Lomé : Le corps d’un quadragénaire repêché à Tokoin Doumasséssé

Ce mardi 3 mars 2026, la capitale togolaise s’est réveillée avec une cicatrice de plus. La découverte d’un corps dans le bassin de rétention jouxtant l’Université de Lomé ; elle pose la question brûlante de la sécurisation des infrastructures hydrauliques au cœur de nos cités.

 

L’aurore n’avait pas encore totalement chassé l’obscurité sur le quartier Tokoin Doumasséssé quand l’alerte a été donnée. Entre l’enceinte universitaire et l’emblématique bar « 3 K », une zone de fort passage quotidien, le paysage habituel a laissé place à un périmètre de sécurité de la police nationale. Au centre des regards : le bassin de rétention d’eau pluviale, transformé en tombeau à ciel ouvert.

Une enquête sous haute tension

Selon les premières informations recueillies, la victime est un homme dont l’âge environne la quarantaine. Malgré que les équipes de l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) aient rapidement extrait le corps des eaux, le mystère reste entier quant aux circonstances du drame.

Par ailleurs, la piste de l’accident est sérieusement envisagée. La zone, dépourvue de barrières de protection adéquates, représente un piège mortel, surtout en période de faible visibilité. D’autre part, les autorités n’excluent aucune hypothèse, de l’acte criminel au malaise fatal, en attendant les résultats de l’autopsie. Pour l’heure, l’identité de cet homme demeure protégée par le sceau de l’enquête judiciaire en cours.

Au-delà du drame : le procès des « points noirs » urbains

Si l’émotion est vive chez les riverains et les étudiants qui arpentent ces sentiers chaque jour, ce drame soulève une problématique structurelle que connaissent bien les métropoles africaines, de Lomé à Cotonou : la cohabitation dangereuse entre populations et bassins de drainage.

Conçus pour réguler les eaux et prévenir les inondations dévastatrices, ces réservoirs deviennent trop souvent des zones de non-droit sécuritaire.

  • Absence de signalétique : aucun panneau ne prévient du danger d’envasement ou de chute.
  • Déficit d’éclairage : la nuit, ces cuvettes deviennent invisibles pour les passants.
  • Manque de clôtures : L’accès reste libre, exposant enfants et adultes à des risques constants.

« On ne peut plus se contenter de creuser des trous pour l’eau sans penser aux humains qui vivent autour », s’indigne un habitant du secteur, témoin de l’évacuation du corps.

 

Un appel à la vigilance et à l’action publique

Ce décès est un sinistre rappel à l’ordre pour les services de l’urbanisme. Alors que les populations attendent les conclusions de la police pour mettre un nom sur ce visage, une question persiste : combien de tragédies similaires faudra-t-il pour que la sécurisation périmétrale de ces sites devienne une priorité budgétaire ?

À Tokoin Doumasséssé, le calme est revenu, mais l’amertume, elle, reste stagnante, à l’image des eaux du bassin.

Togo–Biélorussie : diplomatie d’équilibre ou pari stratégique ?

À l’invitation de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères du Belarus, Maxim Ryzhenkov, effectue du 1ᵉʳ au 3 mars 2026 une visite officielle à Lomé. Une première dans l’histoire des relations bilatérales entre les deux pays.

Si l’événement peut sembler un exercice diplomatique, il s’inscrit en réalité dans un contexte international sous haute surveillance. Car la Biélorussie, dirigée par Alexandre Loukachenko, est considérée comme le plus proche allié de la Russie de Vladimir Poutine. Dès lors, la question s’impose : que signifie ce rapprochement pour Lomé ?

Ministère des Affaires Etrangères
© Ministère des Affaires Etrangères

Une coopération naissante, mais assumée

Cette visite fait suite à une première prise de contact en septembre dernier, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Quelques mois plus tard, les échanges se concrétisent par la signature de deux textes : un mémorandum d’entente encadrant la coopération bilatérale et un accord d’exemption de visas pour les passeports diplomatiques et de service.

Sur le plan formel, ces instruments ouvrent la voie à une intensification des échanges politiques et administratifs. Mais au-delà des symboles, ils traduisent une volonté commune d’explorer de nouveaux partenariats économiques.

Les secteurs évoqués – industrie et agriculture – correspondent à des priorités stratégiques pour le Togo. Modernisation des chaînes de production, mécanisation agricole, transfert de technologies : Minsk dispose d’un savoir-faire industriel hérité de l’ère soviétique, notamment dans la fabrication d’équipements et de machines agricoles. Reste à savoir si ces promesses se traduiront par des investissements tangibles.

Non-alignement ou redéfinition des alliances ?

Depuis plusieurs années, Lomé revendique une diplomatie dite de « diversification », évitant les logiques de blocs. Dans un monde fragmenté par les rivalités entre puissances occidentales et axes eurasiens, le Togo semble opter pour une posture pragmatique.

Cependant, ce positionnement soulève des interrogations. Entretenir des relations avec Minsk, dans un contexte de sanctions internationales visant le régime biélorusse, expose-t-il le pays à des pressions indirectes ? Ou s’agit-il au contraire d’un signal fort affirmant l’indépendance diplomatique togolaise ?

La démarche n’est pas isolée. Plusieurs États africains multiplient aujourd’hui les partenariats hors des circuits traditionnels, cherchant à élargir leur marge de manœuvre stratégique.

Ministère des Affaires Etrangères
© Ministère des Affaires Etrangères

Togo–Biélorussie : une coopération encore embryonnaire

Il convient toutefois de relativiser la portée immédiate de cette visite. Les échanges économiques entre Lomé et Minsk restent modestes. Aucun volume d’investissement majeur n’a, pour l’instant, été annoncé.

En ce sens, la séquence actuelle relève davantage d’une phase exploratoire que d’un basculement géopolitique. Les prochaines étapes – missions économiques, projets pilotes, contrats sectoriels – seront déterminantes pour mesurer la profondeur réelle du partenariat.

Entre opportunité économique et vigilance politique

En définitive, la visite de Maxim Ryzhenkov à Lomé dépasse la simple signature d’accords techniques. Elle illustre la volonté du Togo d’élargir son horizon diplomatique dans un environnement international en recomposition.

Mais une interrogation demeure : jusqu’où peut aller la diversification sans brouiller les équilibres traditionnels ?

Pour Lomé, l’enjeu sera de transformer ce rapprochement en levier de développement concret, tout en préservant sa crédibilité sur la scène internationale. Car en diplomatie, chaque poignée de main raconte une histoire — et parfois, elle en annonce d’autres.

Togo : Patrice Neveu sélectionneur des Éperviers

Le feuilleton aura tenu Lomé en haleine jusqu’au bout. Après le rendez-vous manqué du vendredi dernier, le technicien français Patrice Neveu a officiellement paraphé son contrat ce lundi 2 mars 2026. En s’engageant pour trois ans, l’ancien sélectionneur du Gabon accepte une mission : sortir le football togolais de sa léthargie et restaurer l’aura de l’équipe nationale.

L’épisode du « siège vide » au stade de Kégué n’est plus qu’un mauvais souvenir. En effet, ce lundi, l’ambiance était tout autre au siège de la Fédération togolaise de football (FTF). Sous le regard du colonel Guy Kossi Akpovy et du ministre délégué en charge des Sports Abdul Fahd Fofana, Patrice Neveu a officiellement scellé son destin à celui du Togo. À 70 ans, le « vieux routier » des bancs de touche africains entame ce qu’il considère comme l’un de ses plus beaux défis.

La feuille de route ambitieuse du gouvernement

Au-delà de la simple signature, cette cérémonie a permis aux autorités de fixer le cap. Le ministre Abdul Fahd Fofana n’a pas utilisé de détour pour exposer les attentes du sommet de l’État : le Togo veut retrouver le gotha ​​du football africain.

En effet, le ministre a prévu une feuille de route sans équivoque au nouveau patron des Éperviers. « Notre ambition est claire : redonner au Togo sa place sur la scène continentale et internationale », a-t-il martelé. Pour le gouvernement, le recrutement de Neveu doit sonner la fin de l’à-peu-près. Le ministre compte également sur l’expertise du Français pour « fédérer les talents et insuffler une nouvelle dynamique » à un public qu’il dit « profondément attaché à son équipe nationale »

Rigueur et fin de l’improvisation

De fait, cette volonté politique exige un changement de paradigme sur le terrain. Patrice Neveu semble avoir reçu le message cinq sur cinq. Dès ses premières déclarations, le nouveau patron des Éperviers a affiché une détermination sans faille. Loin des promesses illusoires, Patrice Neveu mise sur une recette qu’il a déjà appliquée en Guinée, en Mauritanie ou encore en RD Congo : la discipline.

« Il n’y aura pas de place pour l’improvisation », a martelé le technicien français.

Pour lui, le potentiel du réservoir togolais est une réalité, mais il nécessite un cadre de travail strict. Le message est envoyé aux joueurs : seul le respect scrupuleux des consignes collectives et l’amour du maillot garantiront une place dans son effectif.

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Un projet sur le long terme pour retrouver l’éclat de 2006

D’ailleurs, le choix d’un contrat de trente-six mois témoigne d’une volonté de stabiliser une sélection trop souvent abonnée aux solutions d’urgence. Patrice Neveu appelle à la patience et à une union sacrée derrière son projet.

Par conséquent, l’objectif à peine voilé des autorités sportives est de renouer les Éperviers avec leur passé glorieux : l’épopée de 2006. Pour y parvenir, le Français annonce que les performances primeront sur les statuts, ouvrant ainsi largement les portes de la sélection aux talents du championnat local.

Une diplomatie avec les médias et les supporters

Conscient de l’attente fébrile du public sportif, Patrice Neveu a également tendu la main aux médias. En prônant une relation basée sur la « transparence et la vérité », il cherche à instaurer un climat de sérénité autour de son groupe.

En définitive, le temps des signatures est désormais clos. Patrice Neveu doit maintenant s’attaquer au chantier du terrain. Les supporters, qui n’attendent qu’une étincelle pour s’enflammer de nouveau, scruteront à la loupe sa première liste de convoqués.

Togo : 2e en Afrique pour l’égalité économique hommes-femmes

Lomé confirme son ascension sur la scène continentale. Le dernier rapport Women, Business and the Law 2026 du Groupe de la Banque mondiale place le Togo au deuxième rang africain en matière d’égalité des droits économiques entre hommes et femmes. Avec un score de 79,33 points sur 100, le pays devance plusieurs grandes économies du continent et se positionne en tête au sein de la CEDEAO et de l’UEMOA.

 

Une performance qui dépasse le symbole

Publié par la Banque mondiale, le rapport Women, Business and the Law 2026 évalue les cadres juridiques nationaux qui encadrent la participation des femmes à la vie économique : accès à l’emploi, mobilité, rémunération, entrepreneuriat, protection sociale ou encore retraite.

Ainsi, en se hissant à la deuxième place africaine, le Togo ne signe pas seulement une performance statistique. Il confirme surtout la cohérence d’un agenda réformateur engagé depuis plusieurs années.

En effet, derrière ce score se cache une dynamique législative soutenue : modernisation du code des personnes et de la famille, amélioration des dispositifs de protection sociale et renforcement des mécanismes d’inclusion financière. Autrement dit, le pays transforme progressivement ses textes en leviers de transformation sociale.

 

Un leadership régional assumé

Plus significatif encore, Lomé arrive en tête des pays de la CEDEAO et de l’UEMOA sur cet indicateur stratégique. Dans une sous-région où les défis liés à l’autonomisation économique des femmes restent nombreux, cette position confère au Togo un rôle de référence.

D’une part, cette reconnaissance internationale renforce la crédibilité du pays auprès des partenaires techniques et financiers. D’autre part, elle consolide l’attractivité du climat des affaires, dans un contexte où les investisseurs sont de plus en plus attentifs aux critères de gouvernance et d’inclusion.

Il convient également de rappeler que l’égalité économique ne constitue pas uniquement une question de justice sociale. Selon les experts de la Banque mondiale, la réduction des inégalités de genre pourrait significativement accroître la croissance économique des pays africains. En ce sens, la performance togolaise s’inscrit dans une logique de compétitivité à long terme.

Présidence du Conseil du Togo
© Présidence du Conseil du Togo

Une stratégie politique assumée

Cette progression n’est pas le résultat de la chance. Depuis plusieurs années, les autorités togolaises ont multiplié les initiatives visant à favoriser l’autonomisation des femmes, notamment à travers l’accès au financement, l’appui à l’entrepreneuriat féminin et l’inclusion dans les chaînes de valeur agricoles et commerciales.

Par conséquent, le classement 2026 vient consacrer une orientation stratégique claire portée par le Président du Conseil, son excellence Faure Essozimna Gnassingbé : faire de l’égalité des chances un moteur de développement.

Cependant, si les avancées sont notables, des défis subsistent. L’application effective des textes, la réduction des disparités en milieu rural et l’amélioration de l’accès des femmes aux postes de décision demeurent des chantiers prioritaires.

 

Un signal fort pour l’Afrique de l’Ouest

À l’échelle continentale, cette distinction conforte l’idée qu’un pays à taille économique modeste peut rivaliser avec les plus grandes puissances africaines lorsqu’il mise sur des réformes structurelles cohérentes.

Ainsi, le cas togolais illustre une réalité de plus en plus admise : l’égalité économique entre hommes et femmes n’est pas une variable secondaire du développement, mais un pilier stratégique.

En définitive, au-delà du classement, c’est une trajectoire qui se dessine. Reste désormais à transformer cette avance juridique en gains économiques tangibles pour l’ensemble des Togolaises.

Togo : Protection civile et résilience climatique, le bilan 2026

À l’approche du 1ᵉʳ mars, date marquant la Journée mondiale de la protection civile, le gouvernement togolais réaffirme sa stratégie de résilience. Entre érosion côtière et inondations cycliques, Lomé mise sur une modernisation profonde de ses dispositifs de secours pour protéger les populations. Un engagement porté au plus haut sommet de l’État.

 

C’est un rendez-vous annuel qui prend, cette année, une résonance particulière. Placée sous l’égide de l’Organisation internationale de la protection civile (OIPC), l’édition 2026 s’articule autour d’un défi majeur : la gestion des risques environnementaux pour bâtir un avenir durable. Pour le ministère de la Sécurité, il ne s’agit plus seulement de célébrer, mais de dresser le bilan d’une véritable mue sécuritaire.

 

Un bouclier face aux colères de la nature

En effet, le Togo n’est pas épargné par les soubresauts du climat. Des vents violents qui balaient les régions septentrionales à l’érosion côtière qui grignote le littoral, les menaces sont multiples. Face à ce constat, les autorités ont élevé la protection civile  au rang de pilier stratégique de la politique nationale de sécurité.

Sous l’impulsion du Président Faure Gnassingbé, le pays a franchi une étape législative cruciale avec l’adoption, en mars 2025, d’une loi-cadre sur la lutte contre les changements climatiques. Ce texte n’est pas qu’un symbole : il impose aussi l’intégration systématique de la gestion des risques dans chaque projet de développement national.

 

Moderniser pour mieux anticiper

De fait, la stratégie togolaise repose sur une approche proactive plutôt que réactive. En plus, plusieurs chantiers prioritaires ont été accélérés ces derniers mois :

  • L’alerte précoce : optimisation des systèmes de veille pour prévenir les populations avant la catastrophe.
  • Le renforcement technique : augmentation des moyens logistiques mis à la disposition des unités de secours.
  • La synergie des acteurs : consolidation des partenariats entre le secteur privé, les collectivités locales et l’État.

 

Une chaîne de solidarité nationale

Ainsi, le gouvernement rappelle que la sécurité civile est une responsabilité partagée. Si l’État investit dans les équipements, la vigilance citoyenne reste le premier rempart contre les sinistres.

Le Ministre de la Sécurité a d’ailleurs tenu à rendre un hommage appuyé aux soldats du feu, aux volontaires et à l’ensemble des acteurs de la chaîne de secours. Ces « héros du quotidien » sont les garants d’une solidarité qui se déploie chaque jour sur le terrain pour préserver des vies et des biens.

En définitive, alors que les défis environnementaux se complexifient, le Togo fait le choix de la résilience. En transformant chaque risque en une opportunité de mieux s’organiser, le pays entend offrir à ses citoyens un environnement plus sûr et un avenir plus serein.

Togo : Les forces armées adoptent le simulateur de tir américain

Au Centre d’entraînement aux opérations de maintien de la paix (CEOMP) de Lomé, les Forces armées togolaises (FAT) franchissent un palier technologique. Grâce à l’acquisition d’un simulateur de tir de dernière génération ce jeudi 27 février 2026, les soldats peaufineront désormais leur précision et leur réactivité en milieu virtuel avant de se projeter sur le terrain. Une avancée majeure soutenue par un partenaire stratégique de longue date.

 

Dans les enceintes du CEOMP à Lomé, le bruit des détonations est désormais complété par le bourdonnement des processeurs. Les militaires togolais disposent dorénavant d’un simulateur de compétences d’engagement perfectionné, un outil pédagogique de pointe destiné à affiner leurs capacités opérationnelles.

Ce dispositif permet aux troupes de s’exercer dans des scénarios de haute intensité, où la rapidité du tir et la justesse de la prise de décision sont capitales.

 

La simulation au service de la précision chirurgicale

En effet, cette technologie offre un environnement d’apprentissage sécurisé mais ultra-réaliste. L’objectif est de permettre aux soldats de neutraliser les menaces avec une efficacité accrue dès la source. En travaillant sur des simulateurs, les FAT renforcent leur expertise technique sans les contraintes logistiques des exercices à balles réelles, tout en développant des réflexes cognitifs essentiels au combat moderne.

De fait, cette montée en puissance des capacités de défense profite directement à la stabilité régionale. Elle participe à un effort global visant à sécuriser non seulement le territoire togolais, mais aussi les intérêts communs entre Lomé et ses alliés internationaux.

 

Un partenariat stratégique avec Washington

Cette modernisation ne sort pas du néant. Elle s’inscrit dans le cadre de l’Initiative mondiale pour les opérations de maintien de la paix (GPOI). Ce simulateur constitue le dernier volet d’une livraison d’équipements stratégiques intégralement financée par les États-Unis.

Par conséquent, ce transfert de technologie souligne la profondeur de la coopération militaire entre Washington et Lomé. D’ailleurs, les autorités américaines considèrent l’investissement dans la formation de pointe des militaires togolais comme un gage de sécurité partagée, car le Togo contribue de manière clé aux missions de paix sur le continent.

 

Un atout pour la sécurité transatlantique

En définitive, l’intégration de ce simulateur au sein du CEOMP transforme radicalement la préparation des contingents. En alliant innovation technologique et rigueur militaire, le Togo se dote d’un outil de dissuasion et d’intervention plus performant.

Cette étape marque une volonté claire des forces de défense : celle de rester à l’avant-garde face aux menaces sécuritaires de plus en plus asymétriques, tout en consolidant un axe diplomatique solide avec ses partenaires occidentaux.

Togo : Signature de Patrice Neveu reportée au stade de Kégué

L’image est saisissante : une salle de presse pleine à craquer, des caméras prêtes à immortaliser l’événement, mais des chaises désespérément vides à la tribune officielle. Ce vendredi 27 février 2026, l’officialisation du technicien français Patrice Neveu à la tête de la sélection nationale du Togo a connu un coup d’arrêt brutal et inattendu. Entre malaise et interrogations, le football togolais retient son souffle.

 

C’est ce que l’on appelle, dans le jargon journalistique, un « lapin » monumental. Alors que tout Lomé attendait de voir Patrice Neveu parapher son contrat pour prendre les rênes des Éperviers, la cérémonie prévue au stade de Kégué a tourné au fiasco. La presse nationale et internationale, conviée en grand nombre, s’est retrouvée face à un décor sans acteurs.

 

Un silence assourdissant à la tribune

En effet, ni le ministre des Sports, ni le président de la Fédération togolaise de football (FTF), encore moins le principal intéressé, Patrice Neveu, n’ont franchi le seuil de la salle de conférence. Un désistement collectif qui soulève de nombreuses questions sur les coulisses de cette nomination.

Jusqu’à la dernière minute, rien ne laissait présager un tel dénouement. Les préparatifs étaient bouclés, et le protocole en place. Pourtant, l’absence totale de communication officielle sur les lieux a laissé les observateurs dans un flou total.

 

Qu’est-ce qui coince dans le dossier Neveu ?

De fait, ce rapport suggère in extremis des frictions de dernière minute. Si le profil de l’ancien sélectionneur du Gabon faisait l’unanimité ces derniers jours, plusieurs zones d’ombre pourraient expliquer ce contretemps :

  • Des détails contractuels : un désaccord de dernière heure sur les clauses financières ou les objectifs sportifs.
  • Un arbitrage politique : une validation administrative qui tarderait à venir au sommet de l’État.
  • Un revirement stratégique : des hésitations internes au sein de la faîtière du football national.

 

Une attente pesante pour les supporters

Par conséquent, ce rendez-vous manqué plonge le nid des Éperviers dans une nouvelle période d’incertitude. Alors que le public sportif réclame de la stabilité et un projet clair pour relancer l’équipe nationale, ce faux lien vient fragiliser l’image de la gestion du football togolais.

En définitive, si les raisons de ce report restent pour l’heure secrètes, l’impact sur l’opinion publique est bien réel. Quel sera le prochain chapitre de ce feuilleton ? Patrice Neveu finira-t-il par poser ses valises à Lomé, ou la FTF devra-t-elle se tourner vers une autre piste ? Les prochaines heures seront décisives pour lever le voile sur le « mystère de Kégué ».

Togo : l’Université de Lomé lance CRISP-UL pour connecter agriculteurs locaux et cantines scolaires

L’Université de Lomé a officiellement lancé le projet CRISP-UL, une initiative ambitieuse visant à structurer une chaîne d’approvisionnement locale entre les agriculteurs togolais et les cantines scolaires. Présenté comme une réponse aux défis alimentaires et à l’inclusion socio-économique, ce projet s’inscrit dans une logique de résilience, d’inclusion sociale et de promotion des femmes rurales.

Porté en partenariat avec l’International Development Research Centre (IDRC) du Canada, CRISP-UL entend proposer un modèle de distribution alimentaire qui relie directement la production paysanne aux besoins de l’alimentation scolaire dans plusieurs régions du Togo.

 

Trois régions pilotes au cœur de l’expérimentation

Selon les promoteurs du projet, les autorités ont retenu les régions des Plateaux, de la Kara et des Savanes comme zones pilotes. Dans ces territoires, qui rassemblent une diversité de systèmes agricoles et socioculturels, les responsables ont sélectionné 180 écoles pour participer à l’expérimentation.

CRISP-UL prévoit notamment l’installation de sites de démonstration intégrant des pratiques agroécologiques, des jardins scolaires et de petites unités d’élevage. L’objectif consiste à allier recherche appliquée et mise en œuvre concrète, afin de développer des modèles de chaînes d’approvisionnement que l’État pourra répliquer à l’échelle nationale.

En filigrane, ce projet ambitionne de contribuer à un système alimentaire plus autonome, orienté vers la valorisation de la production locale, tout en réduisant la dépendance aux importations de denrées destinées aux programmes de restauration scolaire.

 

Les femmes rurales au centre du dispositif

L’un des volets les plus novateurs de CRISP-UL est son attention particulière aux femmes agricultrices. En zone rurale, ces dernières jouent un rôle déterminant dans la production maraîchère et vivrière, mais sont souvent confrontées à des obstacles d’accès aux marchés et aux ressources.

Selon les coordinateurs du projet, l’intégration des femmes à ce système d’approvisionnement doit permettre d’améliorer leurs débouchés commerciaux grâce à un accès plus direct aux marchés institutionnels que représentent les cantines scolaires. Il s’agit d’une démarche qui combine inclusion sociale et autonomisation économique, tout en renforçant la sécurité alimentaire locale.

D’un côté, les producteurs seront mieux intégrés dans les circuits de distribution structurés ; de l’autre, les cantines bénéficieront d’un approvisionnement plus régulier et plus nutritif. Ce double effet répond à la fois aux enjeux éducatifs, nutritionnels et économiques des communautés.

 

Une réponse innovante aux défis régionaux

Les cantines scolaires sont au Togo — comme dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest —  des leviers à la fois pour l’éducation et pour l’économie rurale. À ce titre, elles jouent un rôle stratégique dans la lutte contre la malnutrition, l’abandon scolaire et la promotion du développement rural.

En structurant la demande alimentaire des écoles autour de produits locaux, le projet CRISP-UL s’inscrit dans une dynamique plus large, visant à créer des chaînes de valeur agricoles inclusives et durables, tout en améliorant la performance des programmes de restauration scolaire et l’accès des enfants à une alimentation de qualité.

 

Perspectives et défis à venir

Sur une durée prévue de 42 mois (jusqu’en septembre 2028), l’Université de Lomé et ses partenaires vont suivre, évaluer et ajuster les stratégies mises en œuvre dans les zones pilotes. L’un des objectifs principaux est de fournir des données probantes qui pourraient influencer les politiques publiques de sécurité alimentaire et d’éducation, notamment en matière de systèmes alimentaires territoriaux.

Les résultats attendus pourraient aussi préfigurer de nouvelles approches pour relier plus efficacement les agriculteurs locaux aux marchés institutionnels, avec des effets positifs potentiels sur l’emploi rural, la nutrition infantile et l’économie locale dans son ensemble.

Affaire Madjoulba : l’appel renforce la peine de l’ex-chef d’état-major Kadangha à 30 ans

La Cour d’appel militaire de Lomé a rendu, le 27 février 2026, une décision judiciaire lourde de sens dans l’un des procès les plus suivis ces dernières années au Togo. Elle a renforcé la peine de prison de l’ancien chef d’état-major général des Forces armées togolaises (FAT), le général Félix Abalo Kadangha, portant sa condamnation de 20 à 30 ans de réclusion criminelle. Cette sanction intervient dans le cadre de l’affaire de la mort du colonel Toussaint Bitala Madjoulba, retrouvé assassiné dans son bureau en mai 2020.

Une mort qui avait secoué le pays

Les circonstances entourant le décès du colonel Madjoulba avaient suscité émoi et interrogations au sein de l’opinion publique togolaise. Commandant du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), des officiers avaient découvert l’officier supérieur mort dans son bureau au camp militaire de Lomé dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, quelques heures seulement après la cérémonie d’investiture du président de la République.

Les autorités avaient diligenté une enquête judiciaire, mais les enquêteurs n’ont jamais identifié l’auteur direct du tir mortel. Néanmoins, la procédure a mis en cause plusieurs officiers et personnels liés aux Forces armées.

Un procès en appel sous haute tension

En première instance, lors du procès de 2023, les juges avaient condamné le général Kadangha à 20 ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État, complicité d’assassinat et entrave à la justice, aux côtés de six autres coaccusés.

Cependant, le ministère public a interjeté appel, car il estime que les sanctions initiales ne reflétaient pas la gravité des faits. Devant la cour d’appel, les procureurs ont requis des peines allant jusqu’à 50 ans de détention, manifestant leur volonté d’apporter une réponse judiciaire ferme à ce crime qui a secoué le pays.

Dans leur plaidoirie, les avocats de la défense avaient quant à eux plaidé la relaxe, arguant d’un manque supposé de preuves directes et de vices de procédure dans l’instruction.

Kadangha: une aggravation des peines pour les co-accusés

Au total, plusieurs des co-accusés ont vu leurs peines alourdies. Selon les éléments disponibles, des peines supplémentaires de 5 à 10 ans de prison ont été ajoutées pour certains militaires et civils impliqués dans le dossier.

Ce renforcement des condamnations traduit la volonté de la Cour d’appel militaire de clarifier les responsabilités et d’envoyer un signal fort dans un dossier emblématique pour l’armée togolaise et l’appareil judiciaire militaire.

Une affaire aux implications politiques et sociales

Outre sa dimension judiciaire, ce procès a eu une forte résonance dans le débat public. L’assassinat du colonel Madjoulba, à l’époque commandant du bataillon d’élite du BIR, avait suscité des spéculations et des interrogations sur la gouvernance et la discipline au sein des forces armées togolaises.

Même si la culpabilité des accusés repose sur des charges juridiques et des interprétations des faits, le dossier Madjoulba demeure un moment marquant dans l’histoire récente du Togo, car il met en lumière les défis de transparence et de responsabilité dans les institutions nationales.

Vers une justice plus ferme ?

La décision de la Cour d’appel militaire pourrait marquer un tournant dans la manière dont la justice togolaise traite les affaires sensibles impliquant des membres de l’armée.

Dans un contexte où les citoyens doutent souvent de la fiabilité des institutions judiciaires, ce verdict rappelle que renforcer les sanctions peut répondre aux attentes de la société. Reste à savoir comment cette décision influencera la famille de la victime, les rangs de l’armée et l’opinion publique togolaise.

Togo : les tenanciers de bars de plage demandent un moratoire avant l’expulsion

À quelques jours de l’échéance du 28 février 2026, date prévue pour le déguerpissement des bars et restaurants installés le long de la plage de Lomé, les propriétaires de ces établissements multiplient les appels à la clémence des autorités. Réunis au sein de leur association, ils sollicitent un délai supplémentaire afin de mieux se conformer à la réglementation et d’éviter une fermeture brutale de leurs activités.

Cette mobilisation intervient dans un contexte où le gouvernement togolais veut restaurer l’ordre sur le domaine public maritime, un espace naturel et récréatif fortement fréquenté par les habitants de la capitale. Les plages de Lomé, qui s’étendent sur plusieurs kilomètres le long du golfe de Guinée, sont à la fois un lieu de loisirs populaire et une zone exposée aux pressions liées à l’urbanisation et à l’économie informelle.

 

Entre informel et légalité : des emplois et des inquiétudes

Depuis 2022, les tenanciers de bars et de restaurants ont transformé une partie de la côte en véritable pôle d’activités, souvent sans titre légal d’occupation du domaine public. Selon leurs représentants, ce développement a permis de créer plus de 750 emplois, entre serveurs, cuisiniers, agents de sécurité et chauffeurs, contribuant à la subsistance de nombreuses familles.

« Nous ne refusons pas la décision de l’État, mais nous demandons simplement plus de temps pour nous organiser correctement », a déclaré le secrétaire général de l’Association des tenanciers de bars et restaurants (ATBR). Face à une éventuelle expulsion immédiate, il avertit que de nombreuses familles pourraient être plongées dans une grande précarité.

Les propriétaires évoquent notamment la nécessité de régler leurs dettes, de renégocier des prêts bancaires contractés pour l’aménagement de leurs espaces, et de trouver des solutions alternatives avant de quitter les lieux.

 

Le littoral, un espace public stratégique

La question de l’occupation des plages de Lomé dépasse le simple cadre des activités économiques. Ces espaces appartiennent au domaine public maritime, protégé par la loi, ce qui implique que toute construction ou exploitation commerciale doit faire l’objet d’autorisations spécifiques.

Or, selon plusieurs juristes, l’occupation illégale de ce secteur prive la population d’un accès libre à la mer et menace également la sécurité et l’environnement côtier. Dans d’autres pays, des jurisprudences similaires ont déjà sanctionné des établissements pour entrave à la libre circulation sur le front de mer, soulignant la nécessité de dégagements obligatoires sur une largeur minimale pour garantir l’accès du public à la plage.

Dans ce contexte, la mairie du Golfe 1 et les autorités centrales ont rappelé à plusieurs reprises que ces zones doivent rester accessibles à tous, conformément à la réglementation en vigueur.

 

Dialogue ou bras de fer imminent ?

Pour l’heure, les tenanciers espèrent un moratoire officiel jusqu’à décembre 2026, qui leur permettrait de poursuivre leurs activités tout en amorçant une transition ordonnée vers des sites autorisés.

Cette demande met en lumière un dilemme récurrent à Lomé : comment concilier la régulation de l’espace public et la préservation de moyens de subsistance pour des acteurs économiques qui ont investi dans l’informel ?

Alors que l’expulsion approche, les discussions entre associations professionnelles et pouvoirs publics pourraient s’intensifier. Plusieurs observateurs estiment qu’une solution consensuelle serait préférable à une évacuation brutale, susceptible de générer des tensions sociales et de perturber l’économie locale.