Lomé : opération CNI éclair à l’Université

Lomé, 1ᵉʳ décembre 2025 – C’est une ruée tranquille mais déterminée qui a envahi ce matin la Chaîne Est du restaurant universitaire de Lomé. Dès 7 h 30, des centaines d’étudiants faisaient déjà la queue, dossiers sous le bras, pour profiter de la campagne spéciale d’établissement accéléré de Cartes Nationales d’Identité (CNI) lancée par la Direction générale de la documentation nationale (DGDN).

Ainsi, jusqu’au samedi 6 décembre inclus, les étudiants de l’Université de Lomé peuvent obtenir leur CNI en un temps record : 48 heures seulement entre le dépôt du dossier et le retrait de la précieuse carte biométrique. Un délai jamais vu pour ce type de démarche, d’autant plus que l’administration cherche à rattraper un certain retard accumulé dans les délivrances.

CNI : un kit simple, un prix inchangé et un débit optimisé

 

Les pièces demandées restent classiques, mais adaptées au public étudiant. En effet, pour déposer son dossier, il faut se munir de :

  • Original + photocopie du certificat de naissance
  • Original du certificat de nationalité (ou duplicata pour la nouvelle version).
  • Carte d’étudiant ou attestation du baccalauréat comme preuve de profession
  • Certificat de groupe sanguin
  • 5 000 FCFA réglés sur place

Des agents de la DGDN, par ailleurs renforcés par des étudiants volontaires, guident les files, vérifient les dossiers et procèdent aux prises d’empreintes et photos en moins de dix minutes par personne. « On traite déjà plus de 400 étudiants par heure », se félicite un superviseur de la DGDN présent sur le site.

 

Objectif : 100 % d’étudiants identifiés avant les vacances

 

L’opération répond à une urgence bien réelle. C’est pourquoi des milliers d’étudiants togolais, notamment les primo-entrants, n’ont toujours pas de CNI, ce qui leur complique l’accès aux bourses, aux examens ou même aux stages. « Sans carte, tu n’es personne ici », résume Aïcha, étudiante en L2 de droit, qui a patienté depuis 6 h du matin. Ce témoignage illustre parfaitement la nécessité de cette initiative.

CNI : prolongation à la Foire de Lomé dès le 8 décembre

 

Bonne nouvelle pour ceux qui n’étudient pas à l’UL : la même opération foraine sera reconduite à partir du lundi 8 décembre sur le site du CETEF-Togo 2000, en plein cœur de la 20ᵉ Foire internationale de Lomé. De plus, cette phase sera cette fois ouverte à toute la population, sans condition d’âge ou de statut.

Avec ces deux offensives successives, la DGDN espère rattraper une partie du retard et franchir la barre symbolique des 70 % de Togolais détenteurs d’une CNI biométrique d’ici la fin 2026.

Sur le campus, l’ambiance est à la satisfaction. Entre deux selfies devant le stand Police, les étudiants et agents échangent déjà la même phrase : « Enfin, on respire ! »

 

Le voyage démentiel de deux gambiens : 3 500 Km sur des bidons

Deux jeunes Gambiens ont tenté l’impensable : traverser l’océan jusqu’en Espagne, soit près de 3 500 kilomètres, en s’accrochant à de simples bidons en guise de flotteurs. Ce périple, aussi fou que tragique, est plus qu’un geste désespéré. Il révèle la détresse d’une jeunesse prête à tout risquer pour fuir le manque d’opportunités en Afrique dans l’espoir d’un avenir meilleur.

Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.
© Deux jeunes Gambiens ont rejoint l’Espagne en parcourant près de 3 500 km d’océan avec de simples bidons comme flotteurs.

Quand la détresse devient plus forte que la peur

 

Sans embarcation solide, et surtout sans gilet de sauvetage, ces jeunes Gambiens ont affronté les vagues de l’Atlantique avec pour seule arme leur détermination. Leur périple aurait pu tourner au drame. Il révèle la gravité d’une réalité trop souvent ignorée : l’absence de perspectives pousse certains à choisir la mort plutôt que l’immobilisme.

Ce trajet est l’un des plus dangereux corridors migratoires vers l’Europe, où chaque vague peut s’avérer fatale. Par conséquent, cet événement n’est pas un signe d’audace, mais bien comme un cri de désespoir.

Derrière ce geste se cache une vérité brutale : l’Europe est devenue l’ultime horizon pour une jeunesse africaine qui ne trouve plus sa place sur son propre continent. En effet, pour beaucoup, l’Occident est la promesse d’un travail, d’une dignité et d’une vie nouvelle. Mais ce rêve se paie au prix fort : la traversée clandestine, les dangers de la mer, et parfois la mort.  Ainsi l’espoir d’une dignité et d’une vie nouvelle se transforme en pari mortel. De plus, chaque tentative rappelle l’urgence d’une réflexion collective sur les causes profondes de cette migration.

L’acte désespéré des Gambiens, un appel à la responsabilité des gouvernants

 

Respect à leur courage, mais que ce périple serve d’électrochoc à nos dirigeants. En effet, la véritable question n’est pas de savoir pourquoi ces jeunes partent, mais pourquoi ils ne trouvent pas d’avenir chez eux. L’Afrique doit bâtir des opportunités, investir dans sa jeunesse, et offrir des raisons d’espérer sans avoir à fuir.

Cette histoire n’est pas un fait divers isolé, mais le symbole d’une génération en quête de survie. Elle interpelle les consciences, secoue les dirigeants et rappelle que derrière chaque traversée se cache une vie, un rêve, une détresse.

Ce n’est pas une histoire d’audace, mais une histoire de détresse.

Décentralisation : Le Golfe 2 ouvre sa session budgétaire 2026

Lomé, 27 novembre 2025 – La quatrième et dernière session ordinaire de l’année 2025 du conseil municipal de Golfe 2 (Bè-Kpota) s’est ouverte mardi au siège de la mairie, sous la présidence effective du Maire Kpadé Koffi Gbékandé. Comme chaque année à cette période, cette session est exclusivement consacrée à l’examen et à l’adoption du budget primitif 2026 de la commune, l’un des moments les plus stratégiques pour ses 180 000 habitants.

Une forte mobilisation pour la redevabilité

 

La cérémonie d’ouverture a réuni un parterre d’autorités, notamment le Secrétaire général de la préfecture du Golfe, les responsables des forces de sécurité, les présidents des comités de développement de quartier (CDQ) et l’ensemble des 33 conseillers municipaux.

Dans son discours, le maire Kpadé a insisté sur trois maîtres-mots : synergie, transparence et résultats concrets. « Nous devons travailler main dans la main, élus, cadres et citoyens, pour transformer réellement le visage de Golfe 2 », a-t-il lancé. De plus, il a rappelé aux conseillers leur devoir de reddition de comptes « pour que chaque franc dépensé soit justifié et utile ». Il a aussi rendu hommage au chef de l’État, Faure Gnassingbé, car sa vision politique a permis le renforcement des moyens des communes.

Un budget 2026 attendu en nette hausse

 

Le représentant du Préfet a salué la tenue de cette session budgétaire, « moment décisif où se dessine l’avenir immédiat de la commune ». Il a souhaité un budget « réaliste, ambitieux mais surtout orienté vers l’amélioration du cadre de vie et l’inclusion des plus vulnérables ». « L’intérêt collectif doit guider chaque décision », a-t-il martelé.

Au menu des prochains jours : adoption du règlement intérieur révisé, mise en place des commissions permanentes et, point d’orgue, l’étude détaillée et le vote du budget primitif 2026. Bien que les chiffres exacts n’aient pas encore filtré, plusieurs sources internes évoquent une enveloppe en nette hausse par rapport à 2025, portée notamment par l’augmentation des transferts de l’État et la mobilisation accrue des recettes propres.

Lomé : La commune de Golfe 2 (Bè-Kpota) ouvre sa session budgétaire 2026. Le maire Kpadé K. Gbékandé insiste sur la transparence et l'inclusion pour consolider le statut de "commune de référence".
© Lomé : La commune de Golfe 2 (Bè-Kpota) ouvre sa session budgétaire 2026. Le maire Kpadé K. Gbékandé insiste sur la transparence et l'inclusion pour consolider le statut de "commune de référence".

Golfe 2 veut consolider sa place de « commune de référence ».

 

Ces dernières années, Golfe 2 s’est illustrée par des chantiers visibles (voiries, marchés modernes, éclairage public). C’est pourquoi le maire et son équipe espèrent faire de 2026 l’année de la consolidation de ces acquis, avec des projets phares autour de l’assainissement pluvial, de la jeunesse et de l’emploi féminin.

Les travaux se poursuivent à huis clos. Le vote final du budget aura lieu en fin de semaine. À Golfe 2, on ne cache pas l’ambition : rester la commune populaire la plus dynamique de Lomé et prouver que la décentralisation peut changer concrètement le quotidien des habitants. En définitive, le budget 2026 sera le prochain test grandeur nature.

Aného : tempête au Palais Royal Lolan

Aného, 27 novembre 2025 – Quatre ans après la disparition tragique de Togbé Ahuawoto Savado Zankli Lawson VIII, le trône ancestral des Akangban à Aného reste le théâtre d’une querelle familiale explosive. Dans une missive incendiaire qui circule depuis hier, le Prince Latévi Bonéro Bêtum-Lawson dénonce une « régence trafiquée » orchestrée par les frères du défunt roi et le régent en exercice. Ces allégations graves de pillage, de falsification des coutumes et de collusion politique pourraient bien enflammer la ville historique.

 

Aného : un deuil suspect et une régence contestée

 

Tout remonte à l’été 2021. Le roi Lawson VIII, qui avait régné 19 ans sur le royaume de Lolan, s’éteint le 30 juillet. Toutefois, selon le Prince Bonéro, les circonstances de cette mort seraient loin d’être claires. « Des divergences anciennes avaient éloigné les frères du roi, pourtant ils réapparaissent soudainement, imposant des décisions médicales sans consulter le conseil du trône », écrit-il.

Pire encore, dès l’annonce du décès, le chaos s’installe. Le prince dépeint une nuit de pillage à la résidence royale de New London, où des objets sacrés – notamment le tabouret royal et l’épée (Guyi) – auraient disparu. Les clés du palais, confiées légalement, finissent entre les mains d’un neveu des frères suspects. « Ils ont monnayé la mort de leur propre sang pour s’emparer des biens du trône », accuse le Prince Bonéro.

 

Au cœur de la tourmente : les frères et le régent

 

Au centre de ces griefs se trouvent les frères du roi défunt, surnommés les « Savado ». Victor Assion Lawson Savado émerge comme le principal orchestrateur : absent du palais pendant 19 ans, il se pose en expert autoproclamé, imposant son autorité. Rigobert Lawson Savado, son allié, est décrit comme complice.

Leur coup de maître ? Réinstaller Charlemagne Têtê Bahun Willson, un ancien premier ministre du trône, pour valider une consultation expéditive nommant Prince Latévi Adondjegoun Lawson Body comme régent. Ce dernier est accusé d’être celui qui avait remis les clés aux pillards. « Une parodie en une demi-journée, où les neveux orphelins n’ont eu aucun mot à dire sur les funérailles de leur père », déplore le Prince Bonéro.

De plus, le conseil de régence serait un triumvirat fantoche, reléguant les autres princes et princesses au rang de « figurants ». Les veuves et orphelins du roi, par conséquent, sont ignorés et « méprisés ».

 

Projets avortés et traditions profanées à Aného.

 

Quatre ans plus tard, le bilan du régent est accablant pour ses détracteurs : projets phares en déshérence et absence de comptes financiers clairs. En outre, le régent, « corrompu par les Savado et des politiques véreux », achèterait des terrains avec l’argent du trône.

Le point de non-retour est atteint lors de la « mascarade » du 31 octobre dernier : le régent aurait tenté de s’arroger le droit de choisir le successeur, violant ainsi les us akangban. « Ils réécrivent l’histoire pour imposer un monarque à leur solde, avec une députée cupide dans l’ombre », alerte le texte, évoquant un « complot pour un prince bleu-blanc ».

 

L’appel à l’éveil de la famille Lawson

 

Signé par le Prince Latévi Bonéro Bêtum-Lawson, ce cri du cœur s’adresse aux « fils et filles akangban et alliés ». « Où sont les vrais princes et princesses ? La mémoire des Ahuawoto nous regarde ! » lance-t-il, rappelant que Lolan doit rester « neutre et apolitique ».

Pour l’instant, silence radio du palais. Néanmoins, à Aného, où le vaudou et les traditions guin imprègnent le quotidien, ces accusations risquent de raviver les braises. Le trône de Lolan, symbole d’unité, attend sa réponse. Et le peuple guin murmure déjà : jusqu’à quand cette « nuit tombée » durera-t-elle ?

Togo : Mécanisme Opérationnel pour la Protection de l’Enfance

Tsévié, 26 novembre 2025 À quelques kilomètres de Lomé, la préfecture de Zio a accueilli hier une journée stratégique dédiée à la protection de l’enfance. Organisée par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) avec l’appui technique et financier de l’UNICEF, cette rencontre a réuni une centaine d’acteurs clés, notamment : des responsables d’associations, des chefs traditionnels, des autorités administratives, des policiers, des gendarmes et des travailleurs sociaux.

L’objectif était clair : faire connaître et s’approprier un outil concret, le « mécanisme national de gestion des plaintes pour enfants », un guide pratique adopté récemment par le Togo pour permettre à tout enfant – ou à toute personne agissant en son nom – de signaler en toute sécurité une violation de ses droits, qu’il s’agisse de violences, d’exploitation, de traite ou de mariage forcé.

Togo : Lancement du "Mécanisme national de gestion des plaintes pour enfants" (CNDH, UNICEF). Un dispositif opérationnel (numéro vert, points focaux) contre la violence et l'exploitation.
© Togo : Lancement du "Mécanisme national de gestion des plaintes pour enfants" (CNDH, UNICEF). Un dispositif opérationnel (numéro vert, points focaux) contre la violence et l'exploitation.

Protection de l’enfance: de l’engagement international au dispositif opérationnel

 

En ratifiant dès 1990 la Convention relative aux droits de l’enfant, le Togo s’était déjà engagé à protéger les mineurs contre les pires formes d’exploitation. Toutefois, trente-cinq ans plus tard, le pays passe à la vitesse supérieure en dotant les acteurs de terrain d’un dispositif structuré : un numéro vert dédié, des points focaux dans chaque préfecture, des procédures claires de réception, d’enquête et de suivi des plaintes.

« Ce n’est plus seulement un texte sur le papier. Désormais, un enfant qui subit des violences à l’école, au travail ou au sein même de sa famille sait qu’il existe un chemin sûr pour se faire entendre », a expliqué une représentante de l’UNICEF présente à Tsévié.

 Avancée historique pour la Protection de l'Enfance. Le nouveau Mécanisme national de gestion des plaintes (CNDH/UNICEF) dote les acteurs
© Avancée historique pour la Protection de l'Enfance. Le nouveau Mécanisme national de gestion des plaintes (CNDH/UNICEF) dote les acteurs

Protection de l’enfance: Écoute et formation des acteurs locaux

 

Lors de la cérémonie d’ouverture, le préfet de Zio, Mawouna Gadéwa, a insisté sur la philosophie du mécanisme : « L’enfant n’est plus seulement un sujet de protection, il devient un sujet de droit à part entière. Par conséquent, écouter sa plainte, c’est déjà commencer à réparer l’injustice qu’il a subie. »

Des exercices pratiques ont ponctué la journée, incluant par exemple la simulation de réception d’une plainte d’un enfant victime de travail forcé. Les participants ont particulièrement apprécié le rôle renforcé des leaders communautaires, souvent les premiers à être alertés dans les milieux ruraux.

Togo : Lancement du "Mécanisme national de gestion des plaintes pour enfants" (CNDH, UNICEF). Un dispositif opérationnel (numéro vert, points focaux) contre la violence et l'exploitation.
© Togo : Lancement du "Mécanisme national de gestion des plaintes pour enfants" (CNDH, UNICEF). Un dispositif opérationnel (numéro vert, points focaux) contre la violence et l'exploitation.

Prochaines étapes : déploiement national d’ici fin 2026

 

À l’issue de la rencontre, la CNDH a annoncé que Tsévié n’était que la première étape d’un vaste programme. En effet, les régions Maritime, Plateaux, Centrale, Kara et Savanes seront progressivement couvertes d’ici la fin 2026, avec la mise en place effective des points focaux.

Pour les associations présentes, c’est une avancée historique. « Auparavant, on se heurtait souvent au silence ou à la peur de la stigmatisation. Aujourd’hui, l’État nous donne un cadre officiel et sécurisé. C’est une révolution douce pour les droits de l’enfant au Togo », a confié la directrice d’une ONG locale.

À l’heure où le Togo ambitionne de devenir un pays émergent à l’horizon 2030, protéger ses 4 millions d’enfants est un investissement. Et ce mécanisme, simple dans son principe mais puissant dans ses effets, pourrait bien en être l’un des leviers les plus concrets.

AMF-UMOA : Kossi Tenou succède à Patoki dans un contexte critique

Face à l’urgence de consolider son marché financier régional, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a désigné l’économiste togolais Kossi Tenou à la tête de son régulateur, l’Autorité des marchés financiers (AMF-UMOA).

 

Dakar, 26 novembre 2025 – Dans un contexte de turbulences économiques mondiales et de défis persistants pour l’intégration financière en Afrique de l’Ouest, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) vient de nommer un nouveau pilier à la tête de son régulateur des marchés financiers. En effet, le Conseil des ministres, réuni mardi 25 novembre en session extraordinaire par visioconférence, a désigné Kossi Tenou, ministre délégué togolais chargé du Commerce et du Contrôle de la qualité, président de l’Autorité des marchés financiers de l’UEMOA (AMF-UMOA).  Cette décision marque un tournant pour l’institution, qui assure la protection de l’épargne et la régulation des placements dans les huit pays membres.

UEMOA : Kossi Tenou nommé Président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF-UMOA). Le Conseil des ministres a officialisé cette décision en remplacement de Badanam Patoki.
© UEMOA : Kossi Tenou nommé Président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF-UMOA). Le Conseil des ministres a officialisé cette décision en remplacement de Badanam Patoki.

AMF-UMOA : un Conseil sous haute tension

 

Sous la houlette du ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo – qui assure la présidence en exercice du Conseil des ministres statutaires de l’Union –, les ministres des Finances de l’UEMOA ont salué l’engagement du prédécesseur de M. Tenou, Badanam Patoki.

En effet, nommé ministre de l’Économie et de la Veille stratégique du Togo le 8 octobre dernier, M. Patoki avait laissé un vide à la tête de l’AMF depuis près de deux mois.  Par conséquent, la vacance du poste avait suscité des inquiétudes sur la continuité de la régulation, d’autant plus que le marché obligataire régional (UMOA-Titres) et les appels publics à l’épargne peinent à se développer face à l’inflation et aux chocs externes.  « Son leadership et son apport considérable au développement du marché financier régional ont été soulignés », indique un communiqué officiel de l’Union, qui lui adresse ses vœux de succès dans ses nouvelles fonctions nationales.

 

Kossi Tenou : un profil taillé pour l’intégration économique

 

Âgé de 52 ans, M. Tenou n’est pas un novice des arcanes financiers ouest-africains.  Membre du gouvernement togolais depuis le 8 octobre 2025, il occupait auparavant le poste de conseiller du gouverneur de la BCEAO depuis 2023.  Avant cela, il a également servi comme directeur pays de la banque centrale régionale, ce qui lui a permis d’accumuler une expertise pointue en commerce international et en contrôle de qualité.  Ces compétences, selon les observateurs, seront précieuses pour dynamiser les échanges intra-UEMOA.

« Cette nomination reflète la confiance placée en des experts locaux pour piloter la transformation de nos marchés », commente un analyste financier basé à Abidjan. De plus, M. Tenou hérite d’un mandat axé sur la numérisation des marchés et l’attraction d’investissements étrangers, dans un contexte où la croissance de la zone UEMOA stagne autour de 4-5 %.

UEMOA : Kossi Tenou nommé Président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF-UMOA). Le Conseil des ministres a officialisé cette décision en remplacement de Badanam Patoki.
© UEMOA : Kossi Tenou nommé Président de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF-UMOA). Le Conseil des ministres a officialisé cette décision en remplacement de Badanam Patoki.

Badanam Patoki : du régulateur régional au “méga-ministre” togolais

 

Le départ de M. Patoki, 61 ans, n’est pas anodin.  Économiste chevronné et rigoureux, il a marqué l’AMF par son pragmatisme, après avoir supervisé la modernisation du Trésor public togolais et le développement du marché obligataire régional.

En outre, sa nomination au gouvernement de Faure Gnassingbé à la tête d’un “mégaministère” englobant investissements, industrie, énergie et ressources minières s’inscrit dans une restructuration ambitieuse.  C’est pourquoi, avec trois ministres délégués sous son autorité – dont M. Tenou lui-même avant cette promotion régionale –, M. Patoki est chargé de booster la compétitivité togolaise.

« C’est un retour aux sources pour lui, de la régulation macro à la planification stratégique », note un proche du dossier.

 

Perspectives  : vers une AMF-UMOA plus résiliente ?

 

Par ailleurs, cette passation de pouvoir togolaise à 100 % illustre la vitalité de l’intégration ouest-africaine, où le Togo, petit mais stratégique, fournit une part croissante des talents régionaux.  Néanmoins, pour l’AMF-UMOA, les défis ne manquent pas : il faudra aussi renforcer la transparence des transactions, attirer les jeunes investisseurs et contrer les risques cybernétiques sur les plateformes numériques.

M. Tenou, qui prendra ses fonctions dans les prochains jours, portera ces ambitions avec l’appui du Collège des douze membres de l’Autorité.  À Ouagadougou, siège de l’UEMOA, on mise aussi sur cette nomination pour accélérer la “souveraineté économique” prônée par les chefs d’État.  En définitive, avec Tenou aux commandes, l’Afrique de l’Ouest mise sur ses propres forces pour tracer sa voie.

Diplomatie : le Togo présent au 7ᵉ sommet UE-UA en Angola

Luanda (Angola), 24 novembre 2025 – Le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé est arrivé ce lundi à Luanda, capitale de la République d’Angola, pour prendre une part active au 7ᵉ Sommet Union européenne-Union africaine. Ce sommet diplomatique de haut niveau est placé sous la bannière thématique : « Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif ».

Le Président du Conseil Éssozimna Gnassingbé représente le Togo au 7e Sommet UE-UA à Luanda. L'occasion de réaffirmer l'engagement togolais pour un multilatéralisme juste et inclusif, renforçant le partenariat stratégique entre les deux continents.
© Le Président du Conseil Éssozimna Gnassingbé représente le Togo au 7e Sommet UE-UA à Luanda. L'occasion de réaffirmer l'engagement togolais pour un multilatéralisme juste et inclusif, renforçant le partenariat stratégique entre les deux continents.

Sommet UE-UA : un cadre stratégique pour le dialogue entre deux continents

 

Ce forum international sert de cadre privilégié pour la rencontre des dirigeants africains et européens. Les travaux s’articuleront autour des grandes orientations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et de la vision conjointe UE-UA 2030, deux feuilles de route ambitieuses visant à modeler l’avenir des deux continents.

Les discussions, selon les attentes, seront l’occasion d’approfondir les synergies et la coopération dans des secteurs jugés prioritaires. La paix, la sécurité, la gouvernance, les questions de mobilités et le développement durable figurent au cœur des débats, avec pour objectif ultime d’améliorer les conditions de vie des populations.

Le Togo, avocat d’un multilatéralisme rénové

 

À son arrivée, la délégation togolaise a d’emblée situé le niveau de son engagement. Le Président Gnassingbé a fait savoir qu’il porterait durant les assises la voix d’un Togo résolument engagé en faveur d’un multilatéralisme « plus juste, plus inclusif et plus efficace ».

Il réaffirmera également la position de son pays, qui œuvre au renforcement du partenariat stratégique entre l’UE et l’UA. Par ailleurs, cet engagement vise spécifiquement à apporter des réponses concertées aux défis sécuritaires pressants et à promouvoir une prospérité partagée sur le continent africain.

Ce sommet de Luanda représente ainsi une nouvelle tribune pour le Togo, qui confirme son rôle actif sur la scène diplomatique internationale et son attachement à une coopération continentale fructueuse.

Olivia Yacé renonce à son titre Miss Univers Africa & Oceania

Coup de théâtre dans le monde des concours de beauté : le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI) a annoncé le retrait immédiat de sa représentante, Olivia Yacé, des titres obtenus lors de la 74ᵉ édition de Miss Universe. Miss Yacé, élue Miss Universe Africa & Oceania 2025 il y a seulement trois jours, renonce à ses mandats internationaux pour des convenances personnelles.

Bangkok, 24 novembre 2025 – Le Comité Miss Côte d’Ivoire (COMICI), détenteur de la licence Miss Universe, a annoncé aujourd’hui le retrait de sa représentante, Olivia Yacé, de tous les titres et mandats découlant du concours international Miss Universe. L’ancienne Miss Côte d’Ivoire 2021, qui avait été élue Miss Universe Africa & Oceania 2025 lors de la 74ᵉ édition tenue à l’Impact Arena de Bangkok le 21 novembre dernier, met fin à ses fonctions pour convenances personnelles.

Le COMICI, par cette annonce, officialise auprès de l’organisation Miss Universe la décision de la candidate ivoirienne de renoncer à ses mandats électifs.

Une Décision Conjointe et Officielle

 

Olivia Yacé perd donc son titre de Miss Universe Africa & Oceania à compter de cette date. Pour formaliser sa décision et pour que l’acte soit pleinement attesté, la jeune femme remettra officiellement son bandeau de Miss Universe Africa & Oceania à l’organisation du concours.

L’annonce, faite à Bangkok, met un terme à une période de succès et de reconnaissance internationale pour la candidate ivoirienne, marquant un chapitre inattendu dans l’histoire de la participation de la Côte d’Ivoire au prestigieux concours de beauté.

Une Participation sous le Signe de la Controverse

 

Cette décision intervient après une participation déjà exceptionnelle et atypique. En tant que Miss Côte d’Ivoire 2021, Olivia Yacé a été 2ᵉ dauphine de Miss Monde 2022. Cependant , elle avait initialement renoncé à concourir au titre de Miss Univers cette année-là afin de prioriser l’obtention de son diplôme. Quatre ans plus tard, elle avait fait un retour inattendu, prenant la place de Koné Fatima, Miss Côte d’Ivoire 2025 sans passer par le processus de sélection habituel pour cette édition. Cette substitution, bien que validée par le COMICI, avait suscité des débats dans l’opinion publique et chez les observateurs des concours de beauté. Son retrait d’aujourd’hui met fin prématurément à ce chapitre, achevant sur une note surprenante un mandat déjà hors norme.

 

L’épilogue symbolique d’un mandat déjà hors norme.

 

Ce retrait, bien que motivé par des raisons personnelles, marque une fin abrupte et hautement symbolique à un mandat déjà hors norme. En confiant cette décision à des « convenances personnelles, » le COMICI et Olivia Yacé mettent un terme prématuré à une participation qui, dès le départ, avait dérogé aux règles habituelles en la voyant prendre la place de la Miss 2025. Cette conclusion inattendue et rapide vient souligner l’aspect exceptionnel de son règne. L’organisation Miss Universe Africa & Oceania doit désormais faire face à cette vacance et aux questions qu’elle soulève, tandis que le monde des concours de beauté retient son souffle devant cette décision qui boucle un cycle aussi brillant que controversé.

L’AMU et les Opticiens s’allient au Togo

Lomé, 21 novembre 2025 – La couverture santé des Togolais s’est élargie ce vendredi avec la signature d’un accord sectoriel crucial pour la prise en charge des soins oculaires. Au siège de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), les organismes gestionnaires de l’Assurance Maladie Universelle (CNSS-INAM) et l’Association des Professionnels et Praticiens de l’Optique Lunetterie (APPOL) ont officialisé une nouvelle convention. Cet accord stratégique vise à optimiser l’accès et la qualité des dispositifs médicaux d’optique-lunetterie pour les bénéficiaires de l’AMU.

Togo : L'AMU s'associe aux opticiens (APPOL) pour garantir une meilleure qualité de prise en charge et optimiser le remboursement des lunetteries pour les assurés.
© Togo : L'AMU s'associe aux opticiens (APPOL) pour garantir une meilleure qualité de prise en charge et optimiser le remboursement des lunetteries pour les assurés.

L’AMU : une convention axée sur la qualité et la transparence

 

La convention sectorielle signée entre les entités gestionnaires de l’Assurance Maladie Universelle et les professionnels de l’optique définit désormais le cadre précis de la collaboration. Elle clarifie notamment :

  • Les conditions de fourniture des lunettes et autres dispositifs optiques aux assurés de l’AMU.

  • Les modalités de remboursement appliquées par les organismes gestionnaires (CNSS-INAM).

L’objectif principal de cet accord n’est pas seulement d’élargir le réseau, mais de garantir une meilleure qualité de prise en charge globale. En rationalisant les procédures, les parties entendent également simplifier la délivrance de ces dispositifs médicaux, assurant ainsi aux bénéficiaires un service rapide et conforme aux standards professionnels.

Cette initiative concrétise les efforts du Togo pour renforcer continuellement les prestations de l’AMU, assurant que la qualité de la vue – un élément fondamental de la santé et de la productivité – soit accessible à tous les assurés.

Togo : L'AMU s'associe aux opticiens (APPOL) pour garantir une meilleure qualité de prise en charge et optimiser le remboursement des lunetteries pour les assurés.
© Togo : L'AMU s'associe aux opticiens (APPOL) pour garantir une meilleure qualité de prise en charge et optimiser le remboursement des lunetteries pour les assurés.

Un avenir en ligne de mire

 

Cet accord est plus qu’un simple ajustement administratif des tarifs de remboursement. En alignant les organismes gestionnaires de l’AMU et les professionnels de l’optique, le Togo envoie un signal fort : celui de la qualité et de la dignité des soins pour tous. Désormais, l’amélioration de la vue et la délivrance de dispositifs médicaux ne seront plus un luxe, mais un droit effectif pour les assurés. Cette convention, qui sécurise la filière et assure un accès transparent aux soins, cimente l’AMU comme le pilier central d’une protection sociale qui ne se contente pas de couvrir, mais qui garantit une vie meilleure, un regard plus clair et un avenir plus lisible pour la population togolaise.

Nouveau pacte aérien entre Lomé et Accra

Le Togo et le Ghana ont signé un accord de services aériens visant à renforcer la coopération entre leurs compagnies et à soutenir la mise en œuvre du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA). Cette nouvelle étape marque la volonté des deux pays de bâtir un ciel ouest-africain plus intégré et mieux connecté.

 

Lome, 21 novembre 2025-   En marge des assises de l’OACI à Punta Cana, le Togo a conclu un accord stratégique de services aériens avec le Ghana, marquant une étape décisive vers un espace aérien ouest-africain pleinement intégré.

 

En effet, le ministre conseiller du président  du conseil, Kokou Edem Tengué, a signé ce nouveau cadre de coopération avec la Vice-ministre ghanéenne des Transports, Hon. Dorcas Toffey, conformément aux orientations du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. L’accord vient officialiser des libertés aériennes déjà pratiquées par les compagnies des deux pays, tout en consolidant aussi les bases d’une collaboration plus structurée.

Le Togo et le Ghana signent un nouvel accord de services aériens pour renforcer la connectivité régionale et accélérer la mise en œuvre du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA).
© Le Togo et le Ghana signent un nouvel accord de services aériens pour renforcer la connectivité régionale et accélérer la mise en œuvre du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA).

Un pas important dans la mise en œuvre du MUTAA

 

Par ailleurs, ce partenariat s’inscrit directement dans la dynamique du Marché Unique du Transport Aérien en Afrique (MUTAA), un programme continental visant à libéraliser l’aviation civile et à faciliter les liaisons entre les États africains.

En formalisant leurs engagements, Lomé et Accra démontrent leur volonté commune d’accélérer la libre circulation aérienne et d’offrir davantage d’opportunités aux transporteurs nationaux.

 

Vers un espace aérien plus ouvert et mieux connecté

 

Pour les deux nations voisines, cet accord représente bien plus qu’un simple document administratif. Il s’agit d’une étape clé dans la construction d’un ciel ouest-africain plus cohérent, plus accessible et capable de soutenir la mobilité des populations ainsi que les échanges économiques régionaux.

 

Le ministre s’est félicité de ce rapprochement avec le « pays frère » qu’est le Ghana, soulignant aussi qu’une connectivité renforcée constitue un levier essentiel pour l’intégration africaine et la compétitivité des compagnies locales.

 

En somme, avec cet accord, Lomé et Accra confirment leur volonté de hisser l’aviation ouest-africaine à un niveau d’intégration plus ambitieux, faisant du ciel un véritable moteur de rapprochement et de croissance pour la région.