Dans les contrées septentrionales du Togo, là où les eaux de l’Oti tracent leur sillon à travers les terres arides des Savanes et les vallons de la Kara, un dessein d’envergure se profile à l’horizon. Porté par une coalition d’acteurs résolus – le gouvernement togolais, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Banque africaine de développement (BAD), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Unicef –, un projet novateur s’apprête à insuffler une nouvelle résilience aux communautés éprouvées par les caprices du climat.
Annoncé avec ferveur par le ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, Foli-Bazi Katari, ce programme ambitionne de métamorphoser les pratiques agricoles, de ressusciter des écosystèmes exsangues et d’ouvrir les vannes d’une eau potable trop longtemps parcimonieuse, tout en hissant femmes et jeunes au rang d’artisans de leur propre adaptation.
Oti : un dessein aux contours pluriels
Ce projet, dont les prémices vibrent déjà dans les préfectures de Kpendjal, Kpendjal-Ouest, Oti et Oti-Sud dans les Savanes, ainsi que Kéran et Dankpen dans la Kara, se déploie en quatre axes d’une limpidité souveraine. D’abord, il s’agit de doter l’agriculture d’une armure face aux aléas climatiques, en promouvant des techniques durables capables de défier sécheresses et pluies diluviennes. Ensuite, la restauration des services écosystémiques, ces bienfaits invisibles que la nature prodigue, vise à redonner vie aux sols éreintés et aux forêts clairsemées. L’accès à l’eau potable, ce nectar vital dont la rareté pèse sur les épaules des villageois, constitue le troisième pilier, tandis que l’autonomisation des femmes et des jeunes, souvent relégués aux marges des décisions, scelle cette entreprise d’un sceau d’équité.
Financé à hauteur de 9,3 millions de dollars par la BAD, ce chantier d’avenir bénéficie d’une mission d’évaluation qui, jusqu’au 4 avril 2025, scrute les besoins des communautés et affine les contours d’une note conceptuelle. Sous la houlette de Bicaba Aimé, chef de cette délégation, les échanges avec le ministre Foli-Bazi Katari ont permis de poser les jalons d’une exécution irréprochable. « Nous allons sonder les intentions, disséquer les détails, juguler les coûts et, si besoin, réagencer l’édifice de la mise en œuvre », a-t-il déclaré, témoignant d’une rigueur qui se veut garante de succès.
Foli-Bazi Katari : un ministre au cœur de l’action
À la barre de cette initiative, Foli-Bazi Katari incarne une figure d’autorité autant que de médiation. Haut fonctionnaire aguerri, il s’est illustré par son engagement indéfectible pour la préservation des ressources naturelles togolaises. Ancien cadre du ministère de l’Environnement, il a gravi les échelons avec une constance remarquable, porté par une vision avec laquelle l’écologie rime avec la justice sociale. Lors de sa rencontre avec la BAD, il n’a pas manqué de louer cette synergie internationale, tout en plaidant pour une gestion méticuleuse des fonds, afin que chaque franc investi germe en bienfaits tangibles.
Une terre à l’épreuve du climat
Le bassin de l’Oti, avec ses paysages oscillant entre savane aride et vallées verdoyantes, n’échappe pas aux soubresauts d’un climat devenu imprévisible. Les inondations, qui noient les récoltes, alternent avec des sécheresses qui fissurent la terre, mettant à rude épreuve la subsistance des habitants. Dans ce contexte, le projet ne se contente pas de panser les plaies ; il aspire à bâtir une forteresse de résilience, où l’agriculture ne ploie plus sous les éléments, où l’eau coule à flots maîtrisés et où les écosystèmes, tels des phénix, renaissent de leurs cendres.
Un avenir en suspens, mais vibrant d’élan
Si les contours de cette entreprise se précisent, son succès demeure suspendu à l’alchimie entre volonté politique, expertise technique et adhésion populaire. Les regards convergent désormais vers ces terres du Nord, où chaque forage creusé, chaque arbre replanté, chaque femme formée pourrait écrire une nouvelle page dans le grand livre de la lutte climatique. Loin de s’éteindre dans l’attente, l’élan insufflé par Foli-Bazi Katari et ses partenaires invite à l’audace : et si, de ce bassin jadis vulnérable, jaillissait un modèle pour l’Afrique entière ? L’histoire, encore en gestation, ne demande qu’à s’épanouir sous les mains de ceux qui oseront la façonner.