À Lomé, la commune du Golfe 4 poursuit sa stratégie de mobilisation citoyenne. Le jeudi 7 mai 2026, trente-deux nouveaux volontaires ont officiellement prêté serment au siège de la mairie d’Amoutivé, lors d’une cérémonie solennelle présidée par le maire Jean-Pierre Fabre.
L’événement a marqué une étape importante dans le déploiement de la nouvelle vague de volontaires engagés au service de la commune. Lancée officiellement le 4 mai dernier, cette initiative vise à renforcer l’implication des citoyens dans l’amélioration du cadre de vie et des services de proximité au sein des quartiers du Golfe 4.
Au total, 32 volontaires ont été investis pour une mission de six mois. En effet, le contingent se compose de 30 Volontaires d’Engagement Citoyen (VEC) et de deux Volontaires Engagés Seniors (VES), dont l’expérience devra contribuer à l’encadrement et à l’accompagnement des actions de terrain.
Par ailleurs, la cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs conseillers municipaux ainsi que du Directeur des Services techniques, Awissi. Les représentantes de l’Agence nationale du volontariat au Togo (ANVT), Mme Nyagbé Abra Edem et Mme Akakpo Gnon Aurèmifè, ont supervisé la prestation de serment, donnant à l’événement son caractère institutionnel.
Jean-Pierre Fabre appelle à la rigueur et à l’engagement
Prenant la parole après la prestation de serment, le maire Jean-Pierre Fabre a salué l’engagement des nouveaux volontaires et les a exhortés à faire preuve de discipline, de détermination et de sens du devoir durant leur mission.
« Votre travail est essentiel pour transformer notre commune. Soyez fiers de ce service que vous rendez à vos concitoyens », a déclaré l’autorité municipale.
À travers cette initiative, les autorités communales entendent encourager une citoyenneté plus active et renforcer la participation des jeunes et des seniors aux dynamiques locales de développement.
Durant les six prochains mois, les volontaires auront pour mission d’accompagner plusieurs actions communautaires dans les quartiers de la commune. Leur engagement devrait notamment contribuer à l’amélioration du cadre de vie, à la sensibilisation citoyenne et au renforcement du lien entre les populations et les autorités locales.
Dans un contexte où les collectivités territoriales cherchent à promouvoir une gouvernance de proximité, le volontariat apparaît de plus en plus comme un levier de mobilisation sociale et d’appui aux politiques locales.
La cérémonie s’est achevée par une photo de famille réunissant autorités municipales et volontaires, symbole du lancement officiel d’une nouvelle aventure citoyenne au cœur du Golfe 4.
À Abidjan, le gouvernement ivoirien veut changer de regard sur sa diaspora. Jeudi 7 mai 2026, les autorités ont officiellement lancé le forum « Diaspora for Growth 2026 », une initiative destinée à transformer les transferts financiers des Ivoiriens de l’extérieur en investissements structurants pour l’économie nationale.
Placée sous le haut patronage du Grand Chancelier de l’Ordre national, Aly Coulibaly, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des représentants de la diaspora ainsi que des acteurs économiques autour d’une ambition claire : faire des Ivoiriens de l’étranger de véritables partenaires du développement.
Porté par le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Adama Dosso, l’événement a notamment enregistré la présence du ministre de l’Éducation nationale, Koffi N’Guessan, représentant la ministre des Affaires étrangères, Nialé Kaba.
Les autorités ivoiriennes estiment désormais que la diaspora ne doit plus seulement être perçue comme un soutien social aux familles, mais comme un puissant levier d’investissement, d’innovation et de croissance économique.
Le passage de la « solidarité » à « l’investissement »
Pendant longtemps, la relation avec les Ivoiriens de l’étranger s’est résumée à une aide d’urgence apportée aux ménages. Adama Dosso a toutefois insisté sur la nécessité d’opérer une mutation profonde :
« Nous passons d’une diaspora contributive à une diaspora investisseuse, d’une diaspora solidaire à une diaspora stratégiquement engagée. »
Cette ambition nationale s’appuie sur une réalité économique majeure. Alors qu’en 2008 les transferts de fonds des Ivoiriens de l’extérieur s’élevaient à 99,5 milliards de FCFA, ils ont atteint 640 milliards de FCFA en 2023. Une manne financière considérable qui, orientée vers des secteurs stratégiques comme l’éducation, la santé ou l’entrepreneuriat, pourrait devenir un puissant levier de croissance pour le pays.
Les autorités ivoiriennes entendent ainsi mieux valoriser le potentiel de leur diaspora, forte de compétences variées et d’une expertise reconnue dans plusieurs domaines.
Prenant la parole, Koffi N’Guessan a rappelé que la diaspora ne se limite pas à une simple source de financement. Selon lui, elle représente également un réservoir de compétences, d’innovations et d’opportunités :
« La diaspora n’est pas seulement une source de revenus. Elle est une source d’idées, d’innovation et un pont vers le reste du monde. »
La Côte d’Ivoire souhaite désormais proposer des projets structurés, sécurisés et attractifs afin d’encourager les Ivoiriens de l’extérieur à investir durablement dans leur pays d’origine.
Le lancement d’Abidjan marque le début d’une campagne internationale destinée à mobiliser davantage la diaspora ivoirienne. Après une première étape à Milan, le gouvernement prévoit une rencontre avec la communauté ivoirienne d’Europe à Paris, ce samedi 9 mai 2026.
Les travaux du Forum international « Diaspora for Growth » se poursuivront ensuite les 26 et 27 juin 2026 à Paris puis à Milan. Conférences, panels thématiques et rencontres d’affaires figurent notamment au programme afin de promouvoir les investissements et les partenariats économiques.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique de transformation économique engagée par la Côte d’Ivoire sous la présidence de Alassane Ouattara.
À travers ce forum, les autorités ivoiriennes ambitionnent de bâtir une relation plus structurée avec leur diaspora. L’objectif affiché est clair : faire des Ivoiriens de l’extérieur des partenaires stratégiques du développement national, dans une logique de coopération mutuellement bénéfique entre patriotisme économique et opportunités d’affaires.
Face aux défis climatiques et sécuritaires qui secouent l’Afrique de l’Ouest, l’anticipation n’est plus une option, c’est un impératif. En effet, cette semaine à Lomé, le gouvernement togolais et ses partenaires américains ont franchi un palier décisif en inaugurant un tout nouveau centre d’opérations d’urgence. Derrière le ruban coupé, c’est une véritable tour de contrôle au service de la protection civile qui s’apprête à redéfinir la gestion des crises dans la région.
Ainsi, dans les moments de crise, chaque seconde sauvée est une vie épargnée. Qu’il s’agisse d’inondations subites, de catastrophes industrielles ou encore de menaces sécuritaires complexes, la rapidité d’action dépend d’une chose : la centralisation de l’information. C’est tout l’enjeu du nouveau Centre d’opérations d’urgence (COU) inauguré cette semaine dans la capitale togolaise.
La cérémonie a réuni des personnalités de premier plan, symbolisant la force de l’alliance entre Lomé et Washington. Par ailleurs, aux côtés du ministre togolais de la Sécurité, le Général Calixte Batossie Madjoulba, se trouvaient le Général de brigade Mitch Johnson, venu spécialement de la Garde nationale du Dakota du Nord, et la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis au Togo, Kim McClure.
Un cerveau technologique pour l’ANPC
Entièrement financée par le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), cette nouvelle infrastructure est le fruit concret du programme de partenariat d’État de la Garde nationale du Dakota du Nord.
Concrètement, ce centre va servir de « cerveau » à l’Agence nationale de la protection civile (ANPC). Grâce à des outils de communication et de suivi de dernière génération, les équipes togolaises pourront désormais :
Coordonner en temps réel les informations remontant du terrain.
Prendre des décisions instantanées lors des catastrophes naturelles ou des alertes sécuritaires.
finalement, déployer les secours de manière ciblée et ultra‑rapide à travers tout le territoire togolais et, par extension, soutenir les dynamiques régionales.
Si les poignées de main étaient chaleureuses sous les flashes des photographes, la portée de cette inauguration dépasse largement le cadre d’un simple protocole diplomatique. Cet investissement américain est un signal fort envoyé à la sous‑région. En choisissant d’équiper le Togo, Washington valide et soutient le leadership de Lomé en matière de stabilité régionale.
<blockquote>« Ce centre n’est pas juste un bâtiment avec des écrans », analyse un expert en sécurité. « C’est le symbole d’un partage des charges intelligent. En aidant le Togo à sécuriser ses frontières et ses populations, les États‑Unis investissent aussi dans leur propre sécurité globale. Un Sahel stable, c’est un monde plus sûr. »
Un bouclier pour l’avenir
Par ailleurs, ce centre d’opérations d’urgence arrive à point nommé dans une période où le Togo fait face, comme ses voisins, à une pression sécuritaire accrue aux frontières septentrionales et à des aléas climatiques de plus en plus violents. Il offre à l’ANPC un véritable bouclier, à la fois technologique et humain.
En somme , à Lomé, les États‑Unis prouvent une fois de plus qu’ils sont des partenaires de poids pour moderniser les institutions. Pour les populations togolaises, cette inauguration se traduira très bientôt sur le terrain : des secours plus rapides, mieux organisés et une présence de l’État rassurante au cœur de la tempête.
La brise marine qui souffle sur Lomé ce jeudi soir porte avec elle un parfum de fête et d’impatience. Sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé, les techniciens s’activent, les projecteurs s’ajustent et la foule commence déjà à affluer. Et pour cause : le « Grand Mopao », Koffi Olomidé, s’apprête à offrir un concert gratuit qui promet de faire vibrer la capitale togolaise jusque tard dans la nuit.
Ce n’est pas tous les jours que la ville accueille une légende de la musique africaine. Arrivé la veille à Lomé, Koffi Olomidé a déjà pris le pouls de la capitale. Mercredi, l’artiste a d’ailleurs été reçu par Tchiakpé Isaac, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, pour un échange placé sous le signe de la convivialité. À travers cette rencontre, le Togo réaffirme son statut de terre d’accueil et de carrefour culturel où les talents du continent viennent célébrer la richesse de la culture africaine.
Une scène, une légende et un cadeau au public
Voir Koffi Olomidé sur scène reste une expérience à part entière. Mais assister gratuitement à son concert sur l’esplanade du Palais des Congrès de Lomé relève presque de l’événement exceptionnel. Entre les répétitions et les balances qui ont résonné tout au long de l’après-midi, une certitude s’impose : l’artiste semble prêt à communier avec son public togolais. La soirée s’annonce électrique, portée par des mélodies qui ont traversé les générations.
Sous les projecteurs : le SUV chinois qui veut conquérir Lomé
Mais derrière l’ambiance festive se cache également un enjeu commercial de taille. Ce concert prestigieux sert aussi de vitrine au lancement officiel d’un nouveau SUV chinois qui ambitionne de s’imposer sur les routes togolaises.
Le contraste avec les anciens clichés associés à l’industrie automobile chinoise saute aux yeux. Le modèle dévoilé ce soir sous les lumières de l’esplanade affiche des ambitions clairement assumées : calandre imposante, lignes fluides et signature lumineuse LED sophistiquée. Les constructeurs chinois entendent désormais imposer leur style sur un marché africain de plus en plus concurrentiel.
Alors que le soleil se couche sur Lomé, les échos des balances et l’agitation des préparatifs résonnent déjà autour du Palais des Congrès de Lomé. Ce soir, la capitale togolaise ne dormira pas. Entre l’éclat métallique du nouveau SUV et le charisme magnétique de Koffi Olomidé, la ville confirme une fois de plus son statut de scène incontournable des grands rendez-vous culturels et événementiels.
En somme, entre le concert gratuit de la légende congolaise et le dévoilement d’un SUV chinois présenté comme une nouvelle référence automobile, Lomé s’apprête à vivre une nuit hors du commun.
Le géant togolais de la boisson change le visage de sa hiérarchie. Brasserie BB Lomé, fleuron industriel et filiale du Groupe Castel, vient d’officialiser la nomination de Cyril Segonds au poste de directeur général. Succédant à Victoria Diogo, le nouveau dirigeant arrive avec une mission claire : accélérer la dynamique de l’entreprise sur un marché où BB règne en maître, tout en consolidant l’ancrage local de la société.
Un passage de témoin stratégique s’est opéré dans les bureaux de Brasserie BB Lomé. Après 18 mois sous la direction de Victoria Diogo, l’entreprise ouvre un nouveau chapitre. Pour BB, ce changement ne marque pas une rupture, mais plutôt une phase d’accélération. Dans un secteur des boissons en pleine mutation, le leader du marché togolais mise sur un profil expérimenté pour piloter ses deux usines et encadrer ses milliers de collaborateurs.
Un moteur de l’économie togolaise
La Brasserie BB fait partie du paysage économique togolais. Des bières emblématiques aux eaux minérales, en passant par les sodas, ses produits occupent une place importante dans le quotidien des consommateurs.
Mais au-delà des rayons des supermarchés et des comptoirs des maquis, l’entreprise représente également un acteur économique majeur. BB ne se limite pas à la production industrielle ; elle valorise aussi les ressources locales. En utilisant massivement des matières premières togolaises dans ses processus de fabrication, elle soutient directement des milliers de producteurs agricoles à travers le pays. C’est cet écosystème complexe, à la croisée de l’industrie moderne et de l’agriculture locale, que Cyril Segonds devra désormais piloter.
Qui est Cyril Segonds, le nouveau visage de BB Lomé ?
Porter les ambitions du Groupe Castel au Togo ne sera pas une mission de tout repos, mais Cyril Segonds dispose de l’expérience nécessaire pour relever le défi.
Un pur produit du secteur brassicole
Cyril Segonds n’est pas un nouveau venu dans l’univers des boissons. Manager de terrain et dirigeant chevronné, il a construit sa carrière au sein du réseau international du groupe français. Avant de s’installer sur les rives de la lagune de Lomé, il a dirigé plusieurs filiales importantes, notamment au Cameroun et en République démocratique du Congo.
Les collaborateurs qui ont travaillé avec lui décrivent un dirigeant attaché à l’efficacité opérationnelle, tout en restant attentif au capital humain. Pour lui, une usine performante repose avant tout sur des équipes engagées. Son parcours se distingue également par sa capacité à évoluer dans des environnements concurrentiels tout en maintenant des standards de qualité internationaux.
Ses priorités pour le Togo
À la tête de BB Lomé, plusieurs défis l’attendent :
l’innovation produit, afin de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs togolais ;
la durabilité, avec le renforcement de l’approvisionnement en matières premières locales comme le riz ou le maïs ;
la modernisation, à travers la poursuite des investissements dans les outils de production des deux usines pour préserver l’avance technologique de la marque.
En prenant ses fonctions de directeur général, Cyril Segonds hérite d’une véritable institution industrielle. Son mandat sera observé de près, aussi bien par les partenaires économiques que par les consommateurs, avec une interrogation centrale : Quelles stratégies permettront au leader togolais des boissons de grandir encore davantage ?
À Lomé, un nouvel appel à candidatures résonne comme une promesse d’avenir meilleur. Sous l’égide du projet SWEDD+, l’initiative « École de la Chance » s’apprête à offrir une seconde vie professionnelle à 1 500 jeunes filles.
Elles s’appellent Amina, Kafui ou Rose. Elles ont souvent dû quitter les bancs de l’école trop tôt, faute de moyens ou par les aléas de la vie. Aujourd’hui, elles font partie de cette jeunesse courageuse qui cherche sa place dans l’économie du Grand Lomé. Pour elles, le lancement de « l’École de la Chance » mercredi 6 mai n’est pas qu’un simple communiqué administratif : c’est une porte qui s’ouvre.
Transformer l’interruption en nouveau départ
Le concept est simple mais puissant. Là où le système classique a échoué, l’École de la Chance prend le relais. Porté par le ministère de la Planification et soutenu par la Jeunesse et l’Union des chambres régionales de métiers (URCM), ce programme ne demande pas de diplômes ronflants. Il demande de la détermination.
Pendant 3 à 6 mois, ces jeunes filles ne seront plus des « déscolarisées », mais des apprenantes. Couture, broderie, esthétique ou coiffure… des métiers concrets, des métiers de mains, mais surtout des métiers de demain.
« Ce n’est pas seulement apprendre à couper un tissu ou à tresser des cheveux », explique un acteur du secteur de l’artisanat interrogé dans les rues de Lomé « C’est apprendre à ne plus dépendre de personne. C’est retrouver l’estime de soi par le travail bien fait. »
Un rempart contre la fatalité
L’inclusion sociale est ici le maître-mot. En ciblant les zones du Grand Lomé pour cette phase pilote, le gouvernement s’attaque de front à la précarité urbaine. Le projet SWEDD+, qui chapeaute l’initiative, voit grand : impacter à terme plus de 105 000 jeunes femmes.
Mais au-delà des statistiques impressionnantes, c’est l’approche « courte durée » qui séduit. Dans un contexte où chaque jour compte pour subvenir aux besoins de la famille, une formation qualifiante rapide est un luxe que beaucoup ne pensaient jamais pouvoir s’offrir. Et le fait qu’elle soit aussi gratuite lève le dernier verrou : celui de l’argent.
Le défi de la transmission
Le succès de cette aventure reposera aussi sur les centres de formation et ateliers qui seront recrutés d’ici le 20 mai. Ce sont eux, les maîtres-artisans et les professionnelles aguerries, qui auront la lourde et noble tâche de transmettre non seulement un savoir-faire, mais aussi un savoir-être.
En fait, l’École de la Chance ne se contentera pas de former des ouvrières, mais créera des patronnes. Des jeunes filles capables de monter leur propre micro-entreprise, de devenir autonomes et, pourquoi pas, de former à leur tour la génération suivante.
En somme, les jeunes filles intéressées ont jusqu’au 20 mai prochain pour déposer leurs candidatures. Une date à marquer d’une pierre blanche pour celles qui ont décidé que leur avenir ne s’était pas arrêté le jour où elles ont quitté l’école.
À Sagbiébou, l’effervescence ne vient pas seulement du marché habituel. Depuis le 6 mai, sous les hangars du parc à bétail, une petite révolution est en marche. Entre partage d’expériences et gestes techniques, des hommes et des femmes des préfectures de l’Oti-Sud et du Kpendjal se réapproprient leur destin pastoral à travers le projet SMART_FOOD.
Le soleil tape fort sur Sagbiébou, mais l’attention ne faiblit pas. Autour de M. DANSOIP Gountante, maître-assistant à l’Université de Kara, le cercle est dense. Ici, on ne se contente pas de théories académiques. On parle de la terre, du bétail et surtout de ceux qui les font vivre.
En effet, cet atelier s’attaque à une réalité souvent passée sous silence : la difficulté, pour de nombreux producteurs, d’accéder aux ressources et d’en garder le contrôle. Cependant, dans ces régions septentrionales du Togo, si les femmes sont les piliers de la transformation des produits de l’élevage, elles restent souvent en marge des décisions stratégiques.
« Cette formation nous ouvre les yeux », confie une participante, transformatrice de lait. « Comprendre comment mieux gérer nos ressources, c’est aussi comprendre que chaque main, homme ou femme, compte pour nourrir la famille. »
Pour le projet SMART_FOOD, l’égalité n’est pas qu’un concept : c’est un moteur de sécurité alimentaire.
Par ailleurs, au milieu du parc à bétail, l’ambiance devient pratique. Les mains plongent dans les mélanges pour la fabrication de pierres à lécher, ces compléments minéraux essentiels à la santé des bêtes. Plus loin, les participants s’exercent aux techniques traditionnelles de fumigation du bétail. D’ailleurs, ces techniques « climato-intelligentes » constituent une réponse concrète aux caprices d’un ciel de plus en plus incertain.
Pour M. DANSOIP Gountante et son équipe, l’objectif est de donner aux éleveurs et agro-éleveurs les outils nécessaires pour résister aux changements climatiques tout en augmentant leur productivité. C’est pourquoi, en modernisant des pratiques ancestrales grâce à des apports scientifiques endogènes, c’est toute la résilience du système agro-pastoral qui se renforce.
SMART_FOOD: une alliance universitaire sans frontières
Derrière cette initiative se cache une solidarité académique. En fait, le projet SMART_FOOD est le fruit d’un consortium réunissant les universités de Kara (Togo), de Parakou (Bénin), de Korhogo (Côte d’Ivoire) et de Montréal (Canada). Soutenu par le CRDI, ce pont entre la recherche et le terrain prouve que les solutions les plus durables naissent de la collaboration internationale appliquée aux réalités locales.
Pendant trois jours, Sagbiébou devient le laboratoire d’un élevage moderne, plus juste et plus résilient. Grâce à cette formation de , les acteurs locaux repartiront vers leurs campements de l’Oti-Sud et du Kpendjal non seulement avec de nouvelles techniques, mais surtout avec la conviction que le changement commence par le partage du savoir et du pouvoir.
Dix-sept ans après sa dernière session spéciale, l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) revient sur la question cruciale de ses ressources. Les travaux du Comité des Experts ont débuté le 4 mai 2026 à Lomé, prélude à la réunion des ministres des Finances prévue vendredi. L’enjeu est clair : donner enfin à l’institution les moyens de son ambition.
Créée en 1993 par le Traité de Port-Louis, l’OHADA a transformé l’écosystème économique africain en offrant une sécurité juridique et judiciaire inédite. Les États membres sont devenus des destinations de confiance pour les investisseurs. Mais derrière ce succès, une fragilité persiste : l’organisation peine à mobiliser des ressources stables et consacre une énergie considérable à la recherche de financements.
Le Secrétaire Permanent, le Professeur Mayatta N’Diaye Mbaye, a rappelé avec force : « La réactivité, l’efficacité, le rendement ne peuvent être obtenus que lorsque les moyens sont disponibles. »
Le fonds de capitalisation initial a montré ses limites.
Le mécanisme de financement autonome de 2003 est resté largement inopérant.
L’instabilité budgétaire fragilise la mission et détourne l’organisation de ses actions concrètes.
La session de Lomé, reportée après Addis-Abeba, bénéficie du soutien de l’Agence Française de Développement (AFD). Les experts, directeurs de la comptabilité publique et consultants doivent aussi examiner une étude stratégique financée par l’AFD et proposer des réformes « concrètes et réalistes ».
Pour Akou Mawussé Adetou Afidenyigba, représentante du ministre des Finances du Togo, l’OHADA est « un outil économique » dont la vocation dépasse le juridique. Elle a rappelé que l’organisation a assaini l’environnement des entreprises et stimulé l’investissement, mais qu’elle doit désormais franchir un cap : « sortir d’ici avec les meilleures résolutions possibles qui puissent donner à l’Organisation les moyens d’accompagner encore et toujours les États membres dans leurs efforts de développement économique ».
Au-delà des chiffres, l’enjeu est politique et stratégique : il s’agit de renforcer la souveraineté des États membres et de garantir un cadre juridique stable. Dans un agenda régional chargé — les ministres revenant de Washington et se préparant pour Nairobi — leur présence à Lomé traduit l’urgence absolue.
Car à l’heure de la mondialisation, les investisseurs ne choisissent pas seulement un pays, ils choisissent un droit. Et pour que ce droit demeure un moteur de développement, il doit s’appuyer sur des financements pérennes. Les recommandations des experts seront soumises vendredi aux ministres des Finances, seuls habilités à trancher.
Au Golfe 4, les représentants des municipalités de la capitale togolaise ont validé les contours d’une compétition inédite dont le coup d’envoi sera donné le 13 juin. Derrière l’enjeu sportif, les communes cherchent à bâtir une identité métropolitaine et à occuper une jeunesse désœuvrée.
En effet, la salle de délibération de la mairie du Golfe 4 a accueilli ce mercredi 6 mai 2026 une séance de travail décisive pour l’organisation du premier Tournoi de Football Intercommunal du Grand Lomé. Après une prière d’ouverture placée sous le signe de la concorde, les représentants des différentes communes ont procédé à une présentation mutuelle, avant d’entrer dans le vif du sujet : caler les derniers détails logistiques et réglementaires.
M. Akouété Tsolenyanu, deuxième adjoint au maire de Golfe 4 et président du comité d’organisation, a salué l’assemblée en rappelant l’importance de l’événement pour « renforcer les liens entre les administrés du Grand Lomé ». De son côté, M. Djimada Sebou, secrétaire général du comité et directeur de la planification et du développement de Golfe 4, a exposé la genèse du projet, son cadre réglementaire et les règles prévues pour garantir l’équité et le fair‑play.
Un calendrier serré
Ainsi, les dates clés ont été fixées :
29 mai 2026 : dépôt des dossiers de participation, tirage au sort des poules et mise en place des commissions techniques.
13 juin 2026 : coup d’envoi officiel de la compétition.
Par ailleurs, la rencontre s’est achevée par une phase de divers riche en échanges, suivie de la traditionnelle photo de famille pour immortaliser l’engagement commun.
Si l’ordre du jour semblait relever de l’animation locale, les discours ont rapidement dépassé le cadre sportif. Dans une métropole que la décentralisation et les découpages administratifs récents fragmentent, les édiles locaux envisagent désormais le football comme un levier d’intégration sociale et territoriale. Les communes cherchent à bâtir une identité métropolitaine et à occuper une jeunesse souvent désœuvrée.
Ce tournoi intercommunal apparaît ainsi comme un test grandeur nature pour les politiques de jeunesse des nouvelles municipalités. Il vise aussi à canaliser l’énergie des jeunes autour d’un projet fédérateur, à réduire l’oisiveté et à renforcer la cohésion sociale dans les quartiers périphériques.
Reste désormais à savoir si la concorde affichée lors de la photo de famille finale par les responsables municipaux survivra à la réalité du terrain et aux rivalités sportives qui s’annoncent, selon les organisateurs eux-mêmes, particulièrement intenses.
Grâce à un accord de don signé avec la BOAD, adossé au Fonds vert pour le climat, le gouvernement togolais déploie le programme « SAPO 48 ». L’objectif est de substituer une logique de prévention à la gestion de crise.
Face à l’intensification des aléas climatiques qui bousculent régulièrement l’Afrique de l’Ouest, le Togo choisit de revoir sa doctrine. Mardi 5 mai à Lomé, le gouvernement togolais et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ont paraphé un accord de financement d’un montant de 15,39 milliards de francs CFA (environ 27,7 millions de dollars). Cet apport, octroyé sous forme de don, est destiné à la mise en œuvre du projet « SAPO 48 », une initiative visant à renforcer la résilience des communautés vulnérables face aux inondations, sécheresses et feux de végétation.
Sur le plan symbolique et financier, l’opération est stratégique pour Lomé. Ce programme constitue le tout premier projet individuel d’investissement direct du Fonds vert pour le climat (FVC) au bénéfice du Togo. Pour l’exécutif, ce guichet direct valide une stratégie dite « de portefeuille », pensée pour capter les grands financements environnementaux mondiaux et alimenter, à terme, le futur Togo Green Fund.
Rompre avec la gestion de l’urgence
Le projet se déploiera sur une période de cinq ans avec une ambition structurelle : protéger l’ensemble de la population, soit près de 9 millions de personnes, et cibler de manière prioritaire 1,3 million de bénéficiaires directs installés dans les zones géographiques les plus exposées.
Sur le terrain, l’enveloppe financera trois axes majeurs. D’abord, la modernisation des services d’information météorologique. Ensuite, le déploiement de systèmes d’alerte précoce multirisques capables de toucher rapidement les communautés rurales. Enfin, la mise en place de mécanismes financiers d’urgence indexés sur les prévisions, permettant de débloquer des fonds avant même que la catastrophe ne survienne.
Pour les autorités togolaises, ce dispositif marque un pivot politique majeur. Il s’agit de s’extraire de l’urgence pour entrer dans l’ère de la planification. « Anticiper, c’est sauver des vies, préserver les moyens de subsistance et protéger les investissements publics », a fait valoir le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Calixte Madjoulba, insistant sur le fait que la sécurité nationale intègre désormais la variable climatique.
Une approche économiquement rationnelle
Cette approche préventive répond également à des impératifs macroéconomiques. Les reconstructions post-catastrophes pèsent lourdement sur les budgets des États de la sous-région, souvent contraints de réallouer des ressources initialement dédiées au développement ou aux infrastructures de base. En investissant en amont, les ministères des Finances cherchent à atténuer les coûts globaux des crises à venir.
Si la signature du projet « SAPO 48 » marque une avancée concrète, les chantiers restent denses. Le pays prépare déjà, toujours aux côtés de la BOAD, un second volet baptisé « PRECO-Togo », un programme complémentaire axé sur la reconstruction et le soutien communautaire post-catastrophes. Une manière de solder le passé tout en essayant de prévoir l’avenir.