Mathématiques et IA : Lomé réunit chercheurs et experts

Lomé, 18 décembre 2025 – L’Université de Lomé accueille aujourd’hui et demain la cinquième édition des Journées d’Analyse Harmonique et d’Analyse Stochastique (JAHAS), une conférence internationale orchestrée par le Laboratoire d’Analyse, de Modélisation Mathématique et Applications (LAMMA). Hébergée dans la salle B du bloc pédagogique 2, cette manifestation adopte un format mixte, alliant présence physique et participation virtuelle, pour aborder le thème « Les Mathématiques de la Décision et l’Intelligence Artificielle ».

Un public diversifié pour un croisement de perspectives

Par ailleurs, ce rassemblement attire un public varié, incluant des universitaires émérites comme le deuxième vice-doyen de la Faculté des Sciences, le Dr Nadjime Pindra, et le professeur Yaogan Mensah, qui préside le comité organisateur. Des doctorants, des ingénieurs, des étudiants en master et des invités internationaux complètent ce panel, favorisant ainsi un croisement de perspectives enrichissant.

L’Université de Lomé ouvre la 5ᵉ édition des JAHAS, une conférence internationale dédiée aux mathématiques de la décision et à l’intelligence artificielle, réunissant chercheurs, doctorants et experts pour renforcer la recherche et l’innovation.
© L’Université de Lomé ouvre la 5ᵉ édition des JAHAS, une conférence internationale dédiée aux mathématiques de la décision et à l’intelligence artificielle, réunissant chercheurs, doctorants et experts pour renforcer la recherche et l’innovation.

Les mathématiques, moteur de l’innovation technologique

À une époque où les transformations technologiques redéfinissent les sociétés, les mathématiques émergent comme un pilier indispensable de l’innovation, particulièrement dans les domaines de l’intelligence artificielle. Ainsi, cette édition des JAHAS se positionne comme une plateforme privilégiée pour des débats entre académiciens, spécialistes et jeunes chercheurs sur les implications futures de ces disciplines dans le progrès socio-économique.

 

Mathématiques et IA : un programme dense entre exposés, ateliers et sessions interactives

Le programme des deux jours est dense et orienté vers l’action : exposés dédiés à l’analyse harmonique, à l’analyse stochastique, aux probabilités et aux statistiques ; ateliers explorant les usages concrets des mathématiques en soutien à la prise de décision et à l’IA ; et sessions interactives reliant experts africains et européens avec des doctorants. En plus, ces échanges visent à stimuler des collaborations transcontinentales et à générer des idées novatrices applicables aux défis contemporains.

L’Université de Lomé ouvre la 5ᵉ édition des JAHAS, une conférence internationale dédiée aux mathématiques de la décision et à l’intelligence artificielle, réunissant chercheurs, doctorants et experts pour renforcer la recherche et l’innovation.
© L’Université de Lomé ouvre la 5ᵉ édition des JAHAS, une conférence internationale dédiée aux mathématiques de la décision et à l’intelligence artificielle, réunissant chercheurs, doctorants et experts pour renforcer la recherche et l’innovation.

L’Université de Lomé, un acteur majeur de la recherche scientifique

Organisée par le LAMMA, cette conférence confirme le dynamisme de l’Université de Lomé dans la promotion des sciences exactes. Elle souligne comment les modèles mathématiques peuvent catalyser des avancées en IA, influençant aussi des secteurs variés comme l’économie, la santé ou l’environnement. Les retombées attendues pourraient inspirer de nouveaux projets de recherche et renforcer les réseaux académiques régionaux. Les participants, qu’ils soient sur place ou connectés, sont invités à contribuer activement à ces réflexions collectives pour un avenir où les mathématiques guident l’innovation responsable.

En refermant ces deux journées d’échanges, chercheurs et étudiants repartiront avec une conviction partagée : l’avenir de l’innovation africaine se jouera aussi dans les équations, les modèles et l’audace scientifique que ces rencontres contribuent à faire émerger.

L’Université de Kara et l’ATBEF unissent leurs forces contre le VIH et les IST

EKara, 17 décembre 2025 – Le Campus Sud de l’Université de Kara (Royaume-Uni) a vibré ce mercredi au rythme d’une importante initiative de santé publique. Dans une démarche proactive visant à protéger la communauté estudiantine, l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) a déployé sa clinique mobile pour une vaste campagne de dépistage et de sensibilisation.

 

ATBEF : un jubilé d’or au service de la jeunesse

 

Cette opération ne relève pas du hasard. Elle s’inscrit dans le cadre des activités marquant le 50ᵉ anniversaire de l’ATBEF, une institution pionnière au Togo en matière de santé sexuelle et reproductive responsable. Par ailleurs, en sélectionnant le cadre universitaire pour prolonger ses célébrations, l’association réaffirme son rôle de bouclier sanitaire auprès d’une couche de la population particulièrement vulnérable aux risques infectieux.

Loin de se limiter au seul dépistage gratuit du VIH/Sida, l’événement a proposé un « paquet de services » complet, incluant :

  • La prise en charge médicale des infections sexuellement transmissibles (IST) ;
  • La distribution gratuite de préservatifs ;
  • Des séances d’orientation sur le planning familial.

À l'occasion de ses 50 ans, l'ATBEF a organisé une campagne de dépistage gratuit du VIH et des IST au Campus Sud de l'Université de Kara.
© À l'occasion de ses 50 ans, l'ATBEF a organisé une campagne de dépistage gratuit du VIH et des IST au Campus Sud de l'Université de Kara.

Un record de mobilisation des étudiants

 

L’appel de l’UK et de l’ATBEF a trouvé un écho favorable auprès des apprenants. Dès les premières heures, une foule nombreuse s’est pressée autour des stands pour bénéficier des services de la clinique mobile. En effet, pour beaucoup, cette campagne est une opportunité rare d’accéder à des soins et à une information de qualité sans quitter leur lieu d’études.

« Cette campagne m’a permis de connaître mon statut sérologique et de bénéficier de conseils utiles sur les méthodes de planification familiale », confie Mlle Biicouni Aimée, étudiante en Géographie, le visage empreint de soulagement. « Je remercie l’ATBEF et les responsables de l’Université de Kara pour cette initiative salutaire qui nous permet de prendre en main notre santé. »

À l'occasion de ses 50 ans, l'ATBEF a organisé une campagne de dépistage gratuit du VIH et des IST au Campus Sud de l'Université de Kara.
© À l'occasion de ses 50 ans, l'ATBEF a organisé une campagne de dépistage gratuit du VIH et des IST au Campus Sud de l'Université de Kara.

UK & ATBEF : un partenariat académique et humanitaire solide

 

Au-delà de l’aspect médical, cette journée est le symbole d’une coopération réussie. Pour Mme Kondoh Wazariétou , Sage-femme d’État et responsable de la clinique mobile de l’ATBEF, cette intervention est le fruit d’un dialogue constant entre le monde académique et les acteurs de terrain.

Elle a d’ailleurs tenu à souligner l’excellence des relations de partenariat qui lient sa structure à l’Université de Kara, précisant que la santé de l’étudiant est le socle de sa réussite académique. En facilitant l’accès à ces services de proximité, l’Université de Kara démontre qu’elle ne forme pas seulement des esprits, mais qu’elle veille également au bien-être physique de ses futurs cadres.

En définitive, cette campagne marque une étape supplémentaire dans la lutte contre les pandémies en milieu scolaire et universitaire au Togo. Elle rappelle également que la prévention reste l’arme la plus efficace pour garantir un avenir serein à la jeunesse togolaise.

Togo : L’opposition veut négocier la libération des détenus politiques

Lomé, 17 décembre 2025 – Un appel inattendu secoue la scène politique togolaise. Plusieurs figures de l’opposition et des acteurs de la société civile ont plaidé pour une rencontre directe avec le Président du Conseil afin de débloquer le dossier sensible des détenues politiques . Cette proposition a été formulée samedi 13 décembre, lors d’une rencontre organisée en diaspora par le Rassemblement des Africains pour l’Alternance au Togo (RAAL).

 

Yao Daté bouscule le statu quo.

Yao Daté, président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), propose un entretien direct avec Faure Gnassingbé. Selon lui, seule une démarche franche et personnelle pourrait ouvrir la voie à la libération de personnes détenues pour des raisons qualifiées de politiques. Il appelle à une mobilisation conjointe de l’opposition intérieure, de la diaspora et de la société civile pour soutenir cette approche.

 

L’opposition : « un sacrifice politique » pour une urgence humanitaire

Pour Yao Daté, cette initiative relève d’un « sacrifice politique » rendu nécessaire par la situation humanitaire des détenus. L’enjeu dépasse les clivages idéologiques : il s’agit de restaurer les libertés individuelles et de garantir le respect des droits fondamentaux. Cette proposition intervient alors que des signaux récents du pouvoir laissent entrevoir d’éventuelles mesures de clémence.

Les participants à la rencontre insistent sur l’urgence d’une action rapide, idéalement avant le traditionnel message de Nouvel An du chef de l’État. Ils recommandent également d’associer les autorités religieuses afin de donner à l’initiative une dimension morale plus large et de renforcer son acceptabilité nationale.

 

L’opposition : une brèche possible dans le dialogue national

Dans un contexte politique marqué par des réformes institutionnelles et des échéances électorales à venir, cette initiative vise à rouvrir un espace de dialogue. Elle remet en lumière la dimension humaine des détentions prolongées, régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Reste à savoir si le pouvoir saisira cette main tendue en cette période propice aux gestes d’apaisement pour le bien-être de sa population.

Visa Ban : 39 pays désormais sur la« liste noire » de Trump

Washington, 17 décembre 2025 – Le nombre de pays visés par des restrictions d’accès aux États-Unis » Visa Ban » vient de doubler. Mardi, l’équipe de Donald Trump a dévoilé une liste élargie incluant 20 nouvelles nations et l’Autorité nationale palestinienne. Avec désormais 39 territoires sous le coup de limitations strictes, cette mesure marque un durcissement sans précédent de la politique frontale de la Maison-Blanche. Cette mesure porte le total à l’année, renforçant une politique migratoire stricte initiée plus tôt dans l’année.

 

 Visa Ban : l’Afrique subsaharienne en première ligne des nouvelles restrictions

 

Cinq nations sont frappées par une interdiction totale de territoire : le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Soudan du Sud et la Syrie. Quinze autres États, majoritairement situés sur le continent africain (dont l’Angola, Antigua-et-Barbuda, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Dominique, le Gabon, la Gambie, le Malawi, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Tanzanie, les Tonga, la Zambie et le Zimbabwe), font l’objet de restrictions partielles ciblant principalement les visas d’immigration et de tourisme.

Toutefois, ces restrictions touchent principalement les voyageurs souhaitant immigrer ou visiter les États-Unis, mais épargnent les détenteurs de visas existants, les résidents permanents, les diplomates, les sportifs ou ceux dont la venue sert les intérêts nationaux américains. Cette nouvelle architecture migratoire prendra effet le 1ᵉʳ janvier 2026.

 

Sécurité et coopération : les critères de la Maison-Blanche

 

Cette extension vient compléter une première liste établie en juin dernier. qui avait À l’époque, déjà banni les ressortissants de 12 nations (dont Afghanistan, Myanmar, Tchad, République du Congo, Guinée équatoriale, Érythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan et Yémen), tandis que sept autres (comme Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela) faisaient déjà l’objet de barrières administratives.

L’administration justifie ces nouveaux ajouts par des préoccupations liées à la fiabilité des documents d’identité, à la corruption endémique, aux dépassements de visas fréquents et au refus de rapatriement des expulsés. Le manque de stabilité gouvernementale dans ces pays est également pointé du doigt, rendant difficile la vérification des profils des voyageurs par les services de sécurité américains.

 

Diplomatie et visas : le bras de fer entre Washington et Ramallah

 

Au-delà de la technique, l’administration invoque des impératifs de sécurité nationale et d’application stricte des lois d’immigration. Mais c’est sur le volet palestinien que la mesure prend sa dimension la plus politique. Déjà entravées par des restrictions croissantes ces derniers mois, les chances d’immigration permanente vers les États-Unis s’effondrent désormais pour les détenteurs de documents issus de l’Autorité palestinienne. Cette escalade intervient dans un climat de tension extrême au Moyen-Orient, où les relations entre Washington et Ramallah restent fragiles.

 

 Visa Ban : sécurité ou discrimination ? Le débat s’enflamme à Washington.

 

La riposte ne s’est pas fait attendre. Des organisations de défense des droits humains dénoncent une politique discriminatoire masquée sous le voile de la sécurité. Laurie Ball Cooper, de l’International Refugee Assistance Project (IRAP), a qualifié ces mesures de « tentative honteuse de stigmatiser des individus en raison de leur origine, sans lien réel avec la sécurité nationale ».

Au-delà des principes, l’inquiétude est aussi très concrète pour les anciens alliés des États-Unis. Les associations de vétérans s’alarment : l’absence d’exemption pour les candidats au visa spécial d’immigrant (SIV), notamment en Afghanistan, pourrait condamner des milliers de collaborateurs locaux à des représailles meurtrières dans leur pays d’origine.

 

Entre silence diplomatique et batailles juridiques

 

Du côté des nations visées, les gouvernements évaluent encore l’impact. Si le Turkménistan bénéficie d’un assouplissement relatif — Washington ayant constaté des progrès dans la coopération sécuritaire —, le Laos et la Sierra Leone voient au contraire leurs restrictions se durcir. Pour la majorité des chancelleries concernées, le silence prudent domine encore, mais les analystes s’attendent déjà à une riposte diplomatique. Comme lors des décrets précédents de l’ère Trump, une bataille juridique intense devant les tribunaux fédéraux américains semble désormais inévitable.

 

 Visa Ban : un nouveau visage pour l’immigration américaine

 

Cette politique s’inscrit dans la ligne dure de l’administration Trump, souvent présentée comme un rempart contre les menaces extérieures. Critiques et partisans s’accordent sur un point : elle pourrait redessiner durablement les flux migratoires globaux, affectant des milliers de familles, d’étudiants et de professionnels. Alors que les élections de 2028 se profilent déjà à l’horizon politique, cette décision promet d’alimenter un débat polarisé entre la défense de la souveraineté et le respect des droits fondamentaux.

Golfe 3 : un budget équilibré à 1 317 318 124 FCFA validé

Lomé, 16 décembre 2025 – Les élus de la commune du Golfe 3 ont validé lundi, lors d’une session extraordinaire, le budget initial pour l’exercice 2026. Présidée par le maire Essohanim Gnassingbé, cette réunion a rassemblé les conseillers municipaux, les responsables administratifs et le trésorier communal, marquant ainsi un consensus total autour des priorités financières locales.

La commune du Golfe 3 (Lomé) adopte son budget 2026 de 1,3 milliard FCFA. Priorité à la propreté urbaine, aux infrastructures scolaires et à la modernisation numérique pour le bien-être des citoyens.
© La commune du Golfe 3 (Lomé) adopte son budget 2026 de 1,3 milliard FCFA. Priorité à la propreté urbaine, aux infrastructures scolaires et à la modernisation numérique pour le bien-être des citoyens.

 Budget 2026 : une gestion prudente et équilibrée

Le budget s’équilibre à 1 317 318 124 FCFA en recettes et en dépenses, affichant une légère hausse de 0,67 % par rapport à 2025. Bien que cette progression soit modeste, elle reflète une approche prudente de la part des élus. L’objectif est en effet de consolider les finances communales tout en respectant scrupuleusement les règles d’une gestion saine et transparente.

 

Priorité au cadre de vie des citoyens

Concernant la répartition des ressources, près de 78 % des fonds, soit plus d’un milliard de FCFA, seront répartis aux opérations courantes. Ces crédits privilégient avant tout les besoins quotidiens des habitants : entretien des routes, propreté urbaine, collecte des déchets et renforcement de la sécurité. Par ailleurs, l’exécutif communal a mis l’accent sur une meilleure efficacité des équipes, tout en exerçant un contrôle strict des dépenses salariales pour optimiser le service public.

La commune du Golfe 3 (Lomé) adopte son budget 2026 de 1,3 milliard FCFA. Priorité à la propreté urbaine, aux infrastructures scolaires et à la modernisation numérique pour le bien-être des citoyens.
© La commune du Golfe 3 (Lomé) adopte son budget 2026 de 1,3 milliard FCFA. Priorité à la propreté urbaine, aux infrastructures scolaires et à la modernisation numérique pour le bien-être des citoyens.

Des investissements ciblés pour l’avenir

En ce qui concerne le volet développement, les investissements représenteront environ 22 % du budget total, avec près de 290 millions FCFA dédiés à des projets concrets. Notons que ces projets sont financés majoritairement par des ressources propres (plus de 255 millions FCFA). Ils cibleront principalement :

  • La construction et la réhabilitation d’écoles ;
  • L’amélioration des services d’état civil ;
  • L’acquisition d’équipements et de véhicules ;
  • La modernisation numérique de l’administration municipale.

 

 Budget 2026 : vers une gouvernance moderne et accessible

Cette enveloppe traduit l’ambition claire de l’équipe municipale : développer des infrastructures durables tout en favorisant une gouvernance plus fluide. Finalement, l’unanimité obtenue lors du vote souligne une cohésion forte au sein du conseil, prête à relever les défis d’une commune en pleine croissance.

En somme, avec ce budget adopté, le Golfe 3 pose les bases d’une année 2026 axée sur le bien-être des citoyens et le progrès local, dans un esprit de rigueur et de proximité.

Togo-Bénin : Richard-Gabin Gbédé, l’homme de la solidarité, assassiné

Cotonou, 16 décembre 2025 – La mort brutale de Richard-Gabin Gbédé plonge la communauté entrepreneuriale et associative ouest-africaine dans le deuil. Ce jeune promoteur togolais engageait toute son énergie dans la promotion de la solidarité continentale. Alors qu’il fondait le Comité international de la solidarité africaine (CISA), des assaillants lui ont ôté la vie début décembre lors d’un déplacement à Cotonou, au Bénin, suite à un différend financier au sein de son réseau.

 

L’ambition d’un bâtisseur panafricain

 

Diplômé en diplomatie et communication, Richard-Gabin Gbédé s’était imposé comme un acteur dynamique du développement africain. À travers son cabinet de formation au Togo et surtout le CISA, créé en 2023, il œuvrait aussi à valoriser les initiatives locales, à honorer les bâtisseurs du continent et à organiser des événements comme la « Grande Nuit de la Solidarité Africaine » à Lomé. Son ambition : étendre ces manifestations à travers l’Afrique, de Cotonou à Kinshasa, pour renforcer la cohésion sociale et économique.

 

Meurtre de Richard-Gabin Gbédé : du différend financier au drame

 

Le drame s’est noué autour d’un conflit financier survenu dès mars 2025 avec un collaborateur local chargé de la logistique pour l’implantation du CISA au Bénin. Accusé de détournement de fonds – une somme estimée à plusieurs millions de FCFA –, ce relais béninois avait vu sa relation avec Gbédé se détériorer.

Convaincu que le dialogue pouvait apaiser les tensions, l’entrepreneur togolais s’est rendu personnellement à Cotonou début décembre, séjournant dans un hôtel de Godomey. Ainsi le 4 décembre, il quitte son hébergement pour une rencontre censée régler le différend à l’amiable. Malheureusement, il n’en reviendra jamais.

Meurtre de Richard-Gabin Gbédé : enquête et aveux

 

Inquiète de son silence, sa famille alerte les autorités. Le corps de Richard-Gabin Gbédé est découvert quelques jours plus tard, abandonné dans un caniveau sur la route entre Togbin et Ouidah, une scène qui accentue l’horreur de cet acte.

Par ailleurs, l’enquête, menée par la police béninoise, a rapidement progressé. Le principal suspect, un proche collaborateur identifié comme un acteur culturel et relais local du CISA, est interpellé mi-décembre avec au moins un complice. Selon les sources judiciaires, il a avoué le crime, motivé par ces tensions financières persistantes. L’affaire est désormais entre les mains de la brigade criminelle, et une procédure judiciaire est également en cours pour établir tous les détails et identifier d’éventuels autres impliqués.

 

Un appel à la justice face au chagrin

 

Cette tragédie provoque une profonde émotion dans les milieux associatifs et entrepreneuriaux togolais et béninois. De nombreuses personnes rendent hommage à la mémoire d’un homme qui s’est entièrement consacré à l’unité africaine et dont cette perte irréparable menace de ralentir les projets ambitieux en faveur d’une solidarité renforcée.

 

Les proches et les partenaires du CISA exigent que les autorités rendent pleinement justice, afin que les auteurs de ce crime ne restent pas impunis et que les idéaux de coopération panafricaine continuent d’avancer malgré la douleur. Cet événement tragique rappelle brutalement que même les aspirations les plus nobles se heurtent parfois à la violence des conflits humains.

Décès de Zarifou Ayéva : le Togo perd un pilier de la conciliation politique

Lomé, 16 décembre 2025 – La classe politique togolaise est en deuil suite au décès, survenu lundi 15 décembre, de Zarifou Ayéva, à l’âge de 83 ans. Fondateur et président du Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR), cet homme d’État a marqué plusieurs décennies de l’histoire nationale par son engagement constant en faveur de la démocratie et du dialogue.

 

Un héritage familial et une figure de l’opposition

Originaire de Sokodé, dans la préfecture de Tchaoudjo, Zarifou Ayéva appartenait à une lignée imprégnée de tradition politique. Fils de Dermane Ayéva, ancien président de l’Assemblée nationale et figure clé de l’Union des chefs et des populations du Nord (UCPN) à l’époque préindépendance, il a aussi  hérité d’un sens aigu du service public et d’une vision progressiste pour le développement du pays.

C’est dans les années 1990, période tumultueuse de revendications pour l’ouverture démocratique, que Zarifou Ayéva s’est illustré comme l’un des piliers de l’opposition. Ainsi, aux côtés d’autres dirigeants, il a contribué à mobiliser les consciences et à pousser pour l’instauration d’un véritable pluralisme politique, marquant une étape décisive dans l’évolution institutionnelle du Togo.

 Zarifou Ayéva : du combat à la conciliation nationale

 

Son parcours ne s’est toutefois pas limité à l’opposition. Démontrant une capacité à transcender les clivages, il a accepté de servir l’État en occupant le poste de ministre d’État chargé des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine entre 2005 et 2007, sous la présidence de Faure Gnassingbé. À cette fonction clé, il a également travaillé à redorer l’image diplomatique du Togo sur la scène continentale et internationale, tout en défendant une politique active d’unité régionale.

 

 Zarifou Ayéva : la perte d’une génération de bâtisseurs

 

Connu pour ses convictions profondes, son esprit de conciliation et sa fidélité aux principes de gouvernance inclusive, Ayéva incarnait une opposition constructive, capable de collaborer lorsque l’intérêt national l’exigeait. Son départ s’ajoute à une série de pertes récentes qui ont endeuillé la sphère politique togolaise, d’importantes personnalités comme Yaovi Agboyibor, Edem Kodjo ou encore Martin Aduayom.

En somme ,  Avec la disparition de Zarifou Ayéva, le Togo a dit adieu à un acteur majeur de sa modernité politique. Son héritage – fait de luttes pour la liberté et de contributions à la stabilité – continue d’inspirer les générations futures. Les hommages affluent déjà de tous les bords, témoignant de la respectabilité transpartisane dont il jouissait et de son rôle irremplaçable dans l’histoire de la nation.

État civil : Le Togo lance la dématérialisation des actes administratifs

Lomé, 16 décembre 2025 – Dans un pays où les démarches administratives ont longtemps rimé avec des déplacements répétés et des attentes interminables, le Togo franchit un cap décisif. Le gouvernement a désormais mis en ligne un service dédié à la demande de copies d’actes d’état civil — naissance, mariage ou décès — accessible directement sur la plateforme nationale du Guichet Unique : service-public.gouv.tg.

 

Un guichet unique pour plus d’efficacité

 

Pilotée par le ministère de l’Administration territoriale et celui chargé de l’Efficacité du service public, cette dématérialisation s’inscrit dans l’ambition globale de digitaliser l’ensemble des procédures d’ici fin 2025. L’objectif est double : rendre les services plus fluides et faciliter la vie des citoyens, qu’ils résident à Lomé ou dans les régions les plus reculées.

Concrètement, les usagers peuvent désormais soumettre leur requête depuis un ordinateur ou un smartphone. Une fois le formulaire rempli, le système envoie des notifications par e-mail et SMS pour permettre un suivi en temps réel du dossier. Cette transparence inédite évite désormais les allers-retours inutiles vers les guichets physiques.

 

Sécurité des données et déploiement progressif

 

Face au caractère sensible des documents d’identité, les autorités insistent sur la robustesse du système. En effet, la plateforme intègre des protocoles de cybersécurité avancés pour préserver la confidentialité des informations personnelles.

Toutefois, pour garantir la réussite du projet, le service est d’abord déployé à titre expérimental dans plusieurs communes pilotes (Agoè-Nyivé 1, Golfe 1, Avé 2, Zio 2 et Lacs 1). Ce choix stratégique permet de tester l’outil en conditions réelles avant un déploiement national prévu dans les prochains mois.

 

État civil : un dispositif d’assistance complet

 

Pour accompagner les usagers dans cette transition numérique, un système de support a été mis en place :

  • Assistance en ligne : un chat en direct sur le portail et une adresse e-mail (info@service-public.gouv.tg).
  • Assistance téléphonique : le shortcode 8988 et la ligne fixe 22 23 94 70.

Cette initiative marque une avancée majeure dans la transformation numérique du Togo. En rendant les services publics plus inclusifs et efficaces, le pays renforce non seulement la confiance entre l’administration et ses administrés, mais s’impose également comme un pionnier de la gouvernance numérique en Afrique de l’Ouest. Le défi réside désormais dans l’adoption massive de cet outil par la population et sa généralisation rapide à l’ensemble des communes du territoire.

CEDEAO : le Sénégal prend les rênes de la Commission pour restaurer l’unité

Abuja, 15 décembre 2025 – Les chefs d’État ouest-africains, réunis dimanche à Abuja pour la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence de la CEDEAO, ont porté un choix historique : le Sénégal dirigera la Commission de l’organisation de 2026 à 2030. Dakar proposera ainsi le successeur du Gambien Omar Alieu Touray, dont le mandat, marqué par des avancées économiques mais plombé par des crises profondes, touche à sa fin.

 

La reconnaissance du leadership sénégalais

 

Cette désignation, une première pour le Sénégal, couronne des mois de négociations discrètes et affirme le poids croissant de Dakar dans l’espace communautaire. Le président Bassirou Diomaye Faye, qui a pris part aux travaux avec une implication notable, a immédiatement réagi : il exprime sa gratitude envers ses homologues pour cette marque de confiance, qui oblige le Sénégal à redoubler d’efforts pour une CEDEAO renforcée, plus intégrée et résolument orientée vers la paix et le développement des peuples ouest-africains.

La diplomatie sénégalaise célèbre ce succès comme la reconnaissance du rôle pivot joué par le pays fondateur de l’organisation. Ce choix a mis en exergue le leadership du président Faye et consacre la fiabilité du Sénégal en matière d’intégration régionale et de gouvernance collective, dans une sous-région confrontée à des vents contraires.

Un héritage contrasté face au défi de l’AES

 

Le bilan d’Omar Alieu Touray reste contrasté : des progrès notables sur le plan économique et commercial contrastent avec une période tumultueuse. En effet, celle-ci a été rythmée par une insécurité galopante, une vague de putschs et, surtout, le retrait coordonné du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont fondé l’Alliance des États du Sahel (AES). Ces départs ont fragilisé l’organisation, réduite à 12 membres, et notamment sa capacité à imposer son autorité face aux changements anticonstitutionnels.

 

Un chantier immense pour le Sénégal : unité, dialogue et sécurité

 

Le futur président sénégalais héritera d’un chantier immense : premièrement, restaurer l’unité communautaire ; deuxièmement, relancer le dialogue avec les pays dissidents de l’AES ; et enfin, renforcer la lutte contre le terrorisme et accélérer l’intégration économique.

Dakar réaffirme son engagement total pour consolider l’institution et promouvoir la prospérité et la stabilité dans l’espace CEDEAO. Cette nomination propulse le Sénégal au premier plan régional et offre à Bassirou Diomaye Faye une tribune influente pour imprimer sa vision d’une Afrique de l’Ouest souveraine et solidaire. Un défi exaltant pour un président jeune, dont l’ascension rapide continue de marquer les esprits.

En somme, le Sénégal de Bassirou Diomaye Faye a désormais la lourde responsabilité de prouver que la CEDEAO, malgré ses failles, reste l’institution vitale capable de se réinventer. La réussite de Dakar sera la réussite de la résilience communautaire face à la désunion. Pour le futur président de la Commission, la tâche est claire : faire de la restauration du dialogue avec l’AES la première pierre d’un mandat qui doit impérativement réconcilier l’Ouest africain avec l’idée même de solidarité régionale.

 

Tingban Paab 2025 : La culture renaît, la crise de l’eau persiste à Dapaong

Dapaong, 15 décembre 2025 –Sous un soleil ardent, la ville de Dapaong a vibré au rythme des tambours et des danses traditionnelles ce samedi 13 décembre, marquant le grand retour de Tingban Paab, la fête ancestrale des moissons chez les populations du grand Tône. Interrompue depuis 2019 d’abord à cause de la pandémie de covid-19 puis ensuite par les menaces sécuritaires qui ont ensanglanté la région des Savanes, cette célébration symbolise un espoir de retour à la normale. Pourtant, au milieu des réjouissances, un cri unanime s’est élevé : celui de la soif, face à un accès à l’eau potable toujours précaire.

 

 

Tingban Paab 2025 : le retour de la tradition sous haute surveillance

 

La cérémonie a attiré un parterre d’autorités, dont le général Yark Damehame, directeur de cabinet du président du Conseil, et Barry Moussa Barqué, président du Sénat, venus représenter Faure Gnassingbé. Leur présence a souligné l’importance accordée par le pouvoir central à cette reprise culturelle, dans une zone encore marquée par les stigmates de l’insécurité jihadiste. Les discours officiels ont salué la résilience des communautés et le progrès vers la paix. Néanmoins, les habitants n’ont pas manqué l’occasion de transformer cette plateforme festive en tribune pour leurs doléances quotidiennes.

 

Le paradoxe des maisons sans eau potable

 

Au-delà des offrandes aux ancêtres et des récoltes abondantes célébrées, les voix locales ont martelé un besoin vital : l’eau potable. Dans de nombreuses localités du Grand Tône, les femmes et les enfants parcourent encore des kilomètres pour puiser une eau souvent douteuse, exposant les familles à des risques sanitaires. Ce déficit chronique, malgré des promesses passées et la présence d’anciens responsables du secteur hydraulique, a volé la vedette à la joie collective. En effet, les participants ont insisté : une fête des moissons perd de son sens si les champs ne peuvent être irrigués convenablement et si les foyers manquent d’eau pour la vie quotidienne.

 

Le miroir des aspirations non résolues

 

Cette édition 2025 de Tingban Paab illustre le double visage de la région des Savanes : une richesse culturelle préservée et une fragilité infrastructurelle criante. Le retour de la fête témoigne d’un apaisement sécuritaire relatif, permettant aux traditions de renaître. Mais surtout, il met en lumière les priorités non résolues du développement rural.

Les populations attendent désormais des actes concrets : fourrages, adductions d’eau et programmes durables, afin de célébrer les prochaines moissons non seulement avec gratitude, mais dans la dignité qu’offre un accès universel à cette ressource essentielle. Tingban Paab reste plus qu’une fête – un miroir des aspirations profondes d’un peuple résilient.