Jeudi, le Palais des Congrès de Lomé s’est paré de solennité pour accueillir un chapitre inédit de l’histoire togolaise. Conformément à l’article 12, alinéa 2, de la Constitution du 6 mai 2024, le Sénat, seconde chambre du Parlement, a ouvert les portes de sa première session ordinaire sous la houlette de Son Excellence M. Barry Moussa Barqué. Entouré de figures éminentes telles que Mme Victoire Tomegah-Dogbé, Premier ministre, et M. Sevon-Tépé Kodjo Adédzé, Président de l’Assemblée nationale, ainsi que d’un aréopage de dignitaires, le président du Sénat a présidé une cérémonie empreinte de gravité et d’espérance.
Sénat : un moment gravé dans le marbre de l’histoire
Dès l’entonnement de « Terre de nos aïeux », suivi de la vérification du quorum par les 53 sénateurs présents, l’assemblée a adopté à l’unisson un ordre du jour en trois actes. Puis, dans son discours inaugural, Barry Moussa Barqué n’a pas mâché ses mots : « Nous sommes les scribes d’une histoire qui s’écrit sous nos yeux. » En effet, plus qu’une formalité, cette session incarne, selon lui, l’éclosion d’un régime parlementaire porteur d’un nouveau souffle. Le président du Sénat a rendu un hommage vibrant au Président Faure Essozimna Gnassingbé, architecte de la Vᵉ République, qui transforme sa vision en un serment tacite : celui d’une nation prospère, unie et apaisée.
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Une administration sénatoriale taillée pour l’excellence
Le président du Sénat a esquissé les fondations de son mandat avec une ambition limpide : ériger une machinerie administrative d’une précision horlogère, mêlant rigueur et audace. Par ailleurs, « notre Sénat se doit d’être un outil affûté au service des citoyens », a-t-il proclamé, annonçant des séminaires pour doter les sénateurs d’un savoir aussi solide qu’une ancre dans la tempête. Par la suite, les groupes parlementaires, futurs creusets du pluralisme et les commissions permanentes, ateliers de la réflexion législative, viendront bientôt compléter cette armature institutionnelle.
La diplomatie parlementaire comme étendard
Dans un élan visionnaire, Barry Moussa Barqué a fait de la diplomatie un pilier de son action. En plus, les groupes d’amitié et les sections dans les instances interparlementaires seront autant de flambeaux pour éclairer la présence du Togo sur l’échiquier mondial. Dans ce but, « que notre voix résonne comme une étoile dans la nuit des dissensions », a-t-il lancé, appelant à un rayonnement qui transcende les frontières. Cette ambition s’accompagne d’un vœu de collaboration étroite avec l’Assemblée nationale et le gouvernement, dans une harmonie bicamérale au service d’un Togo fraternel.
Une ode au collectif et à l’exemplarité
Le président n’a pas omis de saluer les artisans de l’ombre – personnel administratif et médias – dont le labeur discret fait battre le cœur de cette jeune institution. « Vous êtes les fondations invisibles d’un édifice qui aspire aux cimes », a-t-il souligné. Pour conclure, son appel final, vibrant d’unité, a résonné comme une injonction : « Que notre exemplarité soit le miroir des espoirs de la nation. » Dès lors, pendant trois mois, cette première session posera les jalons d’une gouvernance inclusive, où le dialogue parlementaire promet de sculpter un avenir collectif.
Une page blanche à écrire
Ainsi s’ouvre l’ère du bicaméralisme togolais, sous le sceau d’une Vᵉ République aux contours encore flous, mais gorgés de potentiel. Le Sénat, inauguré hier, deviendra-t-il le phare d’une démocratie renforcée ou un défi à relever dans un paysage politique en mutation ? À l’image d’un livre dont les premiers mots viennent d’être tracés, le dénouement reste suspendu aux plumes de ceux qui oseront en tourner les pages.