À Blitta, les gouverneurs et préfets du Togo ont été invités à revoir leurs méthodes de travail pour rendre l’administration territoriale plus réactive, mieux coordonnée et davantage tournée vers les attentes des citoyens. Réunis les 5 et 6 août 2026, ils ont dressé le bilan du premier semestre et arrêté une feuille de route pour la suite de l’année.
Pendant deux jours, l’administration territoriale togolaise s’est livrée à un exercice qui dépasse le bilan administratif ordinaire. Les 5 et 6 août, gouverneurs et préfets ont confronté leurs expériences de terrain, leurs difficultés et leurs pratiques afin de mieux organiser l’action de l’État au plus près des populations.
Organisé par le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le séminaire national a réuni les premiers représentants de l’État dans les régions et les préfectures. Parmi eux figuraient le gouverneur de la région des Savanes, Affoh Atcha-Dédji, accompagné des préfets de la région, ainsi que le gouverneur de la région Maritime, El Hadj Taïrou Bagbiegue.
Ce séminaire constituait avant tout un exercice de vérité. Les participants ont examiné les actions conduites lors des six premiers mois de 2026 et identifié les difficultés qui entravent encore l’efficacité de l’administration territoriale. À l’ouverture des travaux, le ministre de tutelle, le colonel Hodabalo Awaté, a appelé les responsables territoriaux à faire preuve de responsabilité et de lucidité dans l’évaluation de leurs actions.
L’enjeu consiste désormais à passer d’une administration qui exécute à une administration capable d’anticiper, de coordonner et de mesurer les résultats de son action. Les échanges ont notamment porté sur le maintien de l’ordre public, la prévention des crises, l’accompagnement de la décentralisation et la coordination entre les différents services déconcentrés de l’État.
Derrière ces discussions administratives se dessine une préoccupation plus concrète : rapprocher davantage l’État des citoyens. Les procédures administratives, la coordination des services et le partage des bonnes pratiques ont ainsi occupé une place importante dans les travaux. Une table ronde consacrée aux nouveaux défis du pilotage territorial a également permis d’aborder les exigences liées à une administration de proximité.
Pour les autorités territoriales, cette proximité suppose une meilleure circulation de l’information entre les services centraux et les représentants de l’État sur le terrain. Elle exige aussi une capacité à identifier rapidement les difficultés locales et à apporter des réponses adaptées, sans attendre que les problèmes prennent une dimension plus significative.
La participation du gouverneur des Savanes et des préfets de la région s’inscrit dans cette logique de mutualisation des expériences. Dans une région où les enjeux territoriaux exigent une coordination constante des services publics, l’échange de pratiques peut constituer un levier pour améliorer le fonctionnement de l’administration.
Le séminaire a ainsi permis aux responsables territoriaux de confronter leurs méthodes et de tirer des enseignements des expériences conduites dans différentes régions et préfectures. Cette dynamique doit également contribuer à consolider les acquis et à harmoniser les pratiques administratives à l’échelle nationale.
Les deux journées de travaux se sont conclues par l’adoption d’une feuille de route assortie de recommandations opérationnelles. Celles-ci visent notamment à renforcer la coordination entre les services centraux et les autorités déconcentrées, à harmoniser les pratiques administratives et à améliorer le pilotage territorial de l’action publique.
À travers cette démarche, le gouvernement entend faire des gouvernorats davantage que de simples relais administratifs. Ils doivent devenir de véritables centres d’impulsion capables de traduire les politiques publiques en actions concrètes sur le terrain.
Le défi du second semestre sera désormais de transformer les recommandations de Blitta en résultats mesurables dans les régions et les préfectures. C’est à cette condition que la volonté d’une administration plus proche, plus réactive et davantage orientée vers les citoyens pourra se traduire dans les faits.
La Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) a accueilli, mardi 11 août 2026, une délégation malgache venue s’imprégner de l’expérience togolaise en matière de développement agropastoral, de transformation industrielle et d’accompagnement des investisseurs. Une visite qui place le partage d’expériences au cœur du rapprochement économique entre Lomé et Antananarivo.
La coopération économique entre le Togo et Madagascar s’est déplacée, mardi, sur le terrain industriel. À la Plateforme industrielle d’Adétikopé, une délégation malgache a entamé une visite d’immersion consacrée au développement agropastoral et à la transformation des chaînes de valeur.
Accueillis par Idiola Sandah, Administrateur général de l’Autorité de coordination de la PIA, et son équipe, les visiteurs ont consacré cette première journée à la découverte du modèle développé autour de cette zone industrielle.
L’objectif était avant tout de comprendre comment la PIA organise son écosystème, accompagne les investisseurs et articule les différents services nécessaires au développement des activités industrielles, au‑delà de la visite des installations.
La délégation a d’abord été introduite à l’historique de la Plateforme industrielle d’Adétikopé, à son fonctionnement et à son environnement économique. Cette étape a permis aux participants de mieux comprendre les mécanismes qui structurent la plateforme et les différents acteurs qui interviennent dans le parcours des investisseurs.
Mais c’est surtout le fonctionnement du Guichet unique qui a constitué l’un des temps forts de cette première journée. Les échanges ont associé plusieurs administrations, parmi lesquelles les services des Impôts, l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE), la Douane et l’Agence de promotion des investissements et de la zone franche (API-ZF).
À travers ces rencontres, la délégation malgache a pu examiner les dispositifs mis en place par le Togo pour réduire les contraintes administratives et faciliter l’installation et les activités des investisseurs.
La présence de plusieurs administrations autour de cette immersion souligne un enjeu central : l’environnement des affaires ne repose pas uniquement sur la disponibilité d’infrastructures industrielles. Il dépend également de la capacité de l’administration à simplifier les procédures, coordonner ses services et offrir aux opérateurs économiques un parcours plus lisible.
Impôts, douanes, environnement et promotion des investissements ont ainsi présenté leurs mécanismes d’intervention et leurs dispositifs d’accompagnement. Pour la délégation malgache, cette approche offre un aperçu concret de l’organisation institutionnelle mise en place autour de la PIA.
Cette journée ouvre désormais la voie à des échanges plus orientés vers les expériences et les pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte malgache. Le développement agropastoral et la transformation des chaînes de valeur constituent en effet des secteurs où les deux pays peuvent confronter leurs savoir‑faire, notamment en matière de production, de transformation, de valorisation et d’accès aux marchés.
Le Togo expose son modèle ; Madagascar observe, questionne et confronte cette expérience à ses propres réalités. De ces échanges peuvent émerger des pistes de coopération ou d’adaptation dans le domaine de l’industrialisation des filières agropastorales. Pour Lomé comme pour Antananarivo, cette journée aura surtout servi à poser les bases d’un dialogue économique fondé sur le partage d’expériences et la recherche de solutions concrètes.
les opérations de recherche se poursuivent sur le au Zimbabwe, après le chavirement mardi 11 août d’un bateau de transport. Une quinzaine de corps ont déjà été repêchés, tandis qu’au moins 27 personnes restent portées disparues, selon les secours zimbabwéens.
Le lac Kariba a basculé dans le drame. Mardi 11 août, un bateau de transport a chaviré sur les eaux de ce vaste réservoir situé à la frontière entre le Zimbabwe et la Zambie. Au lendemain de l’accident, les secours poursuivaient leurs recherches alors que le bilan humain demeurait encore incertain. Les autorités zimbabwéennes ont annoncé mercredi 12 août la découverte d’une quinzaine de corps. Elles font également état d’au moins 27 personnes portées disparues.
Une embarcation largement au-delà de sa capacité
Le bateau assurait la liaison entre la ville de Kariba et plusieurs îles ainsi que des villages de pêcheurs installés sur le lac. Selon l’Unité de protection civile zimbabwéenne (CPU), le navire avait une capacité théorique de 90 personnes.
Pourtant, au moment du chavirement, il transportait 5 membres d’équipage et 114 passagers adultes. À cet effectif s’ajoutait un nombre encore indéterminé d’enfants qui, selon les autorités, n’avaient pas l’âge requis pour disposer d’un billet. Le nombre de personnes présentes à bord dépassait donc déjà largement la capacité annoncée du navire, un élément qui pourrait peser dans les investigations destinées à établir les circonstances précises du drame.
Les recherches se poursuivent
Selon les premières informations relayées par les médias locaux, le bateau aurait chaviré sous l’effet de conditions météorologiques difficiles, marquées notamment par de fortes vagues. Les opérations de secours se sont rapidement concentrées sur la recherche des passagers tombés dans les eaux du lac. Soixante-dix-sept personnes ont pu être secourues, avant d’être conduites vers Long Island, située au milieu du lac.
Les autorités ont également renforcé le dispositif de recherche. Un hélicoptère a transporté une unité spécialisée dans la plongée pour poursuivre les opérations sur le site du naufrage. Le bilan pourrait donc encore évoluer dans les prochaines heures, alors que les équipes de secours tentent de retrouver les personnes toujours portées disparues.
Un accident sur un lac aux dimensions hors normes
Situé à plus de 300 kilomètres au nord-ouest de Harare, le lac Kariba est bien plus qu’une étendue d’eau utilisée pour la pêche et le transport local. Créé à la suite de la construction du barrage de Kariba sur le fleuve Zambèze, il s’étend sur une vaste superficie entre le Zimbabwe et la Zambie.
Les spécialistes considèrent le lac Kariba comme le plus grand lac artificiel du monde en volume. D’ailleurs son immensité ajoute une difficulté supplémentaire aux opérations de secours. Les distances, les conditions météorologiques et la profondeur du réservoir compliquent les recherches.
Mercredi, au lendemain du chavirement, l’urgence restait donc double : retrouver les disparus et établir les circonstances exactes dans lesquelles une embarcation conçue pour 90 personnes s’est retrouvée à transporter un nombre nettement supérieur de passagers.
Après la budgétisation verte, le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique s’attaque à un autre angle mort des finances publiques : leur impact différencié sur les femmes et les hommes. Un atelier de formation de cinq jours prépare les cadres du département à élaborer leur tout premier Document de budgétisation sensible au genre (DBSG), attendu au quatrième trimestre 2026.
Un budget ne se contente pas de répartir des crédits : selon la manière dont les dépenses sont exécutées, elles peuvent creuser ou réduire les inégalités. C’est précisément cette réalité que le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique (MEVS) entend désormais intégrer dans ses arbitrages.
Réunis depuis lundi 10 août, ses cadres travaillent, à la Direction générale des études et analyses économiques (DGEAE), au CASEF, sur la budgétisation sensible au genre (BSG). La formation s’achèvera le 14 août, mais son véritable objectif se situe plus loin : préparer le DBSG 2027, premier exercice de ce type pour ce ministère créé en octobre 2025.
Représentant le ministre Badanam Patoki à l’ouverture, le directeur général de la DGEAE, Ahodo Tchamdja, a replacé la démarche dans le processus de réforme des finances publiques.
Le chantier consiste surtout à donner aux cadres des outils opérationnels. Pendant cinq jours, ils doivent notamment apprendre à identifier et marquer les dépenses sensibles au genre, analyser les données ventilées par sexe et appliquer la méthodologie permettant de construire un document budgétaire intégrant cette dimension. L’enjeu n’est donc plus de proclamer l’égalité, mais de la lire dans les chiffres du budget.
Cette approche s’inscrit dans la dynamique engagée par le Togo depuis 2021 pour introduire progressivement le document budgétaire sensible au genre dans les différents ministères.
Pour le MEVS, l’exercice revêt une portée particulière. Créé en octobre 2025, le département doit désormais construire ses propres mécanismes de planification budgétaire tout en intégrant les exigences nouvelles liées à l’équité entre les sexes. Le ministère entend ainsi inscrire cette dimension à différentes étapes du cycle budgétaire : de la programmation au suivi‑évaluation, en passant par la conception des politiques et des réformes économiques.
La difficulté sera de passer d’une logique administrative à une lecture plus fine de la dépense publique. Combien une politique coûte‑t‑elle ? Mais surtout, à qui profite‑t‑elle et avec quels effets sur les femmes et les hommes ? C’est à cette seconde question que le futur DBSG devra apporter des éléments de réponse.
La formation est conduite par deux expertes du ministère des Finances et du Budget, Hoafoa Amé Mawussé épouse Akomegni et Amegadzé Essianyo Marcelle. La première, également point focal national de la budgétisation sensible au genre, considère la BSG comme un instrument permettant d’intégrer les besoins différenciés des femmes et des hommes dans les politiques publiques.
L’objectif de l’atelier est donc double : renforcer les compétences des cadres et les préparer à produire leur propre document budgétaire. Le travail sur les données occupera une place centrale. L’analyse sexo‑désagrégée des effectifs doit notamment permettre de mieux identifier les éventuels déséquilibres et de disposer d’une base objective pour orienter les décisions.
Cette nouvelle étape intervient une semaine seulement après un atelier consacré à la budgétisation verte. Ce rapprochement n’est pas anodin : le MEVS cherche à faire évoluer le budget d’un simple instrument comptable vers un outil de pilotage intégrant plusieurs dimensions du développement durable.
Après l’environnement, le genre entre ainsi dans le champ de cette modernisation. Mais la prochaine échéance sera décisive : la formation ne constitue qu’une étape préparatoire. L’élaboration effective du DBSG 2027 est annoncée pour le quatrième trimestre 2026.
À ce moment‑là, les acquis des cinq jours de formation devront se traduire dans les lignes budgétaires, les indicateurs et les choix de dépenses. Le véritable test commencera donc après la salle de formation : faire en sorte que l’égalité entre les femmes et les hommes ne reste pas un principe affiché dans les politiques publiques, mais devienne une donnée mesurable dans l’allocation des ressources de l’État.
Rejeté par la FIFA et les autorités américaines avant le Mondial 2026, l’officiel somalien de 34 ans entre dans l’histoire ce mercredi 12 août à Salzbourg. Il deviendra le premier arbitre non européen à diriger la prestigieuse Supercoupe de l’UEFA opposant le Paris Saint‑Germain à Aston Villa.
Du purgatoire diplomatique aux sommets du football européen, la trajectoire d’Omar Abdulkadir Artan ressemble à un retournement de situation magistral. Arrivé ce lundi 10 août sur le sol autrichien, l’arbitre international somalien s’apprête à marquer l’histoire de la discipline. Ce mercredi soir, sur la pelouse de Salzbourg, il donnera le coup d’envoi du choc au sommet entre le Paris Saint‑Germain et Aston Villa.
Cette désignation constitue une première absolue : Omar Artan deviendra le tout premier arbitre non européen à officier lors de la Supercoupe de l’UEFA. Une consécration majeure pour le corps arbitral africain, mais surtout une revanche retentissante pour un homme que l’on croyait écarté des grands rendez‑vous internationaux.
Rebond au sommet après le camouflet international
Il y a encore peu de temps, l’horizon du jeune officiel semblait pourtant assombri. Sélectionné pour arbitrer lors de la Coupe du monde 2026, Omar Artan avait vu son rêve s’effondrer brutalement après s’être vu refuser l’entrée sur le territoire des États‑Unis. Dans la foulée de cet imbroglio administratif, la Confédération africaine de football (CAF) et la FIFA avaient choisi de le retirer de leurs listes, le laissant sur la touche au moment le plus crucial de sa carrière.
Désormais, en lui confiant les rênes d’une affiche aussi prestigieuse, l’UEFA offre à Artan une tribune d’exception et envoie un signal fort sur la scène internationale. Ce mercredi, dans le rond central de Salzbourg, les yeux ne seront pas uniquement rivés sur les vedettes du PSG et d’Aston Villa : ils accompagneront aussi les premiers pas historiques d’un homme qui a su transformer une injustice en rendez‑vous avec la légende.
À Assiamagbleta, les eaux stagnantes signalées par des riverains autour de la voie de contournement ont déclenché une vérification de terrain. La commune d’Avé 2 veut déterminer leur origine avant d’établir toute responsabilité. Le 6 août 2026, les autorités communales et les services environnementaux ont effectué une visite sur le site de l’unité de production alimentaire INDUFOOD. L’objectif était de confronter les préoccupations des habitants aux réalités observées sur place.
La mission a réuni l’exécutif et les services techniques de la mairie de Noèpé, la commission domaniale de la commune, la direction préfectorale de l’Environnement de l’Avé et l’Agence nationale de gestion de l’environnement (ANGE).
Sur le terrain, les équipes ont constaté deux réalités : l’entreprise dispose de dispositifs destinés à collecter et gérer ses eaux, tandis que des eaux stagnantes accumulées occupent également l’extérieur du site, dans une zone naturellement inclinée qui reçoit le ruissellement.
Pour autant, les premières constatations ne suffisent pas à attribuer ces accumulations d’eau aux activités de l’unité de production. Les experts n’établissent donc aucun lien direct à ce stade entre les éventuels rejets de l’entreprise et les stagnations constatées à l’extérieur. Les autorités privilégient désormais les analyses scientifiques pour éviter toute conclusion prématurée.
La prochaine étape consistera à déterminer l’origine et la qualité des eaux. Les spécialistes envisagent notamment des analyses physico-chimiques et microbiologiques, parallèlement à un contrôle du réseau interne de l’entreprise. Les autorités prévoient également de renforcer la surveillance de la qualité des eaux usées avant leur évacuation et de concevoir un plan d’assainissement et d’aménagement de la zone.
Les acteurs locaux doivent, eux aussi, accorder une attention accrue à la gestion des déchets solides, en coordination avec les services techniques communaux.
Par ailleurs, l’affaire pose une question plus large : celle de la coexistence entre activités économiques, environnement et habitat. Pour la commune Avé 2, la réponse passe par une méthode fondée sur l’écoute, le constat et l’expertise. La municipalité prend pleinement en compte les préoccupations des habitants, mais elle doit appuyer leur traitement sur des éléments rigoureux et vérifiables.
À Assiamagbleta, la commune fixe donc un double objectif : identifier scientifiquement la source des eaux stagnantes et déployer des solutions durables pour préserver le cadre de vie des populations.
Pendant quatre jours, plus de 500 scientifiques, enseignants-chercheurs, doctorants, industriels et décideurs venus d’Afrique de l’Ouest se retrouvent à l’Université de Lomé. Derrière les équations et les communications scientifiques, les 26es Journées scientifiques annuelles de la Société ouest-africaine de chimie posent une question plus politique : comment transformer la recherche en réponses concrètes aux fragilités sanitaires, alimentaires, énergétiques et environnementales du continent ?
À l’Université de Lomé, la chimie ne se présente pas cette semaine comme une discipline confinée aux paillasses des laboratoires. Elle s’invite au cœur des grandes préoccupations africaines : nourrir les populations, protéger leur santé, valoriser les ressources naturelles, réduire la dépendance énergétique et préserver les espaces maritimes.
Du 11 au 14 août 2026, les 26es Journées scientifiques annuelles de la Société ouest-africaine de chimie réunissent plus de 500 participants autour d’un même défi : faire de la science un instrument directement utile au développement durable. Le thème retenu — consacré à l’économie bleue, à l’énergie, à la sécurité sanitaire et alimentaire — donne la mesure des attentes. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce que la chimie peut expliquer, mais ce qu’elle peut permettre de changer.
De la paillasse au quotidien : Transformer la recherche en solutions concrètes
La cérémonie d’ouverture, organisée à l’amphithéâtre Ampah Johnson, a placé l’Université de Lomé au centre de cette réflexion régionale. Représentant le président de l’Université, la deuxième vice-présidente a présenté l’établissement comme un espace de circulation et de valorisation des savoirs scientifiques, mais aussi comme un partenaire de l’État dans la construction des réponses aux défis nationaux. Cette position prend une importance particulière dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leurs capacités scientifiques et technologiques.
Car les enjeux abordés à Lomé ne sont pas théoriques. La sécurité sanitaire renvoie à la qualité des médicaments, de l’eau, des aliments et des produits utilisés quotidiennement. La sécurité alimentaire dépend également de la capacité à analyser, conserver, transformer et sécuriser les productions. Quant à la transition énergétique, elle suppose de développer des procédés moins dépendants des combustibles fossiles.
À chacune de ces étapes, la chimie est déjà présente. L’enjeu est désormais de mieux l’orienter vers les besoins du continent.
L’économie bleue et l’énergie : De nouveaux défis pour la science maritime au Togo
La dimension maritime occupe une place particulière dans les débats. Le ministre délégué chargé de l’Économie maritime a mis en avant les efforts engagés par le Togo pour développer l’économie bleue et rappelé le rôle que peut jouer la chimie dans la valorisation durable des ressources halieutiques.
La discipline intervient également dans la surveillance et la réduction des pollutions qui affectent les zones côtières. À cela s’ajoute la question énergétique. Les procédés chimiques peuvent contribuer au développement de nouvelles solutions et accompagner la transition vers des systèmes énergétiques moins dépendants des ressources fossiles.
Cette approche élargit considérablement le champ de la chimie. La mer devient un laboratoire à ciel ouvert, mais aussi un espace économique qu’il faut exploiter sans compromettre son équilibre écologique. Pour les États côtiers ouest-africains, cette équation est devenue stratégique.
La conférence inaugurale a donné le ton des quatre journées avec un sujet particulièrement sensible : la sécurité sanitaire en Afrique. Le choix de cette thématique n’est pas anodin. Il place la recherche scientifique face à une réalité quotidienne : la capacité des États à garantir à leurs populations des produits sûrs, une alimentation saine et un environnement maîtrisé.
Chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, innovateurs et industriels doivent ainsi confronter leurs travaux aux préoccupations des décideurs publics et de la société civile. L’objectif est de réduire la distance entre la découverte scientifique et son application.
C’est précisément dans cet espace que se joue une partie de l’avenir de la recherche africaine. Une innovation qui reste dans un laboratoire ne produit qu’une partie de sa valeur. Celle-ci prend véritablement corps lorsqu’elle trouve une application, un financement, une industrie capable de la produire et un marché capable de l’adopter.
Formation et relève : Préparer la future génération de chercheurs africains
L’autre enjeu des JSA 2026 concerne la relève. À l’ouverture officielle, le ministre de l’Éducation nationale a insisté sur l’importance accordée par le gouvernement togolais, comme par les autres États de la sous-région, à la recherche en chimie. Mais cette ambition ne peut reposer uniquement sur les chercheurs déjà en activité.
Elle suppose de préparer les générations futures à travailler sur des problématiques qui dépassent désormais les frontières disciplinaires : climat, alimentation, santé publique, énergie, ressources marines et industrialisation. L’intégration de ces enjeux dans les différents niveaux du système éducatif apparaît ainsi comme une condition de la continuité scientifique.
L’Afrique ne cherche donc pas seulement des découvertes. Elle cherche aussi les femmes et les hommes capables de les transformer en solutions.
Pendant quatre jours, les amphithéâtres de l’Université de Lomé accueilleront conférences plénières, tables rondes, communications scientifiques, expositions et sessions de formation. La diversité des participants — chercheurs, universitaires, doctorants, innovateurs, industriels, responsables publics et représentants de la société civile — traduit une volonté de décloisonnement.
La présence de la CEDEAO renforce cette dimension régionale. Son représentant a réaffirmé le soutien de l’organisation sous-régionale aux initiatives portées par la SOACHIM. Derrière cette mobilisation se dessine une ambition plus vaste : faire de la coopération scientifique ouest-africaine un levier de développement plutôt qu’un simple cadre d’échanges académiques.
La souveraineté scientifique : Faire de la chimie un levier d’autonomie pour le continent
À Lomé, la question posée dépasse finalement la seule discipline scientifique. Elle touche à la capacité des pays africains à produire leurs propres connaissances, à maîtriser leurs technologies et à développer des solutions adaptées à leurs réalités. Sécuriser l’alimentation, protéger la santé, valoriser les ressources marines et réussir la transition énergétique sont aussi des questions de souveraineté.
Les 26es Journées scientifiques annuelles de la SOACHIM arrivent ainsi à un moment où la recherche africaine est appelée à démontrer son utilité au-delà des publications et des conférences. Durant quatre jours, les scientifiques réunis à l’Université de Lomé devront donc faire dialoguer la molécule avec les réalités du continent. Parce que pour l’Afrique, le véritable défi n’est peut-être plus de produire davantage de science. Il est de faire en sorte que cette science produise davantage de solutions.
À Lomé, le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, s’est entretenu avec Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie et envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies. Derrière le caractère protocolaire de la rencontre, trois dossiers se sont imposés : la paix, la sécurité et le développement en Afrique de l’Ouest.
La discussion intervient dans un contexte où les questions sécuritaires occupent une place croissante dans les agendas africains. Les crises, les recompositions régionales et les difficultés économiques obligent désormais les États à multiplier les espaces de dialogue et à rechercher des réponses dépassant les frontières nationales.
L’expérience de Sahle-Work Zewde donne à l’entretien une dimension particulière. Ancienne cheffe de l’État éthiopien et aujourd’hui engagée dans des missions internationales au nom des Nations unies, elle dispose d’une expérience qui croise diplomatie, gouvernance et coopération multilatérale.
Face à elle, Robert Dussey porte la voix de la diplomatie togolaise, qui entend maintenir le dialogue avec différents acteurs du continent. La rencontre crée ainsi un pont entre deux espaces africains confrontés, chacun à sa manière, à des défis de stabilité et de développement. L’Afrique de l’Ouest, notamment, reste confrontée à des enjeux sécuritaires qui imposent une coordination accrue entre les États et leurs partenaires.
La diplomatie préventive comme levier face aux crises sécuritaires
Par ailleurs, le choix du dialogue constitue en lui-même un signal diplomatique. Pour Lomé, la coopération africaine ne peut se limiter aux périodes de crise. Elle doit également permettre d’anticiper les tensions, de partager les expériences et de construire des réponses collectives.
La diplomatie préventive apparaît ici comme l’un des leviers susceptibles d’éviter que les fractures politiques et sécuritaires ne deviennent irréversibles. Les échanges entre Robert Dussey et Sahle-Work Zewde s’inscrivent dans cette logique de concertation.
La sécurité ne constitue toutefois qu’une partie de l’équation. Les deux interlocuteurs ont également abordé la question du développement, rappelant implicitement que la stabilité du continent ne peut être dissociée de ses performances économiques et sociales.
Dans de nombreux pays africains, les défis sécuritaires se superposent aux difficultés liées à l’emploi, aux infrastructures, à la gouvernance et aux perspectives offertes aux populations.
Pour les diplomaties africaines, le développement durable devient donc autant un objectif économique qu’un facteur de stabilité. Le Togo entend, à travers ce type de dialogue, défendre une approche fondée sur la coopération et la recherche de solutions concertées.
Lomé, un carrefour stratégique pour le maintien du dialogue africain
La rencontre entre Robert Dussey et Sahle‑Work Zewde n’a pas débouché sur un nouvel accord. Elle a surtout permis de maintenir ouverts les canaux de discussion sur les grandes questions du continent.
Dans une Afrique en pleine recomposition, le dialogue reste déjà une forme d’action diplomatique. En recevant une ancienne dirigeante devenue actrice du multilatéralisme, la diplomatie togolaise réaffirme sa ligne directrice : privilégier l’échange, renforcer les coopérations et chercher des réponses africaines aux défis africains.
À Lomé, la conversation n’a peut-être pas livré toutes ses conclusions. Elle rappelle néanmoins une réalité : face aux crises qui dépassent les frontières, aucune capitale ne peut durablement faire cavalier seul.
Ils ont franchi la première porte, celle du concours. Ils doivent maintenant apprendre à franchir celle du métier. Depuis lundi 10 août, 3 136 enseignants provisoirement admis au dernier concours de recrutement des fonctionnaires enseignants sont réunis dans les sept régions éducatives du Togo pour une formation préparatoire de deux semaines.
À Lomé, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a donné le coup d’envoi de cette nouvelle étape au lycée Tokoin II. Mais derrière la cérémonie officielle se joue un enjeu plus important : transformer des candidats sélectionnés en professionnels capables d’assumer les exigences du service public de l’éducation.
Au-delà du concours : L’éthique et les valeurs républicaines au cœur du programme
Réussir un concours ouvre une porte. Il ne garantit pas, à lui seul, la maîtrise de toutes les exigences liées à l’exercice du métier. C’est précisément sur cet intervalle que le ministère veut agir. Pendant deux semaines, les nouvelles recrues complèteront leurs connaissances grâce à des enseignements sur l’éthique professionnelle, la bonne conduite, les valeurs citoyennes et le fonctionnement de l’État.
Le futur enseignant n’est donc pas présenté comme un simple transmetteur de connaissances. Il devient également un agent du service public, soumis à des règles, à des responsabilités et à une certaine conception de l’intérêt général. Cette dimension explique la place accordée aux questions administratives et citoyennes dans le programme.
Comprendre le fonctionnement de l’État et de l’administration publique
La formation va également au-delà des seules pratiques pédagogiques. Les formateurs initient les participants aux principes fondamentaux du budget de l’État et à ses mécanismes de financement. Un choix qui peut paraître éloigné de la salle de classe, mais qui participe à une même logique : familiariser les futurs fonctionnaires avec l’environnement institutionnel dans lequel ils exerceront leurs missions.
L’objectif est de donner aux nouveaux enseignants des repères avant leur première prise de fonction. Le message est explicite : entrer dans l’administration signifie connaître ses règles, comprendre son fonctionnement et mesurer la portée des responsabilités confiées par l’État.
Des parcours adaptés : Le cas spécifique des professeurs de sciences et mathématiques
Les 3 136 participants proviennent de différents cycles et spécialités. Toutefois, le ministère fait une exception pour les enseignants de mathématiques et de sciences physiques du second cycle du secondaire, qui ont entamé leur formation une semaine plus tôt.
Pour ces derniers, le parcours s’avère beaucoup plus long. Le ministère a prévu neuf mois de formation sur le site du lycée scientifique de Lomé pour les candidats provisoirement admis dans ces deux spécialités. Deux dispositifs distincts, donc, mais une même finalité : préparer les nouvelles recrues avant leur arrivée effective dans les établissements scolaires.
Une évaluation le 19 août pour valider les compétences acquises
La session engagée le 10 août ne se terminera pas sur une simple cérémonie de clôture. Une évaluation est programmée le 19 août. Les participants devront ainsi démontrer qu’ils ont assimilé les notions abordées durant la formation.
Cette étape introduit une exigence supplémentaire dans le dispositif : la formation n’est pas seulement informative, elle doit produire des acquis vérifiables. Pour le ministère, l’enjeu est d’autant plus important que ces nouveaux enseignants rejoindront prochainement les établissements scolaires avec la responsabilité d’encadrer et de former les générations futures.
Relever le défi de la qualité de l’enseignement dans les écoles togolaises
Avec cette formation, le gouvernement togolais cherche à agir sur l’un des leviers essentiels de la qualité du système éducatif : les ressources humaines. Une école ne vaut pas seulement par ses programmes, ses infrastructures ou ses équipements. Elle dépend aussi de ceux qui prennent chaque jour place devant les élèves.
Les 3 136 nouveaux enseignants représentent donc bien davantage qu’un chiffre dans les statistiques du recrutement public. Ils constituent une nouvelle génération de professionnels appelée à intégrer durablement le système éducatif.
Le véritable test commencera toutefois après la formation, lorsque les salles de cours remplaceront les salles de formation et que les principes appris devront se traduire en comportements professionnels. À ce moment-là, le concours sera déjà loin. Restera l’essentiel : être à la hauteur du métier et des modèles pour la jeune génération.
À Klabè-Efoukpa, le 30 juillet dernier, l’histoire coutumière a rencontré l’autorité de l’État. Sur le terrain de l’École primaire publique groupe A, les acclamations de la foule ont accompagné un geste à la fois symbolique et institutionnel : la remise du décret reconnaissant officiellement la désignation de monsieur Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V comme chef du canton.
La cérémonie, présidée par le Gouverneur de la région des Plateaux, le général Dadja Maganawe, n’avait rien d’une simple formalité administrative. Elle consacrait publiquement une succession décidée selon les règles coutumières, puis validée par les pouvoirs publics.
Autour du nouveau chef de canton s’étaient réunies autorités administratives et politiques, responsables religieux, forces de défense et de sécurité, mais surtout une population venue en nombre. Dans cette mobilisation, c’est tout un territoire qui semblait vouloir affirmer son attachement à ses repères traditionnels.
De la décision du conseil des sages à la validation républicaine
Avant de parvenir entre les mains du nouveau chef de canton, le décret a suivi un processus qui associe tradition et institution républicaine. Le conseil des sages a d’abord procédé à la désignation du garant des us et coutumes. La décision a ensuite été soumise à l’exécutif, qui l’a validée.
La remise du décret vient ainsi donner une reconnaissance officielle à une autorité dont la légitimité trouve d’abord son origine dans la communauté. Cette articulation entre les mécanismes coutumiers et la reconnaissance de l’État constitue le cœur de la cérémonie. Les traditions conservent leur place dans l’organisation sociale, tandis que l’autorité nouvellement désignée s’inscrit dans le cadre des lois de la République.
Lorsque le décret lui a été remis, les applaudissements ont laissé place à un autre moment fort : celui de l’engagement. Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V a promis de servir sa communauté avec fidélité et justice. Il a également affirmé son attachement aux lois de la République et sa volonté de travailler avec la population.
Son discours d’engagement dessine ainsi une feuille de route qui dépasse la seule fonction traditionnelle. Le nouveau chef entend faire de son autorité un instrument de rapprochement plutôt qu’un facteur de division.
Vivre ensemble, cohésion sociale, dialogue, partage d’idées et fraternité figurent parmi les priorités affichées par le nouveau garant des us et coutumes.
Dans une société où les mutations sociales transforment progressivement les rapports entre générations, la fonction de chef traditionnel conserve une dimension particulière. Elle ne se résume pas à la conservation des rites et des pratiques ancestrales. Elle peut également devenir un espace de médiation, de dialogue et de recherche de compromis au sein de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, le nouveau chef de canton est donc désormais placé devant une double exigence : préserver l’héritage transmis par les anciens tout en inscrivant son action dans les réalités contemporaines et le cadre républicain. La présence des autorités publiques lors de la cérémonie illustre cette volonté de faire cohabiter ces deux dimensions.
Au-delà du symbole : Les défis qui attendent le nouveau garant des us et coutumes
La foule rassemblée autour de la cérémonie n’a pas seulement assisté à une remise de document officiel. Elle a été témoin d’une passation de responsabilité. En fait, derrière le titre de chef de canton se trouve une mission : maintenir les liens sociaux, favoriser le dialogue et contribuer à la stabilité de la communauté.
À Klabè-Efoukpa, la République a donc officialisé un choix issu de la tradition. Désormais investi de cette reconnaissance, Oloukè Kossi Agbéko Okpokou V devra transformer l’acclamation du 30 juillet en actes concrets. Entre la parole des sages et l’autorité du décret, une même attente se dessine : que la tradition demeure une force de cohésion et que l’autorité serve d’abord la communauté.