Le sport universitaire togolais donne le coup d’envoi de sa grande messe annuelle. En effet, ce mercredi 4 mars 2026, le terrain synthétique de l’Université de Lomé a servi de cadre à l’ouverture officielle des Championnats universitaires 2026. Pendant près de trois semaines, du 4 au 21 mars, les meilleures équipes estudiantines s’affronteront dans une ambiance où compétition rime avec fraternité.
Au-delà des scores, l’événement se veut un moment de cohésion et d’expression du dynamisme de la jeunesse académique togolaise.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités du monde académique et sportif. Le 1ᵉʳ vice-président de l’Université de Lomé, le Professeur Komlan Batawila, représentait le président de l’institution.
À ses côtés figuraient notamment le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministre délégué en charge des Sports, ainsi que des représentants de la Fédération Togolaise de Football et du Comité National Olympique du Togo.
La présence du sponsor officiel, Yas Togo, et d’autres partenaires institutionnels et privés témoigne aussi de l’intérêt croissant porté au sport universitaire comme levier de formation et d’encadrement des jeunes talents.
Si l’enjeu sportif demeure central, le ministre des sports a insisté sur les valeurs portées par la compétition : excellence, fair-play et respect mutuel.
Dans un contexte où les universités sont appelées à former des citoyens responsables, le sport apparaît comme un prolongement pédagogique. Discipline, esprit d’équipe et dépassement de soi figurent aussi parmi les qualités mises en avant.
D’ailleurs, la directrice du Centre des Œuvres Universitaires de Lomé et le directeur des Sports scolaires et universitaires ont souligné l’importance de ces rencontres pour renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté universitaire.
Ainsi, le coup d’envoi sportif a été donné avec une affiche en football opposant la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS).
À l’issue des 45 premières minutes, la FSHS menait d’un but à zéro, dans une rencontre engagée et suivie par un public enthousiaste. Les tribunes, animées par les encouragements des étudiants, ont illustré l’engouement autour de cet événement.
Cependant, au-delà du résultat final, l’essentiel réside dans la dynamique collective qui s’installe progressivement sur le campus.
Ces championnats constituent également une plateforme de détection pour les fédérations sportives nationales. Plusieurs jeunes athlètes pourraient saisir cette occasion pour se faire remarquer et envisager un parcours au-delà du cadre universitaire.
Ainsi, l’Université de Lomé confirme son ambition de conjuguer excellence académique et performance sportive.
Pendant dix-huit jours, le campus vibrera au rythme des rencontres. Et si le Championnats promet d’être intense, l’esprit de fraternité devrait, lui, demeurer le véritable vainqueur.
À l’heure où les réseaux sociaux redessinent l’espace public, la bataille de l’information se joue désormais sur les écrans. Au Togo, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a choisi d’investir un terrain stratégique : la jeunesse. La campagne nationale sur la « Lutte contre la désinformation et le renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle » a officiellement pris fin le 27 février 2026 à l’UCAO-UUT, dernière étape d’un périple académique dans le Grand Lomé.
Après le Collège Protestant et l’Université ESAG-NDE, cette clôture marque l’aboutissement d’une initiative portée par la Direction du Renforcement Démocratique.
En toile de fond, un constat partagé par de nombreux observateurs : la circulation rapide d’informations non vérifiées fragilise les sociétés contemporaines. Dans un environnement dominé par l’instantanéité et les algorithmes, la frontière entre opinion, manipulation et réalité devient parfois floue.
Ainsi, au fil des rencontres, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’un usage responsable des outils numériques. Il ne s’agit plus seulement de consommer l’information, mais de la questionner, de la vérifier et d’en mesurer l’impact.
En d’autres termes, l’éducation aux médias apparaît désormais comme un pilier complémentaire à l’éducation civique traditionnelle.
Plus de 1 200 jeunes sensibilisés contre la désinformation
Au total, plus de 1 200 élèves et étudiants ont participé aux différentes sessions. L’objectif affiché est clair : faire de ces jeunes des relais actifs dans leurs établissements et communautés.
Car la stratégie adoptée par les autorités repose sur un principe simple : la prévention est plus efficace que la sanction. Plutôt que de se limiter à un cadre répressif, la campagne privilégie la pédagogie, l’esprit critique et la responsabilisation individuelle.
Dans un contexte où l’intelligence artificielle permet de générer des contenus toujours plus crédibles – y compris des images ou des vidéos manipulées –, le défi devient encore plus complexe.
La question posée au cœur de cette campagne dépasse la simple lutte contre les fausses nouvelles. Elle touche à la solidité même du débat démocratique.
En effet, une information biaisée peut influencer des choix électoraux, exacerber des tensions sociales ou décrédibiliser les institutions. Dès lors, renforcer la capacité des jeunes à décrypter les contenus devient un enjeu stratégique.
Cependant, certains observateurs soulignent qu’au-delà de la sensibilisation, la consolidation démocratique passe également par la transparence institutionnelle et la confiance dans les sources officielles. La lutte contre la désinformation ne saurait donc être unilatérale ; elle implique un engagement partagé entre citoyens, médias et pouvoirs publics.
Une dynamique appelée à se poursuivre
La clôture de la campagne à l’UCAO-UUT ne signifie pas la fin du chantier. Au contraire, elle ouvre la voie à d’autres initiatives, notamment dans les régions de l’intérieur du pays.
À long terme, le défi sera d’inscrire durablement l’éducation au numérique dans les programmes scolaires et universitaires. Car dans un monde où l’information circule plus vite que jamais, la maturité numérique devient une compétence essentielle.
En misant sur la jeunesse, le Togo fait le choix d’un pari ambitieux : transformer les utilisateurs d’aujourd’hui en acteurs conscients et responsables du débat public de demain.
Et si les découvertes scientifiques togolaises devenaient enfin des produits commercialisables ? C’est le pari que s’apprête à relever la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo) en lançant, du 9 au 12 mars 2026, la toute première Foire des Inventions et Innovations du Togo (F2I-Togo).
Organisé sur le campus de l’Université de Lomé, l’événement coïncide avec les 7ᵉ Journées scientifiques du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), qui devraient rassembler près d’un millier de chercheurs venus du continent et d’ailleurs. Une concomitance loin d’être anodine : elle offre une tribune internationale aux innovations locales.
Transformer le savoir en valeur économique
Derrière cette initiative, un constat partagé par de nombreux acteurs : le Togo regorge de talents scientifiques, mais trop peu de projets franchissent le cap de l’industrialisation.
Portée par l’Unité d’Implémentation des Résultats de recherche et d’Innovation (UIRRI), la F2I-Togo veut précisément combler ce fossé. L’idée n’est plus seulement de publier des travaux académiques, mais de les convertir en solutions concrètes, capables de répondre aux besoins du marché.
Ainsi, la foire s’articulera autour d’expositions, de panels thématiques et de rencontres B2B. Chercheurs, chefs d’entreprise et investisseurs disposeront d’un cadre propice aux échanges directs. En d’autres termes, la science quitte l’amphithéâtre pour dialoguer avec l’économie réelle.
Les domaines retenus ne doivent rien au hasard. L’agroalimentaire, les énergies renouvelables, la santé et l’intelligence artificielle figurent parmi les axes stratégiques du développement togolais.
D’une part, l’agro-industrie demeure un pilier de l’économie nationale. D’autre part, la transition énergétique et la transformation numérique représentent des leviers majeurs pour renforcer la compétitivité du pays. Quant à la santé, elle constitue un enjeu social et économique crucial.
En ciblant ces secteurs, la CCI-Togo affiche une ambition claire : stimuler l’innovation là où l’impact peut être le plus immédiat.
Un concours pour accélérer l’industrialisation
Parallèlement aux expositions, la foire sera marquée par le concours national « M2I-Togo 2025 ». Douze projets finalistes seront sélectionnés parmi les candidatures attendues avant le 3 mars 2026.
Au terme du processus, cinq lauréats bénéficieront d’un accompagnement technique et financier destiné à faciliter la mise sur le marché de leurs innovations. Une étape déterminante, car c’est souvent à ce stade que les initiatives locales s’essoufflent faute de ressources ou d’expertise.
Une dynamique amorcée depuis 2024
Cette première édition ne surgit pas ex nihilo. En effet, dès 2024, quarante-cinq chercheurs togolais avaient été formés en propriété intellectuelle et en gestion de projets. Ces sessions avaient posé les bases d’un écosystème plus structuré, mieux préparé aux exigences du marché.
La F2I-Togo apparaît donc comme l’aboutissement logique d’un processus engagé depuis plusieurs années : professionnaliser la recherche et favoriser la protection des innovations.
Vers un nouveau modèle de croissance ?
Au-delà de l’événement lui-même, l’enjeu est plus large. Le Togo cherche à diversifier son économie et à renforcer son tissu entrepreneurial. Miser sur l’innovation pourrait devenir un axe stratégique durable.
Reste à savoir si les passerelles créées durant ces quatre jours déboucheront sur des partenariats solides et des investissements concrets. Car l’objectif ultime ne se limite pas à exposer des prototypes, mais bien à voir émerger des entreprises innovantes capables de générer des emplois et de la valeur ajoutée.
En somme, la F2I-Togo pourrait marquer un tournant : celui d’un pays qui choisit de transformer son capital intellectuel en moteur de croissance.
C’est une première qui n’est pas passée inaperçue dans les couloirs de la présidence togolaise. En effet, le lundi 2 mars 2026, Faure Essozimna Gnassingbé a accordé une audience à Maxim Ryzhenkov, chef de la diplomatie biélorusse. Derrière les sourires protocolaires et les accords de visas, une question brûle les lèvres : que cherche réellement Minsk sur la côte ouest-africaine ?
Un « nouveau partenaire » aux ambitions maritimes
Jusqu’ici discrètement dans la zone, la Biélorussie semble avoir jeté son dévolu sur le Togo pour orchestrer sa percée sur le continent. Au sortir de son entretien avec le chef de l’État, Maxim Ryzhenkov n’a pas tari d’éloges sur le potentiel du pays. Si les secteurs classiques comme l’agriculture ou l’industrie ont été évoqués, c’est bien la logistique maritime qui semble être le véritable pivot de ce rapprochement.
En effet, pour Minsk, le Port Autonome de Lomé (PAL) est une véritable « porte d’entrée » vers l’hinterland africain. Dans un contexte de recomposition des alliances mondiales, le Togo, fort de sa stabilité et de sa position géostratégique, devient un allié de choix pour une Biélorussie en quête de nouveaux débouchés.
Sécurité et diplomatie : des convergences qui interrogent
En plus de l’économie, le dialogue a pris une tournure plus politique. Les deux nations ont affiché une unité de vue sur la gestion des crises internationales. « Nous avons trouvé de nombreux points de convergence sur les moyens de promouvoir des solutions pacifiques », a glissé le ministre biélorusse.
Cette entente sur la « promotion de la paix » résonne tout particulièrement au Togo, pays médiateur par excellence dans la sous-région. Mais comment cette collaboration va-t-elle se traduire concrètement sur le terrain de la sécurité régionale ? Le mémorandum d’entente signé entre les deux ministères des Affaires étrangères promet des consultations régulières qui pourraient apporter des éléments de réponse.
Vers une exemption totale de visa ?
Pour sceller ce nouveau chapitre, les délégations ont paraphé deux instruments juridiques. Le premier institutionnalise le dialogue politique, tandis que le second facilite la circulation des officiels : les détenteurs de passeports diplomatiques et de service sont désormais exemptés de visa.
Certes, cette mesure ne concerne pour l’instant que l’élite administrative, mais elle pose les jalons d’une coopération que Minsk souhaite porter à un « niveau beaucoup plus élevé ». Alors, s’agit-il d’un simple flirt diplomatique ou du début d’une lune de miel durable entre le Golfe de Guinée et l’Europe de l’Est ? L’avenir nous dira si ce partenariat saura répondre aux attentes de développement du peuple togolais.
Alors que l’économie ouest-africaine cherche ses nouveaux champions, la capitale togolaise s’apprête à accueillir, le 21 mars prochain, la 4ᵉ édition du Gala des Entrepreneurs. Entre réseautage d’élite et quête de financements, l’événement piloté par Simera Corporation se veut le catalyseur d’une ambition nouvelle : « Oser grandir ».
L’urgence de la mise à l’échelle
Dans les salons feutrés de l’hôtel Sarakawa, le 21 mars 2026, il ne sera pas seulement question de célébrer la réussite, mais bien de disséquer les mécanismes de la croissance. Pour le comité d’organisation, qui a dévoilé les contours de l’événement le lundi 2 mars, l’enjeu est clair : transformer les initiatives locales en acteurs continentaux capables de naviguer dans les eaux de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF).
Le promoteur de l’événement, Torrès Amededjisso, ne s’en cache pas. Pour lui, ce gala est une plateforme de propulsion. Si le Togo sert de décor, l’aspiration est résolument panafricaine. Il s’agit aussi de bâtir une image de marque forte pour des entreprises qui, trop souvent, peinent à sortir de l’informel ou du marché domestique.
Si les éditions précédentes mettaient l’accent sur la visibilité, 2026 marque un tournant pragmatique. L’innovation majeure réside dans la confrontation directe entre les porteurs de projets et les détenteurs de capitaux.
« Nous passons de la simple vitrine à la construction d’un écosystème transactionnel », martèle Raoul Bataka, membre influent du comité d’organisation.
L’objectif est de créer un pont direct entre les PME innovantes et une armada de financiers :
Banques commerciales et institutions de microfinance.
Business angels à la recherche de pépites.
Fonds d’investissement dédié à l’économie verte et technologique.
Pour les entrepreneurs ouest-africains, dont le dynamisme n’est plus à démontrer malgré les défis conjoncturels, ce rendez-vous de Lomé représente une opportunité de diversification stratégique de leurs réseaux d’affaires.
Soutenu par des acteurs de poids comme Yas Togo, l’événement mêlera habilement l’utile à l’agréable. En plus de panels de haut niveau et de conférences stratégiques, des sessions de « networking » intensives sont prévues pour faciliter les signatures de partenariats.
Dela Djaou, porte-parole de Yas Togo, souligne que cette collaboration vise avant tout à explorer des solutions de financement concrètes. Dans un contexte où le crédit bancaire reste parfois difficile d’accès pour les petites structures, le Gala des Entrepreneurs s’impose comme le laboratoire de la finance alternative et du mentorat d’affaires.
Au-delà du prestige des tapis rouges et de l’éclat des distinctions, le Gala des Entrepreneurs de Lomé pose une question de fond à l’heure où les frontières commerciales du continent s’estompent : nos PME sont-elles prêtes à passer de la survie à la conquête ?
Si la capitale togolaise réussit son pari de marier enfin le génie créatif des porteurs de projets à la prudence des institutions financières, l’événement pourrait bien devenir la rampe de lancement d’une nouvelle génération de champions nationaux et régionaux. Reste à savoir si, au sortir de cette soirée du 21 mars, les promesses de partenariats se transformeront en flux de capitaux réels. Car dans l’arène de la compétition continentale, le plus dur n’est pas seulement d’oser grandir, mais de savoir durer.
Le Parlement togolais vient de franchir une nouvelle étape dans l’arsenal juridique contre les flux financiers illicites. Après son adoption par le Sénat du Togo, l’Assemblée nationale du Togo a voté définitivement, le 27 février 2026 dernier, la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Mais au-delà du satisfecit institutionnel, une question demeure : peut-on éradiquer les circuits financiers opaques sans s’attaquer frontalement à la corruption qui mine les plus hautes sphères de l’État ?
Réunis en séance plénière au Palais de l’Assemblée nationale, sous la présidence du Professeur Komi Selom Klassou, les députés ont entériné le texte à la majorité absolue.
Ce vote intervient après une première lecture en décembre dernier, puis l’approbation du texte par le Sénat le 26 février 2026, conformément à la procédure de navette parlementaire.
Plusieurs membres du gouvernement étaient présents lors de la séance, dont Gilbert Bawara, Hodabalo Awaté et Badanam Patoki, signe de l’importance accordée à cette réforme.
Un texte présenté comme stratégique
Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse le simple cadre technique. Le ministre Badanam Patoki a insisté sur la gravité des menaces que représentent le blanchiment et le financement du terrorisme. Selon lui, ces pratiques fragilisent l’économie, détournent les ressources publiques et compromettent la stabilité nationale.
Concrètement, la loi modernise les mécanismes de contrôle, renforce les obligations de vigilance des institutions financières, améliore les procédures de déclaration des opérations suspectes et durcit les sanctions. Elle prévoit également un dispositif plus rigoureux de gel des avoirs liés aux réseaux terroristes.
À travers cette réforme, le Togo affiche sa volonté d’alignement sur les standards internationaux en matière de gouvernance financière.
Comparaison : blanchiment vs corruption, deux combats liés
Cependant, si la lutte contre le blanchiment vise à neutraliser les circuits de recyclage de l’argent sale, elle n’aborde pas directement la source première de ces fonds : la corruption.
Dans de nombreux pays, les dispositifs anti-blanchiment sont efficaces lorsqu’ils s’accompagnent d’une politique anticorruption robuste, indépendante et transparente. Or, au Togo, la perception d’une corruption persistante au sommet de l’appareil d’État continue d’alimenter les débats.
Dès lors, une interrogation s’impose : est-il cohérent de renforcer les mécanismes de surveillance financière sans ouvrir, en parallèle, un chantier profond sur la transparence des marchés publics, la déclaration de patrimoine des hauts responsables ou l’indépendance des organes de contrôle ?
Le discours du président de l’Assemblée nationale a salué une étape majeure pour la crédibilité du pays. Il a affirmé que le Togo ne serait « jamais un refuge pour les finances illicites ».
Pourtant, certains observateurs estiment que le Parlement aurait pu aller plus loin. Pourquoi ne pas avoir intégré dans le débat un volet explicite sur la responsabilité des décideurs publics ? Pourquoi ne pas conditionner cette réforme à des mesures concrètes de reddition des comptes ?
En adoptant massivement le texte, les députés ont démontré une unité politique sur la question du blanchiment. Toutefois, cette unanimité contraste avec la relative prudence affichée lorsqu’il s’agit d’aborder les dossiers sensibles liés à la gouvernance interne.
Une dynamique impulsée par l’exécutif
L’adoption de cette loi s’inscrit dans la dynamique politique impulsée par Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil, autour de la vision « Protéger, Rassembler, Transformer ».
Reste à savoir si cette transformation s’étendra aux mécanismes de lutte contre la corruption administrative et politique, ou si elle se limitera à la régulation des flux financiers externes.
Entre espoir et scepticisme
En définitive, la nouvelle loi constitue indéniablement un pas en avant sur le plan juridique. Elle renforce l’arsenal national et consolide la coopération internationale.
Néanmoins, la crédibilité de cette réforme dépendra de son application effective et, surtout, de la volonté politique d’agir sans distinction de rang ou de fonction. Car la véritable question n’est peut-être pas seulement de traquer l’argent sale. Elle est aussi de savoir d’où il vient.
L’information circule à grande vitesse sur les réseaux sociaux togolais depuis quelques jours. Bonzy, artiste togolais révélé au sein du groupe Tach Noir, serait actuellement incarcéré aux États-Unis dans le cadre d’une affaire criminelle aux contours encore imprécis. Selon plusieurs sources concordantes, le chanteur ferait face à de graves accusations, dont celle d’homicide.
Une affaire révélée tardivement
Les faits remonteraient à novembre 2025. Pourtant, ce n’est que récemment que l’affaire a émergé dans l’espace public, notamment après des publications de l’artiste Zaga Bambo, qui a publiquement dénoncé le silence entourant la situation.
D’après les premiers éléments évoqués, l’incident se serait produit dans un établissement psychiatrique où Bonzy séjournait. La justice reproche à Bonzy d’avoir violemment frappé un citoyen américain avec une barre métallique, des coups qui ont entraîné la mort de la victime.
Cependant, d’autres versions circulent. Certaines évoquent une altercation plus large qui aurait fait deux victimes, dont une mortelle. À ce stade, aucune déclaration officielle des autorités américaines n’est venue confirmer ou infirmer ces informations. Par ailleurs, l’enquête suivrait son cours afin d’établir les responsabilités exactes et de clarifier les circonstances.
Au-delà des faits allégués, des proches de l’artiste évoquent une période de vulnérabilité psychologique ces derniers mois. Cette dimension, si elle est confirmée, pourrait également peser dans la compréhension globale du dossier.
Par ailleurs, ce ne serait pas la première fois que son nom apparaît dans la rubrique des faits divers outre-Atlantique. Des sources indiquent qu’il aurait déjà été impliqué dans un incident armé par le passé, au cours duquel il aurait été blessé par balle. Autant d’éléments qui alimentent aujourd’hui les interrogations.
Néanmoins, en l’absence de communication judiciaire formelle, la prudence reste de mise. Dans ce type d’affaires, les rumeurs circulent souvent plus vite que les conclusions judiciaires.
De la lumière des scènes togolaises à la tourmente judiciaire
Pour de nombreux Togolais, cette affaire ravive le souvenir d’une époque où Tach Noir occupait une place remarquée sur la scène urbaine nationale. Entre 2011 et 2016, le duo formé par Bonzy et Jamy avait su imposer son style, notamment avec le titre « Awaleg », devenu populaire auprès de la jeunesse.
Le groupe avait également marqué les esprits grâce à une collaboration avec Toofan sur le morceau « Follow My Dance » en 2012. Une période faste qui contrastait avec la discrétion médiatique observée ces dernières années, depuis leur installation aux États-Unis et l’évolution séparée de leurs carrières.
Une onde de choc au Togo
Aujourd’hui, l’affaire suscite émotion, incompréhension et débats sur les plateformes numériques. Certains appellent à la retenue et au respect de la présomption d’innocence. D’autres s’interrogent sur les conditions de prise en charge des artistes expatriés confrontés à des difficultés personnelles loin de leur pays d’origine.
En attendant, une seule certitude s’impose : le dossier reste entre les mains de la justice américaine. Seule l’issue judiciaire permettra de faire la lumière sur cette affaire qui, déjà, marque un tournant sombre dans le parcours d’un artiste autrefois adulé.
Ce mardi 3 mars 2026, la capitale togolaise s’est réveillée avec une cicatrice de plus. La découverte d’un corps dans le bassin de rétention jouxtant l’Université de Lomé ; elle pose la question brûlante de la sécurisation des infrastructures hydrauliques au cœur de nos cités.
L’aurore n’avait pas encore totalement chassé l’obscurité sur le quartier Tokoin Doumasséssé quand l’alerte a été donnée. Entre l’enceinte universitaire et l’emblématique bar « 3 K », une zone de fort passage quotidien, le paysage habituel a laissé place à un périmètre de sécurité de la police nationale. Au centre des regards : le bassin de rétention d’eau pluviale, transformé en tombeau à ciel ouvert.
Une enquête sous haute tension
Selon les premières informations recueillies, la victime est un homme dont l’âge environne la quarantaine. Malgré que les équipes de l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) aient rapidement extrait le corps des eaux, le mystère reste entier quant aux circonstances du drame.
Par ailleurs, la piste de l’accident est sérieusement envisagée. La zone, dépourvue de barrières de protection adéquates, représente un piège mortel, surtout en période de faible visibilité. D’autre part, les autorités n’excluent aucune hypothèse, de l’acte criminel au malaise fatal, en attendant les résultats de l’autopsie. Pour l’heure, l’identité de cet homme demeure protégée par le sceau de l’enquête judiciaire en cours.
Au-delà du drame : le procès des « points noirs » urbains
Si l’émotion est vive chez les riverains et les étudiants qui arpentent ces sentiers chaque jour, ce drame soulève une problématique structurelle que connaissent bien les métropoles africaines, de Lomé à Cotonou : la cohabitation dangereuse entre populations et bassins de drainage.
Conçus pour réguler les eaux et prévenir les inondations dévastatrices, ces réservoirs deviennent trop souvent des zones de non-droit sécuritaire.
Absence de signalétique : aucun panneau ne prévient du danger d’envasement ou de chute.
Déficit d’éclairage : la nuit, ces cuvettes deviennent invisibles pour les passants.
Manque de clôtures : L’accès reste libre, exposant enfants et adultes à des risques constants.
« On ne peut plus se contenter de creuser des trous pour l’eau sans penser aux humains qui vivent autour », s’indigne un habitant du secteur, témoin de l’évacuation du corps.
Un appel à la vigilance et à l’action publique
Ce décès est un sinistre rappel à l’ordre pour les services de l’urbanisme. Alors que les populations attendent les conclusions de la police pour mettre un nom sur ce visage, une question persiste : combien de tragédies similaires faudra-t-il pour que la sécurisation périmétrale de ces sites devienne une priorité budgétaire ?
À Tokoin Doumasséssé, le calme est revenu, mais l’amertume, elle, reste stagnante, à l’image des eaux du bassin.
À l’invitation de Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères du Belarus, Maxim Ryzhenkov, effectue du 1ᵉʳ au 3 mars 2026 une visite officielle à Lomé. Une première dans l’histoire des relations bilatérales entre les deux pays.
Si l’événement peut sembler un exercice diplomatique, il s’inscrit en réalité dans un contexte international sous haute surveillance. Car la Biélorussie, dirigée par Alexandre Loukachenko, est considérée comme le plus proche allié de la Russie de Vladimir Poutine. Dès lors, la question s’impose : que signifie ce rapprochement pour Lomé ?
Cette visite fait suite à une première prise de contact en septembre dernier, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York. Quelques mois plus tard, les échanges se concrétisent par la signature de deux textes : un mémorandum d’entente encadrant la coopération bilatérale et un accord d’exemption de visas pour les passeports diplomatiques et de service.
Sur le plan formel, ces instruments ouvrent la voie à une intensification des échanges politiques et administratifs. Mais au-delà des symboles, ils traduisent une volonté commune d’explorer de nouveaux partenariats économiques.
Les secteurs évoqués – industrie et agriculture – correspondent à des priorités stratégiques pour le Togo. Modernisation des chaînes de production, mécanisation agricole, transfert de technologies : Minsk dispose d’un savoir-faire industriel hérité de l’ère soviétique, notamment dans la fabrication d’équipements et de machines agricoles. Reste à savoir si ces promesses se traduiront par des investissements tangibles.
Non-alignement ou redéfinition des alliances ?
Depuis plusieurs années, Lomé revendique une diplomatie dite de « diversification », évitant les logiques de blocs. Dans un monde fragmenté par les rivalités entre puissances occidentales et axes eurasiens, le Togo semble opter pour une posture pragmatique.
Cependant, ce positionnement soulève des interrogations. Entretenir des relations avec Minsk, dans un contexte de sanctions internationales visant le régime biélorusse, expose-t-il le pays à des pressions indirectes ? Ou s’agit-il au contraire d’un signal fort affirmant l’indépendance diplomatique togolaise ?
La démarche n’est pas isolée. Plusieurs États africains multiplient aujourd’hui les partenariats hors des circuits traditionnels, cherchant à élargir leur marge de manœuvre stratégique.
Togo–Biélorussie : une coopération encore embryonnaire
Il convient toutefois de relativiser la portée immédiate de cette visite. Les échanges économiques entre Lomé et Minsk restent modestes. Aucun volume d’investissement majeur n’a, pour l’instant, été annoncé.
En ce sens, la séquence actuelle relève davantage d’une phase exploratoire que d’un basculement géopolitique. Les prochaines étapes – missions économiques, projets pilotes, contrats sectoriels – seront déterminantes pour mesurer la profondeur réelle du partenariat.
Entre opportunité économique et vigilance politique
En définitive, la visite de Maxim Ryzhenkov à Lomé dépasse la simple signature d’accords techniques. Elle illustre la volonté du Togo d’élargir son horizon diplomatique dans un environnement international en recomposition.
Mais une interrogation demeure : jusqu’où peut aller la diversification sans brouiller les équilibres traditionnels ?
Pour Lomé, l’enjeu sera de transformer ce rapprochement en levier de développement concret, tout en préservant sa crédibilité sur la scène internationale. Car en diplomatie, chaque poignée de main raconte une histoire — et parfois, elle en annonce d’autres.
Le feuilleton aura tenu Lomé en haleine jusqu’au bout. Après le rendez-vous manqué du vendredi dernier, le technicien français Patrice Neveu a officiellement paraphé son contrat ce lundi 2 mars 2026. En s’engageant pour trois ans, l’ancien sélectionneur du Gabon accepte une mission : sortir le football togolais de sa léthargie et restaurer l’aura de l’équipe nationale.
L’épisode du « siège vide » au stade de Kégué n’est plus qu’un mauvais souvenir. En effet, ce lundi, l’ambiance était tout autre au siège de la Fédération togolaise de football (FTF). Sous le regard du colonel Guy Kossi Akpovy et du ministre délégué en charge des Sports Abdul Fahd Fofana, Patrice Neveu a officiellement scellé son destin à celui du Togo. À 70 ans, le « vieux routier » des bancs de touche africains entame ce qu’il considère comme l’un de ses plus beaux défis.
La feuille de route ambitieuse du gouvernement
Au-delà de la simple signature, cette cérémonie a permis aux autorités de fixer le cap. Le ministre Abdul Fahd Fofana n’a pas utilisé de détour pour exposer les attentes du sommet de l’État : le Togo veut retrouver le gotha du football africain.
En effet, le ministre a prévu une feuille de route sans équivoque au nouveau patron des Éperviers. « Notre ambition est claire : redonner au Togo sa place sur la scène continentale et internationale », a-t-il martelé. Pour le gouvernement, le recrutement de Neveu doit sonner la fin de l’à-peu-près. Le ministre compte également sur l’expertise du Français pour « fédérer les talents et insuffler une nouvelle dynamique » à un public qu’il dit « profondément attaché à son équipe nationale »
Rigueur et fin de l’improvisation
De fait, cette volonté politique exige un changement de paradigme sur le terrain. Patrice Neveu semble avoir reçu le message cinq sur cinq. Dès ses premières déclarations, le nouveau patron des Éperviers a affiché une détermination sans faille. Loin des promesses illusoires, Patrice Neveu mise sur une recette qu’il a déjà appliquée en Guinée, en Mauritanie ou encore en RD Congo : la discipline.
« Il n’y aura pas de place pour l’improvisation », a martelé le technicien français.
Pour lui, le potentiel du réservoir togolais est une réalité, mais il nécessite un cadre de travail strict. Le message est envoyé aux joueurs : seul le respect scrupuleux des consignes collectives et l’amour du maillot garantiront une place dans son effectif.
Un projet sur le long terme pour retrouver l’éclat de 2006
D’ailleurs, le choix d’un contrat de trente-six mois témoigne d’une volonté de stabiliser une sélection trop souvent abonnée aux solutions d’urgence. Patrice Neveu appelle à la patience et à une union sacrée derrière son projet.
Par conséquent, l’objectif à peine voilé des autorités sportives est de renouer les Éperviers avec leur passé glorieux : l’épopée de 2006. Pour y parvenir, le Français annonce que les performances primeront sur les statuts, ouvrant ainsi largement les portes de la sélection aux talents du championnat local.
Une diplomatie avec les médias et les supporters
Conscient de l’attente fébrile du public sportif, Patrice Neveu a également tendu la main aux médias. En prônant une relation basée sur la « transparence et la vérité », il cherche à instaurer un climat de sérénité autour de son groupe.
En définitive, le temps des signatures est désormais clos. Patrice Neveu doit maintenant s’attaquer au chantier du terrain. Les supporters, qui n’attendent qu’une étincelle pour s’enflammer de nouveau, scruteront à la loupe sa première liste de convoqués.