Togo-Japon : Prospection stratégique de la JETRO à la zone industrielle d’Adétikopé

Le Togo continue de faire les yeux doux aux puissances économiques asiatiques. En effet, ce mercredi 28 janvier, la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA), poumon industriel du pays situé au nord de Lomé, a reçu une délégation de la JETRO, l’organisation japonaise du commerce extérieur. Une visite de prospection qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour l’industrie togolaise.

C’est une délégation d’experts très observateurs qui a foulé ce matin le sol de la PIA. Guidés par l’administrateur général de l’Autorité de coordination, le lieutenant-colonel Idiola Sandah, les représentants de la JETRO ont scruté chaque mètre carré des infrastructures logistiques et industrielles de ce complexe géant.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Le modèle togolais sous l’œil de Tokyo

Pour le gouvernement togolais, l’enjeu est de taille : convaincre le Japon que le Togo n’est plus seulement un pays de transit, mais un hub de transformation. La délégation nippone a pu découvrir le modèle opérationnel de la plateforme, qui combine également zone franche, port sec et unités de transformation (textile, soja, bois).

Par ailleurs, les échanges ont porté sur l’identification des secteurs « gagnant-gagnant ». Le Japon, connu pour sa rigueur technologique et ses investissements ciblés, cherche des points d’ancrage stables en Afrique de l’Ouest. La PIA, avec ses avantages fiscaux et sa proximité avec le port de Lomé, semble aussi cocher plusieurs cases.

ACP - Autorité de Coordination de la PIA
© ACP - Autorité de Coordination de la PIA

Préparer l’arrivée des géants industriels

Mais cette visite n’est qu’un prélude. L’objectif avoué de la JETRO est de défricher le terrain pour une future délégation d’opérateurs économiques japonais de premier plan. « Nous préparons l’accueil des investisseurs en identifiant précisément où le savoir-faire japonais peut s’insérer dans la chaîne de valeur togolaise », indique-t-on du côté de l’administration de la plateforme.

Pour Lomé, attirer le Japon est une victoire diplomatique et économique. Cela permet aussi de diversifier les sources d’investissements étrangers, actuellement dominées par des acteurs indiens et singapouriens. Si les discussions aboutissent, de nouveaux partenariats industriels pourraient voir le jour dès cette année, renforçant la souveraineté économique du pays.

Université de Lomé : Formation agricole avec le projet CHAIN et la Roumanie

À l’Université de Lomé, la rentrée académique 2026 est placée sous le signe de l’internationalisation. En effet, ce mercredi 28 janvier, le campus vit au rythme du projet CHAIN. Des étudiants en agronomie, en sciences et en technologies participent à un workshop intensif animé par des experts venus de Roumanie. L’objectif est de repenser la chaîne de valeur agricole togolaise à l’aune des standards européens.

Dans les salles de conférence de l’Université de Lomé, l’ambiance est studieuse et cosmopolite. Face à un public composé d’étudiants en Licence, Master et Doctorat, deux invités de marque ont pris la parole : les professeurs Andrei Mihai Gafenou et Dan Bodescu. Arrivés tout droit de l’Université des sciences de l’environnement et de la vie de Wroclaw, en Roumanie, ces experts partagent un savoir-faire précieux dans le cadre du projet CHAIN.

Université de Lomé
© Université de Lomé

Le modèle roumain comme source d’inspiration

La session a débuté par un tour d’horizon de l’agriculture roumaine, un secteur qui a su se moderniser rapidement ces dernières années. Ainsi, le professeur Gafenou a exposé les spécificités de ce modèle, avant de laisser la place au professeur Bodescu pour un volet plus technique : l’économie de la chaîne de valeur.

Pour les étudiants de l’École Supérieure d’Agronomie (ESA), de l’École Supérieure des Techniques Biologiques et Alimentaires (ESTBA) et de la Faculté des Sciences (FDS), l’enjeu est de taille. En effet, il s’agit de comprendre comment transformer une production agricole brute en une véritable industrie créatrice de richesse.

Université de Lomé
© Université de Lomé

L’innovation au cœur de la formation

Pour le professeur Agnassim Banito, coordinateur du projet CHAIN, cette rencontre est bien plus qu’un simple cours magistral. C’est un espace de réflexion destiné à stimuler l’innovation locale. « Cette formation est une opportunité unique pour mettre vos compétences au service de solutions concrètes », a-t-il martelé à l’endroit des participants.

En somme, en multipliant ces partenariats académiques avec des institutions européennes, l’Université de Lomé confirme son ambition de devenir un hub de recherche appliquée en Afrique de l’Ouest. En connectant ses étudiants aux réalités du marché international, l’institution espère aussi former une nouvelle génération d’agrobusinessmen capables de relever les défis de la souveraineté alimentaire au Togo.

Le Rwanda poursuit Londres pour rupture de contrat financier

Le divorce est désormais consommé entre le Rwanda et le Royaume-Uni. Après l’abandon politique du projet d’expulsion de migrants par le gouvernement de Keir Starmer, l’affaire se déplace sur le terrain judiciaire. Kigali a annoncé l’ouverture de poursuites contre Londres pour récupérer les fonds non versés d’un accord jugé « mort et enterré » par les Britanniques.

C’est un bras de fer financier qui s’engage. En effet, les autorités rwandaises ont officiellement saisi un tribunal arbitral pour réclamer le versement du solde de l’accord migratoire signé en 2022. Sur les 290 millions de livres sterling (environ 340 millions d’euros) prévus initialement, Londres a déjà versé 240 millions. Mais Kigali exige aujourd’hui les 50 millions restants, estimant que les discussions diplomatiques sont dans l’impasse.

 

Un projet « mort et enterré »

Pour le Premier ministre britannique Keir Starmer, arrivé au pouvoir avec la promesse de mettre fin à ce qu’il qualifie de « gadget coûteux », ce sujet n’est plus d’actualité. En effet, le locataire du 10 Downing Street rappelle que la Cour suprême britannique avait déjà porté un coup fatal au projet en 2023, le jugeant illégal au regard du droit international.

Côté britannique, on invoque la protection de l’argent des contribuables pour justifier l’arrêt des paiements. Mais pour le gouvernement de Paul Kagame, l’annulation unilatérale du contrat ne dispense pas Londres de ses engagements financiers contractuels.

 

Des relations sous haute tension

Ce contentieux financier ne révèle que la face émergée d’une dégradation plus profonde des relations bilatérales. Au-delà de la question migratoire, Londres a récemment durci le ton en réduisant son aide au développement vers Kigali.

En cause : le soutien présumé du Rwanda à la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ce mélange de griefs sécuritaires et de litiges financiers plonge le partenariat entre les deux pays dans une crise sans précédent, dont l’issue se jouera désormais devant des arbitres internationaux.

Togo : Le maire de Vo 2 mobilise diaspora et maraîchers pour le développement

Au lendemain d’une série de rencontres marathon, le maire de la commune Vo 2, Dominique Godfroy Tomega, dessine les contours d’une nouvelle gouvernance locale. En effet, le mardi 27 janvier, l’édile a réuni tour à tour la diaspora, les géomètres et les maraîchers. L’objectif : transformer le potentiel de cette localité du sud-Togo en moteur économique durable.

C’est une méthode que Dominique Godfroy Tomega veut participative. Pour le maire de Vo 2, le développement de la commune ne se fera pas en vase clos. En recevant les représentants de la diaspora de Vo, l’élu a posé la première pierre d’un « mécanisme de collaboration étroite ». Il ne s’agit plus seulement de solliciter des transferts de fonds ponctuels, mais d’impliquer directement les natifs de la commune installés à l’étranger dans les initiatives de croissance locale.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

Sécuriser le foncier pour rassurer les investisseurs

Le foncier, souvent source de tensions en milieu rural, a également occupé le cœur des échanges. Face aux géomètres-topographes, le maire a affiché une fermeté pragmatique. L’idée est de bâtir une collaboration solide pour garantir la sécurité foncière et prévenir les litiges qui freinent trop souvent les projets.

Un point crucial a été soulevé : le recensement systématique des réserves administratives. Une étape indispensable pour identifier les terres disponibles et les dédier à une exploitation rationnelle, notamment au profit des cultures maraîchères.

Commune Vo2 Mairie de Togoville
© Commune Vo2 Mairie de Togoville

L’agriculture, fer de lance de l’économie locale

Dernier volet de cette journée de concertation : le dialogue avec les maraîchers. Véritables piliers de la sécurité alimentaire dans la région, ces producteurs attendent de la municipalité un soutien qui dépasse le simple cadre institutionnel.

Le maire s’est engagé sur trois axes :

  • La structuration : aider la filière à mieux s’organiser pour peser davantage.
  • La technique : renforcer les capacités des producteurs pour améliorer les rendements.
  • L’accès au marché : faciliter l’écoulement des produits vers les centres urbains.

À travers cette dynamique inclusive, la mairie de Vo 2 souhaite créer un cadre propice où chaque acteur, qu’il soit sur place ou à l’étranger, devient un partenaire du développement. Pour Dominique Tomega, ce dialogue permanent constitue désormais le socle d’un développement harmonieux pour la commune.

Lomé : La mairie du Golfe 5 offre 250 tables-bancs aux écoles publiques

Améliorer les conditions d’apprentissage pour garantir une éducation de qualité. C’est l’objectif affiché par la mairie du Golfe 5, à Lomé. À cette effet, le mardi 27 janvier, le maire Kossi Agbenyega Aboka a remis un lot de 250 tables-bancs à une dizaine d’écoles primaires publiques de sa juridiction. Une opération financée par les recettes locales pour répondre à l’urgence du terrain.

Dans la cour de l’École Primaire Publique de Soviépé, l’ambiance était à la fête mardi. En effet, sous les yeux des élèves et du corps enseignant, les rangées de tables-bancs flambant neuves ont été officiellement réceptionnées par les autorités scolaires. Pour le maire du Golfe 5, cet investissement n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue.

Mairie d'Aflao Gakli
© Mairie d'Aflao Gakli

« Une nation sans éducation est une nation aveugle »

Entouré de ses adjoints et des conseillers municipaux, Kossi Agbenyega Aboka a rappelé le crédo de sa municipalité : l’éducation est le socle du développement. « Une nation sans éducation est une nation aveugle et sans avenir », a-t-il martelé, tout en inscrivant cette action dans la politique nationale de l’éducation pour tous portée par le chef de l’État.

 

Mais au-delà du symbole, le maire a tenu à également souligner l’origine des fonds. Ces 250 tables-bancs sont le fruit direct du civisme fiscal des administrés. Un message pédagogique adressé aux parents d’élèves : c’est en payant les taxes municipales que la commune peut aussi financer les infrastructures de demain.

Mairie d'Aflao Gakli
© Mairie d'Aflao Gakli

Un ouf de soulagement pour les enseignants

Pour les responsables de l’Inspection des enseignements primaire et préscolaire de Lomé-Sud, ce don vient combler un vide criant. Dans certaines classes, le manque de mobilier obligeait parfois les élèves à se serrer, nuisant ainsi à la concentration et à la qualité de l’enseignement.

L’inspecteur Dosseh Kplowodokpo, tout comme la présidente du Comité de développement du quartier (CDQ), a salué cet acte qui « comble une grande partie des attentes ». Toutefois, le défi reste de taille dans une commune en pleine expansion démographique, où les besoins en salles de classe et en équipements sportifs demeurent importants. Le maire a d’ailleurs conclu la cérémonie en exhortant les bénéficiaires à prendre soin de ce matériel, pour que les générations suivantes puissent également en profiter.

Togo : Enseignement supérieur et AOCTAH s’allient pour la recherche appliquée

Comment sortir les étudiants togolais de la théorie pour les plonger dans le concret du marché régional ? C’est tout l’enjeu de l’audience accordée le mardi 27 janvier par le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur, le professeur Gado Tchangbedji, à une délégation de l’AOCTAH. Au cœur des discussions : un partenariat inédit pour professionnaliser les cursus agricoles et économiques.

Réduire le fossé entre les amphithéâtres et les postes de douane. En effet, l’initiative vient de l’Association Ouest-Africaine du Commerce Transfrontalier (AOCTAH), une organisation reconnue par la Cédéao qui structure les flux de produits alimentaires, pastoraux et halieutiques dans la sous-région. Son secrétaire permanent, Justin Matitoma Motchosso, est venu proposer au gouvernement togolais une immersion directe des étudiants dans les rouages du commerce transfrontalier.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

De la recherche appliquée au terrain

Par ailleurs, l’idée défendue lors de cette rencontre est pragmatique : transformer les futurs diplômés en acteurs du développement agricole. Le projet repose sur trois piliers :

  • L’immersion totale : l’accueil massif d’étudiants en stages pratiques au sein des réseaux de l’AOCTAH.
  • La recherche-action : orienter les thèses et mémoires vers des solutions innovantes pour fluidifier les échanges aux frontières.
  • La structuration des filières : utiliser l’expertise académique pour mieux organiser les chaînes de valeur agricoles.

Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur
© Ministère délégué, chargé de l’Enseignement Supérieur

Lomé et Kara en première ligne

Le ministre Gado Tchangbedji n’a pas tardé à tracer une feuille de route claire. Il appelle désormais l’AOCTAH à formaliser des accords avec les poids lourds de l’enseignement public. Sont notamment visés les facultés d’économie (FASEG) et d’agronomie (ESA) de l’Université de Lomé, ainsi que l’Institut Supérieur des Métiers de l’Agriculture (ISMA) de Kara.

Pour le ministre délégué, cette « professionnalisation » de l’enseignement supérieur est un levier stratégique. Dans un Togo qui mise sur sa position de hub logistique et sur sa transformation agricole, l’étudiant doit en effet devenir un expert capable de répondre aux réalités économiques locales. Ainsi, en soutenant cette synergie, le ministère espère non seulement doper l’employabilité des jeunes, mais aussi renforcer la souveraineté alimentaire du pays par une meilleure maîtrise des circuits de distribution ouest-africains.

Togo : Komi Selom Klassou reçoit la directrice de Plan International

Au Togo, la protection de l’enfance et l’égalité des genres s’invitent au sommet de l’État. En effet, le Président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a reçu le mardi 27 janvier la directrice générale de Plan International, Reena Ghelani. Une visite officielle de trois jours qui vise à sceller un partenariat législatif et social renforcé en faveur des plus vulnérables.

Dans les salons feutrés de l’Assemblée nationale, l’ambiance était à la convergence des vues. Pour sa première visite officielle à Lomé depuis sa prise de fonction en 2025, Reena Ghelani n’est pas venue les mains vides. La patronne de l’organisation humanitaire, forte de 25 ans d’expérience sur les terrains de crise, souhaite aligner les programmes de son ONG sur les priorités de la « Feuille de route Togo 2025 ».

Assemblée nationale
© Assemblée nationale

L’éducation, rempart contre les violences

Ainsi, au cœur des échanges : le maintien des filles à l’école. Pour Plan International, présent au Togo depuis plus de 40 ans, l’éducation reste l’arme la plus efficace contre les violences basées sur le genre (VBG).

« Nous voulons nous assurer que chaque enfant, fille comme garçon, puisse bénéficier d’une éducation de qualité dans un environnement protecteur », a martelé Reena Ghelani à la sortie de l’audience.

Assemblée nationale
© Assemblée nationale

Le Parlement comme bouclier législatif

De son côté, le professeur Komi Selom Klassou a rappelé le rôle stratégique du Parlement. Au-delà des discours, c’est par le vote de lois de protection et le contrôle de l’action gouvernementale que les droits des enfants s’inscrivent également dans la durée. L’Assemblée nationale togolaise se positionne ainsi comme un partenaire clé pour transformer les initiatives de terrain en politiques publiques solides.

La directrice générale a salué un gouvernement « convivial » et ouvert au dialogue, précisant aussi que Plan International travaille déjà activement sur les enjeux de santé et d’autonomisation économique. Avec cette visite, l’ONG espère porter un coup d’accélérateur à ses projets de lutte contre les mariages forcés et les discriminations, pour que l’égalité fille-garçon ne soit plus un horizon lointain, mais une réalité législative et sociale au Togo.

Togo : à la Kéran, le « pont du développement » prend forme

Dans le nord du Togo, le chantier du pont métallique sur la rivière Kéran entre dans sa phase finale. En effet, le 26 janvier, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, s’est rendu sur place pour inspecter cet ouvrage stratégique. Un investissement de plus de 2 milliards de francs CFA qui promet de transformer l’économie locale et de briser l’isolement de plusieurs communes.

C’est un géant d’acier et de béton qui s’élance désormais au-dessus de la rivière Kéran. Long de 102 mètres, ce pont modulaire de type « Unibridge » est l’une des pièces maîtresses du programme national visant à doter le pays de 21 ouvrages de franchissement modernes.

Sur le terrain, le Président du Conseil a pu constater que le plus dur est fait : les fondations et les appuis en génie civil sont terminés. Les ouvriers s’activent désormais à la pose de la charpente métallique, une structure de haute technologie conçue pour durer.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Relier le Koutammakou au reste du pays

L’enjeu de ce chantier, chiffré à 2,2 milliards de francs CFA, dépasse la simple ingénierie. En reliant l’axe Kantè-Nadoba, le pont va enfin connecter de façon permanente les communes de Kéran 1 et Kéran 3. Pour les localités de Koutammakou — site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO — et de Nadoba, c’est la fin d’un calvaire saisonnier où les crues de la rivière coupaient tout accès au chef-lieu.

« Nos doléances sont parvenues au chef de l’État », se réjouit Watékou Waté, un riverain rencontré sur place. Pour ce commerçant, le pont signifie un accès facilité aux marchés et une circulation plus sûre des marchandises.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une stratégie nationale de connectivité

Le député Yaka Karango, présent lors de la visite, a salué une infrastructure qui va « dynamiser les territoires ». De fait, le pont de la Kéran n’est pas un cas isolé. Partout au Togo, le gouvernement accélère la cadence : sur les 21 ponts prévus à l’échelle nationale, plusieurs sites affichent déjà un taux de réalisation supérieur à 80 %.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une fois les équipements de sécurité et les travaux de protection finalisés, cet ouvrage de 11 mètres de large ouvrira une nouvelle voie royale pour le commerce transfrontalier et le tourisme dans le nord-Togo. Par cette visite, Faure Gnassingbé franchit une étape supplémentaire dans sa politique de « développement inclusif », afin de ne laisser aucune région au bord de la route.

Togo : Faure Gnassingbé au Centre de mécanisation agricole de Tchitchao

À Tchitchao, dans le nord du pays, le chantier du Centre régional de mécanisation agricole (CRMA) entre dans sa phase finale. Le président Faure Gnassingbé s’est rendu sur place le lundi 26 janvier pour constater l’avancement de ce projet phare, pilier de la stratégie de modernisation de l’agriculture togolaise. Un investissement de près de 2 milliards de francs CFA qui doit en effet transformer le quotidien des exploitants.

C’est un vaste complexe de trois hectares qui sort de terre à Tchitchao. Près de trois ans après le lancement des travaux lors du Forum national des producteurs agricoles (FoPAT), le site affiche un visage quasi définitif. Clôtures terminées, ateliers mécaniques et blocs administratifs déjà sortis de terre : le centre est désormais prêt à accueillir ses premiers équipements.

Présidence du Conseil du Togo
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La mécanisation comme levier de productivité

Avec un investissement global de 1,8 milliard de francs CFA (hors taxes), l’État togolais ne lésine pas sur les moyens. L’objectif est limpide : passer d’une agriculture de subsistance à une production extensive et moderne. Le centre ne se contentera pas de stocker des machines ; il abritera aussi une salle de formation et de simulation, déjà achevée à 90 %, pour familiariser les agriculteurs aux nouvelles technologies.

Pour les producteurs de la région, ce centre promet un accès direct à des services de labour, de récolte et de maintenance, réduisant ainsi la pénibilité du travail et les pertes post-récolte.

Présidence du Conseil du Togo
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Un maillage national en préparation

Tchitchao n’est que la première étape d’un plan plus vaste. Le gouvernement ambitionne d’implanter également un CRMA dans chaque région du pays pour garantir un accès équitable à la mécanisation. Le deuxième chantier de cette série est d’ailleurs déjà lancé dans la région des Plateaux-Ouest.

Présidence du Conseil du Togo
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Santé et agriculture : un agenda social serré

Avant de rejoindre les hangars de Tchitchao, le chef de l’État a fait escale à Kantè, dans la préfecture de la Kéran. Une visite consacrée cette fois à la santé, pour inspecter les travaux de réhabilitation du Centre hospitalier préfectoral (CHP).

Au cœur des discussions : le projet de Soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU). En couplant ainsi modernisation agricole et renforcement des infrastructures de santé, Faure Gnassingbé réaffirme les deux axes prioritaires de sa « feuille de route 2025 » : la sécurité alimentaire et l’accès aux soins de proximité.

Togo : Vente aux enchères nationale de bois saisi pour lutter contre le trafic

Le ministère de l’Environnement lance, ce lundi 26 janvier, une vaste opération de vente publique de bois saisis lors de contrôles contre l’exploitation illégale. Une initiative qui vise autant à renflouer les caisses de l’État qu’à marquer les esprits dans la lutte contre la déforestation.

C’est une caravane d’un genre particulier qui s’élance ce lundi à travers les cinq régions du Togo. Durant dix jours, une délégation du ministère de l’Environnement et des Ressources forestières va sillonner le pays pour vider les dépôts où s’entassent des mètres cubes de bois saisis. En effet, le ministère vendra aux enchères publiques ces essences, arrachées illégalement à la forêt togolaise, sous la supervision directe du ministre de tutelle, le professeur Dodzi Kokoroko.

Une traçabilité retrouvée

L’opération, qui s’achèvera le 5 février, poursuit un triple objectif. Le gouvernement liquide d’abord les preuves matérielles d’un trafic qui, bien que contenu, continue de fragiliser le couvert forestier national. Il réinjecte ensuite ces produits dans le circuit légal afin de générer des recettes pour le Trésor public. Enfin, il offre aux artisans et aux entreprises locales une ressource dont la provenance est désormais certifiée par l’État.

Le calendrier de la tournée, millimétré, traverse les zones de forte pression forestière : des plateaux d’Agou et du Kloto dès le 29 janvier, jusqu’aux savanes de Tandjouaré début février. Dans chaque préfecture, la vente aux enchères se veut un exercice de transparence, loin de l’opacité qui entoure parfois la gestion des saisies administratives.

« L’illégalité ne paie plus »

Au-delà de l’aspect comptable, cette initiative porte un message politique fort. Dans un pays qui s’est fixé l’ambitieux objectif de planter un milliard d’arbres d’ici à 2030, l’État traite désormais le pillage des ressources ligneuses comme un délit majeur contre la sûreté environnementale.

« À travers cette opération, le gouvernement veut montrer que l’exploitation forestière illégale ne paie plus », indique-t-on au ministère. Pour les autorités, l’enjeu est de transformer une perte écologique en un gain civil, tout en rappelant aux réseaux de trafiquants que le bois confisqué finit, systématiquement, par leur échapper au profit de la collectivité.