Lomé, 3 avril 2025 – L’opération « Togo Propre » s’apprête à renaître de ses cendres avec une vigueur retrouvée. En effet, dès le samedi 5 avril, cette initiative, portée par une ambition limpide de juguler l’insalubrité et d’éveiller les consciences à une gestion vertueuse des déchets, déploiera ses ailes sur l’ensemble du territoire togolais. Sous l’impulsion du ministre Pacôme Adjourouvi, chargé de la formation à la citoyenneté, ce retour promet de fédérer citoyens, entreprises et institutions dans une croisade collective pour la propreté des espaces publics.
Togo Propre : une renaissance soigneusement orchestrée
Par ailleurs, ce grand nettoyage, qui reprendra ses droits chaque premier samedi du mois, ne se limite pas à un simple coup de balai. Il s’agit d’une entreprise d’envergure visant à redonner éclat aux rues, aux marchés, aux places publiques et autres lieux de convergence. Interrompue en 2020 face à la menace pandémique, l’opération avait laissé un vide que les amas de détritus n’ont pas tardé à combler. Aujourd’hui, son retour s’annonce comme une bouffée d’air pur dans un paysage parfois terni par l’incivisme et le laisser-aller. En plus, pour préparer ce renouveau, Pacôme Adjourouvi a convié récemment les artisans de la salubrité publique – municipalités, associations et acteurs privés – à une séance de concertation. L’objectif était clair : affiner les contours de cette reprise et galvaniser une mobilisation à la hauteur des enjeux.
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Lors de cette rencontre, tenue à Lomé en début de semaine, le ministre a insisté sur l’importance d’une synergie sans faille. « La propreté de notre nation est un miroir de notre civisme ; il nous appartient à tous de la polir », a-t-il déclaré, son propos résonnant comme un appel à l’unité. Les modalités pratiques, du déploiement des équipes de nettoyage à la sensibilisation des populations, ont été minutieusement esquissées, témoignant d’une volonté de ne rien laisser au hasard dans cette reconquête de l’hygiène publique.
Un élan porté par tous
L’opération « Togo Propre » se distingue par son caractère inclusif. Elle convie chaque Togolais, qu’il soit habitant d’un quartier populaire de Lomé, commerçant d’un marché grouillant de Dapaong ou employé d’une institution à Kara, à saisir balais, pelles et sacs pour redonner lustre à son environnement. Les entreprises, souvent sollicitées pour leur capacité logistique, et les établissements publics, dépositaires d’un devoir d’exemplarité, sont également conviés à cette fête du civisme. L’initiative, née sous l’égide du gouvernement en 2017, avait su, avant sa suspension, fédérer des milliers de mains autour d’une cause commune, transformant les premiers samedis du mois en un rituel de purification collective.
Ce retour s’accompagne d’une ambition renouvelée : non seulement assainir, mais aussi enraciner des pratiques durables. À Kovié, où le riz vient d’être auréolé d’une Indication Géographique Protégée par l’OAPI ce 3 avril, des voix s’élèvent déjà pour lier cette distinction à un environnement préservé, signe que la propreté pourrait devenir un levier de valorisation économique. À Lomé, les habitants des quartiers comme Bè ou Tokoin, où les caniveaux débordants racontent une histoire d’oubli, accueillent cette reprise avec un mélange d’espoir et d’impatience.
Un défi aux multiples visages
La tâche, toutefois, n’est pas exempte d’écueils. L’insalubrité, héritage d’années de gestion approximative des déchets et d’un urbanisme galopant, exige plus qu’un sursaut ponctuel. Les quelque 1,2 million de tonnes de déchets produits annuellement au Togo, selon les estimations récentes, appellent une réponse structurelle que « Togo Propre » ne peut, à elle seule, incarner. Pourtant, en rallumant cette flamme citoyenne, l’initiative pose une pierre précieuse dans l’édifice d’une nation plus saine. Les campagnes de sensibilisation, promises en marge des opérations de nettoyage, devront redoubler d’ardeur pour transformer les gestes d’un jour en habitudes de toujours.
Une promesse suspendue au vent
En somme, le 5 avril, lorsque les premiers rayons du soleil caresseront les équipes de volontaires déployées à travers le pays, une question flottera dans l’air encore frais : ce réveil de « Togo Propre » saura-t-il purifier durablement les artères du Togo, ou restera-t-il une éclaircie fugace dans un ciel d’incertitudes ? La réponse, portée par le souffle des balais et la volonté des âmes mobilisées, demeure une page blanche que l’avenir écrira à son gré.