider une stratégie audacieuse portée par la Fédération Togolaise des Échecs (FTDE) depuis 2019 : faire du « noble jeu » un pilier du système éducatif togolais.

FTDE
© FTDE

La stratégie du pion : l’éducation par le jeu

Pour Nigel Short, l’avenir du jeu ne se joue pas seulement dans les clubs feutrés, mais dans les salles de classe. Ainsi, le directeur de la Fédération Internationale des Échecs (FIDE) a exprimé un soutien appuyé au Programme d’Introduction et de Vulgarisation du jeu d’échecs dans l’Éducation (PIVE).

L’argumentaire est scientifique autant que pédagogique. En République Démocratique du Congo, des études ont déjà démontré que la pratique des échecs facilite l’apprentissage des mathématiques et des sciences grâce à la rigueur logique qu’elle impose.

« Le jeu d’échecs apprend aux jeunes à prendre des décisions réfléchies et à anticiper des solutions face aux difficultés », souligne le Grand Maître, y voyant un remède efficace contre la distraction ambiante.

 

Un défi de masse pour le Togo

Malgré cette ambition, le chemin reste escarpé. Sur une population de plus de huit millions d’habitants, le Togo ne compte officiellement que 500 pratiquants, dont à peine 10 % ont déjà goûté à la compétition internationale.

Pour inverser la tendance, la FTDE, sous la direction de Me N’djellé Abby-Edah, mise sur une véritable politique de proximité, articulée autour de trois axes :

  • Formation des enseignants : des professeurs d’éducation physique sont initiés pour transmettre la discipline aux élèves.
  • Ciblage scolaire : chaque année, 1 000 élèves – dont 500 filles et 500 garçons – découvrent le jeu.
  • Matériel pédagogique : Distribution de manuels et d’échiquiers dans les établissements.

FTDE
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Diplomatie et démonstration de force

Le séjour de Nigel Short a également été marqué par des échanges politiques intenses avec le Dr Abdul-Fahd Fofana, ministre délégué aux Sports, et M. Isaac Tchiakpé, ministre du Tourisme et de la Culture. Ces rencontres visent à ancrer durablement la discipline dans le paysage institutionnel togolais.

Sur le plan technique, le Grand Maître a fait étalage de son génie lors d’une séance de « simultanée ». Face à vingt joueurs locaux déterminés, l’expert international a réalisé un sans-faute, remportant toutes les parties, confirmant ainsi que si le talent est présent au Togo, le travail de concert avec la FIDE reste la clé pour voir, un jour, émerger un Grand Maître togolais.

Alors que Nigel Short quittera Lomé ce week-end après un dernier débriefing avec le comité exécutif de la FTDE, le message reste clair : le talent peut se trouver « dans le village le plus pauvre du Togo », à condition qu’on lui donne l’échiquier pour s’exprimer.