Vaccin antipaludique au Togo : avancée sanitaire ou controverse silencieuse ?

Le Togo s’équipe face au paludisme : un vaccin controversé sur la table

C’est en marge de la TICAD 9 à Yokohama que le Président Faure Essozimna Gnassingbé a reçu la directrice exécutive de GAVI, Dr Sania Nishtar. À l’issue de cette rencontre, l’annonce est tombée : le Togo introduira prochainement le vaccin antipaludique RTS,S (Mosquirix), destiné aux enfants de 5 à 17 mois.

Présenté comme une avancée majeure dans la lutte contre le paludisme, ce vaccin est déjà déployé dans plusieurs pays africains, dont le Ghana, le Kenya et le Cameroun. Il permettrait de réduire les cas graves de paludisme de 30 à 40 %. Pour un pays où cette maladie reste l’une des premières causes de mortalité infantile, l’annonce semble, de prime abord, porteuse d’un immense espoir.

 

La controverse traverse les frontières : les doutes d’un militant et d’une étude

 

Mais derrière cet enthousiasme institutionnel, des voix s’élèvent. Le 30 juin 2024, l’activiste Egountchi Behanzin, s’appuyant sur des publications scientifiques, alertait sur les effets secondaires du vaccin RTS,S, notamment après son introduction en Côte d’Ivoire. Selon lui, une étude de ScienceMagazine aurait observé des cas de méningite, de paludisme cérébral et d’inflammation des membranes cérébrales chez des enfants vaccinés, en particulier des petites filles.

 

Entre faits scientifiques et mythes : le verdict des essais cliniques

 

Cependant, une analyse systématique publiée en juin 2025 nuance ces inquiétudes. L’étude confirme que des effets indésirables graves sont bien survenus lors des essais cliniques, mais leur fréquence reste comparable à celle que l’on observe avec d’autres vaccins pédiatriques.. Plus encore, le taux de mortalité n’a pas montré de différence statistiquement significative entre les groupes vaccinés et non vaccinés. Les données issues des programmes pilotes menés au Ghana, au Kenya et au Malawi ont d’ailleurs montré une réduction de 13 % des décès toutes causes confondues et une baisse de 22 % des hospitalisations pour paludisme sévère.

L’Organisation mondiale de la santé recommande par conséquent l’usage du vaccin dans les zones de transmission modérée à élevée, en complément des autres mesures de prévention. Mais la question demeure : comment garantir que les bénéfices du vaccin l’emportent sur les risques, particulièrement dans des contextes où les systèmes de surveillance sanitaire sont encore fragiles ?

 

Une décision qui engage la nation entière

 

L’introduction du RTS,S au Togo ne concerne pas seulement les autorités sanitaires ; elle engage les familles, les communautés et les professionnels de santé. Le défi est double : garantir une transparence totale sur les effets secondaires et renforcer les capacités locales de suivi post-vaccination. L’enjeu est de taille : dans les zones rurales, où le paludisme fait des ravages, ce vaccin pourrait offrir une protection précieuse, tandis que dans les quartiers urbains, où l’accès à l’information est plus large, les interrogations se multiplient.

 

Vaccin antipaludique  : Au-delà des chiffres, la confiance en jeu

 

Le Togo s’apprête à franchir un cap historique dans sa lutte contre le paludisme. Mais ce pas, aussi stratégique soit-il, ne peut être dissocié d’un devoir de transparence, de vigilance et de responsabilité. Le vaccin RTS,S est porteur d’un immense espoir, mais aussi de questions complexes. Au-delà de la bataille médicale, comment les autorités togolaises vont-elles faire de cet enjeu de santé publique un acte de souveraineté sanitaire et consolider la confiance des citoyens ? La réponse à cette question cruciale sera déterminante pour le succès de cette nouvelle ère de la lutte antipaludique au Togo.

PERECUT : Une impulsion énergétique au cœur du territoire

 Région Centrale : le Togo électrise ses ambitions territoriales avec le déploiement du PERECUT

 

Dans les préfectures de Blitta, Sotouboua, Tchamba, Mô et Tchaoudjo, l’énergie ne se limite plus à une promesse ; elle devient une réalité en construction. En fait , le week-end dernier, les autorités locales et les cadres du ministère des Mines et de l’Énergie se sont réunis pour acter le démarrage opérationnel du Projet d’extension des réseaux électriques des centres urbains du Togo (PERECUT) dans la région Centrale. Ce projet, structurant et symbolique, marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale d’électrification. En effet, il vise à réduire les disparités territoriales en matière d’accès à l’énergie, tout en renforçant la résilience des infrastructures urbaines et périurbaines.

 

Le PERECUT en chiffres : 8 localités stratégiques sous les projecteurs

 

Le PERECUT couvrira huit localités stratégiques, confirmant une approche de maillage énergétique cohérent. Ainsi, les travaux prévus dans les préfectures de Blitta, Sotouboua, Tchamba, Mô et Tchaoudjo incluent :

  • 290,2 km de réseau basse tension (BT)
  • 21,1 km de réseau moyenne tension (MT)
  • 36 postes transformateurs

De plus, un volet éclairage public est également prévu, avec l’installation de lampadaires dans les localités bénéficiaires, renforçant la sécurité et la vie nocturne des communautés.

 

Une démarche inclusive au service du citoyen

 

Par ailleurs, le projet intègre un volet de raccordement pour les nouveaux clients, la reprise des abonnés existants sur les nouveaux réseaux, et la pose de compteurs à prépaiement. Cette approche vise à simplifier l’accès à l’électricité, tout en garantissant une gestion transparente et équitable des consommations.

Selon Aboulaye Abbas, directeur de cabinet du ministre des Mines et de l’Énergie, « il s’agit d’étendre le réseau vers les quartiers en pleine croissance. D’autres projets sont en gestation pour desservir les zones encore non couvertes ».

 

L’ambition nationale soutenue par des partenaires de poids

 

L’opérationnalisation du PERECUT dans la région Centrale s’inscrit dans un programme national plus ambitieux :

  • 1681 km de réseau BT
  • 200 km de réseau MT
  • 371 postes transformateurs
  • Un coût global de 46 milliards FCFA

Le financement est assuré par l’Agence française de développement (AFD), la Coopération financière allemande (KfW) et l’Union européenne (UE), témoignant aussi de la confiance des partenaires internationaux dans la trajectoire énergétique du Togo.

 

L’énergie, un levier de souveraineté et de justice sociale

 

À travers le déploiement du PERECUT, le Togo confirme que l’énergie est bien plus qu’un service : c’est un droit, un levier de développement, et un facteur de dignité. Chaque kilomètre de câble posé, chaque transformateur installé, chaque foyer raccordé raconte une histoire – celle d’un territoire qui se modernise, d’un État qui anticipe, et d’une population qui avance. En plus, ce projet d’électrification devient un acte de souveraineté et un outil de justice territoriale, envoyant un signal fort à l’avenir.

Mais au-delà des chiffres et des lampadaires, la véritable question reste : comment cette nouvelle dynamique énergétique va-t-elle transformer le quotidien des Togolais et propulser le développement économique de ces régions encore enclavées ?

Toyota Tsusho s’ancre au Port de Lomé

Togo–Japon : à Yokohama, une rencontre stratégique scelle l’ancrage de Toyota Tsusho à Lomé

 

Le Togo s’affirme comme un hub logistique en Afrique de l’Ouest. En témoigne la décision de Toyota Tsusho Corporation, la branche commerciale du géant japonais, d’y implanter une plateforme logistique et commerciale dès octobre prochain. Bien plus qu’une simple installation d’entreprise, cette initiative incarne une vision de développement durable pour le Togo. En effet, le PDG Ichiro Kashitani a confirmé cette collaboration stratégique avec le Togo lors d’une rencontre avec le Président du conseil Faure Essozimna Gnassingbé à Yokohama, vendredi dernier. Cette décision arrive à un moment clé, où les ports sont vus comme des outils essentiels pour la souveraineté économique et l’union des pays de la région.

Toyota Tsusho à Lomé : une diplomatie économique qui porte ses fruits

 

L’annonce de ce partenariat marque une étape symbolique pour la diplomatie économique togolaise. Elle est le fruit d’un dialogue institutionnel fort qui reflète une ambition partagée : celle de faire du Togo un hub logistique, industriel et technologique au cœur de l’Afrique de l’Ouest. D’ailleurs, lors de l’audience, M. Kashitani a d’ailleurs salué la qualité des échanges avec le Président du Conseil :

« Nous avons été vivement encouragés par ses paroles. Nous allons accroître nos investissements et développer nos activités dans le pays », a-t-il affirmé.

Ces propos soulignent l’alignement parfait entre les ambitions de Toyota Tsusho et la vision stratégique du gouvernement togolais. En plus , cette rencontre illustre une diplomatie économique centrée sur les résultats, où les partenariats ne se limitent pas à des intentions, mais s’inscrivent dans des calendriers opérationnels et des engagements multisectoriels.

 

Toyota Tsusho, au-delà des voitures : l’investissement multisectoriel qui va transformer le Togo

 

Par ailleurs, l’arrivée de Toyota Tsusho ne se limite pas à l’automobile. Elle s’inscrit dans une logique multisectorielle, avec des investissements annoncés dans les énergies renouvelables, la santé et les infrastructures. Ces choix ne sont pas anodins : ils répondent directement aux priorités nationales en matière de transition énergétique, d’accès aux soins et de modernisation des chaînes logistiques.

 

En conséquence, le Port de Lomé, déjà reconnu pour sa performance et sa connectivité régionale, devient ainsi le point d’ancrage d’une stratégie industrielle à haute valeur ajoutée. Toyota Tsusho y développera des activités de distribution, d’importation et de service après-vente, tout en renforçant les capacités locales.

 

Le Togo, un catalyseur pour les investissements étrangers

 

En plus, cette implantation est également le fruit d’une gouvernance proactive. Le Togo, par sa diplomatie économique, multiplie les partenariats structurants avec des acteurs internationaux capables d’accompagner sa transformation. Le dialogue entre Tokyo et Lomé illustre une posture proactive, où les institutions togolaises jouent un rôle de catalyseur pour attirer des investissements porteurs de sens et d’un impact positif sur le développement.

 

Le Port de Lomé accueille Toyota Tsusho Corporation, acteur mondial japonais, dans une dynamique de coopération stratégique autour
© Le Port de Lomé accueille Toyota Tsusho Corporation, acteur mondial japonais, dans une dynamique de coopération stratégique autour

Le Port de Lomé, un symbole en mouvement pour un pays en plein essor

 

Enfin, au-delà des chiffres et des infrastructures, c’est tout un territoire qui se mobilise. Le Port de Lomé devient le miroir d’un Togo qui innove, s’ouvre et se construit. Il incarne une dynamique territoriale où les acteurs publics et privés convergent vers une même ambition : faire du pays un modèle de développement inclusif et durable.

À travers cette audience à Yokohama, le Togo démontre sa capacité à tisser des alliances stratégiques, à anticiper les mutations économiques et à inscrire son territoire dans les dynamiques globales. L’implantation de Toyota Tsusho au Port de Lomé n’est pas seulement une opération logistique : c’est un signal fort envoyé à l’Afrique et au monde, celui d’un pays qui transforme ses atouts en leviers d’influence.

À présent, la question cruciale se pose : comment cette alliance peut-elle non seulement redéfinir la place du Togo sur l’échiquier économique régional, mais également servir de modèle pour d’autres nations africaines cherchant à attirer des investissements stratégiques ? Le Port de Lomé, au-delà d’être un lieu de transit, se positionne comme un espace de projection et de transformation, invitant à concevoir le développement comme une véritable co-construction.

Togo : à Lomé, le sport devient langage d’inclusion et de dignité

 

Lomé en fête : les Jeux nationaux de Special Olympics célèbrent le courage et l’inclusion

 

Lomé, 25 août 2025 Samedi dernier, Lomé n’a pas seulement accueilli une compétition, elle a vibré au rythme d’une célébration de la dignité, du dépassement de soi et de la fraternité. En fait, les Jeux nationaux 2025 de Special Olympics ont réuni des athlètes venus de toutes les régions du Togo, tous porteurs d’une même singularité : celle de vivre avec une déficience intellectuelle et de transformer cette réalité en force. Sur les pistes, dans les aires de saut, autour des terrains de pétanque, les performances se sont enchaînées. Cependant, au-delà des médailles, c’est une énergie collective qui s’est exprimée, celle d’un pays qui choisit de faire de l’inclusion un impératif et du sport un levier de reconnaissance.

À Lomé, les Jeux nationaux 2025 de Spécial Olympique ont rassemblé des athlètes venus de tout le Togo. Une célébration du courage, de la performance et de l’inclusion, en route vers les Jeux mondiaux de 2027 au Chili.
© À Lomé, les Jeux nationaux 2025 de Spécial Olympique ont rassemblé des athlètes venus de tout le Togo. Une célébration du courage, de la performance et de l’inclusion, en route vers les Jeux mondiaux de 2027 au Chili.

Des performances qui racontent des histoires de résilience

 

La compétition a été marquée par des moments forts :

  • En lancer de tennis (féminin), Adabi Fadila de Kpalimé a décroché l’or avec une distance de 12,65 m, suivie par deux athlètes de Lomé.
  • En saut sans élan, Kuété Marie (1,34 m) s’est imposée devant Moladja Kadjidja et Yovo Gracia.
  • En marche 25 m (masculin), Goka Victor de Lomé a pris la tête avec un temps de 8″04, devant Amétépé Frédérick de Kpalimé.

Chaque épreuve a révélé des talents, des visages et des histoires. Ces athlètes, souvent invisibles dans les récits sportifs traditionnels, ont montré que la performance ne se mesure pas seulement en secondes ou en mètres, mais également en courage, en constance et en joie partagée.

 

L’avenir en ligne de mire : Cap sur les Jeux mondiaux 2027

 

Par ailleurs, ces Jeux nationaux constituent une phase de présélection pour les Jeux internationaux de 2026. Ils permettront au Togo de définir son quota de participation aux Jeux mondiaux de 2027 au Chili. En outre, un tirage au sort désignera les médaillés qui représenteront le pays. Toutefois, l’enjeu pour les organisateurs dépasse la simple sélection. Il s’agit de valoriser les efforts de ces athlètes qui s’entraînent depuis plus de huit semaines, souvent dans des conditions modestes, mais avec une détermination exemplaire.

Une parole institutionnelle en faveur de l’inclusion à Lomé

 

Le directeur national de Special Olympics, Gnéni Tchagbélé, a rappelé que ces Jeux s’inscrivent dans le plan de travail annuel du ministère chargé des Sports. « Nous voulons que ces athlètes soient évalués comme tous les autres, dans un cadre structuré, avec des règles, des encouragements et des perspectives », a-t-il déclaré. Il a souligné que Special Olympics est une organisation qui offre des entraînements et des compétitions tout au long de l’année, permettant aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle de s’intégrer, de s’exprimer et de partager la joie du sport.

 

Et si le sport devenait le miroir d’une société plus juste ? À Lomé, les Jeux nationaux de Special Olympics ont prouvé que l’excellence ne connaît ni frontières ni normes figées. Ces athlètes ont couru, sauté, lancé, mais surtout, ils ont rassemblé. Ils ont rappelé que l’inclusion ne se décrète pas, elle se construit, épreuve après épreuve, regard après regard. Le Togo a lancé un signal fort : celui d’un pays qui choisit de faire de la différence une richesse et du sport un langage universel. Mais ce n’est qu’un début. Le Togo est-il prêt à soutenir ces athlètes pour qu’ils puissent atteindre l’excellence sur la scène mondiale ?

Togo : La finance en ébullition, les syndicats suspendent leur sit-in

Togo : les syndicats suspendent leur sit-in, mais la mobilisation sociale reste en alerte

 

Au cœur du tissu économique togolais, les visages de la finance se lèvent. Les employés de banque et les agents d’assurance, des figures discrètes, mais essentielles du quotidien, ont décidé de faire entendre leur voix. Derrière les chiffres, ce sont des parcours, des familles et des territoires qui s’expriment. Le sit-in prévu ce lundi 25 août par les syndicats SYNBANK et SYNASSUR a été suspendu hier suite à une rencontre avec le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara , qui a ouvert la voie à un dialogue, avec la promesse d’une audience conjointe avec le ministère de l’Économie et des Finances. Cependant, la mobilisation reste vive.

Le cri du cœur des travailleurs : L’équité et la dignité au centre des revendications

 

Les revendications portées par les syndicats ne relèvent pas seulement de questions salariales. Elles traduisent une quête de reconnaissance et de justice. Les demandes sont claires :

  • L’établissement d’une politique salariale harmonisée dans les établissements financiers.
  • L’accès équitable aux avantages sociaux, tels que les crédits, les aides scolaires, et le soutien familial.
  • L’application de la nouvelle grille au Centre de Formation Bancaire du Togo
  • La dénonciation des licenciements abusifs et des pratiques de harcèlement.
  • L’abandon des poursuites contre une déléguée du personnel d’Ecobank Togo.

Ces demandes dessinent les contours d’un secteur en mutation, où les enjeux humains rejoignent les impératifs économiques.

 

La colère gronde : une onde de choc dans les territoires

 

La récente décision de SUNU Bank Togo de licencier 42 employés pour motif économique a agi comme un catalyseur. Conséquence immédiate : dans les quartiers, les guichets automatiques ont été pris d’assaut dès le week-end, révélant l’inquiétude des usagers face à une possible paralysie du système. Dans un pays où l’accès aux services financiers reste limité, toute perturbation affecte directement les dépôts, les transferts et les crédits, avec des répercussions sur les familles, les commerçants et les artisans.

 

Suspension de  sit-in : un dialogue en cours, mais la vigilance reste de mise.

 

Pour le gouvernement, l’ouverture d’un dialogue vise à préserver la stabilité d’un secteur stratégique. Toutefois, les syndicats restent sur le qui-vive. La suspension du sit-in ne marque pas la fin du mouvement : une grève de 72 heures est déjà annoncée pour les 24, 25 et 26 septembre, si aucune avancée concrète n’est observée. Ce calendrier syndical témoigne d’une stratégie réfléchie, où la négociation reste possible, mais où la pression sociale demeure bien active.

 

Au-delà des revendications salariales, un enjeu de société

 

Au-delà des revendications salariales, ce mouvement interroge la place des travailleurs dans les dynamiques économiques nationales. Il met en lumière les enjeux de justice sociale, de reconnaissance professionnelle et de gouvernance interne dans les institutions financières. Les syndicats ne demandent pas seulement des ajustements : ils portent une vision du travail fondée sur la dignité, la transparence et le respect des droits. Dans un secteur aussi stratégique que celui des banques et des assurances, leur voix devient celle d’un équilibre à reconstruire entre performance économique et responsabilité sociale.

 

La suspension du sit-in n’est qu’un répit. Le Togo entre dans une phase de négociation où chaque geste comptera. Les syndicats ont montré leur capacité à mobiliser, à structurer leurs revendications et à ouvrir le dialogue. Mais la suite dépendra de la volonté politique et de la capacité des institutions à répondre aux attentes. Derrière les chiffres et les procédures, ce sont des vies, des familles et des territoires qui attendent des réponses. Le chantier est lancé, et le pays observe. Alors, le gouvernement est-il prêt à engager les réformes nécessaires pour apaiser le secteur financier, ou la crise est-elle inévitable ?

275 heures pour le Togo : Laurence Assignon, héroïne culinaire d’un peuple en éveil

Lomé, le 22 août 2025 Ce n’était pas qu’un simple marathon culinaire, c’était une épopée nationale ! Dans la nuit du 21 août 2025, au Centre Togolais des Expositions et Foires de Lomé, la cheffe Laurence Assignon a mis un terme à son aventure hors norme : 275 heures de cuisine non-stop, soit 13 jours d’efforts ininterrompus, de passion et de sourires partagés. Une performance qui a transcendé la cuisine pour devenir un cri d’identité, une ode à la résilience togolaise.

À Lomé, la cheffe togolaise Laurence Assignon a tenu les fourneaux pendant 275 heures dans une tentative de record Guinness. Un exploit collectif, porté par la ferveur nationale et la diaspora, qui interroge sur la place du Togo dans l’histoire culinaire mondiale.
© À Lomé, la cheffe togolaise Laurence Assignon a tenu les fourneaux pendant 275 heures dans une tentative de record Guinness. Un exploit collectif, porté par la ferveur nationale et la diaspora, qui interroge sur la place du Togo dans l’histoire culinaire mondiale.

Une quête portée par tout un peuple

Depuis le 10 août, la cheffe togolaise s’était lancée dans une tentative audacieuse pour inscrire le Togo dans le prestigieux livre des records Guinness. Ce défi, initialement fixé à 192 heures, a été pulvérisé. Mais au-delà des chiffres, c’est l’élan populaire qui a marqué les esprits. Familles, jeunes, personnalités et surtout la diaspora togolaise, connectée en temps réel, ont suivi chaque plat, chaque geste, chaque moment de doute.

En plus, Lomé s’est transformée en une scène vivante, où la cuisine est devenue un langage de résistance et de célébration.

 Laurence Assignon : une rivalité inattendue, une décision difficile

 

Alors que l’exploit semblait acquis, une nouvelle est venue bouleverser la dynamique : Zainab Olapido, une entrepreneure culinaire nigériane, a lancé sa propre tentative avec un objectif de 340 heures. Face à cette annonce, Laurence Assignon a choisi de mettre fin à son marathon.

les fans de la cheffe ont  accueilli cette décision avec de la déception, car l’espoir d’une victoire définitive était palpable. Pourtant, pour beaucoup, ils considèrent déjà le record comme moralement acquis.

Le Togo, territoire de fierté et de transmission

 

Cet exploit a mis en lumière un talent, un territoire et une mémoire collective. Il a montré que le Togo ne manque ni de ferveur ni de capacité à se mobiliser autour d’un symbole. Par son endurance et sa générosité, Laurence Assignon a incarné la force tranquille d’un peuple en marche.

 Laurence Assignon : une performance qui dépasse les frontières

Au-delà de la compétition, l’acte de Laurence Assignon interroge :

  • Quelle place pour les femmes africaines dans les récits de performance mondiale ?
  • Comment valoriser les talents locaux dans les sphères internationales ?
  • Et surtout, comment transformer un exploit individuel en levier de cohésion nationale ?

Et maintenant ? Le défi est lancé pour la communauté togolaise

Et si le véritable record n’était pas celui homologué, mais celui gravé dans les cœurs ? À Lomé, pendant 13 jours, le Togo a cuisiné son histoire, ses rêves et sa fierté. Au-delà de la compétition, l’acte de Laurence Assignon interroge : comment transformer un exploit individuel en levier de cohésion nationale et de développement durable pour le Togo ? Il est maintenant temps de transformer cette énergie en mouvement durable pour les femmes, les créateurs et tous ceux qui osent rêver grand.

Partenariat Togo–PNUD : vers une transition écologique inclusive

Le Togo s’engage pour l’environnement : La mobilité électrique et les objectifs climatiques au cœur des discussions avec l’ONU

 

Lomé, 22 août 2025 – Le Ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières, Katari Foli-Bazi, a tenu  jeudi une réunion cruciale avec les représentantes des Nations Unies au Togo, Coumba Diaw Sow et Binta Fatou Sanneh. Cet échange a permis d’aborder des initiatives stratégiques pour l’avenir environnemental du pays, de la promotion de la mobilité électrique aux engagements climatiques en vue de la COP 2025. Alors que le Togo intensifie ses efforts pour un développement durable, cette concertation marque une étape décisive vers un avenir plus vert.

Le Togo et le PNUD collaborent pour promouvoir la mobilité électrique, le reboisement et la justice environnementale.
© Le Togo et le PNUD collaborent pour promouvoir la mobilité électrique, le reboisement et la justice environnementale.

Des projets d’envergure pour un Togo éco-responsable

 

Au cœur des discussions, deux projets phares ont été examinés : la promotion de la mobilité électrique et l’actualisation des Contributions Déterminées au niveau National (CDN), qui incarnent les engagements climatiques du Togo dans le cadre de l’Accord de Paris. Le ministre Foli-Bazi a insisté sur l’importance de la transition vers des véhicules électriques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

En effet, ce projet, soutenu par le PNUD, vise à déployer des infrastructures comme des stations de recharge et à encourager l’adoption de véhicules à faible empreinte carbone. Les échanges ont également porté sur les CDN, car le pays a besoin de 5,526 milliards de dollars sur la période 2020-2030 pour financer ses ambitions climatiques. Ces fonds, recherchés auprès de partenaires bilatéraux et multilatéraux, doivent permettre de renforcer la résilience des communautés face aux impacts du changement climatique, comme les sécheresses et les inondations.

 

Reboisement et droits environnementaux au cœur des priorités

 

Un autre axe majeur de la rencontre a été la défense des droits environnementaux pour protéger les communautés vulnérables. Le ministre a souligné l’engagement du Togo à intégrer ces droits dans ses politiques publiques, en s’appuyant sur le Programme National de Suivi Environnemental (PNSET), soutenu par le PNUD.

Le reboisement, pilier de la politique environnementale togolaise, a également occupé une place centrale dans les discussions. Sous le leadership de Foli-Bazi, le Togo ambitionne de planter un milliard d’arbres d’ici 2030, avec 14 millions prévus pour 2023. De plus, la campagne nationale de reboisement 2025, lancée avec un budget de 11,18 milliards de FCFA, illustre la volonté de restaurer 30 % du couvert forestier national d’ici 2050.

 

Préparatifs pour la COP 2025 : le Togo se positionne

 

À l’approche de la COP 2025, qui se tiendra dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique, le Togo peaufine sa stratégie. La réunion avec les représentantes de l’ONU a permis d’aligner les priorités nationales sur les attentes internationales. En effet, le ministre Foli-Bazi, qui a déjà représenté le Togo à la COP 27 en 2022, cherche à mobiliser des financements climatiques pour soutenir les projets d’adaptation et d’atténuation. Le Forum panafricain sur le financement de l’adaptation au climat, organisé en décembre 2024, a renforcé la position du Togo en tant qu’acteur clé dans ces discussions régionales.

Défis et opportunités

 

Malgré ces avancées, des obstacles demeurent. La mobilisation des financements reste un défi majeur. Les impacts climatiques, tels que l’irrégularité des pluies et la hausse des maladies respiratoires, continuent de peser sur les populations. Cependant, la collaboration étroite avec des partenaires comme le PNUD et l’ONU offre des opportunités pour surmonter ces contraintes, notamment grâce à des outils comme le Programme de Renforcement des Capacités pour la Gestion de l’Environnement (PRCGE).

 

Vers un Togo plus vert

 

En somme, cette rencontre marque un pas de plus vers un Togo résilient et durable. En plaçant la mobilité électrique, les CDN, les droits environnementaux et le reboisement au cœur de sa stratégie, le pays se positionne comme un modèle en Afrique de l’Ouest. À l’aube de la COP 2025, ces efforts témoignent d’une volonté collective de bâtir un avenir où l’environnement et le développement vont de pair. Mais une question demeure : le soutien des Nations Unies suffira-t-il à relever les défis financiers et climatiques du Togo ?

Le Togo veut devenir un leader régional de l’élevage durable

Togo : un atelier pour booster l’élevage durable Ouvre la voie à une révolution agricole.

 

Lomé, 22 août 2025 Dans une démarche audacieuse pour dynamiser le secteur de l’élevage, Katari Foli-Bazi, le ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières, a inauguré un atelier stratégique à Lomé le 20 août 2025. Organisé en partenariat avec le Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD), cet événement vise à mobiliser des investissements massifs et durables pour faire de l’élevage une priorité nationale. L’initiative, qui garantit un accès facilité aux financements pour les éleveurs togolais, marque un tournant décisif pour un secteur clé et souligne l’ambition du Togo de renforcer sa sécurité alimentaire et son économie rurale.

Le ministre Katari Foli-Bazi inaugure un atelier pour faire de l’élevage un levier de croissance inclusive.
© Le ministre Katari Foli-Bazi inaugure un atelier pour faire de l’élevage un levier de croissance inclusive.

Une vision pour relancer l’élevage togolais

 

L’atelier, qui a réuni des experts, des décideurs politiques et des partenaires financiers, a mis en lumière l’urgence de revitaliser l’élevage, pilier essentiel de l’économie rurale et de la souveraineté alimentaire du Togo. Pour cause, ce secteur, qui emploie environ 60 % de la population active dans les zones rurales, souffre d’un manque chronique d’investissements et d’infrastructures modernes.

« L’élevage doit devenir un moteur de croissance inclusive, capable de créer des emplois et de nourrir nos communautés », a déclaré Katari Foli-Bazi lors de son discours d’ouverture.

Grâce au soutien de la BAD, l’atelier a exploré des stratégies pour intégrer l’élevage dans les priorités nationales, notamment à travers la feuille de route gouvernementale 2020-2025. Les discussions ont porté sur des solutions concrètes : la modernisation des techniques d’élevage, le renforcement des chaînes de valeur et l’accès à des financements innovants pour les petits exploitants. Un accent particulier a été mis sur l’élevage durable, intégrant des pratiques respectueuses de l’environnement pour limiter l’impact sur les écosystèmes.

Mobiliser les financements : le nerf de la guerre

 

L’atelier a placé l’accès aux ressources financières pour les éleveurs au cœur des discussions. Ces derniers affrontent régulièrement des obstacles comme des taux d’intérêt élevés ou l’absence de garanties. Pour répondre à ces défis, la Banque africaine de développement (BAD), qui a investi 1,5 milliard de dollars dans des projets agricoles en Afrique en 2024, s’est engagée à accompagner le Togo dans la mise en place de mécanismes de financement adaptés, notamment des fonds de garantie et des microcrédits. D’après des sources proches du ministère, les autorités prévoient de lancer un projet pilote dès 2026 dans les régions des Savanes et de la Kara, où l’élevage joue un rôle économique central.

En outre, l’atelier a permis d’explorer des partenariats public-privé pour développer des infrastructures comme des abattoirs modernes, des unités de transformation des produits laitiers et des marchés locaux. Ces initiatives visent à réduire les importations de produits animaux, qui ont coûté au Togo environ 20 milliards de FCFA en 2024, tout en renforçant l’autosuffisance alimentaire.

 

L’élevage, une priorité nationale

 

Sous l’impulsion du président Faure Gnassingbé, le Togo place l’élevage au cœur de sa stratégie de développement. Cet atelier s’inscrit dans la continuité des efforts du gouvernement pour moderniser l’agriculture, un secteur qui contribue à 40 % du PIB national. Foli-Bazi, connu pour son engagement en faveur de la durabilité, a plaidé pour une approche intégrée, combinant élevage, agriculture et préservation des ressources naturelles.

« Un élevage prospère ne doit pas se faire au détriment de nos forêts ou de nos terres », a-t-il insisté.

La BAD, par la voix de son président Akinwumi Adesina, a salué l’engagement du Togo, soulignant l’importance d’investissements ciblés pour transformer l’agriculture. Ce partenariat pourrait d’ailleurs servir de modèle pour d’autres nations de la région, confrontées à des défis similaires.

Le ministre Katari Foli-Bazi inaugure un atelier pour faire de l’élevage un levier de croissance inclusive.
© Le ministre Katari Foli-Bazi inaugure un atelier pour faire de l’élevage un levier de croissance inclusive.

Défis et perspectives

 

Malgré ces ambitions, le secteur de l’élevage togolais fait face à des obstacles structurels : manque de formations pour les éleveurs, maladies animales et impacts climatiques tels que les sécheresses prolongées. L’atelier a proposé des solutions comme la formation de vétérinaires communautaires et l’introduction de races plus résistantes. Cependant, leur mise en œuvre nécessitera un suivi rigoureux.

La question de l’abattage des bovins infectés, soulevée récemment dans des débats régionaux, a également été évoquée. Certains participants ont plaidé pour des approches sélectives afin de préserver le cheptel tout en contrôlant les épidémies. Ces discussions montrent aussi la complexité de moderniser l’élevage tout en répondant aux préoccupations des communautés locales.

 

Un engagement continu

 

Cet atelier marque le début d’une nouvelle ère pour le secteur de l’élevage togolais, avec un engagement clair du gouvernement et de ses partenaires internationaux. Le Togo est-il sur la bonne voie pour devenir un leader régional de l’élevage durable ? Seul l’avenir le dira, mais une chose est sûre : le pays est déterminé à relever les défis pour assurer sa souveraineté alimentaire et sa prospérité économique.

 

Françoise Dogomangue : une voix togolaise contre les VBG

Togo : une championne des Droits des Femmes au service des victimes de violences

 

Dapaong, 22 août 2025 Françoise Dogomangue, présidente fondatrice de l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes de la Région des Savanes, vient de marquer un tournant décisif dans son combat pour la justice et l’égalité. En effet, elle a été sélectionnée pour participer au prestigieux Programme de Visiteur International (IVLP) aux États-Unis, axé sur la lutte contre la violence coercitive. Elle revient au Togo avec des outils et une détermination renforcée pour soutenir les victimes de violences conjugales et sexuelles. Son parcours inspirant, salué par l’Ambassade des États-Unis, fait d’elle une figure incontournable dans la défense des droits humains dans la région.

 

Françoise Dogomangue : Une formation pour amplifier l’impact

 

Lors de son séjour aux États-Unis, organisé dans le cadre du programme IVLP financé par le Département d’État américain, Françoise Dogomangue a bénéficié d’une formation intensive sur les stratégies de lutte contre les violences basées sur le genre. Ce programme, qui réunit chaque année des leaders du monde entier, lui a permis d’explorer des approches innovantes pour prévenir la violence coercitive.

« Cette expérience m’a donné des clés pour mieux accompagner les victimes et sensibiliser les communautés », a-t-elle confié à son retour à Dapaong.

Les compétences acquises, notamment en matière de plaidoyer, de collecte de données et de coordination avec les autorités, devraient permettre à son association de renforcer ses actions dans la région des Savanes. Selon une étude récente, 28 % des femmes âgées de 15 à 49 ans dans cette région ont subi des violences physiques ou sexuelles, souvent exacerbées par la pauvreté et les inégalités de genre.

 

Une association au cœur du changement

 

Fondée en 2018, l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes de la Région des Savanes s’est imposée comme un pilier de l’inclusion et de la protection des droits des femmes, en particulier celles en situation de handicap. Basée à Dapaong, elle mène des actions de sensibilisation, offre un soutien psychologique et juridique aux victimes et promeut l’autonomisation économique à travers des formations professionnelles. Le travail de Françoise Dogomangue, qui combine son expérience personnelle en tant que personne handicapée et son engagement militant, a permis de toucher des centaines de femmes dans les zones rurales.

Son passage aux États-Unis a également été l’occasion d’échanger avec d’autres leaders internationaux, notamment sur des modèles de centres d’accueil pour victimes de violences. L’Ambassade des États-Unis à Lomé a salué son engagement comme « une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent pour un monde plus juste ».

Le Togo face à un défi persistant

 

Si le Togo a fait des progrès significatifs dans la lutte contre les violences basées sur le genre, notamment grâce à des réformes législatives et à des programmes soutenus par des partenaires internationaux, des défis persistent. En particulier, dans les régions reculées comme les Savanes, où les traditions patriarcales et le manque de ressources freinent l’accès à la justice. C’est pourquoi l’engagement de figures comme Françoise Dogomangue, appuyé par des initiatives internationales, joue un rôle clé pour combler ces lacunes.

Son association travaille en étroite collaboration avec des ONG locales et des institutions publiques, comme le ministère de l’Action sociale, pour mettre en place des mécanismes de signalement des abus et des programmes de réinsertion pour les survivantes. Ces efforts s’inscrivent dans la stratégie nationale de promotion de l’égalité des genres, qui vise à réduire les violences faites aux femmes de 50 % d’ici 2030.

 

Françoise Dogomangue : Défis et perspectives

 

Malgré son dynamisme, l’Association des Femmes et Filles Handicapées Vaillantes fait face à des contraintes financières et logistiques. La mise en œuvre des leçons tirées du programme IVLP nécessitera un soutien accru, notamment pour former des éducateurs communautaires et étendre les services aux autres régions du Togo. Cependant, le réseau international tissé par Françoise Dogomangue ouvre des perspectives de partenariats avec des organisations américaines et africaines.

 

Françoise Dogomangue : Un modèle pour l’avenir

 

En revenant au Togo avec de nouvelles compétences et une vision renforcée, Françoise Dogomangue pave la voie à un avenir où les femmes et les filles, handicapées ou non, pourront vivre à l’abri des violences. Son engagement, soutenu par l’Ambassade des États-Unis, illustre le pouvoir du leadership communautaire pour transformer les réalités sociales. Dans sa quête d’une société plus équitable, le Togo fait entendre une voix forte, porteuse d’un idéal d’unité, de justice et d’égalité. Ce chemin engagé pourrait-il inspirer d’autres acteurs du changement à travers le pays à s’élever contre ce fléau ?

À Yokohama, le Togo trace les contours d’une souveraineté économique africaine partagée

Yokohama : le président togolais Faure Gnassingbé appelle à une nouvelle ère de développement africain à la TICAD9

 

Dans les couloirs du centre de conférence de Yokohama, au Japon, la voix du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a résonné avec force. Le 21 août 2025, le chef d’État togolais est intervenu lors de la neuvième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9), plus précisément lors de la deuxième plénière de haut niveau, pour porter une vision stratégique du développement africain.

Face à un parterre de chefs d’État, de décideurs économiques et d’investisseurs internationaux, Faure Gnassingbé a articulé une approche ambitieuse fondée sur trois piliers : l’industrialisation locale, l’innovation numérique inclusive et une réforme de l’architecture financière mondiale.

Une industrialisation « made in Africa »

 

« L’industrialisation ne saurait être un modèle importé. Elle doit être co-créée et localisée », a affirmé Faure Gnassingbé, plaidant pour une transformation des ressources africaines sur le continent.

Le Togo, a-t-il souligné, s’est déjà engagé dans cette voie avec la création de zones industrielles spécialisées, intégrées aux chaînes de valeur régionales et ouvertes à des partenariats durables, notamment avec le Japon.

Cette dynamique vise à créer des emplois, à capter la valeur ajoutée et à réduire la dépendance extérieure, tout en adaptant les technologies aux réalités locales et en formant les talents africains.

 

À Yokohama : le numérique, un outil pour la souveraineté

 

Le président du Conseil a également mis en lumière le rôle central du numérique dans la transformation du continent. Le Togo, pionnier en matière de gouvernance digitale, investit dans des infrastructures souveraines, des centres de données et le développement de solutions basées sur l’intelligence artificielle.

« Le numérique ne doit pas être réservé au capital ou aux grandes entreprises. Il doit irriguer l’agriculture, la logistique, les PME et les services publics », a-t-il insisté.

De ce fait, cette ambition s’inscrit dans la construction d’un écosystème technologique africain sécurisé et équitable.

À Yokohama, le Président Faure Gnassingbé a défendu une vision panafricaine fondée sur l’industrialisation locale,
© À Yokohama, le Président Faure Gnassingbé a défendu une vision panafricaine fondée sur l’industrialisation locale,

Le système financier mondial sur le banc des accusés

 

Dans un plaidoyer lucide, Faure Gnassingbé a dénoncé les critères d’endettement inadaptés aux réalités africaines. Il a appelé à une architecture financière plus équitable, capable de distinguer les dettes improductives des investissements stratégiques, et de promouvoir des instruments innovants comme les obligations vertes et les financements mixtes.

« La finance durable est la clé de notre croissance souveraine et résiliente », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’un accès élargi aux ressources pour financer les infrastructures, l’énergie et le capital humain.

 

À Yokohama : le Togo, architecte des nouveaux équilibres mondiaux ?

 

Au-delà du cas togolais, c’est une voix africaine audacieuse et unie que le président du Conseil est venu incarner. Une Afrique qui valorise ses ressources, construit son avenir sur ses propres termes et s’affirme comme un partenaire fiable et ambitieux.

« Le commerce et l’investissement ne doivent pas se résumer à des indicateurs de croissance. Ils doivent être des leviers de souveraineté et d’inclusion pour tous les Africains », a-t-il conclu.

Par sa participation active à la TICAD9, le Togo confirme sa place parmi les nations africaines qui bâtissent les nouveaux équilibres économiques mondiaux. Dans un esprit de dialogue, d’innovation et de partenariat, Lomé poursuit sa marche vers une souveraineté économique durable et partagée, avec constance et détermination. À mesure que l’Afrique affirme son rôle sur la scène mondiale, une interrogation demeure : le plaidoyer du Togo trouvera-t-il un écho réel auprès des instances internationales, et surtout, se traduira-t-il par des engagements tangibles ?