Togo : une pluie d’honneurs s’est abattue sur huit éminentes personnalités

Lomé, le 5 février 2025 –Dans une cérémonie empreinte de solennité, le Président Faure Essozimna Gnassingbé a distingué, hier mardi, des personnalités ayant marqué de leur empreinte le paysage sociopolitique et culturel du Togo. En effet, cette distinction, intervenue à l’occasion du 20ᵉ anniversaire du décès du Président Eyadéma, fondateur de la Nation, vient saluer leur dévouement inlassable au service de la patrie.

Barry Moussa Barqué, une loyauté récompensée

D’ailleurs, C’est avec une émotion palpable que Barry Moussa Barqué a reçu les insignes de Grand-Croix de l’Ordre du Mono. L’ancien ministre d’État, figure emblématique du régime, a été célébré pour sa constance et sa fidélité envers le père de la Nation. Sa carrière, jalonnée de hautes responsabilités, témoigne d’un attachement indéfectible aux valeurs républicaines.

Une reconnaissance plurielle

Au-delà de cette distinction honorifique, le Président a élevé d’autres personnalités au rang de Commandeur de l’Ordre du Mono. Parmi elles, Cina Lawson, ministre de l’Économie numérique, et les généraux Dimini Allaharé et Kassawa Kolemagah, respectivement chef d’État-major général et ancien chef d’État-major général des Forces armées togolaises. Le chef de l’État a aussi apprécié leurs actions remarquables dans leurs domaines respectifs.

En plus, les chefs traditionnels n’ont pas été en reste. Le Président a fait Chevaliers de l’Ordre du Mono quatre d’entre eux, reconnus pour leur rôle essentiel dans le maintien de la cohésion sociale et la promotion des valeurs ancestrales. Cette distinction vient souligner ainsi l’importance accordée par les pouvoirs publics au rôle des autorités coutumières dans la construction nationale.

Une cérémonie empreinte d’émotion

En somme, la cérémonie, rehaussée par la présence des plus hautes autorités de l’État, a été l’occasion de célébrer l’excellence et l’explication de ces personnalités. Les discours prononcés à cette occasion ont mis en exergue les qualités humaines et professionnelles des récipiendaires, tout en rappelant l’héritage du Président Eyadéma.

Togo : Kassoumina-Hadabia Barène, une nouvelle gardienne des urnes au sein de la CENI

Lomé, 4 février 2025 — Sous les lambris austères de la Cour constitutionnelle togolaise, un changement de garde institutionnel s’est opéré hier, marquant un tournant discret, mais significatif dans l’architecture électorale du pays. En effet, Kassoumina-Hadabia Barène, désignée par le parti Nouvel Engagement Togolais (NET), a revêtu l’étole symbolique de membre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), succédant ainsi à Atto-Mensah Nokabou, issu des mêmes rangs politiques. Une passation qui, loin d’être une simple formalité, s’inscrit dans un ballet législatif précis, où chaque pas est chorégraphié par le Code électoral.

Barène : un serment sous le regard des arcanes du pouvoir

Par ailleurs, devant une assemblée composée d’autorités politiques, administratives et de représentants de partis, la nouvelle membre a prononcé un serment d’impartialité d’une rigueur presque liturgique : « Je jure solennellement de remplir fidèlement et en toute impartialité les fonctions de membre de la CENI dans le respect de la Constitution, du Code électoral, des lois et règlements en vigueur. » Une formule immuable, mais dont chaque syllabe résonne comme un engagement à arracher la confiance d’un public souvent sceptique face aux mécanismes électoraux. Ainsi, ce geste solennel, accompli sous le regard scrutateur des gardiens de la démocratie togolaise, scelle son entrée dans un cercle où l’équilibre entre loyauté partisane et neutralité institutionnelle reste un fil d’équilibriste.

Remplacement en temps de vacances : entre légalité et pragmatisme

En outre, les autorités ont nommé Barène conformément à un article méconnu du Code électoral, qui prévoit que, en cas de départ anticipé, de démission, de décès ou d’empêchement définitif d’un membre de la CENI, elles doivent assurer son remplacement sans délai. Un mécanisme de substitution activé ici en période de vacances parlementaires, permettant à la Commission elle-même de valider la proposition du parti concerné. Une procédure d’exception qui, bien que conforme aux artifices légaux, soulève des interrogations sur l’autonomie réelle de l’institution face aux influences partisanes.

La CENI, un collège de 17 sages sous tension

Avec cette entrée, la CENI maintient sa composition pléthorique de 17 membres, un chiffre qui, depuis leur élection par la représentation nationale en mars 2022, fait débat. Certains y voient une richesse pluraliste, d’autres un collège décisionnel parfois englué dans des logiques de compromis. Barène rejoint ainsi une instance clé, garante de la crédibilité des scrutins dans un pays où chaque élection est un acte de foi collective autant qu’un champ de tensions politiques.

Enjeux d’une nomination : continuité ou rupture ?

Si le NET, formation de la majorité présidentielle, assure que ce remplacement s’inscrit dans une logique de continuité apolitique, des observateurs relèvent le caractère stratégique du timing. À moins d’un an des prochaines échéances locales, certains pourraient interpréter la présence d’une figure issue des rangs majoritaires au sein de la CENI comme le positionnement d’un pion sur l’échiquier institutionnel. Toutefois, la nouvelle membre devra incarner un paradoxe : être à la fois l’émanation d’un parti et l’arbitre intransigeant des règles du jeu démocratique.

Kassoumina-Hadabia Barène : l’ombre portée des urnes  

Kassoumina-Hadabia Barène entre dans l’arène électorale togolaise avec un mandat aussi exaltant que périlleux. Son serment, bien plus qu’un rite protocolaire, est un pacte avec la transparence, dans un contexte où chaque décision de la CENI est disséquée sous la loupe de l’opposition et de la société civile. Gageons que sa trajectoire saura éviter les écueils des intérêts partisans pour naviguer vers le large de l’intégrité, une exigence non négociable pour des élections crédibles, seules capables de sanctifier le verdict des urnes.

Dans les couloirs de la Cour constitutionnelle, certains chuchotent déjà que cette nomination est un baromètre de la maturité démocratique du Togo. Entre les lignes du Code électoral et les réalités du terrain, Kassoumina-Hadabia Barène incarne désormais l’équilibre fragile entre la lettre de la loi et l’esprit du peuple.

 

Lomé : un colloque éclaire l’héritage polymorphe d’Eyadéma

Lomé, le 4 février 2024 –La capitale togolaise s’est érigée hier en sanctuaire de la réflexion historique, accueillant un colloque international dédié à la figure tutélaire du Général Gnassingbé Eyadéma. Vingt ans après sa disparition, cet hommage, tissé de discours académiques et de témoignages panafricains, a transcendé les frontières, réunissant penseurs et acteurs politiques d’une dizaine de nations africaines et européennes. En effet, sous les lambris d’un lieu symbolique, les participants ont déployé une tapisserie de réflexions autour de l’homme qui incarna, pendant près de quatre décennies, l’âme et les contradictions d’un Togo en quête d’équilibre.

Vingt ans après la disparition du Général Gnassingbé Eyadéma, un colloque international à Lomé a réuni des personnalités africaines Une commémoration à la croisée des mémoires  

Victoire Dogbé, Premier Ministre et cheffe du gouvernement, a ouvert le bal des allocutions d’un ton solennel, saluant un événement nécessaire pour ressusciter l’esprit d’un bâtisseur. Elle a exalté les vertus cardinales d’Eyadéma : l’unité dans le pluralisme, la paix comme socle, et un patriotisme viscéral. « Ce colloque n’est pas un simple exercice de nostalgie, mais une boussole pour les générations futures », a-t-elle affirmé, insufflant une dimension prophétique à la commémoration.

L’homme derrière le mythe : un portrait en clair-obscur

Par ailleurs, Kanka-Malik Natchaba, ministre de l’Enseignement supérieur, a ciselé un portrait nuancé de l’ancien dirigeant. Décrit comme un Janus aux multiples facettes, Eyadéma fut tour à tour stratège militaire, architecte de la concorde nationale et pilier d’une Afrique en turbulence. « Son courage, teinté d’une rigueur spartiate, a forgé un Togo debout, mais son héritage reste un chantier ouvert », a-t-il souligné, évoquant les cicatrices et les lauriers d’un règne marqué par des ombres et des lumières.

Vingt ans après la disparition du Général Gnassingbé Eyadéma, un colloque international à Lomé a réuni des personnalités africaines L’œuvre d’Eyadéma : une fresque aux couleurs contradictoires

En plus, les débats ont illuminé le rôle d’Eyadéma comme médiateur-inquiet dans les crises ouest-africaines. Des intervenants ont rappelé son implication dans la résolution de conflits au Liberia et en Sierra Leone, où il joua les funambules de la diplomatie, mêlant realpolitik et idéal panafricain. « Il croyait en une Afrique forteresse, mais ouverte », a résumé un chercheur béninois, évoquant sa vision d’une intégration « ancrée dans le concret, pas dans les slogans ».

L’économie et le social : entre ambitions et écueils

Cependant, si les allocutions ont célébré des projets structurants (routes, barrages, écoles), certains panels ont osé aborder les angles morts : une industrialisation timide, une jeunesse en quête d’emplois. Un économiste togolais a parlé d’un « développement en dentelle, beau de loin, fragile de près », appelant à « réinventer, sans renier ».

Vingt ans après la disparition du Général Gnassingbé Eyadéma, un colloque international à Lomé a réuni des personnalités africaines L’intégration continentale : un rêve en patchwork 

L’héritage sous-régional d’Eyadéma a été disséqué comme un « puzzle inachevé ». Son soutien à la CEDEAO, perçu comme un « laboratoire de souverainetés partagées », contraste avec des relations tendues avec certains voisins. « Il naviguait entre fraternité et méfiance, reflet d’une Afrique en gestation », a analysé une historienne française, soulignant son rôle dans l’UA naissante comme « un chantre discret, mais tenace ».

Au-delà des discours : les séquelles d’une époque

En marge des cérémonies, des voix anonymes rappellent que la commémoration n’efface pas les controverses. « Un colloque ne guérit pas les plaies, mais peut semer des graines de dialogue », confie un militant des droits humains, souhaitant que « les livres d’histoire ne soient ni des autels ni des tribunaux ».

D’autres hommages sont prévus : expositions, pèlerinages sur les lieux emblématiques et historiques et aussi un projet de fondation dédié à l’étude critique des leaderships africains. Pour les organisateurs, il s’agit de transformer la mémoire en dynamite créatrice, loin des commémorations momifiées.

Eyadema, miroir d’une Afrique en métamorphose

Finalement, comme l’a murmuré un participant, « commémorer Eyadéma, c’est interroger l’ADN politique de l’Afrique postcoloniale ». Entre panégyriques et silences éloquents, ce colloque aura révélé combien l’homme demeure un symbole biface : à la fois repère et repoussoir, incarnation d’un passé qui refuse de passer. Vingt ans après, son spectre plane encore, invitant le Togo et le continent à danser avec leurs fantômes pour mieux inventer demain.

Cancer : le fardeau mondial

Le cancer demeure l’une des plus grandes menaces pour la santé humaine, responsable de près de 10 millions de décès en 2023, selon l’OMS. Malgré des avancées scientifiques majeures, cette maladie, caractérisée par une prolifération anarchique de cellules, continue de défier les systèmes de santé, les économies et les vies. Cet article explore les mécanismes biologiques, les causes, les innovations thérapeutiques et les enjeux sociétaux liés au cancer.

Comprendre le cancer : biologie et mécanismes  

La transformation maligne

Le cancer naît de mutations génétiques qui perturbent le cycle cellulaire. Les oncogènes (comme RAS ou MYC), activés de manière excessive, et les gènes suppresseurs de tumeurs (tel TP53 ou BRCA1/2), inactivés, jouent un rôle clé. Ces altérations permettent aux cellules d’échapper à l’apoptose (mort programmée), de se diviser indéfiniment et de métastaser.

Les « marqueurs » du cancer 

Les travaux de Hanahan et Weinberg (mis à jour en 2022) identifient 14 « caractéristiques » du cancer, dont l’instabilité génomique, l’évasion du système immunitaire et l’inflammation tumorale. Ces mécanismes expliquent la résistance aux traitements et la récidive.

Causes et facteurs de risque entre génétique et environnement

Le cancer, maladie complexe et multifactorielle, résulte d’une combinaison de facteurs environnementaux et de prédispositions génétiques.

Facteurs externes

  •  Tabac : responsable de 25 % des décès (OMS), lié aux cancers du poumon, de la vessie, etc.
  • Alimentation et obésité : 5 à 10 % des cancers sont attribuables à une alimentation déséquilibrée.
  • Infections : virus (HPV, hépatite B/C) et bactéries (Helicobacter pylori) causent 15 % des cas.
  • Rayonnements : UV (mélanome) et radiations ionisantes (nucléaires).

Prédispositions génétiques

De 5 à 10 % des cancers sont héréditaires. Les mutations BRCA1/2 (sein, ovaire) ou le syndrome de Lynch (côlon) en sont des exemples. Le dépistage génétique permet une prévention ciblée.

Typologie et épidémiologie : les cancers les plus meurtriers

En se basant sur les données de GLOBOCAN 2023 et en étudiant la typologie et l’épidémiologie de ces maladies dévastatrices, il a été possible d’identifier les cancers les plus mortels comme suit :

– Carcinomes (peau, poumon, sein) : 80-90 % des cas.

– Leucémies et Lymphomes : 10 % des cancers pédiatriques.

– Cancers du système nerveux : glioblastomes, pronostics souvent sombres.

Statistiques clés (GLOBOCAN 2023) :  

  1. Poumon : 1,8 million de décès/an.
  2. Sein : 2,3 millions de nouveaux cas.
  3. Colorectal : 1,9 million de décès.

Les disparités géographiques persistent : le cancer du foie est prévalent en Asie, lié aux hépatites, tandis que le mélanome domine en Australie.

Diagnostic du Cancer : entre innovations et défis

Le diagnostic du cancer est en constante évolution, oscillant entre les outils traditionnels et des avancées technologiques majeures. Par ailleurs, certaines méthodes permettent aujourd’hui de détecter cette maladie avec une précision accrue.

Outils traditionnels  

– Imagerie : IRM, TEP-scan et radiographies pour localiser les tumeurs.

– Biopsie : analyse histologique pour confirmer la malignité.

Révolution des biomarqueurs  

Les tests sanguins détectent l’ADN tumoral circulant (« biopsie liquide »), prometteurs pour un dépistage précoce. En 2023, l’IA a amélioré l’interprétation des mammographies, réduisant les faux négatifs de 20 %.

En explorant ces avancées, on réalise à quel point la prévention et le diagnostic précoce sont essentiels pour améliorer les taux de survie. Les chercheurs travaillent également sur des biomarqueurs spécifiques qui pourraient un jour permettre des dépistages encore plus simples et accessibles à tous. L’avenir du diagnostic du cancer est donc non seulement prometteur, mais aussi porteur d’espoir pour des millions de personnes à travers le monde.

Traitements : de la chirurgie à l’immunothérapie

Par ailleurs, le traitement du cancer a connu des avancées considérables, offrant de nouvelles perspectives pour les patients grâce à des approches toujours plus innovantes.

Approches classiques 

– Chirurgie : ablation de la tumeur (efficace si localisée).

– Radiothérapie : utilise des rayonnements ciblés.

– Chimiothérapie : médicaments cytotoxiques, souvent utilisés en combinaison.

Thérapies ciblées et personnalisées

–Les inhibiteurs de kinases (ex. imatinib pour la leucémie) bloquent des protéines spécifiques.

– Immunothérapie : les inhibiteurs de checkpoints (anti-PD-1/PD-L1) et les CAR-T cells (thérapie génique) ont révolutionné le traitement des mélanomes et des leucémies.

Médecine de précision

Le séquençage génomique guide les traitements. Par exemple, le pembrolizumab (anti-PD-1) est prescrit si la tumeur exprime PD-L1.

Prévention : réduire les risques du Cancer

Si le traitement du cancer progresse, la prévention reste une arme essentielle pour réduire l’incidence de cette maladie.

Mode de vie

– Éviter le tabac et l’alcool (responsables de 30 % des cancers).

– Alimentation riche en fibres, légumes et activité physique régulière.

Vaccination

– Vaccin anti-HPV (prévient 90 % des cancers du col de l’utérus).

– Vaccin contre l’hépatite B (réduction du cancer du foie).

Politiques publiques

Interdiction de l’amiante, régulation des pesticides et campagnes de dépistage (mammographie dès 50 ans).

Enjeux sociaux et économiques

Le coût global du cancer dépassera 25 000 milliards de dollars d’ici à 2030 (UICC). Les pays à revenu faible, où 70 % des décès surviennent, peinent à accéder aux thérapies innovantes. Parallèlement, les survivants font face à des séquelles physiques et psychologiques (dépression, stigmatisation).

Futur de la recherche : lueurs d’espoir 

– Édition génétique : CRISPR teste des corrections de mutations TP53 en essais cliniques.

– Nanorobots : transport ciblé de chimiothérapies pour minimiser les effets secondaires.

— Intelligence artificielle : algorithmes prédictifs pour personnaliser les traitements (ex. DeepMind en radiologie).

 Un combat collectif  

« Le cancer n’est pas une seule maladie, mais des centaines, chacune exigeant une approche unique », rappelle le Dr Siddhartha Mukherjee, auteur de L’Empereur de toutes les maladies. Si les progrès sont tangibles, la lutte nécessite un effort mondial : financement de la recherche, accès équitable aux soins et éducation des populations.

En somme, chaque avancée scientifique nous rapproche d’un futur dans lequel le cancer ne sera plus une sentence de mort, mais une maladie chronique.

Black-out en vue : le Togo retient son souffle

Alors que l’Afrique de l’Ouest retient son souffle, le Togo se prépare à naviguer deux semaines en eaux électriques troubles. La Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) a annoncé ce lundi une série de courants erratiques jusqu’au 2 mars, liés à des travaux de maintenance critiques sur le gazoduc ouest-africain (WAGP). Un chantier aussi indispensable que redouté, révélateur des défis d’une région suspendue aux aléas d’une infrastructure énergétique vieillissante.

Un gazoduc sous scalpel : urgence technique ou bombe à retardement ?

Élément vital pour les centrales thermiques du Togo, du Bénin et du Ghana, le WAGP, artère gazière régionale, subira enfin une cure de jouvence technique après des reports successifs qui ont accru les risques d’instabilité. Une opération chirurgicale préventive, différée malgré son cycle quinquennal recommandé, reconnaît la CEET. Conséquence immédiate : l’interruption du flux gazier, plongeant les centrales dans une dépendance improvisée aux combustibles liquides, solution d’appoint coûteuse et polluante.

La quadrature du réseau : un ballet d’urgence entre fossiles et renouvelables

Face à cette parenthèse énergétique, le Togo déploie une stratégie en trois temps, mêlant pragmatisme et innovation. Première parade : le recours aux hydrocarbures liquides, bouée fossile permettant aux centrales thermiques de maintenir un minimum opérationnel. Deuxième levier : l’importation ciblée de 35 MW depuis les réseaux voisins, une goutte d’électricité dans un océan de besoins. Enfin, l’accélération de la mise en service de la turbine WAPG, dont les 25 MW symbolisent l’espoir d’une autonomie future.

Mais cette valse d’ajustements ne masque qu’imparfaitement les vulnérabilités structurelles d’un pays encore tributaire à 60 % des importations électriques. Cette crise est un électrochoc qui rappelle l’urgence de notre transition, confie un ingénieur de la CEET sous couvert d’anonymat.

Lumière au bout du pylône : les renouvelables en embuscade 

En toile de fond, le Togo cultive discrètement sa révolution verte. Ces perturbations surviennent alors que le pays accélère ses investissements dans l’énergie solaire avec des parcs comme celui de Blitta, l’éolien et l’hydroélectrique. Une diversification saluée par les experts, mais qui peine encore à infléchir la courbe de dépendance. Les renouvelables représentent 8 % de notre mix. C’est insuffisant, mais la trajectoire est encourageante, tempère un cadre du ministère de l’Énergie.

Appel à la sobriété : les citoyens en première ligne

Dans l’attente du retour à la normale, la CEET enjoint ménages et entreprises à adopter une discipline énergétique : débrancher les appareils fantômes, limiter la climatisation ou reporter les usages non essentiels. Chaque watt économisé est un watt gagné pour éviter le black-out, résume une campagne de sensibilisation diffusée sur les réseaux sociaux.

L’heure des choix : maintenance ou modernité ?

Si certains dénoncent un band-aid énergétique sur une infrastructure à bout de souffle, d’autres y voient l’occasion de repenser en profondeur le modèle togolais. « Le WAGP reste indispensable, mais son rôle doit évoluer vers un filet de sécurité, non un pilier exclusif », analyse Koffi Agbémégnon, expert en politiques énergétiques.

Alors que les techniciens s’activent sur le gazoduc, le Togo fait office de laboratoire des contradictions africaines : comment concilier urgence technique, impératifs économiques et transition écologique ? La réponse, attendue d’ici au 2 mars, ne sera qu’une étape dans un marathon bien plus long, celui de l’indépendance énergétique.

Djarkpanga/Tindjassé : Le ministre Darré en tournée dans le district de Mô

Djarkpanga/Togo, 3 février 2025 –Le Professeur Tchin Darré, ministre chargé de la Santé, a imprimé sa marque dans le district de Mô, arpentant les chantiers et infrastructures sanitaires avec la rigueur d’un architecte du bien-être collectif. En effet son périple, entre Djarkpanga et Tindjassé, s’est mué en une tournure symbolique, mêlant inspections techniques, hommages mémoriels et appels à l’excellence professionnelle.

Djarkpanga : un CHP en métamorphose 

À l’aube de sa tournée, le ministre a posé ses pas au Centre de Santé et de Promotion Sociale (CHP) de Djarkpanga, épicentre d’un projet ambitieux porté par le gouvernement et le partenaire allemand KfW. Les lieux, bientôt transformés par des travaux de rénovation et d’extension, verront notamment l’érection d’une maternité de grande envergure. « Ces murs renouvelés seront les gardiens d’une santé plus inclusive », a-t-il déclaré, scrutant les plans avec l’œil acéré d’un cartographe du progrès.

Le professeur Darré n’a pas manqué d’exhorter le personnel à « cultiver l’ardeur dans les prestations, car chaque geste technique est un sillon tracé vers l’amélioration des indicateurs sanitaires ». Un plaidoyer assorti d’un avertissement sans équivoque : « Les équipements neufs sont des outils précieux, non des reliques. » « Leur entretien doit être une liturgie quotidienne. »

Prof Tchin Darré, a visité le district de Mô, inspectant les chantiers de rénovation des infrastructures sanitaires à Djarkpanga et TindjasséConsultations foraines : hommage et héritage  

Par ailleurs, l’étape suivante a conduit le ministre vers un poste de consultations mobiles, initiative récente des Forces Armées Togolaises (FAT) en mémoire du feu Président Gnassingbé Eyadema. Sous des tentes dressées comme des arches de solidarité, médecins militaires et civils œuvrent côte à côte, offrant des soins primaires à une population adhérant massivement à cette « clinique éphémère ». « Ici, la mémoire d’Eyadema prend chair dans l’action sanitaire », a souligné Darré, saluant une symbiose entre devoir de mémoire et pragmatisme social.

Tindjassé : l’USP, futur phare de la maternité moderne

Le périple s’est achevé à l’Unité de Santé Périphérique (USP) de Tindjassé, où le ministre a dévoilé les contours d’un projet tout aussi structurant : la rénovation des infrastructures existantes et la construction d’une maternité aux standards contemporains, financée par la coopération allemande (GIZ) et l’ONG Plan. « Ces murs neufs incarneront la promesse d’une naissance sécurisée, d’un avenir préservé », a-t-il affirmé, insufflant une vision où technologie et humanisme se conjuguent.

Entre héritage et horizon

En somme, à travers cette visite, le Professeur Tchin Darré a tissé un récit sanitaire où l’audace des réformes côtoie le respect des traditions. Entre hommages aux anciens et investissements pour les générations futures, le district de Mô apparaît désormais comme un laboratoire de la santé de demain. Reste à observer comment ces graines de progrès, semées sous le signe de la collaboration, germeront dans le terreau des réalités locales.

 

Mining Indaba 2025 : Le Togo met en avant son potentiel minier au Cap

Cape Town/Afrique du Sud, 3 février 2025 – Du 3 au 6 février 2025, la ville du Cap accueille la 31ᵉ édition de la conférence internationale Mining Indaba, un événement phare consacré à l’industrie minière africaine. Parmi les participants à cet événement, la délégation togolaise, conduite par John D. Fintakpa Lamega, Ministre-Conseiller, Chargé d’Affaires étrangères et haut-commissaire du Togo à Pretoria, se distingue en mettant en avant les opportunités d’affaires et le potentiel géologique et minier du pays.

Grâce à une exposition soignée et une présentation-pays détaillée, la délégation togolaise, installée au stand L10, a attiré l’attention des investisseurs internationaux et des acteurs clés du secteur minier.

Le Togo brille au Cap : Opportunités d’affaires et potentiel minier à l’honneur lors de la 31e édition de Mining IndabaUn potentiel minier sous-exploité mais prometteur

Le Togo regorge de ressources minérales encore largement sous-exploitées. Selon le World Factbook de la CIA, en 2011, les terres arables représentaient 5,2 % de la superficie totale du pays. En effet, le sous-sol togolais abrite des gisements de phosphate, de calcaire, de manganèse, de fer, d’or et même des métaux rares comme le lithium. Ces ressources représentent une opportunité majeure pour le développement économique du pays, mais aussi pour les investisseurs étrangers à la recherche de nouveaux marchés.

Le phosphate, dont le Togo est déjà l’un des principaux exportateurs en Afrique, reste la pierre angulaire de l’industrie minière nationale. Cependant, le gouvernement togolais, à travers sa délégation au Mining Indaba, souhaite diversifier ses partenariats et attirer des investissements dans d’autres secteurs miniers. « Le Togo est bien plus que le phosphate. » « Notre sous-sol est riche et varié, et nous sommes déterminés à exploiter ces ressources de manière durable et responsable », a déclaré un membre de la délégation togolaise.

Mining Indaba 2025 : une vitrine pour attirer les investisseurs

Le stand togolais, situé au L10, est conçu pour offrir une immersion complète dans le paysage minier du pays. Des cartes géologiques interactives, des échantillons de minerais et des présentations détaillées permettent aux visiteurs de découvrir les opportunités d’investissement dans le secteur. La délégation met également en avant les réformes récentes du gouvernement pour améliorer le climat des affaires, notamment la simplification des procédures administratives et l’adoption de codes miniers plus attractifs.

L’objectif est clair : positionner le Togo comme une destination de choix pour les investissements miniers en Afrique de l’Ouest. « Nous voulons montrer au monde que le Togo est ouvert aux affaires et que nous offrons un environnement propice pour les investisseurs, avec des avantages fiscaux compétitifs et une main-d’œuvre qualifiée », a ajouté un représentant du ministère des Mines et des Ressources naturelles.

Une participation stratégique à Mining Indaba

La participation du Togo à Mining Indaba n’est pas anodine. Cette conférence, qui réunit chaque année des milliers de professionnels du secteur minier, est une plateforme idéale pour nouer des partenariats stratégiques et attirer des capitaux étrangers. Pour le Togo, il s’agit également de s’inscrire dans une dynamique régionale, alors que les pays voisins comme le Ghana et la Côte d’Ivoire ont déjà attiré des investissements massifs dans leurs secteurs miniers.

En marge de la conférence, la délégation togolaise organise des rencontres B2B (business-to-business) avec des entreprises internationales spécialisées dans l’exploration, l’extraction et la transformation des ressources minérales. Ces échanges pourraient déboucher sur des accords concrets dans les mois à venir.

Le Togo brille au Cap : Opportunités d’affaires et potentiel minier à l’honneur lors de la 31e édition de Mining IndabaUne vision tournée vers l’avenir

Le Togo ne se contente pas de promouvoir ses ressources minières. Le gouvernement insiste sur une exploitation responsable et durable, en phase avec les normes environnementales et sociales internationales. « Nous sommes conscients des défis liés à l’exploitation minière, notamment en termes d’impact environnemental. » « C’est pourquoi nous encourageons les investisseurs à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement et à contribuer au développement des communautés locales », a souligné un responsable togolais.

Cette approche responsable s’inscrit dans la vision du Plan National de Développement (PND) du Togo, qui vise à transformer le secteur minier en un pilier de l’économie nationale tout en garantissant une croissance inclusive.

En somme, la participation du Togo à la 31ᵉ édition de Mining Indaba marque une étape importante dans la stratégie du pays pour attirer des investissements étrangers et développer son secteur minier. Avec un potentiel géologique riche et diversifié, des réformes économiques attractives et une vision tournée vers l’avenir, le Togo se positionne comme un acteur émergent sur la scène minière africaine. Les visiteurs du stand L10 auront l’occasion de découvrir un pays résolument tourné vers l’avenir, prêt à saisir les opportunités d’affaires qui s’offrent à lui.

Pour plus d’informations, rendez-vous au stand L10.

L’Afrique en chantier : Faure Gnassingbé esquisse les fondations d’un marché commun à visage humain

Accra/Ghana, 3 février 2025 – À l’occasion des Dialogues sur la Prospérité en Afrique (APD 2025), le Président togolais Faure Essozimna Gnassingbé a déposé, samedi, une pierre angulaire dans le débat sur l’intégration continentale. Devant un aréopage de dirigeants et d’investisseurs réunis à Accra, il a défendu une vision hybride du marché commun africain : ni utopie libre-échangiste, ni forteresse protectionniste, mais un écosystème économique souverain, ancré dans le pragmatisme et l’équité. Un plaidoyer qui résonne comme un antidote aux fractures persistantes du continent.

Lors des APD 2025, le Président togolais Faure Essozimna Gnassingbé a défendu une vision hybride du marché commun africain, Résilience ou résignation ? Le marché commun comme bouclier collectif

D’emblée, le chef de l’État a campé son discours sur un constat sans fard : « L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un spectateur branché aux chaînes de valeur globales. » Face aux crises mondiales d’inflation, de pénuries, de dérèglements climatiques, il a appelé à une « intégration régionale immunisante », conçue pour réduire les dépendances stratégiques. « Notre marché doit être un espace-refuge, où la coopération renforce les capacités locales plutôt que de les diluer », a-t-il martelé, rejetant une libéralisation commerciale « aveugle », au profit d’une logique de souveraineté mutualisée.

Pour illustrer son propos, Gnassingbé a évoqué les asymétries entre économies africaines, comparant les petites nations à « des pirogues face à des cargos ». « Un modèle d’intégration à géométrie variable est possible, à condition de reconnaître ces déséquilibres et d’y répondre par des mécanismes de solidarité sur mesure », a-t-il précisé, plaidant pour des institutions régionales « incubatrices d’égalité », capables de protéger les plus vulnérables.

Lors des APD 2025, le Président togolais Faure Essozimna Gnassingbé a défendu une vision hybride du marché commun africain, Infrastructures : les artères d’un continent en quête de sa sève

Champion du marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA), le président togolais a porté un plaidoyer vibrant pour les infrastructures, qualifiées de « système circulatoire de la prospérité ». « Routes, ports, réseaux électriques… » « Sans eux, le marché commun reste un mirage cartographique », a-t-il asséné, rappelant que 70 % des échanges intra-africains dépendent encore de routes non pavées.

Mais au-delà du béton, Gnassingbé a mis en avant la digitalisation comme « passerelle invisible » pour connecter les territoires. « La 5G et les paiements mobiles ne sont pas des luxes technologiques. » « Ce sont des outils d’inclusion, permettant à un producteur de café togolais de négocier en direct avec un acheteur kényan », a-t-il illustré, appelant à une « course africaine vers l’innovation utile ».

La flamme du commerce africain : symbole ou étincelle ?

En clôture des travaux, le Président a participé à l’allumage d’une « flamme du commerce africain », geste symbolique visant à incarner l’espoir d’un marché unifié. Pourtant, derrière le rituel, les défis persistent : comment concilier ambitions continentales et réalités locales ? Comment éviter que l’intégration ne profite qu’aux économies dominantes ?

Interrogé en marge de l’événement, un diplomate ouest-africain, sous couvert d’anonymat, a salué une vision décomplexée, tout en soulignant les écueils : « Les accords commerciaux africains ressemblent trop à des châteaux de sable, beaux sur le papier, mais vulnérables aux premières vagues. » « Le vrai test sera de traduire ces idées en politiques capillaires, touchant le paysan, l’artisan, les PME. »

L’intégration, entre urgence et patience

Si le discours de Faure Gnassingbé a suscité des ovations, il rappelle une évidence : l’Afrique ne manque pas de visions, mais de ponts entre les échelles. Alors que le continent représente à peine 3 % du commerce mondial, son avenir dépendra de sa capacité à mêler audace structurante et humilité opérationnelle. La flamme allumée à Accra brille désormais comme un rappel : sans carburant concret, même le plus beau symbole finit par s’éteindre.

Togo : un appel à la cohésion sociale dans la préfecture du Haho

Préfecture du Haho, 3 fevrier 2025 — Vendredi dernier, le Ministre d’État, Ministre des Ressources Halieutiques, Animales et de la Réglementation de la Transhumance, le Général Damehame Yark, a tenu une séance de travail dans la préfecture du Haho, située dans la région des Plateaux au Togo. Par ailleurs, lors de cette rencontre, il a exhorté les bouviers et les producteurs agricoles à promouvoir la paix et la cohésion sociale, soulignant l’importance d’une coexistence harmonieuse pour le développement socio-économique de la région.

Le Ministre d'État, le Général Damehame Yark, exhorte les bouviers et les producteurs agricoles à promouvoir la paix et la cohésion sociale Conflits de transhumance : une tension persistante au Togo

Les relations entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires au Togo sont souvent marquées par des tensions. Les conflits liés à la transhumance ont entraîné des affrontements violents, causant des pertes en vies humaines et des destructions de biens. En 2020, ces conflits ont fait 12 morts dans le pays. Les causes principales identifiées incluent l’entrée précoce et le départ tardif des transhumants, le non-respect des points d’entrée, le pâturage nocturne, la complicité des éleveurs sédentaires et le déplacement des transhumants hors des couloirs prévus.

Le Ministre d'État, le Général Damehame Yark, exhorte les bouviers et les producteurs agricoles à promouvoir la paix et la cohésion sociale Mesures gouvernementales pour une cohésion sociale

Pour prévenir ces incidents, le gouvernement togolais a mis en place des mesures telles que l’adoption du Plan Opérationnel de Gestion de la Transhumance, qui préconise une gestion apaisée à travers la coexistence pacifique entre les différentes communautés. Les autorités ont également mené des campagnes de sensibilisation pour informer les acteurs concernés sur les bonnes pratiques à adopter.

Lors de la séance de travail dans le Haho, le Général Damehame Yark a insisté sur la nécessité pour les bouviers de respecter les itinéraires de transhumance et les zones de pâturage autorisées, tout en appelant les producteurs agricoles à faire preuve de tolérance et de compréhension. Il a également encouragé la mise en place de comités locaux de dialogue pour résoudre les différends de manière pacifique.

En somme, cette initiative s’inscrit dans une série d’actions entreprises par le ministère pour renforcer la cohésion sociale et assurer une gestion durable des ressources pastorales au Togo. En promouvant le dialogue et la compréhension mutuelle, les autorités espèrent réduire les tensions entre bouviers et agriculteurs, contribuant ainsi à la stabilité et au développement du pays.

Togo : les TPME et les Géants industriels tissent une toile collaborative

Lomé, 31 janvier 2025 — Sous les ors feutrés de l’hôtel Sarakawa, une alchimie singulière s’est opérée le jeudi. Madame Kayi MIVEDOR-SAMBIANI, ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation, a inauguré le Forum de la Sous-Traitance et des Partenariats, point d’orgue de la deuxième édition des Journées du Secteur Privé. En effet, Placé sous le thème « Partenariat entre les grandes entreprises et les TPME : un levier de développement économique », cet événement hybride, mêlant webinaires et rencontres physiques du 28 au 30 janvier, a servi de creuset à des réflexions stratégiques pour une économie togolaise plus interconnectée.

Le Forum de la Sous-Traitance et des Partenariats, inauguré par Mme Kayi, met en lumière les opportunités entre grandes entreprises et TPME,TPME : une synergie à l’épreuve des turbulences  

Alors que les défis globaux, tensions sur les chaînes d’approvisionnement, inflation des matières premières continuent d’ébranler les économies africaines, le Togo a choisi de répondre par la soudure des maillons faibles. Ainsi, avec près de 90 % du tissu entrepreneurial incarné par les Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (TPME), leur résilience devient un enjeu cardinal. « Les TPME ne sont pas des acteurs de second ordre, mais les artères vitales de notre économie », a martelé M. ABOKI Vignon, président du Groupement togolais des TPME (GTPME), rappelant leur poids dans l’écosystème national.

Pourtant, ces entreprises peinent à transcender les écueils structurels : accès limité aux financements, management parfois archaïque ou difficultés à certifier leurs produits. Paradoxalement, les grandes entreprises, représentées par l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), partagent aussi des maux similaires, comme l’a souligné son président, Jonas DAOU : « La gouvernance et l’accès aux marchés sont des défis transversaux. » « Seul un partenariat gagnant-gagnant, fondé sur un développement mutuel, brisera cette dualité stérile. »

Le Forum de la Sous-Traitance et des Partenariats, inauguré par Mme Kayi, met en lumière les opportunités entre grandes entreprises et TPME,L’État, architecte d’un nouveau modèle

Dans son allocution, Mme MIVEDOR-SAMBIANI a salué une mobilisation aussi rare que féconde, avec près de 1 000 participants aux webinaires et aux assises physiques. Par ailleurs, elle a réaffirmé l’engagement du gouvernement à ériger le secteur privé en pilier de la vision présidentielle, celle d’une transformation structurelle de l’économie, ancrée dans nos forces endogènes. Un plaidoyer appuyé pour une synergie public-privé, où l’État se positionne en facilitateur plutôt qu’en dirigeant.

En plus, parmi les pistes évoquées, la création d’une bourse de sous-traitance a émergé comme un outil phare. Objectif : formaliser les relations inter-entreprises, fluidifier les contrats et instaurer un climat de confiance. « Sans certification des produits et renforcement des capacités managériales des TPME, toute ambition resterait lettre morte », a insisté un participant, évoquant la nécessité de standards de qualité pour percer les marchés régionaux.

Le Forum de la Sous-Traitance et des Partenariats, inauguré par Mme Kayi, met en lumière les opportunités entre grandes entreprises et TPME,Des recommandations à l’aune des réalités

Les travaux ont accouché de propositions concrètes : programmes de mentorat entre géants industriels et TPME, fonds de garantie pour sécuriser les prêts bancaires, ou encore plateformes digitales de mise en réseau. Autant de leviers pour désenclaver le potentiel entrepreneurial, selon les mots d’un expert présent.

En clôture, la ministre a appelé à une contractualisation audacieuse des idées nées durant ces journées, rappelant que l’agilité du secteur privé est le socle sur lequel se bâtira la prospérité de demain. Reste à voir comment ces engagements, une fois transposés en politiques tangibles, irrigueront un paysage économique encore fragmenté.

Vers une renaissance économique ?

En somme, si les mots ont parfois la légèreté des promesses, ce forum aura eu le mérite de poser les jalons d’un dialogue renouvelé. Dans un Togo en quête d’émergence, la collaboration entre David et Goliath économiques pourrait bien incarner ce pont entre l’audace des uns et l’expérience des autres, pour reprendre une formule lancée en séance. Un pari dont l’enjeu dépasse les simples partenariats : il s’agit ni plus ni moins de réinventer les règles du jeu économique.